RAPPORT D’ACTIVITE 2022 DE LA MEDIATION NATIONALE POUR LES PERSONNELS DESETABLISSEMENTS PUBLICS DE SANTE, SOCIAUX ET MEDICO-SOCIAUX


« Le dispositif national de médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et
médico-sociaux créé par le décret du 28 août 2019 est entré dans sa troisième année de fonctionnement
en 2022.
Si la période de la crise sanitaire a freiné son activité, depuis ses missions se sont densifiées et diversifiées.
Nous présenterons dans ce rapport, non seulement le bilan des activités de médiation au cours de l’année
2022, mais nous aborderons également un état des lieux de la médiation consécutif à l’évolution du
dispositif national.
Avec la conciliation, la médiation constitue un des leviers majeurs de règlement amiable des difficultés
relationnelles et des conflits institutionnels et interpersonnels.
Dans le champ des établissements relevant de la Fonction Publique Hospitalière, l’alliance des dispositifs
de conciliation et de médiation relève d’une approche à la fois originale, pertinente et prometteuse.
Respectueuse du principe d’autonomie institutionnelle et des compétences dévolues à la gouvernance des établissements, la conciliation s’inscrit dans une démarche interne obligatoire et préalable à la saisine de la médiation pour apporter une réponse adaptée à la proximité du terrain.
La médiation assise sur une dimension éthique très particulière constitue, quant à elle, la réponse externe
aux institutions pour prendre le relai lorsque la conciliation n’est pas conclusive ou se révèle inadaptée au
contexte local, quelle qu’en soit la raison.
La combinaison de ces deux dispositifs, unique dans sa conception, permet de trouver une harmonie entre la responsabilité de l’employeur et l’engagement de l’Etat à se positionner comme un partenaire des établissements pour les soutenir et les accompagner dans la résolution de situations souvent complexes et douloureuses.
Le dispositif national de médiation devient donc progressivement un outil partagé au service de
l’amélioration de la qualité de vie et des relations au travail promue par les Ministres chargés de la Santé
et des Affaires Sociales et par le Ministère chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour la
part qui le concerne.
Fort de son réseau de 118 Médiateurs qui composent son niveau national et ses dix médiations régionales et interrégionales, son activité progresse fortement en 2022, même si son caractère encore très
confidentiel en limite la portée.
Au fil du temps, ses missions se sont élargies et multipliées.
Deux modes opératoires, les médiations conventionnelles/réglementaires proprement dites et les
missions d’appui, de conseil et d’accompagnement sous la forme d’interventions, plus nombreuses, sont
aujourd’hui ouverts aux personnels en situation professionnelle difficile, aux autorités de l’Etat ainsi
qu’aux représentants institutionnels, pour les aider à trouver une solution efficace et durable, même si
aucune obligation de résultat ne s’impose aux Conciliateurs et aux Médiateurs.
L’année 2022 est marquée par une activité plus soutenue et plus diversifiée avec une courbe ascendante
encourageante.
Outre le pilotage de l’activité, l’animation et la coordination du réseau des Médiateurs par la médiation
nationale, la constitution de onze groupes de travail thématiques très dynamiques est un moment fort de
cohésion d’équipe, de partage de compétences, de mobilisation de l’intelligence collective et de
complémentarité d’actions.
Le développement de coopérations et de partenariats traduit également l’intérêt de plus en plus grand
porté par de nombreuses institutions à cette nouvelle approche dans le domaine des ressources humaines.

Le plan national de communication engagé en 2022 devrait donner à ce moteur d’action toute sa puissance et stimuler sa performance.
Autorités de l’Etat, représentants institutionnels, professionnels et associatifs des secteurs sanitaire, social
et médico-social publics sont sans aucun doute, par leurs saisines ou leur inter médiation, les fers de lance de ce mouvement de solidarité et de bienveillance encouragé par la médiation nationale au travers des missions qui lui sont confiées par les Ministres chargés de la Santé et des Affaires Sociales.
Par ce dispositif de règlement amiable des difficultés relationnelles et des conflits, l’Etat est là où il doit
être, au cœur de l’humain, partenaire des établissements, gardien des équilibres et garant de la continuité
apaisée du service public hospitalier.

