PREMIERS RÉSULTATS DE L’OBSERVATOIRE DE LA MÉDIATION par Jérôme Messinguiral (Officiel de la Médiation)


« Dans le cadre de la décennie du droit à la médiation, lancée en 2015, les Médiateurs Professionnels ont affirmé leur nouvelle profession. Ils l’ont distingué des autres formes de médiation. Le cœur de leur métier s’inscrit par-delà toutes conceptions contractuelles liées à la « gestion des conflits et de l’adversité ». Il est ce qui fait le ciment de la vie en Société, c’est-à-dire les relations d’Entente dans la perspective de l’Entente Sociale associée à la qualité relationnelle et à la promotion de l’altérité.

C’est en 1999 que Jean Louis Lascoux a créé une approche fondée sur la rationalité : la médiation professionnelle. Il a sorti l’intervention des médiateurs professionnels des conceptions d’autorité. Il a ainsi écarté l’usage de la morale, du droit et des grilles psycho-sociologiques. Il a ouvert la voie à l’accompagnement de projet relationnel et initier  l’ingénierie relationnelle, une nouvelle discipline pour une nouvelle profession. Un nouveau paradigme d’intervention social. L’éthique, le dialogue social (3 fondamentaux : la gouvernance, le projet et la qualité relationnelle), l’assistance managériale, la sécurisation relationnelle, et le droit à la libre décision sont des thématiques centrales. C’est une réponse au besoin d’amélioration des relations, le regard tourné vers des idéaux, piliers de notre organisation sociale.

Les médiateurs professionnels apportent une contribution professionnelle à la conduite des projets, au rôle formateur des organisations, au mieux vivre ensemble, à la promotion d’un nouveau paradigme sur la manière de prendre et de rendre des décisions.

En 2017, avec les organisations de la médiation professionnelle, à l’occasion de leur événement annuel, le Symposium de la médiation professionnelle, la profession de médiateur est proclamée profession du 21ème siècle.

C’est dans ce contexte que la Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation – CPMN a lancé une enquête nationale sur l’état de la médiation en France.

Les premiers résultats nous donnent quatre axes de réflexion
–          La médiation pour réfléchir versus se conformer
–          La médiation ne se réduit pas la seule résolution des conflits
–          Le droit à la médiation, évolution et transformation
–          Le business du métier de médiateur

Avec plus de 400 répondants à ce jour, nous vous proposons de regarder maintenant le dernier point, celui du business du médiateur, les trois autres points seront traités dans des articles à venir.

Là où hier les professionnels de la gestion des conflits n’y voyaient, paradoxalement, que du bénévolat et de l’amateurisme bienveillant, aujourd’hui la profession s’affirme au travers d’une activité rémunératrice.

L’enquête a été grand public. Elle a permis à des personnes de tous horizons de répondre, quelles que soient sa profession d’origine, qu’elle exerce ou non à plein temps la médiation, et quelle que soit la forme de médiation, dès lors qu’il s’agit de médiation portant sur les aspects relationnels de type conflictuels ou non.

LE STATUT DES MÉDIATEURS : UNE PETITE PRÉFÉRENCE POUR LE STATUT LIBÉRAL

Classiquement, deux statuts sont identifiés pour exercer la profession de médiateur, soit en libéral, soit en tant que salarié d’une organisation. Près de 70% exercent en tant que libéral, ce qui présuppose que les médiateurs ont une capacité et/ou une envie d’être autonome, ou bien que le marché est pour l’instant centré sur un apport externe aux organisations. La montée du salariat est tout de même à noter, d’autant que les médiateurs professionnels ont instauré les conditions de garantie de l’indépendance en proposant aux organisations le DMPI[1].

LE PROFIL DES MÉDIATEURS : MASCULIN SANS PLUS, ET MOINS JEUNE MAIS PAS TROP

La population des médiateurs se répartit équitablement en approchant la parité puisque 55% sont des hommes et 45% des femmes. Être médiateur.e n’est donc pas plus un métier d’homme que de femme.

