Rapport 2025 de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur


« Édito

L’activité de l’année 2025 a été particulièrement intense pour les médiateurs. Confrontés à des problématiques sociétales et familiales de plus en plus complexes ainsi qu’à une forte augmentation des conflits et des violences au sein des établissements, ils ont poursuivi leur mission de pacification et de résolution amiable des litiges tout en répondant à une demande croissante d’écoute, de considération et d’explications de la part des usagers comme des personnels, souvent inquiets, vulnérables et exigeants vis-à-vis de leur administration.

Les mutations sociétales et le contexte international créent, par ailleurs, chez les jeunes en particulier, beaucoup d’anxiété, entraînant une souffrance psychique et un sentiment d’insécurité. Ce constat largement partagé, qui s’est aggravé depuis la crise sanitaire, a fait de la santé mentale des élèves, des étudiants et des personnels une question prioritaire pour les ministères chargés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Qu’il s’agisse de renforcer la prévention, de faire de la santé mentale un objet d’éducation et de formation ou de promouvoir le bien‑être à tous les niveaux du système éducatif, le sujet ne fait plus débat dès lors que l’équilibre psychique et la qualité de vie au travail sont reconnus comme des enjeux à fort impact sur les apprentissages et la réussite de tous.

Enfin, une part de plus en plus importante des réclamations adressées aux médiateurs fait état de violences ou d’atteintes aux droits, à la dignité ou à la sécurité des enfants, dans leur établissement d’enseignement, ou à proximité. Les saisines mettent parfois en évidence des défaillances ou des insuffisances dans leur prise en charge, leur protection ou leur suivi, entamant la confiance des familles à l’égard de l’institution scolaire. Ce bilan a conduit à la création récente, par le ministre de l’Éducation nationale, d’un poste de déléguée à la protection des enfants à l’école placée au côté de la médiatrice, qui a vocation à venir en appui au réseau des médiateurs académiques déjà fortement mobilisés sur toutes les questions relevant de la défense des droits des enfants.

Dans ce contexte, se fait sentir plus que jamais la nécessité de développer et de faire vivre l’esprit et les valeurs de la médiation. L’impartialité, l’indépendance et la juste distance du médiateur par rapport aux autorités sollicitées, doivent lui permettre de contribuer pleinement au rétablissement de la confiance et à l’instauration d’un climat d’étude serein s’appuyant sur le dialogue et le respect réciproque de tous les acteurs de la communauté éducative.

Catherine Becchetti-Bizot
Médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur

Rapport d’activité à consulter sur https://www.education.gouv.fr/rapport-2025-de-la-mediatrice-de-l-education-nationale-et-de-l-enseignement-superieur-505214

Publication : « Jeunes : préparer demain avec eux, dès maintenant », INTER-médiés N° 19, mai 2026, 68p.


Un peu d’auto-promotion pour ce numéro n° 19 d’INTER-médiés, consacré aux « jeunes », ces « futurs artisans de la paix », comme le soulignent dans leur éditorial, Joëlle Dunoyer et Marion Delisse, les coordinatrices du numéro. En ces temps troublés par les guerres et d’autres événements violents, elles rappellent à juste titre qu’il ne faut pas sombrer dans le pessimisme et qu’il convient de continuer à « semer les graines du dialogue et de la paix », surtout auprès des jeunes générations. En ce sens, comme le souligne mon article, la médiation scolaire et, plus particulièrement, l’apprentissage de la médiation dès le plus jeune âge constituent l’un des meilleurs moyens de développer une culture de la médiation dans nos sociétés.

Sur cette question de l’apprentissage de la médiation, Mariane Souquet, pionnière dans le domaine scolaire, souligne également que la médiation scolaire s’inscrit dans « un processus éducatif qui permet un changement d’attitude vis-à-vis du conflit ». Elle considère qu’« apprendre à vivre ensemble fait partie intégrante des missions de l’école » et regrette qu’aujourd’hui, après une période faste, les établissements scolaires s’investissent davantage dans d’autres approches que dans la médiation par les pairs.

