Article : « Formation à la médiation judiciaire : apprendre à créer un espace de dialogue pour entendre le malentendu » par Kévin Martinez-Sanna, Semen, n°56, 2024, p.59-76


Résumé

« Notre article présente une observation participante réalisée dans le cadre d’une formation à la médiation judiciaire au sein d’une association d’accès au droit. Pendant une semaine, une dizaine de citoyens bénévoles endossent les rôles de médiateurs, d’observateurs et de médiés pour acquérir les compétences nécessaires à la conduite d’une médiation judiciaire (écoute, restitution, positionnement…). Ainsi, à travers l’observation des mises en scène de médiation et les échanges entre les élèves-médiateurs et la formatrice, l’article explore les différents lieux de malentendus ou de difficultés communicationnelles. Il permet de mieux comprendre comment la médiation judiciaire opère pour permettre aux médiateurs d’accompagner les médiés en conflit en créant les conditions favorables de l’entente ». (Extrait)

Article à consulter sur https://journals.openedition.org/semen/20127

« Première amende civile pour refus de déférer à une injonction de rencontrer un médiateur » par Karine Thouati, Vice-présidente au Tribunal judiciaire de Nanterre (actu-juridique.fr)


« Le tribunal judiciaire de Paris, dans une décision rendue le 5 février 2026 (N°RG 24/09128) publiée sur Judilibre, a prononcé la première amende civile pour refus sans motif légitime, d’une partie, de déférer à une injonction de rencontrer un médiateur.

Cette décision prononcée par un juge de la mise en état est particulièrement intéressante dans ses développements sur le régime juridique de l’amende civile, le contrôle de proportionnalité opéré par le juge, et le motif légitime.

Pour rappel, l’injonction de rencontrer un médiateur est un instrument issu initialement de la loi n° 2019-22 du 23 mars 2019, qui s’est révélé particulièrement efficace pour mettre en œuvre la médiation dans les tribunaux judiciaires.

Cette injonction de rencontrer un médiateur était utilisée par le juge dans le cas d’un contentieux remplissant les critères d’éligibilité à la médiation, pour que les parties, accompagnées ou non de leur conseil, rencontrent le médiateur désigné pour s’informer sur le déroulement d’une médiation et si elles l’acceptent, entrer en médiation sous son égide.

En cas d’inexécution de cette injonction, les juges pouvaient en pratique décider de sanctions diverses au même titre que toute inexécution d’une diligence : la radiation du dossier ou bien son renvoi ( en cas d’inexécution par le demandeur), ou la prise en compte de cette carence dans l’octroi des frais irrépétibles, mais aucune sanction n’était prévue par les textes. » (Extrait de actu-juridique.fr du 24/03/206)

En savoir plus sur https://www.actu-juridique.fr/marl/premiere-amende-civile-pour-refus-de-deferer-a-une-injonction-de-rencontrer-un-mediateur/

Article : « Une nouvelle initiative de la Cour d’appel de Paris : la conférence régionale des modes amiables » par Valérie Lasserre, professeur agrégée de droit à l’Université du Mans, directrice du Diplôme universitaire (DU) médiation de l’Université du Mans (actu-juridique.fr)


« Le 9 mars 2026, la Cour d’appel de Paris a organisé la première conférence régionale des modes amiables depuis la publication du décret du 18 juillet 2025, mettant ainsi en œuvre l’une des propositions recommandées par le rapport des ambassadeurs de l’amiable de 2024. Son objectif a été présenté par le premier président de la Cour d’appel de Paris, Jacques Boulard : inscrire durablement l’amiable dans la justice. Selon ses mots, les rencontres régionales de tous les acteurs de l’amiable ont une triple mission : « promouvoir, partager et agir ».

Cet événement offre l’opportunité de souligner, premièrement, le rôle doctrinal de la Cour d’appel de Paris, deuxièmement, la qualité du dernier décret sur l’amiable, troisièmement, l’intérêt des rencontres pratiques régionales des acteurs de l’amiable.

1/ Le rôle doctrinal de la Cour d’appel de Paris

Il est utile de rappeler que sans une doctrine juridique forte et enracinée il n’y a pas de droit de qualité, il n’y a pas de système juridique sophistiqué et protecteur des droits. Toutes les analyses historiques le démontrent.

Une grande législation est toujours le résultat d’un travail doctrinal approfondi en amont.

