Rencontres juridiques des collectivités territoriales des 15-16/11/2017 sur le thème de la médiation


Rencontres des juristes territoriaux  CNFPT  ANJT

« Lors des rencontres juridiques des collectivités territoriales organisées, les 15 et 16 novembre 2017, par le CNFPT en partenariat avec l’Association des juristes territoriaux, la procédure de médiation, renouvelée par la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle, est passée en « crash test » sous les regards croisés d’un magistrat et d’un avocat.

 « Le médiateur, c’est d’abord l’impartialité et la confidentialité, capable d’une « écoute active », explique Sébastien Ellie, magistrat administratif près le tribunal administratif de  Poitiers.

« Certes, répond l’avocat Yvon Goutal, mais il faut aussi savoir  se méfier de  l’engouement que crée cette voie de résolution : il n’existe pas de certificat ou de diplôme de médiateur ».

En réalité,  l’avocat et le magistrat  ne s’opposent pas : le juge exigera toujours  de travailler avec des médiateurs formés, qui sauront travailler avec une distance efficace. Car la recherche d’une solution « efficace », c’est l’esprit même de la médiation.

Efficacité d’abord

Un procès a pour principe le contradictoire et la publicité. En médiation, on cherche une contrepartie alternative, juridiquement compatible. « La médiation, c’est la recherche d’une solution sans perdant. « Une solution qui s’insère dans le droit », explique Yvon Goutal , à l’initiative des parties ou du juge.

Présentée  comme la recherche d’une solution sur mesure, depuis la loi de 2016, la médiation est devenue un mode normal de résolution des différends. Avec tout pour elle : elle interrompt le délai de recours du juge et les prescriptions sont suspendues … Que des avantages ! Une procédure tellement souple, qu’elle peut être partielle : «  par exemple, une partie peut être d’accord sur le principe de sa responsabilité, mais pas sur son quantum » explique Yvon Goutal.

Pour le magistrat Sébastien Ellie aussi, la médiation présente de nombreux  avantages. Recourir au contentieux pour régler un litige, « c’est toujours brutal : par principe, le juge recherche d’abord  une solution  en droit, y compris en vérifiant le respect des procédures ». Hors questions touchant à l’ordre public, la médiation peut s’appliquer à  tous les dossiers touchant la vie d’une collectivité territoriale.

Préserver une relation au long cours

La médiation n’est pas un outil économique, ce n’est pas son esprit.  D’abord, elle procure un gain d’image. Dans le cadre d’une relation contractuelle longue, type concession de service public  (DSP), elle permet de régler un litige sans entrer dans le contentieux : si l’on engage une relation longue, mieux vaut éviter  dès la première difficulté, de se lancer dans une procédure contentieuse.

Contentieux des contrats : ne pas baisser la garde

«  Sécurisez moi les contrats et rédigez vite un guide procédure interne ». C’est bien souvent la première demande d’un élu ou d’un DGS à son juriste territorial. Une mission certes lourde, mais qui peut aussi interroger, selon Denis Enjolras, responsable des affaires juridiques dans la région Auvergne – Rhône-Alpes : la nouvelle réglementation n’appelle –t-elle pas à plus de souplesse ?

L’avocat Manuel Delamarre appelle les juristes territoriaux à la  vigilance quant à l’achèvement des recours des tiers à un contrat. Un élargissement engagé en 2007, avec le recours des candidats évincés (arrêt « Tropics Travaux » , CE 16 juillet 2007, req. n° 291545) puis élargit à tous les tiers intéressés (trilogie des arrêts «Bézier 1, 2 et 3 » :  CE 28 décembre 2009, 21 mars 2011 et 27 février 2015). Une évolution jurisprudentielle  qui marque certainement la fin d’un système complexe du point de vue des procédures contentieuses. « La mutation du contentieux des contrats est achevée » selon l’avocat. Mais cette stabilité ne doit pas pour autant pousser les juristes à baisser la garde. La  stabilité contentieuse à un prix : une exigence accrue du juge. Celui-ci veillera toujours à maintenir cet équilibre, par essence  fragile, entre  intérêt général,  intérêt des parties et intérêts des tiers-  J-M Joannès (Extrait de lagazettedescommunes.com du 16/11/2017)

