Article : Diane Roussel « Faire la paix devant notaire (Saint-Germain-des-Prés, première moitié du XVIIesiècle) », Criminocorpus, n° 26 | 2024


Résumés

Professionnel du droit, le notaire apparaît comme un acteur discret, mais central, de la résolution des conflits à l’ombre de l’institution judiciaire à partir de laquelle les historiennes et historiens ont l’habitude de mener leurs recherches. Cet article propose d’inverser le point de vue et de partir des sources notariales afin de mettre en lumière le rôle du notaire, longtemps chaînon manquant dans les études sur les mécanismes de la régulation sociale. L’étude se fonde sur un corpus d’accords réglant des conflits d’ordre criminel réalisés par le notaire Jacques Legay à Saint-Germain-des-Prés dans la première moitié du xviie siècle. Actes mineurs, à part et inclassables, ces accords ne se laissent pas facilement débusquer par l’historien·ne mais constituent pourtant une pratique banale du notaire. Bien qu’enserrés dans un formulaire rigide et uniforme, les accords révèlent les différentes conditions, les gestes et les paroles par lesquels les parties en conflit parviennent à soigner leurs blessures d’honneur et de sang. Conçus comme le meilleur remède au procès, les accords entretiennent toutefois avec la justice seigneuriale locale des liens étroits. La sociologie des contractants et des justiciables germanopratins éclaire ainsi une partie des motivations et des exigences des populations dans leurs choix de naviguer plus ou moins volontiers entre l’un et l’autre recours.

As a legal professional, the notary appears to be a discreet but central actor in the resolution of conflicts in the shadow of the judicial institution from which historians are accustomed to conducting their research. This article thus proposes to reverse the point of view by starting from notarial sources to highlight the role of the notary, for a long time the missing link in studies on the mechanisms of social regulation. The study is based on a corpus of agreements for criminal matters, made by the notary Jacques Legay in Saint-Germain-des-Prés in the first half of the 17th century. Minor acts, apart and unclassifiable, these agreements are not easily found by the historian but nevertheless constitute a common practice of the notary. Although enclosed in a rigid and uniform form, the agreements reveal the different conditions, gestures and words by which the parties in conflict manage to heal their wounds of honor and blood. Conceived as the best remedy to the lawsuit, the agreements nevertheless maintain close links with the local seigneurial justice. The sociology of the contracting parties and of the litigants thus sheds light on some of the motivations and demands of the populations in their choice to navigate more or less willingly between the one and the other recourse.

Article à consulter sur https://journals.openedition.org/criminocorpus/15697

Livre : « La médiation, l’art de l’alternative » par Florence Gabay, Éditions L’Harmattan, 2026, 328 p.


Commande sur : https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/la-mediation-l-art-de-l-alternative/82286

Rappel pour la constitution d’un fonds documentaire : Création en 1994 d’une instance de médiation à Thionville pour régler les conflits du quotidien


En publiant cet article de presse de 1994 du Républicain Lorrain, envoyé par Fathi Ben-Mrad, qui œuvre depuis des années pour la médiation, La lettre de la Médiation rappelle son appel à la création d’un fonds documentaire sur la médiation et espère obtenir votre soutien pour la réalisation de ce projet.

« Le traitement négocié du conflit dans les sociétés traditionnelles » par Guy-Olivier Faure, Négociations 2011/1 n° 15, pages 71 à 87


« Les sociétés traditionnelles ont produit un ensemble de pratiques de résolution de conflit dont nous ignorons presque tout. L’article qui suit vise à entamer un inventaire de celles-ci en retenant deux importantes parties du monde, l’Afrique et la Chine. Dans une visée descriptive, il s’agit
d’abord d’élargir le répertoire des pratiques connues. Sont ici étudiés, non seulement les aspects processuels des négociations mais également le rôle de la communauté dans laquelle elles se déroulent ainsi que la dimension cognitive de la situation d’ensemble et du problème posé. Une emphase particulière est mise sur les approches holistes et métaphoriques propres à ces types de sociétés par rapport aux approches analytiques prévalant dans les sociétés occidentales.


Mots-clefs :résolution de conflits, symboles, rituels, rhétorique, mythes, processus de socialisation, réconciliation.


While traditional societies have produced a rich set of practices in the domain of conflict resolution, these methods are widely ignored. This article aims to start drawing an inventory of these practices in two major parts of the world, Africa and China, to contribute to widening the repertoire. The purpose is first to describe and shed light on the negotiation processes, on the role of the commu
nity where the conflict takes place, and ultimately on the way the various actors conceive the problem and its solution. A particular emphasis is put on holistic and metaphorical approaches in contrast to the analytical approach prevailing in Western societies.


