Entreprises, Numérique et Médiation : La médiation, une réponse adaptée aux nouvelles technologies ?
Café de la Médiation en Webinaire
Avec
Christiane FERAL-SCHUHL
Avocate aux Barreaux de Paris et du Québec, Ancienne Présidente du Conseil National des Barreaux, Ancienne Bâtonnier du Barreau de Paris, Médiateure CMAP et Prix AME Médiation 2013
et
Fabrice VERT
Magistrat formé à la médiation et formateur, Premier vice-président au tribunal judiciaire de Paris (pôle des urgences civiles), Médiateur diplômé ifomene ICP
Séance animée par
Hirbod DEHGHANI-AZAR
Avocat, AMCO Paris, Membre du CNB, médiateur, Ancien Pdt de l’AME, Directeur de l’ifomene, formateur en négociation et en droit public, responsable des formations Ifomene en Régions Outremer et à l’International
Avec le concours de Stephen Bensimon et Isabelle Aoustin-Hercé, Directeurs de l’IFOMENE
Essor des entreprises technologiques et monde numérique ont fait naître de nouveaux types de conflits. Ces entreprises sont soucieuses de compétitivité, d’adaptation permanente aux évolutions technologiques comme à la complexification des contraintes légales.
Elles doivent inventer ou réinventer de nouveaux modèles et rester toujours agiles et réactives.
Dans un tel contexte, le temps judiciaire t la procédure ne semblent pas en adéquation avec les attentes des sociétés, tant en interne qu’avec leurs prestataires et clients.
Ainsi, dans la vitrine numérique internationale des réseaux sociaux rapidité, efficacité, réponses adaptées et fiabilité deviennent des enjeux majeurs.
La médiation peut être une solution adaptée (libre négociation directe des parties, conflit et échanges confidentiels, possibilité de créer de nouvelles opportunités, maintien de liens …). (Extrait de eventbrite.fr )
Les travaux et techniques de chercheurs et praticiens tels que Steve de Shazer (pionnier de la thérapie centrée sur les solutions), Milton H. Erickson (pilier de la nouvelle hypnose thérapeutique) – pour ne citer qu’eux – offrent aux médiateurs la possibilité d’une approche diversifiée dans leur pratique d’analyse, de gestion et de résolution de conflit.
N’oublions pas :
Dans l’histoire du conflit que le médié relate, il y a des comportements qui sont induits par l’image qu’il se fait du monde,
Si la difficulté a escaladé en conflit, c’est parce que – pour le client – la seule chose à faire était ce qu’il a décidé.
Voici quatre techniques (parmi d’autres) extraites de la boîte à outils des thérapies brèves orientées solutions.
La balance décisionnelle ou balance motivationnelle.
Comment déclencher la motivation d’une personne à tenter la médiation ? On peut penser que c’est simple : voilà les avantages et les inconvénients à ne pas y aller. Le médiateur peut se dire que les gens vont faire un choix rationnel… Mais justement, à quel moment arrêter d’expliquer pour ne pas déclencher une réactance psychologique (mécanisme de défensemis en œuvre par un individu qui tente de maintenir sa liberté d’action). Comment le médiateur peut-il obtenir l’accord des parties à venir en médiation ? Les recherches nous disent que pour faire un choix il faut qu’on ait d’abord une motivation intrinsèque. La technique de la balance décisionnelle est simple. Le médiateur pose 4 questions dans un ordre précis :
Quels sont les avantages à ne pas venir en médiation ?
Quels sont les inconvénients à ne rien faire, à ne pas venir en médiation ?
Quels sont les avantages à choisir la médiation ?
Quels sont les inconvénients à venir en médiation ?
La technique peut être utilisée à n’importe quel moment de la médiation quand les parties ont besoin de faire un choix. Pour susciter l’engagement de la personne, mieux vaut lui permettre de prendre le temps d’évaluer chaque option et d’accueillir son ambivalence.
Les exceptions, séquences vidéo, le premier pas et les points communs.
Pour quelqu’un habitué à répéter le même comportement face à son problème, à tourner en rond en ressassant le passé source de ses difficultés, le fait de questionner et d’orienter ainsi son attention vers des solutions possibles peut générer un vrai changement de qualité de vie. La stratégie consiste à faire découvrir au médié qu’il a déjà réussi à résoudre son problème ponctuellement ou temporairement, sans s’en rendre compte. C’est ce qu’on appelle la recherche et valorisation des exceptions ou expériences ressources. Les personnes ont tendance à déformer émotionnellement et considérer hors contexte (généralisation, distorsion, suppression) leur problème au lieu de le considérer dans ses séquences pratiques concrètes, comme une analyse de séquences vidéo qui permet de localiser précisément les séquences modifiables. Dans cette optique constructive, le médiateur accompagne la personne à découvrir le premier pas possible, même le plus petit, vers un changement. Une autre technique de travail : la recherche des points communs entre les parties. Il y en a toujours !
