« La médiation en santé : un levier relationnel de luttecontre les inégalités sociales de santé à consolider » Rapport remis par Alexandre Berkesse, Philippe Denormandie, Emilie Henry, Nolwenn Tourniaire, huillet 2023, 126p.



SYNTHESE
La médiation en santé constitue un processus relationnel qui concourt à la résorption d’inégalités
sociales de santé grâce à sa fonction d’interface entre publics vulnérables et acteurs de santé.
D’initiative associative et historiquement ciblée sur des publics marginalisés (VIH, prostitution, gens
du voyage…), la médiation en santé s’adresse désormais à des publics en situation de vulnérabilité
pour des motifs variés qu’ils soient endogènes (précarité socioéconomique, crainte de la
stigmatisation, situation de handicap, etc.) ou exogènes (complexité du système de soins, difficultés
et délais d’accès, etc.). Malgré l’absence d’étude médico-économique en France ou à l’étranger, de
nombreuses initiatives territoriales ont permis d’éprouver la pertinence et l’utilité de la médiation
en santé dans la lutte contre les inégalités sociales de santé, conduisant à sa reconnaissance
institutionnelle progressive notamment au travers la loi de modernisation du système de santé de
2016.


Cette reconnaissance institutionnelle tardive et partielle explique l’absence de recensement fiable
au niveau national, exercice rendu d’autant plus délicat que les structures de rattachement des
actions de médiation sont diverses : centres de santé participatifs, maisons de santé, associations
menant des actions de santé, établissements de santé, établissements médico-sociaux, centre
communal d’action social et, bien que plus rarement, sociétés interprofessionnelles de soins
ambulatoires. La mission estime le nombre de médiateurs.rices en santé compris dans une
fourchette allant de 750 à 1 000 professionnel.les. Cette estimation n’épuise toutefois pas le champ
des situations d’interventions de médiation en santé, lesquelles mobilisent également des
bénévoles qui constituent en quelque sorte le réseau informel de proximité et de confiance du
professionnel, au plus près des lieux de vies des personnes concernées par les actions de médiation
en santé.


La médiation en santé permet en effet d’intervenir aux différentes étapes du parcours d’un
individu afin de prévenir les ruptures tout en produisant des externalités bénéfiques à l’ensemble
du système de soins. En amont de la filière de soins, la médiation en santé participe de la promotion
de la santé globale et, ce faisant, contribue à l’encapacitation des personnes. Elle facilite en outre
la prévention de par ses actions de repérage, de dépistage et le diagnostic des publics en situation
de précarité ciblés. Au sein de la filière de soin, l’impact de la médiation en santé est également
significatif dans la mesure où elle contribue à garantir l’accès effectif aux services de santé. D’une
part, parce qu’elle permet de garantir l’accès aux droits par un accompagnement à leur ouverture,
laquelle conditionne l’entrée et le maintien dans la filière des soins. D’autre part, car elle contribue
à garantir l’effectivité des soins, que ce soit au travers l’accompagnement physique de la personne
à ses différents rendez-vous (garantissant ainsi la continuité du parcours de soins ou prévenant des
refus de soins ou discriminations) ou par une intermédiation culturelle et/ou linguistique sans
laquelle l’expression du besoin, la prise en compte de dimension holistique de la personne, la
compréhension du langage médical ou l’observance thérapeutique seraient compromises. Enfin, la
médiation en santé constitue un investissement social rentable puisqu’elle contribue à
l’amélioration globale de l’état de santé des individus et de la population grâce notamment à des
actions de prévention. Par ailleurs dans des contextes favorables déjà bien dotés en ressources
professionnelles et communautaires, et bien qu’il ne s’agisse pas de sa vocation première, les
interventions de médiation en santé ont également pour effet de réduire la pression pesant sur les
ressources du système de santé, que ce soit en permettant de dégager du temps médical et
paramédical ou en réduisant le nombre de passage inappropriés aux urgences.


