« Face aux tensions qui perturbent le climat scolaire dans certains quartiers populaires, la Métropole de Lyon prolonge son dispositif de médiation sociale dans trois collèges REP+. Une décision appuyée par les résultats encourageants de la première année d’expérimentation.
La Métropole de Lyon confirme son engagement pour la tranquillité scolaire en renouvelant l’expérimentation de médiation sociale dans trois collèges REP+ : Henri-Longchambon (Lyon 8ᵉ), Simone-Lagrange (Vaulx-en-Velin/Villeurbanne) et Paul-Éluard (Vénissieux). Portée par l’association ALTM, cette initiative s’inscrit dans les priorités du Contrat de ville 2024-2030, qui met l’accent sur la présence humaine de proximité, la prévention et l’accompagnement des familles. » (Extrait de lyoncapitale.fr du 18/11/2025)
« Afin d’améliorer l’accès aux droits de santé, à la prévention, aux dépistages et aux soins des personnes résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, l’ARS s’appuie sur le dispositif adulte-relais depuis 2011 en co-finançant avec la préfecture des postes de médiateurs sociaux dédiés à la santé.
Créé en avril 2000, le dispositif adulte-relais, outil de la politique de la ville, nait dans un contexte de redéploiement des interventions de l’Etat visant à renforcer les liens entre les habitants et améliorer leurs rapports avec les institutions. Il s’inscrit dans une double logique :
Améliorer, dans les quartiers relevant de la politique de la ville, les rapports sociaux dans les espaces publics ou collectifs, ou entre les habitants et les services publics ;
Favoriser l’insertion professionnelle des médiateurs bénéficiant de la mesure ≪ adulte-relais ≫ a l’issue de leur(s) contrat(s).
Qu’est-ce que la médiation santé ?
La médiation santé se définit comme une interface de proximité pour faciliter l’accès aux droits, à la prévention et aux soins, assurée auprès d’un public par une personne de confiance, issue de ce public ou proche de lui, compétente et formée à cette fonction d’information, d’orientation et d’accompagnement. Le médiateur santé crée du lien entre «l’offre» (ou système de santé) et une population qui éprouve des difficultés à y accéder.
La médiation santé s’inscrit dans le cadre générique de la médiation sociale. Il s’agit d’un métier à part entière et non d’une fonction médiatrice annexe, qui s’appuie sur une formation spécifique, un référentiel précis et un cadre éthique et déontologique formalisé par une charte. » (Extrait de hauts-de-france.ars.sante.fr du 2/07/2025)
L’apparition des médiateurs sociaux dans certains quartiers ou espaces publics, les conditions de leur recrutement et de leur activité interrogent leur reconnaissance professionnelle. Conduits à créer leur métier à partir d’eux-mêmes, sur la base de leur vécu passé et au coup par coup des interventions, leur identité professionnelle ne peut se démarquer de leur identité personnelle. Ils représentent donc un cas spécifique, mais emblématique, où une personnalisation particulière du rapport au travail pose le double problème de l’institutionnalisation et de la professionnalisation de cette activité. Le contexte d’apparition et celui de l’évolution de la médiation sociale, le manque de définition des missions confiées, les compétences attendues ainsi que celles mobilisées, la possibilité, enfin, d’entrevoir une carrière seront analysés. Les ambiguïtés d’une telle reconnaissance permettront d’esquisser les voies étroites d’une institutionnalisation et d’une forme nouvelle de professionnalisme.
The emergence of social mediators in some urban areas and public spaces, the way they are recruited and the way they conduct their activity call into question their professional recognition. By having to create their work by and from themselves, from their real-life experience and in an ad hoc way, their professional identity cannot be separated form their personal identity. In such conditions, they represent a special but very emblematic situation, in which personalisation of work leads to the specific problems of institutionalization and professionalization. We will analyze the context in which social mediation emerges and develops, as well as the lack of definition of its missions, the competences it requires, and, finally, the possibility for mediators to plan a career. The ambiguities of such recognition will allow us to outline the narrow ways of an institutionalization towards a new form of professionalism.
