« La scolarisation des enfants vivant en bidonville, traditionnellement très faible, a plus que doublé depuis le déploiement en 2020 d’un réseau de 40 médiateurs, chargés d’aller à la rencontre des familles, selon un bilan rendu public jeudi 22 juin 2023.
Sur les quelque 7 000 enfants résidant en squats ou bidonvilles – des Roms en grande majorité -, seuls 1 430 étaient scolarisés en 2019. Mais ce nombre a grimpé à 3 202 pendant l’année scolaire 2021-2022, après le déploiement de ces médiateurs dans 15 départements, a souligné la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal), qui pilote ce programme, lors d’une conférence organisée jeudi 22 juin 2023 à Paris pour en dresser un premier bilan. » (Extrait de weka.fr/actualite 26/06/2023)
« Intervention devant les établissements, lutte contre l’absentéisme et contrôle de l’instruction à domicile sont les principales missions des médiateurs scolaires qui travaillent pour la Ville, en lien avec l’Education nationale et la préfecture.
La Ville de Béziers, en lien avec l’Education nationale et la préfecture, a relancé le service Médiation scolaire, il y a deux ans. « Avec et après le Covid, c’est devenu plus compliqué notamment concernant l’absentéisme scolaire, explique Alberte Frey, l’adjointe en charge des affaires scolaires. » (Extrait de midilibre.fr du 5/09/2023)
L’année 2022 a été une période très intense pour la médiation. L’augmentation du nombre de saisines s’est poursuivie, mais c’est surtout la tonalité générale de ces saisines, l’anxiété et l’âpreté parfois qui s’y expriment, qui donnent le sentiment d’un climat de tension exacerbé.
L’École et l’Université sont le réceptacle de nombreuses tensions sociétales. Après la crise sanitaire, la perte de certains repères traditionnels a accentué les inégalités et favorisé la montée des individualismes, des incivilités et des violences. Le besoin d’écoute, d’explications et d’équité devient de plus en plus pressant chez les élèves, les parents et les étudiants, qui souhaitent être mieux associés aux décisions les concernant, mais également chez les personnels, qui ont de plus en plus de mal à faire face à cette nouvelle donne et font état parfois, dans leurs réclamations, d’un sentiment d’insécurité, d’un manque de reconnaissance et de perspectives d’avenir. En outre, la complexité de certaines procédures administratives dématérialisées crée une forme d’opacité et engendre de la défiance chez les usagers vis-à-vis des responsables publics, tandis qu’une sensation d’épuisement professionnel s’exprime chez un certain nombre d’agents, au sein de l’administration comme dans les établissements scolaires, créant du découragement et de la démotivation.
L’École reste cependant le premier espace de vie sociale et de cohésion pour la plupart des enfants et des jeunes ; à ce titre, elle doit pouvoir continuer à jouer pleinement son rôle structurant en intégrant des publics d’une diversité de plus en plus grande, en fixant des cadres et des objectifs communs, tout en respectant les droits, les besoins particuliers et les aspirations légitimes de chacun.
Dans ce contexte, la médiation a poursuivi sa mission d’écoute, de conseil et d’apaisement. Elle a également entrepris d’améliorer la qualité de l’accès à ses services en modernisant ses outils de communication et de suivi, et en renforçant son réseau de médiateurs académiques. Son action doit en effet répondre à un triple enjeu
un enjeu social, parce qu’elle accompagne prioritairement les personnes les plus vulnérables, éloignées des services publics, gagnées parfois par l’amertume ou le ressentiment, pour leur faire retrouver confiance dans l’institution et s’inscrire dans une approche plus constructive de leurs difficultés ;
un enjeu démocratique, qui réside dans la possibilité de débattre, de comprendre et de faire valoir ses droits dans un univers administratif de plus en plus complexe et déshumanisé ;
un enjeu pédagogique, celui de diffuser la culture de la médiation à tous les étages du système éducatif, en encourageant, en particulier, dès les petites classes, le développement de compétences et de valeurs humanistes préparant les enfants à vivre ensemble et à coopérer.
Je tiens à saluer ici l’engagement de tous les médiateurs académiques qui œuvrent sans relâche, et tout au long de l’année, à maintenir le lien de confiance et à créer des espaces de dialogue entre les usagers, l’administration et tous les acteurs du système éducatif.
Aux côtés du pôle national, ils ont contribué à la rédaction de ce rapport qui est aussi la photographie de leur activité, fondée sur l’écoute bienveillante et la disponibilité, ainsi que sur une volonté farouche de ne jamais laisser prospérer une situation pouvant porter atteinte aux droits fondamentaux ou à la dignité des personnes.