Assurances : Le projet de loi 141 mentionne que les clients devront payer pour la médiation par l’Autorité des marchés financiers (AMF)


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« Le client qui aura un différend avec un assureur risque de devoir payer pour que son dossier de plainte soit transféré à l’Autorité des marchés financiers (AMF), si le projet de loi 141 est adopté dans sa forme initiale. Il s’agit d’un recul inacceptable, selon Option consommateurs, puisque ce service de l’AMF est actuellement gratuit.

Ainsi, le projet de loi 141 mentionne ce qui suit, dans les cas où un client, insatisfait du traitement de sa plainte fait par l’assureur, demande de faire examiner son dossier par l’AMF : « L’Autorité examine les dossiers de plainte qui lui sont transmis. Elle peut, avec le consentement des parties et sur paiement par chacune d’elles des frais déterminés par règlement du gouvernement, agir comme conciliatrice ou médiatrice ou désigner une personne pour agir en l’une de ces qualités. »

Cette position tranche avec la situation qui prévaut actuellement, puisqu’il n’en coûte rien à un client de demander à l’AMF d’examiner son dossier de plainte, confirme Sylvain Théberge, directeur des relations médias, à l’AMF, dans un courriel.

Le partage des frais entre le client et l’assureur est « carrément inacceptable et est un obstacle de plus à l’accès à la justice », déplore Annik Bélanger-Krams, avocate à Option consommateurs.

« Si on se rend à un stade où on a un différend avec un assureur, il y a probablement des chances qu’on soit dans une situation financière qui soit pire que d’habitude. On peut penser à un refus de réclamation suite à une invalidité, explique l’avocate. On se retrouve dans une situation financière précaire et on demande au consommateur de payer les frais. C’est inacceptable. Ça fait complètement abstraction de la réalité économique des parties, ce qui fait que le consommateur et les entreprises n’ont pas les mêmes moyens. »

Si cet élément du projet de loi 141 est adopté tel quel par l’Assemblée nationale, il faudra y réfléchir, a indiqué Louis Morisset, président-directeur général de l’AMF, en marge du 12e Rendez-vous de l’AMF : « Si un paiement était ultimement nécessaire, on va essayer de le minimiser au maximum. » (Extrait de finance-investissement.com du 17/11/2017)

Liban : Emmanuel Macron souhaite élever la France au rang de médiateur principal pour « construire la paix » au Moyen-Orient.


« C’est une visite qui a pu paraître anodine pour bon nombre de Français. Mais la réception, samedi à l’Elysée, du Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri est un geste fort d’Emmanuel Macron sur la scène diplomatique internationale. Le président de la République s’est ainsi saisi de l’opportunité de replacer l’Hexagone au cœur de la médiation de paix dans une région où le poids des Etats-Unis est prépondérant, tout en soignant l’amitié entre la France et ce pays francophone et francophile.

> Saad Hariri à Paris : « L’Elysée réalise un coup de maître »

Après le passage de Saad Hariri au palais présidentiel, Emmanuel Macron a ainsi enchaîné les coups de fils pour évoquer les « moyens de stabiliser le Moyen-Orient et de construire la paix » avec les principaux acteurs de la région. Le chef de l’Etat a d’abord appelé Donald Trump, avec qui il s’est « mis d’accord sur la nécessité de travailler avec les alliés pour contrer les activités déstabilisatrices du Hezbollah et de l’Iran dans la région », rapporte la Maison Blanche. Il s’est également entretenu avec les présidents libanais Michel Aoun et égyptien Abdel Fatah al-Sissi, le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed ben Salmane, et avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il « poursuivra ces échanges avec d’autres dirigeants internationaux dans les prochains jours », assure l’Elysée.  » (Extrait de leparisien.fr 19/11/2017)

En savoir plus sur http://www.leparisien.fr/international/liban-macron-s-entretient-avec-trump-apres-la-visite-de-hariri-en-france-19-11-2017-7401639.php

Création de la « Commission Médiation » à l’initiative du CMAP et du Club des Juristes


 

« Ce début du XXIe siècle se caractérise par un délaissement de la judiciarisation du conflit.

