Suisse : La médiation réparatrice, pour prendre soin des victimes


Capture.PNG21« La médiation réparatrice, pour prendre soin des victimes

L’invité : Le médiateur André Grivel souhaite placer les victimes en première position.

La médiation est inscrite dans la loi, notamment en ce qui concerne le droit pénal de mineurs. En droit civil, la médiation est également très utilisée, notamment dans les procédures de divorce. Ce mode de fonctionnement, que l’on nomme «justice réparatrice», a fait ses preuves et permet aux personnes concernées, que ce soit la victime ou l’auteur, pour les couples, de trouver une issue favorable à leur différend.

«Elle va permettre de placer la victime d’un crime ou d’un délit en première position»

Qu’en est-il de la médiation réparatrice? Elle va surtout permettre de placer la victime d’un crime ou d’un délit en première position et l’aider à appréhender l’avenir différemment. En effet, cette dernière va pouvoir réfléchir autrement aux événements qui lui ont causé parfois des torts considérables durant de nombreuses années, tant sur le plan physique que psychique. Souvent la victime a suivi des thérapies mais cela n’a pas été suffisant. En médiation réparatrice, elle va pouvoir faire part de ses besoins personnels, de se positionner pour son avenir, ce qui lui permettra de l’envisager sous un angle positif.

Relevons que lors d’une médiation réparatrice, l’auteur des agressions n’est pas forcément présent dans le processus. L’auteur connu ou inconnu, vivant ou décédé, ne peut plus être entendu. Parfois, c’est simplement la victime qui ne veut pas rencontrer son agresseur, mais a besoin de se reconstruire.

Surmonter ses souffrances

La médiation réparatrice va se dérouler uniquement avec elle, face à elle-même, surtout face à son avenir. Elle est au centre du processus. Le médiateur devra veiller à ne pas entrer dans une nouvelle thérapie, sans pour autant écarter la possibilité pour la victime de revenir sur certains faits, uniquement si elle le désire. La question de savoir comment permettre à cette personne de surmonter, du moins en partie, ses souffrances occupe toute la conversation: «De quoi a-t-elle besoin?» «Comment atteindre ses objectifs?» Souvent, elle ne comprend pas ce qui lui est arrivé. Le fait d’avoir une vision du futur l’aidera à faire un pas dans la compréhension de ses souffrances.

De par mon expérience, je peux affirmer que les victimes sont rassurées de pouvoir s’exprimer autrement. Toutes les personnes que j’ai pu approcher disent qu’elles ont eu suffisamment l’occasion de parler de ce qui leur était arrivé; elles veulent passer à autre chose. Elles ont souvent des objectifs mais ne savent pas comment les atteindre. Le médiateur va les aider à les réaliser. Lorsqu’elles ne savent pas dans quelle direction regarder, nous allons ensemble chercher et trouver des pistes.

En Suisse, placer la victime au premier plan est une nouveauté et une telle approche est toutefois encore trop rare. Nous imaginons trop souvent que la médiation ne peut avoir lieu qu’entre deux personnes. Osons quitter le cadre de la médiation conventionnelle, réinventons de nouvelles médiations, afin de pouvoir donner aux personnes concernées la possibilité de sortir du cercle infernal qu’est la victimisation. ( Extrait de 24 heures)

En savoir plus sur http://www.24heures.newsnetz.ch/signatures/reflexions/mediation-reparatrice-prendre-soin-victimes/story/23570449

11e Congrès Suisse de Médiation SDM-FSM les 15 et 16 juin à Lucerne


 

 

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Programme et inscription sur http://www.swiss-mediators.org/cms2/fileadmin/dokumente/kongress18/SDM-FSM_Kongress_Congres_2018.pdf

Suisse : le médiateur de la SSR porte plainte contre l’auteur d’une réclamation


« Le médiateur alémanique de la SSR Roger Blum a l’habitude des réclamations. Il ne les accepte cependant pas toutes: il a porté plainte contre l’auteur d’une lettre de protestation dans le cadre de la votation sur « No Billag ».

Dans son email et sa lettre du 8 janvier adressés à l’office de médiation, l’auteur suggère la création d’un camp de concentration dans l’Oberland bernois. Selon lui, la conseillère nationale Doris Leuthard, des collaborateurs de son département, de même que des employés de la radio et la télévision alémanique SRF et l’ombudsman, devraient y être incarcérés.

Dans cette correspondance, les coups pleuvent contre la SRF, la ministre de la communication et l’office de médiation, indique le médiateur de la SRF Roger Blum sur Twitter. L’email de réclamation est écrit sur un ton inacceptable et manque de bienséance, précise M. Blum. Il démontre les viles pensées de son auteur, ajoute le médiateur. C’est pourquoi M. Blum a déposé une plainte pénale auprès du ministère public grison.

