15e Forum « La non-violence à l’école » Les émotions au coeur de la régulation non-violente des conflits : Enjeux – Démarches – Outils – 18 novembre 2017 – Paris


15e Forum « La non-violence à l’école »

Capture.PNG15.PNGLes émotions au cœur de la régulation non-violente des conflits:

Enjeux – Démarches – Outils

Le 18 novembre 2017 à la Mairie du Xe de Paris de 9h30 à 17h

Dans un esprit d’échanges et de convivialité, Catherine Aimelet-Périssol interviendra le matin avec une conférence/débat, qui sera suivie de témoignages d’enseignants et d’éducateurs.

Catherine Aimelet-Périssol est psychothérapeute. Elle a développé une grille de lecture du processus émotionnel fondé sur la neurobiologie, permettant ainsi à ses patients de reconnaitre le sens vital contenu dans le stress, d’agir plus en conscience et de se responsabiliser dans ses choix. Elle travaille sur Paris en cabinet et dans le cadre de l’institut de Logique Emotionnelle http://www.logique-emotionnelle.com.

L’après-midi se dérouleront six ateliers participatifs au choix pour nourrir vos propres projets : un atelier yoga animé par le RYE, un cercle de parole animé par Question de justice, un atelier sur l’instauration du climat de confiance dans un groupe animé par le MAN-Lyon, un atelier découverte d’outils pour connaître et identifier ses émotions animé par l’OCCE, un atelier sur la peur des différences au cœur des conflits animé par l’IECCC, et un atelier autour du parcours-expo du MAN animé par le MAN-Paca. » (Extrait de education-nvp.org )

Programme et inscription sur http://education-nvp.org/forum-2017-la-non-violence-a-lecole/

Organisations de médiateurs : Le Syndicat professionnel des médiateur(e)s (SYME)


SYME

Historique

L’idée de ce syndicat est née lors d’un événement de réflexion collective, Le Forum Ouvert de Médiation 21, qui s’est tenu le 15 septembre 2016, à l’initiative de l’AME (Association des Médiateurs Européens), l’ANM (Association Nationale des Médiateurs), l’APMF (Association Pour la Médiation Familiale), le CIMAE (Centre Indépendant de Médiation, d’Arbitrage et d’Expertise), le CMAP (Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris), le CMNP (Centre de Médiation des Notaires de Paris), la CNPM (Chambre Nationale des Praticiens de la Médiation), la FNCM (Fédération Nationale des Centres de Médiation), la FENAMEF (Fédération Nationale de la Médiation et des Espaces Familiaux), l’IEAM (Institut d’Expertise, d’Arbitrage et de Médiation), l’IFCM (Institut Français de Certification des Médiateurs), Planet’Médiation, et le RME (Réseau des Médiateurs en Entreprise) .

Cet événement avait identifié certaines des actions nécessaires au développement de la médiation et de la profession de médiateur pour les années à venir.

Lors de cet événement, la création d’un syndicat professionnel est apparu comme indispensable au processus de professionnalisation des différentes catégories de médiateurs, et à une bonne représentativité de cette profession vis-à-vis des institutions comme du public.  » (Extrait de syme.eu )

En savoir plus sur https://www.syme.eu/page/156328-historique

Suisse : La Maison des médiations de Genève fête ses 20 ans.


 

« La Maison des médiations genevoise fête aujourd’hui ses vingt ans d’existence. Durant cette période, elle a mené au total 1379 médiations: 997 familiales, 166 concernant le monde du travail, 91 relatives à des conflits de voisinage, 100 pénales liées à des mineurs et 25 touchant à des sujets variés. Le président de l’association, Bruno Munari, a-t-il constaté une évolution depuis la création de la maison?

