La médiation dans le contentieux des baux commerciaux


La médiation dans le contentieux des baux commerciaux

« Hirbod Dehghani-Azar est avocat associé au sein du cabinet RSDA Société d’avocats. Il est aussi médiateur et c’est avec l’œil de l’homme de l’art qu’il analyse le bienfondé de la médiation dans le contentieux des baux commerciaux. – Propos recueillis par Boris Stoykov (affiches-parisiennes)

Affiches Parisiennes : Vous êtes avocat, médiateur et intervenez dans vos deux fonctions dans le domaine de l’immobilier. Quel retour pouvez-vous nous faire sur le bienfondé de la médiation dans le domaine des baux commerciaux ?

Hirbod Dehghani-Azar : Il est inhabituel de prendre l’immobilier commercial et plus particulièrement la problématique des baux commerciaux pour traiter du bienfondé de l’utilisation du processus de médiation. En effet, le régime légal du statut des baux commerciaux est très largement imprégné d’ordre public et on pourrait être tenté d’écarter le recours à la médiation dans ce domaine puisque l’on ne peut transiger sur l’application d’une règle d’ordre public.

En fait, il y a un très large champ de négociation dans le régime des baux commerciaux car les parties, en dehors du cadre régie par l’ordre public, peuvent librement discuter une très grande partie des clauses (loyer initial, travaux, franchise, échelonnement, etc.). De plus, l’expérience nous démontre qu’à l’inverse, c’est une matière particulièrement propice aux modes amiables de résolution des différends car elle touche avant toute chose la patrimonialité des personnes physiques et morales et que les parties sont amenés à prendre des engagements, se côtoyer et à collaborer pendant longtemps.

A.-P. : Vous parlez de l’expérience, à quoi faites-vous référence, avez-vous des éléments précis ?

H. D.-A. : Il ne s’agit pas de l’expérience au sens d’une expérimentation mais plutôt du retour que je peux faire de l’évolution des pratiques devant la 18e chambre du Tribunal de grande instance de Paris. En effet, sous l’impulsion des magistrats de cette chambre spécialisée dans les litiges relatifs aux baux commerciaux parmi lesquels le Conseiller Isabelle Rohart-Messager, une réelle politique de promotion de la médiation a été mise en œuvre. J’ai eu la chance de faire partie des médiateurs de cette chambre et j’ai pu constater une réelle évolution des pratiques et des mentalités.

« Certains bailleurs ont intégré la médiation dans leur stratégie de négociation, preuve que le processus est particulièrement adapté »

Même si dans un premier temps les confrères se montraient assez résistants, devant l’insistance des magistrats pour promouvoir la médiation, des médiations ont été ordonnées à partir du mois de décembre 2012. Dans les premières médiations, les parties et leurs conseils venaient « pour ne pas contredire les magistrats » puis progressivement, les mêmes ont pris l’habitude de solliciter directement les médiateurs en dehors de toute procédure judiciaire.

Ainsi, il y a eu sous l’impulsion de cette chambre une évolution de la pratique dans cette matière très spécialisée.

A.-P. : Avez-vous des détails sur la pratique de la médiation devant cette chambre ?

H. D.-A. : A mon avis, cette expérience est une réussite et elle a changé profondément la pratique de certains cabinets spécialisés parce que notamment il y a eu dès le début une réelle implication des magistrats et un suivi de l’évolution de la pratique avec la mise en place de réunions de coordination des médiateurs avec des échanges sur la pratique et les difficultés rencontrées, ainsi que la mise en place d’outils statistiques.

A titre d’exemple, au mois de décembre 2016, après 49 mois, il y avait eu 378 médiations qui avaient été ordonnées. Sur ce nombre, il ressort que le taux de participation est de 93 % (à savoir que 7 % des médiations ordonnées n’ont pas été mises en œuvre par absence de consignation ou par le fait que les parties ont pu trouver des solutions avant même de participer à la première réunion) et le taux d’accord total ou partiel est de l’ordre de 77 % avec un coût moyen, pour ces médiations judiciaires, inférieur à 2 000 euros HT. Cette question du coût est primordiale dans un contentieux qui fait très souvent appel à des expertises techniques coûteuses.

