Coronavirus : Le Médiateur des entreprises et la Médiation du crédit mettent en place un comité de crise sur les délais de paiement


Le nombre croissant d’entreprises rencontrant des difficultés de règlement de leurs factures a conduit le Médiateur des entreprises et le Médiateur du crédit à mettre en place un comité de crise pour répondre aux cas de cessation et de retards de paiement

Le comité de crise a pour objectif de remplir les missions suivantes :

  • Identifier la profondeur de la détérioration des délais de paiement et détecter les cas les plus manifestes ;
  • Trouver les moyens de mesurer instantanément et d’informer sur la situation en matière de crédit inter-entreprises ;
  • Rappeler les moyens dont disposent le Médiateur des entreprises et le Médiateur du crédit pour résoudre certaines difficultés qui, au-delà de cas isolés, peuvent concerner des branches professionnelles entières ;
  • Mettre un terme aux situations critiques par l’engagement des représentants des entreprises en mesure d’agir auprès des entreprises dont le comportement est anormal ;
  • Valoriser les entreprises s’engageant volontairement dans la solidarité économique

(Extrait de economie.gouv.fr )

En savoir plus https://www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/mise-en-place-comite-crise-delais-paiement

« Médiation, justice et droit : un mélange hétéroclite » par Sylvette Guillemard, Les Cahiers de droit, Volume 53, numéro 2, juin 2012


Résumé de l’article
Pour diverses raisons, les citoyens semblent de plus en plus invités à régler leurs différends non plus par le biais de recours devant les tribunaux étatiques mais par la médiation. Ce processus par lequel ils sont accompagnés par un tiers dans leurs échanges, leur négociation, est utilisé aussi bien en matière familiale que dans le domaine civil et commercial. S’en tenant à ce dernier registre, l’auteure du présent article se penche sur ce mode de résolution des différends tant dans sa version extrajudiciaire que sous sa forme de conférence de règlement à l’amiable, également appelée « médiation judiciaire ».

Le discours officiel sur la médiation, en particulier celui tenu dans l’Avant-projet de loi instituant le nouveau Code de procédure civile qui propose un livre entier sur les modes de prévention et de résolution des différends, en fait un élément de la justice. Il rejoint en cela les propos de ceux qui font la promotion de la médiation et qui voient en elle un nouveau chemin vers la justice. L’auteure estime que cette assimilation ne repose sur aucun fondement solide et s’éloigne même plutôt de la raison d’être du processus et du choix que font les citoyens de l’utiliser. Sa seule vertu est peut-être de rendre plus prestigieuse l’incitation à délaisser le système judiciaire traditionnel. En outre, l’auteure dénonce une certaine ambiguïté que d’aucuns entretiennent en ce qui concerne les rapports entre la médiation et le droit.
En somme, l’auteure propose de prendre la médiation pour ce qu’elle est, ni cousine du judiciaire ni parente du juridique. En quelque sorte autonome, elle constitue un excellent moyen de rétablir des relations qui se sont dégradées. La considérer et la traiter autrement ne la sert pas et risque au contraire d’en éloigner les citoyens. (Extrait de erudit.org/)

En savoir plus sur https://www.erudit.org/fr/revues/cd1/2012-v53-n2-cd0121/1009441ar/

Lancement de la plateforme « JUSTICITY »


justicity.com

« La plateforme offre aux médiateurs : un support technique et clientele, la réception et la gestion du paiement des clients ainsi que la gestion administrative de leur dossier, la promotion de la plateforme, des outils de signature électronique des documents et de visioconférence, de prises de notes et de partage d’écran ainsi que des modèles et des outils de rédaction de la convention de médiation et du protocole transactionnel.

Face à la crise actuelle Covid 19, nous avons décidé d’avancer la date de sortie de notre application en ligne à aujourd’hui. L’application ne comporte pas encore la fonction d’arbitrage, mais il nous semblait que les besoins en médiation à distance étaient les plus urgents.

