article : « Lorsque le coaching rejoint la médiation » par Stephane Seiracq


L'Officiel de la Médiation

« Dans un précédent billet (ici officiel de la médiation) j’évoquais les différences entre ces deux métiers que sont le coaching et la médiation.

Beaucoup de coachs aujourd’hui se déclarent médiateur pour peu qu’ils aient eu à traiter quelques conflits, comme hier des consultants se déclaraient coach pour peu qu’ils aient eu à accompagner des clients dans un changement.

Pourtant nous parlons bien de métiers de l’accompagnement dans les deux cas mais avec une finalité  et des processus différents. La caractérisation des différences n’est donc pas aisée pour tout le monde. D’autant qu’il existe un moment où le coaching rejoint la posture du médiateur. C’est le moment de la réunion tripartite.

Cette réunion existe lors d’un coaching dans la mesure où le coach est en relation avec deux clients. Lorsque celui qui paie la prestation est distinct de celui qui profite de l’accompagnement.

C’est le cas notamment en coaching d’entreprise où le dirigeant ou le RH commande un coaching pour un de ses salariés, le cas le plus courant. Mais c’est aussi le cas lorsqu’un parent demande l’accompagnement de son adolescent ou jeune adulte. C’est en fait le cas chaque fois qu’un tiers vient inviter,  ou enjoindre une personne à se faire accompagner par un coach, et qu’il a lui-même un intérêt propre à ce que cette personne produise un changement. C’est ce que nous nommons le coaching prescrit.

Dans ce cas là le coach va devoir composer avec des regards différents, des opinions différentes sur les raisons, la finalité  et le contenu de l’accompagnement.

Et c’est lors de la réunion tripartite que le coaching va flirter avec la médiation.

En effet, le coach aura comme objectif non plus de faire réfléchir une mais deux parties dans un même espace temps pour qu’ils trouvent par eux même un accord sur l’orientation du coaching, les objectifs et les moyens de mesure. Sans cela la mission peut s’avérer périlleuse et les résultats pas à la hauteur ni des attendus du prescripteur ni  de la personne accompagnée.

Il y a donc ici une posture différente de l’accompagnement type coaching qui a lieu au cours d’entretiens confidentiels entre un professionnel et son client. » (Extrait de officieldelamediation.fr du 3/10/2016)

En savoir plus sur http://www.officieldelamediation.fr/2016/10/03/lorsque-le-coaching-rejoint-la-mediation/

Publication de La Voix des PIMMS N° 99 – Septembre 2016


 

 

article : « Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France » par Sarah Bourdaire publié dans ACRIMED


Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France

« Pour prendre en compte les réactions de leurs lecteurs, spectateurs et auditeurs, nombre de médias mettent en place divers canaux d’expression, parmi lesquels « le médiateur ». Comme son nom l’indique, celui-ci est censé recueillir en toute impartialité les réactions et critiques du public, solliciter les explications des journalistes et in fine instaurer un (semblant de) dialogue avec les rédactions.

Sur les antennes de Radio France, on compte ainsi pas moins de trois « Rendez-vous » avec le médiateur, Bruno Denaes, qui intervient chaque semaine sur France Info, tous les 15 jours sur France Culture, et une fois par mois sur France Inter. Un médiateur qui semble donc particulièrement sollicité – ce qui se conçoit aisément sur le service public –, mais qui semble parfois avoir une curieuse conception de sa mission.

À de multiples reprises ces derniers mois, et sur les sujets les plus divers (compteurs électriques Linky, mobilisations contre la loi travail, terrorisme, Brexit), Bruno Denaes s’est livré à une critique en règle des auditeurs eux-mêmes, évacuant de ce fait toute critique à l’égard du travail des journalistes [1].

1. Haro sur les auditeurs « irrationnels » et « complotistes »

Sur le site de Radio France, c’est en ces termes que le rôle du médiateur est résumé : « Le poste de médiateur a été créé pour offrir aux auditeurs/internautes de Radio France la possibilité de se référer à une instance impartiale ».

