Coronavirus : Mise en place d’un comité de crise face à la situation de dégradation des délais de paiement sous l’égide du Médiateur des entreprises et du Médiateur du crédit et associera les fédérations d’entreprises (AFEP, CPME, MEDEF, U2P), les chambres consulaires ainsi que la DGCCRF.


SARS-CoV-2

« La détection de difficultés significatives récentes dans le règlement des achats de la part de certaines entreprises amène à mobiliser les représentants des organisations socio-professionnelles pour résoudre ces difficultés.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ont donc décidé la mise en place d’un comité de crise sur la question du crédit inter-entreprises pour répondre aux cas les plus difficiles et désamorcer une tendance à la cessation ou au retard de paiement, à rebours des orientations voulues par l’État en matière de relations entre les clients et leurs fournisseurs.

Bruno Le Maire et François Villeroy de Galhau ont indiqué que « le comité de crise permettra de traiter en temps réel les cas les plus graves de détérioration du crédit inter-entreprises et d’encourager, au travers de leurs représentants, les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs à fluidifier leurs relations commerciales, en veillant à la santé des petites et moyennes entreprises, plus fragiles en général que les grandes entreprises sur l’état de leur trésorerie ».

Ce comité de crise sera réuni sous la forme de conférences téléphoniques autant que nécessaire sous l’égide du Médiateur des entreprises et du Médiateur du crédit et associera les fédérations d’entreprises (AFEP, CPME, MEDEF, U2P), les chambres consulaires ainsi que la DGCCRF ». – – (Extrait de info-chalon.com du 23/03/2020)

En savoir plus sur https://www.info-chalon.com/articles/2020/03/23/43490/Mise-en-place-d-un-comite-de-crise-face-a-la-situation-de-degradation-des-delais-de-paiement

« Le recours à des modes informels de régulation : un« champ »limité ? Récits et expériences de médiateurs sociaux et d’intervenants en gestion de conflit au Québec et en Ontario » par Véronique Strimelle dans LEMONNE A., STRIMELLE V. et F. VANHAMME (Eds.) (2019). « Justice ! ». Conflits de savoirs, savoirs en conflit, Montréal : Érudit, Livres et Actes


Résumé
La recherche présentée dans le cadre de ce chapitre s’inscrit dans une réflexion plus globale portant sur les modes de régulation existant hors du cadre pénal. En analysant les propos de trente-deux médiateurs sociaux et intervenants assurant des services spécialisés en règlement des conflits, nous voulons mieux comprendre ce que font ces praticiens considérés comme alternatifs quand leur intervention est requise pour régler un conflit. Nous voulons aussi mieux comprendre les relations qu’ils entretiennent avec les autres organismes de régulation sociale, particulièrement quand leur savoir entre
en conflit avec les savoirs plus « reconnus » légalement. (Extrait de

article à consulter :https://www.erudit.org/en/books/hors-collection/justice-conflits-de-savoirs-savoirs-en-conflits/000290li.pdf

ETIENNE LE ROY NOUS A QUITTE LE 28 FEVRIER 2020


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De nombreux hommages ont été publiés à la suite du décès d’Étienne Le Roy, car il fut un enseignant-chercheur aux multiples facettes : anthropologue du droit, africaniste,… et je voudrais à travers ces quelques lignes souligner son apport dans le domaine de la médiation. En effet dans un entretien récent accordé à la revue Négociations, il avait indiqué que si la médiation avait tenu une place marginale dans sa production académique, en revanche, elle avait représenté pour lui « la plus belle école de citoyenneté » qu’il avait pu observer et qu’elle avait continué à irriguer ses démarches les plus contemporaines (1) . S’il est vrai que la médiation a constitué, selon ses propres termes, un « trentième » de sa production de chercheur, cela n’empêche pas pour moi qu’Étienne fut en matière de médiation, un visionnaire. J’ai pu le constater lors du premier colloque sur la médiation que j’avais organisé en avril 1987 à l’université Lyon II où il fut le seul chercheur présent, car il menait à l’époque une recherche sur la conciliation. À l’époque, j’ai été impressionné par sa vision de la médiation à partir de son approche anthropologique et d’africaniste. Il fut un des premiers à l’instar de ses homologues nord-américains à nous montrer à partir de son analyse des sociétés traditionnelles africaines que nos sociétés post-modernes avaient perdu en raison de la juridicisation et judiciarisation des relations sociales, ces tiers traditionnels qui jouaient un rôle de médiateur dans la gestion des conflits et qu’il était nécessaire de les réinventer. Pour illustrer son propos, il nous a rappelé, à partir de ses recherches sur le foncier au Sénégal, qu’il convenait de ne pas oublier ce principe, de toujours rechercher à régler les conflits au sein du groupe qui les a vus naître, c’est-à-dire dans « le ventre de la famille » comme le disent les Wolofs. C’est cette vision de la médiation qui m’a conforté dans mon idée de développer la médiation de quartier en formant des habitants à la gestion des conflits du quotidien, c’est-à-dire dans « le ventre du quartier » pour reprendre l’expression des Wolofs.