Cette plateforme est accessible à l’adresse suivante :  www.justicity.com  ou www.justicity.fr

(communiqué de Ivan Kasic, cofondateur de JUSTICITY)

En savoir plus sur https://justicity.fr/

Consommation : Rapport annuel de la Médiation Professionnelle


« La Médiation Professionnelle est une société médiateure de la consommation. A ce titre, elle doit publier son premier rapport en 2020. A cette occasion, nous avons tenu à émettre des contributions. Celles-ci visent à consolider l’objectif premier de la loi sur la médiation de la consommation : contribuer au maintien des bonnes relations commerciales au bénéfice de chacun.

La Médiation Professionnelle a été validée tardivement, soit le 18 octobre 2018 par la Commission d’Evaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation (CECMC). Près de 3 années d’échanges sur les aspects théoriques et pratiques de la médiation de la consommation sont apparus indispensables à la nouvelle instance de contrôle, tandis que les concurrents de la médiation traditionnelle ont bénéficié d’une validation ultra-rapide. Ceci explique bien évidemment la forte croissance des services de médiation concurrents. Mais les professionnels sont nombreux à rejoindre la Médiation Professionnelle.  » Capture.PNG142.PNG

(Extrait de officieldelamediation.fr du 7/04/2020)

Rapport à consulter sur https://www.officieldelamediation.fr/2020/04/07/rapport-annuel-de-la-societe-mediation-professionnelle/?RelatedContentIds=Article-BB12t1ML

« La médiation : une voie pour l’après-crise sanitaire » par Marie-Anne Gallot, Le Lorier, avocat honoraire – médiation, et Maud Neukirch de Maistre, médiateur conventionnel et judiciaire (leclubdesjuristes.com)


Il va nous falloir à nous tous : avocats, magistrats professeurs de droit, juristes d’entreprise et médiateurs autant d’’énergie que d’inventivité pour relancer, après cette crise sanitaire sans précèdent, la vie économique de notre pays dans de bonnes conditions.

Les Tribunaux ne pourront faire face au défi immense qui va se présenter à eux seuls. Rattraper à la fois le retard considérable des dossiers en cours tout en faisant face aux nouveaux litiges qui ne manqueront pas d’être engendrés par l’interprétation, entre autres, des ordonnances du 25 mars 2020 sur les délais de procédure et de prescription face à l’urgence sanitaire.

Dans son interview du 31 mars parue sur le blog du Coronavirus du Club des juristes, le Premier président de la Cour d’appel de Paris Jean-Michel Hayat ne cache pas les difficultés énormes qui attendent les tribunaux et propose dès à présent quelques pistes pour affronter la situation : renforcer le service des référés et le pôle famille, faire en sorte que les barreaux acceptent que la plupart des affaires soit prise en juge rapporteur et relancer la médiation.

« Je veillerai à relancer la médiation. Pourquoi ? Parce que – je l’ai évoqué à l’audience solennelle de la Cour d’Appel en Janvier dernier – 33% des jugements civils font l’objet d’appel. Dans l’ensemble des services civils de la cour d’Appel de Paris lorsqu’on regarde les arrêts rendus par la Cour on dénombre a peu près 75 à 80 % de confirmation y compris des décisions du Conseil de prud’homme et du tribunal de commerce. C’est donc dire que les décisions rendues par les juges du premier degré sont dans l’écrasante majorité confirmée. Aussi l’intérêt de tout le monde, en appel, c’est bien d’envisager de se retourner vers la médiation. »

…« On va devoir trouver ensemble des modes de traitement des affaires pour essayer de rattraper autant que possible le temps perdu. Il faudra forcément accepter les uns et les autres des compromis pour nous permettre de reprendre pied dans un climat où l’on devra pouvoir se parler en confiance pour essayer d’aboutir ensemble. » (Extrait de leclubdesjuristes.com du 8/04/2020)

Article à consulter sur https://www.leclubdesjuristes.com/la-mediation-une-voie-pour-lapres-crise-sanitaire/

Publication : Afrique-Médiation-info n° 4 printemps 2020


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Lettre à consulter sur https://energetic.fr/wp-content/uploads/2020/04/SEAM4_avril2020.pdf