Danielle TOUPILLIER
Médiatrice nationale

Rapport à consulter sur https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/mediation_nationale_fph_rapport_d_activite_2022.pdf

Santé : « Quelle est la place de la médiation dans les établissements de santé ? » Décryptage et illustrations par plusieurs membres de la commission interrégionale de médiation Bretagne-Pays de Loire (managersante.com)


« Les établissements de santé (hôpitaux généraux, de santé mentale) mais aussi les institutions médico-sociales sont fréquemment confrontées à des conflits, à des différents profonds autour des relations interpersonnelles.

Les professionnels supportent de plus en plus difficilement des tensions qui seraient évitables si dans un cadre hiérarchique ou interpersonnel certaines comportements étaient adaptés « au bien vivre ensemble ».

La médiation est un des moyens d’aborder au fond le sujet parmi un ensemble de dispositions possibles pour les établissements.

Dans cet article, en qualité de membres de l’équipe de médiateurs de la commission interrégionale Bretagne-pays de la Loire, nous avons souhaité exposer à travers notre expérience en quoi la médiation représente une aide à la sortie de crise, à la gestion des conflits. Il ne faut pas en exclure les limites mais aussi envisager ses prolongements et son insertion dans un cadre global de qualité de vie au travail et de conduite des organisations [1]. » (Extrait de managersante.com du 30/10/203)

En savoir plus sur https://managersante.com/2023/10/30/quelle-est-la-place-de-la-mediation-dans-les-etablissements-de-sante-decryptage-et-illustrations-par-plusieurs-membres-de-la-commission-interregionale-de-mediation-bretagne-pays-de-loire/

Santé : Consolider les métiers de la médiation en santé (santementale.fr)


« Malgré sa pertinence pour lutter contre les inégalités sociales de santé, la médiation en santé se heurte à différents freins. Une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) décline 10 propositions pour favoriser son déploiement sur le territoire, ce qui passe notamment par une meilleure formation et reconnaissance du métier de médiateur en santé.

Les membres de la mission sur la médiation en santé, Alexandre Berkesse, Philippe Denormandie, Emilie Henry et Nolwenn Tourniaire, accompagnés par Farida Belkhir (Igas), ont remis le 17 juillet leur rapport, avec l’ambition de contribuer à l’objectif d’amélioration de l’accès à la santé de toutes et tous.

La médiation en santé constitue un processus relationnel qui concourt à la résorption d’inégalités sociales de santé grâce à sa fonction d’interface entre publics vulnérables et acteurs de santé. D’initiative associative et historiquement ciblée sur des publics marginalisés (VIH, prostitution, gens du voyage…), la médiation en santé s’adresse désormais à des publics en situation de vulnérabilité pour des motifs variés, qu’ils soient endogènes (précarité socioéconomique, crainte de la stigmatisation, situation de handicap, etc.) ou exogènes (complexité du système de soins, difficultés et délais d’accès…). Sous différents modèles, la médiation en santé permet d’intervenir aux différentes étapes du parcours d’un
individu afin de prévenir les ruptures, tout en produisant des effets bénéfiques à l’ensemble du système de soins (prévention, accès aux soins…). » (Extrait de santementale.fr du 28/07/2023)

En savoir plus sur https://www.santementale.fr/2023/07/ligas-veut-consolider-les-metiers-de-la-mediation-en-sante/

Rapport à consulter sur https://www.santementale.fr/medias/2023/07/IGAS_mission-mediation.pdf

Arrêté du 28 avril 2023 sur la rémunération du médiateur national des personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux et le montant des indemnités perçues par les médiateurs régionaux ou interrégionaux et les membres de l’instance nationale et des instances régionales ou interrégionales


Décret n° 2023-326 du 28 avril 2023 : extension du champ d’application de la médiation pour les personnels des ESMS (établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux) (lagazettedescommunes.com)


« Un décret du 28 avril étend le champ d’application du décret du 28 août 2019 relatif à la médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux, aux étudiants en santé médicaux et/ou paramédicaux, aux médiations préventives et aux missions d’appui, de conseil et d’accompagnement ; il élargit en outre le réseau de médiateurs diplômés auxquels il peut être fait appel.

