« Dans un monde qui semble souvent échapper à notre contrôle, où les conflits semblent insurmontables et les divisions profondes, existe une révolution silencieuse à embrasser. Cette révolution se concrétise par la force transformatrice de la médiation.
Nous savons très bien que la médiation est une alternative de résolution des conflits, mais si nous imaginons cette dernière comme un catalyseur pour un changement de paradigme profond, que se passerait-il ?
A cet égard, imaginons un monde où au lieu de recourir à l’hostilité et à l’agression, les adversaires se réunissent dans un espace de dialogue et de compréhension. Cette allusion est la quintessence de la médiation qui transcende les notions traditionnelles de résolution de conflits, favorisant l’empathie, la communication et le respect mutuel.
Au cœur de ce processus de médiation, il ne s’agit plus seulement d’atteindre un compromis, mais de modifier fondamentalement notre manière de percevoir et d’aborder le conflit. En effet plutôt que de voir les adversaires comme des ennemis à abattre, la médiation nous encourage à les considérer comme des partenaires dans un voyage commun vers la résolution, vers le changement. » (Extrait de intermedies-mediation.com du1/03/2024)
« Avec la disparition de Johan Galtung (24 octobre 1930 – 17 février 2024), c’est toute la communauté des hommes et des femmes épris de paix et de « paix avec justice », et en son sein la communauté des artisans et des praticiens de la paix sous toutes les latitudes, qui se retrouve plus seule. Disparue, une figure essentielle, séminale, une figure indispensable pour la manière dont on regarde (et interprète) les conflits, qu’ils soient micro, méso, macro, voire méga, comme il aimait parfois les appeler, et dont on intervient dans (et transforme) les conflits, nourrissant, sur le chemin de recherche et d’action qu’il a tracé, l’espoir d’une « transcendance ».
Né à Oslo en 1930, docteur en mathématiques (1956) et en sociologie (1957), il a été professeur de sciences de la paix et expert en médiation et résolution de conflits. Il est le créateur de la méthode Transcend pour transcender les conflits et le fondateur du réseau Transcend pour la paix, le développement et l’environnement, ainsi que, auparavant, de l’Institut international de recherche sur la paix d’Oslo (1959) et du Journal of Peace Research (1964). Il a enseigné dans de nombreuses universités à travers le monde, notamment à Oslo, Berlin, Paris, Santiago du Chili, Buenos Aires, ainsi qu’à Princeton, Hawaï et Alicante. Il a été professeur honoraire à la Freie Universität Berlin (1984-1993), professeur distingué d’études sur la paix à l’université d’Hawaï depuis 1993 et professeur invité distingué à l’université John Perkins depuis 2005.
Il s’est impliqué à la fois dans la recherche, la médiation et la résolution de conflits. Il s’est occupé de plus de 150 conflits, tant internationaux que sociaux. Il est l’auteur de 96 livres et de plus de 1700 articles et chapitres. Parmi ses diverses récompenses, il a reçu le « Right Livelihood Award » [NdT: ce prix récompense ceux qui ont trouvé des solutions pratiques et exemplaires aux problèmes les plus urgents] en 1987, le prix Nobel alternatif de la paix, et, plus récemment, un diplôme honorifique en sciences politiques de l’Université Complutense de Madrid (2017). D’autre part, sa présence en Italie a été également très importante : inoubliable a été la lectio magistralis [leçon importante] qu’il a donnée lors de la conférence du Centre d’études SOUQ, le 13 décembre 2013, dans l’Aula magna de l’Université de Milan ; Non moins inoubliable a été sa lectio magistralis (« Nécessité et importance d’un Centre pour la prévention des conflits armés ») à la conférence nationale sur « La prévention des conflits armés et la formation des corps civils de paix », tenue à Vicence du 3 au 5 juin 2011, qui a représenté une contribution décisive pour relancer la voie de la construction de corps civils de paix et réaffirmer l’importance cruciale de la formation de leurs praticiens. Il s’agissait en même temps d’une véritable rencontre entre la paix et la citoyenneté. » (Extrait de pressenza.com du 20/02/2024)
