« La médiation familiale, sectorisation et méconnaissance » par Jacques KERYHUEL (Officiel de la médiation)


La médiation familiale, sectorisation et méconnaissance

« Quelques réflexions personnelles relatives à l’article sur « La médiation familiale met les femmes victimes de violence conjugale en danger » -article de M. Simon Lapierre, Professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa et d’Isabelle Côté, candidate au doctorat à l’École de service social de l’UdeM publié en février dernier sur un blog de l’édition québécoise du Huffington.

Dans son propos, l’article vise la médiation familiale, c’est-à-dire sectorielle et ce faisant « normée » -s’appuyant sur un processus de rencontres du couple par le médiateur en vue de résoudre le conflit de façon amiable.

Dans sa finalité, la lecture de l’article donne envie de le renommer au regard des propos et réticences exprimées par ses auteurs. Il aurait pu aussi bien s’intituler « la médiation familiale, une pratique devenue incontournable, obligatoire…et malgré tout dangereuse ». Ses auteurs n’apportent pas vraiment d’éléments, d’exemples de nature à étayer leurs propos, sinon en renvoyant aux positionnements de « certains médiateurs … ». Et pourtant, comment ne pas s’interroger sur la pertinence du recours à la médiation familiale, en cas de violence conjugale et pourquoi pas tout simplement en tant que telle.

La médiation familiale qui n’aurait -aux dires des auteurs de l’article- comme seul fondement et avantage que d’être moins lourde et moins coûteuse que les procédures judiciaires, est une pratique très encadrée … une procédure judiciaire bis ; or ce substrat judiciaire qui devait à l’origine aider au désengorgement des juridictions, n’a pas forcément répondu aux attentes en termes de lourdeur et délais des procédures : en avril 2015, dans son rapport n° 22-15 sur les M.A.R.D, l’Inspection Générale des Services Judiciaires français (IGSJ) émet des réserves sur l’efficacité du dispositif.

Fortement encadré par les magistrats, le médiateur familial –tout comme le conciliateur (« médiateur de justice » pour l’IGSJ) est un auxiliaire de justice : il agit dans le cadre normatif de son secteur d’intervention, selon la posture qui est attendue de lui et les techniques juridictionnelles de l’audition contradictoire.

Aussi, un médiateur qui reçoit les parties en couple et non pas individuellement, ne peut guère espérer être un facilitateur de la libre expression des points de vue et, de ce fait, espérer identifier des situations de violences conjugales « cachées ». Il ne peut guère espérer faciliter l’émergence d’une résolution amiable du conflit. La pratique de la médiation familiale telle que décrite, est un mode « dégradé » de fonctionnement juridictionnel qui est plus à même de gérer patrimonialement les effets d’une rupture que d’aider à la résolution d’un conflit familial – et a fortiori lorsque la rupture se fait dans un contexte de violence familiale.

Ne nous étonnons donc pas du faible taux d’accord entre les parties dans les conflits où un médiateur familial est intervenu. Auxiliaire de justice, dans ce type de confrontation où l’émotionnel est intense, le médiateur n’a ni la compétence, ni l’autorité, ni le pouvoir de sanction du juge des affaires familiales pour imposer une décision aux parties

Sur ce point et à ces conditions, il est possible de considérer que la médiation familiale –médiation sectorielle- n’est pas un mode de résolution amiable de conflits adapté en cas de violence conjugale. Est-ce pour autant que l’on doive considérer que la médiation n’est pas un mode de règlement amiable des conflits familiaux, avec ou sans violence conjugale ? Ne seraient-ce pas plutôt le mécanisme et le déroulé de la médiation familiale, la posture du médiateur familial – substrat judiciaire- qui seraient à revoir ?

Revenons sur ce qui fait un conflit, à savoir une dégradation dans une relation affective entre deux personnes –donc relevant du domaine émotionnel. La violence verbale ou physique peut en être une des manifestations émotionnelles, mais pas la seule. La rupture de la relation peut en être une des conséquences, mais pas la seule.

