Article : « La médiation et ses humbles tisserands du dialogue » par Michèle Guillaume-Hofnung


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« Face aux terribles évènements que nous vivons, la mobilisation de tous les moyens propres à rétablir le dialogue est d’une extrême urgence. Il s’agit de ne pas subir l’avenir mais de le créer. Les moyens classiques de l’Etat régalien tels que l’arsenal juridique, judiciaire, le renseignement, la police, l’armée restent évidemment indispensables.La médiation se place à un autre niveau car, issue du peuple elle ne se soucie pas des querelles électoralistes subalternes.

Qu’est ce que la médiation ?

C’est une « subversion positive » qui trouve son origine dans le peuple. Alors qu’aujourd’hui les pouvoirs publics, sous l’emprise intellectuelle anglo-saxonne, la réduisent à une formule chimique de désengorgement des contentieux ou des réclamations, et labellisent ses contrefaçons tant dans les textes français qu’européens, il faut renouer avec son potentiel civique d’origine .

La médiation contemporaine a surgi de la société civile dans les années 80. Nouvelle liberté publique elle a été portée par des pionniers issus du monde associatif, (Droits de l’Homme et Solidarité (DHS) ou Femmes inter associations, Inter services Migrants (FIA-ISM) etc.). Très tôt ces pionniers se sont formés, se sont dotés d’une déontologie spécifique pour faire « brèche » dans les murs d’incompréhension et établir des passerelles entre les membres d’une société déjà menacée de fracturations à risques.

La médiation : Une maieutique

La médiation est un processus de communication éthique qui repose sur la liberté et la responsabilité des personnes, avec pour fonctions premières de créer ou recréer le lien social. Sa nature n’est ni judiciaire, ni arbitrale.Son processus est proche de la « maïeutique », accouchement de soi dans le dialogue avec l’autre.

Le médiateur est un tiers totalement extérieur au système que forment, volontairement ou involontairement, les participants. Cette extériorité doit garantir son impartialité. Il ne témoigne ni sympathie, ni antipathie aux participants. Il alterne au fil de l’écoute les séquences d’empathies successives. En utilisant les mots de chacun, il aide les participants à envisager le monde avec les yeux de l’autre. Il doit aussi savoir rester neutre, c’est à dire exempt de tout pouvoir, direct ou induit, pour favoriser l’émergence de la solution entre les partenaires.

La médiation opère son travail très en amont des conflits. En créant ou recréant le lien social elle les prévient souvent. Quand elle sert à les régler elle le fait par une pédagogie de la relation à l’autre. D’où son urgence dans la situation actuelle.

L’impérieuse nécessité de la médiation

Nous sommes tous concernés par la dégradation du tissu social et nous sommes tous concernés par sa réparation. Le « vivre ensemble » se tisse et hélas se détisse d’abord entre les individus. L’unité nationale ne se décrète pas elle se tisse humblement quotidiennement, patiemment, continûment, horizontalement.

Il nous revient à nous médiateurs, humbles tisserands du dialogue de nous mobiliser. L’aggravation de la fracture sociale pourrait se transformer en guerre civile, ce que souhaitent nos ennemis.

Un peuple retrouve la confiance s’il trouve en lui le moyen d’agir. La médiation vecteur de résilience inter individuelle et collective lui donne cette possibilité.

Il serait bien arrogant de présenter la médiation comme « la » solution, permettant à coup sûr de nous prémunir des passages à l’acte d’ « Erostrates », manipulés ou dégoupillés.

Le tueur de Nice en « fonçant dans le tas », a unis des victimes de toutes origines ou religions dans un destin tragique. A cette communauté de destin, subie, dessinée par la violence d’un soir, il faut répondre par le désir d’ acquérir un destin commun durable et d’écarter la surinfection de la haine.