Malgré la démonstration empirique de sa pertinence et de son utilité pour lutter contre les
inégalités sociales de santé, la médiation en santé se heurte notamment à trois freins qui limitent
son efficacité et son efficience. Premièrement, l’absence de reconnaissance statutaire qui
entretient l’ambiguïté sémantique autour de ce que recouvre la « médiation en santé » et limite sa
bonne appréhension tant par les publics concernés que par les acteurs institutionnels et
partenaires des médiateurs.rices. Deuxièmement, la médiation en santé pâtit d’un cumul de
rapports de pouvoirs professionnels et institutionnels défavorables à la bonne coopération entre
acteurs et à la reconnaissance de la pertinence de ces actions souvent réalisées en dehors des
établissements : d’une part, parce qu’elle peine à asseoir sa légitimité professionnelle dans un
environnement caractérisé par le désintérêt voire la défiance de certains professionnels mus par la
crainte, consciente ou inconsciente, de réinterroger ou partager leurs pratiques professionnelles ;
d’autre part, en raison du fonctionnement institutionnel cloisonné du monde sanitaire, médico-
social et social qui complique le positionnement d’interface de la médiation en santé. Enfin, parce
que les acteurs perçoivent les financements publics comme complexes et non pérennes, affectant
leur capacité à projeter des actions sur le moyen terme et à recruter des professionnel.les sur des
emplois perçus comme précaires tant matériellement que symboliquement.


Compte tenu de ce qui précède, la mission recommande aux pouvoirs publics d’agir
prioritairement sur la levée de ces freins. Pour ce faire, elle propose une feuille de route articulée
autour de trois chantiers et assortie d’une méthode de pilotage qui en constitue l’indispensable
complément. En effet, considérant que le caractère fragmenté et secondaire du pilotage des enjeux
de la médiation en santé au sein des ministères sociaux est susceptible de compromettre
l’opérationnalisation de la présente feuille de route, la mission recommande la mise en place d’un
comité ad hoc chargé de piloter, en lien avec les acteurs concernés, l’avancement concret des
recommandations qui suivent. Elle propose par ailleurs de confier à ce comité une enveloppe
budgétaire ayant vocation, en lien avec Santé publique France, à financer l’engagement de travaux
de recherche-action en vue d’assoir la médiation en santé sur un « haut niveau de preuve », d’en
quantifier les coûts évités et de déterminer des indicateurs pertinents de mesure de son impact
tant pour bénéficiaires que sur le système de soins.


Prioritairement, la mission recommande d’achever la professionnalisation et la reconnaissance des
métiers de la médiation en santé. En effet, alors qu’elle constitue de fait une activité relevant
pleinement du champ des acteurs de la santé, l’absence de cadre statutaire et de reconnaissance
symbolique par le ministère en charge de ces sujets complique le positionnement d’interface de la
médiation en santé. Par conséquent, la mission recommande de consacrer l’existence du métier de
médiateurs et médiatrices en santé en l’inscrivant dans le code de la santé publique. Cette
consécration législative devra en outre s’accompagner de l’inscription du métier dans les
répertoires idoines (référentiel métier de la fonction publique hospitalière, répertoire opérationnel
des métiers et des emplois de Pôle emploi, etc.) et de la formalisation d’un cadre déontologique.
La mission suggère que cette tâche soit confiée au collectif de promotion de la médiation en santé
qui pourrait utilement se constituer en association nationale à cet effet.

Corrélativement, la mission recommande de bâtir des voies d’accès et de formation inclusives au
métier de médiateurs et médiatrices en santé. En effet, si certaines formations et DU existent déjà,
la mission considère que la reconnaissance d’un métier spécifique exige la structuration d’une filière
de formation susceptible de garantir une professionnalisation adéquate. Pour ce faire, elle
préconise la mise en place de deux voies, l’une relevant de la formation initiale, l’autre de la
formation continue. Concrètement, la mission recommande de créer :