Résumé La médiation a toujours existé et son renouveau sur le continent nord-américain et en Europe, depuis le début des années soixante-dix, s’inscrit dans une crise profonde de nos sociétés. Ce renouveau de la médiation s’inscrit dans un contexte de crise généralisé des mécanismes de régulation sociale, que ce soit de l’appareil judiciaire avec la multiplication du nombre d’affaires, un allongement des délais, une complexi- té de plus en plus grande de la procédure, mais aussi de la crise des structures inter- médiaires, comme la famille, l’école, l’entreprise, le quartier et la remise en cause de ses autorités traditionnelles, que représentaient le pater familias, le maître d’école, le curé. Enfin, les effets de la mondialisation des échanges, tout comme l’amplification des mouvements migratoires, sans oublier les crises sanitaires et climatiques repré- sentent autant de facteurs qui ont accentué la crise à la fois du lien social mais aussi de nos liens avec la nature et l’environnement. C’est pour l’ensemble de ces raisons qu’il convient de s’interroger sur la médiation, non comme une simple technique de gestion des conflits, mais comme préfigurant l’émergence d’un nouveau modèle de régulation sociale. Ce questionnement implique que l’on analyse les éléments d’historicité de ce renouveau de la médiation, car ce mode de régulation est encore en cours de construction et les frontières de celui-ci sont mouvantes en raison des différentes logiques qui le traversent
Synopsis : Le débat sur la qualité de la médiation et la reconnaissance des médiateurs s’est intensifié sur différents continents et a suscité un intérêt et un investissement particuliers, tant de la part des professionnels et des associations de médiateurs que des universitaires, des chercheurs et des enseignants. « (Re)Pensar a Formação em Mediação: Contributos Nacionais e Internacionais » est le titre du livre des actes issus d’un congrès international organisé dans le cadre du projet européen LIMEdiat. Cet ouvrage élargit et actualise le débat sur la médiation et la formation des médiateurs, en proposant des réflexions et des pratiques engagées dans la construction d’une formation de qualité. L’ouvrage est structuré autour de trois axes, chacun axé sur des thématiques spécifiques et complémentaires. Le premier axe porte sur la formation, la qualité et l’éthique de la médiation ; le deuxième axe réfléchit sur la formation et les compétences des médiateurs au 21e siècle ; et le troisième axe se concentre sur la médiation, l’éducation et la transformation sociale. Cet ouvrage offre de larges perspectives et des contributions multidisciplinaires actuelles sur la formation des médiateurs dans le contexte national et international, confirmant la pluralité des approches et des points de vue sur l’importance de la médiation, la qualité de la formation des médiateurs et leur reconnaissance professionnelle dans les sociétés d’aujourd’hui. (traduction Google)
Sinopse : O debate sobre a qualidade da mediação e o reconhecimento dos mediadores tem aumentado nos vários continentes e gerado um particular interesse e investimento, tanto por parte de profissionais e associações de mediadores, como por académicos, investigadores e professores. (Re)Pensar a Formação em Mediação: Contributos Nacionais e Internacionais é o título do livro de atas que resulta de um Congresso Internacional realizado no âmbito do projeto europeu LIMEdiat. Este livro amplia e atualiza a discussão sobre a mediação e a formação dos mediadores, oferecendo reflexões e práticas comprometidas com a construção de uma formação de qualidade. O livro estrutura-se em três eixos, cada um deles focados em temáticas específicas e complementares. O primeiro eixo centra-se na formação, qualidade e ética na mediação; o segundo eixo reflete sobre a formação e as competências dos mediadores no século XXI; e o terceiro eixo incide na mediação, educação e transformação social. Este livro oferece perspetivas amplas e contributos multidisciplinares atuais sobre a formação dos mediadores no contexto nacional e internacional, confirmando a pluralidade de abordagens e visões sobre a importância da mediação, da formação de qualidade dos mediadores e do seu reconhecimento profissional nas sociedades atuais.
RESUME . — On parle beaucoup aujourd’hui de la nécessité d’imposer une formation aux médiateurs. Cette obligation n’existe pas encore mais elle impliquerait de déterminer précisément selon quel modèle on désire professionaliser la fonction de médiateur.
Une fonction ? Un métier ? Une profession réglementée ?