C’est au cours de cette première rencontre que nous avons décidé d’organiser en commun un séminaire sur la médiation pour dresser un état des lieux de la médiation mais aussi engager une réflexion conceptuelle autour des « alternatives à la justice » comme on disait à l’époque. Ce séminaire s’est déroulé sur deux années de novembre 1989 à juin 1991 et il fut itinérant de Lyon à Paris en passant par Onati dans le Pays Basque espagnol. Il s’agissait d’un séminaire universitaire, mais nous avions fait le choix d’inviter à la fois des chercheurs mais aussi des praticiens pour favoriser une confrontation des idées et des pratiques de médiation. Comme anthropologue du droit Étienne Le Roy avait beaucoup insisté à l’époque sur la nécessité de développer une approche interdisciplinaire dans l’analyse de la médiation, ce qui nous avait amené à inviter des juristes, des sociologues, des psychologues… De même son souci de prendre en compte l’approche comparée nous a amené donner une dimension internationale à ce séminaire en organisant une séance du séminaire à l’Institut International de Sociologie du droit à Onati où furent conviés des chercheurs et des praticiens d’autres pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Autriche….
C’est à partir de ce séminaire, que notre relation de travail s’est peu à peu transformée au fil des mois en amitié et il fut pour moi un véritable « compagnon de route » de la médiation. Le terme de compagnon n’est pas galvaudé, car Etienne fut de toutes les aventures notamment celle de la création en 1995 du premier DU de gestion des conflits et de médiation à Paris 5. Une fois de plus, la création de ce DU concrétisait son souhait, formulé au cours de la séance du séminaire de médiation de Lyon en 1990, de développer la formation des médiateurs. Il existait des formations à la médiation, mais aucune n’était de niveau universitaire et Étienne Le Roy fut un des co-fondateurs de ce D.U. au même titre qu’Hubert Touzard, Jacques Salzer, Jacques Faget et moi-même. Dans ses enseignements, il apporta une fois de plus sa vision anthropologique de la médiation en montrant que ce n’était pas seulement une technique de gestion des conflits mais qu’elle participait à la création d’un nouvel ordre normatif, un ordre négocié qui s’opposait à l’ordre imposé de nos sociétés.
Il m’est difficile dans cet hommage de retracer tout l’apport d’Étienne dans le champ de la médiation, mais je voulais plus particulièrement insister sur ces premières années de collaboration commune pour montrer qu’Étienne fut pour moi, non seulement un acteur important du développement de la médiation mais surtout, un ami sur qui j’ai pu toujours compter pour intervenir dans un colloque, un séminaire, un enseignement…
Pour montrer que sa pensée est toujours vivante, je terminerai cet hommage en invoquant ce choix qu’Étienne nous propose et que je ferai mien pour rester fidèle à sa mémoire et à notre amitié car nous partagions la même vision de la médiation :
« Nous pouvons encore choisir entre la dictature du nomologisme décliné dans toutes les ressources de la marchandisation, et la libération par une pratique citoyenne où la médiation aurait un rôle renouvelé, nous faisant oublier son côté « servante du château » pour en faire un cadre central d’une philosophie politique où la médiation, les communs et la démocratie participative, l’économie solidaire et la valeur du partage seraient préférés. Dans ce cheminement, le premier pas est toujours le plus délicat. Ensuite, on trouve la marche en marchant ! »

Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT

 