En matière d’amiable, la doctrine doit beaucoup à la Cour d’appel de Paris, à ses premiers présidents et à ses conseillers qui ont su impulser des débats, des réflexions et des rapports en rassemblant autour d’eux des experts de l’amiable, mais qui ont également eu le courage de mettre en œuvre des pratiques innovantes. » (Extrait de actu-juridique.fr du 11/03/2026)

En savoir plus sur https://www.actu-juridique.fr/marl/une-nouvelle-initiative-de-la-cour-dappel-de-paris-la-conference-regionale-des-modes-amiables/?utm_campaign=Newsletter%20Actu-Juridique%20du%2011%2F03%2F2026&utm_medium=email&utm_source=mailjet

Cérémonie de remise de la première édition du prix du Conseil national de la médiation le 18/12/2025


« C’est avec beaucoup d’émotion que les membres du Conseil national de la médiation, en présence d’Alexandre de Bosschère, secrétaire général adjoint du ministère de la justice et de Cécile Nyssen, secrétaire générale adjointe du Conseil d’Etat, ont remis leur prix aux cinq juridictions judiciaires et administratives distinguées pour leur implication remarquable en faveur du développement de la médiation dans leur ressort :
🏆la cour d’appel de Grenoble, le tribunal judiciaire de Marseille, le tribunal judiciaire de Toulouse ;
🏆le tribunal administratif de Montreuil, le tribunal administratif de Marseille. » (Extrait dehttps://www.linkedin.com/posts/conseil-national-de-la-mediation-a919a42a2_le-18-d%C3%A9cembre-2025-au-minist%C3%A8re-de-la-justice-activity-7407843450739458048-XS7d/?utm_source=share&utm_medium=member_android&rcm=ACoAAAI9qKIBUdrVnyHXEanNZav8WKMzIxTvR8I

Saint-Malo Agglomération a engagé une médiation encadrée par le tribunal, avec Transdev (actu.fr)


« Pour résoudre les dysfonctionnements de son réseau de bus, Saint-Malo Agglomération a engagé une médiation encadrée par le tribunal, avec Transdev. Des changements sont promis.

Les bus encore et toujours au menu du conseil communautaire de Saint-Malo Agglomération, ce jeudi 9 octobre 2025. Depuis la prise de fonction d’un nouveau délégataire – la société Transdev pour une durée de sept ans – le 1er janvier dernier, la colère n’est pas retombée du côté des usagers. L’élu malouin Florian Bigaud s’en est fait l’écho dès le début de la séance, accusant même Transdev « d’avoir fait circuler des bus à vide cet été pour encaisser des kilomètres ».- Samuel Sauneuf – (Extrait de actu.fr du 9/10/2025)

En savoir plus sur https://actu.fr/bretagne/saint-malo_35288/loffre-nest-pas-a-la-hauteur-bus-de-saint-malo-agglo-une-procedure-aupres-du-tribunal_63280554.html

Blocage du site de JDE Peet’s, fabricant de capsules de café : une médiation ordonnée par le tribunal de Saint-Etienne (france3-regions.franceinfo.fr)


« Lundi 6 octobre, la justice a ordonné une médiation entre la direction et les salariés grévistes d’une usine de capsules de café à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire. Le groupe néerlandais, JDE Peet’s, doit trouver une issue pour mettre fin à 15 jours de conflit. La direction avait saisi la justice pour « délit d’entrave ». Une médiation a eu lieu mardi et une nouvelle réunion était prévue ce mercredi matin, à 10h.

(…)

Lundi, lors de l’audience, l’équipe dirigeante a accepté une médiation qui devait être menée par un ancien directeur de la Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS) de la Loire. Ce mardi matin, un premier rendez-vous a eu lieu avec le médiateur qui a reçu séparément la direction et l’équipe syndicale de négociation. Une réunion avec les trois parties (direction, syndicats et médiateur) était ensuite prévue dans l’après-midi. » –Jean-Christophe Adde , AFP et Dolores Mazzola – (Extrait de france3-regions.franceinfo.fr du 8/10/2025)

En savoir plus sur https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/loire/saint-etienne/blocage-une-mediation-ordonnee-dans-le-cadre-d-une-greve-sur-un-site-de-jde-peet-s-dans-la-loire-fabricant-de-capsules-de-cafe-3228995.html

Médiation administrative : une convention inédite signée à Nancy par le CHRU, la CAA et le TA (ici-c-nancy.fr)


« Dans le cadre des réformes récentes de la justice administrative, la Cour administrative d’appel (CAA) de Nancy, le Tribunal administratif (TA) de Nancy et le Centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Nancy ont posé un jalon important en signant mercredi 16 avril 2025 une convention commune. L’objectif, promouvoir la médiation comme mode de résolution prioritaire des litiges opposant l’administration aux usagers, entreprises ou agents publics. Avec à la clé, une alternative plus rapide et plus souple aux procédures contentieuses traditionnelles tout en renforçant la coopération entre magistrats et acteurs de santé.