L’injonction paradoxale.
Plutôt qu’une définition, voici deux exemples :
– Madame X. ne supporte plus les critiques incessantes et quotidiennes de son mari. Elle adore les animaux. Elle a un chien. Elle est très indulgente. La réflexion lui permet de redéfinir la relation à son mari à un niveau supportable, voire amusant : les chiens aboient, les chats miaulent, les maris râlent. Où est le problème ?
– Au Japon, un village sur le littoral. Un paysan gravit la montagne pour travailler dans sa rizière. Il aperçoit au loin un mur d’eau : un tsunami. Il sait qu’il n’a pas le temps de courir au village prévenir les villageois. Crier ne sert à rien, ils ne l’entendraient pas. Alors il incendie les rizières. Les villageois accourent pour éteindre le feu. Ils sont tous sauvés.
La question à échelle
C’est un outil important pour le médiateur quand il s’agit d’évaluer le chemin parcouru et de choisir la prochaine étape. Il peut arriver en discutant avec les parties, que le médiateur ait le sentiment que la situation évolue mais que les personnes ne semblent pas vraiment réaliser le progrès réalisé. C’est le bon moment pour poser la question à échelle : – Sur une échelle de 1 à 10, si 1 est le moment avant le début des discussions en médiation et 10 le moment où vous êtes 100 % satisfaits, quel chiffre choisissez-vous, maintenant ? Le médié va peut-être répondre 5. Le médiateur accueille cette valorisation et répond « ah oui, déjàà 5 ». Le médié peut expliquer qu’il sent que ce n’est pas tout à fait réglé mais qu’il a pu s’expliquer. Ou bien, il peut dire qu’il reste encore du chemin à parcourir mais qu’il comprend que chacun est là pour trouver une solution. Notre dialogue intérieur influence directement la perception que nous pouvons avoir de la réalité. A mesure que le médié va nommer les signes concrets qui prouvent que du chemin a été fait, il va aussi se convaincre qu’il avance. Cela devient une sorte de « carburant » pour la motivation. Le médiateur pose une deuxième question : « Que faudrait-il pour monter au minimumjusqu’à 6 ? ». L’objectif ainsi posé est de travailler à améliorer (non pas transformer) la situation. En posant cette question, le médiateur va créer un deuxième souffle à l’entretien et qui va permettre aux parties de rechercher des options réalistes et réalisables en ayant un minimum de satisfaction au fur et à mesure qu’ils avancent.
La question miracle
Elle permet de créer des options pour l’avenir. La question (« et si… ») est stratégique car elle crée une projection vers un futur où le conflit est déjà réglé : – Quand le conflit sera réglé, qu’est-ce qui va être différent pour vous ? Qu’est-ce que vous allez faire ? Comment allez-vous vous sentir ? Plus on a une attente spécifique qu’il va se passer quelque chose et plus nos comportements vont s’aligner sur cette attente. Le médiateur peut poser la question à tout moment du processus de médiation.
Sylvie Mischo Fleury Docteure en psychologie et médiateure
Je vous propose pour démarrer l’année 2021, de découvrir, chaque semaine, un argument exposé par un Juge aux Affaires Familiales* pour convaincre de l’intérêt de la médiation familiale.
Argument n° 1
Devant le médiateur, vous allez pouvoir vider votre sac, exprimer vos souffrances ou vos rancœurs, sortir tout ce que vous avez sur le cœur, et l’autre va l’entendre. A deux il vous était impossible de vous parler et de vous faire entendre, mais grâce à la présence du médiateur, qui est un professionnel de la communication, chacun va pouvoir entendre le ressenti de l’autre.
Les médiateurs familiaux du cabinet ‘Médiation familiale en Essonne’ accueillent chacun de vous individuellement avant même de vous réunir en séance. En effet, comment entrer en médiation sans avoir pris le temps de découvrir la pertinence de cet espace, qui nous sommes, comment nous travaillons ? Comment entrer en médiation sans avoir pris le temps de ‘vider son sac’, faire le tri, clarifier les sujets de discorde, exprimer les ressentis, besoins et attentes et enfin, préparer la 1ère séance commune à venir.
Puis vient la première séance, moment intense, moment précieux durant lequel le professionnel va soutenir chacun de vous dans l’expression et le partage. Tout au long du processus de médiation familiale, vous serez accompagné afin de libérer les tensions et permettre (se permettre) l’écoute et la parole.