Dans sa réclamation, l’auteur appelle en outre à voter en faveur de l’initiative « No Billag ». Il accuse la couverture médiatique de la campagne référendaire d’être mensongère.

L’ombudsman a traité la plainte, sans la soutenir aucunement. L’auteur a maintenant la possibilité de se tourner vers l’autorité fédérale indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP). » (Extrait de swissinfo.ch du 20/

En savoir plus sur https://www.swissinfo.ch/fre/le-m%C3%A9diateur-de-la-ssr-porte-plainte-contre-l-auteur-d-une-r%C3%A9clamation/43912534

Médiation de paix: une formation suisse prisée dans le monde entier


Gros plan sur des mains posées sur une table

« Comment amener les parties d’un conflit armé à s’asseoir à la même table? Quels éléments doit contenir un accord de cessez-le-feu pour avoir une chance de durer? Un programme d’études destiné aux médiateurs et mis en place à Zurich répond en particulier à ces questions. Unique, il accueille des participants venant du monde entier.

Cette formation est particulière parce qu’elle se concentre exclusivement sur la médiation de paix dans les conflits politiques internationaux, explique son responsable Andreas Wenger, de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich). Elle l’est aussi parce qu’elle dure non pas quelques semaines mais s’étend sur 18 mois.

Dans le premier module jusqu’à la fin de l’année dernière, les participants ont approfondi les questions touchant à l’analyse des conflits et à leur résolution. Le deuxième qui débutera en mars sera consacré aux méthodes de négociation. Les étudiants découvriront ensuite à l’aide de jeux de rôle comment réagir  lorsque, par exemple, un participant quitte la table des négociations par frustration.

La Suisse assume près d’un tiers du budget

Le budget pour la phase de planification et les deux premiers cycles pilote s’établit à 5,5 millions de francs. La Suisse en assume au maximum 1,6 million. Les autres partenaires de l’ETH Zurich participent aussi aux frais. À moyen terme, le coût d’un cycle devrait s’établir entre 800’000 et 1,2 million de francs, financés par des frais de participation de 55’000 francs par personne.

«La médiation est un travail d’équipe», souligne Andreas Wenger. Une des principales responsabilités d’un médiateur est de structurer le processus de négociation. Mais il doit aussi connaître les éléments essentiels qu’un traité de paix doit contenir pour qu’il tienne le plus longtemps possible. Ce master n’est cependant qu’une formation de base, souligne le professeur: «Il y a ensuite encore un long chemin pour se retrouver médiateur en chef chargé par exemple de diriger des négociations de paix.»

La formation s’adresse surtout au personnel des ministères des affaires étrangères, mais elle peut aussi être suivie par des membres d’organisations internationales telles que les Nations unies ou l’Union européenne. Elle est aussi ouverte aux particuliers.

«Toutes les zones de conflit sont représentées»

L’ETH Zurich a enregistré plus de 150 demandes d’inscription. «Nous nous réjouissons de l’intérêt manifesté», indique Andreas Wenger. Finalement, 18 candidatures ont été acceptées.

Un bon mélange d’étudiants est important et nous l’avons trouvé, dit-il. «Toutes les régions du monde sont représentées, donc toutes les zones de conflits, et le groupe inclut aussi bien les perspectives occidentales que celles des pays du Sud. Les femmes constituent la moitié des participants.»

Tous apportent au moins quatre ans d’expérience dans la politique de paix. «Certains possèdent des connaissances particulières sur un conflit et ont même grandi dans la zone touchée», indique encore le responsable. D’autres sont spécialisés dans l’analyse comparative des conflits.

Experts du Département fédéral des affaires étrangères

Deux participants aux cours viennent du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) qui a soutenu le projet dès le début. Il met notamment à disposition des experts pour certains cours. Nous comblons ici un vide, a déclaré une porte-parole de DFAE. Cette formation doit permettre à la Suisse d’apporter sa contribution pour que les futurs accords de paix s’avèrent encore plus durables.

Les ministères des affaires étrangères d’Allemagne, de Finlande, de Suède, les Nations unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) soutiennent également le projet et y envoient aussi des étudiants. Ces partenaires d’ETH Zurich financent en outre la formation de huit participants venant d’autres régions du monde.

La Suisse en tant que médiatrice

Les bons offices de la Suisse sont une tradition. À côté des mandats de puissance protectrice, ils jouent un rôle essentiel dans la politique de paix du pays. La Suisse est internationalement reconnue pour son rôle dans la médiation des conflits. Au cours des années passées, elle a accompagné plus de 30 processus de paix dans plus de 20 pays.