La médiation est consubstantielle aux valeurs de la République : Liberté, égalité, fraternité :

Liberté : La médiation ne peut réussir que si la participation au processus est libre. « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté » enseignait Alain. La médiation aussi ressortit de la volonté. Un premier « accouchement » libère la parole, même véhémente vis-à-vis d’autrui. Dans un deuxième temps le processus accouche d’une solution pour vivre ensemble ou régler le conflit. Par la seule pertinence de ses questions le médiateur libère les partenaires des incompréhensions qui les ligotaient, entravaient leur confiance et leur créativité

Egalité : Le processus fonctionne de manière totalement horizontale. Toute la puissance de la médiation réside dans l’absence de pouvoir du médiateur. Il ne donne ni conseil ni avis, il ne rend pas de décision. Formé à respecter la liberté des participants, il les grandit, ce qui est la définition même de l’autorité. Il ne la tient que de la libre reconnaissance des participants. Ceux-ci vont, le temps de la médiation construire ensemble une issue  » par le haut. »

Fraternité : L’altérité a constitué le moteur des pionniers.  » La Charte de l’Autre » élaborée par Jean-François Six, inspire durablement l’action des médiateurs. Elle demeure au cœur de ce qui peut nous sauver face aux projets de guerre civile que nourrissent les auteurs des attentats sanglants. Le pessimisme se donne trop facilement le masque du réalisme. Oh comme ils sont touchants et naïfs ceux qui se croient réalistes! Mais comme ils sont dangereux aussi, car ils ratifient sans la passer à la preuve du dialogue, la croyance en la médiocrité et la noirceur humaine. Faute de dialogue ils contribuent à les faire advenir.

Alors nous appelons à une mobilisation générale :

Nous médiateurs, nous devons nous saisir des fils pour nouer un nouveau dialogue. Il faut que les médiateurs se lèvent en masse, mais pas dans l’impréparation générale.

LES CONDITIONS DU SUCCES

Le « Vivre ensemble » ne peut être une injonction incantatoire venue du sommet, . Il doit provenir d’une expérience de vie.Il doit résulter de ce que la société vous veut comme membre, qui que vous soyez, et vous le manifeste tout au long de votre parcours social.

La médiation n’est ni laxiste ni angélique, elle demande un effort lucide. Le médiateur est un réaliste. Responsable du cadre de la médiation il n’a rien d’un « Bisounours. C’est grâce à la solidité du cadre qu’il a élaboré qu’il permet aux participants d’exprimer leurs griefs et de faire surgir le « meilleur », qui est en chacun d’eux.

L’impérieuse nécessité de la médiation, telle que ses pionniers l’ont forgée, mérite qu’une démarche-qualité soit enfin respectée.. La médiation est issue de la base, elle ne nécessite aucun appareil règlementaire au contraire. Le « sommet » doit arrêter de la paralyser par ses contrefaçons législatives létales. Elle repose sur les principes suivants :

Bien nommer pour bien faire : que le sommet cesse d’appeler médiation tout et n’importe quoi (le négociateur des taxis, les conciliateurs de la consommation)

Assurer un régime juridique qui respecte sa nature: ne pas la couler dans le béton d’un régime juridique sclérosant.

S’appuyer sur une formation, préalable spécifique et continue : Les pionnier(e)s de la médiation avaient perçu, l’importance primordiale de la formation. C’est un art difficile qu’on ne peut exercer ou enseigner sans formation solide.

En conclusion, j’en appelle à la mobilisation civique. J’en appelle aussi aux pouvoirs publics pour qu’ils libèrent la médiation, qu’ils cessent de la récupérer et de la dénaturer, pour qu’ils procèdent d’urgence à un moratoire législatif. Car quand ils l’auront tué par leurs contrefaçons létales, nos sociétés n’auront pas de deuxième chance.  » (Extrait de huffingtonpost.fr du : 1/08/2016)

Article à consulter sur http://www.huffingtonpost.fr/michele-guillaumehofnung/mediation-dialogue_b_11292626.html

Chine : un nouveau mécanisme de réglementation des différends faisant appel à la médiation


« Récemment, 36 régions chinoises dont Beijing et Shanghai ont entrepris un essai destiné au marché boursier et au marché à terme, un essai qui consiste à régler des différends chez des petits et moyens investisseurs par des moyens non contentieux. Sous la direction de la Cour suprême et de la Commission de contrôle boursier, les cours régionales et des organisations de médiation vont mettre sur pied des mécanismes diversifiés de règlement des différends afin de résoudre bénévolement les litiges chez des petits et moyens investisseurs.