Par ailleurs la profession de médiateur s’inscrit plutôt en deuxième partie de carrière avec plus de 80% des répondants qui ont plus de 45 ans. En effet être médiateur présuppose d’avoir une expérience dans les relations impersonnelles qui s’acquière avec le temps. Nous noterons donc que la tranche 25-35 ans est très peu représentée avec seulement 2.6%

98% des répondants ont suivi une formation pour se déclarer médiateur. Il parait donc maintenant acquis qu’une formation est indispensable pour envisager d’intervenir en tant que médiateur.

Pour plus de 97% des répondants, la formation suivie était d’une durée supérieure ou égale à 12 jours, ce qui parait être un minimum pour apprendre un métier, considérant que ce sont majoritairement des personnes en deuxième partie de carrière avec une forte expérience dans les relations humaines. Mais le contenu et la durée des formations varient selon les organismes de formation, ce qui laisse la place à différents niveaux de compétences à la sortie des formations. Il s’agit donc de bien vérifier pour les utilisateurs la garantie d’être en face d’un professionnel, la formation n’étant qu’un élément constitutif de la valeur du professionnel. Sa formation continue, sa supervision, son adhésion auprès d’un syndicat professionnel, sont des paramètres à ne pas négliger.

Concernant le regroupement des médiateurs, il apparait bon nombres d’associations de médiateurs (ANM, FENAMEF, FNCM,…) et un seul syndicat représentatif (CPMN) auprès desquels les médiateurs adhèrent. Il est vrai que la CPMN est l’organisation qui a porté le projet de la profession de médiateur et que pour le moment les associations de médiation ont du mal à identifier une spécificité professionnelle à partir des contenus de formation dispensés à leurs membres. A noter que plus de 36% des répondants n’adhérent à aucun groupement.

Il reste donc un champ de travail sur le caractère professionnalisant des médiateurs afin d’offrir des garanties de cohérence aux utilisateurs, notamment comme le propose la CPMN autour d’un code d’éthique et de déontologie (CODEOME[2]) offrant des garanties aux clients en terme de professionnalisme des adhérents.

L’ACTIVITÉ DU MÉDIATEUR :

Avant le développement de la Médiation Professionnelle, la posture de médiateur était associée à une personne expérimentée, désintéressée financièrement, rémunérée par l’Etat, voire bénévole. Il a fallu attendre la fin du 20ème siècle pour que celle-ci soit affirmée comme profession et donc que l’activité devienne rémunératrice.

L’activité de bénévolat perdure encore pour 30% des personnes interrogées contre 69% qui se font rémunérer. Le niveau de rémunération varie selon le coût d’une médiation et le nombre de médiations réalisées par an. La fourchette basse d’une médiation est variable de 0 à 450€, la tranche moyenne s’établissant entre 800 et 2000€ pour une médiation à deux parties.

80% des répondants réalisent plus de 10 médiations par an, quand 4% seulement font plus de 25 médiations par an. Le chiffre d’affaire réalisé sur ce segment porte la médiane à 10000€ de CA par an.  Il en résulte ainsi que les médiateurs sont nombreux à cumuler plusieurs activités notamment sous le statut libéral.

68% DES MÉDIATEURS ONT UNE OU PLUSIEURS AUTRES ACTIVITÉS QUE CELLE DE MÉDIATEUR.

C’est ainsi que les métiers le plus fréquemment associés à celui de médiateur sont :

Le métier de consultant pour 30,6% des médiateurs interrogés, juste derrière c’est le métier de coach pour 20% des médiateurs interrogés, vient ensuite le métier d’expert technique pour 9,3 % des médiateurs interrogés, 8% des médiateurs interrogés travaillent également en RH, 8% des médiateurs exercent également en tant qu’enseignant6,7% exercent en tant que juristes et 5,3% des médiateurs interrogés sont également avocats.

L’étendue des thématiques pris en charge par le médiateur professionnel évoluant, elle ne s’arrête pas à la simple résolution du conflit mais s’étant aussi à la qualité relationnelle. Ceci explique les activités connexes sur lesquelles le médiateur vient se positionner en étant pertinent sur tout ce qui relève de la qualité de la relation, l’entente et l’entente sociale.