Souvent formelle, coûteuse et longue, la procédure contentieuse, cède ainsi le pas à une médiation « précontentieuse » encouragée avant toute saisine du juge. Le CHRU de Nancy s’engage à proposer systématiquement cette voie amiable à ses interlocuteurs, qu’il s’agisse de différends relatifs aux soins, aux marchés publics ou aux contrats de travail. 

La convention introduit également la possibilité pour le magistrat administratif de suggérer une médiation à tout stade d’une procédure déjà engagée. Si les parties acceptent cette proposition, un médiateur impartial est désigné et dispose de trois mois, renouvelables une fois, pour conduire les discussions et faciliter un accord. Ce mécanisme vise à réinstaurer le dialogue et à privilégier une approche globale des conflits, tout en désengorgeant les tribunaux administratifs. » (Extrait de .ici-c-nancy.fr du 19/04/2025)

En savoir plus surhttps://www.ici-c-nancy.fr/sante/17133-mediation-administrative-une-convention-inedite-signee-a-nancy-par-le-chru-la-caa-et-le-ta.html

Colloque : « Regards croisés du juge judiciaire et du juge administratif sur la médiation » organisé par la Cour d’Appel de Paris, la 4 avril 2025


« Ce colloque s’inscrit dans le prolongement du cycle consacré à la médiation par la Cour d’appel de Paris. Il vise, dans un format relativement court, à apporter une vision concrète et comparative des procédures de médiation à l’initiative du juge civil et du juge administratif, tout particulièrement en cas d’asymétrie des parties, pour dégager les clés d’une médiation réussie, dans une perspective d’enrichissement mutuel.

Lieu : Cour administrative d’appel de Paris – Salle d’audience – 68, rue François Miron, 75004 Paris » (Extrait)

Programme et inscription sur https://www.cours-appel.justice.fr/paris/dune-cour-lautre-dialogue-des-juges

Cour d’appel de Paris : « Le recours aux modes amiables de résolution des différends »


« Pour une offre de justice plurielle

En janvier 2023, une politique ambitieuse pour développer le recours à l’amiable dans la résolution des différends (MARD) a été lancée par le gouvernement. Les principales mesures ont été présentées par le garde des Sceaux en clôture du premier colloque sur la justice amiable qui a eu lieu le 17 octobre 2023 à la cour d’appel de Paris et qui s’est décliné tout au long de l’année 2024 en matière économique, sociale, familiale ainsi que sur les nouveaux dispositifs. Les référentes de la conciliation et de la médiation pour l’ensemble du ressort de la Cour d’appel nous présentent leurs actions dans la mise en œuvre de cette politique.

Si la volonté de développer une politique de l’amiable existe depuis 1995, son application varie selon les juridictions et les magistrats. Un état des lieux réalisé en 2023 au sein de la cour d’appel a mis en lumière la diversité des pratiques au cœur des pôles civils, social, commercial et familial. Comme l’explique Sophie VALAY-BRIÈRE, première présidente de chambre, coordinatrice du pôle 4 et coordinatrice de la conciliation et de la médiation pour l’ensemble du ressort de la cour d’appel : « Nous nous sommes rendues compte à cette occasion que les pratiques étaient très diverses. Tout reposait sur des magistrats et des fonctionnaires qui y croyaient et qui étaient plus ou moins investis dans la médiation. » Une démarche d’harmonisation a donc été lancée au sein de la cour d’appel.

Des outils pour uniformiser les pratiques

Un groupe de travail, composé de magistrats et fonctionnaires, piloté par Sophie VALAY-BRIÈRE a élaboré des outils concrets : trames de décisions, modèles d’injonction et tableaux de suivi statistique. « Il était crucial de structurer notre approche et d’assurer une cohérence entre les pôles civils, social, familial et économique » commente-t-elle. Viviane SZLAMOVICZ, conseillère à la cour d’appel de Paris, et référente de l’audience de règlement amiable (ARA) sur la cour d’appel, ajoute : « un tableau Excel regroupe toutes les données dont la Chancellerie a besoin… On a déterminé nos besoins et c’est madame SEBASTIEN, DSGJ du pôle 4, qui l’a mis en forme. » La partie la plus fastidieuse reste ensuite d’entrer les données manuellement dans les tableaux car rien n’est automatisé.

Les outils créés ont été diffusés à l’ensemble des pôles civils de la cour d’appel. Des réunions avec leurs représentants ont permis de promouvoir une certaine cohérence tout en respectant les spécificités de chaque pôle. L’initiative a également permis de structurer la collecte des données pour évaluer l’impact des MARD. En effet, aucun outil national ne permet d’analyser leur efficacité. Désormais, un tableau statistique est mis en place pour recenser le nombre d’injonctions à la médiation, d’ordonnances de médiation, d’accords obtenus et d’autres indicateurs clés. « Il faut pouvoir mesurer notre action pour l’améliorer », observe Sophie VALAY-BRIÈRE.