Il ne s’agit pas du premier essai du genre dans le pays. II n’y a pas longtemps, la Cour suprême et la Commission de contrôle des assurances ont initié conjointement un mécanisme de connexion pour le procès et la médiation, grâce auquel, plus de 100 000 différends liés à l’assurance, dans 160 régions et villes, ont été réglés à travers la médiation. Xiang Junbo, président de la Commission de contrôle des assurances.

« A travers la médiation, on a repéré les points aveugles des sociétés d’assurance. Ainsi on peut les avertir sur les maillons faibles, les risques présents dans leur gestion et le contrôle interne. Ceci dans le but de rendre leur gestion plus adaptée à la norme, et leur service plus qualifié. »

L’économie chinoise entre dans une nouvelle étape de développement. De nouveaux conflits, de nouveaux risques, de nouveaux défis ont fait leur apparition. Face à ces problèmes, les gens ont l’habitude de recourir à la justice. Ce qui créé un certain ’embouteillage’. Beaucoup de problèmes n’ont pas pu être résolus à temps. Le fait d’établir un mécanisme de réglementation des différends diversifié pourra ainsi contribuer à un meilleur traitement.

En juin dernier, la Cour suprême a délivré aux cours régionales un dossier pour les orienter dans l’établissement d’un mécanisme de réglementation des différends diversifiés. Selon Hu Shihao, responsable de l’équipe de la réforme judiciaire de la Cour suprême : les Cours doivent créer plus de moyens non contentieux pour résoudre les différends, en collaborant avec des mécanismes alternatifs de règlement des conflits.

« Les cours envoient les personnels dans des établissements de médiation, les orientent pour jouer leur rôle dans le règlement des conflits. Ces établissements s’installent également dans les bureaux de médiation de la Cour et sont accrédités par la Cour dans la médiation avant ou après le procès. Bénéficiant de la force coercitive judiciaire, des expériences et des compétences des juges, ces établissements seront plus qualifiés dans la résolution des conflits. » » (Extrait de french.cri.cn du 3/08/2016)

En savoir plus sur http://french.cri.cn/621/2016/08/03/56s488331.htm

Belgique : un médiateur à Mons pour gérer l’accueil des gens du voyage sur la commune.


« (…) Un médiateur est spécifiquement chargé de la problématique.

Écrire que rien n’a été fait en la matière sur le territoire montois serait réducteur. Si Mons, comparé à d’autres villes pilotes comme Bastogne, Sambreville, Namur ou encore Ottignies, fait figure de mauvais élève, les autorités communales n’ont jamais engagé un bras de fer avec les gens du voyage de passage sur son territoire. « Nous essayons toujours d’arriver à un accord négocié lorsqu’ils s’installent sur des terrains privés de manière illégale. Comme nous n’avons pas de terrain à leur proposer, nous avons une certaine tolérance. Et nous essayons de faciliter le dialogue « , explique Marc Darville.

Grâce aux subsides de la Région wallonne attribués pour l’accueil des gens du voyage, un médiateur a pu être engagé. Et 10.000 euros de subside annuel sont dédicacés à la gestion des groupes de nomades qui s’installent dans la ville. La compétence a d’ailleurs été récemment transférée au CPAS de Mons via le Plan de Cohésion sociale (PCS).

Comme un facilitateur, le rôle du médiateur est d’accueillir les groupes lors de leur séjour sur le territoire communal. Le service assure la gestion et la coordination quotidienne du séjour temporaire des gens du voyage. Son rôle est multiple mais dont la mission première est d’assurer un climat serein de dialogue et de communication entre les autorités locales, les riverains et les groupes en séjour. » (Extrait de dhnet.be du 5/08/2016)

En savoir plus sur http://www.dhnet.be/regions/mons-centre/les-gens-du-voyage-toujours-sans-terrain-a-mons-57a36bbb35704fe6c1d02979

Vidéo : le médiateur de l’émission de ONPC en 2008 sur France 2 !!!