  • un diplôme de médiation en santé de niveau licence également accessible par la voie de la
    validation des acquis personnels et professionnels (VAPP) ;
  • une certification professionnelle de médiation en santé enregistrée au répertoire nationale des
    certifications professionnelles (RNCP) permettant d’accéder au métier par la voie de la
    formation continue ou la reconnaissance d’une VAE.
    Une esquisse de socle commun des connaissances requises pour pratiquer la médiation en santé
    est proposée en annexe afin de servir d’appui à la construction des formations.
    La structuration du cadre statutaire permettra de fidéliser et d’élargir progressivement le vivier des
    acteurs de la médiation en santé. Parallèlement, et aux mêmes fins, la mission propose une série de
    mesures (recommandations n° 2 et n°3) visant à en améliorer les conditions d’exercices en
    garantissant un accompagnement et un outillage adéquat.
    Enfin, considérant que la professionnalisation des acteurs de la médiation en santé doit aller de
    concert avec sa valorisation auprès des autres acteurs du parcours de santé, la mission préconise
    tant l’engagement d’actions de communications et d’interconnaissances entre établissements
    dispensant ces formations que l’intégration d’un module théorico-pratique de sensibilisation à la
    médiation en santé dans le parcours de formation initiale et continue des acteurs de santé, du
    secteur social et médico-social.
    Parallèlement au chantier statutaire, la mission préconise de rationaliser et de pérenniser
    l’architecture du financement dévolu par l’Etat à la médiation en santé. En effet, l’efficacité de la
    médiation en santé pâtit en effet d’un mode de financement émietté et majoritairement perçu
    comme précaire. En effet, le financement de la médiation en santé est éclaté entre plusieurs
    acteurs et, parmi ses acteurs, divers canaux (ARS, Politique de la ville, assurance maladie,
    collectivités territoriales, expérimentations article 51 de la LFSS pour 2018…). Cet éparpillement se
    double d’un défaut de stabilité financière lié à des financements essentiellement non pérennes
    (appels à projet) ou perçus comme tel. Cette absence de lisibilité et de pérennité est préjudiciable
    pour l’ensemble des acteurs : les porteurs de projets (démarches chronophages pour tenter
    d’obtenir plusieurs financements et couvrir les charges liés à un ETP), les professionnel.le.s de la
    médiation en santé (postes perçus comme précaires), l’Etat (absence d’information financière
    fiable et agrégée) et surtout, les bénéficiaires (l’instabilité financière fragilisant des dispositifs et
    donc, in fine, la qualité voire la capacité d’intervention dont l’efficacité est pour partie basée sur
    l’établissement dans la durée d’une relation de confiance).
    La mission propose de remédier à ces défauts en rationnalisant et pérennisant l’architecture
    financière de la médiation en santé. Considérant la diversité des structures porteuses de médiation
    en santé, laquelle ne permet pas d’envisager un modèle de financement unique, la mission
    préconise une modélisation par typologie de structures. (Extrait)

Rapport à consulter sur https://fondation-mnh.fr/wp-content/uploads/2023/07/Rapport-interministeriel-Mediation-en-sante-VF_compressed.pdf

Santé : le CHU de Poitiers s’est doté d’une cellule de médiation depuis janvier 2022 (le7.info)


Dûment formés ou en cours de formation à La Rochelle, en DU Médiation et règlement des conflits, les six médiateurs se réunissent tous les quinze jours. Ils sont médecins, paramédicaux, directeurs de service… « Cette diversité permet une approche un peu nuancée, c’est une richesse, constate Laurette Blommaert, directrice des affaires juridiques et médiatrice de la première heure. De plus le fait d’être intégrés à l’institution encourage les salariés à venir plus facilement vers nous. » Le 
Pr Laurent Montaz, chef du service des soins palliatifs, acquiesce. 
« C’est l’une des clefs pour que les gens se sentent en sécurité. » La stricte confidentialité du dispositif en est une autre, comme sa totale indépendance vis-à-vis de la hiérarchie ou encore la méthode de la co-médiation. « Nous intervenons toujours à deux, parfois à trois, afin d’avoir une approche plurielle de la situation, donc une écoute et un regard différents », glisse Valérie Neveu, cadre supérieur de santé.

32 situations 
en deux ans

En deux ans, la cellule médiation s’est penchée sur 
32 situations conflictuelles, majoritairement entre médecins -chez qui le dispositif est sans doute plus connu- et essentiellement sur le site de la Milétrie, pour la même raison.  » – C. Brugier – (Extrait de le7.info du 12/12/2023)

En savoir plus sur https://www.le7.info/article/22751-chu-mediateurs-pour-leurs-pairs

RAPPORT D’ACTIVITE 2022 DE LA MEDIATION NATIONALE POUR LES PERSONNELS DESETABLISSEMENTS PUBLICS DE SANTE, SOCIAUX ET MEDICO-SOCIAUX