« Utilisation de l’anthropologie pour la médiation sociale et religieuse – Analyse » par Mohamed CHTATOU, professeur, Université de Rabat (Maroc) (en anglais traduction Google en français)


Eurasia Review

« Alors que les sociologues de la religion retracent généralement leur ligne de pensée aux philosophes des Lumières, Les anthropologues revendiquent une tradition plus lointaine : des anciennes investigations d’Hérodote parmi les peuples barbares aux observations du père Jean-François Lafitau sur les coutumes des sauvages américains par rapport aux coutumes des premières fois (1712), en passant par la fameuse controverse Valladolid (1550) sur la religion naturelle des « fils d’Adam » ou les divers récits de rencontres avec des hommes nus (Hans Staden , 1557; Jean de Léry, 1578).

Anthropologie culturelle moderne

L’anthropologie culturelle moderne est l’héritier de cette « révolution sociologique du regard », comme l’a dit Roger Caillois, dans laquelle le proche devient soudain étrange au contact des lointains : Montaigne racontant comment les trois « naturels » transplantés à Rouen en 1562 s’étonnent que l’imposant homme d’armes ne s’agenouille de façon dévot devant un minuscule enfant-roi, nous laisse avec un récit paradigmatique de celui-ci.

L’observation, la description et la réflexion sur la décacité forment la base d’une connaissance de l’altérité culturelle dont la formation disciplinaire est étroitement associée à la connaissance du phénomène religieux en même temps qu’à la colonisation occidentale du monde. La marche d’une civilisation est ponctuée de conflits qui concernent à la fois les aspects moraux (personnels) et sociopolitiques (collectifs), et l’évolution de la forme de religion constitue souvent une place entre ces deux catégories d’aspects.

Plutôt que de diluer cette formation dans les pensées contemporaines qui l’accompagnent (Hegel, Marx, Durkheim, Weber, Freud, Jung), Lionel Obadia se limite à un parcours académique marqué par quatre moments : l’évolutionnisme qui distingue sur un continuum temporel les religions primitives des religions civilisatrices (théories anthropologiques de la fin du 19E siècle), le fonctionnalisme qui définit les fonctions sociales du sentiment religieux (enquêtes ethnologiques de l’entre-deux-guerres), le structuralisme qui tend à dissoudre l’instance religieuse dans le symbolisme humain (analyse mythologique), l’éclectisme épistémique qui reprend la croyance en des actes au sein de cultures intersusiques – un forum interdisciplinaire et herméneutique que l’auteur ne définit pas exactement de cette façon, mais dans lequel il présentera les propositions appropriées à la tradition anthropologique.

La religion est un phénomène culturel universel et un sujet central d’étude en anthropologie. Cependant, il y a un manque flagrant de consensus sur sa définition et son origine dans les manuels d’introduction et les dictionnaires d’anthropologie. Cependant, les hypothèses et les modèles explorant cette question sont disponibles en psychobiologie depuis une vingtaine d’années. Nous devons déterminer si la définition et les explications de la religion proposées par l’anthropologie sont compatibles, en tout ou en partie, avec des données et des modèles de psychobiologie. Une synthèse des hypothèses psychobiologiques est d’abord présentée ; il sert de point de comparaison analytique avec les théories anthropologiques de la religion.

Deux de ces théories, celles d’Edward Burnett Tylor ([1874] 1889) et Clifford Geertz ([1966] 2010), sont d’un grand intérêt pour leurs éléments universels (explicites et implicites) et leurs principes théoriques. Ces deux auteurs sont connus pour leur influence majeure basée sur des fondements théoriques. La théorie de Tylor soutient l’hypothèse que certaines conceptions anthropologiques et explications de la religion sont compatibles avec les explications psychobiologiques.

À partir du milieu des années 19E siècle, l’étude des mythes est devenue une discipline académique. Le mythe était considéré comme un objet de réflexion, alors même qu’il se retirait de la sphèresociale, puisque notre monde est devenu plutôt démythologisé : la culture mythique s’est réfugiée dans la littérature ou dans l’art, qui est devenu une sorte de conservatoire. Les mythes n’ont plus d’impact religieux dans nos sociétés sécularisées.