Un peu d’humour dans cette période estivale avec une vision décalée de la médiation télévisuelle!!! N’oublions pas que l’humour est une qualité du médiateur…

Togo : Des soldats de neuf pays africains en formation sur les techniques de médiation et de protection des civils à Lomé


Mali Actu

« Des soldats de la paix de neuf pays africains sont en formation depuis lundi sur les techniques de communication, de négociation, de médiation et de protection des civils au Centre d’entrainement aux opérations de maintien de la paix (CEOMP) à Lomé.

Cette formation en résolution non violente des conflits assurée par l’Institut américain pour la paix (AIP) s’inscrit dans le cadre du programme du département d’Etat américain dénommé Africa Contingency Operations Training and Assistance (ACOTA).

La coordinatrice de l’AIP, Dr Illana Lancaster a confié qu’avec le programme ACOTA, son personnel travaille pour l’organisation de ces genres de formation régionale pour donner aux soldats de la paix des techniques nécessaires.

Le représentant du chef d’état-major général des Force armée togolaise (FAT), le colonel Tchédré Gado, a déclaré qu’il s’agit de « trouver des moyens efficaces pour faire asseoir une paix durable gage de tout développement ». (Extrait maliactu.net du 9/08/2016)

En savoir plus sur http://maliactu.net/des-soldats-de-neuf-pays-africains-en-formation-sur-les-techniques-de-mediation-et-de-protection-des-civils-a-lome/

Vidéo : entretien avec le Médiateur de la République du Sénégal Maître Alioune Badara Cissé sur la RTS du 7/8/2016)


 

« Par décret n° 2015 – 1150, du 05 Août 2015, Monsieur Alioune Badara Cissé, avocat, est nommé Médiateur de la République par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky Sall.

Cette nomination intervient à l’expiration du mandat du Médiateur de la République sortant, Monsieur Serigne Diop. Pour rappel, le Médiateur de la République est une autorité indépendante. Il est nommé par décret pour une durée de six (06) ans non renouvelable.

Le Médiateur de la République reçoit, dans les conditions fixées par la loi, les réclamations concernant le fonctionnement des administrations de l’Etat, des collectivités locales, des établissements publics et de tout autre organisme investi d’une mission de service public. » (Extrait de gouv.sn du 5/8/2015)

 

Médiation citoyenne au Québec : régler à l’amiable les chicanes de voisins


« Que ce soit un arbre envahissant, du bruit incessant ou une clôture mal posée, les sources de conflits entre voisins sont nombreuses dans une métropole comme Montréal. Pour les régler sans recourir aux instances juridiques, parfois lentes et coûteuses, un organisme de justice alternative propose des séances de médiation citoyenne. Un service utile qui peine pourtant à se faire connaître.

Depuis près de six ans, l’organisme Trajet fait de la médiation afin de régler des chicanes de clôtures. Au fil des années, ce service gratuit a évité à plusieurs Montréalais des visites désagréables chez la Régie du logement ou des démarches juridiques dispendieuses.

«Notre rôle est celui de faciliter les échanges lorsqu’il y a un conflit afin que les parties se sentent écoutées. Lorsque les gens viennent ici, personne ne leur fait la morale. C’est un moment pour se parler et tenter de résoudre les problèmes. Nous sommes des facilitateurs, pas des arbitres», explique Julie Pouliot, intervenante sociale et médiatrice chez Trajet.

Cet organisme fait appel à une vingtaine d’intervenants bénévoles et impartiaux. Leur objectif, trouver un terrain d’entente qui fera l’affaire de tous.

Les causes des tensions sont multiples, mais parmi les plus récurrentes, selon l’organisme, on compte les arbres envahissants, les enfants turbulents, la musique trop forte et la clôture de l’un qui empiète sur le terrain de l’autre.

