Vidéo : les médiateurs sociaux du Grand Dijon ne veulent plus être pris pour des balances


« On n’est pas des balances ! » insiste Khaled Saimouaia. Pourtant, c’est bien ce qu’on lui répète à longueur de journées quand il exerce son travail. Comme 17 de ses collègues, l’homme est médiateur pour le Grand Dijon, un job en quartiers prioritaires qui demande écoute et accompagnement. Sauf que désormais, c’est la boule au ventre que Khaled part au travail.

Des fiches qui passent mal

Les médiateurs du Grand Dijon doivent désormais remplir des fiches descriptives sur les quartiers. Sauf que ça passe mal auprès des habitants qui se sentent épiés.

Nous sommes agressés verbalement, physiquement. On nous insulte de balances, de poucaves. On part au travail avec une boule au ventre…

Adjia Dieng, Médiatrice

Dijon : les médiateurs sont-ils des balances ?

Côté Grand Dijon, on tente de calmer le jeu : « Il ne s’agit que d’une veille sociale et territoriale. Ces éléments sont ensuite envoyés aux bailleurs sociaux et aux mairies. » assure Patrick Tite, Directeur de l’Association Grand Dijon Mediation (AGDM).

Grève prévue le 23 mars

Les médiateurs gardent forcément en tête l’agression de deux de leurs collègues en juin dernier. Après quelques mois, ils constatent que la situation est devenue beaucoup trop tendue sur le terrain.

Les délégués du personnel sont soutenus par le syndicat Solidaires. Ils appellent à une grève illimitée à partir du vendredi 23 mars 2018. » -S.Aissaoui – (Extrait de

Vidéo à consulter sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/dijon-mediateurs-ne-veulent-plus-etre-pris-balances-1426867.html

 

Médiation sociale en milieu scolaire, une expérimentation qui fait ses preuves


« C’est au collège Maxence Van der Meersch, à Roubaix (62), que France médiation a dévoilé son guide « Médiateur à l’école », le 1er février dernier. Soutenu par le CGET, ce dispositif de médiation sociale en milieu scolaire accompagne la prévention des violences et renforce la citoyenneté à l’école. Joëlle Martichoux, chargée de mission adultes-relais et médiation sociale au CGET, nous présente l’intérêt de la démarche.

Comment est né et fonctionne ce dispositif ?

Le projet de médiation sociale en milieu scolaire a été élaboré pour lutter contre le harcèlement scolaire. Aujourd’hui, ses résultats probants montrent son utilité également dans la lutte contre l’absentéisme et le décrochage scolaire.

Pour être efficace, la médiation sociale en milieu scolaire s’élabore en impliquant les équipes éducatives.Cela permet de préparer l’intégration du médiateur au sein de l’équipe, avant même son arrivée dans les écoles. Le médiateur intervient dans un collège et les écoles élémentaires du même secteur pour mener des actions de prévention des violences et de citoyenneté avec les élèves, l’équipe éducative et les parents.

Porté par France médiation, ce dispositif repose sur un encadrement et un suivi par une association locale, une formation de 23 jours avant la prise de poste, des journées régulières de regroupement des médiateurs et le passage d’une certification avec l’organisme de formation Ifomene.

Pourquoi le CGET le soutient-il ?

La médiation sociale est un axe fort du CGET, qui participe à sa reconnaissance comme un véritable métier de l’intervention sociale. Le CGET a soutenu cette expérimentation en milieu scolaire dès 2012, avec le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et l’Éducation nationale.

En 2015, le CGET a dédié à la médiation sociale en milieu scolaire 50 postes d’adultes-relais, à raison d’environ 19 000 € annuels par convention. Ces médiateurs sociaux interviennent au cœur des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Lors de la remise du rapport, à Roubaix, de nombreux témoignages ont souligné combien la médiation sociale calme les tensions et favorise la reconstruction du lien social.

