La mission de « médiation » sur Notre-Dame-des-Landes : un premier bilan.


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« Les trois personnalités chargées de la médiation sur le dossier du nouvel aéroport nantais ont publié, mardi, un premier bilan de leur mission.

En consultant le site qui vient d’être ouvert (et rendu public), mardi 26 septembre, par la « mission de médiation au projet d’aéroport du « Grand Ouest « , les visiteurs seront peut-être déçus.

Sur ce site, www.mediation-aeroport-du-grand-ouest.fr, les trois personnalités choisies, au début de juin, par les ministres Nicolas Hulot, pour la transition écologique et solidaire, et Elisabeth Borne, pour les transports, publient un point d’étape de leur mission qui doit s’achever par la remise de leur rapport final au plus tard le 1er décembre.

Mais la préfète, Anne Bocquet, l’ancien président de l’autorité environnementale et toujours membre du Conseil économique, social et environnemental, Michel Badré, et Gérard Feldzer, spécialiste d’aéronautique et chroniqueur radio, ne livrent rien, à ce jour, de leurs avis sur le transfert de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique sur le site de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de l’agglomération nantaise.

Ils ne laissent rien entrevoir de ce qui sera, dans un peu plus de deux mois, leur avis et peut-être leur proposition au gouvernement : maintenir le projet de construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou l’abandonner et retravailler l’alternative de l’aménagement de l’actuelle plate-forme aéroportuaire, située à Bouguenais, au sud-ouest de Nantes. Autant dire, qu’après de nombreuses missions du dialogue, de concertation et de rapports d’experts – dont le dernier commandé par Ségolène Royal avait, en avril 2016, laissé ouvert deux scénarios, celui d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes mais redimensionné à une piste et celui d’une alternative sur le site actuel –, l’avis de cette nouvelle mission est très attendu.

Une indécision durable

D’autant qu’à la différence des gouvernements précédents – qu’ils soient UMPLes Républicains ou Parti socialiste, tous soutenaient vivement le projet d’aéroport –, le nouvel exécutif n’a pas d’histoire ancienne avec ce dossier qui encalmine le pouvoir depuis plus d’une cinquantaine d’années.

Pas d’avis donc des trois missionnés mais un bilan qui fait état de 80 rendez-vous, de près de 200 personnes ou structures rencontrées, du côté des opposants comme des partisans du projet de transfert. On y trouve aussi le point sur des questions techniques concernant les caractéristiques des deux aéroports, le futur et l’actuel, autant d’éléments qui pour beaucoup étaient déjà dans les précédents rapports. Pas de scoop donc, mais on reconnaîtra aux trois missionnés, Mme Bocquet, MM. Badré et Feldzer, des approches nouvelles de la concertation, comme celle d’avoir réuni, à cinq reprises, des experts et personnes des deux camps dans une même discussion, ce qui permet d’appréhender la confrontation d’arguments opposés.

Leur constat est d’abord sur la longueur du processus de décision. La situation relative au projet d’aéroport du Grand Ouest est d’abord celle d’une indécision durable, qui pénalise les acteurs locaux et le territoire.

« C’est le processus de décision qui semble apparaître “anormal” à la plupart des interlocuteurs rencontrés par la mission. Le processus est critiqué pour sa longueur excessive par certains, par d’autres pour l’absence continue de réponse aux objections émises aux différents stades du projet. La mission a aussi entendu les interrogations fortes vis-à-vis de la consultation du 26 juin 2016 : si des critiques ont été émises, quant à son périmètre géographique ou à l’information rendue disponible au moment du vote, beaucoup dénoncent la non-prise en compte de son résultat. »

Telle était la volonté affichée par Emmanuel Macron et le nouveau gouvernement d’Edouard Philippe, dont Nicolas Hulot, connu pour son opposition au projet. Le premier ministre demandait aux trois « experts », le 1er juin, « d’identifier la mesure apte à satisfaire les besoins de transport à long terme et de préservation de l’environnement, dans une vision cohérente de l’aménagement durable de la métropole nantaise, au service du plus grand nombre, tout en assurant le respect de l’Etat de droit ».

