Beauvais : la grève des bus prend fin à la suite de l’acceptation d’une médiation


« Les sourires étaient de rigueur ce lundi après-midi lors du rassemblement organisé par la CGT devant le dépôt de bus Corolis à Beauvais. Après de longues négociations commencées dans la matinée, les grévistes ont remporté leur bras de fer avec la direction de Beauvaisis Mobilité. « La médiation que nous demandions a été acceptée par la direction, se félicite Aziz Bouraya, délégué CGT. La Direccte désignera un médiateur qui viendra à la rencontre des salariés. Nous avons donc signé le protocole d’accord de fin de grève. » Après une semaine de conflit, les perturbations sont donc terminées. Le trafic des bus de la ville et de l’Agglo reprendra normalement ce mardi pour le plus grand soulagement des usagers. » (Extrait de leparisien.fr/oise-60 du 5/02/2018)

En savoir plus sur http://m.leparisien.fr/oise-60/beauvais-la-greve-des-bus-prend-fin-05-02-2018-7542915.php

Formation continue pour médiateurs/trices : « La place de l’argent dans les familles, les couples et les fratries » à Villars-sur-Glâne / FR


Capture.PNG36.PNGLe GPM organise une formation continue pour médiateurs/trices

« La place de l’argent dans les familles,
les couples et les fratries »

dispensée par Mme Nicole Prieur (France)

L’argent qui circule dans les sphères privées n’est pas que de la monnaie. Il véhicule d’importants enjeux extra-économiques, psychiques et relationnels, qui évoluent et se transforment au cours des différents cycles de la vie de famille (depuis la constitution du couple jusqu’aux héritages). Comment en tenir compte dans le contexte de médiation ? Comment la propre représentation qu’a le médiateur de l’argent, son rapport personnel à l’économique interviennent-ils dans le processus de médiation ?

Nicole Prieur est philosophe, thérapeute familiale, ancienne co-experte près de la Cour d’Appel de Paris, co-directrice du CECCOF-Formation et auteure de nombreux ouvrages sur la famille dont « Petits règlements de comptes et famille », Albin-Michel, et « La famille, l’argent, l’amour », Albin-Michel.

Plus d’information sur son site professionnel : www.parolesdepsy.com

Durée: 1 jour (8h30-17h)

Date: Mercredi 28 mars 2018

Lieu: Villars-sur-Glâne / FR

Délai d’inscription: 5 mars 2018

Prix: Fr. 350.- (Fr. 300.- pour les membres GPM)

Renseignements et inscriptions : http://mediations.ch/formations/formation-continue/

Publication de LA LETTRE DE LA FENAMEF N°27 – 6 février 2018


 

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Lettre à consulter sur http://www.fenamef.asso.fr/

Québec : Pourquoi aller en cour lorsque vous pouvez régler vos litiges en ligne?


« Plus d’un Québécois sur deux achète déjà en ligne. Pourquoi ne seraient-ils pas en mesure également de régler leurs litiges sur le web? Et bien c’est fait. Depuis un peu plus d’un an, l’Office de la protection du consommateur (OPC) propose aux citoyens l’outil PARLe, une plateforme d’aide au règlement des litiges en ligne.

En quoi ça consiste? Cet outil, qui s’inspire d’exemples provenant de la Colombie-Britannique et du Mexique, vise à favoriser l’accès à la justice et la résolution rapide des litiges en matière de consommation au Québec, explique Patrick Lahaie, administrateur d’État chargé de projet pour la médiation en ligne à l’OPC. M. Lahaie viendra justement parler de cette plateforme lors de la conférence Expérience Citoyen, présentée par les Événements Les Affaires, le 13 mars prochain, à Montréal. Il sera accompagné de Marjorie Théberge, vice-présidente aux affaires publiques et organisationnelles à l’OPC.

Déjà une soixantaine de commerçants l’utilisent

Développé en collaboration avec le Laboratoire de cyberjustice de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, la plateforme PARLe bénéficie du soutien technique d’une vingtaine de médiateurs. « Plus d’une soixantaine d’entreprises principalement des magasins à grande surface, des détaillants de meubles et d’électroménagers, des commerçants d’automobiles d’occasion et des commerçants du domaine du voyage ont rejoint la plateforme », signale M. Lahaie.

