Médiation scolaire : Au collège Jules-Verne à Buxerolles comme à l’école Micromégas à Poitiers, des élèves s’investissent dans la médiation


À l'école Micromégas, de jeunes écoliers ont simulé une séance de médiation.

« L’éducation au respect d’autrui, une responsabilité partagée: tel était le fil rouge de la visite de la rectrice d’académie le mercredi 19 février dernier, au collège Jules-Verne à Buxerolles puis à l’école Micromégas dans le quartier Saint-Éloi à Poitiers. Ces deux établissements, qui développent depuis plusieurs années le dispositif de la médiation par les pairs, sont des exemples pour Bénédicte Robert. Les témoignages des jeunes médiateurs l’ont convaincue de l’intérêt d’étendre le dispositif en ciblant de manière prioritaire l’école élémentaire.

Une résolution « non violente » des conflits

Éduquer les élèves, petits et grands, à l’identification et à la résolution des conflits pour éviter qu’à la longue les choses ne dégénèrent, c’est tout l’objet de la médiation par les pairs. « Une méthode qui fait ses preuves », souligne Manuel Balmer, le directeur de l’Aroéven-Poitiers (Association régionale des oeuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale) à l’origine du déploiement de la médiation au collège Jules-Verne en 2010. « C’est un dispositif bien porté par l’établissement, précise-t-il. Il permet la responsabilisation, l’autonomie des jeunes qui s’impliquent mieux dans la vie du collège. » La principale Rachel Marquer l’atteste, la médiation est bien ancrée dans la culture de l’établissement. À ce jour, 42 écoles, collèges et lycées se sont inscrits dans ce dispositif dans l’académie.
La médiation s’exerce par un binôme d’élèves (une vingtaine à Jules-Verne comme à Micromégas) selon un protocole bien précis. Elle se déroule dans un lieu dédié, jamais dans la classe ou dans la cour. Ce sont les élèves en conflit qui doivent choisir de faire appel à la médiation.

« On ne force pas,
on n’impose pas…
On ne juge pas »

Ils sont invités à relater les faits, à exprimer leur ressenti, à écouter l’autre et à rechercher des pistes pour renouer le dialogue. « On ne force pas, on n’impose pas la médiation, explique le directeur de l’école, on essaie de convaincre. »
Régler les petits conflits quotidiens entre élèves, avec des médiateurs bien identifiés qui se prénomment Adam, Irène, Thomas, Tiphène, Quentin, etc., permet aussi de créer un meilleur climat scolaire. « On n’a jamais vu deux fois de suite des élèves qui ont fait l’objet d’une médiation, explique l’un des adultes référents du collège. Parfois, le simple fait de prendre rendez-vous pour une médiation suffit pour résoudre le problème… Personne ne les juge. »

Un outil de prévention contre le harcèlement

Les médiateurs ne s’occupent que de « petits conflits », et d’incivilités « mineures », par exemple des moqueries, des bousculades, des désaccords, des disputes banales, des insultes, des rumeurs, des jalousies. C’est aussi un moyen de contrer, à la source, le harcèlement. Dans ce cas plus complexe, c’est l’adulte qui prend la main.Si la médiation n’est pas un outil de traitement du harcèlement, elle reste avant tout un outil de prévention, qui permet aux élèves de prendre conscience qu’il est possible de mieux vivre ensemble, et qu’un conflit peut être facilement stoppé.
Quand la rectrice questionne sur les compétences d’un médiateur, Adam, fort d’une expérience de trois ans, les résume ainsi: « Il faut être à l’écoute, se mettre un petit peu à leur place, après ça va tout seul! » Sur ce qu’est le harcèlement? Un camarade de 6 cite des insultes, des menaces « presque tous les jours, c’est dur de supporter ça, parfois ça peut aller jusqu’au suicide ». En poursuivant ses échanges, Bénédicte Robert a pu constater qu’eux-mêmes ont souffert un jour de l’isolement et de harcèlement durant leur scolarité dans le premier degré. « C’est une pression morale, témoigne un autre collégien. Souvent à la base, c’est un peu un jeu, ça leur plaît, alors ils continuent, leur but c’est de le pousser à bout… Cela m’est arrivé en primaire. » – Philippe Bruyère – (Extrait de centre-presse.fr du 2/03/2020)