Dans ce contexte, comme dans tout contexte à dominante émotionnelle, le médiateur conventionnel –du moins le médiateur professionnel- en pratiquant l’entretien individuel et l’altérocentrage, saura techniquement permettre à chacune des parties de s’exprimer librement sur les composantes du conflit, ses sources et ses manifestations…dont, s’il y a lieu, les actes de violence conjugale non encore avérés.

Le rôle du médiateur professionnel n’est pas d’entrer dans une logique de confrontation des personnes ou dans un cadre normatif ; il est de créer les conditions d’un rapport de confiance, d’accompagner chacune des personnes dans sa réflexion, son analyse, et de les faire converger vers la recherche de solutions partagées en vue de sortir du conflit. » (Extrait de officieldelamediation.fr du 23/10/2016)

En savoir plus sur http://www.officieldelamediation.fr/2016/10/23/la-mediation-familiale-sectorisation-et-meconnaissance/

Médiation judiciaire : la Fenamef signe la Charte Déontologique des Médiateurs de la Cour d’Appel de Paris


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« La Fenamef, par l’intermédiaire de sa déléguée régionale, Marie-Odile Redouin, a signé le 1er juin 2016 la Charte Déontologique des médiateurs de la Cour d’Appel de Paris dans le cadre de l’unité de médiation civile de la Cour d’Appel. Cette charte est le fruit d’un travail concerté entre les magistrats de la Cour d’Appel de Paris, les vice-présidents des TGI du ressort, les barreaux du ressort de cette Cour, les huissiers et les associations nationales de médiateurs. A cette occasion, nous rappelons que la Fenamef, dans le cadre d’un partenariat avec les magistrats des chambres de la famille, coordonne une équipe de médiateurs de services adhérents qui tiennent une permanence hebdomadaire d’information à la médiation familiale au sein de la Cour d’Appel de Paris (texte complet de la Charte en fichier joint) ». (Extrait de fenamef.asso.fr)

En savoir plus sur http://www.fenamef.assfenamef.asso.fro.fr/mediation-familiale/actualite/item/856-la-fenamef-signe-la-charte-d%C3%A9ontologique-des-m%C3%A9diateurs-de-la-cour-d-appel-de-paris

UN NOUVEAU SITE INTERNET DÉDIÉ À LA MÉDIATION FAMILIALE INTERNATIONALE


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« Le Service Social International (SSI) est heureux de vous présenter son site Internet multilingue entièrement dédié à la médiation familiale internationale.

IFM-MFI.ORG constitue une ressource innovante à la fois pour les familles et les professionnels, offrant un libre accès aux services et aux réseaux existants et contenant des informations sur le processus de médiation transfrontière lui-même.

L’objectif du site est de promouvoir et de faciliter l’accès à la médiation familiale internationale dans les cas de conflits familiaux transfrontières et d’enlèvements parentaux. » (Extrait de url.snd41.ch )

En savoir plus sur http://url.snd41.ch/visu-A437EC27-4ACC-4C28-848C-2AA02312F825-802744246-933889-18102016.html

Sénégal : la médiation familiale comme alternative aux conflits familiaux au Sénégal


« La famille a toujours constituée en Afrique, particulièrement au Sénégal une structure très large qui s’étend au-delà des individus lie que par la germanité, l’alliance ou la filiation, À ce niveau, on remarque qu’il y a une dichotomie entre la définition que donnent les occidentaux et celle africaine ;celles des occidentaux est très limitée par rapport aux réalités africaines, sénégalaise .

Ce faisant, force est de constaté qu’il y a une grande différence entre la définition et la structuration de la composante de la famille occidentales et africaine .A l’heure actuelle, la famille sénégalaise à l’instar des familles traditionnelles africaine a connue de profonde transformation qui n’ont pas fini d’affecter ces fonctions ainsi que sa forme traditionnelle qui s’est ramifiée en plusieurs genres.