La plateforme, qui est simple, rapide et surtout gratuite, permet aux consommateurs et aux commerçants de négocier entre eux. Et, s’il y a lieu, de recourir aux services d’un médiateur indépendant, ajoute M. Lahaie.

Une plateforme qui vient désengorger les tribunaux

Cet outil, insiste le conférencier, a pour avantage de désengorger les tribunaux, notamment la Cour des petites créances. De plus, l’autre atout de cette plateforme est son mode de règlement. Puisqu’il facilite la communication en ligne entre le consommateur et le commerçant, la plupart des litiges se règlent désormais au département du service à la clientèle, et non plus dans le bureau du vice-président au service juridique des entreprises.

Slon les statistiques de l’OPC, PARLe a permis de traiter plus de 1680 dossiers depuis son lancement en novembre 2016. Près de sept cas sur dix se sont réglés en ligne. « Mais ce qui nous rend encore plus fiers de ce produit, c’est le taux de satisfaction des utilisateurs qui frôle les 90%. Autrement dit, on peut même supposer que certains litiges se sont réglés en dehors de la plateforme », mentionne M. Lahaie.

Le délai moyen d’un règlement, dit-il, est de 28 jours. « Mais nous avons eu un cas record qui s’est réglé en moins de 20 minutes », indique M. Lahaie. La valeur des litiges a jusqu’à maintenant varié de 50$ à 50 000$. Le montant moyen est toutefois de 2034 $, précise-t-il.

Rayonnement et lien de confiance auprès des citoyens

M. Lahaie tient à souligner que tout ce qui s’écrit sur la plateforme demeure confidentiel entre le consommateur et le commerçant. « Nous sommes convaincus que les entreprises qui joignent PARLe contribuent au rayonnement de leur marque. Elles renforcent le lien de confiance entre elles et les consommateurs », estime M. Lahaie.

En attendant de convaincre davantage d’entreprises québécoises à recourir à ce nouveau service, la plateforme conçue au Québec prend déjà ses aises ailleurs au pays. L’Office ontarien du secteur des condominiums l’a adapté pour sa clientèle depuis l’automne dernier. Certaines organisations européennes se sont également montrées intéressées.  » (Extrait de lesaffaires.com

En savoir plus sur http://www.lesaffaires.com/blogues/evenements-les-affaires/pourquoi-aller-en-cour-lorsque-vous-pouvez-regler-vos-litiges-en-ligne/600289

Publication de La Voix des PIMMS N° 112 – Janvier 2018


 

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Lettre à consulter sur http://www.pimms.org/page.jsp?currentNodeId=8

Médiation sociale : deux médiateurs accompagnent les gens de la rue à Dinan


Depuis un mois, Sandrine et Didier vont à la rencontre des personnes fragilisées en centre-ville. Ce nouveau dispositif les aide à trouver un toit, une aide médicale, un début d’insertion sociale…

  • Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet sont médiateurs sociaux au CCAS. Ils travaillent en partenariat avec la police municipale, les associations et établissements sociaux pour venir en aide aux personnes en situation de précarité dans les rues de Dinan.
    Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet sont médiateurs sociaux au CCAS. Ils travaillent en partenariat avec la police municipale, les associations et établissements sociaux pour venir en aide aux personnes en situation de précarité dans les rues de Dinan. 

Depuis un mois, Sandrine et Didier vont à la rencontre des personnes fragilisées en centre-ville. Ce nouveau dispositif les aide à trouver un toit, une aide médicale, un début d’insertion sociale…

Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet ne passent pas inaperçus dans les rues du centre-ville. Dans le dos de leur manteau en polaire et imperméable, on lit « Médiateur social » écrit en lettres orange. « Cela veut dire que nous accompagnons les personnes en précarité vers la réinsertion sociale », explique Didier, engagé comme Sandrine, au centre communal d’action social (CCAS). Le dispositif est né il y a un mois.

Le couple travaille en partenariat avec les associations locales (Croix-Rouge, Restos du coeur, Secours populaire…) et la police municipale pour orienter, du mieux possible, vers les établissements adaptés.