Une impartialité que les auditeurs de France Inter ont pu apprécier dans le « rendez-vous » du 22 avril, finement intitulée « Linky le compteur qui rend fou »… La présentation de l’émission sur le site de France interrésume bien l’état d’esprit du médiateur et des journalistes présents :

Une présentation dont l’impartialité saute aux yeux et que Bruno Denaes reprendra mot pour mot à l’antenne :

– Sonia Devillers (s’adressant au médiateur) : « Vous vouliez pour commencer interroger Bruno Duvic avec les questions de Mélanie. »
– Bruno Denaes : « Exactement, Mélanie et puis quelques autres militants qu’on peut considérer peut-être un peu aveuglés par leur combat, qui demandent : “Comment… combien avez-vous été payé par ERDF pour faire votre émission et la promo de ce compteur ?” »

Après avoir sélectionné et mis en exergue les critiques outrancières de quelques auditeurs, les journalistes, encouragées sur cette voie par le médiateur, ramènent celles des autres à des peurs irrationnelles ou à du complotisme. Ce sont d’abord les réseaux sociaux, et singulièrement Youtube, qui sont mis en cause :

– Sonia Devillers : « Alors pour que tout le monde comprenne bien, il faut aussi savoir que derrière il y a les réseaux sociaux, qu’il y a le web, que ce sujet est devenu extrêmement épineux et qu’il y a d’autres relais d’influence que les journalistes, que les médias traditionnels, je vous propose d’écouter une youtubeuse très, très regardée. »
– Extrait sonore de la vidéo (voix de femme en pleurs) : « L’obligation a été votée d’installer pour tout le monde des compteurs Linky et il y a des gens qui essayent de prévenir que c’est hyper dangereux, ils le savent depuis le début ceux qui ont déployé tout ça. On est face à un crime contre l’humanité ».
– Sonia Devillers : « Alors, il faut bien qu’on vous précise que ceci n’est pas un sketch, ce n’est pas un numéro d’humoriste sur Youtube. Bruno Denaes, vous vouliez interroger à ce sujet Anne Brunel. »
– Bruno Denaes : « Exactement, c’est d’ailleurs Anne Brunel qui l’a découverte en quelque sorte sur Youtube. Qui est cette personne, c’est une spécialiste de Linky ? »

À ce moment de l’émission, on ne sait trop pourquoi la journaliste choisit de présenter une vidéo (outrancière) vue moins de 40 000 fois, comme l’inspiratrice des auditeurs ayant interpellé la rédaction de France inter… Puis Anne Brunel explique peu ou prou qu’elle a débusqué un complot d’auditeurs complotistes :

– Sonia Devillers : « Et des complotistes il y en a derrière ces réactions sur Linky ? »
– Anne Brunel : « […] Il y a des gens qui sont, je dirais, imprégnés d’un discours complotiste, c’est-à-dire convaincus qu’il y a quelque part, dans la société, au-dessus de ce qu’on appelle « le peuple », donc le grand public, un certain nombre de forces maléfiques, dont les médias, disent-ils, « mainstream » je dirais, les grands médias grand public, mais aussi les grandes institutions mais aussi l’élite dirigeante des pays sont donc l’incarnation de ces pouvoirs maléfiques. Et les personnes qui sont en but à l’institution, les personnes qui craignent les grands forces commerciales par exemple, « Big Pharma », les grands labos pharmaceutiques, donc tous les gens qui vont être très craintifs vis à vis des médicaments, vis-à-vis de l’obligation vaccinale, vis-à-vis de la médecine classique, chimique, vont avoir cette tendance à s’imprégner d’un discours de nature complotiste parce que ça va recouper leurs propres inquiétudes. »

Après une telle série d’amalgames et de généralités, on reste coi, mais pas Bruno Denaes qui estime visiblement sa mission de médiation accomplie et préfère analyser, sans doute en sa qualité d’expert ès « gens », cette tendance généralisée au complotisme : « Se faire peur, on a l’impression que les gens adorent ça ». Oui, car « les gens », renchérit Anne Brunel,« adorent trouver des réponses qui correspondent à ce qui les convainc déjà ».

Quoi que l’on pense de la cause et des arguments des opposants au compteur Linky et des protestations qu’ils ont émises à la suite des émissions de France Inter, on peut se demander si c’est bien le rôle d’un médiateur, qui devrait être un facilitateur de dialogue, d’exposer de la sorte ses parti-pris en faveur du travail de ses collègues, et surtout de disqualifier en bloc et par tous les moyens, voire de tourner en ridicule les auditeurs qui s’adressent à lui.