 De l’émergence des « Deals de Justice » américains à l’évolution rapide de l’arbitrage international et de la médiation et de bien d’autres MARCS1, on perçoit nettement que les entreprises cherchent à résoudre leurs différends autrement qu’en faisant appel au juge judiciaire.

Force est de constater, néanmoins, que si la médiation semble, sur le papier, surpasser de loin les autres MARCS en étant plus rapide, plus efficace, moins coûteuse, moins aléatoire et moins destructrice de liens, son essor reste en deçà des espérances.

 Créée à l’initiative du CMAP (Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris) et du Club des Juristes, la Commission Médiation est composée de juristes d’entreprise, d’avocats, de médiateurs, d’un magistrat et d’une professeure de droit.

 Elle a pour objectif de faire un état des lieux sur la médiation pour les entreprises, de comprendre qui en sont les principaux acteurs mais aussi d’analyser l’origine et la raison des réticences de certains d’entre eux à y recourir et, enfin, d’explorer les moyens de la développer. Il s’en suivra la rédaction et la publication d’un rapport comprenant diverses recommandations à cet égard

1 Mode alternatif de règlement des conflits

Président:

Pierre Servan-Schreiber, Avocat aux Barreaux de Paris et New-York, Médiateur accrédité auprès du CiArb (Chartered Institute of Arbitrators and Mediators), du CPR (International Institute for Conflict Prevention and Resolution) et du CEDR (Center for Effective Dispute Resolution)

Membres:

Soraya Amrani-Mekki, Professeure de droit, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense (Paris X)

Philippe-Roland Bertrand, Président de chambre, Cour d’appel de Pau

Pierre Charreton, Médiateur accrédité auprès du CMAP, Conseil en management des fonctions juridiques de l’entreprise

Guillaume Forbin, Avocat associé, Altana

Sophie Henry, Déléguée générale, CMAP

Laurent Vallée, Secrétaire général, Carrefour

Secrétaire de commission:

Martin Plissonnier, Doctorant, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense (Paris X (Extrait de leclubdesjuristes.com du 10/11/2017)

 

Liban : Remise des diplômes du Centre professionnel de médiation de l’Université Saint-Joseph


L'Orient-Le Jour

« La cérémonie de remise des diplômes de la 10e promotion du Centre professionnel de médiation (CPM) à Beyrouth et de la 6e promotion à Tripoli s’est tenue le 30 octobre dernier au campus des sciences humaines de l’Université Saint-Joseph. « L’écoute, au point de départ de tout acte de médiation, voici l’arme capitale entre les mains du médiateur pour bien mener sa tâche et engager le processus de médiation entre les gens en conflit », a confié aux nouveaux diplômés le recteur de l’USJ, le Pr Salim Daccache. « Évidemment, il n’y a pas que l’écoute. Il y a une deuxième étape aussi importante dans la majorité des cas, celle de la circulation de la parole. Aujourd’hui, plus que jamais, le médiateur devra avoir un rôle visible et social afin qu’il soit reconnu comme alternative à des issues malheureuses et à des procès de justice sans fin », a-t-il ajouté. De son côté Johanna Hawari-Bourjeily, directrice du Centre professionnel de médiation, a conseillé aux diplômés médiateurs de prendre soin des diverses relations que leur formation leur a assurées avec l’USJ, l’Institut catholique de Paris et l’Association des médiateurs européens. Ces relations « garantissent la qualité de votre diplôme de médiateur », a-t-elle précisé.
« Chacun d’entre nous a pu en mesurer les bénéfices à titre individuel (…) Tous ensemble, nous veillerons à ce que la médiation devienne le principal recours dans toute recherche de solutions durables et équitables aux différends et aux conflits, crises simples, internes, familiales, professionnelles, politiques, culturelles, internationales », a insisté Youssef Boulos, au nom de la 10e promotion du CPM Beyrouth. De son côté, Abir Jeitani, de la 6e promotion du CPM-Tripoli, a ajouté : « Nous nous sommes inscrits à cette formation comme des chrysalides. Les séminaires qui se suivaient représentaient pour nous cette période de transformations successives au bout de laquelle nous avons émergé des chrysalides tout comme des papillons prêts à embrasser la nature humaine et à survoler les paroles et les attitudes pour joindre ce qui est plus sublime : l’homme. » (Extrait de lorientlejour.com  du 10/11/2017)