« Le plus souvent vers le centre d’hébergement d’urgence (CHU) et le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) », poursuit Didier. L’objectif est de connaître les besoins individuels pour tendre vers un accompagnement personnalisé.

Accompagner au quotidien

Du mardi au vendredi et de 10 h 30 à 17 h, Didier et Sandrine arpentent 12 kilomètres par jour de macadam pour rencontrer ces femmes et hommes souvent sans domicile fixe. « Nous allons à la gare, car beaucoup d’entre eux sont seulement de passage à Dinan. »

Parmi les « sédentaires » de la ville, le binôme recense une quinzaine d’individus rencontrée du côté du cinéma, de l’église Saint-Malo et sur la place Duclos. « Ils sont, pour la plupart, en rupture professionnelle, familiale voire atteints de troubles psychiatriques. »

L’équipe dispose d’une voiture pour accompagner les plus vulnérables chez le médecin ou à l’hôpital, si besoin.

Les premiers pas sont « difficiles », reconnaissent les médiateurs. « Les personnes croient que nous allons les dénoncer à la police municipale », parce qu’ils gênent les entrées de commerces, notamment rue Carnot, ou sont alcoolisés. « Nous avons l’impression de les faire fuir alors que nous essayons de créer un climat de confiance en les prenant en considération. »

Certains ne donnent pas leur nom, alors Didier trouve des parades : « J’appelle l’un d’eux Monsieur Barbe. » Sandrine a repéré le talent musical chez quelqu’un et lui a prêté une guitare. Un humour et une bienveillance qui rompt la glace.

Pas que la répression

Le dispositif porte déjà ses fruits. « La semaine dernière, nous avons réussi à convaincre quelqu’un d’intégrer le CHRS. L’homme vit désormais en maison de retraite. » Mais il y a toujours des réticences compréhensibles. « Des couples refusent d’être séparés et certains considèrent le CHU comme une prison, car il y a des horaires à respecter. »

Le maire, Didier Lechien, appuie ce nouveau dispositif : « Il ne s’agit pas d’apporter qu’une réponse répressive envers les gens de la rue. » Il rappelle que la consommation d’alcool sur la voie publique, l’amoncellement des détritus et le rassemblement devant les entrées d’immeuble nécessitent l’intervention de la police municipale. « Il faut aussi un accompagnement vers la voie de la réinsertion. »  – P. Péan- (Extrait de .ouest-france.fr du 18/01/2018)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/dinan-22100/deux-mediateurs-accompagnent-les-gens-de-la-rue-5499335

Article : « La médiation face aux enjeux du numérique et du service public de la justice : quelles perspectives ? » par Natalie Fricero et Fabrice Vert, Dalloz Actualités, 29/01/2018


« La médiation se définit comme un processus structuré par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord avec l’aide d’un tiers, le médiateur (L. n° 95-125, 8 févr. 1995, art. 21). Elle fait partie des modes amiables de résolution des différends (au même titre que la conciliation et la procédure participative assistée par avocat) dont les avantages sont bien connus et qui participent de la justice alternative que les pouvoirs publics encouragent. Le service public n’est pas absent de l’organisation et du fonctionnement de la médiation : les textes encadrent le processus judiciaire ou conventionnel, le juge joue un rôle essentiel de proposition, il intervient pour homologuer l’accord issu d’une médiation et lui conférer la force exécutoire, et pour statuer sur le contentieux de l’exécution forcée de l’accord et sur sa validité en cas de contentieux ultérieur. La médiation entretient des liens évidents avec la justice : elle peut intervenir dans un cadre contractuel en amont de la saisine d’un juge, ou pendant l’instance, ou même après le prononcé d’un jugement !