En savoir plus sur https://www.centre-presse.fr/article-732465-des-ecoliers-et-collegiens-formes-face-aux-conflits.html

La médiation scolaire se développe à Saint-Priest (69)


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Extrait de Couleurs de Saint-Priest n° février 2020

Médiation scolaire : Des temps de médiation bénéfiques à Saint-Jean-de-la-Croix


Neuf des onze élèves médiateurs présents jeudi midi dans la salle dédiée.

« Le temps de médiation est effectif à l’école Saint-Jean-de-la-Croix depuis un mois. Les temps de médiation se déroulent le lundi de 13 h 15 à 13 h 30 avec Sandrine Kerlann, la directrice, et le jeudi de 12 h 15 à 12 h 30 avec Isabelle Corbel, enseignante MS-GS. Pour les élèves de CM1 médiateurs, ces rendez-vous sont bénéfiques. Certains ont témoigné comme Théo : « Cela a permis de régler plusieurs conflits » ; pour Elena, « On apprend à être patient ». Quant à Johann, il trouve que « cela permet de mieux connaître les autres élèves ». (Extrait de letelegramme.fr du 7/02/2020)

En savoir plus sur https://www.letelegramme.fr/finistere/le-relecq-kerhuon/des-temps-de-mediation-benefiques-a-saint-jean-de-la-croix-07-02-2020-12497833.php

Mâcon : des élèves médiateurs au collège Schumann,


Les collégiens qui le désirent peuvent devenir « médiateurs » dans leur établissement. Une formation leur est donnée pour résoudre les conflits entre élèves. L’objectif est d’améliorer le climat général dans le collège.

« Dix-huit collégiens ont bénéficié, mardi, d’une formation de médiateur. Le dispositif « formation par les pairs » existe depuis trois ans au collège Schumann. Il permet de résoudre les conflits entre élèves directement par des élèves, dits « médiateurs », du même âge ou à peine plus âgés et, par là, de contribuer à améliorer le climat scolaire dans l’établissement. La formation est assurée par des professeurs, eux-mêmes formés en amont.

Les élèves sont recrutés sur la base du volontariat après une information en classe. Après examen, les candidatures les plus en adéquation avec les conditions requises sont retenues.

Des jeux de rôle pour des mises en situation

« Les médiateurs sont très responsables, très fiers du rôle qu’on leur attribue. Ils sont vraiment engagés dans le dispositif et répondent avec enthousiasme lorsqu’on les sollicite » signale Véronique Bochaton, professeure documentaliste qui fait partie de l’équipe encadrante.

Après une journée consacrée à la formation théorique, les participants sont passés à la pratique à travers des mises en situation sous la forme de jeux de rôle.

La session s’est terminée par une remise des attestations de formation par le principal Jean-Paul Blanchet ». -J. Robin- (Extrait de lejsl.com du 29/01/2020)

En savoir plus sur https://www.lejsl.com/edition-macon/2020/01/29/au-college-schumann-les-eleves-jouent-les-mediateurs

« Cinq bonnes raisons d’envisager la médiation en milieu scolaire » – Le dossier – Newsletter enseignants MAIF – janvier 2020


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« Régler une situation conflictuelle par la parole échangée : ce n’est pas une idée nouvelle. Mais elle a retrouvé toute sa vitalité en se fixant des règles, celles de la médiation entre pairs. Une simple alternative à la punition ? Ou une approche plus profonde, éthique, des relations entre individus ?

Médiation: processus coopératif qui facilite la résolution non violente d’un conflit durant lequel un médiateur, neutre, aide les deux parties en conflit à communiquer pour trouver, elles-mêmes, une issue constructive. (Extrait de maif.fr jenvier 2020)

Dossier à consulter sur https://www.maif.fr/files/live/sites/maif-fr/files/pdf/enseignants/votre-metier-en-pratique/systeme-educatif/mediation-milieu-scolaire.pdf

Médiation scolaire : 20 élèves se forment à la médiation à l’école de Bruz (35)


« Depuis décembre, tous les vendredis de 15h30 à 16h30, 20 élèves du CP au CM2 se forment à la médiation entre pairs.