Autre avantage indéniable, la durée maitrisée car la durée moyenne des médiations était de 110 jours à partir de la première réunion (pour rappel la durée de la médiation judiciaire est de trois mois renouvelable une fois).

A.-P. : Quels sont les domaines les plus propices selon vous ?

H. D.-A. : Je ne crois pas qu’il puisse exister des domaines où le recours au processus de médiation soit inapproprié mais des situations et surtout des parties qui ne souhaitent pas y avoir recours et c’est leur droit. L’objectif de la médiation étant en premier lieu de permettre aux parties de (re)nouer un dialogue constructif afin de chercher ensemble les moyens de sortir d’un conflit, là où il peut y avoir discussion et négociation il peut y avoir médiation.

En pratique, on se rend compte que très souvent le juge a besoin d’avoir recours à une expertise judiciaire afin de l’assister techniquement alors même que les parties produisent aussi de chaque côté des rapports d’experts qui ne servent pas à entamer le dialogue mais à figer des postures judiciaires. En fait, ces situations sont très propices à la médiation car elles permettent à chaque partie de passer outre les revendications tout en pouvant se baser sur des éléments objectifs pour motiver sa position. L’effet de la médiation est qu’on ne revendique pas obligatoirement un droit contre l’autre mais qu’on clarifie des besoins motivés et qu’on prend en considération ceux de la partie avec qui on collabore.

Pour répondre plus précisément à votre question, je crois que la médiation trouve naturellement sa place dans l’ensemble du champ du contentieux du loyer (fixation, révision ou renouvellement), celui du recouvrement (charges, loyers, contestations) ainsi que les actions dit de droit commun relatif à la résiliation ou aux événements venant modifier l’équilibre des relations contractuelles.Hirbod Dehghani-Azar, avocat associé et médiateur, analys

A.-P. : A quel moment conseillez-vous d’avoir recours à la médiation ?

H. D.-A. : Là encore, le processus peut être intégré à tout moment mais on voit une évolution des pratiques et un recours de plus en plus fréquent à la médiation conventionnelle soit en application d’une clause prévue au bail soit à l’initiative des parties et de leurs conseils. à l’usage, on se rend compte que certains bailleurs ont intégrés la médiation dans leurs stratégies de négociation, c’est, selon moi la preuve que le processus est particulièrement adapté à la matière.

En pratique, j’ai même eu un cas où, à l’initiative de leurs conseils, les parties ont souhaité mettre en place une médiation après jugement en pensant discuter de l’exécution et qu’à l’aide du processus de médiation ils ont signé un nouveau bail !

A.-P. : Que pensez-vous de la médiation obligatoire avant la saisine du juge ?

H. D.-A. : Ma réflexion a un peu évolué sur le sujet. Même si je suis opposé sur le principe à rendre obligatoire un processus qui tire son originalité et son efficacité de la liberté des parties et de la confidentialité des échanges, je constate que ce qui est obligatoire c’est la participation à une tentative de médiation et qu’il n’y a aucune obligation de résultat qui en résulte. De surcroît, si on prend l’exemple de la pratique de la 18e chambre, on constate qu’il peut y avoir un réel changement des habitudes.