Une manière de procéder d’autant plus contestable que Bruno Denaes semble coutumier du fait, puisqu’il récidive dès lors que les interpellations se font un peu trop critiques à son goût. » (Extrait de acrimed.org du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://www.acrimed.org/Les-droles-de-mediations-du-mediateur-de-Radio

Publication du N°50 de Flash Info Médiation (août 2016)


Flash Info Médiation

Je vous annonce la publication N°50 de Flash Info Médiation (Août 2016) d’Alain Roy qui est une mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent à la médiation. Je vous conseille de vous abonner en écrivant à roy.al@wanadoo.fr 

« Le théâtre de la médiation. En ces temps de festivals d’été, tout nous pousse à regarder la médiation comme un théâtre. Après Sweet Justice à Genève, Paris, puis Thionville, « La médiation de Chloé Lambert » a ravi le public parisien. Jacqueline Morineau avait depuis longtemps sa tragédie grecque. Adeline avait son Médiation Studio, qui se transforme en galerie de portraits. Le théâtre-forum, cher à Jacques Salzer, puis récemment à Jean-Marc Bret, et qui prend des formes de médiation collective en Sicile, était à la Fête de la médiation de l’Ifomene, qui propose aussi « Médiation en Acte » et « Médiation en Scène ». Certains parlent d’ailleurs de médi-acteurs et dans les formations on appelle les mises en situation des jeux de rôles. Plus qu’une arène, ce serait une scène ? (d’un théâtre très privé) Un théâtre d’improvisation dont le médiateur serait le metteur en scène. Isabelle Jaoul a fait sa thèse au CNAM sur la neutralité de ce metteur en scène. Sur scène comme en médiation, c’est l’instant présent seul qui compte et qui crée l’énergie de l’échange. Alors, même si la médiation préventive évite les coups de théâtre dans le déroulement des projets, médiation et théâtre partagent le goût de l’énergie vitale ! —————————— N’oubliez pas : forum ouvert ‘Médiation 21’ le 15 sept » (Extrait du N°50 de Flash Info Médiation)

A consulter sur http://www.medias-mediations.fr/actualités/flash-info-médiation/

 

Rapport : « Study for an evaluation and implementation of Directive 2008/52/EC – the ‘Mediation Directive’ », European Commission, Directorate-General for Justice, 2013, 87 p.


European Commission logo

Un rapport intéressant car il porte sur une première évaluation de la mise en ouvre de la Directive européenne de 2008. Il est anglais mais un résumé en français est disponible et je vous en donne un extrait :

« Cette étude a été élaborée sur la base de recherches documentées et de consultations avec les acteurs concernés au niveau européen (voir Annexes I et II de ce rapport). En outre, 28 rapporteurs nationaux ont contribué à ce travail par le biais de recherches et de consultations avec les parties concernées au niveau national. Jusqu’à cinq entités par État membre ont été consultées, dont les Ministères de la Justice, ainsi que des médiateurs, formateurs de médiateurs, parties à des médiations et des juges. Dans la mesure du possible, ce rapport fournit des exemples basés sur des données quantitatives afin d’illustrer les idées présentées. Cette évaluation de la mise en œuvre de la Directive s’est faite sur la base d’indicateurs précis (pertinence, cohérence et complémentarité, efficacité, efficience et utilité) définis par le Secrétariat Général de la Commission européenne. »

Rapport à consulter sur https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=37&Op=rU

Article : « La médiation et ses humbles tisserands du dialogue » par Michèle Guillaume-Hofnung


Michèle Guillaume-Hofnung Headshot

« Face aux terribles évènements que nous vivons, la mobilisation de tous les moyens propres à rétablir le dialogue est d’une extrême urgence. Il s’agit de ne pas subir l’avenir mais de le créer. Les moyens classiques de l’Etat régalien tels que l’arsenal juridique, judiciaire, le renseignement, la police, l’armée restent évidemment indispensables.La médiation se place à un autre niveau car, issue du peuple elle ne se soucie pas des querelles électoralistes subalternes.

Qu’est ce que la médiation ?

C’est une « subversion positive » qui trouve son origine dans le peuple. Alors qu’aujourd’hui les pouvoirs publics, sous l’emprise intellectuelle anglo-saxonne, la réduisent à une formule chimique de désengorgement des contentieux ou des réclamations, et labellisent ses contrefaçons tant dans les textes français qu’européens, il faut renouer avec son potentiel civique d’origine .

La médiation contemporaine a surgi de la société civile dans les années 80. Nouvelle liberté publique elle a été portée par des pionniers issus du monde associatif, (Droits de l’Homme et Solidarité (DHS) ou Femmes inter associations, Inter services Migrants (FIA-ISM) etc.). Très tôt ces pionniers se sont formés, se sont dotés d’une déontologie spécifique pour faire « brèche » dans les murs d’incompréhension et établir des passerelles entre les membres d’une société déjà menacée de fracturations à risques.

La médiation : Une maieutique

La médiation est un processus de communication éthique qui repose sur la liberté et la responsabilité des personnes, avec pour fonctions premières de créer ou recréer le lien social. Sa nature n’est ni judiciaire, ni arbitrale.Son processus est proche de la « maïeutique », accouchement de soi dans le dialogue avec l’autre.