À côté de la médiation par les pairs, le numéro relate d’autres initiatives, notamment pour lutter contre le harcèlement scolaire, avec la présentation de projets de prévention et de médiation menés dans deux établissements scolaires à Paris. Ces projets reposent en particulier sur la mise en place d’« ateliers sur les émotions », sur l’utilisation de la technique des « messages clairs » et sur la formation d’élèves au rôle d’« ambassadeurs ». Dans le même esprit, Pablo Ferez, enseignant d’EPS, présente dans un entretien, un projet mis en œuvre dans un collège, inspiré de la justice restaurative. Ce projet vise notamment à repérer les situations de « bouc émissaire » à partir de « la théorie du triangle de l’abus », développée par Eric Verdier, psychologue et formateur.

Ce foisonnement d’initiatives relaté dans ce numéro montre à la fois l’existence d’une richesse créative dans les établissements scolaires, mais traduit aussi une certaine carence du ministère de l’Éducation dans la prise en charge de ses missions éducatives. En effet, on peut regretter qu’il n’existe pas de véritable politique d’évaluation de ces dispositifs afin d’en faire ressortir « les bonnes pratiques » et de les développer à l’échelle nationale.

Jean-Pierre Bonafé-Schmitt

Lettre des Médiations

En savoir plus sur https://intermedies-mediation.com/inter-medies-n19/

« On apprend à écouter les autres, à régler des problèmes », des écoliers expérimentent la médiation à Villeurbanne (france3-regions)


« Lutter contre la violence et améliorer la sécurité au quotidien est une question au centre des préoccupations dans les établissements scolaires. À Villeurbanne, dans le quartier du Tonkin, la mairie a mis en place, depuis 3 ans, une expérience de médiation scolaire par les enfants eux-mêmes. » (Extrait de france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes du 3/04/2026)

En savoir plus sur https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/on-apprend-a-ecouter-les-autres-a-regler-des-problemes-des-ecoliers-experimentent-la-mediation-a-villeurbanne-3344198.html

Une Clinique de la médiation pour gérer les conflits à l’Université Lumière Lyon 2


« Depuis 2019, la Clinique de la médiation de l’université propose un espace absolument unique en France pour accompagner la gestion des conflits et les difficultés relationnelles rencontrées par les étudiantes et les étudiants (conflits entre colocataires, tensions familiales, désaccords entre locataires et propriétaires…)

Assurées par des étudiantes et étudiants du DU Médiation ou du master Justice, Procès et Procédures, Parcours Médiation, les permanences sont conduites en binôme pour garantir la qualité et la neutralité du dispositif et encadrées par une médiatrice professionnelle. « Ce projet remplit à la fois une mission pédagogique, en permettant aux étudiantes et étudiants de transmettre leurs connaissances sur la médiation au grand public mais aussi une mission sociale, en permettant à des personnes en conflit d’avoir des informations sur la médiation et de rencontrer un médiateur. » explique Adrien Bascoulergue, Doyen de la Faculté.

Chaque mois, ce dispositif gratuit et confidentiel permet aux étudiantes et étudiants de l’université d’aborder des situations de tension dans un cadre sécurisé, respectueux et bienveillant.  » (Extrait de univ-lyon2.fr)

En savoir plus sur https://www.univ-lyon2.fr/espace-presse-medias/cp-a-luniversite-lumiere-lyon-2-une-clinique-de-la-mediation-pour-gerer-les-conflits

Des élèves-médiateurs désamorcent les problèmes de harcèlement scolaire dans un collège de Brest (ouest-france.fr)


« Au collège Saint-Vincent, à Brest (Finistère), des élèves-médiateurs sont « les yeux et les oreilles » des adultes pour détecter et désamorcer les situations conflictuelles pouvant mener au harcèlement scolaire.

Moqueries, dénigrements, regards insistants qui se répètent chaque jour… Le harcèlement commence à bas bruit avant de prendre un jour une tournure dramatique. Le repérer fait partie de la mission de Taïna, Valentin ou Lucas, médiateurs en 3e au collège Saint-Vincent, à Brest (Finistère).