«En général, la grande majorité des médiations familiales concerne des couples qui se séparent et qui se trouvent en conflit au sujet des enfants. Que ça soit au niveau financier, au niveau de l’organisation des journées ou de la garde. Mais en 2017, j’ai remarqué qu’un tiers des cas concernait d’autres types de liens familiaux. Des grands-parents qui souffrent d’être privés de leurs petits-enfants par exemple; des frères et sœurs qui ne s’entendent plus, notamment autour d’une succession; des parents qui n’arrivent plus à communiquer avec leurs enfants, adolescents ou jeunes adultes.» Le médiateur se réjouit que la pratique s’ouvre ainsi à d’autres types de conflits.

Evolution du couple

L’association compte six médiateurs et est subventionnée par l’Etat. Les personnes intéressées commencent par un entretien individuel d’une heure, dans lequel on leur explique les mécanismes de cette pratique. Si l’intérêt se maintient, les séances suivantes sont communes (les personnes en conflit et deux médiateurs) et durent une heure trente. Elles coûtent de 20 à 100 francs de l’heure en fonction du salaire des personnes concernées. On compte en moyenne de trois à cinq séances avant d’aboutir à un résultat. Mais Bruno Munari n’aime pas trop ces statistiques. Pour lui, chaque cas est différent.

Marque de fabrique de la Maison des médiations, les réunions ont lieu avec deux médiateurs. Et lorsqu’il s’agit d’une affaire de séparation ou de divorce, ces derniers sont obligatoirement un homme et une femme. Un miroir en quelque sorte du couple auquel ils font face. A entendre Bruno Munari, cette méthode favoriserait l’apaisement des conflits, «notamment grâce à la qualité de la communication entre les médiateurs, à leur capacité d’écoute et de dialogue sans se couper la parole».

A ses yeux, les relations de couple ont beaucoup évolué. «L’abandon du divorce pour faute en 2002 a renforcé la notion de parentalité.» L’instauration systématique de l’autorité parentale conjointe depuis 2014 également. «Il me semble que maintenant les parents ont à cœur d’offrir à leurs enfants une qualité de vie aussi proche que possible de celle qui existait avant la séparation, et cela quelle que soit l’intensité du conflit conjugal.» Bruno Munari note également que chaque parent reconnaît aujourd’hui beaucoup plus facilement la place et les compétences de l’autre dans son rapport aux enfants. «Il y a un changement de mentalité de part et d’autre.»

La justice civile (Tribunal de première instance, Tribunal de la protection de l’adulte et de l’enfant) fait parfois appel à la Maison des médiations. Pour certains couples, ça marche. Le dialogue reprend. «On peut même finir par rédiger une convention de divorce, le juge civil n’aura alors plus qu’à l’examiner et à l’entériner. Il gagne ainsi beaucoup de temps.»

Voisins et régies

Bruno Munari souligne que la démarche de médiation est «pratico-pratique». «On s’intéresse au comment gérer la vie après une séparation, pas au pourquoi on en est arrivé là. Lorsque l’on constate qu’un couple s’intéresse davantage aux causes du conflit, on l’aiguille vers une thérapie de couple.» La Maison des médiations se penche aussi sur les conflits de voisinage. «Si certaines régies incitent les locataires à venir nous voir, il est rare qu’elles soient d’accord de participer aux frais des séances», regrette Bruno Munari. »-C. Focas- (Extrait de tdg.ch du 21/09/2017)

En savoir plus sur https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/grandmere-appel-mediateur/story/14165701

L’association européenne des médiateurs de l’énergie vient de publier son rapport annuel 2016


Extrait de https://twitter.com/med_energie

Rapport à consulter sur https://drive.google.com/file/d/0B3P6oDG7Gz8DNFpDVFAxemRxdVk/view

Point de vue : « LA MÉDIATION EN ENTREPRISE, EFFET DE MODE OU NOUVEAU BUSINESS MODEL ? » par Fabien Eon (Officiel de la Médiation)


« La médiation en entreprise est tendance. Pas une semaine ne s’écoule sans que l’on ne voie passer un article, une conférence, un colloque, une formation sur la médiation dans les organisations.