Contrairement à la justice traditionnelle, qui relève du monopole de l’État, la médiation ne correspond pas à un domaine monopolistique : elle est donc régie par la liberté d’entreprendre des acteurs privés et la liberté contractuelle des parties. Elle est donc directement impactée par les nouveaux modes de régulation sociale que constituent les outils numériques, et les algorithmes. De nombreuses plateformes de médiation en ligne apparaissent, développées par des professionnels du droit (avocats, huissiers de justice, notaires) ou des privés (legal techs). L’ouverture publique des données du service public de la justice (fondée sur la loi du 7 oct. 2016 pour une République du numérique, v. le rapport de la mission d’étude sur l’open data des décisions de justice, présidée par Loïc Cadiet, déc. 2017) permettra d’identifier les solutions statistiquement les plus probables dans un contentieux donné, ce qui offrira au justiciable la possibilité de choisir entre un accord amiable et une décision judiciaire (Synthèse de la CNIL, Comment permettre à l’homme de garder la main ?, déc. 2017, p. 66). Comme le démontre le rapport de l’Institut Montaigne, le numérique remet en question les modes d’accès au service public, son rapport avec les justiciables et finalement la pertinence des modalités d’exercice de ses missions (Justice : faites entrer le numérique, rapport, nov. 2017, prés. par Guy Canivet, p. 81).

Ce contexte suscite de nombreuses questions auxquelles un État de droit doit répondre : comment moderniser la justice pour intégrer le numérique, comment simplifier la justice pour l’adapter aux nouveaux besoins des justiciables, comment garantir aux citoyens un égal accès au juge et un règlement amiable équitable des différends ? Cela revient à poser la question de la place du service public dans l’organisation et le fonctionnement de la justice amiable ou alternative numérique !

Les différents rapports issus des chantiers mis en place par le ministère de la justice, dans le prolongement de la volonté du président de la République de moderniser la justice (v. le discours prononcé à l’audience solennelle de la Cour de cassation du lundi 15 janvier 2018) énoncent de nombreuses propositions permettant au service public de la justice de développer une politique publique ambitieuse relative aux modes amiables de résolution des différends et plus particulièrement de la médiation en ligne. La création au sein du ministère de la justice de structures dédiées aux modes amiables (présentes à la Direction des affaires civiles et du Sceau [DACS], au Service de l’accès au droit et à la justice et de l’aide aux victimes [SADJAV]) révèle que la préoccupation des autorités est de garantir aux justiciables des processus de qualité, respectueux des droits fondamentaux.

Une première méthode pourrait consister à généraliser les expérimentations tentées par les juridictions pour développer la médiation judiciaire et la conciliation, qui s’appuient sur des « unités de médiation » (comme, notamment, la cour d’appel de Paris, celle de Pau ou le tribunal de grande instance de Créteil, dont le président, Stéphane Noel, vient de créer une unité des modes amiables de résolution des différends).

Une autre méthode consisterait à mettre en place une plateforme publique de médiation en ligne, en s’inspirant d’une expérience de médiation en ligne qui articulait la médiation et les procédures judiciaires, conduite avec succès sur le ressort de la cour d’appel de Paris dont les premiers présidents successifs, de Pierre Drai à Chantal Arens en passant par Guy Canivet et Jean-Claude Magendie, ont toujours prôné un développement de la médiation. Il s’agit du Forum des droits sur l’internet, organisme para-public, qui avait développé à partir de 2004 un service gratuit de médiation en ligne. Compétent pour les litiges liés à la société numérique impliquant au moins un particulier, il était saisi plus particulièrement pour les différends en matière de commerce en ligne et de fourniture d’accès à internet.

Le 7 avril 2009, dans le but d’inscrire « la médiation dans la réalité judiciaire », la cour d’appel de Paris avait signé une convention expérimentale avec le Forum des droits sur l’internet. Le bilan de cette expérience, pilotée conjointement par Marie-Françoise Le Tallec, secrétaire générale du Forum, et Fabrice Vert, référent médiation de la Cour, en coopération étroite avec des juges d’instance du ressort a été positif puisque 66 médiations ont été menées sur quelques mois dans le cadre de ce partenariat avec un taux d’accord de 92 %.