Favoriser l’adhésion à la politique de l’amiable

Un autre défi repose sur la sensibilisation des acteurs du droit. Longtemps réticents, certains avocats craignaient que la médiation ne réduise leur rôle. Or, une meilleure intégration des avocats dans le processus, notamment en leur garantissant une place aux côtés de leurs clients en médiation, a permis de lever ces freins. « Lorsqu’un accord est trouvé, c’est une victoire pour toutes les parties, y compris les avocats », remarque Viviane SZLAMOVICZ. Victoria RENARD, greffière à la chambre 4-13 et référente médiation pour le greffe du pôle 4, ajoute que le greffe joue un rôle essentiel dans le processus de médiation : « Les greffiers, sont en contact direct avec les parties et les avocats, ils reçoivent leurs appels et questions. Ce travail de proximité permet d’assurer le suivi des médiations et de recueillir les retours de chacun. »

Un premier bilan permet de noter que les affaires familiales, les litiges entre employeurs et salariés ou copropriétaires, et les différends locatifs se révèlent particulièrement adaptés à ce mode de règlement, car les parties doivent maintenir des relations au-delà du litige. En effet, « des parents qui se séparent, des copropriétaires ou un bailleur et son locataire ont tout intérêt à préserver le dialogue… » précise Nathalie BRET, conseillère à la cour d’appel de Paris, magistrate co-coordinatrice de la médiation et de la conciliation. Elle souligne également que « en appel, la médiation se développe car les parties disposent d’une nouvelle base de discussion, le jugement ». À travers la médiation, la conciliation ou l’audience de règlement amiable, l’objectif est de proposer des solutions plus rapides et pertinentes aux parties en conflit. « Ce n’est pas seulement une alternative, mais une nouvelle manière d’envisager la justice, permettre aux parties de se réapproprier leur litige en vue d’une solution rapide, qui leur convienne, tout en protégeant leurs intérêts », explique-t-elle. »

Si les résultats restent à affiner, l’enthousiasme des magistrats et des professionnels engagés témoigne d’un changement profond. En offrant des solutions adaptées et humaines, la justice amiable s’impose comme un complément essentiel à la justice traditionnelle. Avec le développement à titre expérimental de l’ARA en cour d’appel et la multiplication des formations, la culture de l’amiable semble désormais solidement ancrée dans le paysage judiciaire. »

Source : Romain CARAYOL Romain Avocat (Médiateur – Arbitre – Formateur) https://www.linkedin.com/search/results/all/?fetchDeterministicClustersOnly=true&heroEntityKey=urn%3Ali%3Afsd_profile%3AACoAAAKlRTUB2_yeZSpClb8Nxd3jBnrsAWTnwzY&keywords=romain%20carayol&origin=RICH_QUERY_SUGGESTION&position=0&searchId=631dbdc9-568b-466c-aa16-729a56140fdc&sid=nhW&spellCorrectionEnabled=false

Webinaire (rediffusion): « La médiation en référé : Bilan après 7 années d’expérience » avec Fabrice VERT, Magistrat, Premier Vice-Président du Tribunal Judiciaire de Paris et animé par Vincent RAMON de l’Association Nationale des Médiateurs (29 janvier 2025)


« Ce webinaire a eu lieu le mercredi 29 janvier 2025, de 12h30 à 13h30. Il était animé par Vincent RAMON, Médiateur et formateur, membre du Conseil d’administration de l’Association Nationale des Médiateurs, qui a échangé avec Fabrice VERT, Magistrat, Premier Vice-Président du Tribunal Judiciaire de Paris, Vice-Président du Groupement européen des Magistrats pour la Médiation (GEMME), section France, sur le thème « La médiation en référés : bilan après 7 ans d’expérience ». Ce webinaire s’appuie sur l’expérience de Monsieur Fabrice Vert, qui a exercé pendant 7 années en tant que juge des référés. Il s’agira notamment d’évoquer les enjeux du développement de la médiation dans le cadre des procédures de référés, voire plus largement dans les procédures judiciaires. » (Extrait)

Vidéo à consulter sur https://anm-mediation.com/page-contenu-categorie.php?id=432155

Webinaire : « La médiation en référé : bilan après 7 ans d’expérience » avec Fabrice Vert, Premier Vice-Président du Tribunal judiciaire de Paris et animé par Vincent Ramon de l’ANM, le 29 janvier 2025, de 12h30 à 13h30.


inscription sur https://events.teams.microsoft.com/event/002d2a9e-da56-40c9-9050-bd666f250f98@b2960711-6a06-47cf-925d-e625d0811d02