Cet engouement révèle quelque chose.

Peut-être y a-t-il une part d’intérêts bien compris pour les dirigeants : s’épargner le coût et la lourdeur du recours judiciaire, cultiver l’image d’un modèle de management éthique (au risque parfois de confondre l’éthique et la morale), se mettre en conformité avec des lois toujours plus contraignantes sur la souffrance au travail, le harcèlement, le stress, la non-discrimination, l’égalité.

Mais à y regarder de plus près, ces raisons n’expliquent pas l’enthousiasme des salariés eux-mêmes pour la médiation. C’est l’entreprise dans son ensemble qui est animée de mouvements vers plus de dialogue et de concertation. Faut-il y voir un effet de mode ?

Une évolution sociétale portée par des aspirations nouvelles

Dans notre monde en mutation, chacun se voit offrir des occasions toujours plus nombreuses d’exprimer librement sa créativité, de s’investir dans des projets, de rechercher de la satisfaction dans toutes ses activités. C’est une évolution sociétale portée par des aspirations à plus d’autonomie, d’implication et de confiance, une évolution qui s’invite dans tous les domaines des activités humaines, la famille, l’entreprise, l’école, les loisirs, une évolution qui se traduit de multiples façons, donnant parfois naissance à des courants de pensée pas toujours exempts de représentations idéologiques comme le « Well being », le « management bienveillant », la « Psychologie positive ».

La médiation accompagne cette transformation tout en étant elle-même traversée par de multiples courants.

Une petite histoire de la médiation sous tutelle

Pour certains, la médiation se focalise sur les conflits dans une approche « gestionnaire », c’est-à-dire selon laquelle il convient de gérer le conflit comme on gère une entreprise ou un compte en banque, avec l’intention d’en tirer le meilleur parti quand ce n’est de le cultiver.

Cette démarche se fonde sur la croyance selon laquelle le conflit est nécessaire dans l’entreprise, naturel, sain voire salutaire, qu’il permet de progresser car il est une « confrontation de personnes libres ». Elle est de nature idéologique. Le médiateur ne peut alors intervenir qu’en « gestionnaire » du conflit, sous couvert de la loi, de la morale ou du règlement intérieur, conférant à son action un caractère accessoire à l’autorité.

La médiation professionnelle, une innovation culturelle

Une autre conception de la relation s’est développé au tournant du 21è siècle et n’a cessé de s’imposer depuis : la médiation professionnelle. Selon cette approche, le conflit aliène, entrave, aveugle, prive les personnes de la liberté de réfléchir, enferme les comportements dans une dynamique de surenchère. La rigueur de cette démarche professionnelle des relations a permis une définition rigoureuse du conflit : une « confrontation de personnes maladroites ». L’action du médiateur est alors toute autre, il intervient pour « résoudre » et non pour « gérer », il place les personnes dans la perspective d’un projet relationnel durable.

Au-delà du traitement des difficultés relationnelles, la médiation professionnelle est porteuse de cette ouverture à la concertation, de cette revendication, même, de la possibilité donnée à chacun d’intervenir sur le cours de son existence et de participer aux décisions le concernant. Cette discipline a un nom : l’ingénierie relationnelle.

Un modèle économique reposant sur l’ingénierie relationnelle

L’ingénierie relationnelle est une approche rigoureuse des relations, à la fois théorique et directement opérationnelle. Elle place les techniques et outils utilisés par les médiateurs professionnels à la portée de tous les acteurs de l’entreprise.

Avec l’ingénierie relationnelle, la médiation professionnelle constitue un nouveau modèle économique misant sur l’implication, l’acquisition de compétences dont les effets sont observables dans tous les rouages de l’organisation, jusque dans ses performances économiques. Il s’agit de créer de la valeur et de la différentiation, d’agir sur la compétitivité de l’entreprise, sur sa crédibilité, son attractivité pour les futurs talents.