Pour 74,9 % des répondants la médiation, dans sa partie résolution des conflits, représente moins de 50% de leur activité.

Dans un prochain article à paraître nous vous parlerons de ce dernier sujet qui concerne l’étendue de l’activité du médiateur, allant de la résolution des conflits jusqu’à l’entente et l’entente sociale, en passant par la qualité relationnelle.

L’observatoire national de la médiation est un dispositif permanent qui permet à chacun de participer, que ce soit en tant que médiateur, utilisateur de la médiation, ou citoyen.

N’’hésitez pas à participer, c’est ici : https://www.cpmn.info/observatoire-national-de-la-mediation/

Rédacteurs : Stéphane SEIRACQ, Patrick JACQUEMART, Charline BASCONES

[1] Le Dispositif de Médiation Professionnelle Internalisé® est un outil fondé sur les meilleures pratiques managériales, en conformité avec les dispositions légales. Il est au service du développement de la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

Il instrumente l’engagement éthique interne au moyen de la médiation professionnelle pour promouvoir l’entente, la qualité relationnelle, prévenir sa dégradation et faciliter la résolution des différends. » (Extrait de l’officieldelamediation.fr du 15/12/2018)

En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2018/12/15/premiers-resultats-de-lobservatoire-de-la-mediation/

 

Emploi : Médiateur/trice sociale en milieu scolaire à Châtellerault (86)


Association Médiation86

Médiation 86 recherche un/une Médiateur/trice sociale en milieu scolaire. CDD de 36 mois .

Vous devez être éligible au dispositif adulte relais.

Formation/ expériences en , , éducateur…

Poste à pourvoir immédiatement.

Postulez à mediation86@sfr.fr

(Extrait de witter.com/Assomediation86 )

En savoir plus sur https://twitter.com/Assomediation86/status/1073326716150525952?s=09

Inauguration de la Clinique de la Médiation de l’Université Lyon 2 le 24 janvier à 18 heures.


 

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Nos objectifs

Ce projet est inspiré des Law Clinics ou autres Legal Advice Center développés au sein des universités américaines et, depuis une quinzaine d’années au Royaume-Uni.

Le principe est le même qu’avec l’enseignement clinique instauré pour les études de médecine. Il est de compléter la formation théorique des étudiants par une expérience pratique, en les confrontant à des situations réelles où le recours à la médiation présente un intérêt. Cette formation pratique présente de nombreux avantages pédagogiques et sociaux.

D’une part elle permet aux étudiants de travailler sur des cas concrets où une résolution à l’amiable du litige parait adapté ; d’autre part, grâce à son activité d’information et d’accompagnement à la médiation,  elle répond à des besoins de la population.

 Dans toutes ses interventions, la Clinique de la Médiation a un double objectif

  • Pédagogique car elle permet à des étudiants de l’université de mettre en application leurs connaissances théoriques, en développant notamment les techniques de médiation enseignées, comme l’écoute active, la communication non violente, ….

  • Social car elle répond à une demande de la société de résoudre de manière amiable certains litiges. (Extrait de cliniquedelamediation.com )

En savoir plus sur https://www.cliniquedelamediation.com/nos-objectifs

Postes Canada: Ottawa nomme un autre médiateur pour dénouer l’impasse


« Deux semaines après avoir fait adopter une loi spéciale pour forcer le retour au travail des employés de Postes Canada, le gouvernement fédéral a nommé un autre médiateur pour tenter de régler le conflit.

Elizabeth MacPherson, qui dirigeait auparavant le Conseil canadien des relations industrielles, aura jusqu’à 14 jours pour trouver un terrain d’entente entre la société de la Couronne et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

Les deux parties ne sont pas retournées à la table de négociations depuis que le gouvernement libéral de Justin Trudeau a déposé un projet de loi spéciale pour mettre fin aux grèves tournantes.

Si l’employeur et le syndicat ne parviennent pas à une entente, le médiateur aura le pouvoir d’imposer un règlement par arbitrage exécutoire.