Au cours des dernières décennies, cependant, les recherches menées par des historiens de la religion, des anthropologues et des ethnologues se sont concentrées sur la permanence de la pensée mythique dans les sociétés modernes. Par conséquent, les mythes ont été considérés dans leur nécessité, comme des systèmes de représentations qui sont constitutives de toute culture, et qui répondent à une structure fondamentale de l’imagination.

(….)

Conclusion : La médiation socio-anthropologique est probablement la réponse au conflit aujourd’hui

En réponse aux problèmes sociaux et économiques de la périphérie urbaine, la politique urbaine a rapidement recours à la médiation sociale, transformant son objectif par des législations successives. D’un remède contre la délinquance et le sentiment d’insécurité, la médiation sociale est devenue un mécanisme institutionnel conçu pour résoudre des problèmes au-delà de son champ d’application initial, et encore aujourd’hui, un moyen de contrôle social et de régulation des « banlieues en crise ».

Les émeutes d’octobre 2005, novembre 2007 et juillet 2010 qui se sont produites dans quelques quartiers précaires de logements sociaux à la périphérie des agglomérations urbaines en France, ont une fois de plus mis la question des banlieues sensibles au premier plan de la scène politique et médiatique. Ces émeutes sont sans aucun doute l’élément le plus visible de ce que les spécialistes des sciences sociales appellent la crise urbaine. Cette crise se caractérise par des phénomènes de désorganisation sociale (dégradation des biens publics et privés, incivilités, délinquance, conflits de voisinage, actes de racisme, etc.), par des logiques de ségrégation (marginalisation d’autres personnes différentes, retrait marqué dans des territoires sûrs, etc.) et par des inégalités sociales et territoriales (taux de chômage, prestations sociales et pauvreté dans les zones urbaines sensibles que dans le reste des agglomérations urbaines). , moins d’accès aux soins de santé ou à l’enseignement supérieur dans les quartiers à faible revenu que dans les centres-villes, etc.).

Si les émeutes rappellent à quel point la crise urbaine est encore présente, il n’en demeure pas moins que, depuis près de quarante ans, les pouvoirs publics s’efforcent de mettre en place des remèdes à cette crise, dont les lotissements appauvris et stigmatisés à la périphérie des villes représentent l’épicentre. Regroupés dans ce qu’on appelle aujourd’hui la politique urbaine générique, ces remèdes vont des opérations techniques (rénovation de l’environnement bâti, amélioration de l’environnement urbain, démolition des bâtiments, etc.) aux moyens économiques (installation d’installations supplémentaires, création de nouvelles activités, etc.), en passant par les interventions sociales (développement de la médiation et des activités socioculturelles, lutte contre les pratiques délinquantes, promotion de la santé, etc.) et les actions d’intégration professionnelle (création d’emplois locaux) et les actions d’intégration professionnelle (création d’emplois locaux) et les actions d’intégration professionnelle (création d’emplois locaux) et les actions d’intégration professionnelle (création d’emplois locaux) , création de zones exemptes d’impôt, etc.)

La médiation sociale a la ville comme cadre principal, et c’est précisément la politique de la ville qui a soutenu les premières expériences dans ce domaine. Déjà dans les années 1980, les conseils locaux de prévention de la délinquance (CCPD) ont mis en avant diverses initiatives pour faire face aux conflits mineurs dans la vie quotidienne et rebâtir les liens sociaux dans les quartiers défavorisés. Ces initiatives reposaient d’abord et avant tout sur une approche citoyenne, communautaire et souvent volontaire, semblable à celle des femmes qui s’entaugèrent. Issues de la population de quartiers « sensibles », les femmes-relayeuses assument le rôle d’interprètes, de médiateurs ou de régulateurs de tensions interculturelles. Ils servent de lien entre les administrations et les individus qui sont « perdus » par la langue, la culture et diverses difficultés.