Si, aujourd’hui, on recense environ 12 000 médiateurs sociaux en France, pour la plupart en contrats aidés, le CGET veille à leur professionnalisation*. C’est pourquoi il soutient, notamment, ce type de travaux (médiateur à l’école, norme, présence d’adultes en horaires décalés, nuit et week-end, etc.) Les bénéfices de cette action sont maintenant reconnus, en particulier en termes de coûts évités.

Quelles sont désormais les perspectives de cette expérimentation ?

Les 50 postes adultes-relais sont maintenus sur les sites qui en ont bénéficié. Plusieurs départements ont décidé d’attribuer des postes supplémentaires pour cette action. La demande est maintenant en augmentation. Nous souhaitons donc poursuivre les discussions avec l’Éducation nationale afin de trouver des financements complémentaires qui permettraient d’étendre ce projet à de nouveaux établissements. À l’heure actuelle, ce programme bénéficie déjà à plus de 28 000 élèves, répartis dans 156 établissements.

* Le projet de France médiation répond à bon nombre d’exigences répertoriées dans la norme Afnor « médiation sociale », garantissant une médiation sociale de qualité, que les employeurs peuvent dès à présent demander afin d’être labellisés. (Re)lire la publication du CGET (janv. 2017) sur ce sujet :En brefn° 32 – Médiateur social, un métier désormais reconnu et encadré.

Enseignements et résultats de l’expérimentation

France Médiation publie Médiateur à l’école, un guide pratiqueponctué, notamment, de nombreux témoignages d’acteurs et de fiches pratiques. L’ouvrage met en lumière les résultats obtenus dans les établissements scolaires participant à l’expérimentation :
– diminution de 11 % du sentiment de harcèlement au collège (jusqu’à 90 % du cyber harcèlement chez les garçons de 6; baisse de 27 % du harcèlement verbal chez les filles de 5e) ;
– amélioration du bien-être psychologique et de la sociabilité des enfants ;
– diminution des absences chez les élèves de 6e et dans les équipes éducatives ;
– baisse des dégradations matérielles ;
– intensification de la relation école-famille (augmentation de 13 % du nombre de parents ayant déjà discuté plusieurs fois avec un enseignant). » (Extrait de cget.gouv.fr du 8/02/2018)

En savoir plus sur http://www.cget.gouv.fr/actualites/mediation-sociale-en-milieu-scolaire-une-experimentation-qui-fait-ses-preuves

Emploi : MEDIATEUR(TRICE) H/F au GROUPE SIA HABITAT – 59500 Douai


GROUPE SIA HABITAT

« Description du poste

Rattaché(e) au Responsable Développement Social et Médiation, vous contribuez au renforcement du lien de proximité entre les locataires et l’entreprise. Vous contribuer à la satisfaction des clients locataires et veiller à maintenir une bonne image de l’entreprise. 

Vos principales missions seront de : 

  • Assurer l’accueil sur le terrain des clients insatisfaits,
  • Mettre en œuvre les outils de prévention en matière de traitement des troubles du voisinage et d’incivilités : évaluer la situation, mener des enquêtes de voisinage, rencontrer les plaignants,
  • Proposer des solutions d’amélioration au bien être des locataires,
  • Participer au développement de projets contribuant à renforcer le lien social et à encourager le « mieux-vivre ensemble » au sein des résidences.

Profil recherché

Votre profil : 

De formation BAC+2/3 dans le domaine social, vous justifiez de deux ans minimum d’expérience dans une fonction similaire.

Vous maitrisez la réglementation liée aux troubles du voisinage. Votre sens de la pédagogie, votre écoute et votre aisance relationnelle contribueront à votre réussite dans cette fonction.

Nous vous remercions d’adresser votre CV ainsi qu’une lettre de motivation par mail à Sabine OUICHOUA – Service Développement des Ressources Humaines ress-humaines@groupe-sia.com(avec pour objet : candidature poste médiateur(trice). (Extrait de .l4m.fr/emploi )

En savoir plus sur https://www.l4m.fr/emploi/offre/59500-douai-mediateur-trice-h-f-287890

Publication de La Voix des PIMMS N° 112 – Janvier 2018


 

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Lettre à consulter sur http://www.pimms.org/page.jsp?currentNodeId=8

Médiation sociale : les quartiers nord de Roubaix ont désormais leurs médiateurs jusqu’à minuit


Vivien, Mehdi, Farid et Malik ont été retenus pour faire de la médiation dans les quartiers nord.