En conséquence, même si je ne suis pas un partisan de la médiation obligatoire préalable à la saisine du juge, je ne peux que constater que c’est un outil, un peu rigide, d’accompagnement au changement des pratiques. (Extrait de affiches-parisiennes du 30/10/2017

En savoir plus sur http://www.affiches-parisiennes.com/la-mediation-dans-le-contentieux-des-baux-commerciaux-7517.html

Newsletter UJA : AVOCATS ET MÉDIATION, UNE DYNAMIQUE POSITIVE


« Comme le soulignait, Monsieur DELMAS GOYON dans son rapport sur « Le Juge du 21ème siècle », de décembre 2013 : habitués à des modes de communication simplifiant l’accès au savoir et offrant des solutions rapides pour chaque difficulté, les citoyens attendent de l’institution judiciaire qu’elle leur laisse davantage d’autonomie ; ils souhaitent pouvoir choisir eux-mêmes la façon de résoudre leurs différends ; ils n’adhèrent plus à une modélisation uniforme du procès aboutissant à des réponses standardisées ne tenant pas compte des réelles préoccupations des justiciables.

On assiste, en effet, depuis quelques années, à une demande accrue de justice négociée et acceptée, préférée à une justice imposée et nécessairement non-satisfactoire au moins pour l’une des parties.

Les Modes Amiables de Résolution des Différends, parmi lesquels la Médiation, tendent à répondre à ces préoccupations contemporaines, libérant les justiciables des carcans :

  • procédural (donc des délais trop longs décorrélés des réalités du quotidien des justiciables, qui maintiennent voire des tensions entre les parties pendant des mois voire des années et apportent une réponse souvent trop tardives)
  • et juridique (donc de décisions tranchant des problématiques de droit, détachées des aspects humains et/ou économiques, et parfois difficilement exécutables)

Notre profession, qui a toujours su s’approprier de nouvelles missions afin d’offrir un service toujours plus complet aux justiciables, doit pleinement investir ce champ du droit (désormais consacré par de nombreux textes) afin de répondre aux attentes nouvelles de ses clients mais aussi de rester les femmes et les hommes du règlement des différends (sous toutes leurs formes).

En acceptant de donner à la médiation la place qu’elle doit avoir dans leur pratique les avocats ne trahiront en rien leur métier, au contraire.

En informant et le cas échéant en proposant le recours à la médiation dans les dossiers qui s’y prêtent, ils ne feront que remplir dûment leur devoir de conseil ; en étant aux côtés de leurs clients en médiation, ils les assisteront ce qui est bien l’une des missions essentielles des avocats ; en rédigeant l’accord trouvé, ils seront garants de la traduction juridique de la solution souhaitée.

Ainsi, contrairement à ce que certains craignent, les avocats ne perdent, dans ce processus, aucun pouvoir et ils demeurent le meilleur allié de leur client à qui ils auront, en plus, offert une meilleure écoute et une meilleure prise en compte de leurs attentes quant à l’issue du conflit qui les occupent. (et un client satisfait est un client qui revient et qui recommande !)

En médiation, l’avocat doit ajouter à sa casquette d’expert du droit celle d’expert de la relation -et ce faisant sans doute revenir à l’essence même de son métier-. En effet, bien souvent ce n’est pas le point de discorde qui fait le conflit mais la relation dégradée qui rend impossible le règlement du point de discorde.

Or à l’heure de l’intelligence artificielle, de la systématisation des activités juridiques et de la justice prédictive, l’intervention humaine, demeure essentielle pour traiter des dysfonctionnements interpersonnels sources de litiges dans tous les champs de la vie (travail, famille, affaires…)

Les avocats ont donc tout intérêt à se saisir pleinement de ce mode amiable, parfaitement complémentaire du contentieux auquel il ne se substitue pas et même à en faire un axe de développement de leurs cabinets (qui pourra séduire une clientèle rétive au contentieux et au procédures)

Les avocats peuvent pousser la diversification de l’offre de service jusqu’à devenir, aux termes d’une nécessaire formation, eux-mêmes médiateurs. Cette opportunité est en effet permise par l’article 6.3.1 du Règlement Intérieur National des Avocats, qui prévoit qu’au-delà des missions de justice, les avocats peuvent également être, entre autres, investis de missions de médiateur dont ils peuvent faire état dès lors qu’ils sont référencés auprès du Centre National de Médiation des Avocats (CNMA) – créé par le CNB notamment pour positionner les avocats sur le marché de la Médiation (de nombreux autres professionnels dont les huissiers et les notaires cherchant à se positionner sur ce secteur du règlement des différends conscients du potentiel de cette activité.