Les grèves tournantes ont perturbé une bonne partie du système postal au pays et ont provoqué des retards qui devraient perdurer jusqu’au mois de janvier. » (Extrait de journalmetro.com du 10/12/2018)

En savoir plus sur http://journalmetro.com/actualites/national/1975889/postes-canada-un-nouveau-mediateur-nomme/

Médiation scolaire : les écoliers luttent eux-mêmes contre le harcèlement scolaire à Lille


Quelles articulations entre travail social, médiation sociale et médiation numérique ? (Haut Conseil du Travail Social – Juin 2018)


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Extrait de solidarites-sante.gouv.fr/

En savoir plus sur https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche_articulations_mediation_sociale_numerique_et_travail_social.pdf

Un projet de clinique de droit et de médiation est lancé par l’université de Bourgogne


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« La Clinique a pour objectif de favoriser l’accès gratuit du plus large public possible au Droit et à la Médiation. Pour cela, la Clinique repose sur l’engagement bénévole des étudiants au service de la population. Ce service est donc offert à tous, gratuitement, à la seule exception des personnes déjà représentées ou conseillées par un avocat pour la même situation qui ne peuvent bénéficier alors de l’accès à la Clinique.

Ce service est fondé sur un entretien en présentiel ; la Clinique n’a pas vocation à répondre aux demandes du public par mail, courrier ou téléphone.

 L’ouverture est prévue la semaine du 14 janvier 2019.

Cette clinique est mise en place à titre expérimental et, pour la partie « médiation » s’inspire ce qui est pratiqué au sein des Cliniques de Sherbrooke et Montréal. (Extrait de ufr-dsep.u-bourgogne.fr

En savoir plus sur http://ufr-dsep.u-bourgogne.fr/clinique-droit-et-mediation.html

 

 

Belgique – La loi du 18 juin 2018 : l’appel à la médiation ou le Waterloo de la médiation volontaire ? par Patrick VAN LEYNSEELE Avocat, arbitre et médiateur (Journal des Tribunaux)


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« Parmi ses nombreux projets, le ministre de la Justice entend promouvoir les modes alternatifs de règlement des conflits. Avec la loi du 18 juin 2018, il veut bousculer certaines habitudes et forcer les acteurs de justice à collaborer à cette promotion. Dans le présent article, au-delà de certains changements « techniques » et terminologiques, on voit que le règlement amiable doit être préféré au recours judiciaire, que les juges ont dorénavant le pouvoir d’imposer une médiation, que les avocats sont tenus d’envisager des solutions amiables avec leurs clients et de « pousser » celles-ci lorsque cela est possible. La médiation devient une profession à part entière, qui ne pourra plus être pratiquée (sauf pour les conflits interentreprises) que par des professionnels agréés. Enfin, à l’occasion de la nouvelle loi, l’auteur pose certaines questions et évoque certains problèmes qui risquent de surgir dans la pratique et que la loi ne résout pas ». (Extrait de jt.larcier.be du 1/12/2018)

En savoir plus sur http://jt.larcier.be/gen/accueil.php

La médiation sociale a-t-elle atteint l’âge de la maturité ? par Emilie Denètre (Gazette des communes)


Promevil mediation sociale

« A l’occasion d’une journée « Médiation et territoires » co-organisée par La Gazette des Communes et Promévil à Cergy (95), les principales figures de la médiation sociale ont salué les nombreuses avancées de ce secteur en plein essor, évoquant au passage les grands défis à venir.