Des problèmes qui ne sont pas forcément dramatiques, mais qui peuvent certainement saper la vie de quartier. » (Extrait de journalmetro.com le 18/07/2016)

En savoir plus sur http://journalmetro.com/local/saint-leonard/actualites-saint-leonard/995277/mediation-citoyenne-regler-a-lamiable-les-chicanes-de-voisins/

Conflit malien: signature d’un accord de paix entre les mouvements armés sous la médiation du Niger


« La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Plate-forme du 14 juin, deux mouvements maliens opposés, ont signé dimanche à Niamey un document d’entente intitulé « La Déclaration de Niamey » prévoyant le retour du calme à Kidal et dans le nord du Mali en général, a-t-on appris à Niamey de source officielle.

Cet accord est intervenu sous la médiation du Niger, à la faveur d’un intense travail d’échanges mené avec le soutien du ministre nigérien de l’Agriculture Albadé Abouba.

Le document d’entente a été paraphé par Alghabass Ag Mohamed Ali et Hanoune Ag Intalla au nom de la CMA et de la Plate-forme du 14 juin en présence du Premier ministre nigérien Brigi Rafini et de l’ambassadeur d’Algérie au Niger Ballal Azzouz, également facilitateur.

Pour Brigi Rafini, la signature de ce document consacre une entente très forte entre ces deux mouvements en conflit dans le nord du Mali. « C’est extrêmement important pour vous-mêmes, pour le Mali, pour le Niger et pour toute la sous-région », a-t-il déclaré aux représentants des mouvements. » (Extrait de maghrebemergent.info du 18/07/2016)

En savoir plus sur http://www.maghrebemergent.info/component/k2/61421-conflit-malien-signature-d-un-accord-de-paix-entre-les-mouvements-armes-sous-la-mediation-du-niger.html

Québec : un projet pilote de médiation obligatoire fonctionne à la Cour des petites créances des districts judiciaires de Terrebonne et de Gatineau depuis mai 2015.


ICI INFO

« Depuis un peu plus d’un an, les consommateurs et les commerçants québécois qui saisissent la Cour des petites créances dans certains districts judiciaires sont forcés de se parler.

Ils doivent tenter de s’entendre à l’amiable avant d’être entendus par un juge. Ce nouveau modèle de justice participative fonctionne dans la moitié des cas.

Le ministère de la Justice du Québec a lancé en mai 2015 un projet pilote de médiation obligatoire à la Cour des petites créances des districts judiciaires de Terrebonne et de Gatineau.

Les parties qui y déposent un recours concernant un contrat de consommation sont tenues de participer à une séance avec un médiateur, soit un avocat ou un notaire accrédité par son ordre professionnel. Le service est gratuit.

(…) Si la médiation échoue, l’affaire est tranchée par un juge de la Cour des petites créances.

Jusqu’à présent, des ententes ont été conclues dans près de la moitié des quelque 230 litiges soumis à une médiation obligatoire.  » (Extrait de ci.radio-canada.ca du 18/07/2016)

En savoir plus sur ci.radio-canada.ca/regions/Montreal/2016/07/18/001-mediation-obligatoire-cour-des-petites-creances-consommation.shtml

La réponse du Médiateur de l’Information de France 2 à la suite de la réaction des téléspectateurs de France 2 sur la diffusion de certaines images de l’attentat de Nice.


« Il est tout simplement incroyable qu’une chaine (de surcroît publique) diffuse des images aussi insoutenables que celles diffusées lors de l’attentat survenu à Nice.Les images « au ralenti » du camion sont totalement imbuvables ! Ou est l’information ?(…)Je suis profondément scandalisé. Il en est de même pour l’interview d’un homme ayant perdu un proche … Stop! S’il vous plaît stop! Cessez de diffuser de telles images tout simplement par respect ». Ce courriel de Jeann-Philippe M. résume assez bien l’ensemble des courriels reçus par la médiation depuis l’attentat.