La profession doit donc pleinement se saisir de ce « nouveau » champs d’activité.

Et ce champ est vaste car il recouvre non seulement le règlement des différends mais aussi l’accompagnement au changement, hors contentieux (médiation d’accompagnement au changement, médiation de projet, médiation de chantier…)

Or, l’intervention des avocats-médiateurs dans ces médiations « préventives » peut permettre aux avocats de reprendre leur place de conseil auprès des sociétés et de valoriser leur intervention en tant que partenaire de l’entreprise (qui les relèguent trop souvent au contentieux), ce qui aurait un impact positif sur le développement de l’ensemble des prestations de l’avocats à l’égard de cette clientèle.

La médiation offre donc des possibilités et des opportunités nombreuses pour les avocats. A charge pour nous de ne pas les laisser passer. A charge pour nous de nous en saisir et d’en faire bon usage dans l’intérêt de nos clients et dans le nôtre. » Anne Lise Lebreton (Extrait de uja.fr du 18/10/2017)

En savoir plus sur http://www.uja.fr/2017/10/18/newsletter-uja-avocats-mediation-dynamique-positive/

Aéroport Notre-Dame-des-Landes : Le bruit, « élément très fort » pour la médiation


Gérard Feldzer, à la sortie de la préfecture, à Nantes, le 26 septembre 2017

« D’après nos confrères de France Bleu Loire Océan, qui ont récupéré un enregistrement, elle aurait été prononcée le 27 octobre lors d’une audition menée dans le cadre de cette médiation. Certes la conversation n’est pas publique. Elle est surtout relative aux nuisances sonores que le médiateur a constatées à Bouguenais et Rezé où il a noté des « dommages pour le bruit et les conséquences sur la santé ».

Dans ce même enregistrement, le médiateur précise son rôle qui se limite à « mettre des arguments ». Que le bruit en est un, et constitue « un élément fort ».

La mission de médiation, composée également d’Anne Boquet et Michel Badré, doit rendre son rapport le 1er décembre. » (Extrait de .alvinet.com du 30/10/2017)

En savoir plus sur https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/document-exclusif-quand-le-mediateur-gerard-feldzer-1509124917

Conférence : « Régler rapidement les litiges : le réflexe de la médiation !  » le 21/11/2017 à Sion (Suisse)


58ème CAFE DE LA MEDIATION : LES FINANCEMENTS DE LA MEDIATION par Institut Catholique de Paris – 9/11/2017


 

DESCRIPTION

Ariane Vennin
Avocat, (A7 Avocats)
Médiateur
Fondatrice de la Pépinière de Médiateurs

Hirbod DEHGHANI-AZAR,
Past Président de l’Association des Médiateurs Européens,
Responsable des formations de formateurs ifomene, animera les débats
Avec le concours de Stephen Bensimon et Laurence Villeneuve, Directeurs de l’IFOMENE

La justice est pauvre.
Les justiciables ne sont pas tous riches.
Et surtout l’accès à la justice doit être abordable pour tous.

La conciliation est et reste bénévole, avec les avantages et les inconvénients qu’on lui connaît.
La médiation est une activité rémunérée.

La médiation est une approche de pacification des relations et de résolution des litiges présentée à juste titre comme peu onéreuse.
Son coût direct est faible.
Et des raisons complémentaires renforcent son attractivité : un montant mesuré, fixe, pour un processus court et de haute efficacité au vu des pourcentages d’accords.

La médiation est une plus-value apportée par un professionnel formé. Elle a donc un coût.
Mais ce coût s’ajoute à celui des procédures en cas d’absence d’accord en médiation.