En savoir plus sur https://www.lorientlejour.com/article/1082758/remise-des-diplomes-du-centre-professionnel-de-mediation-de-lusj.html

Burundi : le médiateur Michel Kafando annonce la reprise du dialogue


« Après avoir rencontré plusieurs autorités politiques et religieuses aussi bien à Bujumbura qu’à Dar es Salam à l’issue d’une semaine de travaux, le médiateur, envoyé spécial du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Michel Kafando et son équipe  ont fait publier un communiqué dans lequel, ils indiquent qu’un calendrier du processus du dialogue a été convenu avec le facilitateur Benjamin Mkapa.

Cela fait plus de deux ans que la crise née de la volonté du Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en 2015 perdure au Burundi. Après s’être, contre vents et marrées accordé ce  troisième mandat, le président du Burundi a entamé un projet de révision constitutionnel adopté mardi 24 octobre par le gouvernement qui lui permettra de briguer dès 2020 deux nouveaux septennats.  » (Extrait de afriquinfos.com du 6/11/2017)

En savoir plus sur http://www.afriquinfos.com/2017/11/06/burundi-le-mediateur-michel-kafando-annonce-la-reprise-du-dialogue.php

Consommation : le médiateur de la consommation des architectes est en place


Contrat illustration

« Afin de résoudre un litige entre un professionnel et un consommateur, le code de la consommation prévoit que ce dernier puisse avoir recourir gratuitement à un médiateur de la consommation, mis en place et pris en charge par le professionnel. Le Conseil National de l’Ordre des Architectes vient de nommer le sien.

En cas de litige avec un professionnel inscrit à l’Ordre des architectes, les consommateurs pourront désormais saisir le médiateur de la consommation de la profession d’architecte. Sur son site architecte.org, le CNOA annonce allouer un budget propre pour ce dernier et avoir créé un site internet dédié. Ce site permet aux consommateurs de faire leur saisine en ligne. (…)
Pour répondre à cette obligation, le CNOA a décidé de mettre en place un service de médiation de la consommation pour l’ensemble de la profession et de confier cette mission à un architecte formé à la médiation. Vincent Borie, architecte inscrit à l’Ordre et expert près la Cour d’Appel d’Amiens, tiendra cette mission pour les trois années à venir.Enfin, l’Ordre rappelle les modalités et le déroulé d’une saisine et ses grands principes qui sont ceux d’un processus gratuit, confidentiel, librement accepté par les parties et d’un règlement rapide du litige.  » (Extrait de batiactu.com du 8/11/2017)

Bénin : Formation certifiante sur la pratique de la médiation dans l’espace OHADA du 27 novembre au 1er décembre 2017 à Porto-Novo


« Communiqué de l’ERSUMA

L’ERSUMA l’honneur de porter à votre connaissance que l’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) organise, du 27 novembre au 1er décembre 2017 à son siège à Porto-Novo (Bénin), en collaboration avec l’Association Impulsion du Droit Communautaire (IDC-Bénin), une formation certifiante sur le thème suivant : « Pratique de la médiation dans l’espace OHADA ».

Nous vous prions de trouver ci-après les informations détaillées relatives à ladite session de formation :

Lieu : Siège de l’ERSUMA à Porto-Novo (Bénin).
Durée/dates : Cinq (05) jours, du lundi 27 novembre au vendredi 1er décembre 2017.