Après avoir été avertis par les référents de classe d’une situation conflictuelle, nous mettons en place une médiation entre la personne qui subit et l’aute.ouest-france.frur des agissements, explique Taïna. La plupart du temps, le simple fait qu’ils se parlent suffit à désamorcer le conflit. » (Extrait de ouest-france.fr du 13/03/2026)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/dans-ce-college-de-brest-ce-sont-les-eleves-qui-desamorcent-les-problemes-de-harcelement-scolaire-44442e4c-1950-11f1-803a-35ced0869d0c

Médiation scolaire : pour le bien‑être des collégiens de la métropole de Lyon (grandlyon.com)


« Une expérimentation est actuellement menée pour proposer de la médiation scolaire dans trois établissements de la métropole de Lyon, classés en Réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP +). Rencontre avec les médiateurs des collèges Paul‑Éluard de Vénissieux et Simone-Lagrange de Villeurbanne Saint-Jean.

Elle commence sa journée à 7h45. Audrey Belliard se rend chaque jour de la semaine aux abords du collège Paul‑Éluard à Vénissieux, il lui arrive même de faire quelques pas avec des élèves avant d’entrer, elle aussi, dans l’enceinte de l’établissement. Âgée de 31 ans, cette ancienne Conseillère principale d’éducation (CPE) exerce le métier de médiatrice en milieu scolaire depuis la rentrée de septembre : « J’aime ce lien de proximité avec les élèves mais aussi avec les familles. L’enjeu est énorme, beaucoup ne font plus confiance à l’école. Le décrochage scolaire est important. Certains collégiens sont convaincus d’être bons à rien alors qu’ils ont des compétences. Je travaille beaucoup sur la gestion des émotions. » 

Si le collège Paul‑Éluard a été choisi par le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), c’est en raison de la dégradation du climat scolaire. » (Extrait de grandlyon.com du 17/02/2026)

En savoir plus sur https://www.grandlyon.com/actualite/mediation-scolaire-pour-le-bien-etre-des-collegiens

JOURNEE EUROPEENNE VITEM : « Ville et Territoire Médiation » le 04 février 2026 9h00 – 17h30 – Hôtel de ville de Pierrefitte-sur-Seine


Inscription :afpad93vitem@gmail.com

Permanences – Médiation de a Clinique de la Médiation des étudiants du DU et master de médiation de l’université Lyon II


« La Clinique de la Médiation
C’est un service d’information et d’accompagnement à la médiation gratuit et ouvert à toutes et tous. Elle offre un espace d’écoute et de dialogue pour accompagner la gestion des conflits et des difficultés relationnelles rencontrées par les étudiantes et étudiants.

❓ Pourquoi venir ?
Ces permanences offrent un cadre gratuit, confidentiel et bienveillant pour être écouté, réfléchir à votre situation et envisager des voies d’apaisement adaptées à vos besoins.

❓Pour qui ?
Les permanences sont ouvertes à tous les étudiantes et étudiants de l’Université Lumière Lyon 2 qui rencontrent une situation conflictuelle ou une rupture de communication, que l’autre partie soit ou non étudiante à l’université.
– Conflits entre colocataires, amis ou camarades de classe;
– Tensions familiales (parents, frères, sœurs, etc.);
– Désaccords entre locataire et propriétaire.

⚠️ Ne sont pas concernées : les urgences, les procédures judiciaires, les litiges liés au travail ou à la famille, ainsi que les conflits entre étudiants et personnel de l’université.

❓Par qui ?
Les permanences sont assurées par des étudiantes et étudiants du D.U., Master 1 ou Master 2 Justice, Procès et Procédures / Médiation, encadrés par une médiatrice professionnelle.
Chaque rencontre est conduite en co-médiation (binôme d’étudiants et étudiantes), garantissant la qualité et la neutralité du dispositif.

📅 Dates des 2 prochaines permanences : 06 février et 27 mars
📍 Lieu : Campus Berges du Rhône

💻 Modalités d’inscription : https://lnkd.in/ezK4Vugz

(Extrait de https://www.linkedin.com/posts/cliniquedelamaezdiation-maezdiation-vieaeztudiante-share-7420123570267152385-6dO1/?utm_source=share&utm_medium=member_android&rcm=ACoAAAI9qKIBUdrVnyHXEanNZav8WKMzIxTvR8I

La médiation, un outil pour apaiser le climat scolaire (expressions-venissieux-fr.)