¿ Ser unomismo puede ser profesional ? El caso de los mediadores sociales La aparición de mediadores sociales en ciertos barrios o espacios públicos, las condiciones de su recrutamiento y de su actividad plantean el problema de su reconocimiento profesional. Conducidos a crear su profesión a partir de ellos mismos, sobre la base de su experiencia pasada y a medida de cada intervención, su identidad profesional no puede desmarcarse de su identidad personal. Ellos representan, por lo tanto, un caso particular, pero emblemático, donde una personalización particular de la relación al trabajo plantea el doble problema de la institucionalización y de la profesionalización de esta actividad. El contexto de aparición y el de la evolución de la mediación social, la falta de definición de las misiones confiadas, la posibilidad, en fin, de proyectar una carrera serán analizadas. Las ambigüedades de un tel reconocimiento permitirán de esbozar las vías estrechas de una institucionalización y de una nueva forma de profesionalismo. » (extrait)
« Bénéficiant du soutien du Fonds Social Européen ainsi que du ministère chargé de la Ville, sous le pilotage de l’ANCT – Agence nationale de la cohésion des territoires, France Médiation conduit une démarche d’évaluation nationale visant à mesurer les impacts de la médiation sociale.
Réalisée à partir du référentiel actualisé de l’utilité sociale de la médiation sociale, cette démarche d’évaluation comporte deux volets : D’une part, une étude de l’utilité sociale des dispositifs pour les bénéficiaires, contributeurs financiers, partenaires opérationnels et salarié.es des structures. D’autre part, une étude des richesses produites, visant à quantifier monétairement les effets induits par les actions de médiation sociale.
« Depuis plus d’une trentaine d’années, il est fait référence à la médiation sociale comme mode de réponse à des situations très diverses, voire comme « la » réponse quand la parole publique ne passe plus. De quoi s’agit-il ? Pourquoi fait-on appel à cette fonction – ou à ce terme – de façon si fréquente et dans des contextes multiples ?
En fait, la médiation apparaît dans un double mouvement.
Une médiation institutionnelle : ce terme est utilisé pour la première fois dans le cadre d’une fonction officielle, en 1973, avec la création du Médiateur de la République. Quelques années plus tard, apparaissent les premiers médiateurs dans les conflits sociaux.
Une médiation « citoyenne », née dans les années 1980 au sein même des groupes sociaux de milieux populaires : les femmes relais, les grands frères (Extrait)
L’année 2024 a été une année particulièrement importante pour la médiation sociale avec le vote de la proposition de loi visant à reconnaître les métiers de la médiation sociale, le 29 janvier 2024 à l’Assemblée Nationale, à l’unanimité des députés présents. Les adhérents de France Médiation ont participé activement à la construction et à la valorisation de ce projet de loi. Nous attendons maintenant de voir cette proposition de loi en débat au Sénat. Cette année a vu aussi la poursuite des travaux de l’observatoire de la médiation sociale avec le rendu de l’État des lieux qui apporte une analyse pertinente des structures de médiation sociale et des postes de médiateurs, la réactualisation du référentiel d’évaluation de l’utilité sociale avec 6 nouveaux registres et le démarrage de l’évaluation dans 3 territoires. D’autres belles actions ont été menées durant cette année notamment dans le cadre du partenariat national avec l’organisation des 6 webinaires, en partenariat avec l’ANCT qui rassemble en moyenne plus de 300 participants. Ces temps d’échanges sont une source de satisfaction pour les médiateurs sociaux. Je n’oublie pas tout le travail réalisé dans les territoires à travers les missions régionales d’appui dans les Hauts-de-France et en Nouvelle-Aquitaine et les nouvelles coopérations avec notamment d’autres réseaux et partenaires de l’ESS. Je souhaite aussi mettre en lumière le service formation notamment tout le travail de renouvellement de la certification Qualiopi qui a mobilisé une grande partie de l’équipe et aussi le service communication qui a su intensifier la présence de France Médiation sur les réseaux. Vous le voyez, France Médiation est reconnu pour son expertise, son savoir-faire en matière d’ingénierie, de conception et de développement de projet de médiation sociale et est aujourd’hui considéré comme un véritable lieu-ressource. C’est pourquoi, 6 nouvelles structures ont adhéré à France Médiation. Je remercie toute l’équipe qui a œuvré à la réussite de notre projet. Nous avons tous en commun l’envie de faire avancer nos valeurs au service d’une ambition commune : le faire et le vivre-ensemble.