« Le dispositif national de médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et
médico-sociaux créé par le décret du 28 août 2019 est entré dans sa troisième année de fonctionnement
en 2022.
Si la période de la crise sanitaire a freiné son activité, depuis ses missions se sont densifiées et diversifiées.
Nous présenterons dans ce rapport, non seulement le bilan des activités de médiation au cours de l’année
2022, mais nous aborderons également un état des lieux de la médiation consécutif à l’évolution du
dispositif national.
Avec la conciliation, la médiation constitue un des leviers majeurs de règlement amiable des difficultés
relationnelles et des conflits institutionnels et interpersonnels.
Dans le champ des établissements relevant de la Fonction Publique Hospitalière, l’alliance des dispositifs
de conciliation et de médiation relève d’une approche à la fois originale, pertinente et prometteuse.
Respectueuse du principe d’autonomie institutionnelle et des compétences dévolues à la gouvernance des établissements, la conciliation s’inscrit dans une démarche interne obligatoire et préalable à la saisine de la médiation pour apporter une réponse adaptée à la proximité du terrain.
La médiation assise sur une dimension éthique très particulière constitue, quant à elle, la réponse externe
aux institutions pour prendre le relai lorsque la conciliation n’est pas conclusive ou se révèle inadaptée au
contexte local, quelle qu’en soit la raison.
La combinaison de ces deux dispositifs, unique dans sa conception, permet de trouver une harmonie entre la responsabilité de l’employeur et l’engagement de l’Etat à se positionner comme un partenaire des établissements pour les soutenir et les accompagner dans la résolution de situations souvent complexes et douloureuses.
Le dispositif national de médiation devient donc progressivement un outil partagé au service de
l’amélioration de la qualité de vie et des relations au travail promue par les Ministres chargés de la Santé
et des Affaires Sociales et par le Ministère chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour la
part qui le concerne.
Fort de son réseau de 118 Médiateurs qui composent son niveau national et ses dix médiations régionales et interrégionales, son activité progresse fortement en 2022, même si son caractère encore très
confidentiel en limite la portée.
Au fil du temps, ses missions se sont élargies et multipliées.
Deux modes opératoires, les médiations conventionnelles/réglementaires proprement dites et les
missions d’appui, de conseil et d’accompagnement sous la forme d’interventions, plus nombreuses, sont
aujourd’hui ouverts aux personnels en situation professionnelle difficile, aux autorités de l’Etat ainsi
qu’aux représentants institutionnels, pour les aider à trouver une solution efficace et durable, même si
aucune obligation de résultat ne s’impose aux Conciliateurs et aux Médiateurs.
L’année 2022 est marquée par une activité plus soutenue et plus diversifiée avec une courbe ascendante
encourageante.
Outre le pilotage de l’activité, l’animation et la coordination du réseau des Médiateurs par la médiation
nationale, la constitution de onze groupes de travail thématiques très dynamiques est un moment fort de
cohésion d’équipe, de partage de compétences, de mobilisation de l’intelligence collective et de
complémentarité d’actions.
Le développement de coopérations et de partenariats traduit également l’intérêt de plus en plus grand
porté par de nombreuses institutions à cette nouvelle approche dans le domaine des ressources humaines.

Le plan national de communication engagé en 2022 devrait donner à ce moteur d’action toute sa puissance et stimuler sa performance.
Autorités de l’Etat, représentants institutionnels, professionnels et associatifs des secteurs sanitaire, social
et médico-social publics sont sans aucun doute, par leurs saisines ou leur inter médiation, les fers de lance de ce mouvement de solidarité et de bienveillance encouragé par la médiation nationale au travers des missions qui lui sont confiées par les Ministres chargés de la Santé et des Affaires Sociales.
Par ce dispositif de règlement amiable des difficultés relationnelles et des conflits, l’Etat est là où il doit
être, au cœur de l’humain, partenaire des établissements, gardien des équilibres et garant de la continuité
apaisée du service public hospitalier.

Danielle TOUPILLIER
Médiatrice nationale

Rapport à consulter sur https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/mediation_nationale_fph_rapport_d_activite_2022.pdf

Santé : « Quelle est la place de la médiation dans les établissements de santé ? » Décryptage et illustrations par plusieurs membres de la commission interrégionale de médiation Bretagne-Pays de Loire (managersante.com)


« Les établissements de santé (hôpitaux généraux, de santé mentale) mais aussi les institutions médico-sociales sont fréquemment confrontées à des conflits, à des différents profonds autour des relations interpersonnelles.

Les professionnels supportent de plus en plus difficilement des tensions qui seraient évitables si dans un cadre hiérarchique ou interpersonnel certaines comportements étaient adaptés « au bien vivre ensemble ».

La médiation est un des moyens d’aborder au fond le sujet parmi un ensemble de dispositions possibles pour les établissements.

