Une délégation du Conseil de sécurité est arrivée samedi à Bamako pour pousser le Mali à revenir à un pouvoir civil après deux putschs en neuf mois dans ce pays, théâtre de violences jihadistes et communautaires, a constaté un journaliste de l’AFP.
« La délégation, accueillie par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, est co-dirigée par l’ambassadeur du Niger auprès des Nations Unies, Abdou Abarry, et son homologue français Nicolas de Rivière, et comprend notamment l’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-Greenfield.
Elle doit rencontrer samedi et dimanche les autorités maliennes, des représentants de la société civile et des groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015, selon le programme officiel.
Parallèlement, une délégation de la junte malienne dirigée par le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel Ismaël Wagué, a rencontré vendredi et samedi à Alger des chefs de groupes armés, indique la médiation algérienne dans un communiqué, sans précision sur ces groupes.
La rencontre « était extrêmement importante dans la mesure où elle intervient à un moment où les tensions étaient palpables entre les différentes parties signataires de l’accord » de paix, a dit, sans autres détails, le colonel Wagué, cité samedi par l’agence officielle algérienne.
La visite du Conseil de sécurité au Mali a lieu au moment où les autorités de la transition affichent ouvertement leur volonté de reporter l’élection présidentielle prévue le 27 février – une date imposée par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) – pour un retour à un pouvoir civil. Le Conseil de sécurité de l’ONU veut un respect des délais électoraux, après les deux putschs d’août 2020 et de mai 2021. » (Extrait de afriquinfos.com du 24/10/221)
« Dans le cadre de la mise en application des recommandations de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenue le 19 juin 2021 à Accra au Ghana, une mission de haut niveau conduite par S.E.M. GOODLUCK EBELE JONATHAN, ancien Président de la République Fédérale du Nigéria, Envoyé Spécial et Médiateur de la CEDEAO au Mali, a séjourné au Mali du 5 au 7 septembre 2021.
2. Cette mission avait pour but d’évaluer le processus de transition et particulièrement les progrès dans la préparation des élections prévues se tenir en février 2022, conformément au délai accordé par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO en sa Session Extraordinaire du 15 septembre 2020. Elle vise également à apporter le soutien de la CEDEAO dans la mise en œuvre effective des actions prioritaires inscrites dans le plan d’action du Gouvernement.
3. La délégation du Médiateur de la CEDEAO S.E.M. Goodluck Ebele JONATHAN est composée de S.E.M. Shirley Ayorkor BOTCHWEY, Ministre des Affaires Étrangères et de l’Intégration Régionale de la République du Ghana et Présidente du Conseil des Ministres de la CEDEAO, de S.E.M. Jean-Claude Kassi BROU, Président de la Commission de la CEDEAO, du Général Francis A. BEHANZIN, Commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO et du Professeur Hamidou BOLY, Représentant du Président de la Commission de la CEDEAO au Mali. Ont également assisté aux rencontres avec les parties prenantes, S.E.M. El Ghassim WANE, Représentant spécial du Secrétaire-général des Nations Unies au Mali, Chef de la Mission multidimensionnelle pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), Monsieur Maman Sambo Sidikou , Chef de la Mission de l’Union Africaine au Sahel (MISAHEL), S.E.M. Chikézie NWACHUKWU, Ambassadeur de la République fédérale du Nigéria au Mali et l’Ambassadeur de la République du Ghana au Mali, S.E.M. Napoléon Abdulai.
4. La Mission de la CEDEAO a rendu une visite de courtoisie au Président de la transition, le Colonel Assimi GOITA et a tenu une séance de travail avec Monsieur Choguel MAIGA, Premier Ministre de la transition entouré de plusieurs membres du Gouvernement. Elle a également eu des consultations avec les membres du Comité local de suivi et les membres du Corps diplomatique accrédités au Mali. La délégation a eu des entretiens avec les Forces Vives de la Nation à savoir les acteurs politiques, les signataires de l’Accord d’Alger, les organisations de la Société Civile et les Chefs religieux.