Aujourd’hui, la famille sénégalaise a subi des  mutations sociales, politiques, économiques, mais aussi idéologiques qui l’ont affectée de tous cotés, qui l’ont déformée pour déboucher sur la formation de tous nouveaux types de familles, qui jadis se gérait a l’interne comme le dit cet adage : les linges salles se lavent en famille. C’est en ce sens que l’on parle de famille monoparentale famille recomposé, la famille nucléaire, etc.

Ces types de familles  sont des modèles que l’on retrouvait  généralement dans les sociétés européennes ; dans les familles occidentales   on parle de famille monoparentale, famille recomposé   famille nucléaire. Alor que dans les familles traditionnelles sénégalaises on  parlera de famille élargie étendue  avec des individus  liés au-delà de leurs filiations, germanité ou alliance. (…)

Après tout, force est de dire que la famille nucléaire  ne se trouve plus seulement dans  les sociétés européennes mais elle s’installe aussi  en Afrique, et on  la retrouve particulièrement au Sénégal. Ou elle devient le choix de bons nombres de couples et cela est fréquent de nos jours chez les jeunes mariés ; qui préfèrent  être à leur appartement  ou  résidence autre que celle  familiales. De  ce faite, le model de la famille élargie qui a toujours exister au niveau de la société traditionnelles africaines est remise en cause.

Eu égard a cette mutation  familiale, la famille sénégalaise s’est vue affectée par des conflits de tout bord affectant ainsi la stabilité et la paix dans le système familial.

A partir de ce moment, naissent des  conflits familiaux qui  constituaient et  constituent aujourd’hui une grande partie des problèmes au sein des familles. Il s’agit soit des procédures de succession Etant donné l’exiguïté des propriétés foncières, leur partage successoral est très difficile et la moindre erreur peut engendrer des procès interminables , de divorce, des litiges intra familiaux  qui durent souvent pendant de longs mois ou nettement moins souvent des violences internes aux familles,(violences conjugales, fraternelle, ou plus souvent  violences contre les enfants.)

C’est état de fait, conduit à un dysfonctionnement au sein de la famille ou du couple car lorsque des conflits apparaissent ils sont toujours similaires à des faits nuisibles et indésirables qui compliquent la vie et amènent à éprouver des émotions négatives. (…)

De fait  Le médiateur familial contribue à créer un espace relationnel d’écoute et de dialogue à l’abri de toute forme de contrainte physique ou morale.

C’est dans cette perspective de dejudiciarisé les conflits sociaux que L’Etat sénégalais a mis n place pour  rapprocher son Institution judicaire des justiciables. C’est pour cette raison qu’il a été prévu dans le Programme Sectoriel Justice (PSJ), adopté en 2004, un volet « justice de proximité».

C’est est un dispositif visant à rapprocher la justice du justiciable par le biais de trois types de structures (Maisons de justice, Bureaux d’information et Bureaux d’accueil et d’orientation du justiciable) créées à cet effet À travers le Sénégal. Il encourage notamment l’accès à l’information juridique et un mode alternatif de règlement des conflits inspiré par la tradition ouest africaine. Le dispositif est à mi-chemin entre institution et tradition, il reprend les principes et modes de régulations traditionnels des conflits familiaux et litiges privés tout en assurant le développement du droit moderne. Il permet, par ailleurs, de répondre à l’engorgement des tribunaux en prenant en charge les litiges de la vie courante favorisant ainsi la paix sociale au niveau local. Les problèmes traités par les maisons de justice concernent : le divorce, le mariage, l’Etat civil, le foncier, les relations de voisinage, la protection des personnes vulnérables, les successions en droit sénégalais.