Le rapport Delmas-Goyon (Le juge du 21e siècle, déc. 2013) a relevé cette expérience et préconisé de « créer une plate-forme de règlement en ligne des litiges répondant à l’objectif de favoriser, par le recours aux nouvelles technologies numériques, la résolution amiable des conflits » (proposition n° 17). On retrouve cette même idée de création d’une plateforme publique de médiation ou de conciliation en ligne dans le rapport de l’Institut Montaigne : « un portail de saisine de la justice pourrait offrir aux parties de soumettre et de documenter leur conflit sur une plateforme unique – publique – de dialogue et de conciliation rattachée à la juridiction. En cas d’échec, c’est le même dossier qui continue son chemin au sein de la même institution, étant transmis avec tous ses éléments à un juge, en état d’être tranché au regard des règles de droit applicables » (p. 51). Le rapport sur l’amélioration et simplification de la procédure civile (F. Agostini et N. Molfessis), envisageant un recours aux modes amiables à tous les stades de la procédure, préconise d’intéressantes mesures d’organisation et de régulation des modes amiables et, particulièrement, estime que l’institution judiciaire doit se positionner sur cette offre de résolution amiable en ligne. Il insiste sur le fait que le service public doit réguler les dispositifs de résolution en ligne développés par les professions ou le secteur privé (notamment par un agrément des plateformes et l’élaboration d’un cahier des charges, p. 27).

Le rapport sur la transformation numérique (J.-F. Beynel et D. Casas, Chantiers de la justice, janv. 2018) propose une méthode un peu différente : il part du constat d’une offre de modes alternatifs en ligne très diversifiée et novatrice, qui pourrait assurer le traitement de la phase initiale amiable en amont de la saisine du juge. Afin de crédibiliser les acteurs et le processus, le service public de la justice labelliserait les plateformes, afin de s’assurer que les garanties essentielles soient effectives (compétence, déontologie des plateformes). Un Conseil national de la médiation pourrait labelliser les plateformes ?

En conclusion, et en dépit de la variété des propositions, un objectif unique apparaît : celui de placer le service public au centre de la justice alternative, pour permettre à l’État de droit de remplir ses missions régaliennes et de les adapter aux grandes mutations actuelles ! Après le droit d’accès à un tribunal, un nouveau droit de l’homme pourrait émerger, un droit à un règlement équitable numérique… » (Extrait de dalloz-actualite.fr/ du 29/01/2018)

En savoir plus sur https://www.dalloz-actualite.fr/chronique/mediation-face-aux-enjeux-du-numerique-et-du-service-public-de-justice-quelles-perspective#.Wm-nUqjia72

Publication de la Newsletter n° 1. Janvier 2018 de CreE-A.


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« Médiateur social, un métier créateur de valeur et une profession d’avenir » par Alain Brevet (SYME)


« Passée, en moins de quarante ans, du statut d’occupation pour personnes en mal d’insertion à celui de métier à part entière, la médiation sociale est en train d’achever sa mue. D’après le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) : 12 000 personnes exercent une activité de médiation sociale en France dont 4 000 postes d’adultes-relais. Mais obtenir une vue précise de la médiation sociale et des profils qui la composent demeure un exercice délicat. En cause, l’éclatement des structures sur le territoire mais surtout leur hétérogénéité, comme on peut le lire dans La Gazette des communes (1).

Jean-Pierre Bonafé-Schmit parle de la médiation dans les termes suivants : « La médiation vise à responsabiliser les citoyens, à leur permettre d’apprendre à vivre ensemble en respectant leur singularité. (…) C’est un mode de régulation sociale. La médiation a pour objet la gestion de conflits, mais aussi de socialisation en favorisant la (re)construction de communautés “ existentielles” reposant sur un désir de vivre ensemble. Au lieu de s’appuyer sur une idéologie de l’harmonie, la médiation se veut un modèle de justice « compréhensive » qui permet de renouveler le “contrat social” » (2).

Cependant, elle ne reste pas à l’abri de difficultés. Une des principales reste une identité professionnelle confuse. En France, la vision d’une crise sociale déclinée en crise de l’appareil judiciaire, policier et administratif a favorisé une approche de la médiation proche de la logique de sous-traitance, au détriment de la logique d’intégration sociale. Cela n’a pas favorisé la lisibilité de la médiation comme une activité en elle-même avec ses professionnels. Il y a 20 ans par exemple, les emplois-jeune ont permis la naissance de nombreux services autour de la médiation, dont certains furent confortés par la signature des Contrats Locaux de Sécurité. Ce double cadre juridique a pénalisé ces nouveaux métiers d’un manque de repères clairs. D’ailleurs, en 2002, la non-reconduction du dispositif des emplois jeunes n’a pas permis de renouveler les postes de 7000 Agents Locaux de Médiation Sociale. Ainsi en s’appuyant principalement sur des financements d’aide à l’emploi qui vont à l’encontre du développement d’une profession à part entière, le statut d’emploi précaire des jeunes médiateurs sociaux peut constituer une réelle source d’angoisse et donner lieu à un faible sentiment d’appartenance professionnelle.