J’ai reproduit une petite biographie d’Etienne Le Roy pour une présentation plus complète de son activité de recherche et d’enseignement :
« Étienne Le Roy fut professeur émérite d’anthropologie du droit à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne où il a dirigé le Laboratoire d’Anthropologie Juridique de Paris de 1988 à 2007 et le DEA d’Études africaines, puis le master d’Anthropologie du droit. Docteur en Ethnologie (Université Paris 7) et en Droit (Faculté de droit et des sciences économiques de Paris), il a réalisé une observation participante et une expertise des pratiques juridiques en privilégiant deux domaines, la justice et les politiques foncières sur des terrains africains, européens et américains. Auteur de nombreux ouvrages dont Le jeu des lois, une anthropologie « dynamique » du droit (LGDJ, Paris, 1999) et Les Africains et l’Institution de la Justice (Dalloz, Paris, 2004), et La terre de l’autre (2011), Étienne Le Roy considère le « foncier » comme un fait social total à partir duquel il renouvelle l’anthropologie juridique à la base de la reconnaissance d’une expertise française à l’échelle internationale. » (Extrait de https://wiki.remixthecommons.org/index.php/Entretien_avec_%C3%89tienne_Le_Roy)

Note

1 La voie étroite de la médiation, entre les ordonnancements imposé et négocié de régulation des différends – Entretien avec Étienne Le Roy, dans Négociations 2017/2 (n° 28), pages 107 à 117 à consulter sur https://www.cairn.info/revue-negociations-2017-2-page-107.htm#

2-Ibidem

Togo – Colloque : « La médiation foncière en Afrique de l’Ouest » par EnergeTIC à Aného le 7 avril 2020


Une journée dans un beau village africain pour comprendre les enjeux du foncier et assister à deux médiations traditionnelle & occidentale
À propos de cet événement
La médiation, issue d’une longue tradition africaine, et couverte par l’acte uniforme de l’Ohada prend une forme toute particulière au Togo où le Code foncier et domanial prévoit que « la saisine des juridictions doit obligatoirement être précédée d’une tentative de règlement amiable auprès d’une autorité territorialement compétente. »
La société energeTIC, organisatrice des SEAM (Sessions Euro Africaines de la Médiation du Changement), s’est associée à l’ONG internationale AVOMARC pour organiser les Sessions 2020, consistant en une série de colloques permettant de promouvoir en Afrique :
• la médiation régie par l’acte uniforme de la médiation de l’Ohada
• la médiation traditionnelle des chefs coutumiers africains
Le premier colloque portant sur la médiation foncière au Togo et dans l’espace Ohada se tiendra le 7 avril 2020, conformément au programme ci-joint. Pour une bonne réussite de cette importante rencontre, dont les participants pourraient être au nombre de cent (100), nous sollicitons un appui moral, financier et matériel de votre Institution.
Le double objectif de cette rencontre dédiée à la médiation foncière, consiste à :
• permettre aux chefs coutumiers, hommes de droit, acteurs étatiques, chercheurs, propriétaires terriens, agriculteurs et éleveurs de se rencontrer, d’échanger et d’apprendre les uns des autres sur la médiation foncière, qui vise à rechercher des solutions gagnant-gagnant et à satisfaire le besoin de justice de chacun, en préservant l’harmonie dans la communauté ;
• présenter les fondements juridiques et les bonnes pratiques du contentieux en matière foncière au Togo, en France et dans l’espace Ohada et de formuler éventuellement des recommandations pour sa mise en œuvre ;
N’hésitez pas à devenir partenaire
https://energetic.fr/2020/02/21/colloquemediationfonciereaneho/

(Extrait de

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Différend Gabon/Guinée équatoriale : la médiation de l’ONU aboutit à un règlement pacifique