Un arrêté du même jour modifie pour sa part l’arrêté du 28 août 2019 fixant la rémunération du médiateur national des personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux et le montant des indemnités perçues par les médiateurs régionaux ou interrégionaux et les membres de l’instance nationale et des instances régionales ou interrégionales. »- L Jabre- (Extrait de lagazettedescommunes.com du 2/05/2023)

En savoir plus sur https://www.lagazettedescommunes.com/866085/le-champ-de-la-mediation-dans-les-esms-est-elargi/

Décret à consulter sur https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047507079

« Comment la médiation peut-elle intervenir dans les conflits entre médecins à l’hôpital ? » Le professeur Yann MIKAELOFF en présente les indications, les limites et les alternatives possibles (Partie 2), Manager Sante.com, N° 2 Février 2023)


« Introduction

Le monde professionnel de la santé, y compris l’hôpital public, est un lieu où les intérêts parfois contradictoires des différentes catégories de personnels, comme des usagers peuvent créer nombre de facteurs de risques de souffrance au travail. Il s’agit d’un terreau fertile pour la violence et les conflits, s’aggravant mutuellement. Selon l’enquête récente du Collectif Santé en Danger sur un millier de professionnels de santé, 98% des professionnels de santé ont été victimes de violences internes ou externes dans le cadre de leur exercice professionnel au cours des 24 derniers mois. 66% des professionnels de santé ont été victimes d’injures et d’insultes dans le cadre de leur travail.

Ces violences représenteraient 22,5% des causes de démissions ou des abandons du métier, facteur majeur de la crise actuel du système de santé hospitalier. Les professionnels de santé ne sont pas ou peu formés à faire face à ces violences de façon efficiente et résiliente. Il est évoqué par l’enquête que peu de professionnels réagissent en faisant appel à leur hiérarchie, aux dispositifs d’alerte ou en portant plainte.

Concernant les conflits au travail en général, une étude (Focus RH mai 2021) indique que 85% des salariés sont y confrontés régulièrement. Une autre étude d’octobre 2021 (Opinion Way) précise qu’un mois de travail par an est perdu en conflits au travail. Traduit en coût salarial, le temps passé à composer avec les situations de conflit équivaut à plusieurs milliards d’euros chaque année. Nous consacrons en moyenne 1/3 de notre temps à lever des obstacles dans les décisions à prendre. Les facteurs de risques de souffrance au travail y sont souvent nichés. » (Extrait de ManagerSante.com)

En savoir plus sur https://managersante.com/2023/02/20/comment-la-mediation-peut-elle-intervenir-dans-les-conflits-entre-medecins-a-lhopital-le-professeur-yann-mikaeloff-en-presente-les-indications-les-limites-et-les-alternatives-possibles-pa/

« La médiation en santé, qu’est-ce que c’est ? Et quel rôle pour l’infirmier ? » par Audrey PARVAIS (infirmiers.com)


« Ces dernières années, le monde de la santé a vu émerger plus largement un sujet jusque-là cantonné aux échanges à ses professionnels, qu’ils soient médicaux, paramédicaux, du social ou administratifs : celui de la médiation en santé.

« C’est une démarche qui s’incarne par des personnes ayant pour mission de créer un lien de confiance avec les personnes éloignées du système de santé, puis de créer ce même type de lien entre elles et les professionnels de santé », répond Houda Merimi, médecin de santé publique et responsable du pôle Qualité des pratiques en santé au sein de l’association Médecins du monde, à l’occasion de la présentation du bilan de la Fondation Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH, voir encadré) sur 5 ans d’actions engagées sur la question. Elle retrace la naissance du concept au moment de l’apparition du VIH, qui a contraint les professionnels de santé à prêter une plus grande attention aux spécificités des personnes atteintes par le virus.