Les « grands frères », par exemple, sont, comme leur nom l’indique, des garçons qui sont censés représenter des figures d’autorité. Ces jeunes garçons, dans la vingtaine, remplaceraient des pères qui ont perdu leur autorité et auraient plus d’influence sur les adolescents. Ils devraient avoir une autorité naturelle en raison de l’âge, de la connivence géographique et de la proximité culturelle. L’idée est de faire ressortir des chiffres exemplaires, payés pour leur rôle de artisans de paix, avec l’idée que d’autres mécanismes sociaux ne semblent plus être très efficaces pour contenir le désordre dans les banlieues défavorisées.

(Extrait de eurasiareview.com du 7/04/2020)

Article à consulter sur https://www.eurasiareview.com/07042020-using-anthropology-for-social-and-religious-mediation-analysis/

 

La médiation à l’heure du COVID-19


 

« Christiane Féral-Schuhl, médiatrice agréée CMAP, et Présidente du Conseil national des barreaux, revient pour le Monde du Droit sur la procédure de médiation pendant la période sanitaire actuelle marquée par l’épidémie de Covid-19 ayant entraîné la fermeture des juridictions.

Il est établi que, lorsque la justice est engorgée, paralysée, lorsqu’elle ne répond pas ou plus aux impératifs d’urgence, la paix sociale est menacée et le retour aux rapports de force et de violence se profilent.

Or, actuellement, dans le contexte inédit et inquiétant du Covid-19, la justice est tout simplement à l’arrêt ! En effet, en matière civile, commerciale, prud’homale, toutes les procédures sont suspendues. Au mieux, la reprise est envisagée à partir du mois de juin.

Dans le même temps, le contexte économique et social soulève, plus que jamais, des tensions au sein des entreprises qui sont confrontées, aujourd’hui encore plus qu’hier, à l’urgente nécessité de trouver des solutions aux conflits sociaux et économiques qui émergent rapidement. Le recours à la médiation est une voie impérative pour apporter des réponses compatibles avec ce double objectif d’urgence et d’efficacité.

J’ai eu la chance de découvrir la médiation très tôt, dès les années 1990. J’exerce depuis les fonctions de médiateur agréé auprès du CMAP. Je peux donc en toute objectivité constater les résultats de ces médiations qui permettent de soustraire au monde judiciaire des différends, ouvrant souvent la voie à des solutions originales et à la poursuite des relations entre les parties.

En effet, dans la quasi-totalité des médiations que j’ai eues à connaître, une solution durable et satisfaisante pour les deux parties a pu être trouvée. En soi, ce simple constat justifie le recours à la médiation.

J’ai toujours encouragé à titre personnel et auprès de mes clients ce mode alternatif. Sous mon bâtonnat, j’ai d’ailleurs déclaré 2013 l’année de la médiation par le Barreau de Paris avec un objectif : sensibiliser, former et décliner la médiation dans toutes les matières.

La médiation ne s’improvise pas. Elle suppose un changement de comportement de tous. A commencer par l’avocat de la partie médié. S’il continue à exercer les missions traditionnelles de représentation et de défense de son client, il doit également inscrire sa mission non plus dans une perspective d’affrontement, mais dans celle d’une collaboration. Il doit également inscrire les modes alternatifs de règlement des litiges dans la gamme des solutions à proposer à son client.

Pour le justiciable, il faut lui apprendre à se réapproprier le litige. Il devient partie prenante dans le cadre d’un processus structuré visant la résolution des conflits. Il devient acteur et force de propositions.

Quant au médiateur, certains vous diront que son rôle est à géométrie variable : médiateur-conciliateur pour certains, médiateur-facilitateur pour d’autres, médiateur-conseiller…  dans tous les cas, il doit être rompu aux techniques de communication humaine : écoute, reformulation, stratégies de réflexion, méthodologie, motivation, recadrage, recentrage, styles d’expression, préférences de perception, affirmation…  En bref, il doit être impartial, neutre et entretenir un climat de confiance. Cela exige de la technique, du savoir, du savoir-faire et du savoir-être.