Ces emplois aidés sont un tremplin vers insertion professionnelle, une transition vers un « vrai métier » après avoir développé des habiletés personnelles de relations humaines et de sens du contact à défaut de qualification initiale certifiant des savoirs-faire dans un domaine.

L’année 2017, un bon cru vers la professionnalisation

La médiation sociale avait mal débuté l’année 2017. Son inscription dans la loi « Égalité et citoyenneté » votée en décembre 2016 au Parlement n’a pas pu se concrétiser. La médiation sociale n’entre pas dans le code de l’action sociale et des familles, son adoption étant contraire à la Constitution. Cependant, « Un processus de maturation du secteur de la médiation sociale est en cours » déclare Laurent Giraud, Directeur de France Médiation (3). Ce réseau s’est lancé dans une démarche de certification qualité auprès de l’AFNOR.

Le métier de médiateur social ne disposait pas de véritable cadre de référence jusqu’à la publication de la première norme AFNOR de référence nationale (Norme XP X60-600). Cette norme expérimentale est le fruit d’un groupe de travail avec l’AFNOR, le CGET et le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et ouvre une porte vers une véritable reconnaissance professionnelle (4).

Nous pouvons regretter qu’il n’existe pas de passerelle entre la médiation conventionnelle et la médiation sociale, et très peu avec le travail social, même si une étude de terrain présentée en décembre 2017 précise que la médiation sociale entend jeter des ponts entre ces médiateurs sociaux et les éducateurs « de rue » professionnels de la prévention spécialisée auprès des jeunes (5).

Un secteur dont la viabilité économie est désormais démontrée

D’un point de vue économique, la médiation sociale vient d’évaluer son empreinte économique. Une étude du cabinet Goodwill auprès d’une association francilienne, Promevil , qui porte sur 2015 et 2016 démontre que la médiation sociale stimule l’activité (6). « On démontre que les emplois aidés, ça sert à l’économie, assure Lamine Thiam. Un euro dépensé par l’Etat dans la médiation sociale peut rapporter 13 fois plus. » Concrètement, les contribuables français ont financé les contrats aidés de Promevil, à hauteur de 1,5 M€ par an, pour un retour sur investissement de 20,2 M€, d’après les auteurs du rapport. Des entreprises privées lorgnent déjà sur ce marché (7).

Si le retour sur investissement de la médiation sociale se dévoile, reste à imaginer des modalités de financement pérennes. Alors que l’Etat a institutionnalisé la pratique dans le cadre de la politique de la ville, en faisant d’une pierre deux coups : améliorer le vivre-ensemble dans des territoires en difficulté tout en y créant de l’emploi, la médiation sociale doit s’appuyer sur d’autres types de financements que l’aide à l’emploi. D’autant plus que le secteur est prometteur.

Un vivier important d’emplois et des besoins en formation

Selon une étude du réseau France médiation, la région Ile-de-France offrirait un gisement d’emplois potentiels, non délocalisables, compris entre 650 et 1 100 postes. En 2011, une étude comparable avait permis de recenser un besoin de 1 000 médiateurs dans la région Hauts-de-France, et six ans plus tard, environ 800 emplois ont été créés dans la région (8). Les besoins de formation à venir sont donc importants. Dans un rapport de 2016 sur les adultes-relais, le Sénat recommande par exemple « le recensement des formations de médiation sociale à l’Inventaire des certifications et des habilitations de la Commission nationale de la certification professionnelle, permettant une reconnaissance officielle des compétences et une prise en charge facilitée par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) » (9). Nous pouvons donc estimer les besoins à 4000 médiateurs environ. Les médiateurs conventionnels et judiciaires ont donc intérêt à suivre l’évolution de ce champ de médiation, afin de faire valoir leurs compétences. Ceci sous réserve que ces compétences puissent être complétées avec la mise en place d’un module optionnel de médiation sociale dans la formation des médiateurs conventionnels.