Les Dépêches de Brazzaville

« A l’issue d’un processus de médiation des Nations unies, le Gabon et la Guinée équatoriale ont conclu un accord visant à soumettre leur différend frontalier à la Cour internationale de justice (CIJ).
Le Gabon et la Guinée équatoriale étaient représentés respectivement par leurs ambassadeurs Michel Xavier Biang et Anatolio Ndong Mba. Les deux pays, membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale ( Cémac), se sont accordés pour régler leur différend frontalier devant la Cour internationale de justice (CIJ) à la Haye, aux Pays-Bas.
Le Gabon et la Guinée équatoriale partagent une frontière terrestre et maritime. Le différend frontalier de deux décennies porte sur la frontière maritime dans la baie de Corisco, sur l’île de Mbanié. « Aujourd’hui, nous célébrons la fin réussie d’un processus de médiation aux Nations unies, dont l’objectif était de faciliter une solution pacifique au différend frontalier prolongé entre la République gabonaise et la République de Guinée équatoriale », s’est félicité le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
 » Par cet échange de notifications, les parties ont confirmé leur volonté de rechercher un règlement judiciaire, en plaçant leur confiance en la Cour internationale de justice pour trouver une solution juste et durable à leur différend « , a- t-il ajouté, avant de féliciter les deux pays pour la  » volonté politique, le courage et la persévérance » dont ils ont fait preuve dans l’accomplissement de leurs processus internes respectifs pour l’entrée en vigueur du compromis. » – Noël Ndong – (Extrait de adiac-congo.com du

En savoir plus sur http://www.adiac-congo.com/content/differend-gabonguinee-equatoriale-la-mediation-de-lonu-aboutit-un-reglement-pacifique-113679?RelatedContentIds=Article-BB10k49b,Article-BB10AvFs

Côte d’Ivoire : Les familles ivoiriennes invitées à recourir à la médiation familiale pour résoudre leurs différends


Abidjan.net

« Le représentant du ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Yacouba Doumbia, a invité mercredi les familles ivoiriennes à recourir à la médiation familiale pour résoudre leurs différends, au cours d’une conférence-débat au Plateau (Abidjan), en prélude de la Journée internationale de la femme (JIF)

« La famille est secouée par de nombreux défis impliquant parents et enfants et qu’il est nécessaire de rechercher des solutions pour la stabilité de cette entité qui est le maillon essentiel d la société. Je voudrais inviter toutes les familles ivoiriennes et surtout les femmes à recourir à la médiation familiale pour résoudre leurs différends », a dit M. Doumbia.

Yacouba Doumbia qui intervenait au cours de cette rencontre d’échanges autour du thème « Médiation familiale, facteur d’épanouissement de la femme », a indiqué que cette conférence vise à instruire les familles sur ce qu’est la médiation familiale, c’est-à-dire son importance en tant qu’instrument de résolution de différends familiaux pour favoriser l’épanouissement de la femme et toute la famille.

La médiatrice familiale, Koné Mawa, a pour sa part, demandé aux femmes de ne pas « rester dans leur coin » avec les litiges familiaux qui ont de graves conséquences sur elles.

« Les litiges familiaux sont emprunts d’émotions et de beaucoup de ressentiments que seule la médiation peut permettre de résoudre. En médiation, on va régler les problèmes périphériques qui ne sont pas mis en avant. Alors qu’au tribunal, le juge va trancher et il est dans son rôle. Il regarde les faits, la loi et il applique la loi dans sa rigueur », a-t-elle expliqué.

La côte d’Ivoire compte une vingtaine de médiateurs familiaux qui aura un stand au village de la JIF qui s’ouvre jeudi à Anyama (AIP) » (Extrait de news.abidjan.net du 4/02/2020)

En savoir plus sur https://news.abidjan.net/h/669998.html

PUBLICATION DU NUMÉRO 8 DE LA LETTRE DES MÉDIATIONS : LA MÉDIATION DANS LE CHAMP DE LA SANTE DANS LE MONDE FRANCOPHONE


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Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication du 8ème numéro de la lettre des médiations consacré à la médiation dans le champ de la santé dans le monde francophone. Cette « lettre des médiations » est une revue électronique de langue française fondée par des médiateurs et des chercheurs français avec la participation de représentants de pays francophones comme le Québec, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Nous nous sommes limités dans un premier temps à quelques pays francophones et nous cherchons des correspondants d’autres pays. Si vous êtes intéressés merci de nous contacter à letmed@numericable.fr
Le comité de rédaction

Lettre des Médiations N° 8 sur la médiation dans le champ de la santé dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-134_No-01.pdf