« Tu ne m’as jamais dit que tu t’ennuyais, que tu n’imaginais plus de vivre encore comme ça. Comment voulais-tu que je le sache ? » Quels sont les besoins ? Besoin de comprendre, besoin de donner du sens à la décision d’une séparation, besoin de réfléchir comment communiquer autrement…
« Ta mère, ma mère a tout fait pour nous séparer. Elle te préférait et tu le savais. Comment peux-tu accepter que je n’aie pas envie de m’en occuper ? » Besoin de reconnaissance, besoin d’être compris, besoin de travailler ensemble à la part de chacun au sens symbolique mais aussi pratique…
« Mon fils, enfin notre fils, m’a partagé qu’il n’en pouvait plus de ces études. Tu as voulu qu’il fasse médecine à tout prix mais il n’aime pas ça ! » Besoin de valoriser la relation parent-enfant, besoin de retrouver de la confiance mutuelle ensemble au sein de la famille, besoin de définir comment aider le jeune majeur ensemble…
Prenez rendez-vous au cabinet afin de pouvoir:
Entendre et s’entendre au sens propre et au sens figuré !
Dire, parler, exprimer et écouter ce que l’Autre aurait à… dire, parler, exprimer !
* Avec l’aimable autorisation de Monsieur Marc Juston, ancien Juge aux Affaires Familiales au Tribunal judiciaire de Tarascon https://marc-juston-mediateur.com (Extrait de mediationfamiliale du 3/01/2021
Notre recherche saisit la médiation comme un objet sociologique et le situe au coeur d un fait social total. Non réductible à une technique de résolution des conflits, sa définition est complexe car produite au gré de ses applications. La problématique tient tout de même compte de la permanence du mot qu elle teste sur les champs des médiations familiales, pénales et sociales servies par la constante de l intégration. Cette progression dans la déconstruction de la médiation permet de questionner son absorption des dimensions du conflit et du tiers. Un retournement logique de l arrivée du médiateur sur le théâtre conflictuel le rend médiateur de la médiation. Il incarne alors la capacité de la médiation à la duplication de son mode opératoire. Ce mécanisme troublant sera confirmé par l analyse des discours dans et autour du dispositif Emplois-jeunes à la fin des années 90 et par la saisie bibliographique sur ce thème. Indispensable à la régulation et au contrôle du monde social, la médiation justifie la notion de lien. Elle devient ainsi un outil de constitution du social, même lorsque celui-ci se retourne pour modéliser et animer une critique de fond de sa production, qu elle soit civile, politique ou économique. En laissant croire que tout problème n est acceptable que parce qu il sera dissous par elle, la médiation change de destinée et accède au rôle de religion civile. Elle fonctionne alors par échange entre l immanence et la transcendance, obligeant celui qui trouble l ordre social à revenir naturellement à l ordre des choses par crainte du pire. Philosophie raisonnable, la médiation devient la quête et la raison de vivre des humains vivant ensemble.
INTRODUCTION : AVERTISSEMENT EN TROIS MOTS En trois mots, il serait satisfaisant d’avoir tout dit. Trois, un seul, rien, un soupir pour tout dire. Il suffirait alors d’un rien pour tout connaître sur l’unique sujet de la médiation. Le temps est un bien si précieux. La médiation est un sujet complexe mais nul ne pouvant être ignorant en tout chacun sait aussitôt, immédiatement et certainement quelque chose sur elle. La médiation est un truc qui va déjà de soi. Tout le monde en parle, en a entendu parler. Chacun sait bien ce que l’actualité en fait ou ce qu’elle devrait en faire. Revenir sur des certitudes qui sont notamment nôtres pose un problème réel. Sans pouvoir contredire l’évidence, parfois à la grâce de notre duplicité, l’ignorance se retrouverait détentrice d’un véritable savoir. Le temps de la déstabilisation est nécessaire, il faut se mettre en péril même pour rien. Rien à faire décidément, nombre d’évidences ne peuvent seulement aller de soi. L’avertissement en trois mots indique que le chiffre “trois” est celui qui convient le mieux en la circonstance. La médiation est déjà triple sujet, au moins. Son ordre numérique esquisse le mouvement d’ensemble qui converge de lui-même utilement sur notre cible. Tout serait donc presque dit après avoir réparti les nombres à moins, qu’obstinément, nous ne voulions savoir pourquoi et comment la médiation est là, toujours là un peu, beaucoup… L’énumération nous rend terriblement prévisibles. La perspective enthousiasmante offerte par le ternaire n’est-elle pas en effet simplement précédée par celle, manichéenne, du binaire ? L’élan classificatoire fait-il partie de nous, qui retrouvons alors l’Unité, preuve sans appel – mais néanmoins verbalisée et disputée – qu’avant, il n’y avait Rien ? La médiation est démasquée, le chemin va aussi sur son revers. Ce n’est d’ailleurs pas forcément la moins bonne façon de marcher vers elle, ni la moins sûre pour la rejoindre.