Keywords : conflict resolution, symbols, rituals, rhetoric, myths, processes of socialization,
reconciliation.

Rapport : Bruno DEFFAINS, « L’analyse économique du règlement des litiges : approches théorique, empirique et comparative », CREDES, UNIVERSITE DE NANCY 2, GIP MISSION DE RECHERCHE DROIT ET JUSTICE, 2001, 284p.


Rapport à consulter sur https://institutrobertbadinter.fr/fr/publications/lanalyse-economique-du-reglement-des-litiges-approches-theorique-empirique-et-comparative-note-de-synthese/

Les 25 ans de la médiation à la Mutualité sociale agricole (MSA) (miroir social.com)


« La création de la Médiation à la MSA en l’an 2000, c’est le résultat de la rencontre entre un contexte et une opportunité

(…)

L’opportunité c’est un rendez-vous avec Louis Goupilleau, à l’époque directeur général de l’APCA, qui devait prendre prochainement sa retraite, et était venu me présenter son projet de développer une activité de médiation à laquelle il s’était formé auprès de Jean-François Six, théologien reconnu pour ses travaux sur le sujet (nous ne savions pas à l’époque qu’il serait aussi mis en cause plus tard pour abus sexuels) . Quand je lui ai parlé de notre projet de médiation MSA, il m’a signalé l’opposition de celui-ci aux dispositifs de médiations institutionnelles. C’est cet échange qui nous a conduit à mettre en place une médiation indépendante  pour concilier, en quelque sorte, les contraires : une médiation institutionnelle certes mais non soumise à l’autorité de l’institution. » -Daniel Lenoir – (Extrait de miroirsocial.com du 27/10)

En savoir plus sur https://www.miroirsocial.com/participatif/les-25-ans-de-la-mediation-la-msa

Colloque (Québec): « AMFQ : 40 ans et toujours en mouvement » de l’Association des médiateurs familiaux du Québec les 6 et 7 novembre 2025


Programme

Jeudi 6 novembre 2025

Développements récents en médiation familiale – 6 conférences en collaboration avec le Barreau du Québec (mode hybride)

  • Les fondements de l’arrêt Bouvier et ses effets sur la médiation et après…, par Me Michel Tétrault, avocat
  • La confidentialité sous la loupe : sécuriser chaque étape de la médiation familiale, par Me Valérie Laberge, avocate et médiatrice familiale
  • Le statut des beaux-parents et des autres tiers significatifs dans la vie de l’enfant, par Me Catherine Leblanc, avocate& Me Annie Quimper, avocate et médiatrice familiale
  • Médiation et union parentale – Impacts et nouveaux défis pour le médiateur familial, par Me Dominique Lettre, notaire et médiatrice familiale
  • Familles pluriparentales : enjeux juridiques et adaptations en médiation, par Me Laura Cárdenas & Me Valérie Costanzo, avocates
  • La prémédiation : les retombées positives et son cadre juridique, par Me Annie Tardif, avocate et médiatrice familiale

Cocktail et réseautage

Tous les participants sont invités au cocktail/réseautage de 16h45 à 18h30. Le cocktail est gratuit pour les membres de l’AMFQ.

Vendredi 7 novembre 2025

Journée d’ateliers (mode présentiel)

Le Guide des normes de pratique en médiation familiale date de 2016. Comment faut-il réviser? 

Discussions animées et tables rondes entre collègues sont au menu de cette journée sur la révision du Guide des normes de pratique en médiation familiale.

Pour animer la discussion, Mme Isabelle Bourgeois pour Éducaloi va collaborer avec M.Philippe Tousignant, spécialiste de l’intelligence artificielle.

Me Marie Dupont, notre avatar d’une médiatrice de 2010, va nous accompagner tout au long de la journée.

Cérémonie « Hommage aux bâtisseurs 2025 »

Pour souligner son 40e anniversaire, l’AMFQ va revisiter 40 ans d’histoire de la médiation familiale au Québec, avec la participation d’anciens présidents et présidentes. Une cérémonie d’Hommage aux bâtisseurs viendra conclure la journée. (Extrait)

Inscription sur https://portail.mediationquebec.ca/fr/presentation-colloque-amfq

Laura Viaut, « La part de l’ombre… Les juges et médiateurs devant l’aménagement du secret aux Xe et XIe siècles », Droit et cultures, 83 | 2022/1


Résumés

La justice de l’an mille est particulièrement connue sous l’angle des assemblées de justice qui se tiennent publiquement sur les grandes places. On pourrait croire au premier abord qu’une telle publicité tend à réduire la place du secret. Mais les sources juridiques nous montrent une réalité bien distincte, celle d’un système aux logiques restauratives, où la vérité est facultative et où la conscience collective prime la conscience du juge.