« L’expérimentation lancée en juin 2016 a fait ses preuves au Trichon, à l’Épeule ou au Fresnoy-Mackellerie. Et la ville de Roubaix a rapidement souhaité recruter quatre autres médiateurs pour couvrir les quartiers nord (Alma-Gare, Cul-de-Four, ECHO, Hommelet). «  On a très vite constaté que les choses étaient conformes à nos attentes  », explique Guillaume Delbar, le maire, à propos d’un dispositif encadré par la préfecture.

Cet automne, la municipalité, certaine de vouloir une nouvelle vague de recrutement, hésitait encore sur le lieu d’implantation. Les quartiers nord ont finalement été privilégiés aux quartiers esten particulier parce qu’y figure le nouveau campus Gare. L’est de Roubaix aura néanmoins ses médiateurs au printemps. «  On a un accord de principe de la préfecture  », assure le maire.

Les quatre hommes embauchés pour faire le lien entre les habitants du quartier et les institutions sont Roubaisiens, sélectionnés parmi 70 à 80 candidats. Ils connaissent parfaitement ce secteur. Vivien N’Daw, 33 ans, qui habite l’Épeule, avait déjà postulé la première fois. Il a joué dans les deux clubs de football du coin (Roubaix SC et Barbe d’Or). Parcours sportif également pour Farid Lakhdar Chaouche, 32 ans, ancien éducateur sportif à Roubaix Futsal et Barbe d’Or qui a grandi à l’Alma.

« L’idée, c’est d’être là au bon endroit au bon moment. On va essayer d’être l’homme qui tombe à pic. »

Malik Labreche, 40 ans, vient d’Oran-Cartigny. Il a participé, il y a 20 ans, à l’aventure « Basket en liberté » portée par le regretté Jean-Pierre Rousselle, ce qui lui a permis d’être au contact de la population et des acteurs de terrain. Le voilà donc très heureux de retourner dans les quartiers. Mehdi Ben Sadok, 34 ans, est aussi originaire de l’Alma-Gare. Il y a travaillé dans la sécurité, notamment pour Transpole. Son truc à lui, c’est plutôt la médiation, le contact humain.

Engagés en contrat adulte-relais pour une période de trois ans renouvelable une fois, ces quatre Roubaisiens marcheront en binôme du mercredi au dimanche, de 14 heures à minuit. Le maire précise : « On ne leur demande pas de faire la police à la place de la police.  » Repérables à leur gilet violet, ils ont pour mission d’assurer une présence, d’aller à la rencontre des habitants ou de renouer le dialogue avec les jeunes. «  L’idée, c’est d’être là au bon endroit au bon moment. On va essayer d’être l’homme qui tombe à pic  », résume Mehdi.

Des secteurs particulièrement ciblés

Comme dans les quartiers ouest, des secteurs sont particulièrement ciblés par le dispositif. Un premier binôme circulera à l’Alma, à la Fosse-aux-Chênes ainsi qu’au Cul-de-Four. Bien sûr, assurer une présence près de l’université et de la gare est une priorité. Le reste de la rue de l’Alma et la rue de Flandre sont aussi des endroits compliqués.

L’autre binôme couvrira les secteurs de l’Hommelet et d’Oran-Cartigny. Deux places posent de réels problèmes de tranquillité publique dans ces quartiers : la place des Bourles et la place Audenaerde. Il faut s’attendre à voir des médiateurs passer régulièrement dans ces coins-là.