Les précédents numéros peuvent être téléchargés sur :
Lettre des Médiations N° 7 sur la médiation dans le champ pénal dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=128
Lettre des Médiations N° 6 sur la médiation de la consommation dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-115_No-01.pdf
Lettre des Médiations N° 5 sur la médiation des relations de travail dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-108_No-01.pdf
Lettre des Médiations N° 4 sur la médiation interentreprise dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-40_No-01.pdf
Lettre des Médiations N° 3 sur la médiation familiale dans le monde francophone à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-116_No-01.pdf
Lettre des Médiations N° 2 sur les médiations sociales à télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-56_No-01.pdf
Lettre des Médiations N° 1 sur les médiation scolairesà télécharger sur https://www.observatoiredesmediations.org/coreWeb/docReader/myReader.php?fID=refBibliography_ID-51_No-01.pdf

Médiation scolaire : Au collège Jules-Verne à Buxerolles comme à l’école Micromégas à Poitiers, des élèves s’investissent dans la médiation


À l'école Micromégas, de jeunes écoliers ont simulé une séance de médiation.

« L’éducation au respect d’autrui, une responsabilité partagée: tel était le fil rouge de la visite de la rectrice d’académie le mercredi 19 février dernier, au collège Jules-Verne à Buxerolles puis à l’école Micromégas dans le quartier Saint-Éloi à Poitiers. Ces deux établissements, qui développent depuis plusieurs années le dispositif de la médiation par les pairs, sont des exemples pour Bénédicte Robert. Les témoignages des jeunes médiateurs l’ont convaincue de l’intérêt d’étendre le dispositif en ciblant de manière prioritaire l’école élémentaire.

Une résolution « non violente » des conflits

Éduquer les élèves, petits et grands, à l’identification et à la résolution des conflits pour éviter qu’à la longue les choses ne dégénèrent, c’est tout l’objet de la médiation par les pairs. « Une méthode qui fait ses preuves », souligne Manuel Balmer, le directeur de l’Aroéven-Poitiers (Association régionale des oeuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale) à l’origine du déploiement de la médiation au collège Jules-Verne en 2010. « C’est un dispositif bien porté par l’établissement, précise-t-il. Il permet la responsabilisation, l’autonomie des jeunes qui s’impliquent mieux dans la vie du collège. » La principale Rachel Marquer l’atteste, la médiation est bien ancrée dans la culture de l’établissement. À ce jour, 42 écoles, collèges et lycées se sont inscrits dans ce dispositif dans l’académie.
La médiation s’exerce par un binôme d’élèves (une vingtaine à Jules-Verne comme à Micromégas) selon un protocole bien précis. Elle se déroule dans un lieu dédié, jamais dans la classe ou dans la cour. Ce sont les élèves en conflit qui doivent choisir de faire appel à la médiation.

« On ne force pas,
on n’impose pas…
On ne juge pas »

Ils sont invités à relater les faits, à exprimer leur ressenti, à écouter l’autre et à rechercher des pistes pour renouer le dialogue. « On ne force pas, on n’impose pas la médiation, explique le directeur de l’école, on essaie de convaincre. »
Régler les petits conflits quotidiens entre élèves, avec des médiateurs bien identifiés qui se prénomment Adam, Irène, Thomas, Tiphène, Quentin, etc., permet aussi de créer un meilleur climat scolaire. « On n’a jamais vu deux fois de suite des élèves qui ont fait l’objet d’une médiation, explique l’un des adultes référents du collège. Parfois, le simple fait de prendre rendez-vous pour une médiation suffit pour résoudre le problème… Personne ne les juge. »

Un outil de prévention contre le harcèlement

Les médiateurs ne s’occupent que de « petits conflits », et d’incivilités « mineures », par exemple des moqueries, des bousculades, des désaccords, des disputes banales, des insultes, des rumeurs, des jalousies. C’est aussi un moyen de contrer, à la source, le harcèlement. Dans ce cas plus complexe, c’est l’adulte qui prend la main.Si la médiation n’est pas un outil de traitement du harcèlement, elle reste avant tout un outil de prévention, qui permet aux élèves de prendre conscience qu’il est possible de mieux vivre ensemble, et qu’un conflit peut être facilement stoppé.
Quand la rectrice questionne sur les compétences d’un médiateur, Adam, fort d’une expérience de trois ans, les résume ainsi: « Il faut être à l’écoute, se mettre un petit peu à leur place, après ça va tout seul! » Sur ce qu’est le harcèlement? Un camarade de 6 cite des insultes, des menaces « presque tous les jours, c’est dur de supporter ça, parfois ça peut aller jusqu’au suicide ». En poursuivant ses échanges, Bénédicte Robert a pu constater qu’eux-mêmes ont souffert un jour de l’isolement et de harcèlement durant leur scolarité dans le premier degré. « C’est une pression morale, témoigne un autre collégien. Souvent à la base, c’est un peu un jeu, ça leur plaît, alors ils continuent, leur but c’est de le pousser à bout… Cela m’est arrivé en primaire. » – Philippe Bruyère – (Extrait de centre-presse.fr du 2/03/2020)

