FR – Cet article propose une analyse critique du cadre normatif français relatif à la justice restaurative, à la fois du point de vue juridico-théorique et pénologique. Il montre que l’interprétation faite par la circulaire de 2017 du principe d’autonomie comme séparation stricte entre justice restaurative et procédure pénale occulte la portée sanctionnatrice des accords restauratifs, en privant ceux-ci de toute valeur juridique. Cette stricte imperméabilité limite l’intégration de la justice restaurative dans la politique pénale et freine son potentiel transformateur. L’étude interroge ainsi la cohérence, les effets et la légitimité de ce choix normatif
EN – The Principle of Autonomy of Restorative Justice in France: A Normative Imperative to Reconsider? – This article offers a critical analysis of the French normative framework regarding restorative justice, from both a juridical-theoretical and penological perspective. It demonstrates that the 2017 circular’s interpretation of the principle of autonomy as a strict separation between restorative justice and criminal proceedings overlooks the sanctioning potential of restorative agreements, thereby depriving them of any legal effect. This rigid impermeability limits the integration of restorative justice into penal policy and hinders its transformative potential. The study thus examines the coherence, consequences, and legitimacy of this normative choice.
ES – El principio de autonomía de la justicia restaurativa en Francia: ¿un imperativo normativo discutible? – Este artículo propone un análisis crítico de la normativa francesa sobre la justicia restaurativa, tanto desde el punto de vista jurídico-teórico como penológico. Muestra que la interpretación del principio de autonomía realizada por la circular de 2017, entendida como una separación estricta entre la justicia restaurativa y el procedimiento penal, esconde el alcance sancionador de los acuerdos restaurativos cuando los priva de todo valor jurídico. Esta impermeabilidad limita la integración de la justicia restaurativa en la política penal y frena su potencial transformador. El estudio cuestiona la coherencia, los efectos y la legitimidad de esta opción normativa.
« Peu financée, à peine médiatisée et déconseillée par certaines associations féministes, la justice restaurative, indépendante du parcours judiciaire, peine à se frayer un chemin en France. Certaines victimes pour qui la voie pénale se révèle impraticable ou insuffisante en perçoivent néanmoins les bienfaits dans leur reconstruction. » (Extrait)
« Notre Newsletter IFJR, de ce mois, met en lumière : ✔️ Signature de conventions à Rennes et Fort-de-France ✔️ Sélection du documentaire « La réparation » dans deux festivals
👍 J’ai particulièrement aimé le podcast de France Inter interviewant Laure Heinich sur « Comment réparer la justice ? ».
Notre newsletter vous propose :
– l’actualité de la JR : événements, wébinaires, etc – une veille média comprenant les articles, émissions et podcasts sur des sujets touchant de près la justice restaurative, – des recommandations : livres, films, vidéos, etc.
« Le constat est sans cesse répété : la justice va mal et ne répond plus à ses missions. Comment la réparer ? Peut-être d’abord en cessant de considérer l’institution judiciaire comme la seule détentrice des moyens de » faire justice « . C’est à en envisager d’autres que s’emploient les justices dites » alternatives « , parmi lesquelles la justice restaurative, qui regroupe diverses pratiques – des rencontres entre » victimes » et » auteurs » aux cercles de soutien, en passant par les jeux de rôles pour cultiver l’empathie –, afin de responsabiliser les auteurs et prévenir la récidive, prendre soin des victimes et rétablir la paix sociale. Serait-ce la clé d’une justice plus juste ? Delphine Griveaud tente de répondre à cette question en étudiant sur le terrain les pratiques de la justice restaurative qui se sont développées dans le pays depuis 2014. Elle analyse les effets de son intégration au sein d’une institution pénale contre laquelle elle s’est pourtant construite. Elle plonge dans les rouages du système judiciaire, au plus près de ses publics comme de ses professionnel.les. Loin des visions iréniques qui font de la justice restaurative une solution miracle, elle propose un tableau lucide, nuancé, d’une manière de faire justice autrement qui se heurte à la réalité de l’institution. (Extrait éditeur)
« Comprendre la justice restaurative : un concept en pleine évolution
La justice restaurative n’est pas un phénomène nouveau hors de l’Hexagone, mais sa mise en œuvre reste encore limitée. Elle propose un espace de parole inédit où victimes et auteurs peuvent échanger de manière encadrée, sans le formalisme traditionnel du procès au tribunal. Depuis plusieurs années, plusieurs pays expérimentent cette approche pour privilégier la réparation pénale basée sur le consensus plutôt que sur la punition pure et simple. En 2025, la preuve en est que cette voie commence doucement à s’implanter dans le paysage juridique français, notamment grâce à des projets pilotes et des documentaires diffusés par France 2″. (Extrait de sixactualites.fr du 7/09/2025=
« Le mercredi 19 mars 2025 a été proposé un webinaire sur le thème « Violences scolaires et justice restaurative ».