Plus généralement, renouer le contact avec des jeunes déscolarisés traînant les rues est une des missions des médiateurs. «  Ces jeunes de 17 ans, ils ont aussi besoin d’être pris par la main,estime Mehdi Ben Sadok, l’un des médiateurs. Ils disent qu’il n’y a rien pour eux, mais ça n’est pas une fatalité. Et on peut leur servir d’exemple.  » -C-O Bourgeot – (Extrait de lavoixdunord.fr du 13/01/2018)

En savoir plus sur http://www.lavoixdunord.fr/102948/article/2017-01-13/apres-l-ouest-les-quartiers-nord-ont-desormais-leurs-mediateurs-jusqu-minuit#

Médiation sociale : deux médiateurs accompagnent les gens de la rue à Dinan


Depuis un mois, Sandrine et Didier vont à la rencontre des personnes fragilisées en centre-ville. Ce nouveau dispositif les aide à trouver un toit, une aide médicale, un début d’insertion sociale…

  • Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet sont médiateurs sociaux au CCAS. Ils travaillent en partenariat avec la police municipale, les associations et établissements sociaux pour venir en aide aux personnes en situation de précarité dans les rues de Dinan.
    Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet sont médiateurs sociaux au CCAS. Ils travaillent en partenariat avec la police municipale, les associations et établissements sociaux pour venir en aide aux personnes en situation de précarité dans les rues de Dinan. 

Depuis un mois, Sandrine et Didier vont à la rencontre des personnes fragilisées en centre-ville. Ce nouveau dispositif les aide à trouver un toit, une aide médicale, un début d’insertion sociale…

Sandrine Le Torriellec et Didier Roquet ne passent pas inaperçus dans les rues du centre-ville. Dans le dos de leur manteau en polaire et imperméable, on lit « Médiateur social » écrit en lettres orange. « Cela veut dire que nous accompagnons les personnes en précarité vers la réinsertion sociale », explique Didier, engagé comme Sandrine, au centre communal d’action social (CCAS). Le dispositif est né il y a un mois.

Le couple travaille en partenariat avec les associations locales (Croix-Rouge, Restos du coeur, Secours populaire…) et la police municipale pour orienter, du mieux possible, vers les établissements adaptés.

« Le plus souvent vers le centre d’hébergement d’urgence (CHU) et le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) », poursuit Didier. L’objectif est de connaître les besoins individuels pour tendre vers un accompagnement personnalisé.

Accompagner au quotidien

Du mardi au vendredi et de 10 h 30 à 17 h, Didier et Sandrine arpentent 12 kilomètres par jour de macadam pour rencontrer ces femmes et hommes souvent sans domicile fixe. « Nous allons à la gare, car beaucoup d’entre eux sont seulement de passage à Dinan. »

Parmi les « sédentaires » de la ville, le binôme recense une quinzaine d’individus rencontrée du côté du cinéma, de l’église Saint-Malo et sur la place Duclos. « Ils sont, pour la plupart, en rupture professionnelle, familiale voire atteints de troubles psychiatriques. »

L’équipe dispose d’une voiture pour accompagner les plus vulnérables chez le médecin ou à l’hôpital, si besoin.

Les premiers pas sont « difficiles », reconnaissent les médiateurs. « Les personnes croient que nous allons les dénoncer à la police municipale », parce qu’ils gênent les entrées de commerces, notamment rue Carnot, ou sont alcoolisés. « Nous avons l’impression de les faire fuir alors que nous essayons de créer un climat de confiance en les prenant en considération. »

Certains ne donnent pas leur nom, alors Didier trouve des parades : « J’appelle l’un d’eux Monsieur Barbe. » Sandrine a repéré le talent musical chez quelqu’un et lui a prêté une guitare. Un humour et une bienveillance qui rompt la glace.