Depuis « les emplois jeunes » de la fin des années 90, la médiation sociale a fait un long chemin pour s’imposer dans le paysage de nos villes. Et séduire les élus locaux qui sont de plus en plus nombreux à se laisser séduire par ces agents, qui, de jour comme de nuit, marchent dans la rue, à la rencontre et à l’écoute des habitants. Leurs missions : résoudre les petits conflits de la vie quotidienne, faire le lien avec la population d’un quartier, apporter une aide aux personnes en détresse… Car la médiation, c’est d’abord une présence humaine dans l’espace public mais aussi dans les transports et les établissements scolaires.  » (Extrait delagazettedescommunes.com du 3/12/2018

En savoir plus sur https://www.lagazettedescommunes.com/595193/la-mediation-sociale-a-t-elle-atteint-lage-de-la-maturite/

Le médiateur devrait-il donner son opinion quant aux options des participant(e)s? par Jean Poitras et Solange Pronovost


Conflits stratégie.PNG125.PNG« Un des mythes importants de la médiation évaluative est que le médiateur aiderait les personnes récalcitrantes à faire des compromis en se prononçant sur l’issue probable du conflit. Informées du «risque de perdre» devant un quelconque décideur, celles-ci présenteraient alors une plus grande «ouverture» aux solutions proposées. Or, une étude récente démontre avec éloquence que les pronostics des tiers intervenants sont peu fiables. Ainsi, leur opinion quant aux chances que les gens gagnent lors d’une audience s’avère généralement une prévision qui n’est pas vraiment sûre. Dans cette perspective, quelle est la vraie valeur de ce modèle de médiation?
En fait, l’erreur de plusieurs médiateurs est de baser leur intervention sur l’évaluation du risque. Par exemple, selon son expérience, l’un d’eux peut au cours du processus, informer une personne qu’il est peu probable qu’elle obtienne gain de cause lors de l’audition et qu’elle devrait par conséquent, accepter le compromis qui lui est présenté. Si cette affirmation réussit à la faire fléchir, la situation n’en demeure pas moins problématique car le médiateur peut sembler exercer des pressions indues. Est-ce dire que la médiation évaluative n’a pas sa place parmi les mécanismes de gestion des conflits?
Contrairement aux détracteurs de l’approche évaluative, nous croyons que le médiateur doit parfois aider les gens à mieux considérer leurs options. Cependant, celui-ci doit se concentrer sur la confrontation de leurs idées préconçues et non sur l’évaluation de leurs possibilités de remporter le verdict. Pour ce faire, adopter une attitude d’«avocat du diable» est une excellente approche. Voici une liste des préjugés cognitifs qu’il peut questionner.
Surestimation de ses chances de gagner. Il est bien connu dans la littérature scientifique que les individus ont tendance à surestimer leur chance de gagner, notamment parce qu’ils sous-estiment la position de leur vis-à-vis. C’est ainsi que l’intervenant peut réduire cette propension en soulignant les points forts de ce dernier. Il peut aussi mettre en lumière les faiblesses des arguments de celui qui se croit plus solide. Sans se prononcer sur l’issue du conflit, il aide néanmoins les gens à mieux évaluer la situation.
Sous-estimation des coûts. Bien qu’une personne puisse avoir d’excellentes chances de gagner un procès ou un arbitrage, il reste que le processus menant à la victoire engendre des coûts qui sont généralement très importants sur le plan financier, temporel et émotif. Est-ce que celle-ci les a bien estimés et en a tenu compte dans son évaluation globale? Est-elle prête à rester en conflit encore plusieurs mois dans l’attente de sa réussite? L’attrait du gain risque souvent d’aveugler les gens au point d’éclipser leur jugement. Un médiateur peut alors les aider à bien analyser l’ensemble de l’équation coûts/bénéfices.
Sous-estimation des dommages collatéraux. Un autre élément que les personnes en conflit oublient régulièrement de considérer, ce sont les conséquences négatives du conflit pour les personnes qui ne sont pas directement impliquées, mais qui gravitent autour de la situation conflictuelle. L’exemple classique concerne les enfants d’un couple qui divorce. Parfois, c’est lorsque les parents prennent conscience de la souffrance de ces êtres vulnérables qu’ils réalisent que le maintien du conflit ou la victoire à tout prix ne constitue pas une option viable. C’est ainsi qu’en les aidant à prendre acte des dommages collatéraux, le médiateur les amène à mieux évaluer leurs options.
Perte de vue des objectifs supérieurs. Il est normal en situation de tension, de colère, de ressentiment, que les gens veuillent gagner, et même qu’ils désirent faire payer l’autre. Mais est-ce le but ultime de la démarche? Ne serait-ce pas plutôt de régler un obstacle qui les empêche de cheminer vers autre chose? La médiation d’un divorce vise-elle à faire payer le conjoint pour avoir provoqué la rupture, ou n’a-t-elle pas plutôt pour objectif l’obtention d’une entente qui permettra aux protagonistes de refaire leur vie et de sauvegarder le bien-être des enfants le cas échéant? Dans le domaine de l’emploi, ne permettrait-elle pas de rétablir les communications et l’harmonie dans les relations au lieu creuser l’écart et de détériorer davantage le climat de travail? Comme il n’est pas rare que les personnes impliquées dans une situation conflictuelle perdent de vue la finalité d’une démarche de résolution d’un différend, il peut être opportun que le médiateur les incitent à garder cette perspective en tête. Cela leur permettra de mieux circonscrire les options qui se présentent à elles.
L’objectif d’une intervention évaluative devrait être d’aider les participant(e)s à mieux soupeser les possibilités qu’ils ont et non pas de les convaincre de régler. Pour ce faire, le médiateur doit respecter certains principes. D’abord il ne doit pas les effrayer, mais plutôt les soutenir afin qu’ils fassent une appréciation objective de la cause. Ensuite, dans le but de maintenir une équité entre eux, il se doit de faire cet exercice avec chaque personne, même s’il a l’impression qu’une seule fait une évaluation faussée de la situation. En respectant ces deux lignes de conduite, la médiation évaluative respecte les règles de l’art.

