« Les populations éloignées du système de santé regroupent des populations très hétérogènes. Elles sont représentées par l’ensemble des populations mal desservies par le système de santé du fait de leurs conditions de vie, notamment matérielles, de leur précarité socio-économique et de leur position sociale (logement, emploi, éducation, revenus), et administrative (accès aux droits et au statut administratif, couverture santé). Ces difficultés témoignent également que le système de santé qui est sous forte pression est mal adapté pour répondre aux besoins spécifiques de ces populations.
Ces populations ont également à faire face à de l’insécurité alimentaire, à une instabilité du logement, à des discriminations et à de l’insécurité, auxquels s’ajoutent pour certaines, la barrière linguistique, un manque de soutien social et une faible littératie en santé. De plus, la représentation qu’elles ont de leur corps et de leur santé se traduit par un référentiel de bonne santé différent de la population générale et à une sous-estimation de la gravité de la maladie.
En résumé, ces populations subissent une triple peine : une plus grande exposition à la maladie, une moindre adhésion aux messages de prévention, et un moindre recours aux soins. Les interventions favorisant le recours aux soins et à la prévention de ces populations doivent favoriser la capacité des services à adapter leurs organisations, renforcer les capacités des personnes à prendre des décisions favorables à leur santé et à les accompagner tout en agissant sur les déterminants structurels de santé, en développant des programmes favorisant l’accès et le maintien dans un logement sain, l’emploi pour tous à une alimentation saine, à une éducation pour tous et la lutte contre la discrimination et l’exclusion.
La médiation en santé est l’une de ces interventions. A ce jour, aucune étude n’a évalué l’efficacité de la médiation en santé et de ses conditions d’efficacité. » (Extrait de santepubliquefrance.fr du 8/12/2022)
La médiation de paix est nécessairement un travail discret. Les médiatrices et médiateurs parlent peu de ce qui se passe en coulisses ou des dilemmes moraux auxquels la fonction les confronte. Ces spécialistes sont des rouages importants de la diplomatie suisse et joueront à terme un rôle pour obtenir la paix en Ukraine.
«Dans un conflit, il y a tout de suite une tendance à déshumaniser l’autre partie», explique Pierre Hazan, conseiller senior auprès du Centre pour le dialogue humanitaire à Genève (HD Centre), quand on l’interroge sur le titre de son livre Négocier avec le diableLien externe, publié en septembre.
«Très souvent, on parle de personnes qui ont commis des crimes de guerre. Que l’on veuille limiter l’étendue de l’insécurité régionale et internationale, stabiliser la situation ou aider à trouver une sorte de règlement, on est obligé de négocier et on ne le fait pas avec les gentils.» Ces personnes ont leurs propres intérêts, relève-t-il. Elles ne recherchent peut-être pas sérieusement la paix et peuvent vouloir vous manipuler.
Des dilemmes moraux
D’après son expérience, il y a d’autres dilemmes moraux. Aider à négocier l’évacuation de personnes civiles pour les mettre à l’abri, en Syrie par exemple, peut servir les objectifs de nettoyage ethnique des parties belligérantes.
Et si vous devez sélectionner un tiers des prisonniers d’un terrible camp tenu par la milice croate en Bosnie pour les libérer, comment choisissez-vous? Pierre Hazan faisait partie d’une équipe humanitaire qui s’est justement retrouvée dans cette situation, en 1993 près de Mostar. » – J. Crawford – (Extrait de swissinfo.ch du 15/12/2022)
« La médiation au service des entreprises est le thème d’une rencontre qui s’est tenue, vendredi 17 décembre à Tanger, à l’initiative de la Confédération générale des entreprises du Maroc-Section de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (la CGEM-TTA), en vue d’examiner le rôle de la médiation en tant que moyen de règlement des conflits.
Intervenant lors de cette rencontre, tenue en partenariat avec le Centre Régional d’Investissement (CRI-TTA), la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS-TTA) et le Conseil régional de l’Ordre des Experts-comptables, le président de la CGEM-TTA, Adil Rais, a fait remarquer que la pratique de la médiation reste peu utilisée au Maroc, malgré ses nombreux bénéfices, soulignant que le recours à cette technique permet d’éviter de longues procédures judiciaires et les conflits entre entreprises, dont certains peuvent s’enliser ou même s’éterniser. » (Extrait de newstourisme.com du 17/12/2022)
« Selon l’article 2 du décret n° 78-381 du 20 mars 1978, ne peuvent être chargés des fonctions de conciliateur de justice les officiers publics et ministériels et les personnes qui exercent, à quelque titre que ce soit, des activités judiciaires ou qui participent au fonctionnement du service de la justice. Il en résulte que, à l’exception de la médiation de la consommation introduite par l’ordonnance n° 2015-1033 du 20 août 2015 relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation dans le code de la consommation, toute fonction de médiateur, habituelle ou occasionnelle, rémunérée ou bénévole, est incompatible avec la fonction de conciliateur de justice » (Extrait de courdecassation.fr du 15/12/2022)
« Moins connue que la médiation familiale, la médiation citoyenne vient en aide aux personnes qui cherchent à mieux se comprendre, à rétablir la confiance et à améliorer la qualité du vivre-ensemble.
Consciente de son impact positif auprès des communautés, Action Prévention Verdun a mis sur pied un service de médiation citoyenne pour les résidents et les organisations de l’arrondissement.