« Aux beaux jours, la médiation municipale reprend du service à Rennes. Des agents et agentes de la ville et la métropole arpentent les rues et parcs à la rencontre de la population. Leur rôle : informer sur la réglementation dans l’espace public, assurer le respect de l’environnement et la tranquillité publique, réguler les nuisances.
Près du centre social Carrefour 18, des rires s’échappent d’un groupe de personnes installées sur l’herbe. Ils et elles profitent des premières douceurs estivales : ciel bleu, soleil, bonne humeur, apéro et palets bretons.
Stéphanie Locussolle, agente municipale, les informe gentiment : « En quittant les lieux, pensez à jeter vos déchets dans les grandes bennes, puisqu’il n’y a plus de poubelles. » Une jeune femme, tout sourire, la rassure : « Oui, c’est prévu ! »
Environnement et tranquillité
Cette scène se déroule un jeudi du mois de mai, en fin de journée. Trois de celles et ceux qu’on appelle les médiatrices et médiateurs municipaux parcourent les quartiers sud de Rennes, à la rencontre des habitants et habitantes.
Leur mission : sensibiliser au respect de l’environnement, de la tranquillité publique, des autres usagers par le dialogue, l’écoute et la responsabilisation. En bref, « informer, jamais réprimer », résume Dominique Morel, du Service prévention de la délinquance et médiations. » (Extrait de
« À la suite des émeutes urbaines de juin 2023, le Comité interministériel des villes (CIV) du 27 octobre 2023 a fixé pour objectif de renforcer la présence humaine dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), en simplifiant et en accompagnant la professionnalisation des adultes-relais (AR), outil central de la politique de la ville depuis vingt-cinq ans. Les ministres ont confié sur ce sujet en 2024 une mission à l’IGAS, l’IGA et l’IGEDD.
Ce rapport, appuyé sur l’audition sur le terrain de plus de cent soixante personnes, constitue la première évaluation de politique publique sur les adultes-relais depuis l’origine de ce dispositif en 1999.
4 500 adultes-relais sur le territoire
Régis par le Code du travail, les adultes-relais ont un double objectif : faciliter l’insertion professionnelle des titulaires de ces contrats et développer la médiation sociale dans les QPV, c’est-à-dire améliorer les relations entre les habitants de ces quartiers et les services publics ainsi que les rapports sociaux dans les espaces publics ou collectifs. Environ 4 500 adultes-relais étaient en fonction sur l’ensemble du territoire national fin 2023, avec un financement de l’Etat de l’ordre de 85 millions d’euros et une participation de l’Etat d’un montant fixe unitaire de 22 810 euros par an pour chaque poste.
Un dispositif largement plébiscité
Le dispositif des adultes-relais, dans sa forme actuelle, est plébiscité par la plupart des acteurs auditionnés. Même si des ajustements se révèlent nécessaires, l’intuition initiale qui avait donné lieu à sa création, à savoir « développer la médiation sociale dans les quartiers », apparaît plus que jamais pertinente. Les trajectoires des adultes-relais sont encourageantes en termes d’insertion et de promotion sociale et la logique d’insertion des adultes-relais ne doit pas être abandonnée.
La question de la durée du contrat d’adulte-relais (trois ans minimum renouvelables) est cruciale pour l’efficacité des actions de médiation engagées. En effet, les contacts se construisent dans la durée et il peut être long de gagner, dans un quartier, la confiance des habitants. En conséquence, la mission écarte l’hypothèse d’une modification sur ce point.
Des acteurs clés de la médiation sociale
Le rapport formule quinze propositions de nature à conforter le dispositif, de sorte de permettre, d’une part, aux adultes-relais de vivre pleinement leur mission, comme celle de fer de lance de la République dans les quartiers où ils travaillent, et, d’autre part, aux usagers de s’appuyer sur un réseau territorial efficace de médiateurs de terrain. » (Extrait igas.gouv.fr)