Chapitre I : LA MEILLEURE FAÇON D’ARRIVER JUSQU’A TROIS
D’une manière générique, la médiation correspond à un découpage et à un arrangement en trois étapes d’une situation, sociale ou intellectuelle, appréciée et positionnée comme conflictuelle. Le terme “situation” renvoie à une généralité pendant que celui de conflit fait référence à une opposition soit concrète, soit abstraite. La médiation répond alors à une volonté qui organise une manière de voir le monde et se propose d’aider à solutionner tout conflit ou d’amoindrir ses conséquences à partir d’elle. La médiation trouve ainsi dans le projet d’une pacification de l’existence son contexte global. La présentation la rend tentante mais ouvre un champ infini à ses applications. C’est humain, toutes les âmes en veulent, tous l’attendent, tous en ont envie. L’universalité, est la première dimension de la médiation à prendre en considération. Pour tout humain prisonnier entre l’idéal philosophique et le fait brut, se résoudre à vivre, à bouger, à parler, à faire, c’est déjà trahir. Les biffures apposées sur le contrat moral des hommes témoignent de la dureté des conflits qu’ils endurent. Pour donner le change dans des négociations sans illusion arbitrées par le temps présent, il faudrait que toutes leurs actions, leurs initiatives, se retrouvent en pure adéquation avec ce que chacun se devrait d’être vraiment, avec authenticité comme l’on dit et répète à l’envi. C’est, il est vrai, la moindre des précautions pour ne pas se déjuger sitôt que les événements ne donnent plus raison d’eux-mêmes. Décidément, tout augmente mais peu d’entre nous peuvent encore se targuer de disposer des points d’origine exacts permettant la mesure réelle de l’importance des conflits. Les conflits demeurent doublement un produit de l’existence et un producteur de cette dernière sans que soit niées leurs dimensions aléatoires et variables.
La variabilité du conflit est ainsi léguée à l’universalité que connaît la médiation. Tandis que la fixité n’offre pas forcément une réelle assurance, le constat d’une réalité fuyante n’est quant à lui pas simple à accepter. La réalité se pose comme un invariant de la pensée, un point d’ancrage à toute première vérité. « La réalité doit être soumise à la pensée critique car elle est avant tout un édifice idéologique ; elle est construction et mise en scène (…) »1 . Pour le reste des cas, « Le réel est un malentendu »2 . « Il faut d’abord, par analyse, extraire en quelque manière la norme des faits eux-mêmes, pour se mettre en mesure de les interpréter, de dévoiler la teneur idéologique du réel supposé univoque, supposé simplement descriptible. Car est en premier lieu idéologique l’affirmation selon laquelle il n’y a plus à penser le réel, mais seulement à le décrire ; le réel prétendant n’être rien d’autre que ce qu’il est. »3 Nous saisissons ce laisser passer pour une critique qui tente une création sur ce qui est trop affirmé, d’autant plus que le tableau pour soi se complique terriblement au moment où interfère un paramètre supplémentaire circonvenu dans l’appellation conventionnelle de l’« Autre ». Il faut faire avec. Pourquoi donc ? Parce qu’il faut bien vivre… et, depuis que nous sommes devenus comme tout le monde, nous serons tous conduits à choisir entre un bonheur certain promis dans la ruée du monde et un certain bonheur livré dans sa réalité quotidienne. (Extrait)
Jeudi 7 janvier 2021, à 8h30, en visio-conférence (en attendant de se retrouver « en vrai ») pour continuer de débattre sur tous les sujets qui vous intéressent. Inscription et lien : gaelle@walker@orange.fr Le programme 2021 des Cafés Médiation : https://lnkd.in/ea6RMkZ #mediation#echange#debat#cafemediation
« Le Médiateur de la République, Karim Younes a affirmé jeudi à Alger que son instance était indépendante et placée auprès du président de la République afin « d’accompagner et faciliter toute mesure garantissant les droits des citoyens ».
Lors d’une conférence nationale sur le médiateur de la République, M. Younes a fait part de « plaintes reçues relatives aux disfonctionnements des instances centrales de l’Etat, des collectivités locales et des services publics, le but étant de les traiter dans le cadre des dispositions législatives et réglementaires en vigueur ».