Pas que la répression

Le dispositif porte déjà ses fruits. « La semaine dernière, nous avons réussi à convaincre quelqu’un d’intégrer le CHRS. L’homme vit désormais en maison de retraite. » Mais il y a toujours des réticences compréhensibles. « Des couples refusent d’être séparés et certains considèrent le CHU comme une prison, car il y a des horaires à respecter. »

Le maire, Didier Lechien, appuie ce nouveau dispositif : « Il ne s’agit pas d’apporter qu’une réponse répressive envers les gens de la rue. » Il rappelle que la consommation d’alcool sur la voie publique, l’amoncellement des détritus et le rassemblement devant les entrées d’immeuble nécessitent l’intervention de la police municipale. « Il faut aussi un accompagnement vers la voie de la réinsertion. »  – P. Péan- (Extrait de .ouest-france.fr du 18/01/2018)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/dinan-22100/deux-mediateurs-accompagnent-les-gens-de-la-rue-5499335

Publication de la Newsletter n° 1. Janvier 2018 de CreE-A.


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En savoir plus sur https://www.cree-a.eu/

Rapport : Médiation sociale : Présentation de pratiques par Joanie PRINCE,  Mai 2010, Centre international pour la prévention de la criminalité, 42p.


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« Principales conclusions :
L’analyse de 12 pratiques de médiation dans le monde et plus particulièrement de celles du  Québec  permet  de  souligner  combien  les  conditions  de  mise  en  œuvre  et  de  réussite  du  partenariat  entre  acteurs  de  la  médiation  sociale  et  intervenants  sociaux  et  de  prévention  dépendent largement de deux facteurs :
1. la  conception  de  la  médiation  sociale :  la  conception  dominante  en  France  semble  privilégier  une  action  directe  de  médiation  qui  nécessite  de  porter  une  plus grande attention à l’articulation avec les interventions des autres acteurs sociaux ; de nombreux  pays ont développé – parfois concomitamment – une approche qui vise à diffuser une  culture de la médiation parmi le public comme parmi les intervenants existants. Cette  approche n’entraîne bien évidemment pas le même type de tension.
2. le  contexte  institutionnel  de  développement  de  la  médiation  sociale :  l’intervention  directe de médiateurs a favorisé en France une professionnalisation de cette fonction qui  conduit naturellement à des tensions potentielles avec les professions existantes ; de  surcroît, la médiation sociale en France a été largement promue par les pouvoirs publics  comme une réponse à la criminalité et comme une mesure de sécurité, entraînant ainsi  un risque d’opposition plus fort des acteurs sociaux.  » (Extrait de crime-prevention-intl.org )

En savoir plus sur http://www.crime-prevention-intl.org/fileadmin/user_upload/images/Projets/Rapport_Mediation_Final_-_CIPC.pdf

 

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Médiation nomade du MAN : quartiers libres à Vénissieux et Saint-Fons


« En juillet, août et septembre 2017, le MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) a repris l’idée de médiation nomade initiée dans la banlieue parisienne par Yazid Kherfi, en partenariat avec le Commissariat général à l’égalité des territoires. Avec le soutien du délégué du gouvernement Laurent de Galard, c’est à donc Saint-Fons et Vénissieux que les bénévoles du MAN ont installé leur camionnette douze soirées dans chaque commune, chaque fois entre 20 heures et minuit. À chaque fois, tables et chaises étaient sorties, des boissons et des gâteaux offerts à ceux qui le voulaient, des jeux pour les plus petits… Le but ? “S’installer dans un quartier, raconte l’un des bénévoles du MAN, pour aller à la rencontre de tous ceux qui, le soir venu, sont là sans savoir que faire. Yazid Kherfi dit que la nuit, dans ces rues, on ne trouve que les flics et les barbus. Nous cherchions à ce qu’il y ait une autre composante.”

Une vingtaine de bénévoles se sont relayés tout au long de ces 24 soirées, rencontrant quelque 400 personnes : un tiers d’ados, des adultes et des familles avec enfants. Pour le bilan de l’opération, communiqué lors d’une réunion du MAN ce 15 janvier, on note un très bon accueil, de la convivialité — avec, par exemple, un couscous offert par une maman aux bénévoles —, des discussions faciles en groupes et des propos lâchés qui font chaud au cœur, tels que : “C’est bien ce que vous faites !” ou “Quand est-ce que vous revenez ?”