Catherine Becchetti-Bizot Médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur
Rapport 2022 de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur
L’activité 2022 des médiateurs en chiffres
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Réduire les conflits en établissement : une responsabilité collective ?
Affectations et mutation : vers une mobilité consentie – Focus sur les académies d’Outre-mer
« Depuis une vingtaine d’années, la bibliothécaire de l’école André-Malraux forme des élèves à la gestion de conflits, convaincue que les enfants sont les plus à même de comprendre leurs pairs.
La clé ? S’imaginer en enquêteur. Ne pas se laisser aveugler par les apparences et creuser. Que s’est-il passé ? Quand ? Où ? Quelle est l’interprétation de chacun ? Les médiateurs de l’école André-Malraux de Courbevoie (Hauts-de-Seine) sont de petits Sherlock Holmes dotés d’une noble mission : résoudre les conflits de leurs camarades. Leur uniforme ? Un dossard vert avec la lettre «M», qu’ils enfilent lors des récréations.
Avant d’en arriver là, ils doivent suivre trois journées de formation. A la manœuvre : Françoise Raguin, la BCDiste, autrement dit la bibliothécaire de l’école, employée par la ville. «Je suis comme Obélix, je suis tombée dans la marmite de la médiation», dit celle que tout le monde appelle Fanfoune. Vingt-deux ans que la potion fait effet. Vingt-deux ans que cette école installée au pied des tours de la Défense fait de la prévention du harcèlement scolaire par la médiation son mantra. «On a eu trois ou quatre cas de harcèlement sur une vingtaine d’années. Ici, les enfants parlent», se félicite Françoise Raguin, qui forme également des enseignants dans d’autres écoles avec l’association Médiacteurs. » -E. Maudet – (Extrait de liberation.fr du 9/05/2023)
« M. Michel Dagbert attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur le dispositif « médiateur à l’école ».
Celui-ci, mis en place en 2012, vise à développer la présence de médiateurs sociaux en milieu scolaire, pour écouter, dialoguer, prévenir et gérer les situations conflictuelles et accompagner des projets.
Les médiateurs sociaux, présents sur le terrain dans une démarche « d’aller vers » et de « faire avec », jouent un rôle majeur et ont obtenu de réels résultats en matière de prévention et gestion des violences et du harcèlement, lutte contre l’absentéisme et la création d’une culture du dialogue et de la tolérance.
Coordonné par France Médiation, le dispositif « médiateur à l’école » a connu un réel succès : l’objectif initial fixé de 55 projets développés a été largement dépassé, avec 117 projets au total. Ces projets se déploient sur des territoires cibles, au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), des réseaux d’éducation prioritaire REP et REP+, dans les cités éducatives ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).
Par ailleurs, deux évaluations (l’une par le laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po Paris en 2014, la seconde par le cabinet TransFormation en 2023) ont confirmé l’intérêt de ce type d’approche et souligné ses résultats dans la lutte contre le harcèlement et les violences ainsi que sur le développement des compétences psychosociales des enfants.
Alors que l’engagement de l’État à financer le projet durant trois ans arrive à son terme, il lui demande de bien vouloir lui indiquer si le Gouvernement entend le prolonger et les mesures qu’il entend mettre en oeuvre afin que cette mission de médiation sociale à l’école perdure.
Publiée dans le JO Sénat du 22/06/2023 – page 3865
En attente de réponse du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse. (Extrait de senat.fr du 24/06/2023)
« La médiation par les pairs permet, sinon d’éviter des conflits, au moins de les atténuer. Au collège Alain-Fournier, tous les élèves à partir de la cinquième participent à une formation obligatoire de médiation.
Pour la seconde année consécutive, les élèves de cinquième ont découvert la médiation par les pairs.
Chloé Delmas, professeure de français et référente de ce dispositif au collège Alain-Fournier avec plusieurs de ses collègues, a formé ces jeunes au cours de quatre demi-journées obligatoires. Le but : « empêcher les violences morales et physiques. Nous leurs apprenons d’abord à mettre des mots sur leurs émotions, à se mettre à nu, pour bien comprendre nos valeurs et les valeurs des autres et comment ils fonctionnent. La communication non-violente, surtout verbale, est très importante pour échanger dans la sérénité. On touche à l’humain ». Parmi ces jeunes, une dizaine d’entre eux a été volontaire pour devenir médiateur avec une demi-journée de formation complémentaire. « La médiation commence avec les élèves de cinquième, qui connaissent bien l’établissement. Avec cette seconde promotion, tous les élèves du collège auront appris la médiation en 2024. » (Extrait de larep.fr 20/06/2023)
« La lutte contre le harcèlement scolaire, « priorité absolue » de la rentrée 2023 ? Un mois après le suicide de la jeune Lindsay, cette adolescente de 13 ans harcelée par des camarades de classe dans un collège du Pas-de-Calais, la Première ministre, Élisabeth Borne, affiche sa fermeté et annonce « une réponse interministérielle d’ici juillet ».