Dans cet article, en qualité de membres de l’équipe de médiateurs de la commission interrégionale Bretagne-pays de la Loire, nous avons souhaité exposer à travers notre expérience en quoi la médiation représente une aide à la sortie de crise, à la gestion des conflits. Il ne faut pas en exclure les limites mais aussi envisager ses prolongements et son insertion dans un cadre global de qualité de vie au travail et de conduite des organisations [1]. » (Extrait de managersante.com du 30/10/203)

En savoir plus sur https://managersante.com/2023/10/30/quelle-est-la-place-de-la-mediation-dans-les-etablissements-de-sante-decryptage-et-illustrations-par-plusieurs-membres-de-la-commission-interregionale-de-mediation-bretagne-pays-de-loire/

Santé : Consolider les métiers de la médiation en santé (santementale.fr)


« Malgré sa pertinence pour lutter contre les inégalités sociales de santé, la médiation en santé se heurte à différents freins. Une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) décline 10 propositions pour favoriser son déploiement sur le territoire, ce qui passe notamment par une meilleure formation et reconnaissance du métier de médiateur en santé.

Les membres de la mission sur la médiation en santé, Alexandre Berkesse, Philippe Denormandie, Emilie Henry et Nolwenn Tourniaire, accompagnés par Farida Belkhir (Igas), ont remis le 17 juillet leur rapport, avec l’ambition de contribuer à l’objectif d’amélioration de l’accès à la santé de toutes et tous.

La médiation en santé constitue un processus relationnel qui concourt à la résorption d’inégalités sociales de santé grâce à sa fonction d’interface entre publics vulnérables et acteurs de santé. D’initiative associative et historiquement ciblée sur des publics marginalisés (VIH, prostitution, gens du voyage…), la médiation en santé s’adresse désormais à des publics en situation de vulnérabilité pour des motifs variés, qu’ils soient endogènes (précarité socioéconomique, crainte de la stigmatisation, situation de handicap, etc.) ou exogènes (complexité du système de soins, difficultés et délais d’accès…). Sous différents modèles, la médiation en santé permet d’intervenir aux différentes étapes du parcours d’un
individu afin de prévenir les ruptures, tout en produisant des effets bénéfiques à l’ensemble du système de soins (prévention, accès aux soins…). » (Extrait de santementale.fr du 28/07/2023)

En savoir plus sur https://www.santementale.fr/2023/07/ligas-veut-consolider-les-metiers-de-la-mediation-en-sante/

Rapport à consulter sur https://www.santementale.fr/medias/2023/07/IGAS_mission-mediation.pdf

Arrêté du 28 avril 2023 sur la rémunération du médiateur national des personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux et le montant des indemnités perçues par les médiateurs régionaux ou interrégionaux et les membres de l’instance nationale et des instances régionales ou interrégionales


Décret n° 2023-326 du 28 avril 2023 : extension du champ d’application de la médiation pour les personnels des ESMS (établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux) (lagazettedescommunes.com)


« Un décret du 28 avril étend le champ d’application du décret du 28 août 2019 relatif à la médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux, aux étudiants en santé médicaux et/ou paramédicaux, aux médiations préventives et aux missions d’appui, de conseil et d’accompagnement ; il élargit en outre le réseau de médiateurs diplômés auxquels il peut être fait appel.

Un arrêté du même jour modifie pour sa part l’arrêté du 28 août 2019 fixant la rémunération du médiateur national des personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux et le montant des indemnités perçues par les médiateurs régionaux ou interrégionaux et les membres de l’instance nationale et des instances régionales ou interrégionales. »- L Jabre- (Extrait de lagazettedescommunes.com du 2/05/2023)

En savoir plus sur https://www.lagazettedescommunes.com/866085/le-champ-de-la-mediation-dans-les-esms-est-elargi/

Décret à consulter sur https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047507079

« Comment la médiation peut-elle intervenir dans les conflits entre médecins à l’hôpital ? » Le professeur Yann MIKAELOFF en présente les indications, les limites et les alternatives possibles (Partie 2), Manager Sante.com, N° 2 Février 2023)


« Introduction

Le monde professionnel de la santé, y compris l’hôpital public, est un lieu où les intérêts parfois contradictoires des différentes catégories de personnels, comme des usagers peuvent créer nombre de facteurs de risques de souffrance au travail. Il s’agit d’un terreau fertile pour la violence et les conflits, s’aggravant mutuellement. Selon l’enquête récente du Collectif Santé en Danger sur un millier de professionnels de santé, 98% des professionnels de santé ont été victimes de violences internes ou externes dans le cadre de leur exercice professionnel au cours des 24 derniers mois. 66% des professionnels de santé ont été victimes d’injures et d’insultes dans le cadre de leur travail.