En fin,  La médiation familiale constitue aujourd’hui l’outil, le lieu privilégié pour: comprendre et apaiser le conflit conjugal, instaurer une compréhension et une confiance mutuelles  et trouver des solutions, tant sur le plan affectif que dans le domaine patrimonial, qui auront l’adhésion de chacun. » (Extrait de actusen.com du 14/10/2016)

En savoir plus sur https://actusen.com/index.php/2016/10/14/la-mediation-familiale-comme-alternative-aux-conflits-familiaux-au-senegal/

FORMATION À LA MÉDIATION EN MATIÈRE PATRIMONIALE à TOULOUSE


Logotype de l’IAC

Cette formation s’adresse aux professionnels de la médiation et de la médiation familiale qui souhaitent acquérir ou développer des connaissances juridiques et des compétences techniques pour conduire un processus de médiation dans le champ spécifique des questions patrimoniales de la famille. Cette formation très concrète répond à la particularité de ce type de médiation et à la complexité des éléments juridiques et psychologiques propres à ce périmètre d’intervention.

Objectifs
 Comprendre les mécanismes juridiques des différentes formes d’unions.
 Identifier les enjeux et leurs conséquences patrimoniales.
 Comprendre et savoir travailler avec les représentations autour de l’argent.
 S’approprier des outils techniques, conduire une médiation patrimoniale en toute sécurité.
 Acquérir une méthodologie pour intervenir en toutes situations patrimoniales.

Thématiques
 Les enjeux des masses patrimoniales : communauté et indivision.
 Les procédures judiciaires et la médiation patrimoniale.
 Analyse de situation concrète — mise en situation.
 Regard et attentes des juges — notaires — autres professions juridiques.
 Subjectivité et approche psychosociologique de l’argent : croyances et représentations.

Méthodes pédagogiques
 Exposés théoriques, apports méthodologiques.
 Analyse de situations pratiques, étude de cas.
 Jeux de rôle et simulation de situations de médiation patrimoniale.
 Échanges avec les stagiaires.
Évaluation
 Recueil personnalisé des difficultés initiales.
 Bilan de fin de formation (oral et écrit à partir d’une grille standardisée).

Lieu : Institut d’anthropologie clinique — Toulouse
Public : groupe de 8 à 15 participants ;
professionnels formés à la médiation, médiateurs généralistes et médiateurs familiaux
Durée : 4 jours (28 heures)
Dates : 21, 22, 23 et 24 mars 2017

Intervenants
Pierrette Aufiere est médiateur familial, avocat honoraire près la Cour d’Appel de Toulouse, auteure du Guide de médiation familiale et membre de l’Association Nationale des Médiateurs (ANM).
Françoise Housty est médiateur judiciaire près la Cour d’Appel de Toulouse et médiateur familial, responsable pédagogique du DEMF Toulouse Institut Saint-Simon, responsable de la pratique de la médiation au DU Médiation civile et commerciale de l’Université de Toulouse Capitole 1 et déléguée Midi-Pyrénées de l’Association Nationale des Médiateurs (ANM).
Serge Escots est anthropologue, thérapeute familial, consultant en pratiques médico-sociales, chercheur en sciences sociales et chargé de cours en thérapie familiale à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Il a fondé et dirige l’Institut d’anthropologie clinique.
Un juge aux affaires familiales, juge compétent des procédures en matière de Partage.
Un notaire.

Programme et inscription : IAC 29 chemin des Côtes de Pech David 31400 Toulouse Tél-Fax 05 62 17 20 86 — iac@i-ac.frhttp://www.i-ac.fr

Emploi : UN MÉDIATEUR FAMILIAL (H/F) à Angers (49)


l'offre d'emploi

« L’association Médiations 49, recherche :

UN MÉDIATEUR FAMILIAL (H/F)
diplômé (DEMF), CDD à mi-temps jusqu’au 31 décembre 2016 (prolongation possible), rémunération en référence à la grille des salaires des éducateurs spécialisés de la CCN 66 Poste basé à Angers
Envoyer CV et lettre de motivation à :
Médiations 49 – 1 rue Bardoul – 49100 Angers » (Extrait de loffredemploi.fr )

En savoir plus sur https://www.loffredemploi.fr/emploi/un-mdiateur-familial-h-f-0488062.html

Vidéo : Entretien avec Zena Zumeta, une des pionnières de la médiation familiale aux Etats-Unis.