En tant qu’intermédiaire neutre, elle offre ses services comme médiatrice ou comme facilitatrice. Dans ce second cas, elle facilite par des mesures logistiques le contact entre les parties en conflit, mais elle n’est impliquée ni dans l’organisation du processus ni dans le contenu des négociations. La médiation en revanche inclut un soutien substantiel des parties dans la recherche de solutions.

La voie solitaire dans le domaine des bons offices a de moins en moins de chances de succès, en particulier pour les petits États. La Suisse a pris en compte cette évolution et offre désormais toujours davantage ses services dans le cadre de partenariats, notamment avec les Nations unies. Comme médiatrice elle travaille aussi étroitement avec des organisations non-gouvernementales et d’autres institutions suisses, en particulier la fondation Swisspeace et l’ETH Zurich. (Source: DFAE) (Extrait de swissinfo.ch du 29/01/2018)

En savoir plus sur https://www.swissinfo.ch/fre/politique/r%C3%A9solution-des-conflits-politiques_m%C3%A9diation-de-paix–une-formation-suisse-pris%C3%A9e-dans-le-monde-entier/43856118

Formation : Cours de religion et de médiation, du 26 au 31 août 2018 à Murten (Suisse)


 

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Le cours de religion et de médiation (CMR) est une formation spécialisée pour les médiateurs, les praticiens de la paix, les décideurs politiques et d’autres personnes travaillant à la résolution de conflits politiques violents dans des contextes où la religion est très pertinente. L’objectif du cours est que les participants approfondissent leur compréhension de l’interaction entre la religion et la politique dans les conflits politiques violents.

Buts d’apprentissage

Dans un environnement d’apprentissage interactif et axé sur l’expérience

• Acquérir une compréhension de l’importance de la religion dans le travail sur les conflits

• Acquérir les outils pour analyser le rôle de la religion dans les conflits

• Se familiariser avec une variété d’approches pour la médiation et la transformation des conflits avec des dimensions religieuses

• Appliquer leur apprentissage à des études de cas de conflits actuels avec des dimensions religieuses.

 

Chronométrage et détails de la demande

Le cours de religion et de médiation 2018 aura lieu du 26 au 31 août 2018 à Murten en Suisse (près de la capitale de Berne).

Les demandes pour le cours sont maintenant ouvertes. Veuillez noter que vous aurez besoin d’un CV et d’une lettre de motivation pour  postuler. La date limite de dépôt des candidatures est le  27 mars 2018 .

 

Les organisateurs

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et le Centre d’études de sécurité (CSS) mènent un programme conjoint intitulé «Culture et religion dans la médiation». Il s’appuie sur les 10 années d’expérience du DFAE en matière de religion et de transformation des conflits et sur l’expertise du CSS en matière de médiation dans ses efforts pour soutenir la transformation des conflits et les processus de médiation sur l’interaction entre religion et politique.

Le cours est organisé en collaboration avec le Réseau pour les artisans de la paix religieux et traditionnels, qui vise à identifier et améliorer le soutien et l’engagement des artisans de la paix traditionnels et religieux dans les efforts de médiation. Le Réseau travaille avec une cinquantaine d’organisations et ses activités sont supervisées par un groupe central composé de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), du Centre de Dialogue International (KAICIID), de Religions pour la Paix (RfP) et de Finn Church Aid (FCA). Le lancement du réseau a été étroitement soutenu par l’Unité d’appui à la médiation des Nations Unies du Département des affaires politiques et de l’Alliance des civilisations des Nations Unies. Le Secrétariat du Réseau est hébergé par Finn Church Aid. Le plus grand bailleur de fonds du réseau est le ministère des Affaires étrangères de la Finlande. » (Extrait de www.peacemakersnetwork.org)

Pour en savoir plus   www.peacemakersnetwork.org

Suisse : la Ville de Vernier a organisé les premières Assises romandes de la médiation urbaine et sociale!


« Vernier a organisé le 5 décembre les premières assises de la médiation urbaine et sociale (MUS). Destinée à présenter les actions menées dans ce domaine par la Ville de Vernier et d’autres municipalités romandes (Extrait de wordpress.com du 7/12/2017)

En savoir plus sur https://wordpress.com/read/blogs/99025297/posts/5137

Suisse : publication de la FSM Newsletter Décembre 2017


 

 

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Lettre à consulter sur http://www.swiss-mediators.org/cms2/index.php?id=380&L=1

Suisse : La municipalité de Vevey demande une médiation au canton pour résoudre des difficultés rencontrées par le collège exécutif.