Le médiateur est un tiers totalement extérieur au système que forment, volontairement ou involontairement, les participants. Cette extériorité doit garantir son impartialité. Il ne témoigne ni sympathie, ni antipathie aux participants. Il alterne au fil de l’écoute les séquences d’empathies successives. En utilisant les mots de chacun, il aide les participants à envisager le monde avec les yeux de l’autre. Il doit aussi savoir rester neutre, c’est à dire exempt de tout pouvoir, direct ou induit, pour favoriser l’émergence de la solution entre les partenaires.

La médiation opère son travail très en amont des conflits. En créant ou recréant le lien social elle les prévient souvent. Quand elle sert à les régler elle le fait par une pédagogie de la relation à l’autre. D’où son urgence dans la situation actuelle.

L’impérieuse nécessité de la médiation

Nous sommes tous concernés par la dégradation du tissu social et nous sommes tous concernés par sa réparation. Le « vivre ensemble » se tisse et hélas se détisse d’abord entre les individus. L’unité nationale ne se décrète pas elle se tisse humblement quotidiennement, patiemment, continûment, horizontalement.

Il nous revient à nous médiateurs, humbles tisserands du dialogue de nous mobiliser. L’aggravation de la fracture sociale pourrait se transformer en guerre civile, ce que souhaitent nos ennemis.

Un peuple retrouve la confiance s’il trouve en lui le moyen d’agir. La médiation vecteur de résilience inter individuelle et collective lui donne cette possibilité.

Il serait bien arrogant de présenter la médiation comme « la » solution, permettant à coup sûr de nous prémunir des passages à l’acte d’ « Erostrates », manipulés ou dégoupillés.

Le tueur de Nice en « fonçant dans le tas », a unis des victimes de toutes origines ou religions dans un destin tragique. A cette communauté de destin, subie, dessinée par la violence d’un soir, il faut répondre par le désir d’ acquérir un destin commun durable et d’écarter la surinfection de la haine.

La médiation est consubstantielle aux valeurs de la République : Liberté, égalité, fraternité :

Liberté : La médiation ne peut réussir que si la participation au processus est libre. « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté » enseignait Alain. La médiation aussi ressortit de la volonté. Un premier « accouchement » libère la parole, même véhémente vis-à-vis d’autrui. Dans un deuxième temps le processus accouche d’une solution pour vivre ensemble ou régler le conflit. Par la seule pertinence de ses questions le médiateur libère les partenaires des incompréhensions qui les ligotaient, entravaient leur confiance et leur créativité

Egalité : Le processus fonctionne de manière totalement horizontale. Toute la puissance de la médiation réside dans l’absence de pouvoir du médiateur. Il ne donne ni conseil ni avis, il ne rend pas de décision. Formé à respecter la liberté des participants, il les grandit, ce qui est la définition même de l’autorité. Il ne la tient que de la libre reconnaissance des participants. Ceux-ci vont, le temps de la médiation construire ensemble une issue  » par le haut. »

Fraternité : L’altérité a constitué le moteur des pionniers.  » La Charte de l’Autre » élaborée par Jean-François Six, inspire durablement l’action des médiateurs. Elle demeure au cœur de ce qui peut nous sauver face aux projets de guerre civile que nourrissent les auteurs des attentats sanglants. Le pessimisme se donne trop facilement le masque du réalisme. Oh comme ils sont touchants et naïfs ceux qui se croient réalistes! Mais comme ils sont dangereux aussi, car ils ratifient sans la passer à la preuve du dialogue, la croyance en la médiocrité et la noirceur humaine. Faute de dialogue ils contribuent à les faire advenir.

Alors nous appelons à une mobilisation générale :

Nous médiateurs, nous devons nous saisir des fils pour nouer un nouveau dialogue. Il faut que les médiateurs se lèvent en masse, mais pas dans l’impréparation générale.

LES CONDITIONS DU SUCCES

Le « Vivre ensemble » ne peut être une injonction incantatoire venue du sommet, . Il doit provenir d’une expérience de vie.Il doit résulter de ce que la société vous veut comme membre, qui que vous soyez, et vous le manifeste tout au long de votre parcours social.

La médiation n’est ni laxiste ni angélique, elle demande un effort lucide. Le médiateur est un réaliste. Responsable du cadre de la médiation il n’a rien d’un « Bisounours. C’est grâce à la solidité du cadre qu’il a élaboré qu’il permet aux participants d’exprimer leurs griefs et de faire surgir le « meilleur », qui est en chacun d’eux.