Références

  • BAITAR, Rachid, BUYSSE, Ann, BRONDEEL, Ruben, et al. Styles and goals: Clarifying the professional identity of divorce mediation. Conflict Resolution Quarterly, 2013, vol. 31, no 1, p. 57-78.
  • DELLA NOCE, Dorothy J. Evaluative mediation: In search of practice competencies. Conflict Resolution Quarterly, 2009, vol. 27, no 2, p. 193-214.
  • LEVIN, Murray S. The Propriety of Evaluative Mediation: Concerns About the Nature and Quality of an Evaluative Opinion. Ohio State Journal Dispute Resolution, 2000, vol. 16, p. 267.

(Extrait de conflits-strategies.com du 3/12/2018)

En savoir plus sur http://www.conflits-strategies.com/2018/12/ch126.html

OHADAC : Programme bi-national Haïti – République dominicaine (11ème programme FED)


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« L’équipe porteuse du projet OHADAC s’est rendue en République dominicaine suite à l’invitation de l’agence de développement Caribbean Export, responsable de la mise en œuvre du programme bi-national Haïti – République dominicaine (11ème programme FED).

Ce programme a pour objectif de promouvoir l’arbitrage et la médiation dans le contexte des relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine. Ces procédures seront gérées par la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage d’Haïti (CCAH), basée à Port-au-Prince, et le Centre de Résolution alternative des Différends (CRC), basé à Saint Domingue.

L’objet de cette mission était d’envisager le rôle du futur Centre d’arbitrage et de médiation OHADAC dans le cadre de ce programme. L’OHADAC contribuera au développement de cette initiative en mettant à la disposition des centres d’arbitrage précités son vaste réseau d’experts en arbitrage et médiation dans la Caraïbe. Le futur Centre d’arbitrage et de médiation OHADAC pourra également apporter un soutien institutionnel dans le contexte de ces futures procédures, en nommant par exemple un arbitre issu de son propre panel lorsque cela s’avérerait nécessaire.

A l’issue de cette mission, il a été décidé que le dialogue entre le CRC, la CCAH et l’OHADAC continuerait dans les mois qui viennent, et une nouvelle mission est prévue en mars 2019, à St Domingue. A cette occasion, un séminaire sur la médiation sera organisé, et d’autres réunions tripartites auront lieu pour développer de concert le marché de l’arbitrage dans la Caraïbe » (Extrait de ohada.com du 5/12/2018)

En savoir plus sur http://www.ohada.com/actualite/4561/ohadac-programme-bi-national-haiti-republique-dominicaine-11eme-programme-fed.html