De plus en plus d’entreprises intègrent cette dimension dans leur business model. Les plus en pointe adoptent un dispositif spécifique, le DMPI (Dispositif de Médiation Professionnelle Internalisée), conçu pour accompagner les organisations qui mettent au cœur de leur développement économique l’implication, l’autonomie, la satisfaction de ceux qui font l’entreprise.

La médiation, effet de mode ou un nouveau business model ?

Lorsqu’elle se pare des atours de la bienveillance et de l’empathique, la médiation est, dans le meilleur des cas, une manière de « justice douce » pour maintenir les tensions relationnelles dans des limites acceptable. Dans le pire des cas, elle est une instrumentation au service de l’autorité pour amener les personnes à se conformer.

Quand elle est professionnelle, la médiation accompagne la réflexion rationnelle et la liberté de décision. Elle s’érige alors en modèle économique au service de la performance de l’entreprise. Elle implique alors de revisiter le rapport à l’autorité, d’inscrire l’éthique dans les processus décisionnels, de permettre à tous, managers et salariés, de développer des relations de qualité.

La médiation professionnelle est une démarche portée au plus haut niveau de l’organisation, par la direction générale.

Vers une économie de la connaissance

L’École Professionnelle de la Médiation et de la Négociation, centre de recherche et de formation des médiateurs professionnels, initiatrice du DMPI®, accompagne depuis plus de 15 ans les dirigeants, les managers et les salariés dans l’acquisition des compétences de l’ingénierie relationnelle. Avec l’EPMN, la médiation progresse d’une économie des services vers une économie de la connaissance. » (Extrait de officieldelamediation.fr du 15/06/2017)

En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2017/06/15/la-mediation-en-entreprise-effet-de-mode-ou-nouveau-business-model/

Etats-Unis : Association for Conflict Resolution (ACR) 2017 Annual Conference, october 11-14, Dallas, Texas


 

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Inscription et programme sur http://www.acrannualconference.org/

Médicys et Médiateurs ad Hoc signent un partenariat pour la promotion de la médiation conventionnelle et judiciaire.


 

 

 

Extrait de DFxe5a7WsAAR5Cd.jpg

(Extrait de twitter.com du 27/07/2017)

En savoir plus sur https://twitter.com/cybermediation

Publication du n°05-juin 2017 de la La Lettre de l’ANM (Association nationale des médiateurs)


 

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Lettre à consulter sur http://www.anm-mediation.com/index.php/fr/actualites/newsletter/listid-1/mailid-15-numero-05

Belgique : Publication de la lettre d’informations n°3 – mai juin 2017 de l’Union Belge des Médiateurs Professionnels


 

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En savoir plus sur http://ubmp-bupb.org/fr/membres/news/

« Lettre aux candidats à la présidentielle » de Jean-Louis Lascoux, publiée dans l’Officiel de la Médiation du 10/04/2017


Lettre des Médiateurs Professionnels, initiateurs du droit à la médiation et de « la décennie de la médiation 2015-2025 », aux candidats à l’élection présidentielle 2017

Depuis un peu plus d’une décennie, la médiation est partout dans la société, et, pour le moment, elle n’est nulle part dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle. Cette absence dans les discours politiques est un signe fort d’un décalage des prétendants à la représentation du peuple avec l’évolution de la société civile. Pourtant, les acteurs traditionnels de la vie sociale sont des plus nombreux à recourir à la médiation, parce qu’elle constitue un nouveau pilier de l’organisation sociale.

Un manque dans la campagne présidentielle

Alors que la médiation est partout et que son développement se poursuivra, elle n’est pas plus abordée sous ses aspects communs que sous ses multiples intérêts pour la vie en société. Elle n’est malheureusement pas traitée par les candidats à la présidentielle.

Pourtant, ne pas parler de médiation, c’est comme rester silencieux sur l’éducation, la sécurité publique ou les conditions de travail. Ne pas parler de médiation, c’est rester silencieux sur ce qui anime l’idéal social. Ne pas parler de médiation, c’est rester muet sur le rôle même des élus et représentants des citoyens.