5. La Mission a félicité le Gouvernement pour le calme relatif observé dans le pays depuis la mise en place du deuxième Gouvernement de la Transition et a pris note de la levée des mesures de restriction concernant l’Ancien Président de la Transition, S.E.M Bah N’DAW et l’Ancien Premier ministre, Monsieur Moctar OUANE. Elle a apprécié l’expression renouvelée des autorités de la transition à respecter la période convenue de la transition devant la communauté internationale.
6. Toutefois, la Mission reste préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral.
7. La mission a rappelé l’importance du respect de la date des élections annoncée, afin de montrer la crédibilité du processus de transition. Elle a encouragé le Gouvernement de transition à présenter rapidement un chronogramme détaillant le calendrier, les reformes et actions prioritaires qu’il urge d’entreprendre pour la tenue des élections présidentielle et législatives. Il s’agit notamment du consensus sur le cadre légal devant servir aux élections, la préparation de la liste électorale, et le choix de l’organe ou des organes devant conduire les élections.
8. La Mission a invité les acteurs sociopolitiques à travailler ensemble dans cette période de transition afin de garantir la réussite du processus.
9. La Mission a réitéré l’engagement de la CEDEAO à accompagner la République du Mali pour une transition réussie.
10. La Mission a appelé les partenaires multilatéraux et bilatéraux à continuer de soutenir le processus de transition notamment dans le cadre de la préparation des élections.
11. La Mission remercie le Gouvernement du Mali pour l’accueil et toutes les commodités mises en place pour la réussite de la Mission.
Fait à Bamako, le 7 septembre 2021.
S.E.M. Goodluck Ebele JONATHAN Médiateur de la CEDEAO »
« AU COURS DE SA PRÉSENTATION, DANILSON LOPES DA ROSA A INDIQUÉ QUE LA DATE ANNIVERSAIRE DE LA SIGNATURE DE L’ACCORD EST UNE OCCASION RENOUVELÉE DE REVENIR SUR LE CHEMIN PARCOURU DANS LA MISE EN ŒUVRE DES ENGAGEMENTS SOUSCRITS PAR LES MALIENS AVEC L’APPUI DE LEURS PARTENAIRES ET SUR CE QUI RESTE À FAIRE POUR LE PARACHÈVEMENT DES OBJECTIFS DE L’ACCORD.
Selon lui, malgré certaines lenteurs, l’accord pour la paix a enregistré d’importants progrès dans sa mise en œuvre, grâce à la volonté des filles et fils du Mali qui ont choisi la voie du dialogue pour résoudre les problèmes auxquels leur pays était confronté. Parmi ces progrès, l’on peut noter la cessation des hostilités entre les belligérants ; l’amélioration du climat de travail au sein de la partie malienne ayant facilité l’opérationnalisation ou le parachèvement de la mise en œuvre de plusieurs actions prioritaires en prenant en compte les préoccupations légitimes des populations locales. Par ailleurs, dans le but de rapprocher le processus de paix des populations locales, le chef de Section a mentionné la délocalisation de la 5e réunion de haut niveau et de 42è session ordinaire du Comité de suivi de l’Accord (CSA), tenues respectivement à Kidal en février et à Kayes en mars 2021.
Poursuivant, Danilson Lopes Da Rosa a laissé entendre que l’accord a permis d’ouvrir la voie au lancement de chantiers divers pour le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’état dans les zones concernées, le renforcement de la cohésion sociale. Ainsi, des avancées ont été enregistrées avec la mise en place et l’opérationnalisation des autorités intérimaires dans les régions concernées. à cela, s’ajoutent les progrès réalisés sur le plan réforme du secteur de la défense et de sécurité avec la création des institutions devant piloter ce processus, tels que la CNDD, la CNRSS, etc. Sur le plan pratique, le DDR-Accéléré portant 3.000 ex combattants a été lancé. 1.840 ex-combattants ont déjà été concernés et, le redéploiement vers Kidal de la 3è compagnie du bataillon de l’armée reconstituée commencé le mercredi 22 juin.