Les deux municipalités ont bien entendu suivi ces médiations nomades, que le MAN aimerait prolonger l’été prochain. D’où, également, un appel à bénévoles. Quant à Yazid Kherfi, venu assister aux premières rencontres, il sera présent au salon Primevère, à Eurexpo, le 25 février à 14h15 pour une conférence : “(Re)créer du lien grâce à la médiation nomade”. J-C Lemeunier – (Extrait de expressions-venissieux.fr du 18/01/2018)

En savoir plus sur https://www.expressions-venissieux.fr/2018-01-18-mediation-nomade-du-man-quartiers-libres-a-venissieux-et-saint-fons/

« Médiateur social, un métier créateur de valeur et une profession d’avenir » par Alain Brevet (SYME)


« Passée, en moins de quarante ans, du statut d’occupation pour personnes en mal d’insertion à celui de métier à part entière, la médiation sociale est en train d’achever sa mue. D’après le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) : 12 000 personnes exercent une activité de médiation sociale en France dont 4 000 postes d’adultes-relais. Mais obtenir une vue précise de la médiation sociale et des profils qui la composent demeure un exercice délicat. En cause, l’éclatement des structures sur le territoire mais surtout leur hétérogénéité, comme on peut le lire dans La Gazette des communes (1).

Jean-Pierre Bonafé-Schmit parle de la médiation dans les termes suivants : « La médiation vise à responsabiliser les citoyens, à leur permettre d’apprendre à vivre ensemble en respectant leur singularité. (…) C’est un mode de régulation sociale. La médiation a pour objet la gestion de conflits, mais aussi de socialisation en favorisant la (re)construction de communautés “ existentielles” reposant sur un désir de vivre ensemble. Au lieu de s’appuyer sur une idéologie de l’harmonie, la médiation se veut un modèle de justice « compréhensive » qui permet de renouveler le “contrat social” » (2).

Cependant, elle ne reste pas à l’abri de difficultés. Une des principales reste une identité professionnelle confuse. En France, la vision d’une crise sociale déclinée en crise de l’appareil judiciaire, policier et administratif a favorisé une approche de la médiation proche de la logique de sous-traitance, au détriment de la logique d’intégration sociale. Cela n’a pas favorisé la lisibilité de la médiation comme une activité en elle-même avec ses professionnels. Il y a 20 ans par exemple, les emplois-jeune ont permis la naissance de nombreux services autour de la médiation, dont certains furent confortés par la signature des Contrats Locaux de Sécurité. Ce double cadre juridique a pénalisé ces nouveaux métiers d’un manque de repères clairs. D’ailleurs, en 2002, la non-reconduction du dispositif des emplois jeunes n’a pas permis de renouveler les postes de 7000 Agents Locaux de Médiation Sociale. Ainsi en s’appuyant principalement sur des financements d’aide à l’emploi qui vont à l’encontre du développement d’une profession à part entière, le statut d’emploi précaire des jeunes médiateurs sociaux peut constituer une réelle source d’angoisse et donner lieu à un faible sentiment d’appartenance professionnelle.

Ces emplois aidés sont un tremplin vers insertion professionnelle, une transition vers un « vrai métier » après avoir développé des habiletés personnelles de relations humaines et de sens du contact à défaut de qualification initiale certifiant des savoirs-faire dans un domaine.

L’année 2017, un bon cru vers la professionnalisation

La médiation sociale avait mal débuté l’année 2017. Son inscription dans la loi « Égalité et citoyenneté » votée en décembre 2016 au Parlement n’a pas pu se concrétiser. La médiation sociale n’entre pas dans le code de l’action sociale et des familles, son adoption étant contraire à la Constitution. Cependant, « Un processus de maturation du secteur de la médiation sociale est en cours » déclare Laurent Giraud, Directeur de France Médiation (3). Ce réseau s’est lancé dans une démarche de certification qualité auprès de l’AFNOR.

Le métier de médiateur social ne disposait pas de véritable cadre de référence jusqu’à la publication de la première norme AFNOR de référence nationale (Norme XP X60-600). Cette norme expérimentale est le fruit d’un groupe de travail avec l’AFNOR, le CGET et le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et ouvre une porte vers une véritable reconnaissance professionnelle (4).