Une mission « viciée dès le départ »

Dans la lettre de mission qu’ont reçue Anne Bocquet, Michel Badré et Gérard Feldzer, la méthode est précisée : « pour chaque option, et après l’écoute des parties prenantes, vous vous attacherez à analyser avec impartialité et neutralité ses conséquences notables et prévisibles, notamment économiques, sociales, environnementales, agricoles, techniques (…) en tenant compte à la fois des perspectives de long terme et des coûts et avantages socio-économiques complets pour la collectivité. »

La création de cette nouvelle mission de concertation a, d’entrée de jeu, irrité les porteurs du projet, comme la région des Pays de la Loire, le conseil départemental et la ville de Nantes, ou le Syndicat mixte aéroportuaire. Ils ont vivement critiqué la nomination de deux des personnalités, MM. Badré et, surtout, Feldzer, qui étaient, selon eux, des opposants « notoires » au projet de transfert.

Quatre mois plus tard, leur position n’a guère varié et ils ne se font qu’assez peu d’illusions sur la tonalité finale du rapport. « Cette mission est partiale, elle est viciée depuis le départ. On ne peut pas faire de médiation avec deux personnes engagées et qui, au cours des rendez-vous, ont fait sentir à leurs interlocuteurs leur opinion », a confié au Monde, Bruno Retailleau, le président (LR) de la région. « Je l’ai dit au premier ministre, quel que soit l’avis de la mission, il devra traiter le problème du maintien de l’ordre public et évacuer. »

L’avenir de la ZAD en question

Le Syndicat mixte aéroportuaire (SMA) du Grand Ouest a aussi réagi, mardi en fin de journée. « Les collectivités, qui avaient dénoncé la partialité de cette médiation, voient aujourd’hui leurs craintes renforcées, avec une médiation d’apaisement qui tourne vers une médiation de contournement. Illustration : place accordée dans les ateliers contradictoires à une opposante appelant ouvertement à s’opposer physiquement au démarrage des travaux et aux forces de l’ordre. Un comble ! », écrit le SMA dans un communiqué.

Que le projet se concrétise ou soit abandonné, se posera la question de la ZAD, la zone d’aménagement différé devenue zone à défendre, et de ses quelque 200 occupants, agriculteurs, militants écologistes, alternatifs qui, pour certains, se sont engagés dans des projets agricoles ou divers, boulangerie, conserverie, restaurant, studio d’enregistrement…

En précisant à la mission qu’elle devait, dans ses choix finaux, assurer « le respect de l’Etat de droit », le gouvernement sait qu’il ne pourra pas faire l’économie de ce délicat problème de l’évacuation, un challenge à haut risque. Tout au plus, imagine-t-il, qu’en écartant le problème d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il réduira le camp des soutiens aux zadistes et rendra plus facile, voire légitime, l’évacuation des dizaines de cabanes et lieux de vie qui parsèment le bocage nantais.

Pour les opposants, on n’est en est pas encore là. Satisfaits d’avoir été reçus à plusieurs reprises par la mission de médiation, satisfaits plus encore de voir que le scénario alternatif de l’aménagement de Nantes Atlantique a réellement été étudié (à la différence des missions précédentes, dont ce n’était pas l’objet), ils attendent le résultat final. « On a de l’espoir, ils vont peut-être dire que Nantes Atlantique peut faire l’affaire. On sent nos adversaires très énervés, mais même si l’issue nous est favorable au niveau des médiateurs, cela ne veut pas dire que le gouvernement suivra », estime Julien Durand, de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa).

Alors, sur la ZAD, on continue de planter, de créer des chemins de randonnée et de bâtir. Et le gouvernement, quel que sera son choix, sait qu’il ne pourra pas faire l’impasse sur cet autre chapitre du dossier aéroportuaire. » – R. Barroux -(Extrait de lemonde.fr du 26/09/2017)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/26/la-mission-de-mediation-sur-notre-dame-des-landes-irrite-les-partisans-du-projet_5191874_3244.html

Aéroport Notre-Dame-des-Landes : qui sont les trois nouveaux médiateurs nommés par Macron ?


Notre-Dame-des-Landes : qui sont les trois nouveaux médiateurs nommés par Macron ?

« Il faut qu’il ait la sagesse de se retirer ». Le président Les Républicains de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau a déjà dans son viseur Gérard Feldzer, l’un des trois médiateurs nommés par le gouvernement dans le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, enlisé depuis des années.

Le président du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA) du Grand Ouest, qui regroupe les collectivités soutenant le projet de nouvel aéroport, a estimé vendredi que Gérard Feldzer, un proche du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, était « un opposant notoire à Notre-Dame-des-Landes.