L’exercice du « droit à la médiation » est une mesure protectrice de la liberté de décision. Rendre la médiation obligatoire consiste à étendre l’exercice de la liberté. Il s’agit de faire reconnaître un nouveau droit, un droit inaliénable. Il s’agit de mettre un terme à l’héritage de la féodalité inducteur d’une « servitude volontaire », et de poursuivre l’œuvre révolutionnaire des Lumières en donnant à la Société le devoir d’apporter à chacun les moyens de toujours mieux vivre sa propre liberté.

Une instrumentation avec des perspectives dans l’ensemble de la société

La qualité de vie en société réside dans la manière de promouvoir le « bien vivre ensemble ». La médiation permet d’intervenir d’une nouvelle manière sur les relations, comme instrumentation d’accompagnement des projets et de régulation des heurts. Cet aspect est fondateur de la vie sociale, c’est l’essence même de la politique, c’est pourquoi la médiation professionnelle est indissociable d’une politique de progrès. Elle s’inscrit dans une perspective de la promotion de l’aide à la décision personnelle. Elle s’inscrit dans la transformation des rapports d’autorité et contribue à l’évolution des modes de management. Elle participe du développement de la qualité relationnelle et des engagements dans la responsabilité sociétale des organisations. Elle est un moyen pour contenir les dérives technocratiques et politiques qui ne parviennent pas à se discipliner.

Depuis le début du XXIème siècle, plusieurs conceptions de la médiation ont été développées. Dans tous les cas, il s’agit de créer des moyens facilitateurs d’apprentissage, de communication et de décision. La médiation se retrouve ainsi à l’école, dans la vie sociale, au sein des municipalités, dans les administrations, les banques, les assurances, la vie d’entreprise, les situations consuméristes, comme dispositifs privés ou alternative à des systèmes institutionnels, et de plus en plus souvent obligatoires. Le système judiciaire s’en est emparé en vue de mettre un terme à la longueur des procédures et faciliter la résolution des différends.

Les applications, comme les intérêts, sont multiples. Mais partout, les rapports d’autorité s’en trouvent interpelés et la réponse, à la fois économique, structurelle et politique, consiste à renvoyer aux citoyens la possibilité de régler les choses par eux-mêmes. Le succès est indéniable. Dans sa représentation la plus affirmée, la médiation est professionnelle. Elle consiste à reconnaître le pouvoir décisionnaire aux personnes concernées, et à le leur restituer. Elle est propulsée par une profession originale, la profession du 21ème siècle : les médiateurs professionnels.

Le système judiciaire, une alternative à la médiation

Version américaine – La version américaine de la médiation est une alternative à la justice institutionnelle. Elle repose sur des principes d’une justice privée. Ses intérêts sont de faire des économies structurelles, de gestion et de temps de procédures. Dans cette pratique, cette forme de médiation, qui s’appuie sur la morale, le droit et la négociation, similaires à ce que l’on connaît de la conciliation, n’apporte rien de nouveau au sein de la société. La prétendue modernisation ne consiste que dans la privatisation d’un système judiciaire dont les coûts, portés par la fiscalité, ont été décrétés trop élevés par les gestionnaires des budgets publics.

Encore émergente, la médiation a été proclamée, instituée et légiférée. Balbutiante, elle est placée pour tendre à compenser les lourdeurs et déficiences déclarées du système judiciaire et des pratiques arbitraires dans les administrations. Mais elle en est devenue captive et, dans ce contexte, se trouve dépossédée de ce qui peut en faire son originalité et sa puissance pour la vie en société.
Version française – Ainsi, une conception spécifique de la médiation a été parallèlement élaborée. Cette innovation a été créée sur le modèle rationnel. Depuis 1999, elle s’est développée en Europe et en Afrique, dans les pays francophones : la médiation professionnelle. Elle est une émergence culturelle, une technologie relationnelle.