Nous pouvons regretter qu’il n’existe pas de passerelle entre la médiation conventionnelle et la médiation sociale, et très peu avec le travail social, même si une étude de terrain présentée en décembre 2017 précise que la médiation sociale entend jeter des ponts entre ces médiateurs sociaux et les éducateurs « de rue » professionnels de la prévention spécialisée auprès des jeunes (5).

Un secteur dont la viabilité économie est désormais démontrée

D’un point de vue économique, la médiation sociale vient d’évaluer son empreinte économique. Une étude du cabinet Goodwill auprès d’une association francilienne, Promevil , qui porte sur 2015 et 2016 démontre que la médiation sociale stimule l’activité (6). « On démontre que les emplois aidés, ça sert à l’économie, assure Lamine Thiam. Un euro dépensé par l’Etat dans la médiation sociale peut rapporter 13 fois plus. » Concrètement, les contribuables français ont financé les contrats aidés de Promevil, à hauteur de 1,5 M€ par an, pour un retour sur investissement de 20,2 M€, d’après les auteurs du rapport. Des entreprises privées lorgnent déjà sur ce marché (7).

Si le retour sur investissement de la médiation sociale se dévoile, reste à imaginer des modalités de financement pérennes. Alors que l’Etat a institutionnalisé la pratique dans le cadre de la politique de la ville, en faisant d’une pierre deux coups : améliorer le vivre-ensemble dans des territoires en difficulté tout en y créant de l’emploi, la médiation sociale doit s’appuyer sur d’autres types de financements que l’aide à l’emploi. D’autant plus que le secteur est prometteur.

Un vivier important d’emplois et des besoins en formation

Selon une étude du réseau France médiation, la région Ile-de-France offrirait un gisement d’emplois potentiels, non délocalisables, compris entre 650 et 1 100 postes. En 2011, une étude comparable avait permis de recenser un besoin de 1 000 médiateurs dans la région Hauts-de-France, et six ans plus tard, environ 800 emplois ont été créés dans la région (8). Les besoins de formation à venir sont donc importants. Dans un rapport de 2016 sur les adultes-relais, le Sénat recommande par exemple « le recensement des formations de médiation sociale à l’Inventaire des certifications et des habilitations de la Commission nationale de la certification professionnelle, permettant une reconnaissance officielle des compétences et une prise en charge facilitée par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) » (9). Nous pouvons donc estimer les besoins à 4000 médiateurs environ. Les médiateurs conventionnels et judiciaires ont donc intérêt à suivre l’évolution de ce champ de médiation, afin de faire valoir leurs compétences. Ceci sous réserve que ces compétences puissent être complétées avec la mise en place d’un module optionnel de médiation sociale dans la formation des médiateurs conventionnels.

En conclusion, le métier de médiateur social est désormais structuré par une norme et des formations reconnues et validées par différents ministères (10), une organisation dont les médiateurs et leur syndicat professionnel pourraient s’inspirer dans d’autres champs de médiation. Mais il reste encore du travail à faire pour permettre aux médiateurs sociaux d’accéder à des emplois plus qualifiés, ce qui implique de proposer d’autres modules de formation. Ces sujets pourraient motiver la mise en place d’une commission ‘médiation sociale’ au sein du syndicat professionnel des médiateurs SYME.

Notes

1- La Gazette des communes du 3/11/2017

2- Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT, Les médiations, la médiation, Une contre-culture entre évitement et sanction, L’école des parents, Hors série « la médiation », p. 8, septembre 2002. Dans le même ouvrage, Michèle Guillaume-Hofnung, auteur du « Que-sais-je ? » La médiation, reprend une définition plus large de la médiation empruntée à Jean-François Six dans ‘Le temps des médiateurs’.