En conclusion, le métier de médiateur social est désormais structuré par une norme et des formations reconnues et validées par différents ministères (10), une organisation dont les médiateurs et leur syndicat professionnel pourraient s’inspirer dans d’autres champs de médiation. Mais il reste encore du travail à faire pour permettre aux médiateurs sociaux d’accéder à des emplois plus qualifiés, ce qui implique de proposer d’autres modules de formation. Ces sujets pourraient motiver la mise en place d’une commission ‘médiation sociale’ au sein du syndicat professionnel des médiateurs SYME.

Notes

1- La Gazette des communes du 3/11/2017

2- Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT, Les médiations, la médiation, Une contre-culture entre évitement et sanction, L’école des parents, Hors série « la médiation », p. 8, septembre 2002. Dans le même ouvrage, Michèle Guillaume-Hofnung, auteur du « Que-sais-je ? » La médiation, reprend une définition plus large de la médiation empruntée à Jean-François Six dans ‘Le temps des médiateurs’.

3- La Gazette des communes du 8/11/2017

4- AFNOR, Médiation sociale : une première norme volontaire française pose le cadre.  2017. ( normalisation.afnor.org/actualites/mediation-sociale-premiere-norme-volontaire-francaise-pose-cadre )

5- Le rapport « Rapprochement et Partenariat entre Médiation Sociale et Prévention Spécialisée » a été réalisé par Le Réseau des Villes Correspondants de Nuit et de la Médiation Sociale. Décembre 2017

6- Promevil, La new’s 06 : CONFÉRENCE DE PRESSE : Mesure de la performance économique de la médiation sociale pour Promevil. Juin 2017 sur www.promevil.org et : Le parisien du 29/05/2017

7- La Gazette des communes du 2/11/2017 et : Les cahiers du Développement Social Urbain, N°65 premier semestre 2017. Médiation sociale, parlons métier ! P38.

8- Laurent GIRAUD, France Médiation Hélène DUCLOS, Culture et Promotion : Diagnostic territorial sur les gisements d’emplois en médiation sociale dans la région Nord-Pas de Calais. Juillet 2011.

9- Sénat : Le contrat adultes-relais, un dispositif de la ville à préserver. Rapport d’information N° 128 (2016-2017). P 28, Recommandation N°5 : Garantir aux adultes-relais un vrai parcours de formation (www.senat.fr/rap/r16-128/r16-128.html)

10- Notons les formations avec un code ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois) et des CCP (Certificats de compétences professionnelles) du Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Les titres du ministère de l’emploi : Technicien (e) de Médiation services, de niveau IV, Agent (e) de Médiation, Information, Services (AMIS), de niveau V. Le diplôme du ministère de l’éducation nationale : CAP d’agent de prévention et de médiation, de niveau V. Le diplôme du ministère chargé de l’enseignement supérieur : Master Sciences Humaines et Sociales Mention Sociologie Spécialité: Médiation, intervention sociale (MIS), de niveau I.

Bibliographie

Sophie Divay. La médiation sociale : une professionnalisation inachevée. Knowledge, Work & Society, 2005.

Jean-Edouard Grésy : Pratiques professionnelles de la médiation sociale Editions France Médiation, mai 2011.

Projet européen ArleKin pour la création de cet espace européen de la médiation sociale : Etat des lieux de la Médiation pour l’Inclusion Sociale (MIS) dans les pays partenaires. 2013

Rapport final de la recherche-action : Valoriser les interventions des médiateurs sociaux et culturels Cabinet KiMSO Janvier 2016. (Sur www.professionbanlieue.org)

Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) – Enquête Adultes-relais 2015 – synthèse nationale. Octobre 2015.