La médiation est donc une relation triangulaire, en rupture avec un raisonnement fondé sur les griefs, les rapports conflictuels. Il n’est plus question d’affrontement, mais de dialogue. Il ne s’agit plus de savoir qui a tort, qui a raison, mais d’ouvrir la voie à une justice restauratrice du lien social qui n’enlève rien au respect des normes et des lois, fondements des libertés et des démocraties.

Les parties travaillent dans un climat de concertation. Elles œuvrent pour la recherche de l’équité, conscientes qu’il n’existe pas de vérité absolue et que, entre deux vérités, il faut savoir faire des concessions. Toutes ces techniques existent depuis la nuit des temps.

Le « cosi afghan » en Asie, l’ « arbre à palabre » en Afrique, le « pacere corse » en Europe, le « wali », le « Sheik », le « Addal » en Asie… sont autant de processus qui poursuivent le même objectif : régler les conflits afin de préserver la paix et la cohésion sociale. Ces techniques présentent des points communs et des particularités propres, mais toutes procèdent d’une tentative de règlement amiable du différend dont tous les professionnels du droit ne peuvent que se réjouir.

La négociation raisonnée guide les divers processus, mais c’est dans la médiation, qui fait intervenir un tiers neutre, impartial, indépendant et formé à la pratique de la médiation, que les parties sont le plus « aidées » et en situation de renouer le lien, aidées à construire un accord.

Le médiateur n’épouse pas la position d’une partie ou de l’autre, ne conseille pas, n’impose pas, et c’est sa personnalité et la technique qu’il a acquises dans sa formation qui lui permettent d’utiliser les bons outils pour faire avancer le processus. La personnalité du médiateur est déterminante, dans la recherche d’une solution à un conflit.

J’insiste ici sur la nécessaire formation, la pratique, l’écoute, le respect, la confidentialité et l’empathie, qui sont des valeurs essentielles dont le médiateur doit être imprégné.

Pour toutes ces raisons, la médiation ne devrait pas être une alternative au judiciaire mais un choix.

Mais, dans les circonstances exceptionnelles de l’état d’urgence sanitaire que nous connaissons actuellement, avec la suspension de toutes les procédures civiles, commerciales, prud’homales et l’engorgement prévisible et durable des juridictions, avec le confinement obligatoire pour tous, la médiation constitue certainement la seule option pour avancer, pour permettre de dénouer les crises et construire l’avenir.

En effet, à l’heure des outils digitaux, la médiation franchit une nouvelle étape en permettant de mener en visioconférence toutes les séances – plénières comme en aparté – avec toutes les garanties de la confidentialité.

La médiation démontre, une fois de plus, son adaptabilité, sa souplesse et son efficacité.

Christiane Féral-Schuhl, Présidente du Conseil national des barreaux 

(Extrait de lemondedudroit.fr/ du 6/04/2020)

En savoir plus sur https://www.lemondedudroit.fr/decryptages/69403-mediation-covid19.html#.Xow-MWKosms.twitter

COVID 19 : DES MEDIATEURS SOLIDAIRES SE MOBILISENT AVEC ANJOU MAINE MEDIATION


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« Coronavirus et économie : vers un ministère exceptionnel de la médiation ? » par Eric Guérin, président de la Compagnie des médiateurs de justice (Le monde du droit)


LE MONDE DU DROIT : le magazine des professions juridiques

« Eric Guérin, président de la Compagnie des médiateurs de justice, propose la création d’un « ministère exceptionnel de la médiation » pour répondre aux différends qui vont naître à cause de la situation sanitaire actuelle, liée au coronavirus.

Le confinement mis en place afin de limiter l’épidémie de coronavirus risque d’avoir de lourdes répercussions sur l’économie française. La création d’un ministère exceptionnel de la médiation pourrait permettre de régler rapidement et efficacement les différends qui vont naître, avec des solutions concrètes, gérées par les partenaires et les parties. Une façon rapide qui permettra d’éviter d’engorger les tribunaux.