L’impérieuse nécessité de la médiation, telle que ses pionniers l’ont forgée, mérite qu’une démarche-qualité soit enfin respectée.. La médiation est issue de la base, elle ne nécessite aucun appareil règlementaire au contraire. Le « sommet » doit arrêter de la paralyser par ses contrefaçons législatives létales. Elle repose sur les principes suivants :

Bien nommer pour bien faire : que le sommet cesse d’appeler médiation tout et n’importe quoi (le négociateur des taxis, les conciliateurs de la consommation)

Assurer un régime juridique qui respecte sa nature: ne pas la couler dans le béton d’un régime juridique sclérosant.

S’appuyer sur une formation, préalable spécifique et continue : Les pionnier(e)s de la médiation avaient perçu, l’importance primordiale de la formation. C’est un art difficile qu’on ne peut exercer ou enseigner sans formation solide.

En conclusion, j’en appelle à la mobilisation civique. J’en appelle aussi aux pouvoirs publics pour qu’ils libèrent la médiation, qu’ils cessent de la récupérer et de la dénaturer, pour qu’ils procèdent d’urgence à un moratoire législatif. Car quand ils l’auront tué par leurs contrefaçons létales, nos sociétés n’auront pas de deuxième chance.  » (Extrait de huffingtonpost.fr du : 1/08/2016)

Article à consulter sur http://www.huffingtonpost.fr/michele-guillaumehofnung/mediation-dialogue_b_11292626.html

La Lettre de la Fenamef n°15 juin juillet 2016


Accueil

« Médiation Familiale dans les situations de vieillissement
La commission qui suit cette question a décidé de proposer aux adhérents de la Fédération une journée de travail sur cette démarche de développement des services. A la fois journée d’information et d’échanges, elle sera ouverte aux administrateurs des associations gestionnaires afin de les sensibiliser à cette question et de leur permettre de se positionner sur l’ouverture de la médiation à ces questions. Cette journée est prévue le 10 Octobre 2016.

10 octobre
Journée de sensibilisation : « L’ouverture de la médiation familiale aux situations de vieillissement » (Paris)
Public : adhérents FENAMEF

17-18 novembre
Journée de formation : « Découverte de la démarche de médiation en situation de vieillissement » (Paris)
Public : travailleurs sociaux, médicaux, personnels des services gérontologiques, aides à domiciles… amenés à intervenir auprès des personnes âgées et de leurs familles  » (Extrait de La Lettre de la Fenamef n°15)

En savoir plus sur http://www.fenamef.asso.fr/component/users/?view=login

Barreau du Québec : Guide de normes de pratique en médiation civile et commerciale


 

« Le Guide de normes de pratique en médiation civile et commerciale vise les objectifs suivants :

  • établir les normes de conduite et les devoirs que doivent respecter les médiateurs envers leurs clients et le public, peu importe l’approche choisie;
  • fournir des outils permettant au médiateur d’effectuer son travail de façon consciencieuse, diligente et efficace;
  • préciser au public, et aux avocats, les modalités applicables aux fonctions et aux tâches d’un médiateur en matière civile et commerciale;
  • optimiser la qualité des services offerts par les médiateurs. » (Extrait de barreau.qc.ca )

En savoir plus sur http://www.barreau.qc.ca/fr/publications/avocats/guide-normes-pratique-med-civ-comm/index.html

 

Recension : CONDETTE-CASTELAIN Sylvie, HUE-NONIN Corinne, La médiation par les élèves- Enjeux et perspectives pour la vie scolaire, Ressources Formation, Canopé Editions, 2014, 181p.


Il existe quelques ouvrages sur la médiation scolaire et celui-ci est remarquable, car il présente la particularité d’associer d’une manière pertinente la théorie et la pratique en matière de médiation scolaire. Il est vrai qu’il est écrit à la fois par une universitaire et une praticienne de la médiation, ce qui donne une valeur ajoutée à cet ouvrage qui ne se limite pas à un simple exposé de théories ou description de techniques de médiation. C’est un véritable ouvrage portant sur ce que j’ai appelé l’ingénierie de la médiation, c’est-à-dire la présentation d’une méthode d’intervention pour mettre en place un dispositif de médiation dans une organisation, en l’espèce, un établissement scolaire. En effet, les différents chapitres permettent non seulement de s’initier aux différentes étapes de la mise en place d’un projet de médiation par les pairs, mais aussi de s’interroger sur les enjeux qui se profilent autour du développement de la médiation scolaire par les pairs.