Parlant des objectifs de l’Accord, le chef de la section Médiation a indiqué que ceux-ci progressent de manière significative avec, notamment l’adoption des textes relatifs à la mise en place de la stratégie spécifique de développement des régions du Nord et de la Zone y afférente. Le Fonds de développement durable, outil de financement indispensable pour répondre aux attentes de la population en la matière, a déjà validé 16 projets pilotes pour un coût estimé à 38,450 milliards de Fcfa. Ces projets devraient être lancés dans bientôt.
Le volet réconciliation, justice et questions humanitaires de l’accord n’a pas été occulté par le conférencier, car, à l’en croire, l’on peut noter avec satisfaction la mise en œuvre des engagements souscrits qui sont en cours avec la tenue de la Conférence d’entente nationale et l’adoption de la Loi sur l’entente nationale y afférente. L’opérationnalisation de la Commission vérité justice réconciliation (CVJR) et l’adoption du document de Politique nationale de justice transitionnelle a facilité la tenue de trois auditions publiques des victimes. La Commission d’enquête internationale établie en vertu de l’Accord a déjà remis son rapport final; ce qui complète l’effort consenti en vue de jeter la lumière sur les atrocités subies par les victimes.
Il faut noter qu’après plusieurs efforts consentis par les parties signataires et la Médiation internationale, les femmes sont désormais présentes dans tous les mécanismes de l’accord toute chose qui en élargira la base et renforcera la participation des femmes. Danilson Lopes Da Rosa a salué la mémoire des personnalités disparues et qui se sont investies pour le retour de la paix au Mali. » – Source : secrétariat du CSA -(Extrait de maliactu.net du 25/06/2021)
Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication du 10ème numéro de la lettre des médiations consacré à la médiation dans le domaine international. Cette « lettre des médiations » est une revue électronique de langue française fondée par des médiateurs et des chercheurs français avec la participation de représentants de pays francophones comme le Québec, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Nous nous sommes limités dans un premier temps à quelques pays francophones et nous cherchons des correspondants d’autres pays. Si vous êtes intéressés merci de nous contacter à letmed@numericable.fr
Le sujet du présent mémoire est la médiation dans la vie politique et internationale et notamment son utilisation dans la crise ivoirienne. Le choix de ce sujet dérive essentiellement de mon intérêt personnel qui m’a toujours amenée vers des projets ambitieux à vocation internationale, et en même temps du désir d’être cohérente avec mon cours de master intitulé Lingue moderne per la cooperazione e comunicazione internazionale (Langues étrangères pour la communication et la coopération internationale). Le sujet de la médiation est très intéressant pour moi et je crois que pour la société mondiale, devant tous les conflits qui surgissent actuellement, la médiation est la meilleure solution pour tous les pays qui veulent agir avec diplomatie plutôt que par des règlements armés. Mettre en évidence des carences que la médiation a mises en évidence, comme je l’ai fait dans mon étude de cas, pourrait être utile pour éviter les mêmes erreurs des chefs d’État, des organisations, pour améliorer l’information des médias qui joignent le public et enfin pour améliorer l’implémentation de ce processus lors d’une autre crise internationale. Tout cela uni à la passion vive, peut-être de contribuer un jour au travail dans ce domaine et dans ces territoires, c’est l’objectif qui accompagne ce travail. Toujours passionnée de culture française, j’estime la culture de l’Afrique francophone extrêmement enrichissante et hétérogène, surtout grâce (ou à cause) de son passé colonial et de son rapport ancien et controversé avec la France. J’ai donc choisi exprès, parmi les autres, un Pays qui a eu, pour beaucoup d’années, un lien étroit et positif avec l’ancienne puissance coloniale, la Côte d’Ivoire. Ce lien s’est complètement transformé lorsque la France a décidé de s’engager dans une guerre civile née au début d’un problème de haine raciale, et qui a ensuite évolué dans une crise internationale qui a déstabilisé une région entière. (Extrai)
« Le bilan des violences qui ont éclaté en Guinée au lendemain de la présidentielle du 18 octobre s’est officiellement alourdi lundi à 21 morts, alors que l’opposition, qui conteste plus que jamais la réélection du président sortant Alpha Condé, dit « ne pas attendre grand chose » d’une médiation internationale en cours.
