« Aux beaux jours, la médiation municipale reprend du service à Rennes. Des agents et agentes de la ville et la métropole arpentent les rues et parcs à la rencontre de la population. Leur rôle : informer sur la réglementation dans l’espace public, assurer le respect de l’environnement et la tranquillité publique, réguler les nuisances.
Près du centre social Carrefour 18, des rires s’échappent d’un groupe de personnes installées sur l’herbe. Ils et elles profitent des premières douceurs estivales : ciel bleu, soleil, bonne humeur, apéro et palets bretons.
Stéphanie Locussolle, agente municipale, les informe gentiment : « En quittant les lieux, pensez à jeter vos déchets dans les grandes bennes, puisqu’il n’y a plus de poubelles. » Une jeune femme, tout sourire, la rassure : « Oui, c’est prévu ! »
Environnement et tranquillité
Cette scène se déroule un jeudi du mois de mai, en fin de journée. Trois de celles et ceux qu’on appelle les médiatrices et médiateurs municipaux parcourent les quartiers sud de Rennes, à la rencontre des habitants et habitantes.
Leur mission : sensibiliser au respect de l’environnement, de la tranquillité publique, des autres usagers par le dialogue, l’écoute et la responsabilisation. En bref, « informer, jamais réprimer », résume Dominique Morel, du Service prévention de la délinquance et médiations. » (Extrait de
« À la suite des émeutes urbaines de juin 2023, le Comité interministériel des villes (CIV) du 27 octobre 2023 a fixé pour objectif de renforcer la présence humaine dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), en simplifiant et en accompagnant la professionnalisation des adultes-relais (AR), outil central de la politique de la ville depuis vingt-cinq ans. Les ministres ont confié sur ce sujet en 2024 une mission à l’IGAS, l’IGA et l’IGEDD.
Ce rapport, appuyé sur l’audition sur le terrain de plus de cent soixante personnes, constitue la première évaluation de politique publique sur les adultes-relais depuis l’origine de ce dispositif en 1999.
4 500 adultes-relais sur le territoire
Régis par le Code du travail, les adultes-relais ont un double objectif : faciliter l’insertion professionnelle des titulaires de ces contrats et développer la médiation sociale dans les QPV, c’est-à-dire améliorer les relations entre les habitants de ces quartiers et les services publics ainsi que les rapports sociaux dans les espaces publics ou collectifs. Environ 4 500 adultes-relais étaient en fonction sur l’ensemble du territoire national fin 2023, avec un financement de l’Etat de l’ordre de 85 millions d’euros et une participation de l’Etat d’un montant fixe unitaire de 22 810 euros par an pour chaque poste.
Un dispositif largement plébiscité
Le dispositif des adultes-relais, dans sa forme actuelle, est plébiscité par la plupart des acteurs auditionnés. Même si des ajustements se révèlent nécessaires, l’intuition initiale qui avait donné lieu à sa création, à savoir « développer la médiation sociale dans les quartiers », apparaît plus que jamais pertinente. Les trajectoires des adultes-relais sont encourageantes en termes d’insertion et de promotion sociale et la logique d’insertion des adultes-relais ne doit pas être abandonnée.
La question de la durée du contrat d’adulte-relais (trois ans minimum renouvelables) est cruciale pour l’efficacité des actions de médiation engagées. En effet, les contacts se construisent dans la durée et il peut être long de gagner, dans un quartier, la confiance des habitants. En conséquence, la mission écarte l’hypothèse d’une modification sur ce point.
Des acteurs clés de la médiation sociale
Le rapport formule quinze propositions de nature à conforter le dispositif, de sorte de permettre, d’une part, aux adultes-relais de vivre pleinement leur mission, comme celle de fer de lance de la République dans les quartiers où ils travaillent, et, d’autre part, aux usagers de s’appuyer sur un réseau territorial efficace de médiateurs de terrain. » (Extrait igas.gouv.fr)
« Face aux atteintes à la tranquillité publique constatées dans le secteur élargi du quartier Battant, la Ville de Besançon s’est engagée dans une démarche de médiation sociale afin de compléter les dispositifs déjà existants. Car malgré « une présence humaine développée » dans le secteur, « des nuisances sont toutefois observées régulièrement sur le quartier notamment par des habitants, des commerçants, des structures locales et des usagers du domaine public« .