The assemblies of justice of the year 1000, held in the public square, are well known. One might think that its public aspects do not allow secrets. But legal sources show us a very distinct reality: a system with restorative logics, an optional truth, a collective conscience above the conscience of the judge

Article à consulter sur https://journals.openedition.org/droitcultures/7851

Article : « La médiation sociale et l’école. La longue marche de la médiation » par Bénédicte Madelin  Laurent Giraud, Diversité,  Année 2014  175, pp. 71-75


« Depuis plus d’une trentaine d’années, il est fait référence à la médiation sociale comme mode de réponse à des situations très diverses, voire comme « la » réponse quand la parole publique ne passe
plus. De quoi s’agit-il ? Pourquoi fait-on appel à cette fonction – ou à ce terme – de
façon si fréquente et dans des contextes multiples ?

En fait, la médiation apparaît dans un double mouvement.

  1. Une médiation institutionnelle : ce terme
    est utilisé pour la première fois dans le cadre
    d’une fonction officielle, en 1973, avec la
    création du Médiateur de la République.
    Quelques années plus tard, apparaissent
    les premiers médiateurs dans les conflits
    sociaux.
  2. Une médiation « citoyenne », née dans
    les années 1980 au sein même des groupes
    sociaux de milieux populaires : les femmes
    relais, les grands frères (Extrait)

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2014_num_175_1_3877?q=M%C3%A9diation%20

Article : « Le concept de médiation dans l’Islam » par Selim Jahel, Revue internationale de droit comparé,  Année 2017  69-1, pp. 101-105


« On sait que la médiation est l’une des formes anciennes de règlement des
litiges, elle remonterait à des millénaires. Elle permettait dans les sociétés
primitives de mettre fin à toutes sortes de conflits, tant entre particuliers
qu’entre groupes sociaux opposés. Dans un monde, écrivait Emile Tyan1,
parlant lui de l’Arabie préislamique, ou il n’existe pas de puissance publique
ni d’État organisé, le tahkim – mot qui littéralement signifie arbitrage – va
servir à tempérer le recours à la justice privée, ce qu’on appelle le thar, la loi
du talion, œil pour œil, dent pour dent. L’intervention d’un hakam (arbitre)
empêchera l’exercice du thar (vengeance) par la recherche d’un accord entre
les parties pour établir le montant de ce qu’on appelle la diya, une
compensation pécuniaire qui remplace le thar.
En l’absence d’un système judiciaire organisé, c’est en toute matière
qu’il pourra être fait appel au hakam aussi bien pour répondre à de simples
dissensions familiales que pour résoudre des litiges entre particuliers ou
même des querelles de pouvoir. Il peut arriver, parfois que le chef du clan,
de la tribu, ou le sage du village prennent eux-mêmes l’initiative d’intervenir
pour mettre fin au litige, notamment au cas où celui-ci risque de s’élargir :
Mais lorsqu’il s’agit d’intérêts privés, c’est le plus souvent les parties elles
mêmes qui conviennent de confier à un tiers le soin de trouver un accord.
Dans les deux cas, il y a une interposition dans le litige d’une ou de deux
personnes appelées hakam qui vont essayer de concilier les parties et de
trouver avec elles une solution pouvant mettre fin au différend sans en
référer à des normes préétablies ou à une autorité publique. » (Extrait)

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_2017_num_69_1_20808?q=M%C3%A9diation%20#ridc_0035-3337_2017_num_69_1_T5_0102_0000

Audio : « la médiation c’est plus qu’un métier, c’est une passion » par Birgit SAMBETH, pionnière de la médiation en Suisse (ausha.co/humankind-mediation)


« Dans ce premier épisode de « HumanKind_CréateursdeDialogues » j’ai le plaisir d’accueillir Birgit Sambeth, pionnière de la médiation en Suisse, reconnue pour son expertise internationale et son engagement pour les modes alternatifs. Avocate, juge suppléante et médiatrice, Birgit joue un rôle central dans le développement de la médiation comme un outil stratégique de la résolution des conflits, et notamment lors de ses récentes fonctions de Présidente de la Fédération Suisse des Avocats.

Ensemble, nous explorons les fondamentaux de ce processus, avec une vision profondément humaniste. Birgit nous emmène dans un parcours d’exploration, au travers les conflits familiaux, les contentieux commerciaux et les litiges d’investissements internationaux, comme une invitation à questionner notre propre regard sur ce qui nous divise, ce qui nous touche, et à se réapproprier la conscience de notre pouvoir d’agir ». (Extrait ausha.co/humankind-mediation

A écouter sur https://podcast.ausha.co/humankind-mediation/birgit-sambeth