En savoir plus sur https://www.centre-presse.fr/article-732465-des-ecoliers-et-collegiens-formes-face-aux-conflits.html

Suisse : Publication de la FSM Newsletter Mars 2020


 

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Lettre d’information à lire sur https://cms.mediation-ch.org/cms3/fr/newsletter/actuel/fsm-newsletter-mars-2020#c570

FORMATION : DAS ET CAS EN MÉDIATION À L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE (21ÈME PROMOTION 2020-2022)


 

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Public
Professionnel exerçant une activité ou ayant une expérience dans le domaine de la gestion des conflits souhaitant se former en médiation ou professionnel désirant se familiariser avec les techniques et la pratique de médiation

Compétences visées
•Maîtriser une expertise dans le domaine de la médiation transférable dans différents domaines professionnels: juridique, social, santé, ressources humaines, formation, etc.
•Maîtriser des compétences de méthodologie, de communication et de négociation
•Analyser et réfléchir sur sa propre pratique en médiation.
•Savoir mener une réflexion critique et appliquer une méthodologie de recherche en médiation
Programme
Formation modulaire alliant études de cas, pratique supervisée et enseignements interdisciplinaires

• Définition et état des lieux de la médiation – Les acteurs de la médiation

• Les processus de médiation: les phases préliminaires – Les processus de médiation: les rencontres de médiation – Les processus de médiation: les rencontres et les accords de médiation

• Approfondissement des techniques et du cadre de médiation

• Médiations spécialisées •

Pratique supervisée de la médiation et donnant lieu à la rédaction d’un mémoire pratique et d’un mémoire de recherche

Travail de fin d’études comprenant une réflexion théorique et pratique portant sur au moins six heures de séances dans le cadre d’une activité personnelle de médiation

Période : Septembre 2020 à juin 2022 – 30 crédits ECTS » (Extrait de unige.ch)

Programme et inscription pour le DAS sur https://www.unige.ch/formcont/cours/das-mediation#t1

Programme et inscription pour le CAS sur https://www.unige.ch/formcont/cours/CAS-mediation

« Myriam Bacqué, l’art de la médiation » portrait par Agnès Marroncle (La Croix)


Portrait – Cette médiatrice expérimentée a corédigé un récent livre blanc sur ce métier en plein développement mais encore peu encadré.

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Lorsque en 1998, la chambre de commerce de Paris confie à ­Myriam Bacqué le ­secrétariat général de son Centre de médiation et d’arbitrage (CMAP), ses proches ne sont pas étonnés. « Dans la famille, j’étais en effet celle qu’on venait voir pour atténuer des tensions, faire passer des messages, tenir le rôle de tiers », sourit-elle. Elle avait alors tout juste 30 ans.

Deux décennies plus tard, Myriam Bacqué a su mettre à profit cette voix calme et ce regard bienveillant qui incite à l’apaisement les gens qui la sollicitent, soit spontanément, soit parce qu’ils lui sont adressés par un juge. « La médiation est un mode amiable de prévention et de résolution des conflits, par exemple sur des enjeux de voisinage ou lors d’héritages, détaille-t-elle. Ces derniers sont propices à faire ressortir des blessures de l’enfance, des relations mal vécues avec les parents, la fratrie. »
Bardée d’une maîtrise de droit et d’un diplôme de Sciences-Po, Myriam Bacqué a débuté dans la vie active comme assistante parlementaire pour un député de la majorité d’alors – celle du président Chirac – tout en se projetant dans un avenir où elle œuvrerait pour la coopération internationale. « J’y suis venue plus tard, par la médiation justement », relève-t-elle.
« Le médiateur n’est pas un juge »
En 1998, beaucoup était à faire pour développer le Centre de médiation et d’arbitrage de Paris, créé trois ans plus tôt. Le CMAP visait à sortir les entreprises de contentieux potentiellement évitables. « Le médiateur n’est pas un juge, il ne dit pas le droit, précise-t-elle. Ce n’est pas non plus un arbitre qui prend une décision à la place des personnes. C’est un tiers neutre et indépendant qui les aide à trouver par elles-mêmes une solution à leur différent. »

