Livre : François Jullien « Dénouer. Petite philosophie pratique de la médiation », éditions Rue de l’échiquier 2025, 96p.


« Ce nouvel essai est le premier titre de la collection « Petites flèches », dirigée par François Jullien.

La médiation prend une importance croissante dans nos sociétés. Mais ne garde-t-elle pas un certain flou au dire des médiateurs eux-mêmes ? Qu’est-ce qui résiste donc, en elle, à notre pensée ? Ne sommes-nous pas mieux disposés à penser la figure du Juge qui « tranche » le procès de l’extérieur, de par sa seule autorité ? Plutôt que celle du Médiateur engageant un processus d’où puisse advenir le « dénouement » du conflit ?

Quand le conflit survient, comment dénouer ce qui bloque et rouvrir un avenir ?
François Jullien propose ici une suite de concepts pour éclairer la logique de la médiation et l’art d’opérer, tels le « potentiel de situation », le « biais », l’ »amorce », la « viabilité » ou la « disponibilité » ; ou encore l’ »écart « , l’ »entre » et la « dé-coïncidence ».

Au « compromis » de la concession et de la demi-mesure si souvent invoqué, ne faut-il pas préférer le com-possible – soit un possible ouvert aux parties en conflit – libérant ainsi une voie féconde ? Une leçon de la Médiation qui, sans doute, vaut aussi en politique.

« Car il ne s’agit plus alors de trancher du Juste ou de l’injuste, mais de trouver une issue positive et concertée aux contradictions et différends rencontrés et pouvoir ainsi les “dénouer”. Par suite, de rendre nos relations plus heureuses et nos pratiques plus viables : le dénouement – par ce qu’il défait de blocage – n’est pas tant un achèvement qu’un avènement. Il lève le rideau sur de nouveaux possibles. » (Extrait dehttps://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7379871217488654336/ )

Médiateur du livre : dix ans d’évolution vers un rôle de « médiation de filière » (livreshebdo.fr)


« Le médiateur du livre Jean-Philippe Mochon publie ce 24 septembre son rapport d’activité 2024-2025*, marquant les dix ans de la création de cette fonction qui « a pris sa place dans l’écosystème éditorial français ». Il estime par ailleurs que l’institution s’est progressivement imposée comme une instance de concertation sectorielle au-delà même de ses missions initiales de règlement des litiges individuels.

Une médiation collective plutôt qu’individuelle

« Le médiateur est devenu une instance de médiation de filière pour travailler sur des sujets collectifs avec les organisations professionnelles », explique à Livres Hebdo Jean-Philippe Mochon. Cette fonction n’était  » pas prévue au départ  » (Extrait de livreshebdo.fr du 24/09/2025)

En savoir plus sur https://www.livreshebdo.fr/article/mediateur-du-livre-dix-ans-devolution-vers-un-role-de-mediation-de-filiere

Rapport d’activité 2024-2025 du médiateur du livre à télécharger

Livre : Michèle Guillaume-Hofnung et Line Kleinebreil (dir.), GUIDE DE LA MÉDIATION CITOYENNE. L’exemple d’une réalisation à Sarcelles, Hémisphères Éditions, 2025, 258 pages



Publication de l’Atlas de la médiation familiale 2024 par la direction des statistiques, des études et de la recherche de la CNAF, 28/07/2025, 22p. + Annexes


« L’Atlas de la médiation familiale dresse l’état des lieux de l’offre et de l’activité des services de médiation familiale conventionnés par département. Ce document dématérialisé s’adresse à l’ensemble des acteurs de la médiation familiale, décideurs, professionnels du secteur de l’action sociale, associations, etc. » (Extrait)

Atlas à consulter surhttps://caf.fr/professionnels/etudes-et-international/atlas-de-la-mediation-familiale-2024

article : « La médiation familiale et la théorie des deux conflits » par Laura Viaut, maître de conférences en histoire du droit – Université Paris I Panthéon Sorbonne, Les Cahiers de la Justice 2020/2, pp, 333 À 342


« Depuis le début des années 2000, et plus encore depuis la loi de 2016 portant modernisation de la
justice au XXIe siècle, les modes alternatifs de règlement des conflits s’insèrent aujourd’hui, sous le sigle
MARC, en droit positif français. Ces changements suscitent dans notre procédure actuelle, héritée de
la période postrévolutionnaire, un bouleversement à nul autre second ; ils traduisent une recomposition
des rapports entre la société et l’État en matière de gestion de conflits.


Since the early 2000s, and even more so since the 2016 law on the modernization of justice in the
21st century, alternative dispute resolution methods have been incorporated into French positive law
under the acronym MARC. These changes have caused a complete upheaval in our current procedure,
inherited from the post-revolutionary period ; they reflect a recomposition of the relationship between
society and the State in terms of conflict management » (Extrait)

Article à consulter sur https://droit.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-justice-2020-2-page-333?lang=fr

Rapport annuel 2024 du Médiateur de la Ville de Marseille.