« Les conditions [du succès de la médiation], c’est la neutralité, c’est l’indépendance. Sur ce plan-là aujourd’hui […] nous n’avons aucune garantie. »

La « mise en retrait » de Gérard Feldzer « est un préalable avant la prochaine étape », une « réunion de travail » qui « était prévue mardi prochain (6 juin) à Matignon avec les collectivités et le Premier Ministre, Edouard Philippe », écrit de son côté le SMA dans un communiqué.

La principale association pro-aéroport, Des ailes pour l’Ouest, a annoncé jeudi qu’elle ne participerait pas à la médiation, la qualifiant de « mascarade ». Elle a dénoncé la nomination de « deux opposants notoires comme médiateurs », en référence à Gérard Feldzer et Michel Badré, et renouvelé « sa demande d’entretien de toute urgence avec le Premier ministre ».

 Les anti-aéroport se sont eux montrés plus partagés sur le choix des médiateurs. « Il y a une préfète, je suis toujours méfiant sur les préfets qui sont aux ordres », a réagi jeudi Dominique Fresneau, membre de l’Acipa, principale association d’opposants. « Quant au contenu de la mission, on essaye de faire confiance à Nicolas Hulot qui connaît très bien le dossier. Si l’intérêt de cette mission est d’étudier toutes les alternatives possibles à Notre-Dame-des-Landes, bien sûr qu’on les étudiera comme on le fait déjà », a-t-il ajouté.

Un pilote de ligne, un ingénieur et une préfète

Spécialiste de l’aéronautique, Gérard Feldzer est un proche du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qu’il a rencontré dans les années 1990. En 1993, ils tentent tous deux de traverser l’Atlantique sur un dirigeable à pédales. L’aventure se termine au large du Cap-Vert.

Consultant TV sollicité sur les antennes après chaque catastrophe aérienne, cet ancien pilote d’Air France est aussi ingénieur aéronautique, inventeur, entrepreneur et aventurier écolo.

Agé de 73 ans, il a commencé sa carrière de pilote en Algérie. Il s’est exercé à piloter par tous les temps à la Postale entre 1974 et 1976. Il a ensuite vu sa carrière consacrée comme commandant de bord chez Air France entre 1976 et 2002.

Gérard Feldzer figurait parmi les signataires d’un appel lancé en 2011 par des écologistes pour soutenir la candidature de Nicolas Hulot à l’élection présidentielle de 2012.

L’ancien pilote a lui-même été conseiller régional d’Ile-de-France sur la liste Europe Ecologie de 2010 à 2015.

Préfète et ancienne représentante de l’Etat en Polynésie française, Anne Boquet, 65 ans, diplômée de l’ENA, est une haut fonctionnaire avec une carrière particulièrement riche allant du ministère de l’Agriculture à la direction générale des services à la métropole Nice Côte d’Azur.

Elle est nommée préfète de l’Indre en juin 2000 puis devient pendant trois ans Haut-commissaire de la République en Polynésie entre 2005 et 2008 alors que l’indépendantiste Oscar Temaru et le proche du président Jacques Chirac, Gaston Flosse se succèdent à la tête du territoire.

Elle devient ensuite préfète des Yvelines, puis préfète de la région Bourgogne et de la Côte-d’or. Elle occupe entre 2011 et 2014 le poste de directrice générale de la première métropole créée en France, celle de Nice, avec sous sa responsabilité 11.000 agents.

Mais que va faire Nicolas Hulot de Notre-Dame-des-Landes ?

Michel Badré a quant à lui consacré sa carrière à la question de la protection de l’environnement, en particulier à l’Office national des forêts (ONF) : ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, ce polytechnicien de 69 ans est membre depuis 2015 du Conseil économique social et environnemental (Cese) comme représentant des associations de défense de la nature. Il y a été désigné par l’association Humanité et Biodiversité où il occupe les fonctions d’administrateur bénévole.

Il a également dirigé l’Institut pour le développement forestier de 1998 à 1999 et a été membre de l’Inspection générale de l’Environnement de 2003 à 2008.

L’ONG France Nature Environnement s’est félicitée de la désignation de la mission de médiation et de « la complémentarité des profils des trois personnes désignées », en demandant à « être reçue rapidement » par les médiateurs. – M.G. (avec AFP) (Extrait de nouvelobs.com du 2/06/2017)

En savoir plus sur http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170602.OBS0239/notre-dame-des-landes-qui-sont-les-trois-nouveaux-mediateurs-nommes-par-macron.html