Myriam Bacqué se passionne pour un processus qui, estime-t-elle, consiste en premier lieu à faire confiance aux gens qu’elle reçoit. « La plupart sont parfaitement en capacité de trouver un accord, résume-t-elle. Mais ils ont besoin d’être accompagnés pour quitter ces tranchées qu’ils ont eux-mêmes creusées l’un face à l’autre et depuis lesquelles ils campent sur leurs positions. Nous les aidons à en sortir, à atteindre un no man’s land où il devient possible de réfléchir et de dégager quels sont les besoins véritables des uns et des autres. »
Elle se forme notamment auprès de Serge Roy, professeur de l’université d’Ottawa et l’un des pionniers de la médiation civile et commerciale au Canada. « Il faisait des sessions pour le barreau de Bruxelles, je l’ai invité ensuite à Paris », se rappelle-t-elle. À la CCI de Paris, elle pose les fondamentaux de la fonction de médiateur : déontologie, méthode, formation.
Elle continue dans cette voie lorsqu’elle quitte la région parisienne pour La Rochelle. « Un choix familial ; avec nos trois enfants nous voulions une autre qualité de vie », explique-t-elle. Ce qui ne l’empêche pas de s’envoler dans différents pays d’Afrique, au titre de l’International Trade Center, agence conjointe des Nations unies et de l’Organisation mondiale du commerce, pour y développer des centres de médiation.
« Un métier qui a de grands services à rendre à la société »
À La Rochelle, elle travaille avec des associés au sein de la Maison de la communication, société qui propose de résoudre à l’amiable des différents, notamment dans le monde de l’entreprise. Myriam Bacqué co-dirige aussi le diplôme universitaire « Médiation et règlement des conflits » de l’université de La Rochelle. La formation est d’ailleurs devenue son nouveau combat alors que depuis le 1er janvier, le recours à la médiation ou à la conciliation est obligatoire avant la saisine d’un juge pour les contentieux inférieurs à 5 000 euros (1). Pour cette pionnière, il faut plus que jamais créer un cadre à des pratiques actuellement très diversifiées.

« N’importe qui aujourd’hui peut poser sa plaque, il n’y a pas de conseil de l’ordre des médiateurs qui s’accorderait sur une déontologie et veillerait à ce qu’elle soit respectée », s’inquiète-t-elle. Avec le collectif Médiation 21 dont elle est un membre actif, elle a contribué à la rédaction d’un livre blanc remis à la garde des sceaux en octobre 2019. Le document réclame un statut pour les médiateurs, la mise en place d’un organe représentatif et l’adoption d’un code unique de déontologie. « Il faut donner toutes ses qualifications à un métier qui a de grands services à rendre à la société », insiste Myriam Bacqué.

Son inspiration : La lecture des évangiles
« Je pratique la médiation dans un esprit de totale laïcité et de neutralité religieuse. Mais il se trouve que je suis chrétienne et même si je ne l’affiche pas dans ma vie professionnelle, le Nouveau Testament est la source à laquelle je puise chaque jour. C’est pour moi le principal puits d’inspiration, j’en lis quotidiennement des passages. Cela me nourrit bien sûr à beaucoup de niveaux, mais pour faire le lien avec mon métier, cela m’apporte une certaine humilité, l’idée que je ne sais rien. Le médiateur doit se tenir dans cette position de non-pouvoir, n’être que dans le service, le respect, la tolérance… Je trouve dans les Évangiles comment soutenir cette posture. »

(1) Loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice du 23 mars 2019, dite loi Belloubet.

(Extrait de la-croix.com du 17/02/2020)

En savoir plus sur https://www.la-croix.com/France/Justice/Myriam-Bacque-lart-mediation-2020-02-17-1201078750?RelatedContentIds=Article-BB10tPm1,Article-BB10k49b