Un entretien en anglais de Zena Zumeta réalisé par Robert Benjamin de l’excellent site Mediate.com. Elle a une longue carrière dans la médiation aux Etats-Unis et elle a été notamment une des présidentes de l’Academy of Family Mediators avant sa fusion au sein de l’Association for Conflict Resolution. 

Zena Zumeta

Biography


Zena D. Zumeta is president of the Mediation Training & Consultation Institute and The Collaborative Workplace. She received her Juris Doctor from the University of Michigan Law School. Ms. Zumeta is a former board member and president of the (now merged into the Association for Conflict Resolution) past president of the Michigan Council for Family and Divorce Mediation, and past Regional Vice President of the Society of Professionals in Dispute Resolution. She is currently a member of the Advisory Council for the Family Section of the Association for Conflict Resolution.

Ms. Zumeta has extensive experience as a trainer, mediator, facilitator and consultant. She has been providing mediation services since 1981 and mediation training since 1984. She is an approved civil and family mediator in Michigan, and an approved mediation trainer for Michigan, Ohio, Tennessee, Georgia and other states. » (Extrait de mediate.com )

Vidéo à consulter sur  http://www.mediate.com/articles/zumeta_full.cfm

La Lettre de la Fenamef n°15 juin juillet 2016


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« Médiation Familiale dans les situations de vieillissement
La commission qui suit cette question a décidé de proposer aux adhérents de la Fédération une journée de travail sur cette démarche de développement des services. A la fois journée d’information et d’échanges, elle sera ouverte aux administrateurs des associations gestionnaires afin de les sensibiliser à cette question et de leur permettre de se positionner sur l’ouverture de la médiation à ces questions. Cette journée est prévue le 10 Octobre 2016.

10 octobre
Journée de sensibilisation : « L’ouverture de la médiation familiale aux situations de vieillissement » (Paris)
Public : adhérents FENAMEF

17-18 novembre
Journée de formation : « Découverte de la démarche de médiation en situation de vieillissement » (Paris)
Public : travailleurs sociaux, médicaux, personnels des services gérontologiques, aides à domiciles… amenés à intervenir auprès des personnes âgées et de leurs familles  » (Extrait de La Lettre de la Fenamef n°15)

En savoir plus sur http://www.fenamef.asso.fr/component/users/?view=login

Suisse : médiation familiale et enlèvements d’enfants


« Avec 86 autres Etats, la Suisse a signé la Convention de La Haye sur les enlèvements internationaux d’enfants. Lorsqu’un cas relevant de ce texte datant de 1980 et concernant le pays est rapporté — qu’il s’agisse d’un enlèvement depuis la Suisse ou vers la Suisse —, le dossier atterrit auprès de l’Autorité centrale en matière d’enlèvement international d’enfants. Cet organe, rattaché à l’Office fédéral de la justice, lance alors une procédure afin de tenter d’obtenir le retour rapide de l’enfant à son domicile habituel. «On joue contre la montre, particulièrement si les enfants sont en bas âge», souligne Cilgia Caratsch. En effet, plus le temps passe, plus le risque de perte de lien avec le parent laissé pour compte augmente.