En septembre, l’ensemble des élèves de l’école sont rentrés dans « l’école de la relation ». L’idée, comme bon nombre d’écoles de notre réseau, est de travailler ensemble tout ce qui aide au Vivre Ensemble.

Pendant 3 mois, les classes ont vu ou revu la méthode des « messages clairs ». Quelques petits conflits sont souvent dus au fait qu’un élève n’ait pas le même ressenti que son camarade. Les messages clairs amènent donc les enfants à exprimer leurs ressentis pour que l’autre en prenne conscience.

Ces situations se passent généralement entre 2 élèves et se concluent sans autre intervention. Il se peut que la situation ne se règle pas et puisse même se répéter, on peut faire alors appel à une médiation.

Pour rendre cela réalisable, nos 20 étudiants se forment pendant 10 semaines à cette médiation. Ils apprenent à discerner les situations, voir la gravité pour amener les élèves à résoudre eux-mêmes leurs conflits, faire appel à des pairs ou nécessiter la présence de l’adulte.

Les 2 médiateurs, quand le contexte le valide, utilisent une méthode élaborée en formation pour expliquer le conflit, verbaliser leurs sentiments et trouver une solution.

Au mois de février, ils valideront leur formation par le passage d’un petit exament et seront ensuite opérationnels pour l’école ». (Extrait de ecbruz-sterblon.org)

En savoir plus sur https://www.ecbruz-sterblon.org/etablissements-prives-commune-de-bruz/ecole-la-providence/actualites/la-providence-centre-les-mediateurs

 

Montpellier : accès à l’école refusé pour deux élèves handicapés, une médiation en cours


Les parents et des proches autour de leur avocat, Maître Dumont.
Noam, 6 ans, et Adem, 8 ans, ont été radiés de l’école Yourcenar, à Montpellier. Mais le rectorat a lancé une procédure de médiation avec la famille.

« Surréaliste ! » C’est le terme qui résume le mieux l’affaire dont a été saisi Me Christian Dumont, avocat de parents dont les deux fils handicapés ont été renvoyés de l’école Marguerite-Yourcenar, quartier Malbosc, à Montpellier, qu’ils fréquentent depuis plusieurs années.

Noam, 6 ans, et Adem, 8 ans, ont été radiés de l’école Yourcenar, à Montpellier. Mais le rectorat a lancé une procédure de médiation avec la famille.

« Surréaliste ! » C’est le terme qui résume le mieux l’affaire dont a été saisi Me Christian Dumont, avocat de parents dont les deux fils handicapés ont été renvoyés de l’école Marguerite-Yourcenar, quartier Malbosc, à Montpellier, qu’ils fréquentent depuis plusieurs années.

Troubles « dys »

Adem, 8 ans, et Noam, 6 ans, souffrent de troubles « dys » (écriture, lecture, attention…) qui nécessitent le soutien constant d’une auxiliaire de vie scolaire. « Le plus petit souffre en plus de troubles de l’oralité et d’une hypersensibilité« , précise Mme El Fares, qui jongle avec les rendez-vous médicaux toute la semaine.

Tout débute mi-octobre, lorsque Noam rentre de l’école avec un hématome. «  L’équipe médicale apprend à cette occasion qu’il est victime de harcèlement et conseille à ses parents de porter plainte, explique Me Dumont. Ils l’ont fait et ça n’a pas plu à la directrice « .

Ils sont « victimes de discrimination »

« Depuis, mes enfants sont victimes de discrimination, déplore la maman. Ce mardi matin, j’ai par exemple découvert qu’il y avait une sortie scolaire le jour même, dont je n’avais pas été informée. » Mais c’est ce jeudi que le point de non-retour est atteint.  » On m’a prévenue que c’était leur dernier jour à l’école. On a pris un huissier de justice pour constater qu’on refusait l’accès à l’école à mes enfants, sans aucun motif. » Le ton monte. La direction reproche aux parents une «  intrusion «  dans l’école et le fait d’avoir «  tambouriné «  à une porte. Ce que nient les parents.