La situation d’aujourd’hui est diverse. Ya-t-il et doit-il y avoir des normes et des critères ?
Si oui lesquels ? Et qui en fixera les règles éthiques et économiques ? Si non comment faire ? » (Extrait de eventbrite.fr )

Programme et inscription sur https://www.eventbrite.fr/e/billets-58eme-cafe-de-la-mediation-les-financements-de-la-mediation-39329091371

 

COMPTE-RENDU DU SYMPOSIUM DE LA MÉDIATION 2017, LILLE


« Les médiateurs professionnels sont chaque année plus nombreux et donc plus présents dans la société. Rassemblés à Lille, ils ont démontré que leur profession est celle du 21ème siècle, puisque que c’est la profession qui a comme champ d’intervention ce qui fait l’essence même de la vie en société : le vivre ensemble. Dotée de l’ingénierie relationnelle, elle est la première profession, nouvelle à toute civilisation, à définir un référentiel pour établir, rétablir ou entretenir la qualité relationnelle.  Le choix du lieu en 2017, le Nouveau siècle, à Lille, en a été un rappel pour le Symposium annuel qui s’est tenu les 19 et 20 octobre 2017.

Les interventions des médiateurs professionnels, exclusivement formés à l’EPMN, diffèrent de celles des médiateurs issus des centres de formation des courants de pensée psychologiques, juridiques ou religieux.

Vous reconnaissez les médiateurs professionnels parce que non seulement ils sont titulaires du Certificats d’Aptitude à la Profession de Médiateur – CAP’M®, mais en plus ils sont membres de la Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation- CPMN. Leurs compétences sont liées à une exigence technique, une méthodologie précise qui permet d’accompagner la résolution de conflit en tant que projet relationnel. Parce qu’un conflit est avant toute chose une relation. Certes, une relation dégradée, mais une relation. Et c’est en sachant ce qu’est une relation et en identifiant les mécanismes de dégradation et la qualité relationnelle, que les médiateurs professionnels étendent leurs offre de service.

La médiation professionnelle est fondée sur un nouveau paradigme de ce qu’est une personne auquel résistent des professions traditionnellement ancrées à des représentations fictives.

Avec leurs compétences sur le terrain de la relation, les médiateurs professionnels apportent ce qu’aucune autre profession n’apportaient jusqu’à maintenant : la performance de l’instruction sur le champ de l’éducation. Leur posture est rigoureuse, ce qui garantit la fiabilité du résultat de leurs interventions : ils exercent en dehors de tout autorité, notamment d’autorité de fonction – et de toute autre, pour promouvoir l’altérité et développer au sein des organisations le référentiel de la qualité relationnelle.

Une profession qui permet de faire évoluer les relations

A Lille, l’heure a été à la Constituante de la Profession. Ce débat fondateur a réaffirmé la profession initiée en 1999 et 2001, avec la création du CAP’M.

Après une première journée d’ateliers, la deuxième journée a permis à tous les participants de mesurer l’évolution de la profession sur les 17 années écoulées. Un moment essentiel dont l’intérêt a été de démontrer son caractère désormais incontournable pour faire évoluer une relation.

La remise des Espoirs de la médiation a été un grand moment de partage d’expériences et de découvertes sur les intérêts de la médiation professionnelle pour les organisations, notamment pour les accommpagnements managériaux, le renforcement du dialogue social et la prévention de la souffrance mentale au travail. On a pu entendre rapporter les balbutiements de l’époque où les débats entre les philosophes et les sophistes ont fait rage, avec la condamnation à mort de Socrate, puis plus tard, sur la trace des Lumières, lors des grands moments révolutionnaires.