Public cible :

Médiateurs, arbitres, gestionnaires de centres d’arbitrage et de médiation, magistrats, avocats, notaires, huissiers de justice, mandataires judiciaires, juristes d’entreprise, experts-comptables, managers, opérateurs économiques, universitaires, et toute autre personne intéressée.  » (Extrait de ohada.com du 2/11/2017)

Programme et inscription sur http://www.ohada.com/actualite/3804/formation-certifiante-sur-la-pratique-de-la-mediation-dans-l-espace-ohada.html

Suisse : « Le voisin, cet inconnu qu’on adore détester » par Viviane Menétrey (MigrosMagazine, 3/11/2017)


voisins

« Entre voisins, moins on s’entend, plus on s’entend.» Le slogan de la campagne lancée dans le canton de Genève au sujet des nuisances sonores entre voisins en dit long. Un bon voisin est un voisin discret. Mais pas seulement. A lire les résultats de l’enquête menée auprès d’un millier de personnes et publiée le mois dernier par Comparis.ch, le bruit n’est pas seul en cause lors des conflits de voisinage. La froideur et l’antipathie arrivent en deuxième place, suivies de près par l’absence de savoir-vivre autour de la buanderie. Des zones sensibles, qui irritent de nombreux résidents. Mais les voisins incriminés sont-ils même au courant de ce qui leur est reproché? Pas sûr.

Selon l’étude, un tiers des mécontents leur demande «gentiment» de changer de comportement, tandis qu’un quart se tait. A ce jeu-là, les Suisses alémaniques sont les champions (28% n’entreprennent rien contre 15% des Tessinois). Quant au reste, la moitié écrit au bailleur ou porte l’affaire devant la justice. C’est là tout le problème, estime Philippe Beck qui a contribué dans les années huitante à lancer l’Association vaudoise pour la médiation de voisinage qu’il préside aujourd’hui (lire entretien ci-contre). «Les gens ne recourent pas assez souvent à la médiation alors que, dans de nombreux cas, les conflits pourraient être résolus par une simple discussion.» Dommage. Car c’est sûr, le voisin, cet inconnu que l’on croise si souvent dans l’anonymat des couloirs de son immeuble ou dans son allée de villas sans prendre le temps de le saluer, n’a pas fini de faire parler de lui.

«Les problèmes de voisinage sont une pure conséquence de notre société individualiste»

Philippe Beck, président de l’Association vaudoise pour la médiation de voisinage (AsMéd-VD)

Deux tiers des Suisses disent être énervés par leur voisin. Cela vous étonne?

En soi, cela ne m’étonne pas beaucoup, car être agacé fait partie de la vie. Si on demandait aux gens: «Qui est parfois énervé par son conjoint?», 99% répondraient sans doute par l’affirmative. Ce qui est alarmant, c’est la proportion des disputes non résolues par une simple discussion, de gens qui finissent par déménager ou dont l’action aboutit en justice. Car contrairement à d’autres types de conflits, tels les conflits familiaux, il y a moins d’enjeux qui poussent à résoudre les querelles de voisinage.

Nous sommes donc tôt ou tard amenés à haïr notre voisin?

Disons que nous sommes tous tôt ou tard amenés à dire certaines choses qui nous déplaisent à notre voisin. Pour moi, les conflits font partie de la vie et ces agacements sont naturels. La question qui se pose et de savoir si l’on a suffisamment de calme intérieur pour relativiser ou si l’on connaît suffisamment ses voisins pour pouvoir même sourire de ce qui au départ nous irritait.

Ne serait-ce pas aux propriétaires ou aux gérances d’intervenir davantage?

Les gérances et les propriétaires font de leur mieux, mais sont souvent impuissants, car leur rôle n’est pas de faire de la médiation. Il manque aujourd’hui aux gens une capacité de dialogue, celle qui créait autrefois des liens dans les villages, et qui permet d’éviter l’anonymat des immeubles. Evidemment que si vous ne vous saluez pas entre voisins lorsque tout va bien, il sera difficile d’établir un contact constructif lorsqu’un motif de discorde se fera jour. Alors n’attendez pas d’être en colère pour parler à votre voisin. Et si vous n’arrivez pas à vous maîtriser, recourez à un médiateur. Ce sera moins cher que des frais de justice et sans doute plus vite résolu.