Réintégrés puis expulsés dans la même journée !

« Alors qu’on attendait, quatre voitures de police sont arrivées. Et c’est un policier qui nous a donné les papiers de radiation pour nos enfants. On a été convoqués oralement le lendemain à 9 heures au commissariat. Dès son arrivée, le papa a été placé en garde à vue. « S’il a été entendu dans la matinée, « il a été retenu jusqu’au lendemain matin, parce qu’on lui reprochait de médiatiser cette affaire« , s’insurge Me Dumont.

Surréaliste, la suite de l’affaire l’est aussi avec le rectorat. «  En revenant à la maison, on m’a appelé pour me dire que les enfants étaient réintégrés à l’école Yourcenar ! «  Ce que confirme un message écrit du “référent départemental harcèlement”. Mais quelques heures plus tard, patatras ! «  On m’avertit que mes enfants seront scolarisés à partir du lundi 16 décembre à l’école… Calmette ! « 

Un cercle vicieux

Un rendez-vous est fixé le vendredi 13 mai (sic) au rectorat, mais la maman ne peut pas s’y rendre. « Mon compagnon étant retenu au commissariat, je devais m’occuper de mes trois enfants ». Un cercle vicieux dont les enfants sont les premières victimes. « À cause de son handicap, le petit avait mis du temps pour apprendre la chorale, mais il ne pourra pas participer au spectacle de fin d’année, déplore leur maman. Comment pourront-ils encore faire confiance à l’école ? »

Me Christian Dumont : « Du jamais vu en 40 ans »

Me Christian Dumont est l’avocat des parents de Noam et Adem.« Ce qui me choque dans cette affaire, c’est qu’on fait le procès à des parents de s’occuper de leurs enfants qui ont un handicap lourd. Alors que ces derniers sont discriminés par des adultes censés les aider ! C’est insupportable. La jeune directrice a été dépassée par les événements. Elle dit qu’elle a été outragée mais elle est incapable de préciser. Ça ne devrait pas être aux enfants d’être obligés de quitter l’école. On va leur enlever l’AVS (auxiliaire de vie scolaire) qui s’occupe d’eux depuis des années, les priver de leurs repères. C’est terrible pour les enfants, et pour les parents qui ne sont pas des emmerdeurs mais des gens très respectueux des institutions. Heureusement, le père a été remis en liberté en attendant son jugement le 31 janvier. Tout est surréaliste dans ce dossier. J’ai même découvert qu’on avait imité ma signature à la fin d’un procèsverbal au commissariat de La Paillade ! Je n’ai jamais vu ça en quarante ans de carrière… »

Le rectorat : « La médiation se poursuivra tant que nécessaire. »

La direction départementale des services de l’Éducation nationale de l’Hérault s’exprime sur ce dossier :

« Depuis plusieurs mois, divers incidents et des difficultés de communication entre la famille et les personnels de l’école Yourcenar de Montpellier ont été portés à la connaissance des services académiques de l’Hérault. Une procédure de médiation a été mise en place.
Durant cette médiation, la famille a exprimé le souhait de scolariser ses enfants à l’école Calmette, qui est leur école de secteur, à compter du lundi 6 janvier 2020.
La demande a été acceptée le 6 décembre 2019.
Cette décision visait à permettre un suivi pédagogique et éducatif adapté aux besoins de Noam et Adem, dans un environnement proche de leur domicile. Elle a été prise en concertation avec les parents et les services de la mairie.
Suite à un nouveau différend survenu aux abords de l’école en milieu de semaine, les services académiques ont proposé une rencontre aux parents le jeudi 12 décembre afin de décider avec eux de la meilleure solution à apporter étant donné la situation :
– Soit, s’ils le souhaitent, anticiper le transfert des élèves à l’école Calmette,
– Soit maintenir leur scolarisation à l’école Yourcenar jusqu’aux vacances de fin d’année, en proposant une nouvelle médiation et en accompagnant les personnels de l’école pendant cette dernière semaine avant les vacances scolaires.
Cette rencontre n’a été possible ni le jour même, ni le lendemain.
Les services académiques départementaux de l’Hérault confirment néanmoins qu’un mail a été envoyé par erreur ce vendredi. Ils ont tenu à présenter leurs excuses aux parents dès qu’ils en ont été informés le lendemain et leur ont confirmé que Noam et Adem étaient bien attendus à l’école Yourcenar ce lundi 16 décembre.
Les services académiques sont tout à fait conscients de la complexité de la situation : si d’après les éléments à notre disposition, les personnels n’exercent pas leurs fonctions dans un climat serein ces derniers mois, la priorité est que Noam et Adem poursuivent leur scolarité dans les meilleures conditions et que leurs parents retrouvent la sérénité.
La médiation se poursuivra tant que nécessaire. Les services académiques accorderont une attention particulière aux deux enfants et accompagneront les personnels de l’école Yourcenar jusqu’aux vacances scolaires. Ils restent à l’écoute et à la disposition de la famille. » – Guillaume Richard- (Extrait de midilibre.fr du 15/12/2019)