Le confinement que nous vivons du fait de l’épidémie de coronavirus correspond à plusieurs semaines de non-activité pour de nombreuses entreprises, avec des répercussions dont on ne soupçonne pas encore les conséquences en matière de traitement des conflits. La France a-t-elle les capacités de résilience pour absorber des semaines de contentieux inédits ? Personne ne peut encore répondre à cette question, car la situation que nous vivons est inédite.

Sur le plan économique, il faut anticiper la sortie du confinement car si des compromis globaux sur les mêmes types de conflits ne sont pas trouvés, cela risque vite d’être la pagaille avec un effet dominos (un client ne peut plus payer un fournisseur, qui ne peut plus fournir d’autres clients, etc.). De plus, un certain nombre de conflits inédits vont naître.

Peut-être que, pour éviter cette situation, un compromis général négocié par des médiations pourrait être d’une grande aide. Dans ce cas, la médiation aurait un rôle primordial à jouer, alors pourquoi ne pas créer un ministère exceptionnel de la médiation ? Ne faut-il pas envisager que toute difficulté sans précédent lui soit soumise et qu’un médiateur soit nommé avec l’accord des parties ?

(…)

Des médiations de type class action

Les médiateurs des entreprises vont être probablement largement sollicités. En effet, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire a demandé aux bailleurs dans la possibilité de le faire d’accepter les demandes de report de loyers des petites et moyennes entreprises. Et, si aucun compromis n’est trouvé et que la situation met l’entreprise en difficulté, il pourra être fait appel au médiateur des entreprises.

Cela semble nécessaire mais néanmoins pas suffisant : si un ministère dédié pouvait organiser et coordonner les différentes formes de médiations à tous les niveaux, cela permettrait de régler une grande majorité de conflits dans le cadre de médiations globales, puis locales, puis individuelles.

Mais tout cela ne pourra se faire que si nous développons des médiations de type class action (action de groupe). Les médiations qui devront être mises en œuvre devront l’être par des médiateurs indépendants, qui seront là pour aider les parties à trouver des solutions et non pas en imposer. » (Extrait de lemondedudroit.fr du 31/03/2020)

En savoir plus sur https://www.lemondedudroit.fr/decryptages/69308-coronavirus-economie-vers-ministere-exceptionnel-mediation.html

Vidéo : « Ces nouveaux médiateurs qui se chargent de resoudre vos conflits de voisinage » par Roselyne Conan, directrice générale de l’Anil (l’Agence nationale pour l’information sur le logement) (capital.fr)


Capture.PNG154.PNG« Dans le « Grand rendez-vous de l’immobilier », Roselyne Conan, directrice générale de l’Anil (l’Agence nationale pour l’information sur le logement) fait le point sur les nouvelles médiations ouvertes depuis le début de l’année pour résoudre les conflits de voisinage. Depuis le 1er janvier, une réforme de la Justice vous impose en effet les réglements à l’amiable pour toutes une série de litiges : les litiges estimés à moins de 1.500 euros, ainsi que les troubles liés au voisinage dont une liste a été fixée par décret (problème lié à un mur mitoyen, à une question de bornage sur un terrain…).

Pour chacune de ces situations, les particuliers doivent faire appel à un conciliateur ou un médiateur, avant même de saisir les tribunaux. L’objectif étant naturellement de trouver des arrangements rapides et efficaces entre voisins, plutôt que d’engorger les tribunaux avec des tas de procédures longues et coûteuses… Pour savoir où trouver un concialateur, le plus simple est de contacter votre Agence départementale pour l’information sur le logement (Adil) qui vous conseillera et vous guidera.

Pour rappel, les dispositifs de médiations existent depuis longue date dans le secteur du logement. En matière de rapport locatif notamment. En cas de litiges, locataires et bailleurs peuvent ainsi saisir les commissions départementales de conciliation. » – -(Extrait de capital.fr du 02/04/2020)

A écouter sur https://www.capital.fr/immobilier/ces-nouveaux-mediateurs-qui-se-chargent-de-resoudre-vos-conflits-de-voisinage-1366532