Les termes employés sont très durs:  « Est-ce-que vous, médiateur de France 2, vos équipes, vos rédacteurs en chef, vos responsables divers et variés vous rendez bien compte de ce que vous avez diffusé cette nuit sur l’antenne de la première chaîne du service public de notre pays ? Vous avez diffusé AU RALENTI la camion qui roule vers la foule; et surtout, surtout… Lisez bien cette phrase : vous avez diffusé une interview sur le vif d’un homme assis à côté du cadavre de sa femme !! Je n’ai pas de mots pour dire toute la honte et la colère que vous m’inspirez. Je suis citoyenne, contribuable française, et si j’en avais le pouvoir, je demanderais les sanctions les plus fermes contre les responsables de ce traitement, de ces choix (…) écrit Betty M. Jeanne L. nous demande, elle, « si vous êtes fiers des images que vous avez diffusées, et notamment de cette question fabuleuse d’un journaliste « monsieur, vous avez perdu votre femme, une réaction ? ». A ce niveau là, moi aussi je peux être journaliste. Est-il possible que vous soyez moins cons à l’avenir? Merci d’avance.

Fiers? Personne ne l’est dans la rédaction de France 2. Il y a eu au petit matin du 15 juillet des images et des sons que nous n’aurions jamais du utiliser. Vous trouverez, ci-dessous, un communiqué de la Direction de l’information de France 2 qui ne laisse aucun doute à ce sujet. Des excuses indispensables: il en va de l’honneur du service public. Une notion quasi-systématiquement mise en avant par nos correspondants que l’on peut résumer par « pas ça sur le service public ».

Nicolas Jacobs

Médiateur de l’Information de France 2 (Extrait de blog.francetvinfo.fr du 15/07/2016)

En savoir plus sur http://blog.francetvinfo.fr/mediateur-info-france-2/2016/07/15/pas-ca.html

« La responsabilité professionnelle des médiateurs … professionnels » (suite) un commentaire de Jean-Louis Lascoux, Président de l’EPMN, à l’article Jean H. Gagnon « Un médiateur peut-il être poursuivi en responsabilité professionnelle?


« Dans quelles circonstances la responsabilité d’un médiateur intervenant dans des relations conflictuelles pourrait être mise en cause ? Un avocat québécois, Jean H. Gagnon, s’est lancé dans l’exercice délicat, voire polémique, de l’identification des situations où la responsabilité professionnelle des médiateurs pourrait être mise en cause. Il est question de préserver la confidentialité tout en ayant une définition quelque peu équivoque de cette garantie en médiation. Evidemment, le sujet n’est pas simple. La responsabilité professionnelle du médiateur, explique l’avocat québécois, pourrait être mise à l’épreuve lors d’entretiens privés – les fameux « caucus » – avec la révélation de confidences dont l’absence de connaissance pourrait conduire la partie adverse à une décision qui nuirait à ses intérêts. Et c’est là que commence une confusion. Selon le juriste, le médiateur tenu par la confidentialité serait alors complice d’un dol, en raison d’un accord qu’il laisserait signer sans informer un protagoniste berné qui découvrirait ensuite le pot aux roses. Accessoirement, on se demande comment la victime apporterait la preuve de ce que le médiateur pourrait avoir été informé.Poursuivant son article, l’auteur pointe des conflits d’intérêts non divulgués, des pressions exercées par le médiateur et l’incapacité de décider de l’une des parties que le médiateur aurait connue sans en tenir compte. Ca fait beaucoup, mais en réalité, ça ne fait rien. Le propos peut sembler complet, mais la vertu théorique ne répond pas aux exigences de la pratique. On perçoit clairement la confusion des rôles entre médiateur et arbitre, un manque de référentiel pour exercer avec compétence la profession de médiateur. L’arbitrage ne se combine pas avec la médiation professionnelle. Cette médiation présentée par Jean H. Gagnon est une médiation qui ne sort pas des habitudes des prétoires. Elle n’apporte rien de nouveau par rapport à la conciliation. Elle fonctionne d’une manière similaire au système judiciaire.  » (Extrait de viamediation.fr du 15/07/2016)

En savoir plus sur http://www.viamediation.fr/la-responsabilite-professionnelle-des-mediateurs-professionnels.html