La médiation, est-ce une fonction ou un métier ? La souplesse que permet la mission de médiateur dans des contextes extrêmement diversifiés (qu’ils soient politiques, sociaux, judiciaires, familiaux, économiques, environnementaux, de quartier ou de proximité…) justifie ce questionnement. Après la décennie de la médiation dans les années quatre-vingt 1 (du côté des médias, de la culture, de la famille, du social, du travail, de la justice, de la politique), ce point a été l’objet, dans les années quatre-vingt-dix, de vifs débats qui, trente ans après, sont devenus évanescents. L’idée de profession était surtout défendue par les lobbies des médiateurs familiaux. Le diplôme d’État de médiateur familial institué en 2003 a certainement répondu à certaines des revendications, tout au moins dans le domaine de la famille 2 . Aujourd’hui, au contraire, la professionnalisation fait craindre un encadrement excessif, notamment dans le cadre d’une profession réglementée qui n’est pas appelée de leurs vœux par la majorité des médiateurs. En d’autres termes, si la profession de médiateur est largement souhaitée pour la reconnaissance qu’elle apporte, et surtout les marchés qu’elle pourrait garantir, une réglemen- tation stricte l’est beaucoup moins. (Extrait)
« Depuis les années 1980, la médiation connaît un engouement certain dans le monde occidental. A l’époque, certains estimaient que nous étions entrés dans « le temps des médiateurs » (1) et, de fait, la médiation s’est développée dans divers domaines de la vie sociale : médiation familiale, médiation civile et commerciale, médiation pénale et réparatrice, médiation locale, médiation hospitalière, on ne compte plus les scènes sur lesquelles on croise aujourd’hui des médiateurs chargés d’aider à résoudre des litiges.
D’où vient ce mouvement et pourquoi cet engouement (plus marqué dans le discours que dans les pratiques, il est vrai) pour un « mode alternatif de résolution des conflits » ? Quelles en sont les sources et les caractéristiques, les difficultés mais aussi les limites ?
Aux origines de la médiation : un traité hollandais
La médiation est parfois considérée comme le « plus vieux métier du monde » (2), tant le modèle de règlement des conflits qu’elle incarne est associé dans notre imaginaire à des pratiques ancestrales fondées sur la « palabre » ou l’échange langagier informel. Pour autant, la paternité d’une première conceptualisation de la médiation est attribuée à un auteur hollandais de la fin du XVIIe siècle, Abraham de Wicquefort. » (extrait de lesoir.be du 23/09/2023)
Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication du 2ème numéro de la Revue des Médiation . Ce numéro constitue la 2ème partie du précédent numéro ayant pour thème « Médiations et diversité culturelle » . La « Revue des Médiations » qui remplace la Lettres Médiations, est une revue électronique de langue française fondée par des médiateurs et des chercheurs français avec la participation de représentants de pays francophones comme le Québec, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Nous nous sommes limités dans un premier temps à quelques pays francophones et nous cherchons des correspondants d’autres pays. Si vous êtes intéressés merci de nous contacter àRevueDesMediations@gmail.com;
(Je tenais à mentionner le décès d’Alain Touraine, car ses travaux ont inspiré de nombreux médiateurs dans leurs écrits ou pratiques. J’ai eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises dans le cadre de séminaires de recherche, notamment lors d’une journée en 1996 organisée par la Bibliothèque municipale de Lyon sur le thème « Biblothèques et médiation ». Dans son intervention, il a exposé sa vision de la médiation et de ce que nous appelons aujourd’hui le « bien-vivre-ensemble ». Des thèses qui ont été reprises dans son ouvrage paru chez Fayard, en 1997 « Pourrons-nous vivre ensemble ? égaux et différents » et qui ont inspiré mes propres travaux sur la médiation. J-P Bonafé-Schmitt – Lettre des Médiations)
« Figure majeure de la scène intellectuelle française et internationale, le sociologue Alain Touraine est mort à Paris, vendredi matin 9 juin, a appris Le Monde auprès de sa famille. Il avait 97 ans. Depuis ses premières enquêtes de terrain dans les usines Renault jusqu’à ses derniers textes sur les métamorphoses du capitalisme « spéculatif », ce voyageur enthousiaste n’aura jamais cessé d’observer le monde social, ses mutations profondes, ses nouvelles lignes de fracture, ses ressources d’indignation et de liberté, aussi. «Moi, ce qui m’intéresse, ce que je tente de mettre au jour partout, c’est le conflit », résumait-il en 2017 lors d’une rencontre informelle. Raconter la société, mettre en récit ses conflits, telle aura été la vocation de cet intellectuel flamboyant, aux curiosités sans frontières, formé à la double école de la littérature et de la Libération. » (Extrait de lemonde.fr du 9/06/2023)