Développée dans le pays de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, cette médiation est une discipline qui dépasse le point de vue « gestionnaire des conflits ». Elle consiste dans une approche scientifique de la conduite des projets relationnels. Elle répond à la proclamation du droit de tous à la liberté, puisqu’elle en étend l’exercice par-delà les limites habituellement édictées par les professionnels de la « gestion des conflits ». En cela, elle est en rupture avec l’entretien du modèle de mise sous tutelle des libertés, dans lequel le juridisme cantonne le pacte social. Elle rompt avec le fatalisme de l’adversité pour promouvoir le sens commun de l’altérité. Elle satisfait le besoin de la société civile pour ce qui est de s’élever aux niveaux des exigences de progrès. Elle promeut l’adhésion par l’implication, la contribution, l’instruction et l’éducation, au projet de la vie en société.

La médiation n’est donc pas à placer sous une autorité, car ça serait placer la liberté de décision dans un environnement d’allégeance. Les diplômes d’Etat constituent dans ce domaine des illogismes politiques nuisibles à l’intérêt de ce nouveau dispositif dans l’ensemble de la société. La suppression du diplôme d’Etat de médiation familiale, qui au passage ne saurait être lié à une exclusivité d’intervention, s’impose comme mesure indispensable.

Même si la médiation professionnelle est récente, il convient de la positionner dans l’organisation sociale à la place qui lui revient comme discipline garante de la liberté fondamentale. Elle offre la voie du « droit à la médiation », lequel consiste notamment à garantir l’exercice de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité des droits et du libre arbitre(1). Elle conduit à une exigence de déjudiciarisation de la médiation.

C’est donc moins la « médiation professionnelle » qui doit être considérée comme une alternative au judiciaire, que le judiciaire qui doit être vu comme moyen extrême auquel on a regrettablement recours, dans le cas où la liberté de décision a épuisé tous ses moyens.

La médiation : une discipline à part entière

La médiation doit autant à l’empirisme qu’au rationalisme. C’est dans ce creuset d’observations et de raisonnements qu’il a été possible d’élaborer cette instrumentation.

Désormais, la médiation est une discipline, dont le champ d’étude et d’application est celui de la conduite de projets relationnels, dans les contextes favorables, difficiles et les conflits. Son instrumentation est l’ingénierie relationnelle pour la conduite d’entretien individuel d’aide à définir des positions rationnelles et à l’animation de groupe pour des décisions libres et fondées sur l’altérité.

Débarrassée des postulats liés à l’influence confessionnelle, avec la morale, des injonctions juridiques ou conciliatrices, de la proximité avec la conception pathologique des relations humaines, la médiation est devenue professionnelle. Ainsi, elle peut offrir ses performances à tous les intervenants exerçant traditionnellement une autorité au sein de la société : police, gendarmerie, justice, enseignants, fonctionnaires.

La formation intéresse l’ensemble des intervenants de la vie publique. Elle doit aussi être inscrite dans le parcours de perfectionnement pédagogique de l’ensemble des intervenants de l’enseignement.

Les médiateurs professionnels, nouvelle profession du 21ème siècle

Cette nouvelle profession se distingue de toutes les autres, parce que son cœur de métier porte sur ce qui fait le ciment du pacte social composé d’une éducation fondée sur l’adhésion et l’altérité. Elle propose cette conception relationnelle, plutôt que l’entretien d’un état d’esprit de division au sein de la population en justifiant les moyens autoritaires. Elle renverse le fatalisme naturel et culturel qui justifie la méthode de « gestion de l’adversité » en usage actuellement. Elle participe d’un nouveau paradigme social qui se développe dans l’ensemble de notre organisation sociale.

Alors, quel candidat saura s’affirmer non comme une autorité suprême, ou l’exécutant d’une politique d’intérêts communautaires, mais plutôt comme un médiateur des aspirations de tous ? C’est le sens de l’évolution de notre société, c’est celui d’une transmission et d’un héritage possible.