Suite à l’affaire Lindsay, vous interpellez Élisabeth Borne sur les moyens à mettre en œuvre contre le harcèlement scolaire. Quel est votre message ?
Notre réseau pilote depuis 2012 un projet de médiation sociale en milieu scolaire à l’échelle nationale. Ce dispositif représente 196 postes répartis dans 384 établissements scolaires sur l’ensemble du territoire, soit une couverture de 185 000 élèves.
’un des objectifs prioritaires de ces médiateurs est de prévenir et de gérer les violences à l’école, au premier rang desquelles le harcèlement et le cyberharcèlement. Et les résultats sont spectaculaires.
C’est pourquoi, nous appelons la Première ministre à soutenir ce dispositif et à y mettre les moyens. D’autant plus qu’une partie des aides de financement arrivent à terme à la fin du mois de juin. » (Extrait de lagazettedescommunes.com du 19/9/2023)
« Ce mercredi 7 juin, douze élèves du collège Maffre Baugé de Paulhan ont reçu leur diplôme de médiateurs scolaires des mains de Claude Valéro, vice-président de la communauté de communes du Clermontais, et en présence des parents d’élèves et de la direction du collège.
Les élèves médiateurs sont volontaires et formés pour cette mission. Celle-ci permet d’enrayer la violence verbale et parfois physique entre élèves par la méthode de la médiation sociale. Elle permet une véritable éducation à la citoyenneté, favorise une communication.
Le dispositif, qui existe depuis dix-huit ans, a permis à plus de 1 600 enfants de devenir médiateurs scolaires.
Mais cette année est sa toute dernière : L’Éducation nationale remplacera ce dispositif par le Projet de lutte contre le harcèlement « Phare ». (Extrait de midilibre.fr du 6/06/2023)
RÉSUMÉ La présente étude avait pour but de déterminer si un programme de prévention de la violence par l’entraînement aux habiletés en résolution de conflits et en médiation pouvait avoir une incidence sur la motivation scolaire et le sentiment d’appartenance à l’école. De par ses trois missions fondamentales (instruire, qualifier et socialiser), l’école québécoise est pour l’élève à la fois un milieu de vie et un milieu d’apprentissage. Toutefois, des problèmes de comportement et de motivation à apprendre peuvent freiner la réussite de certains jeunes. Pour remédier à la situation, des programmes visant à améliorer le comportement des élèves et à prévenir la violence à l’école ont été mis sur pied et évalués, indiquant une amélioration de certains comportements. Quelques études ont aussi noté une corrélation entre ces programmes et la motivation à apprendre. Sachant que l’adoption de buts de maîtrise et le sentiment d’appartenance à l’école sont des variables qui agissent positivement sur la motivation à apprendre, il est pertinent de se demander si un tel programme peut avoir une incidence sur ces variables. Des analyses secondaires de données issues du Rapport final d’évaluation des impacts du programme Vers le pacifique pour les quatre années de sa mise en œuvre (Bowen, 2006) ont été effectuées afin de vérifier si le programme Vers le Pacifique avait un impact sur les buts de maîtrise et le sentiment d’appartenance et déterminer quels comportements appris grâce au programme agissaient sur ces deux mêmes variables. De plus, le sexe des participants, ainsi que le niveau d’implantation du programme dans les écoles, ont été considérés dans les analyses. Les résultats aux analyses de variance ont révélé que le programme Vers le pacifique n’avait pas d’incidence sur les buts de maîtrise et le sentiment d’appartenance. Peu importe le groupe et le sexe, les buts de maîtrise et le sentiment d’appartenance ont diminué au deuxième temps de mesure. Toutefois, un des comportements appris grâce à Vers le pacifique, la gestion des émotions, agit positivement sur l’adoption de buts de maîtrise. À la lumière de ces résultats, qui cadrent avec certaines théories présentes dans la littérature, il est recommandé aux praticiens d’intégrer de manière plus explicite un volet motivationnel au programme Vers le pacifique, dans le but de contrer la diminution des buts de maîtrise et du sentiment d’appartenance et ainsi favoriser le développement de la motivation à apprendre et la réussite scolaire. Mots clés : Résolution de conflits – Buts de maîtrise – Sentiment d’appartenance