Pourtant, un quart des voisins irrités ne dit rien. Les Suisses sont trop frileux?

Je ne sais pas si c’est une particularité helvétique, mais en effet, nous sommes assez forts pour ne pas dire les choses. C’est sans doute une question d’éducation et de culture.

Parmi les griefs, le bruit arrive en tête, suivi de la froideur et de l’antipathie. Est-ce toujours justifié?

Les motifs d’agacement ont toujours existé et la vraie question est: «Arrive-­t-on à se calmer et à faire preuve de tolérance?» Selon moi, l’intolérance est le résultat d’un stress ambiant qui englobe aussi bien les conditions de travail que la vie privée, et qui fait que l’on ne supporte plus l’autre. Quant à la froideur des voisins comme cause de conflit, cela me paraît discutable. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’une conséquence. Car qu’est-ce qui vous fait dire que vos voisins sont inamicaux et que vous êtes amical? Peut-être y a-t-il eu un petit agacement non formulé qui fait que l’on se salue désormais du bout des lèvres, ou une maladresse… D’où l’importance du dialogue.

Etre un bon voisin, ça s’apprend?

Oui, à mon sens cela participe d’un apprentissage plus large qui doit intervenir dès l’école primaire, à savoir apprendre à résoudre nos conflits de manière non violente. A comprendre que pour gagner, il n’est pas nécessaire de faire perdre l’autre. Il s’agit au fond de se demander si ce que l’on fait dérange, comme de se dire: «Puis-je jouer du piano à l’heure de la sieste des enfants des voisins?» Cela relève du simple souci de l’autre, et c’est sans doute ce qui manque à notre époque où chacun est centré sur soi.

C’est donc davantage un problème de société que de voisinage?

Exactement, selon moi, les problèmes de voisinage sont une pure conséquence de notre société individualiste.  MM

« La Catalogne espère une intervention de la Suisse » selon Mathias Reynard (PS/VS) du Conseil National Suisse


Mathias Reynard (PS/VS) est l'un des coprésidents du Groupe d'amitié Suisse-Catalogne.

« Pour Mathias Reynard, ce sont des vacances très «politiques». Le coprésident du groupe d’amitié Suisse-Catalogne se trouve à Barcelone, où il s’est entretenu avec Albert Royo, chef de la diplomatie catalane, aujourd’hui licencié. Alors que le torchon brûle avec Madrid, le Valaisan nous raconte l’espoir d’une médiation de la Suisse dans le conflit. Interview.

Quel rôle la Suisse peut-elle jouer dans cette crise?

La Suisse a une excellente image ici. On connaît nos qualités de consensus, et on envie notre démocratie directe. La Catalogne voit même dans notre système un modèle, si elle devient indépendante. Il y a donc un intérêt fort pour la Suisse. Mais il y a surtout une volonté de la voir intervenir dans ce dossier. Sentant que les tensions augmentaient, j’avais déjà demandé une médiation en 2015. Le Conseil fédéral avait décliné. Aujourd’hui, il a changé d’avis. Mais le blocage vient de Madrid. Mariano Rajoy refuse qu’on se mêle de la situation. Il préfère enfermer les gens.

Berne ne prend-elle pas le risque de froisser Madrid?

Non, car il n’est pas question de prendre position pour l’une ou l’autre partie. Le but n’a jamais été de reconnaître le référendum du 1er octobre, mais de résoudre un problème qui s’aggrave de jour en jour. Faut-il l’indépendance de la Catalogne ou simplement plus d’autonomie? Moi-même, je n’en sais rien. Mais une chose me paraît évidente: les problèmes doivent se régler par le dialogue. On ne peut pas réprimer par la force des gens qui veulent simplement voter.