Sites utiles

www.francemediation.fr
www.cget.gouv.fr/citoyennete/mediation-sociale
www.cree-a.eu

(Extrait de syme.eu du 7/01%2018)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/21796-mediateur-social-un-metier-createur-de-valeur-et-une-profession-d-avenir

Colloque : médiation et entreprise – 26 Janvier 2018 – université de Limoges


 

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« La médiation, mode alternatif de résolution des différends, est un mécanisme désormais bien connu en Droit. L’entreprise apparaît comme l’un des lieux privilégiés de son application, qu’il s’agisse d’aplanir un différend dans ses relations tant internes qu’externes. Toutefois le concept de médiation apparaît beaucoup moins familier en Sciences de gestion qu’en Droit.

C’est la raison pour laquelle, dans une démarche innovante associant des universitaires juristes et gestionnaires, les étudiants des deux Master 2 DEPP (Droit de l’Entreprise et des Patrimoines Professionnels) et MAE (Management et Administration des Entreprises) et différents professionnels, nous avons souhaité porter un regard croisé et bi-disciplinaire sur la médiation.

L’objet de cette journée d’étude consiste ainsi en une analyse de la place réelle de la médiation dans les entreprises et plus largement dans les organisations, afin de déterminer si elle constitue un outil mobilisé par ces entités dans les relations avec leurs différentes parties prenantes (salariés, clients, partenaires extérieurs…). (Extrait de fdse.unilim.)

En savoir plus sur http://www.fdse.unilim.fr/article1098.html

Rave-party: un médiateur à l’écoute des fêtards dans la région de Beauvais


 

En 2017, seulement trois rassemblements festifs, type free-party, ont eu lieu dans l’Oise. « Désormais, ce sont des micro-rassemblements où la sécurité des participants n’est pas toujours garantie » selon le médiateur de l’Oise.  (photo d’illustration)

« Ni préfet, ni gendarme, Aurélien Mollet est l’un des 72 médiateurs départementaux nommés pour faciliter le dialogue entre l’État et les organisateurs de fêtes de musiques électroniques.

D’un côté, des fêtards qui en ont assez des saisies de matériel par les forces de l’ordre et de l’autre, les services de l’État qui craignent des accidents. Depuis 2013, Aurélien Mollet, 40 ans, est chargé de la médiation entre les deux, pour l’Oise. Cette nomination faisait suite à la tragédie de Boran-sur-Oise. Le corps d’un jeune homme avait été retrouvé au pied d’une falaise de la carrière de chaux dans laquelle se tenait une rave illégale.

En cinq ans, Aurélien Mollet, conseiller d’éducation populaire et de la jeunesse, rattaché à la direction départementale de la cohésion sociale, n’a été sollicité qu’une seule fois… Et pour cause. Les organisateurs et associations ne connaissaient pas son existence, il y a encore quelques mois.

Il a fallu attendre octobre dernier, avec la nomination officielle, par l’État, de 72 médiateurs départementaux pour que des contacts puissent enfin être établis entre ces deux mondes que tout semble opposer.

Depuis 2001 et l’amendement Mariani, une déclaration préalable en préfecture est obligatoire au-delà des 500 participants d’une rave-party. Un dispositif qui, même en étant respecté, ne donne pas entière satisfaction aux organisateurs.

Comme je ne suis ni le préfet, ni un gendarme, j’espère que cela facilitera le dialogue. Tout le monde doit être gagnant : les organisateurs qui éviteront des saisies de matériel et l’État qui pourra assurer la sécurité en amont  », confie le médiateur oisien. Et concernant les substances illégales ? «  Bien sûr, il y a des substances, tous ne tournent pas à la menthe à l’eau. Mais leur première motivation reste la musique. L’organisateur, sa crainte, c’est la saisie de ses enceintes.  »

S’il y a dix ans, l’Oise était une terre de free-parties, en 2017, seuls trois événements de ce type ont été recensés. «  On voit désormais plus de micro-rassemblements. C’est plus difficile, dans ces conditions, pour des associations comme le Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (CAARUD), de mener leur campagne de prévention sur le terrain.  » Les premiers retours de ces expériences de médiation, dans les autres départements, se sont avérés positifs. Reste à faire le premier pas. -F. Dollé »  (Extrait de courrier-picard du 6/01/2018)

En savoir plus sur http://www.courrier-picard.fr/81855/article/2018-01-06/rave-party-un-mediateur-lecoute-des-fetards