Le médiateur de la République se fait seconder par des délégués locaux afin de pouvoir s’acquitter de ses missions dans les règles de l’art, a-t-il souligné, expliquant que le délégué au niveau local « n’est ni wali, ni un juge chargé de rendre justice, ou un avocat chevronné, ni encore moins un simple fonctionnaire ». Il serait, en fait, « tantôt facilitateur et réconciliateur entre les parties, et tantôt conseiller ».
A ce sujet, M. Younes invite le délégué du médiateur de la République à « faire preuve d’impartialité, de confidentialité et de bonnes mœurs, mais également professionnel aux faits des affaires publiques ».
Le délégué en question est appelé, par ailleurs, à « être charismatique, avoir une bonne réputation, en mesure d’écouter et apte à supporter ».
Pour M. Younes, « le contact doit être facile et fluide avec l’Instance du médiateur de la République, laquelle est appelée à gérer ses affaires sur les principes de la démocratie et ne fera jamais office des institutions l’Etat ».
De surcroît, l’instance de M. Younes « est indépendante du citoyen et des pouvoirs législatif, exécutif et juridique », et « puise sa législation de la feuille de route tracée par le président de la République ».
En effet, le rôle du médiateur de la République consiste à « assister les citoyens dans le règlement des différends entre eux et l’administration dans le cadre de la protection de leur droits et libertés »».
Adoptée par plusieurs pays dans le monde, la médiation est en soi une formule « civilisée » en faveur de la promotion des droits des citoyens.
Dans un autre registre, M. Younes a indiqué que les services centraux de la médiation avaient reçu depuis l’installation de l’Instance le 17 février passé jusqu’au 2 décembre courant, un total de 4793 requêtes.
Plus explicite, il dit avoir « reçu personnellement 2793 citoyens, toutes franges sociales confondues, venus des quatre coins du pays », faisant savoir que « leurs requêtes ont été étudiées et transmises aux secteurs concernées pour une prise en charge ».
Il ressort de l’analyse des requêtes reçues que « plus de 29% d’entre elles concernent le ministère de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire », a fait savoir M. Younes, précisant que la wilaya d’Alger arrivait en tête avec 883 requêtes et réceptions, suivie des wilayas d’Oran (102 requêtes), de Sétif (76 requêtes) et de Skikda (75 requêtes).
Le Médiateur de la République a indiqué que cette première conférence nationale du genre, qui vise à consolider les connaissances et les moyens de coopération en faveur de meilleures performances, sera suivie d’autres conférences régionales pour la mise en œuvre des instructions et l’amélioration des performances aux niveaux national et local.
L’Instance du Médiateur de la République s’est dotée de délégués locaux dans 48 wilayas et 11 circonscriptions administratives, lesquels ont immédiatement pris leurs fonctions, a-t-il dit.
M.Younes a en outre déclaré que le rapport annuel de l’Instance du Médiateur de la République était « en cours d’élaboration » au même titre qu’un rapport sur « les principales préoccupations des citoyens dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’investissement, de l’économie et de l’administration », avec la formulation d’une série de propositions. » N.Benrahal –elmoudjahid.com du 18/12/2020)
« L’ordonnance de 1945 relative à l’enfance délinquante et les lois modificatives qui s’en suivirent ne prévoient pas le recours à la médiation pénale pour les mineurs en France contrairement à d’autres pays européens. Des pratiques de réparation se rapprochent de la médiation sans pour autant franchir le pas. Néanmoins des initiatives existent et commencent à se développer tant dans le milieu judiciaire, avec des expériences certes timides mais réelles au sein des services ouverts de protection judiciaire de la jeunesse, que dans le champ intrafamilial dans le cadre de médiations conventionnelles. Découlant de l’esprit de la médiation la loi du 15 août 2014 instaure le recours à la justice restaurative. Elle consiste à faire dialoguer des victimes et des auteurs d’infractions, incluant aussi les adolescents afin de rétablir le lien social et prévenir la récidive. Alors la médiation pour les mineurs, mythe ou réalité ? L’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante préside à la justice pénale des mineurs depuis la Libération. Fruit d’une volonté de réforme radicale privilégiant les mesures éducatives plutôt que la répression, ce texte emblématique a suscité et suscite toujours de nombreux commentaires où, bien souvent, l’enthousiasme le plus naïf le dispute à la critique la moins étayée. Depuis son adoption, ce texte fondateur a subi de très nombreuses transformations rendant difficiles les comparaisons dans le temps. Il est en outre difficile de comprendre son évolution sans la relier à d’autres sources (débats parlementaires, arrêtés, circulaires, jurisprudence…)… (Extrait)