Depuis 2005, cette activité particulière tend à « se professionnaliser », tandis que la « thématique est devenue fortement actuelle » du fait du nombre croissant de personnes éloignées du soin. « Le Covid a pu jouer un rôle d’accélérateur, car il a impliqué une démarche « d’aller-vers « , qui est le fondement même de la médiation en santé », juge-t-elle. Un glissement que la Fondation MNH a pu clairement pu observer de près. Au gré de ses appels à projet, elle a ainsi vu cette démarche émerger parmi les initiatives de terrain et projets menés par les associations et services hospitaliers, a expliqué Philippe Denormandie*, son délégué général et par ailleurs parmi les 3 personnalités désignées par Agnès Firmin-Le Bodo pour chapeauter les grands travaux sur la santé des professionnels de santé. » (Extrait de infirmiers.com du 17/04/2023)

En savoir plus sur https://www.infirmiers.com/profession-ide/concepts-de-soins/la-mediation-en-sante-quest-ce-que-cest-et-quel-role-pour-linfirmier

Suisse : Au CHUV, le service médiation permet de remettre l’humain au centre des préoccupations (rts.ch)


« Le service de médiation du CHUV va bientôt souffler sa onzième bougie. L’occasion de tirer le bilan de ce lieu consacré au dialogue et à l’écoute, tant du côté des patientes et patients que du personnel soignant. Témoignages.

Dans le contexte de la maladie et des soins, au cœur d’une institution hospitalière complexe, des tensions et incompréhensions peuvent naître. C’est en partant de ce constat que le CHUV a ouvert en 2012 un espace de médiation. Un lieu d’apprentissage dédié aux patients et au personnel soignant, où l’on essaie d’améliorer les soins et la prise en charge de chacun durant son passage à hôpital.

Environ 5000 témoignages de situations difficiles ont été déposés depuis son ouverture. Autant de récits qui permettent de détecter les angles morts dans la prise en charge des malades. Communication trop froide de la part du corps médical, sentiment d’être infantilisé ou de manquer d’informations sur sa maladie ou celle d’un proche – ce lieu d’écoute permet d’aborder ces questions dans un esprit d’ouverture. » (Extrait de rts.ch)

Vidéo à consulter sur https://www.rts.ch/info/regions/vaud/13877060-au-chuv-le-service-mediation-permet-de-remettre-lhumain-au-centre-des-preoccupations.html

Médiateurs en santé dans les territoires de l’intérieur : la force de l’accompagnement et du réseau


« La médiation en santé, c’est peut-être le Pr Mathieu Nacher qui la définit le mieux : « C’est donner les mêmes chances aux personnes malades, quelle que soit leur localisation, quelle que soit leur culture. » Dans un territoire multiculturel et vaste comme la Guyane, elle prend tout son sens. Début décembre, dix-sept médiateurs en santé, travaillant tous dans les communes de l’intérieur, étaient réunis à Cayenne. Au programme : ateliers de travail sur la place des médiateurs dans la réponse au Covid, évaluation des trois premières années du PAFM et analyses de pratiques. L’occasion d’échanger sur leur métier, sur les situations qu’ils rencontrent, sur la difficile distinction entre vie professionnelle et vie privée quand on est issu de la communauté que l’on aide à prendre en main sa santé.