A consulter sur https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7368666915327729665/

« L’activité des conciliateurs en forte hausse depuis 2015 » Matthieu BELAROUCI, Université de Rennes, Infostat justice – n°201 août 2025


« L’activité des conciliateurs de justice a connu un essor sans précédent consécutif à l’introduction, en 2016, de l’article 750-1 au Code de procédure civile en application de la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle. Entre 2015 et 2023, le volume d’affaires a augmenté de 34 % et le nombre de conciliateurs de 50 % pour atteindre 190 000 affaires et près de 2 900 conciliateurs. Cette croissance s’est accompagnée d’un renouvellement de la population des conciliateurs marqué par la féminisation progressive de la fonction. Si la nature des affaires reste relativement stable, les saisines déléguées, qui représentent en moyenne 10 % de l’activité, reculent nettement depuis 2022. Une baisse tendancielle des taux de résolution est aussi observée. » (Extrait de justice.gouv.fr du 28/08/2025)

Article à consulter sur https://www.justice.gouv.fr/documentation/etudes-et-statistiques/lactivite-conciliateurs-forte-hausse-2015

Livre : Jacques Salzer et Eric Basso, « Vingt médiations à suivre pas à pas » Médias et Médiations, 2025, 170p


Dans la littérature consacrée à la médiation, l’ouvrage de Jacques Salzer et d’Eric Basso se distingue en ce qu’il adopte la forme d’un « livre dialogue » (p.3). À ma connaissance, il s’agit du premier ouvrage à retracer un échange entre un pionnier de la médiation, Jacques Salzer, et un praticien issu d’une génération plus récente, Eric Basso, conférant ainsi à l’ensemble une tonalité particulière. Les auteurs proposent une auto-analyse approfondie de leur pratique de médiateur, faisant preuve d’un esprit critique peu commun, en n’hésitant pas à évoquer les difficultés rencontrées lors de la gestion de certaines situations.

La présentation des vingt cas, dont la majorité émane d’Eric Basso, s’appuie sur une grille d’analyse qui laisse une large place aux « questionnements du médiateur », mais aussi sur « ce qui a fonctionné » et sur « ce qui aurait pu être fait différemment ».  Les développements intitulés « pour aller plus loin » à la fin de chaque analyse s’avèrent particulièrement pertinents ; ils permettent aux deux auteurs d’approfondir le débat sur des questions centrales et parfois controversées, telles que les apartés, la visioconférence ou le rôle de l’avocat.

Si la majeure partie des cas s’inscrit dans le cadre des entreprises et organisations du secteur de la santé, les auteurs prennent soin de ne pas s’enfermer dans ces contextes spécifiques. Ainsi, ils abordent tant les relations interindividuelles, à l’exemple d’un dossier de harcèlement au travail (p.15), que des dynamiques collectives, comme dans le cas d’un conflit entre un directeur d’agence et ses collaborateurs (p.43). La dimension familiale est également explorée à travers des conflits entre associés, opposant une mère à son fils (p.53) ou deux frères (p.62). Pour offrir une typologie plus complète, Salzer et Basso ne s’en tiennent pas à la « médiation  curative », mais abordent également ce que l’on nomme parfois la « médiation préventive » (p.150).

À travers ces études de cas, il convient de souligner que les auteurs ne se limitent pas à une description factuelle, mais proposent une véritable analyse approfondie, exposant non seulement les parties impliquées, mais aussi leur rôle tout au long du processus de médiation. Un soin particulier est apporté aux enjeux de gestion du processus, dans une approche résolument non dogmatique, laissant place au débat et à la réflexion critique. Ainsi, la question du recours ou non à la « médiation navette » pour surmonter les réticences à la rencontre directe (p.101) est évoquée, tout comme l’organisation d’ « apartés » et la gestion de la confidentialité des propos échangés dans ce cadre. La question du respect du principe de confidentialité est également abordée en fin de processus avec le problème de la « communication des éléments de l’accord à l’autorité qui a demandé la médiation » (p.14).

De même, la problématique de la co-médiation fait l’objet d’un examen nuancé, les auteurs proposant un comparatif des avantages et inconvénients de ce mode d’intervention (p.119), et s’interrogent sur l’intérêt d’impliquer « deux ou plusieurs médiateurs de cultures professionnelles différentes », tant pour  la compréhension d’un cas, que sa résolution (p.131). Ils confrontent également leurs perspectives sur l’adoption de nouveaux dispositifs, tels que la visioconférence, notamment depuis la crise de la COVID-19.

Enfin, la dernière partie de l’ouvrage aborde « les freins à la médiation » car comme j’ai pu maintes fois l’écrire, dans nos sociétés la médiation demeure encore une « contre-culture » et les auteurs à partir des cas présentés décrivent ces « freins » comme l’impact des « réseaux sociaux » (p.134), ou encore le refus des médiés de « continuer une médiation » (p.140) ou bien « le commanditaire qui refuse la solution des parties » (p.144).