Ces violences représenteraient 22,5% des causes de démissions ou des abandons du métier, facteur majeur de la crise actuel du système de santé hospitalier. Les professionnels de santé ne sont pas ou peu formés à faire face à ces violences de façon efficiente et résiliente. Il est évoqué par l’enquête que peu de professionnels réagissent en faisant appel à leur hiérarchie, aux dispositifs d’alerte ou en portant plainte.

Concernant les conflits au travail en général, une étude (Focus RH mai 2021) indique que 85% des salariés sont y confrontés régulièrement. Une autre étude d’octobre 2021 (Opinion Way) précise qu’un mois de travail par an est perdu en conflits au travail. Traduit en coût salarial, le temps passé à composer avec les situations de conflit équivaut à plusieurs milliards d’euros chaque année. Nous consacrons en moyenne 1/3 de notre temps à lever des obstacles dans les décisions à prendre. Les facteurs de risques de souffrance au travail y sont souvent nichés. » (Extrait de ManagerSante.com)

En savoir plus sur https://managersante.com/2023/02/20/comment-la-mediation-peut-elle-intervenir-dans-les-conflits-entre-medecins-a-lhopital-le-professeur-yann-mikaeloff-en-presente-les-indications-les-limites-et-les-alternatives-possibles-pa/

« La médiation en santé, qu’est-ce que c’est ? Et quel rôle pour l’infirmier ? » par Audrey PARVAIS (infirmiers.com)


« Ces dernières années, le monde de la santé a vu émerger plus largement un sujet jusque-là cantonné aux échanges à ses professionnels, qu’ils soient médicaux, paramédicaux, du social ou administratifs : celui de la médiation en santé.

« C’est une démarche qui s’incarne par des personnes ayant pour mission de créer un lien de confiance avec les personnes éloignées du système de santé, puis de créer ce même type de lien entre elles et les professionnels de santé », répond Houda Merimi, médecin de santé publique et responsable du pôle Qualité des pratiques en santé au sein de l’association Médecins du monde, à l’occasion de la présentation du bilan de la Fondation Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH, voir encadré) sur 5 ans d’actions engagées sur la question. Elle retrace la naissance du concept au moment de l’apparition du VIH, qui a contraint les professionnels de santé à prêter une plus grande attention aux spécificités des personnes atteintes par le virus.

Depuis 2005, cette activité particulière tend à « se professionnaliser », tandis que la « thématique est devenue fortement actuelle » du fait du nombre croissant de personnes éloignées du soin. « Le Covid a pu jouer un rôle d’accélérateur, car il a impliqué une démarche « d’aller-vers « , qui est le fondement même de la médiation en santé », juge-t-elle. Un glissement que la Fondation MNH a pu clairement pu observer de près. Au gré de ses appels à projet, elle a ainsi vu cette démarche émerger parmi les initiatives de terrain et projets menés par les associations et services hospitaliers, a expliqué Philippe Denormandie*, son délégué général et par ailleurs parmi les 3 personnalités désignées par Agnès Firmin-Le Bodo pour chapeauter les grands travaux sur la santé des professionnels de santé. » (Extrait de infirmiers.com du 17/04/2023)

En savoir plus sur https://www.infirmiers.com/profession-ide/concepts-de-soins/la-mediation-en-sante-quest-ce-que-cest-et-quel-role-pour-linfirmier

Suisse : Au CHUV, le service médiation permet de remettre l’humain au centre des préoccupations (rts.ch)


« Le service de médiation du CHUV va bientôt souffler sa onzième bougie. L’occasion de tirer le bilan de ce lieu consacré au dialogue et à l’écoute, tant du côté des patientes et patients que du personnel soignant. Témoignages.

Dans le contexte de la maladie et des soins, au cœur d’une institution hospitalière complexe, des tensions et incompréhensions peuvent naître. C’est en partant de ce constat que le CHUV a ouvert en 2012 un espace de médiation. Un lieu d’apprentissage dédié aux patients et au personnel soignant, où l’on essaie d’améliorer les soins et la prise en charge de chacun durant son passage à hôpital.