« Les retours de la population sont très positifs »

Lionel Amato connaît bien ces situations. Cela fait dix-huit ans qu’il travaille au centre délocalisé de prévention et de soins (CDPS) de Grand-Santi, commune où il est né. D’abord comme agent de services hospitaliers (ASH). « Je faisais le secrétaire, l’aide logistique… » Et il répondait beaucoup aux questions des patients, assurait régulièrement des traductions avec les professionnels de santé. « Ça a duré quinze ans. Ça ne me plaisait plus. Il n’y avait aucune perspective d’évolution », se souvient-il. Il postule ailleurs, fait connaître son envie de démissionner. Le Dr Paul Brousse, ancien coordinateur médical des CDPS, le croise lors d’une visite à Grand-Santi. Il lui annonce le recrutement à venir de médiateurs en santé. Ce que Lionel Amato faisait déjà en partie. « Il m’a dit : Il ne faut pas que tu partes, tu es une personne ressource à Grand-Santi. Il m’a rassuré. » L’affaire traîne encore quelques mois, le temps de boucler le financement et Lionel Amato devient médiateur en santé du CDPS. Depuis, il a rejoint l’Emspec, l’équipe mobile de santé publique en commune.  » (Extrait de newsletter.ars.sante.fr du 20/12/2022)

En savoir plus sur https://eye.newsletter.ars.sante.fr/m2?r=wAXNBJK4NWE4YmVkNTBiODViNTM1MGVmMWNkMTE3xBA1Fe_QyzzQo0Ze0JHQvmXsJNDRMu64NjBmNjNhY2U5NjliMGY0MzNlYTYyOGFjum9kaWxlLnJpbWJlcnRAYXJzLnNhbnRlLmZyoJy1MnlhMmdhcWwwZWpzNTZtNDVlcHl4rkRvbSAvIFRvbSAvQ29tq0NJVklMSVRZX0lEoKpDT05UQUNUX0lEtmpoX1VJbTlYVDFpVVQ0dEhEd2loX3ezRU1BSUxfQ09SUkVDVElPTl9JRKCsRklSU1ROQU1FX0lEoKtMQVNUTkFNRV9JRKCxT1JJR0lOX0NBUFRJT05fSUS2Tk9VVkVMTEVTIElOU0NSSVBUSU9OU65PUklHSU5fS0lORF9JRKRMSVNUs1BIT05FX0NPUlJFQ1RJT05fSUSgqFNUQVRFX0lEpk5PUk1BTLZVVkFoNDZvTFRtS0lfX2ppMmZpQTlRoLZtMWY1eWdqc2hubXc5OTR6aWkyeWM42U9QZXJzb25uZWwgYWRtaW5pc3RyYXRpZiBhdSBzZWluIGQndW4gw6l0YWJsaXNzZW1lbnQgKHNhbml0YWlyZSwgbcOpZGljby1zb2NpYWwptmU3dDRqUWhQUjJPdHJQNnZWZ1NiX3eg&s=09

La médiation en santé : vers une reconnaissance professionnelle et une généralisation de la pratique ? Le dossier de La Santé en action n°460, juin 2022.


La médiation en santé est née empiriquement des besoins de terrain mais sa reconnaissance officielle est récente et elle était jusque-là peu valorisée. L’enjeu majeur est donc de convaincre de son utilité afin qu’elle ne soit plus expérimentale mais pérennisée, intégrée au droit commun.
En 2017, la Haute Autorité de Santé (HAS) a fait un premier pas dans le sens de la structuration de cette pratique, en établissant un référentiel qui définit son périmètre et ses interactions, à l’interface des autres métiers du champ socio-sanitaire. L’objectif est double : 1) améliorer l’accès aux droits et aux soins curatifs et préventifs en favorisant l’autonomie des plus vulnérables et des plus éloignés du système de santé et 2) sensibiliser les professionnels de santé aux éventuelles difficultés des patients à réaliser leurs parcours de soin et de prévention. La HAS retient également trois grands principes déontologiques devant s’appliquer à la médiation en santé : la confidentialité et le secret professionnel ; le non-jugement (posture de retrait) ; le respect de la volonté des personnes et de leur liberté de choix.