Toutefois on peut regretter qu’aucune section spécifique ne soit consacrée à une synthèse de ces analyses, visant à dégager, au-delà des particularités, les caractéristiques communes des processus de médiation étudiés laissant présager l’existence d’un rituel commun de médiation quel que soit le champ d’intervention du médiateur ou la nature du conflit. De même, il aurait été judicieux que les auteurs insistent sur la dimension normative de la médiation qui, outre le rétablissement du dialogue entre les personnes concernées, permet d’instaurer, via l’accord final, un nouveau cadre relationnel, voire d’impulser des évolutions organisationnelles dans les institutions ou entreprises.

Malgré ces quelques réserves, , je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage. Fidèle à l’esprit d’ouverture des auteurs, il propose, de façon concrète, des clés de compréhension et d’action pour la gestion des différents cas de médiation, qu’ils se soldent par un succès ou par un échec. Ce livre constitue ainsi une référence précieuse en matière d’analyse des pratiques, les auteurs étant parvenus à extraire de chaque cas des enseignements pertinents pour enrichir les pratiques de médiation.

Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT

La lettre de la Médiation

Article : « De la médiation », Annie Cardinet, Diversité,  Année 2014  175 pp. 21-30


« Le Médiateur de la République, les médiateurs du livre, les médiateurs chimiques, l’agent de médiation, l’enseignant-médiateur, le parent-médiateur, la médiation des apprentissages… Comment s’y retrouver ? Parle-t-on de la même chose ou n’aurait-on pas dû parfois choisir un autre mot pour ces situations visiblement si différentes ?

Médiation dans les conflits sociaux, médiation familiale, médiation de voisi nage, médiation à l’école… Retrouvant souvent aux détours de tous nos chemins, les termes médiation et médiateur, nous
avons appris à les reconnaître comme liés aux règlements des nombreux conflits qui émaillent notre vie sociale et individuelle puis, petit à petit, à leur prévention. Spontanément, nous les décryptons en fonction de leur contexte. Mais que veulent bien dire exactement ces mots ? « (Extrait)

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2014_num_175_1_3868?q=M%C3%A9diation%20

Article : « La médiation sociale et l’école. La longue marche de la médiation » par Bénédicte Madelin  Laurent Giraud, Diversité,  Année 2014  175, pp. 71-75


« Depuis plus d’une trentaine d’années, il est fait référence à la médiation sociale comme mode de réponse à des situations très diverses, voire comme « la » réponse quand la parole publique ne passe
plus. De quoi s’agit-il ? Pourquoi fait-on appel à cette fonction – ou à ce terme – de
façon si fréquente et dans des contextes multiples ?

En fait, la médiation apparaît dans un double mouvement.

  1. Une médiation institutionnelle : ce terme
    est utilisé pour la première fois dans le cadre
    d’une fonction officielle, en 1973, avec la
    création du Médiateur de la République.
    Quelques années plus tard, apparaissent
    les premiers médiateurs dans les conflits
    sociaux.
  2. Une médiation « citoyenne », née dans
    les années 1980 au sein même des groupes
    sociaux de milieux populaires : les femmes
    relais, les grands frères (Extrait)

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2014_num_175_1_3877?q=M%C3%A9diation%20

Article : « Le concept de médiation dans l’Islam » par Selim Jahel, Revue internationale de droit comparé,  Année 2017  69-1, pp. 101-105


« On sait que la médiation est l’une des formes anciennes de règlement des
litiges, elle remonterait à des millénaires. Elle permettait dans les sociétés
primitives de mettre fin à toutes sortes de conflits, tant entre particuliers
qu’entre groupes sociaux opposés. Dans un monde, écrivait Emile Tyan1,
parlant lui de l’Arabie préislamique, ou il n’existe pas de puissance publique
ni d’État organisé, le tahkim – mot qui littéralement signifie arbitrage – va
servir à tempérer le recours à la justice privée, ce qu’on appelle le thar, la loi
du talion, œil pour œil, dent pour dent. L’intervention d’un hakam (arbitre)
empêchera l’exercice du thar (vengeance) par la recherche d’un accord entre
les parties pour établir le montant de ce qu’on appelle la diya, une
compensation pécuniaire qui remplace le thar.
En l’absence d’un système judiciaire organisé, c’est en toute matière
qu’il pourra être fait appel au hakam aussi bien pour répondre à de simples
dissensions familiales que pour résoudre des litiges entre particuliers ou
même des querelles de pouvoir. Il peut arriver, parfois que le chef du clan,
de la tribu, ou le sage du village prennent eux-mêmes l’initiative d’intervenir
pour mettre fin au litige, notamment au cas où celui-ci risque de s’élargir :
Mais lorsqu’il s’agit d’intérêts privés, c’est le plus souvent les parties elles
mêmes qui conviennent de confier à un tiers le soin de trouver un accord.
Dans les deux cas, il y a une interposition dans le litige d’une ou de deux
personnes appelées hakam qui vont essayer de concilier les parties et de
trouver avec elles une solution pouvant mettre fin au différend sans en
référer à des normes préétablies ou à une autorité publique. » (Extrait)

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_2017_num_69_1_20808?q=M%C3%A9diation%20#ridc_0035-3337_2017_num_69_1_T5_0102_0000