 

« La municipalité de Vevey annonçait mardi avoir demandé une médiation au canton. Ceci, afin de «résoudre des difficultés rencontrées par le collège exécutif depuis plusieurs mois». Le rôle de médiatrice reviendra à Clarisse Schumacher Petoud, préfète du district de Lausanne au bénéfice d’une «formation spécifique en la matière».

Dans un bref communiqué, l’exécutif communal a déclaré avoir lui-même saisi le Département des institutions et de la sécurité. Ce genre d’appel à l’aide n’est «pas fréquent», selon le chancelier de l’Etat de Vaud, Vincent Grandjean, «encore moins pour une ville de cette taille». Le canton intervient plutôt dans des villages de moindre importance que dans une ville de près de 20 000 habitants, souligne le porte-parole du Conseil d’Etat. Comment la ville en est-elle arrivée là?

Tensions récurrentes

La situation est notoirement tendue dans l’exécutif communal, qui s’apprête à relever les impôts de trois points sur fond de crise financière. Plusieurs motifs en seraient la cause: à la tête d’un collège formé de deux membres de «Vevey libre» (VL), un PLR et un socialiste, la syndique verte Elina Leimgruber aurait tout d’abord de la peine à imprimer son autorité. «Il manque quelqu’un de charismatique pour prendre le lead», déplore un député de droite qui désire garder l’anonymat.

La politicienne n’aurait toutefois pas non plus la partie facile, entourée d’un gouvernement qui serait peu réceptif à la collégialité. Les membres de «Vevey Libre» sont particulièrement pointés du doigt: «Jérôme Christen (VL) va dans le sens du vent et Michel Agnant (VL) est incapable de prendre une décision», confie le même député. Un parlementaire de gauche atteste également de la difficulté de travailler en exécutif avec les membres de ce parti, dont le slogan annonce «Vevey Libre: politiquement dégagés».

Outre une brochette de personnalités complexes, la dispersion importante du spectre politique du Conseil communal – qui compte sept partis – est également très difficile à gérer, souligne un conseiller municipal. – B. Busslinger – » (Extrait de letemps.ch du 19/12/2017)

En savoir plus sur https://www.letemps.ch/suisse/2017/12/19/lexecutif-vevey-tourmente

Suisse : deux projets de loi sur les services financiers (LSFin) et la loi sur les établissements financiers (LEFin) prévoient un mécanisme de médiation


« Courant 2018, deux lois financières risquent de changer, ou pas, la qualité des services aux usagers. Le professeur Luc Thévenoz explique :

« (…) Quelles modifications pour des cas de litige?

Tous les prestataires de services financiers devront obligatoirement s’affilier à un organe de médiation. La médiation sera gratuite, et le médiateur, censé apporter des propositions de solutions pour résoudre le litige. Toutefois, le prestataire de services ne sera pas contraint d’accepter la médiation s’il ne la souhaite pas, ni d’accepter la solution proposée. Quant au client, il restera libre de recourir en tout temps aux tribunaux civils. En revanche, le parlement a entièrement supprimé les propositions du Conseil fédéral allégeant les coûts des procédures civiles pour les clients dans certaines situations. A noter que l’obligation pour les clients de verser des frais de procès et des garanties en cas d’ouverture d’une procédure civile reste inchangée. »  (Extrait de letemps.ch du 23/11/20107)

En savoir plus sur https://www.letemps.ch/economie/2017/11/23/deux-lois-grincer-dents

Vidéo : « Conflits en entreprise et médiation » par Christophe Imhoos, Esprit d’entente (Suisse)


 

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Vidéo à consulter sur https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6331101210967449600/

Suisse : « Le voisin, cet inconnu qu’on adore détester » par Viviane Menétrey (MigrosMagazine, 3/11/2017)


voisins

« Entre voisins, moins on s’entend, plus on s’entend.» Le slogan de la campagne lancée dans le canton de Genève au sujet des nuisances sonores entre voisins en dit long. Un bon voisin est un voisin discret. Mais pas seulement. A lire les résultats de l’enquête menée auprès d’un millier de personnes et publiée le mois dernier par Comparis.ch, le bruit n’est pas seul en cause lors des conflits de voisinage. La froideur et l’antipathie arrivent en deuxième place, suivies de près par l’absence de savoir-vivre autour de la buanderie. Des zones sensibles, qui irritent de nombreux résidents. Mais les voisins incriminés sont-ils même au courant de ce qui leur est reproché? Pas sûr.