(…)
Les émissaires de l’ONU, de l’Union africaine (UA) et de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) arrivés dimanche ont poursuivi leurs efforts de médiation en rencontrant plusieurs ministres, la commission électorale et le corps diplomatique.
Ils se sont également rendus en fin de journée au domicile du chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, qui s’est autoproclamé victorieux dès le lendemain du scrutin.
Une conférence de presse de la délégation prévue lundi soir a été reportée à mardi matin « (Extrait de msn.com du 27/10/2020)
« Le jeudi 1er octobre 2020, les parties prenantes du Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger se sont concertées à Bamako pour faire le point sur les avancées des travaux et envisager les perspectives de la reprise des activités après la mise en place d’un gouvernement de transition.
Cette rencontre de prise de contact a eu lieu au quartier général de la MINUSMA à Sénou. À noter que les activités du comité se sont arrêtées suite à la crise sociopolitique qui a occasionné la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. (Extrait de maliactu.net/mali du 5/10/2020)
« Le président Emmanuel Macron a proposé jeudi soir une médiation européenne entre les différents acteurs de la crise au Bélarus, en liaison avec la Russie. « Un dialogue entre les autorités, l’opposition et la société civile est (…) indispensable, a déclaré le président français aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel. Nous souhaitons que ce dialogue puisse être mis en place par les Biélorusses eux-mêmes. »
Et d’ajouter : « Mais l’Union européenne se tient prête néanmoins à accompagner celui-ci, si notre rôle de médiation peut être utile et est souhaité par les Biélorusses, avec d’autres institutions, notamment l’OSCE, et incluant la Russie dans le dialogue exigeant ». Il a fait ses déclarations lors d’une conférence bilatérale, au fort de Brégançon, avec la chancelière allemande. » (Extrait de adepeche.fr du 20/08/2020)
« La médiation ouest-africaine au Mali avance mais n’est pas parvenue à un accord en bonne et due forme lundi soir. Six jours après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », la junte a fait part dimanche soir d’avancées significatives avec les représentants de la Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Seul acquis concret à ce stade : IBK ne veut pas revenir au pouvoir, a fait savoir la Cedeao après avoir annoncé la suspension des discussions.
Pragmatisme
Par principe, la Cedeao ne pouvait faire moins, après ce développement anticonstitutionnel, que de « marquer le coup » en désapprouvant officiellement l e putsch. Mais étrangler économiquement le Mali, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, serait dangereux, d’autant plus que quasi-personne à Bamako n’imagine ou ne souhaite un retour au pouvoir d’IBK. Les militaires ont été acclamés dans les rues et le coup d’Etat désapprouvé par la communauté internationale n’a suscité aucune opposition notable à Bamako. Les Maliens ont repris leurs activités dès le lendemain du putsch et la télévision nationale, l’ORTM, poursuit ses programmes.
Pragmatiques, les médiateurs ouest-africains préfèrent donc se focaliser sur le calendrier de retour à un pouvoir civil . En signe de bonne volonté, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) mis en place par la junte et présidé par le nouvel homme fort pays, le colonel Assimi Goïta, a accepté de libérer le président déchu. La délégation de la Cedeao et la junte discutaient lundi des modalités de la transition politique. La junte a reculé, semble-t-il, après des réactions très négatives sur les réseaux sociaux maliens à la suite de l’évocation d’une transition de trois ans sous l’égide d’un gouvernement en grande majorité militaire. » -Y. Bourdillon – (Extrait de lesechos.fr du 24/08/2020)