Les intervenants ont été unanimes, la Profession de Médiateur repose sur la rigueur, la méthode, la rationalité et la transmissibilité. Elle n’est pas seulement technique : elle est une instrumentation éthique. Elle participe de l’évolution de la vie en société avec une appropriation de la notion d’altérité. De ce fait, elle a un rôle sociétal fondamental, rien de moins que d’intervenir sur l’un des piliers de l’organisation sociale, point fixe du droit, le contrat social, initié au XVIIIème siècle, et d’intégrer de nouveaux fondamentaux :

  • adhésion, avec la liberté de décision
  • reconnaissance, avec la promotion de la qualité relationnelle et de l’altérité
  • entente, avec l’élaboration contributive du projet relationnel

Les échanges ont notamment battu en brèche les fictions cultuelles, culturelles et intellectuelles (tout le monde connait la différence entre le bien et le mal, nul n’est censé ignorer la loi, chacun sait ce qui est normal et ce qui ne l’est pas). La médiation professionnelle permet aux personnes dans une démarche de conduite de projet ou de changement, dans des situations relationnelles pénibles, de mieux conduire leur pensée.

Tout au long de la journée, avec les retours sur les Espoirs des années précédentes, la remise des nouveaux Espoirs de la médiation, les intervenants ont démontré l’étendue de leur champ d’intervention. Avec l’intérêt que les organisations ont pour la qualité relationnelle, initiée parallèlement avec l’ingénierie relationnelle, des pistes importantes ont été indiquées pour accélérer le développement de la profession avant 2020.

C’était la troisième année de la Décennie du droit à la médiation, annoncée à Paris. Bordeaux, en 2015, aura été la première année, puis Lyon en 2016, et cette année Lille. L’année prochaine : Toulouse… » (Extrait de officieldelamediation.fr du 28/10/2017)

En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2017/10/28/symposium-de-la-mediation-2017-lille/

Suisse : 2 motions développées par les députés Verts du canton de Vaud en faveur de la médiation


« Convaincus que la médiation est un outil indispensable à la résolution de conflits et préoccupés par la surcharge des tribunaux civils, les députés Verts Raphaël Mahaim et Nathalie Jaccard ont développé deux motions lors de la séance du Grand Conseil de ce jour.

Les 2 motions développées aujourd’hui par les députés Verts ont pour titre :
« Médiation civile et assistance judiciaire : un couple qui peut faire bon ménage » (Raphaël Mahaim)
« Médiation civile systématique : favoriser les accords plutôt que les longs procès » (Nathalie Jaccard)

La motion de Raphaël Mahaim demande au Conseil d’Etat d’engager une réforme législative pour que les frais d’une médiation civile puissent être couverts par l’assistance judiciaire. Cette couverture pourrait être assortie de certaines conditions afin, notamment, que le recours à la médiation ne puisse pas faire office de manœuvre dilatoire pour une partie qui chercherait à retarder l’avancement du procès. Cette motion fait suite à la démarche de nombreux cantons (AG, AR, FR, GE, GR, JU, ZH) qui ont déjà franchi le pas en prévoyant l’assistance judiciaire pour la médiation. Dans notre canton, une personne qui choisirait la voie de la médiation ne verrait pas ses frais couverts alors que, si elle fait le choix de poursuivre une procédure judiciaire, plus longue et plus coûteuse, les frais inhérents (frais judiciaires, avocats) le seraient. C’est pour contrer ce non-sens que cette motion a été déposée.

La motion de Nathalie Jaccard demande au Conseil d’Etat d’élaborer un article de loi prévoyant que les juges recommandent systématiquement aux parties à un conflit familial, de voisinage et autres, le recours à une médiation civile. En effet, bien souvent dans les procès civils, le passionnel, l’affectif et autres formes d’émotions prennent le dessus et ce n’est généralement pas une décision de justice qui permet aux esprits de s’apaiser. Utiliser la médiation comme alternative permettrait de prendre en compte les situations respectives. Cet espace donne la possibilité, comme par exemple dans les cas de conflits familiaux, de séparer le conjugal du parental et ainsi de déboucher sur la recherche des meilleurs intérêts et solutions pour les enfants. La médiation permet aux parties de s’exprimer pleinement sur le conflit, de confier leurs frustrations, d’entendre le point de vue adverse, de mieux comprendre les enjeux et de quitter certaines positions afin de trouver un compromis.  Elle donne également accès à une possible responsabilisation en évaluant le rôle de chacune et de chacun et met l’accent sur la réparation de la relation entre les protagonistes. Ceci en vue de restaurer une communication et de pouvoir ensemble trouver un accord gagnant-gagnant » (Extrait de verts-vd.ch du 24/10/2017)