Environ 5000 témoignages de situations difficiles ont été déposés depuis son ouverture. Autant de récits qui permettent de détecter les angles morts dans la prise en charge des malades. Communication trop froide de la part du corps médical, sentiment d’être infantilisé ou de manquer d’informations sur sa maladie ou celle d’un proche – ce lieu d’écoute permet d’aborder ces questions dans un esprit d’ouverture. » (Extrait de rts.ch)

Vidéo à consulter sur https://www.rts.ch/info/regions/vaud/13877060-au-chuv-le-service-mediation-permet-de-remettre-lhumain-au-centre-des-preoccupations.html

Médiateurs en santé dans les territoires de l’intérieur : la force de l’accompagnement et du réseau


« La médiation en santé, c’est peut-être le Pr Mathieu Nacher qui la définit le mieux : « C’est donner les mêmes chances aux personnes malades, quelle que soit leur localisation, quelle que soit leur culture. » Dans un territoire multiculturel et vaste comme la Guyane, elle prend tout son sens. Début décembre, dix-sept médiateurs en santé, travaillant tous dans les communes de l’intérieur, étaient réunis à Cayenne. Au programme : ateliers de travail sur la place des médiateurs dans la réponse au Covid, évaluation des trois premières années du PAFM et analyses de pratiques. L’occasion d’échanger sur leur métier, sur les situations qu’ils rencontrent, sur la difficile distinction entre vie professionnelle et vie privée quand on est issu de la communauté que l’on aide à prendre en main sa santé.

« Les retours de la population sont très positifs »

Lionel Amato connaît bien ces situations. Cela fait dix-huit ans qu’il travaille au centre délocalisé de prévention et de soins (CDPS) de Grand-Santi, commune où il est né. D’abord comme agent de services hospitaliers (ASH). « Je faisais le secrétaire, l’aide logistique… » Et il répondait beaucoup aux questions des patients, assurait régulièrement des traductions avec les professionnels de santé. « Ça a duré quinze ans. Ça ne me plaisait plus. Il n’y avait aucune perspective d’évolution », se souvient-il. Il postule ailleurs, fait connaître son envie de démissionner. Le Dr Paul Brousse, ancien coordinateur médical des CDPS, le croise lors d’une visite à Grand-Santi. Il lui annonce le recrutement à venir de médiateurs en santé. Ce que Lionel Amato faisait déjà en partie. « Il m’a dit : Il ne faut pas que tu partes, tu es une personne ressource à Grand-Santi. Il m’a rassuré. » L’affaire traîne encore quelques mois, le temps de boucler le financement et Lionel Amato devient médiateur en santé du CDPS. Depuis, il a rejoint l’Emspec, l’équipe mobile de santé publique en commune.  » (Extrait de newsletter.ars.sante.fr du 20/12/2022)

En savoir plus sur https://eye.newsletter.ars.sante.fr/m2?r=wAXNBJK4NWE4YmVkNTBiODViNTM1MGVmMWNkMTE3xBA1Fe_QyzzQo0Ze0JHQvmXsJNDRMu64NjBmNjNhY2U5NjliMGY0MzNlYTYyOGFjum9kaWxlLnJpbWJlcnRAYXJzLnNhbnRlLmZyoJy1MnlhMmdhcWwwZWpzNTZtNDVlcHl4rkRvbSAvIFRvbSAvQ29tq0NJVklMSVRZX0lEoKpDT05UQUNUX0lEtmpoX1VJbTlYVDFpVVQ0dEhEd2loX3ezRU1BSUxfQ09SUkVDVElPTl9JRKCsRklSU1ROQU1FX0lEoKtMQVNUTkFNRV9JRKCxT1JJR0lOX0NBUFRJT05fSUS2Tk9VVkVMTEVTIElOU0NSSVBUSU9OU65PUklHSU5fS0lORF9JRKRMSVNUs1BIT05FX0NPUlJFQ1RJT05fSUSgqFNUQVRFX0lEpk5PUk1BTLZVVkFoNDZvTFRtS0lfX2ppMmZpQTlRoLZtMWY1eWdqc2hubXc5OTR6aWkyeWM42U9QZXJzb25uZWwgYWRtaW5pc3RyYXRpZiBhdSBzZWluIGQndW4gw6l0YWJsaXNzZW1lbnQgKHNhbml0YWlyZSwgbcOpZGljby1zb2NpYWwptmU3dDRqUWhQUjJPdHJQNnZWZ1NiX3eg&s=09