Le hic? Même s’ils ont signé la Convention, de nombreux pays rechignent à l’appliquer, préférant protéger leurs ressortissants. Par ailleurs, les parents ayant emmené illicitement leur enfant à l’étranger invoquent régulièrement l’article 13 du texte. «Celui-ci prévoit un mécanisme d’exception au retour en cas de grand danger pour l’enfant et tire la procédure en longueur, explique Stephan Auerbach. Et cela va sans compter les enlèvements vers des pays non signataires. C’est-à-dire à peu près la moitié de la planète!» Dans ce genre de cas, la seule option qui reste est la négociation. L’expert ne tire pas pour autant un bilan négatif de la Convention de La Haye: «Elle fonctionne plutôt bien entre pays européens. Et il ne faut pas négliger son effet dissuasif auprès de certains parents.»

Parallèlement aux démarches juridiques, de plus en plus de résidents helvétiques touchés par un enlèvement ont recours à la médiation. Celle-ci prévoit que les parents trouvent eux-mêmes une solution avec l’aide d’un intermédiaire neutre et indépendant. Elle peut contribuer à prévenir un enlèvement — par exemple pendant ou après une séparation difficile —, à négocier le retour de l’enfant ou à accompagner la période d’après-retour. » (Extrait de largeur.com du 7/07/2016)

En savoir plus sur http://www.largeur.com/?p=4694

Témoignage : « Venise – Mai 2012: la rencontre des grands-mères de la médiation familiale » par Annie Babu (13 août 2012)


« Elles se racontent et témoignent:

Ce matin-là, nous étions réunies à Venise, Annie Babu la Française, Linda Bérubé la Québécoise, Coztanza Marzotto l’Italienne et Lisa Parkinson l’Anglaise, toutes les quatre collaboratrices au sein de l’Institut européen de médiation familiale (IEMF)[1] au et pionnières de la médiation familiale dans nos pays respectifs. Nous avions longtemps rêvé de cette rencontre amicale, sans savoir que la vie nous en donnerait l’opportunité au printemps 2012. Paola Farinacci, juriste et médiatrice familiale italienne, digne représentante de tous ceux et celles que nous avons formés au fil des ans, nous accueillait dans son joli appartement situé près de la Piazza San-Marco.

Nous avons pris plaisir, en ce matin d’avril, à nous remémorer ensemble le chemin parcouru et nous avons pensé laisser une trace écrite de ces échanges. Pour qui écrire? Pourquoi écrire? Pour se relier avec tous ceux et celles qui ont œuvré, comme nous, pour que la médiation familiale puisse devenir ce qu’elle est devenue aujourd’hui et pour encourager la relève à ne rien tenir pour acquis et à poursuivre le travail, car il reste encore beaucoup à faire.

Au cours des 25 dernières années, nous avons eu, toutes les quatre, le grand bonheur d’évoluer dans l’univers de la médiation familiale et de contribuer, avec plusieurs autres, au développement de cette approche qui allait permettre aux parents séparés de vivre la rupture de leur couple tout en maintenant leur lien parental pour leur plus grand bénéfice et surtout celui de leurs enfants.

Nous nous sommes demandé pourquoi, dans les années 80, la médiation familiale s’est répandue de façon quasi simultanée à travers l’Angleterre, les États-Unis, le Canada et l’Europe? On dit que lorsqu’une idée est mûre et qu’elle correspond à un véritable besoin, elle peut germer à plusieurs endroits à la fois sur la planète. C’est bien ce qui est arrivé en médiation familiale. Il est aussi nécessaire, pour que le germe de l’idée prenne racine, que des personnes qui observent les besoins à combler acceptent, sans en imaginer l’ampleur, de se mettre au service de cette idée plus grande qu’eux. Nous nous sommes rappelées que, toutes les quatre assistantes sociales dans nos pays respectifs nous avons pris conscience que les services offerts aux familles étaient insuffisants pour répondre aux nouveaux besoins. Nous avons commencé avec nos seules ressources professionnelles et financières, à vouloir « faire autrement », à imaginer et à bricoler des approches novatrices pour faire face aux réalités des familles en rupture. Cet investissement qui allait colorer toute notre vie professionnelle nous a beaucoup enrichies au plan personnel et nous a permis de tisser, au fil des ans, des complicités amicales profondes que la rencontre de Venise est venue raviver.