Pour tenter d’endiguer ce sentiment d’insécurité, la Ville souhaite ainsi mettre en place une « médiation pluridisciplinaire avec une coordination beaucoup plus forte« . Avec l’impression d’avoir été délaissé par l’État, dont le dispositif FAR (force d’action républicaine) devait apporter des moyens pour financer ce type de travail, avant d’être finalement « mort et enterré« , la Ville a finalement décidé de prendre elle-même les choses en main en intégrant le coût de 250.000€ de cette action à son budget de fonctionnement. » (Extrait de macommune.info
« Habitués à mener des actions sociales sur le temps long, certains médiateurs ont appris à composer avec les jeunes employés parfois « hors de contrôle » du narcotrafic. Faut-il faire appel à eux de façon plus systématique pour endiguer ce business et limiter ses nuisances ? Oui, répondent des maires soucieux de combiner prévention et répression.
(…)
Leur ancrage territorial et leur présence quotidienne au cœur des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ont fait des médiateurs sociaux les témoins privilégiés du développement du narcotrafic. Est-ce leur rôle d’intervenir, pour autant, lorsqu’ils croisent le chemin de dealers de plus en plus dangereux, ou ne serait-ce que de sermonner les consommateurs ? La lutte contre les trafics ne fait pas partie de leur champ de compétences, tient à rappeler d’emblée France Médiation. « La police nationale est là pour faire respecter la loi. » – L. Motti – (Extrait de courrierdesmaires.fr du 14/03/2025)
« Parce que l’approche répressive seule ne saurait suffire, les collectivités territoriales s’appuient de plus en plus sur les médiateurs sociaux pour engager un travail de fond avec les publics en proie à des problèmes de santé mentale.
Face à un constat unanimement partagé, celui d’une plus grande prégnance des enjeux de santé mentale, la médiation sociale se révèle être un outil précieux au service des collectivités territoriales.
Parmi les structures référentes, citons l’association Omega, à Angoulême (41 400 hab., Charente). Disposant d’une quarantaine d’agents et travaillant en lien avec la communauté d’agglomération du Grand Angoulême (16 communes, 106 400 hab., Charente), elle couvre « tous les registres de l’intervention en médiation sociale, des quartiers de reconquête républicaine à de petites communes rurales », explique son directeur Cédric Jégou. » – Pierre Garcia – (Extrait de lagazettedescommunes.com du 13/03/2025)
« Diffusé sur France 3 Occitanie le 28 novembre 2024 à 23h00, ce film offre un regard authentique et touchant sur les défis du vivre-ensemble dans les résidences HLM de la région. Au quotidien, Marie-Pascale Faure, médiatrice sociale de L’Amandier, intervient avec patience et discernement pour gérer des situations de voisinage qui peuvent parfois sembler banales, mais qui représentent de véritables défis : nuisances sonores, tapages nocturnes, tensions autour de l’entretien des espaces communs, ou encore des conflits plus inhabituels, comme des chats errants sur les balcons ou des désaccords sur la végétation sauvage des jardins.
Ces problématiques révèlent les tensions de la cohabitation moderne et soulignent l’importance cruciale de la médiation. Les médiatrices de L’Amandier sont de véritables artisanes du lien social, travaillant sans relâche pour instaurer la paix dans ces espaces de vie partagée. Le documentaire aborde avec un mélange de sensibilité et d’humour l’impact de ces interventions, tout en interrogeant l’individualisme contemporain et le concept même de la coexistence. » – Florence MILLET – (Extrait de occitanie-tribune.com du 25/11/2024)