En savoir plus sur http://www.verts-vd.ch/blog/2017/10/la-mediation-judiciaire-encourager-une-modalite-non-violente-de-resolution-des-conflits/

Côte d’Ivoire : La réouverture du marché du corridor d’Azaguié préoccupe le Médiateur de la République


Abidjan.net

« Le marché du corridor d’Azaguié situé sur l’axe Abidjan-Adzopé, demeure fermé depuis le conflit intercommunautaire qui a secoué la commune d’Azaguié dans le courant du mois de mars 2017, faisant un mort et de nombreux blessés.

Ce conflit né d’une rixe entre jeunes abbey et malinké s’est étendu aux femmes de ces deux groupes communautaires, entraînant du coup la fermeture du marché fruitier du corridor par un arrêté préfectoral compte tenu de la dégradation du tissu social.

Le Médiateur de la République qui a pesé de tout son poids dans la résolution de ce conflit à l’instar des autorités administratives et politiques, y a dépêché une mission de bons offices conduite par le médiateur délégué des Lagunes 1, Kokora François N’goly, pour sensibiliser les populations au pardon, à la tolérance et à la nécessité d’une bonne cohabitation.

A l’issue de cette mission qui a vu la volonté de la grande majorité des populations d’entamer un processus de réconciliation vraie, des recommandations ont été formulées dans le sens du retour de la paix. Mais après plusieurs mois et au regard de la non ouverture du marché du corridor, constituant un réel manque à gagner des femmes commerçantes, il est apparu nécessaire à la même délégation du Médiateur de la République de revenir dans la localité avec une mission d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations formulées. » (Extrait de abidjan.net/ du 25/10/2017)

En savoir plus sur https://news.abidjan.net/h/624738.html

Audio : Nicolas Jacobs, médiateur de France Télévisions : « Je reçois entre 15 000 et 25 000 courriels de téléspectateurs chaque année » (FranceInfo)


Nicolas Jacobs, médiateur de l’info de France Télévisions. 

« Celyne Baÿt-Darcourt reçoit Nicolas Jacobs, le médiateur de France Télevisions. Il était le médiateur de France 2 et depuis la rentrée il est donc médiateur du groupe. Nicolas Jacobs définit ainsi son rôle : « Pour résumer, je suis la voix de nos téléspectateurs, de notre public. On parle d’interface, je n’aime pas trop ce terme, mais ma première mission est d’entendre ce que veulent nous dire notre public et de transmettre cette voix à la rédaction, aux journalistes. Je fais partie de France Télévisions, je ne fais pas partie de la rédaction. Je suis sorti de la rédaction depuis que j’ai pris mes fonctions. Je suis strictement indépendant, je ne dépends que de la présidence. Je n’ai aucun rapport hiérarchique avec la rédaction. »

C’est un exercice qui n’est pas toujours facile mais je suis persuadé que j’oeuvre pour le bien public ou en tout cas le bien de l’entreprise

Nicolas Jacobs

sur franceinfo

France Télévisions reçoit de très nombreux messages, Nicolas Jacobs :« Je reçois dans l’année entre 15 et 25 000 courriels de téléspectateurs. Je ne réponds pas à tout mais je lis tout. Régulièrement je reçois des courriels injurieux. Beaucoup de courriels expriment un avis. C’est ce que j’appelle les courriels fermés et qui ne nécessitent pas de réponses. Environ un tiers des courriels demandent une réponse. Ça fait partie de ma mission et je réponds et ce qui est important je leur explique, parce que c’est vraiment ça l’essence de ma mission. C’est expliquer aux gens comment se prennent les décisions. » (Extrait francetvinfo.fr du 25/10/2017)