Nous avons été parmi ces pionniers qui se sont investis pour jeter les bases de ce que la médiation familiale est devenue aujourd’hui et nous aimons aujourd’hui nous appeler, en tant qu’aînées, des « grand-mères de la médiation ». Comme les grand-mères aiment parler de leur jeunesse et de leurs souvenirs, c’est ce que nous avons fait, ce matin-là à Venise. À bâtons rompus, nous avons évoqué ce qui avait été, pour chacune de nous, l’étincelle qui avait déclenché son intérêt pour la médiation. Nous avons aussi repensé à tout ce qui a dû être mis en place pour répondre aux besoins des parents qui se séparaient alors que rien n’était prévu pour les soutenir dans cette difficile expérience de vie. Pour que la médiation familiale devienne réalité, il aura fallu observer, ressentir l’impuissance, imaginer, convaincre, surmonter des obstacles, se battre, créer et diffuser.

D’abord, il a fallu la conviction que les enfants avaient besoin de l’apport de leurs deux parents pour bien se développer. Il fallait avoir l’espoir qu’il était possible de trouver des moyens d’aider les familles à se transformer tout en conservant le lien parental. Il fallait aussi croire en la capacité des parents de s’entendre, au-delà du conflit conjugal, pour demeurer parents.

Nous nous sommes souvenues de tout ce qu’il avait fallu faire pour que la médiation familiale puisse germer, se maintenir et grandir :

– Constater que les contacts avec le père étaient souvent rompus après la séparation.

– Constater la souffrance des enfants et aussi celle des parents.

– Faire comprendre aux juges et aux avocats et aux parents que les enfants ont besoin des deux parents pour se développer harmonieusement.

– Intéresser les autorités des services sociaux et la magistrature à la problématique sociale du divorce et à la nécessité de mettre en place de nouveaux services.

– S’inspirer de ce qui faisait dans d’autres pays pour développer des approches capables de soutenir les parents en situation de rupture.

– Former des professionnels à cette nouvelle pratique

– Informer la population de l’existence de la médiation : conférences, vidéos, soirées débats, etc.

– Développer des centres publics et privés de médiation.

– Se rassembler en association pour mieux se développer et se donner un code de déontologie et des critères de pratique.

– Écrire des ouvrages et des articles pour décrire nos pratiques.

– Participer à des réunions, des discussions et au développement de la législation.

– Perdurer malgré les longues années où rien ne semblait avancer du côté des changements législatifs et malgré des conditions financières difficiles.

– Faire face aux résistances de plusieurs avocats et parfois des magistrats.

– Créer des complicités avec plusieurs avocats et magistrats,

– Continuer d’apprendre de nos erreurs et garder confiance dans le bien-fondé de la médiation familiale.

Bien que la médiation se soit développée de façon différente dans chacun de nos pays, nous avons retrouvé beaucoup de similitude dans nos parcours :

– Nous étions toutes les quatre des assistantes sociales

– Nous parlions anglais, français et italien et chacune de nous parlait au moins deux langues ce qui a permis des échanges directs entre nous.

– Nous étions directement en contact avec les besoins des familles qui vivaient la séparation des conjoints.

– Nous étions, nous-mêmes en transition de carrière.

– Nous étions en périphérie de nos systèmes et de nos ordres professionnels et avons inspiré des juges et des avocats aussi en périphérie du leur et qui percevaient les mêmes besoins.

– Nous avons fédéré des personnes qui, comme nous, étaient en recherche de façons différentes d’aborder les questions autour de la rupture du couple.

– Nous avons été à l’initiative d’associations de médiation familiale et trois d’entre nous en ont été les présidentes fondatrices dans leur pays d’origine.

– Nous avons imaginé et réalisé des programmes de formation à la médiation familiale.