C’est un processus structuré, volontaire et confidentiel qui aide les personnes en conflit à s’exprimer et à mieux se comprendre. L’objectif est de permettre aux deux parties de résoudre leur différend par elles-mêmes grâce au soutien du médiateur. Cette approche de résolution de conflits s’applique tant aux petits qu’aux grands différends.
Cependant, le médiateur n’est pasun juge ni un arbitre : il ne peut pas trancher en faveur de l’une ou l’autre des parties. Ce n’est pas non plus un conciliateur ou un négociateur. Le médiateur ne va pas chercher à conseiller les personnes ou les faire cheminer vers sa propre solution.
« Le médiateur est avant tout un professionnel de la relation, de l’humain », explique Michel Pierpaoli, le médiateur en charge de ce nouveau service. M. Pierpaoli est accrédité par l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (IMAQ).
Des taux de réussite de près de 80% pour la médiation citoyenne
Quand les processus de médiation sont volontaires, leur taux de réussite se situe entre 70 % et 80 %. M. Pierpaoli croit donc qu’il est important d’utiliser ce service pour éviter que les petits différends ne deviennent grands en les réglant rapidement entre citoyens et citoyennes. » – S. Cajelait 8 (Extrait de nouvellesdici-com.du 9/12/2022)
Philippe Junquet a été nommé médiateur de l’hydroélectricité par un arrêté du 9 décembre 2022, publié au journal officiel du 20 décembre 2022. Une mission expérimentale limitée pour l’instant à l’Occitanie.
L’hydroélectricité représente plus de la moitié de la production de l’électricité renouvelable en France, selon EDF. Avec ses 427 centrales hydrauliques et plus de 600 barrages, 62,5 TWh ont été produits par ces centrales en 2021, soit 12 % de la production de la France métropolitaine.
Alors, pour régler les conflits nés dans le cadre de nouveaux projets, un décret du 28 juin 2022 issu de la loi Résilience et Climat a fixé les modalités d’application d’une nouvelle expérimentation portant sur l’institution d’un médiateur de l’hydroélectricité. Il a fallu attendre le mois de décembre pour qu’un premier soit nommé. Il s’agit de Philippe Junquet. Ce dernier aura pour mission de résoudre amiablement les difficultés rencontrées par les porteurs de projets ou les exploitants d’installations hydroélectriques » – L. Verron- (Extrait de revolution-energetique.com du 22/12/2022)
L’article se propose d’analyser comment la médiation familiale, profession qui s’est inscrite récemment dans le champ social, a pu apporter de nouveaux paradigmes dans la distance habituellement observée par les professionnels de ce champ. Son traitement des conflits familiaux avec son mode d’accompagnement des séparations se révèle être une approche originale orchestrée par l’intervention d’un tiers médiateur neutre, impartial et indépendant, au sein d’un espace dédié, confidentiel, que les personnes choisissent librement d’investir pour tenter de résoudre elles-mêmes leurs différends. Toutefois, cette distance n’est pas exempte de paradoxes, comme nous le développerons dans cet écrit.
Family mediation: search for the right distance
This paper proposes to analyze how family mediation – a profession that has recently entered the social work – has managed to bring new paradigms to the relational distance usually observed by professionals in this field. Its way of dealing with family conflicts and accompanying separations is an innovative approach, orchestrated by the intervention of a neutral, impartial and independent third-party mediator within a dedicated, confidential space that people freely choose to invest, in order to attempt to resolve their own disputes. However, such distance is not exempt from paradoxes, as we will discuss in this paper. (Extrait)
« La médiation en santé, c’est peut-être le Pr Mathieu Nacher qui la définit le mieux : « C’est donner les mêmes chances aux personnes malades, quelle que soit leur localisation, quelle que soit leur culture. » Dans un territoire multiculturel et vaste comme la Guyane, elle prend tout son sens. Début décembre, dix-sept médiateurs en santé, travaillant tous dans les communes de l’intérieur, étaient réunis à Cayenne. Au programme : ateliers de travail sur la place des médiateurs dans la réponse au Covid, évaluation des trois premières années du PAFM et analyses de pratiques. L’occasion d’échanger sur leur métier, sur les situations qu’ils rencontrent, sur la difficile distinction entre vie professionnelle et vie privée quand on est issu de la communauté que l’on aide à prendre en main sa santé.
« Les retours de la population sont très positifs »
Lionel Amato connaît bien ces situations. Cela fait dix-huit ans qu’il travaille au centre délocalisé de prévention et de soins (CDPS) de Grand-Santi, commune où il est né. D’abord comme agent de services hospitaliers (ASH). « Je faisais le secrétaire, l’aide logistique… » Et il répondait beaucoup aux questions des patients, assurait régulièrement des traductions avec les professionnels de santé. « Ça a duré quinze ans. Ça ne me plaisait plus. Il n’y avait aucune perspective d’évolution », se souvient-il. Il postule ailleurs, fait connaître son envie de démissionner. Le Dr Paul Brousse, ancien coordinateur médical des CDPS, le croise lors d’une visite à Grand-Santi. Il lui annonce le recrutement à venir de médiateurs en santé. Ce que Lionel Amato faisait déjà en partie. « Il m’a dit : Il ne faut pas que tu partes, tu es une personne ressource à Grand-Santi. Il m’a rassuré. » L’affaire traîne encore quelques mois, le temps de boucler le financement et Lionel Amato devient médiateur en santé du CDPS. Depuis, il a rejoint l’Emspec, l’équipe mobile de santé publique en commune. » (Extrait de newsletter.ars.sante.fr du 20/12/2022)