Les violences scolaires, qu’elles soient physiques, verbales ou psychologiques, laissent de lourdes séquelles et ont des conséquences sur les personnes et les projets. Quelles alternatives/ actions pourrions-nous imaginer et/ou mettre en place face aux sanctions classiques ? Et si le dialogue par la voie de la justice restaurative pouvait apaiser les tensions et prévenir la récidive ?
Partant de constats et d’observations de terrain, Paul Mbanzoulou, auteur de l’ouvrage « La violence scolaire. Mais où est passé l’adulte ? » et coauteur de l’ouvrage « La justice restaurative. Des frontières plurielles et mouvantes », accompagné de Charline Basconès, médiateur certifiée en justice restaurative, proposaient d’échanger sur le sujet afin de mieux comprendre et appréhender ces phénomènes et les potentialités de la justice restaurative dans cet environnement.
Ces échanges étaient animés par Lucie Hernandez, docteure en psychologie, enseignante-chercheuse à l’ÉNAP et coauteure de l’ouvrage « La justice restaurative. Des frontières plurielles et mouvantes ». (Extrait)
JUSTICE INFO : Vous venez de signer un ouvrage intitulé « Pour une autre justice – la voie restaurative », pourquoi maintenant ?
ANTOINE GARAPON : J’ai mis des années à l’écrire car il récapitule un peu ma carrière. J’ai été juge des enfants pendant 12 ans, j’ai été très engagé dans la lutte contre les atrocités de masse, et aujourd’hui, j’ai retrouvé mes premières amours, si je puis dire, en étant proche des victimes dans le cadre de la Commission reconnaissance et réparation (CRR). J’ai appris à leur contact qu’elles se sentaient coupables. On rencontre des situations révoltantes de personnes agressées quand elles avaient 9, 10, 14 ans devenues des adultes en grande difficulté et qui s’estiment responsables de ce qui leur est arrivé ; ce sentiment est extrêmement répandu parmi les victimes de violences sexuelles. C’est pour cela que certaines s’appliquent à rater leur vie, comme si elles voulaient se punir. Le viol est le seul crime dont l’auteur se sent innocent et la victime coupable.
C’est ce qui fait la différence entre la victime et l’offensé. L’offensé, c’est quelqu’un à qui on a fait du mal, mais qui tient debout. La victime, c’est celle que le mal a complètement détruite. La justice restaurative, c’est donc penser la justice à partir de cette expérience éthique négative de la victime qui ne rentre pas dans les catégories de la loi. D’où le projet de ce livre, qui est de penser la justice au-delà de la loi et de la justice dite « ordinaire ». (Extrait de justiceinfo.net du 11/02/2025)
« Le Barreau de Melun et l’Association Esprit et Pratique de la Médiation vous invitent à une journée d’échanges et de réflexion sur la Médiation Humaniste et la Justice Restaurative, deux approches complémentaires dans la prévention et la gestion des conflits, notamment en matière de violences traumatiques et intrafamiliales.
Ce colloque sera l’occasion d’explorer les fondements et les outils de la Médiation Humaniste, initiée en 1983 par Jacqueline Morineau à la demande de Robert Badinter, ainsi que les enjeux contemporains de la Justice Restaurative, qui offre une autre perspective sur la réparation et la responsabilisation des auteurs d’infractions.
📅 Programme de la journée
Matin : La Justice Restaurative, un autre regard sur la réparation
🔹 9h00 → Accueil des participants
🔹 9h30 → Intervention de Ugo Picard (Coordinateur du Service Régional de Justice Restaurative d’Île-de-France – APCARS)
🔹 11h00 → Présentation du programme Sycomore par Claudine Figueira (Association A Cœur Ouvert) : un programme éducatif et citoyen mené en détention et en milieu ouvert
🔹 12h30 → Pause déjeuner
Après-midi : La Médiation Humaniste, une approche alternative du conflit
🔹 14h30 → Introduction à la Médiation Humaniste : son histoire, ses principes et son implantation au Parquet de Paris en 1983
🔹 15h30 → Atelier pratique : expérimentation du miroir, un outil fondamental en Médiation Humaniste
🔹 16h30 → La Médiation Humaniste d’Accompagnement et la violence : une alternative à la loi du 30 juillet 2020 ?
🔹 17h00 → Conclusions et clôture du colloque
Ce colloque s’adresse aux professionnels du droit (magistrats, avocats), aux médiateurs et à toute personne intéressée par des approches novatrices en justice et en médiation. » (Extrait)