– Nous avons contribué à l’élaboration des codes de déontologie et aux lois qui ont entouré cette pratique de médiation familiale pour l’inscrire solidement dans nos sociétés.

Nous pouvons dire aussi qu’à nous quatre, ensemble ou séparément, nous avons formé et supervisé plusieurs centaines de médiateurs familiaux de toutes les disciplines et dans plusieurs pays : Angleterre, Québec, France, Italie, Sicile, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse, Allemagne, Danemark, Écosse, Espagne, Finlande, Lituanie, Pologne, Russie, Slovénie, Ukraine et encore en Guadeloupe, Martinique, Ile de la Réunion, Nouvelle-Calédonie et Afrique du Sud,

Pour avoir envie de nous retrouver ensemble à Venise, il fallait la profondeur du lien, le sentiment d’un enrichissement mutuel, la complicité, la vivacité des souvenirs et enfin le sentiment de partager un destin commun chacune à notre mesure.

La médiation nous a ouvert sur le monde et nous a permis de croiser des personnes qui partageaient nos valeurs et nos espoirs. Nous sommes aujourd’hui, toutes les quatre, de vraies grand-mères dans notre vie personnelle, voilà venu pour nous le temps de transmettre le relais à ceux et celles qui, comme nous, se sont engagés dans cette voie de la médiation familiale.

La médiation familiale est née à la fois des nouveaux besoins « des familles en transition » et des professionnels qui étaient à la recherche « d’autres façons d’agir » et elle a requis la contribution de centaines de personnes qui y ont vu une « autre manière de s’entendre ». Nous avons tracé la route, mis des repères et aujourd’hui l’histoire continue avec de nouveaux acteurs qui devront relever d’autres défis dans un monde ou tout bouge très vite et ou rien n’est jamais acquis.

Ce texte se veut  un « un petit clin d’œil amical » à tous ceux et à toutes celles que nous avons rencontrés pendant ces 25 années. Pour conclure, nous souhaitons que ces quelques lignes permettent à nos lecteurs de continuer à faire grandir l’esprit et la pratique de la médiation familiale et qu’ils y trouvent le même bonheur qui a su nous combler tout au long de notre parcours.

Si vous souhaitez savoir ce que deviennent aujourd’hui les « grand-mères » de la médiation, vous pouvez aller :

–       Pour Linda Bérubé : http://www.agire.ca/apropos_lindaberube.php

–       Pour Lisa Parkinson : http://www.themediationspecialists.co.uk/our-mediation-services/family-mediation/lisa-parkinson/

–       Pour Annie Babu : wikipédia Annie Babu                

[1] L’Institut Européen de médiation familiale (I.E.M.F.) a formé à Paris plusieurs centaines de médiateurs familiaux entre 1990 et 2004. (Extrait de anniebabu.over-blog.com juin 2012)

En savoir plus sur http://anniebabu.over-blog.com/

Formation : recrutement en cours Diplôme d’Etat Médiateur Familial 2016-18 à l’Institut Catholique de Paris


logo-Institut Catholique de Paris

« La prochaine session de formation se déroulera du 28 septembre 2016 à juin 2018.

Au cours du programme, les compétences suivantes sont développées :

  • analyser la demande des personnes et la situation familiale dans toutes leurs dimensions psychologiques, sociologiques, juridiques et financières.
  • mettre en œuvre un processus de médiation familiale : comment conduire les entretiens de médiation familiale, accueillir les difficultés relationnelles et les conflits interpersonnels, aider à établir les différents budgets de la famille et à rédiger un projet d’entente pouvant être soumis à l’autorité judiciaire.
  • développer des activités de promotion et de développement de la médiation familiale, métier en développement, encouragé par la nouvelle législation sur la famille et le divorce, la famille et les enfants. » (Extrait de icp.fr)

En savoir plus sur http://www.icp.fr/a-propos-de-l-icp/actualites/recrutement-en-cours-diplome-d-etat-mediateur-familial-39214.kjsp