(1) Manifeste pour le droit à la médiation www.mediateurs.pro (Extrait de officieldelamediation.fr du 10/04/2017)

En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2017/04/10/lettre-ouverte-aux-candidats-a-la-presidentielle/

Notaires : une clause d’information à la médiation désormais généralisée dans les actes notariés


« Pour la première fois, les centres de médiation créés par le notariat se sont réunis le 20 mars 2017 à Aix-en-Provence (voir La Quotidienne du 22 mars 2017). Cette rencontre a permis aux notaires médiateurs d’échanger sur leurs pratiques.

Combien de notaires ont participé à la journée ? Et pourquoi Aix-en-Provence ?

Jacques Beghain. 30 notaires, associés ou salariés, jeunes ou retraités. Tous étaient formés à la médiation. Le choix du Conseil régional des notaires d’Aix-en-Provence pour accueillir cet événement était important car il a été précurseur en matière de règlements amiables des litiges. Il a introduit dans les actes notariés une clause de conciliation à laquelle se substituera désormais à l’échelon national une clause d’information à la médiation.

Quels sujets ont principalement été abordés ?

JB. La médiation est en plein essor. Elle a séduit nos instances européennes, le législateur et le notariat lui-même, qui s’y engage avec la création de centres de médiation notariaux (au nombre de 14 à ce jour localisés à Aix-en-Provence, Annecy, Bordeaux, Boulogne-Billancourt, Bourg-en-Bresse, Caen, Colmar/Metz, Dijon, Evry, Lille, Paris, Rennes, Rouen, Toulouse, ndlr). Dans des régions géographiquement très étendues, il n’est pas interdit de s’adosser à d’autres professions du droit afin d’avoir un nombre suffisant de médiateurs (tel est le cas à Annecy, ndlr).

Nous avons évoqué l’actualité avec la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle qui prévoit la création d’une liste de médiateurs dans le ressort de chaque cour d’appel et l’extension du recours à la médiation en matière administrative.

Enfin, l’accent a été mis sur l’obligation de formation continue des médiateurs ainsi que sur celle de participer à des retours d’expérience avec d’autres sous le sceau de la confidentialité.

Quelles difficultés rencontrent les médiateurs dans l’exercice de leur mission ?

JB. La plus courante est d’éviter le piège des intentions dilatoires des médiés alors que les délais doivent être courts en médiation pour donner lieu un coût très largement moindre que celui entraîné par un procès.

Comment se faire connaître auprès des magistrats et des médiés est aussi une question récurrente.

Comment parvenez-vous à mobiliser vos confrères ?

JB. Diverses actions ont été engagées.

Le Centre de médiation des notaires de Paris (CMNP) a mis en place une journée d’information à la médiation non seulement pour en expliquer les principes, mais aussi pour montrer quels dossiers pourraient être envoyés en médiation.

Le Conseil régional de la Cour d’appel d’Amiens a créé avec des comédiens confirmés une pièce de théâtre sur la médiation. Cette initiative originale permet de faire connaître ce mode de résolution des différends tout en s’amusant.

La présence des notaires médiateurs sur les salons auxquels les chambres et les conseils régionaux participent déjà pourrait se généraliser. Les prochains Congrès des notaires vont également s’emparer du sujet.

Le développement de la prescription par les notaires passe également par la généralisation de la clause d’information à la médiation dans les actes notariés déjà évoquée et par une formation à la médiation, même pour ceux qui ne veulent pas devenir médiateurs. En effet, tous les notaires formés ont déclaré en avoir tiré un bénéfice personnel et des méthodes de communication qu’ils mettent en œuvre au quotidien dans leurs offices.   » (Extrait de efl.fr du 7/04/2017)

En savoir plus http://www.efl.fr/actualites/affaires/details.html?ref=ui-2f69bb42-a739-47fd-9fbe-a14251db8c08