Vous êtes à Barcelone à titre privé, mais vous êtes aussi un politicien suisse. Ne craignez-vous pas que votre visite soit instrumentalisée?

Absolument pas. Je suis ici pour des vacances et j’ai mené quelques rencontres à titre privé. Ce qui se passe ici m’intéresse. On est au cœur d’un processus historique en plein développement. Jeudi soir, lorsqu’on apprenait que Madrid voulait emprisonner tous les membres du Gouvernement catalan, des manifestations spontanées se sont organisées dans la rue. C’est passionnant.

Mais vous n’êtes pas n’importe qui. Vous présidez le Groupe d’amitié Suisse-Catalogne et vous rencontrez l’ancien chef de la diplomatie.

J’ai rencontré aussi bien des députés que des militants. Et ils n’étaient pas tous indépendantistes. Mes entrevues sont informelles, et j’ai refusé toutes les demandes d’interview des médias locaux. Je ne suis pas ici pour faire de la politique, mais par intérêt personnel. (TDG) » (Extrait de tdg.ch du 03/11/217)

En savoir plus sur https://www.tdg.ch/suisse/catalogne-espere-intervention-suisse/story/11470607

Béziers accueille les XVes journées de la médiation


Béziers accueille les XVes journées de la médiation

« Des ateliers, une centaine d’intervenants et de beaux débats pour les XVes journées de la médiation qui sont organisées à Béziers, les 16 et 17 novembre, au centre universitaire Duguesclin.
Voilà de quoi mettre en avant les forces et les faiblesses de ce qu’Antonio Fulleda, magistrat et initiateur de la mise en place des études de la médiation à Béziers, propose aux débats.

Vingt années d’expérience à Béziers

« Cela fait 20 ans que nous parlons de la médiation. Depuis le début des années 90, nous avons lancé un travail de réflexion autour des questions de l’accès au droit, de la justice et de la médiation. Je suis convaincu que la médiation est un véritable lien social et que c’est un métier d’avenir. Pour l’heure, nous avons déjà formé 12 promotions. C’est très important car la médiation est l’étape avant la justice. C’est un mode amiable de la gestion des conflits qui permet, dans la plupart des cas, de pacifier la situation. Et ce qu’il est important de voir, c’est que cela marche dans toutes les institutions. Il ne faut surtout pas rester bloqué sur l’aspect justice médiation. » C’est la raison pour laquelle des juristes seront présents, mais aussi des chefs d’entreprises et chefs d’établissements scolaires.

Avant tout rétablir des relations

La médiation telle qu’elle est enseignée à Béziers est une discipline qui vise à définir l’intervention d’un tiers pour faciliter la circulation d’information, éclaircir ou rétablir des relations.
Le médiateur se doit d’être neutre et indépendant. En gros, on lui demande d’être impartial dans toutes les activités et les contextes dans lesquels il intervient. Cette neutralité est garante de sa réussite
« La médiation est un outil qui fabrique la paix sociale. C’est une des valeurs essentielles de la République. Il faudrait que cela devienne un véritable service public, gratuit et accessible à tous », ajoute encore Antonio Fulleda.
Derrière toute cette énergie mise en œuvre pendant une année pour organiser ces rencontres, il y a une véritable ambition : « Faire de Béziers un pôle de recherche universitaire où l’ensemble des diplômes universitaires en lien avec la médiation, soit étudié dans ce qui pourrait être la capitale ou bien, a minima, le berceau de la médiation. »
Vœux pieux ? Pas forcément !
« Avec ces XVee journées de la médiation, on légitime un travail de 20 ans.On peut se poser la question de savoir si elle peut être au service des citoyens pour leur donner confiance en la République. Si la réponse et oui, Béziers peut être pilote dans ce domaine car nous avons une très belle expérience, des personnes formées. Nous avons de quoi juger de son efficacité. » (Extrait de http://www.midilibre.fr/2017/11/04/beziers-accueille-les-xves-journees-de-la-mediation,1583035.php

Inscription et programme sur http://fr.calameo.com/read/0053236499d6dd55f2baf