Le premier chapitre intitulé « la montée en puissance de la médiation » aborde les définitions de la médiation scolaire en mettant l’accent sur les dimensions communicationnelles et de responsabilisation des acteurs. Il fait aussi le point sur le développement de la médiation dans bon nombre de pays à partir de résultats de recherche portant sur les différentes formes de régulation de la violence scolaire en soulignant qu’il existe « un développement différencié des pratiques de médiation » (p.34) selon les pays. Les auteurs rappellent que « c’est à partir des années 1970 que la médiation s’est développée aux Etat-Unis, puis en Australie (Astor, Chinkin, 2001), au Canada (Johnson 1996) et en Nouvelle Zélande (Camerons, Dupuis, 1991) avant de faire son entrée sur le continent européen ». (p.34). Si la médiation scolaire se développe dans les pays anglosaxons il en est tout autrement en France ou elle bénéficie d’une « faible légitimité » dans le système scolaire. Pour les auteurs, cela s’expliquerait essentiellement pour « des raisons culturelles qui sont spécifiques au contexte français et qui privilégient d’autres formes d’intervention » (p.37) comme le recours au conseil de discipline, à la commission de vie scolaire, la commission éducative… En effet, la médiation ne serait envisagée que comme « ultime recours » dans des établissements scolaires connaissant de grandes difficultés en raison d’actes d’incivilité et de violence.

Après ce cadrage sur la notion de médiation, les auteurs abordent dans un deuxième chapitre « les enjeux de la médiation par les élèves » que ce soit sur un plan personnel pour les élèves et plus généralement pour la communauté scolaire. En effet, les auteurs soulignent que dans le cadre scolaire, la médiation ne peut être réduite à un simple outil de pacification des relations, mais doit être considérée comme un processus d’apprentissage qui « contribue à conduire vers une plus grande autonomie » et permet de « s’initier à la prise de responsabilités » aussi bien pour les élèves médiateurs que pour les médiés dans la recherche d’une solution à leur conflit. Ce processus d’apprentissage favorise aussi la construction de compétences, notamment émotionnelles, qui se manifestent par « le développement d’une capacité à comprendre ses émotions et à reconnaître leur incidence sur les actions » (p.57). La médiation ne revêt pas simplement des enjeux pour les élèves, elle a aussi « des effets sur le fonctionnement et l’organisation de l’établissement » (p.61). En effet, l’introduction de la médiation modifie le fonctionnement des établissements dans la mesure où elle passe par la reconnaissance de nouveaux acteurs dans la gestion des conflits, les élèves et le développement d’une approche plus négociée et participative des modes de gestion des conflits. Les auteurs abordent la question souvent soulevée par les opposants à la médiation, de la coexistence de la médiation avec l’autorité, comme si celle-ci comportait un risque, « celui du partage de pouvoir » (p.64). L’accent est aussi mis sur l’influence de la médiation sur le climat scolaire, car, comme le souligne les auteurs, la pacification des relations interindividuelles, favorise « la réalisation d’un climat relationnel paisible et serein » au sein de l’établissement (p.67). Un autre point majeur de l’effet de la médiation sur le fonctionnement des établissements, c’est la reconnaissance du conflit et surtout son institutionnalisation à travers le processus de médiation, ce qui représente une véritable révolution silencieuse tant le conflit est le plus souvent nié dans les établissements scolaires. Les auteurs relèvent aussi que la médiation permet la reconnaissance des élèves, comme des acteurs à part entière, en leur permettant de se réapproprier la gestion de leur action à travers, ce que les américains, appellent l’empowerment, un terme difficilement traduisible en français.

Avec le troisième chapitre ayant pour titre « une proposition de formation à la médiation », on rentre dans ce que j’appelle l’ingénierie de la médiation avec la présentation de la méthodologie et notamment les différentes phases, de la mise en place d’un projet de médiation dans un établissement scolaire. Il s’agit d’une présentation très pratique, illustrée par de nombreux outils utilisés par une des auteurs, Corinne Hue-Nonin, qui appartient à l’AROEVEN, dans la mise en place de projets de médiation dans l’académie de Rouen. La méthodologie présentée se décompose en 5 étapes avec pour chacune d’entre-elles l’insertion de fiches pratiques expliquant dans le détail le déroulement et le contenu de l’intervention pour la mise en place du projet.