Selon l’étude, un tiers des mécontents leur demande «gentiment» de changer de comportement, tandis qu’un quart se tait. A ce jeu-là, les Suisses alémaniques sont les champions (28% n’entreprennent rien contre 15% des Tessinois). Quant au reste, la moitié écrit au bailleur ou porte l’affaire devant la justice. C’est là tout le problème, estime Philippe Beck qui a contribué dans les années huitante à lancer l’Association vaudoise pour la médiation de voisinage qu’il préside aujourd’hui (lire entretien ci-contre). «Les gens ne recourent pas assez souvent à la médiation alors que, dans de nombreux cas, les conflits pourraient être résolus par une simple discussion.» Dommage. Car c’est sûr, le voisin, cet inconnu que l’on croise si souvent dans l’anonymat des couloirs de son immeuble ou dans son allée de villas sans prendre le temps de le saluer, n’a pas fini de faire parler de lui.

«Les problèmes de voisinage sont une pure conséquence de notre société individualiste»

Philippe Beck, président de l’Association vaudoise pour la médiation de voisinage (AsMéd-VD)

Deux tiers des Suisses disent être énervés par leur voisin. Cela vous étonne?

En soi, cela ne m’étonne pas beaucoup, car être agacé fait partie de la vie. Si on demandait aux gens: «Qui est parfois énervé par son conjoint?», 99% répondraient sans doute par l’affirmative. Ce qui est alarmant, c’est la proportion des disputes non résolues par une simple discussion, de gens qui finissent par déménager ou dont l’action aboutit en justice. Car contrairement à d’autres types de conflits, tels les conflits familiaux, il y a moins d’enjeux qui poussent à résoudre les querelles de voisinage.

Nous sommes donc tôt ou tard amenés à haïr notre voisin?

Disons que nous sommes tous tôt ou tard amenés à dire certaines choses qui nous déplaisent à notre voisin. Pour moi, les conflits font partie de la vie et ces agacements sont naturels. La question qui se pose et de savoir si l’on a suffisamment de calme intérieur pour relativiser ou si l’on connaît suffisamment ses voisins pour pouvoir même sourire de ce qui au départ nous irritait.

Ne serait-ce pas aux propriétaires ou aux gérances d’intervenir davantage?

Les gérances et les propriétaires font de leur mieux, mais sont souvent impuissants, car leur rôle n’est pas de faire de la médiation. Il manque aujourd’hui aux gens une capacité de dialogue, celle qui créait autrefois des liens dans les villages, et qui permet d’éviter l’anonymat des immeubles. Evidemment que si vous ne vous saluez pas entre voisins lorsque tout va bien, il sera difficile d’établir un contact constructif lorsqu’un motif de discorde se fera jour. Alors n’attendez pas d’être en colère pour parler à votre voisin. Et si vous n’arrivez pas à vous maîtriser, recourez à un médiateur. Ce sera moins cher que des frais de justice et sans doute plus vite résolu.

Pourtant, un quart des voisins irrités ne dit rien. Les Suisses sont trop frileux?

Je ne sais pas si c’est une particularité helvétique, mais en effet, nous sommes assez forts pour ne pas dire les choses. C’est sans doute une question d’éducation et de culture.

Parmi les griefs, le bruit arrive en tête, suivi de la froideur et de l’antipathie. Est-ce toujours justifié?

Les motifs d’agacement ont toujours existé et la vraie question est: «Arrive-­t-on à se calmer et à faire preuve de tolérance?» Selon moi, l’intolérance est le résultat d’un stress ambiant qui englobe aussi bien les conditions de travail que la vie privée, et qui fait que l’on ne supporte plus l’autre. Quant à la froideur des voisins comme cause de conflit, cela me paraît discutable. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’une conséquence. Car qu’est-ce qui vous fait dire que vos voisins sont inamicaux et que vous êtes amical? Peut-être y a-t-il eu un petit agacement non formulé qui fait que l’on se salue désormais du bout des lèvres, ou une maladresse… D’où l’importance du dialogue.

Etre un bon voisin, ça s’apprend?

Oui, à mon sens cela participe d’un apprentissage plus large qui doit intervenir dès l’école primaire, à savoir apprendre à résoudre nos conflits de manière non violente. A comprendre que pour gagner, il n’est pas nécessaire de faire perdre l’autre. Il s’agit au fond de se demander si ce que l’on fait dérange, comme de se dire: «Puis-je jouer du piano à l’heure de la sieste des enfants des voisins?» Cela relève du simple souci de l’autre, et c’est sans doute ce qui manque à notre époque où chacun est centré sur soi.

C’est donc davantage un problème de société que de voisinage?

Exactement, selon moi, les problèmes de voisinage sont une pure conséquence de notre société individualiste.  MM