« Depuis plus d’un an, le collège Paul-Éluard accueille une médiatrice en milieu scolaire dans son établissement. Cette expérimentation, portée par l’association ALTM et financée par la Métropole, vise à prévenir et lutter contre les incivilités, les violences, l’absentéisme et le décrochage scolaire. Le dispositif a récemment été prolongé suite à la constatation d’une « amélioration réelle du climat scolaire et une baisse des dégradations ».

Audrey Belliard, la nouvelle médiatrice, a rejoint l’établissement à la rentrée de septembre. Avant cela, la jeune femme a occupé des postes de conseillère pénitentiaire, de CPE et d’assistante d’éducation dans des établissements en REP et REP+. » ‘Extrait de expressions–venissieux-fr.du 13/01/2026)

En savoir plus sur https://www-expressions–venissieux-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.expressions-venissieux.fr/2026-01-13-mediation-un-outil-pour-apaiser-le-climat-scolaire/amp/

Luxembourg – Marguerite Krier, médiateur scolaire : «Nous sommes leur dernier recours» (lequotidien.lu)


« Marguerite Krier a été nommée médiateur scolaire en septembre 2025. Elle nous détaille la méthode de son service quand parents et enseignants ne parviennent plus à se parler.

Vous avez pris vos fonctions il y a tout juste quatre mois. Comment s’est déroulée cette période?
Marguerite Krier : Pour moi, cela a été une découverte, alors que je pensais bien connaître le système scolaire, puisque je travaille depuis près de 20 ans au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse. Mais en réalité, aucune situation n’est pareille à une autre. Chaque dossier a sa propre individualité, avec parfois des difficultés connexes. C’est ce qui fait la richesse de ce travail. Ces trois mois m’ont permis de mesurer à quel point le système scolaire est à la fois riche et complexe, et combien il mérite d’être traité avec toute la finesse nécessaire pour répondre réellement aux besoins des élèves.

Doit-on vous appeler médiateur ou médiatrice?
Nous avons choisi de conserver la dénomination masculine « médiateur scolaire », car c’est celle de la loi, mais cela ne me pose aucun problème. » (Extrait de lequotidien.lu du 5/01/2026)

En savoir plus sur https://lequotidien.lu/a-la-une/marguerite-krier-mediateur-scolaire-nous-sommes-leur-dernier-recours/?utm_source=flipboard&utm_content=symf%2Fmagazine%2FACTUALIT%C3%89S+CHOISIES+DE+LA+M%C3%89DIATION

Vénissieux – Médiation scolaire à Éluard : l’expérimentation est validée


« En septembre 2024, le collège Paul-Éluard a été parmi les premiers établissements de la Métropole de Lyon à accueillir une médiatrice en milieu scolaire. Une expérimentation visant à prévenir et lutter contre les incivilités, les violences et le harcèlement, l’absentéisme et le décrochage scolaire, tout en développant les comportements citoyens et une culture de dialogue et de tolérance.

Lors du Conseil métropolitain du 17 novembre, les élus ont voté le prolongement du dispositif pour cette nouvelle année scolaire. La Métropole affirme que la médiation scolaire a apporté une « amélioration réelle du climat scolaire et une baisse des dégradations ». Ce que confirme Marianne Koreta, principale du collège Paul-Éluard : « La médiatrice est bien identifiée par les élèves et le personnel. Les élèves vont la voir et elle peut être sollicitée pour des gestions de conflits, de la médiation ou de la remotivation pour ceux qui sont en voie de décrochage. Elle peut réaliser des entretiens individuels ou en groupe et s’adapte aux besoins de l’établissement tout en créant de nouveaux projets. Suite à sa suggestion, nous souhaitons par exemple mettre en place de la médiation entre pairs. » (Extrait de

En savoir plus sur https://www.expressions-venissieux.fr/2025-11-18-mediation-scolaire-a-eluard-lexperimentation-est-validee/