La première étape consiste à « informer la communauté scolaire » et c’est une phase importante de ce processus d’ingénierie, car elle ne vise pas simplement à informer, mais surtout à obtenir l’adhésion de la communauté scolaire. Une des conditions de la faisabilité du projet, et la plus importante, est d’obtenir au préalable l’accord de la direction de l’établissement, puis vient ensuite l’adhésion au projet des adultes et plus précisément des enseignants. Cette double adhésion est nécessaire, car comme le soulignent les auteurs, « une trop forte résistance des adultes à la construction du projet entrave l’action des élèves et voue le dispositif à l’échec » (p.87). Sur un plan pratique, pour surmonter ces résistances et favoriser le développement d’une culture de la médiation, les auteurs proposent un « copilotage » du projet par une ou deux personnes de l’établissement et surtout une politique de communications auprès des enseignants mais aussi des parents d’élèves pour les informer régulièrement du déroulement du projet.

La seconde étape est centrée sur « la formation des adultes accompagnateurs » du projet, car les auteurs soulignent que la constitution « d’une équipe d’adultes motivés et volontaires sera indispensable pour assurer une formation de qualité des élèves et un bon accompagnement » (p.86). Le contenu de la formation porte sur « les représentations du rôle du médiateur », « les attitudes dans la médiation » et surtout « une simulation de médiation », c’est-à-dire un exercice pratique de médiation où les participants jouent le rôle de médiateurs afin d’appréhender toutes les phases du processus de médiation, les règles de communications verbales et non verbales… L’ouvrage comporte une série de fiches qui représentent autant d’outils de formation, comme par exemple, « Comment bien communiquer en médiation », « Exercices sur les attitudes dans la communication », mais aussi la « Charte des adultes accompagnateurs », le « Code de bonne conduite de l’élèves médiateurs »… La formation se termine par la phase d’ «opérationnalisation du dispositif, c’est-àdire la sensibilisation des élèves à la médiation dans les classes, l’appel à candidatures et la formation des élèves médiateurs.

Une fois les adultes formés, les auteurs proposent de passer à l’étape 3 qui consiste à « sensibiliser les élèves et recruter les élèves médiateurs ». La phase de sensibilisation à la notion de médiation des élèves se fait essentiellement sous la forme d’exercices pratiques de simulation de médiation visant à les faire travailler sur la notion de conflits, sur le rôle du médiateur, sur les différentes étapes du processus de médiation… Pour aider à la réalisation de cette étape, les auteurs donnent une série de fiches pratiques dont celle relative au recrutement des élèves médiateurs qui donne un nombre de critères de choix pour s’assurer des motivations, des qualités des candidats… mais aussi pour prendre en compte la diversité des élèves présents dans l’établissement. Et sans oublier de permettre à des « élèves en difficulté par rapport au travail scolaire ou en difficulté par rapport au respect de la discipline de devenir médiateur » (p.107), ce qui peut poser des problèmes, comme j’ai pu le constater dans mes propres expériences (1). Les auteurs proposent de limiter le recrutement à une douzaine de médiateurs pour favoriser un bon apprentissage de cette fonction lors de la formation.

Après le recrutement des candidats, on passe à l’étape 4 « former les élèves médiateurs », une formation qui se déroule sur 2 journées. La première est consacrée à un travail sur « les représentations du rôle de médiateur » et sur « les attitudes dans la communication » à partir de travaux de groupe et la deuxième porte sur des « simulations de médiation » pour acquérir, d’une manière pratique, les compétences nécessaires à la gestion d’un processus de médiation. Pour aider à la réalisation de cette formation, les auteurs donnent une série de fiches pratiques en distinguant les niveaux scolaires : collèges et lycées.

Un des intérêts de cet ouvrage, c’est l’incorporation d’une phase de « suivi du dispositif » qui en constitue l’étape 5 ce qui est assez rare, car il n’existe pratiquement pas de culture de l’évaluation en France, contrairement à d’autre pays comme ceux du monde anglo-saxon. Pour la réalisation de ce suivi, les auteurs donnent un certain nombre d’‘outils méthodologiques, comme des fiches d’évaluation quantitative et qualitative du dispositif. Le dernier chapitre est consacré à la présentation d’une expérimentation menée dans un collège, c’est-à-dire la mise en œuvre en 2006 des outils présentés dans l’ouvrage, dans un collège situé en zone semi-rurale de plus de 400 élèves et avec un effectif de 35 enseignants. Il s’agit d’une parfaite illustration de cette ingénierie de la médiation avec la présentation des différentes étapes de la mise en place du projet de médiation dans l’établissement. Le projet a démarré lors de l’année scolaire 2006-2007 avec 16 médiateurs formés et 8 autres l’année suivante et de 6 à 8 les autres années. Au cours de la première année, il y a eu 37 médiations et 50 en 2011-12, ce qui peut représenter un résultat encourageant, mais ce faible nombre démontre aussi que la médiation est loin de constituer un réflexe naturel en matière de gestion des conflits et que, malgré les actions de sensibilisation, elle demeure encore une contre-culture dans nos sociétés. En effet, l’évaluation du dispositif montre que c’est surtout la conseillère principale d’éducation qui renvoie les affaires en médiation et qu’un faible nombre d’élèves saisissent directement les médiateurs pour gérer leur conflit. L’analyse des résultats montre que ce sont les plus jeunes, c’est-à-dire ceux des classes 6èmes et dans une moindre mesure de 5èmes, qui sont les plus gros pourvoyeurs de médiations ce qui démontre l’intérêt de commencer cet apprentissage à la médiation au niveau du primaire pour que se développe une véritable culture de médiation.