Entretien à écouter sur http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/info-medias/info-medias-nicolas-jacobs-mediateur-de-france-televisions-je-recois-entre-15-et-25-000-courriels-de-telespectateurs-chaque-annee_2413121.html

15e Forum « La non-violence à l’école » Les émotions au coeur de la régulation non-violente des conflits : Enjeux – Démarches – Outils – 18 novembre 2017 – Paris


15e Forum « La non-violence à l’école »

Capture.PNG15.PNGLes émotions au cœur de la régulation non-violente des conflits:

Enjeux – Démarches – Outils

Le 18 novembre 2017 à la Mairie du Xe de Paris de 9h30 à 17h

Dans un esprit d’échanges et de convivialité, Catherine Aimelet-Périssol interviendra le matin avec une conférence/débat, qui sera suivie de témoignages d’enseignants et d’éducateurs.

Catherine Aimelet-Périssol est psychothérapeute. Elle a développé une grille de lecture du processus émotionnel fondé sur la neurobiologie, permettant ainsi à ses patients de reconnaitre le sens vital contenu dans le stress, d’agir plus en conscience et de se responsabiliser dans ses choix. Elle travaille sur Paris en cabinet et dans le cadre de l’institut de Logique Emotionnelle http://www.logique-emotionnelle.com.

L’après-midi se dérouleront six ateliers participatifs au choix pour nourrir vos propres projets : un atelier yoga animé par le RYE, un cercle de parole animé par Question de justice, un atelier sur l’instauration du climat de confiance dans un groupe animé par le MAN-Lyon, un atelier découverte d’outils pour connaître et identifier ses émotions animé par l’OCCE, un atelier sur la peur des différences au cœur des conflits animé par l’IECCC, et un atelier autour du parcours-expo du MAN animé par le MAN-Paca. » (Extrait de education-nvp.org )

Programme et inscription sur http://education-nvp.org/forum-2017-la-non-violence-a-lecole/

Le ministre de l’Agriculture a proposé de saisir le médiateur des relations commerciales pour le problème relatif à la pénurie de beurre


 

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« Selon Dominique Chargé, président des coopératives laitières, la rigidité des grandes surfaces en France empêche de repercuter la hausse du prix du beurre en rayon, contrairement à ce qui a eu lieu dans d’autres pays. Certaines enseignes ont pourtant accepté plusieurs hausses de prix depuis février.

«Il faut se servir de l’exemple du beurre pour faire changer les comportements», lance Dominique Chargé, président des coopératives laitières. Alors que le monde est confronté à une pénurie de beurre, le représentant des coopératives souligne que la situation en France est symptomatique des négociations difficiles avec les distributeurs.

Pour faire avancer les négociations, le ministre de l’Agriculture a proposé de «saisir le médiateur des relations commerciales pour que les distributeurs et les transformateurs s’entendent. Il y a urgence», a reconnu le ministre de l’Agriculture, selon qui la pénurie de beurre «ne va pas durer». Dominique Chargé qui table sur «encore quelques mois de tension sur le marché du beurre» accueille l’intervention d’un médiateur avec prudence. «Sans modification des comportements de la grande distribution, il sera difficile de trouver une solution», indique le représentant du secteur avant d’ajouter «cette initiative traduit les difficultés qu’on aura, au-delà des évolutions réglementaires, à aboutir à une évolution des comportements des différents acteurs». -M. Golla- (Extrait de lefigaro.fr du 24/10/2017)

En savoir plus sur http://www.lefigaro.fr/conso/2017/10/24/20010-20171024ARTFIG00285-la-crise-du-beurre-illustre-les-dysfonctionnements-de-la-grande-distribution.php