3- La Gazette des communes du 8/11/2017

4- AFNOR, Médiation sociale : une première norme volontaire française pose le cadre.  2017. ( normalisation.afnor.org/actualites/mediation-sociale-premiere-norme-volontaire-francaise-pose-cadre )

5- Le rapport « Rapprochement et Partenariat entre Médiation Sociale et Prévention Spécialisée » a été réalisé par Le Réseau des Villes Correspondants de Nuit et de la Médiation Sociale. Décembre 2017

6- Promevil, La new’s 06 : CONFÉRENCE DE PRESSE : Mesure de la performance économique de la médiation sociale pour Promevil. Juin 2017 sur www.promevil.org et : Le parisien du 29/05/2017

7- La Gazette des communes du 2/11/2017 et : Les cahiers du Développement Social Urbain, N°65 premier semestre 2017. Médiation sociale, parlons métier ! P38.

8- Laurent GIRAUD, France Médiation Hélène DUCLOS, Culture et Promotion : Diagnostic territorial sur les gisements d’emplois en médiation sociale dans la région Nord-Pas de Calais. Juillet 2011.

9- Sénat : Le contrat adultes-relais, un dispositif de la ville à préserver. Rapport d’information N° 128 (2016-2017). P 28, Recommandation N°5 : Garantir aux adultes-relais un vrai parcours de formation (www.senat.fr/rap/r16-128/r16-128.html)

10- Notons les formations avec un code ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois) et des CCP (Certificats de compétences professionnelles) du Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Les titres du ministère de l’emploi : Technicien (e) de Médiation services, de niveau IV, Agent (e) de Médiation, Information, Services (AMIS), de niveau V. Le diplôme du ministère de l’éducation nationale : CAP d’agent de prévention et de médiation, de niveau V. Le diplôme du ministère chargé de l’enseignement supérieur : Master Sciences Humaines et Sociales Mention Sociologie Spécialité: Médiation, intervention sociale (MIS), de niveau I.

Bibliographie

Sophie Divay. La médiation sociale : une professionnalisation inachevée. Knowledge, Work & Society, 2005.

Jean-Edouard Grésy : Pratiques professionnelles de la médiation sociale Editions France Médiation, mai 2011.

Projet européen ArleKin pour la création de cet espace européen de la médiation sociale : Etat des lieux de la Médiation pour l’Inclusion Sociale (MIS) dans les pays partenaires. 2013

Rapport final de la recherche-action : Valoriser les interventions des médiateurs sociaux et culturels Cabinet KiMSO Janvier 2016. (Sur www.professionbanlieue.org)

Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) – Enquête Adultes-relais 2015 – synthèse nationale. Octobre 2015.

Sites utiles

www.francemediation.fr
www.cget.gouv.fr/citoyennete/mediation-sociale
www.cree-a.eu

(Extrait de syme.eu du 7/01%2018)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/21796-mediateur-social-un-metier-createur-de-valeur-et-une-profession-d-avenir

Emploi : Médiateur adulte relais H/F à VILLENEUVE ST GEORGES


« Dispositif adulte-relais, vous avez plus de 30 ans et habitez dans un quartier prioritaire de la ville. CDD de 1 an, renouvelable 2 fois. Vous aidez a l’organisation de réunions de concertation et les animez, vous proposez et accompagnez les animations en lien avec les projets que vous aidez à évaluer, concevoir et réaliser. Vous accompagnez les groupes lors des sorties et séjours divers. Vous facilitez le lien entre les habitants et les structures existantes agissant en faveur du lien social. Vous informez les habitants sur les dispositifs existants et les démarches pour en bénéficier. Vous êtes à l’aise avec les outils bureautiques, (word, excel…)

1 posteCDDDurée du contrat : 12 MoisExpérience minimum : Moins de 1 an

Divers Services, Médiation sociale et facilitation de la vie en société, Médiateur / Médiatrice adulte relais

VILLENEUVE ST GEORGES, 94 Val de Marne , Ile de France » (Extait de 1taf.com )

En savoir plus sur https://www.1taf.com/annonce/offre-emploi-cdd/mediateur-adulte-relais-h-f/val-de-marne-94/AN2697850

Offre d'emploi