Un autre enseignement de l’évaluation réside dans les résultats de la médiation avec la création d’une normativité reposant sur des catégories tirées, de ce que J. Habermas appelle le « monde vécu » et permettant une pacification des relations scolaires comme « ne plus se croiser », « s’ignorer », « ne plus se parler »… (p.160). Enfin, les auteurs soulignent l’intérêt de la médiation comme expérience personnelle pour les médiateurs, car « outre l’estime de soi qui s’en trouve améliorée, la médiation permet également de construire des compétences sociales et civiques, et offre aux élèves des moyens originaux de prendre des responsabilités dans la vie du collège. » (p.163). Au-delà des évaluations purement quantitatives sur le nombre d’affaires gérées par les élèves, ce sont ces résultats plus qualitatifs qui montrent que la médiation représente un véritable apprentissage à la citoyenneté et aux règles de la vie en commun qui font cruellement défaut dans nos sociétés actuelles.

Jean-Pierre Bonafé-Schmitt

(1)  Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, « La médiation scolaire par les élèves », ESF Editeur,
2000

Extrait de la lettre des médiations : lettre-des-mediations-numero-1v4

Suisse : Les 3 minutes de GENEVACCORD ADR n°18 Juin 2016


« Découvrez ce mois :

  • Les Journées Suisses de Médiation FSM-SDM : bilan d’un grand succès,
  • 18 juin 2016 : la Journée de la Médiation,
  • SWEET JUSTICE en tournée à Liège, Thionville et Lausanne,
  • Inauguration de la Fédération Genevoise MédiationS,
  • Ouverture d’un Organe de Médiation de la Police à Genève,
  • Guy A. Bottequin invité au Colloque de Cabourg le 1er juillet 2016,
  • Le 9e International Summer Academy de l’ICP,
  • Le spectacle SWEET JUSTICE en vente sur clé USB, » (Extrait de geneve-accord.com juin 2016)

 

En savoir plus sur http://geneve-accord.com/templates/newsletter_select.php?itemid=61&iframe=true&width=800&height=500

Rapport 2015 du médiateur de la SNCF


Bernard Cieutat est le médiaeur de la SNCF depuis 2006. © SNCF/Bertrand Jacquot

« Le médiateur de la SNCF, Bernard Cieutat, tire deux grands enseignements de son rapport 2015. Le premier porte sur l’augmentation du nombre de personnes qui ont fait appel au médiateur, 5984, soit une hausse de 8% par rapport à 2014.
L’autre enseignement vient du mode de saisine : 57% ont été réalisées via Internet (la barre des 60% a même été franchie sur la première moitié de 2016) contre 47% en 2014. Bernard Cieutat indique d’ailleurs que le site internet vient d’être amélioré « pour le rendre à la fois plus visible et plus simple ».

Celui-ci se félicite des résultats obtenus : les clients se disent satisfaits par ses avis dans 57% des cas (contre 52% en 2014), et leur satisfaction est même totale dans 30% des cas. 98,5% des saisines sont réalisées directement par les clients ; 1% par le défenseur des droits et ses délégués ; 0,5% par une association de consommateur.

En 2015, le délai moyen de traitement des dossiers est de 52 jours, inférieur au délai prescrit par le protocole de médiation en vigueur en 2015. 60 % des clients ont reçu un avis en moins de 2 mois (contre 53 % en 2014), 39 % en moins de 4 mois et 1 % en plus de 4 mois (dossiers nécessitant une enquête plus longue). » (Extrait de mobilicites.com du 23/06/2016)

En savoir plus sur http://www.mobilicites.com/011-5201-Le-mediateur-de-la-SNCF-a-enregistre-pres-de-6000-reclamations-en-2015.html