Le médiateur en santé en France : une réponse face aux inégalités sociales en santé

Dans le système français, l’accès aux droits sanitaires et sociaux de l’ensemble de la population est théoriquement garanti par la loi. Quoiqu’assez riche, ce système demeure assez complexe pour le néophyte. On observe aussi de grandes inégalités de santé au sein du territoire national, à l’échelle géographique et au sein de la population. Elles se traduisent notamment par des différences d’espérance de vie ou d’incidence de certaines pathologies (cancers, diabète, obésité…).

Au niveau de l’individu, les professionnels de santé constatent aussi des échecs dans le suivi et l’adhésion aux parcours diagnostiques ou thérapeutiques. Les causes de ces ruptures, souvent cumulées, relèvent de toutes les vulnérabilités des populations éloignées du soin. Parmi les principaux obstacles identifiés sont pointés : la précarité sociale et économique, l’âge, le niveau d’éducation faible, la barrière de la langue, la fracture numérique, l’isolement géographique, l’absence de soutien social, les handicaps moteurs ou psychiques, la perte d’autonomie, les troubles de la santé mentale, l’absence de connaissance ou de maîtrise du système de santé, la représentation culturelle de la maladie, du soin, du médicament, la chronicité et/ou l’accumulation des problèmes de santé.
Ces diverses vulnérabilités aboutissent à des interruptions ou des renoncements dans les parcours de soins, tant curatifs que préventifs (comment suivre un traitement lorsqu’on est à la rue ; venir à une consultation faute d’accès aux transports en commun en milieu rural ou faute d’argent s’ils existent…). Ces échecs, qui ne se réduisent pas à la barrière de la langue ou à la dimension culturelle, font le lit des inégalités de santé. Par ailleurs même si l’objectif ultime de la médiation en santé est de développer l’autonomie et la capacité d’agir des personnes, il faut reconnaître qu’elle peut aussi être nécessaire sur le long terme chez certains malades chroniques ou souffrant de handicaps définitifs ou susceptibles de s‘aggraver (personnes âgées ou maladies mentales). (Extrait de santepubliquefrance.fr du 12/082022)

Dossier à consulter sur https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2022/la-mediation-en-sante-vers-une-reconnaissance-professionnelle-et-une-generalisation-de-la-pratique-le-dossier-de-la-sante-en-action-n-460-juin?s=09

Article : « LA MÉDIATION EN SANTÉ : UNE INNOVATION SOCIALE ? OBSTACLES, FORMATIONS ET BESOINS », Nadine Haschar-Noé, Florent Bérault, Santé publique volume 31 / N°1 – janvier-février 2019


Résumé
Notre étude se focalise sur la médiation en santé comme réponse au défi que pose la réduction des inégalités sociales de santé, objectif phare de la loi de modernisation du système de santé de 2016. Faire de la médiation en santé nécessite que se rencontrent et collaborent deux « mondes sociaux », celui des professions de santé et celui de l’action sociale, parfois éloignés l’un de l’autre.
En faisant l’hypothèse que la formation constituerait un levier facilitant leur collaboration, l’objectif de la recherche vise à caractériser l’offre actuelle des formations dans le domaine de la médiation sociale et en santé, à dégager les besoins non satisfaits et à formuler des propositions relevant de l’innovation
sociale permettant d’y répondre. Nos méthodes d’investigation reposent sur un triple recueil de données quantitatives et qualitatives : une revue de la littérature de première main, la réalisation d’un état des lieux des formations sur le territoire national, des focus groups et entretiens avec des médiateurs et des institutions œuvrant dans ce domaine. Nos résultats montrent qu’un certain nombre d’obstacles tendent à maintenir des cloisonnements entre les « mondes » de la santé et du social parmi lesquels une forte asymétrie de l’offre de formation au profit du secteur social, une répartition territoriale inégalitaire et une hétérogénéité de ses contenus. Les besoins exprimés permettent d’avancer un certain nombre de principes consensuels et relevant de l’innovation sociale pour consolider la coopération
entre professionnels du social et de la santé » (Extrait de cairn.info )

Article à consulter sur https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2019-1-page-31.htm