En savoir plus sur https://www.midilibre.fr/2019/12/15/montpellier-deux-freres-handicapes-de-6-et-8-ans-expulses-de-leur-ecole,8605386.php

Médiation scolaire : des cours de médiation pour éviter les conflits entre élèves au collège de Flavy-le-Martel (02)


Douze élèves ont reçu leur diplôme.

« Des élèves de 5e et de 4e ont été formés à la médiation au collège Jacques-Prévert.

« L a médiation, est un mode de résolution des conflits entre pairs qui se propose d’être non violent et d’aller dans le sens de la responsabilisation des jeunes. L’objectif de ce dispositif de prévention est de désamorcer les conflits entre élèves et ainsi éviter qu’ils ne dégénèrent, explique Pamela Bonis, CPE. Au collège Jacques-Prévert de Flavy-le-Martel, 16 adultes référents (professeurs, agents, CPE, AED, AVS) et 12 élèves de 5e et 4e ont ainsi été formés. Ces derniers pourront ainsi transmettre leurs savoirs les années suivantes à d’autres élèves. »

L’idée est de promouvoir l’engagement des jeunes, de les pousser à aller vers les autres, de développer des compétences psycho-sociales. Pamela Bonis ajoute : « Nous voulons ainsi développer des valeurs de respect, d’écoute et de non-jugement qui sont les piliers de la médiation. » Mardi dernier, ces élèves médiateurs, leurs familles ainsi que les adultes référents ont été conviés à la remise de leur diplôme de médiation par les pairs, en présence de Maryse Vidal, principale du collège et Sophie Collette, principale-adjointe. (Extrait de aisnenouvelle.fr du 12/12/2019)

En savoir plus sur https://www.aisnenouvelle.fr/id55208/article/2019-12-10/des-cours-de-mediation-pour-eviter-les-conflits-entre-eleves-au-college-de-falvy

Suisse : un projet de médiation par les pairs dans toutes les écoles du Haut-Entremont (ERVO)


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Document envoyé par un correspondant avec source non identifié

Belgique : « le « modèle bruxellois » :  le Service de médiation scolaire en Région de Bruxelles-Capitale » par Philippe Rase, Médiateur, MediScola, février 2017


MEDISCOLA - Médiation scolaire en mouvementLe « modèle bruxellois » :  le Service de médiation scolaire en
Région de Bruxelles-Capitale

Peut-on pratiquer de la médiation au sein d’une école secondaire ? Est-il possible de créer un espace neutre, confidentiel, un « entre-deux » dans une institution qui est également un milieu de vie entre adultes et mineurs ?

Je voudrais évoquer ici mon travail au sein du Service de Médiation scolaire en Région de Bruxelles-Capitale (dépendant de la Direction générale de l’Enseignement obligatoire) qui relève ce défi depuis 1994.

C’est donc essentiellement  ce service, où j’ai travaillé de 2005 à 2016, qui sera décrit ici car sa particularité est assez unique en Europe à ma connaissance.

En effet, bien qu’indépendant de la structure scolaire locale, le médiateur du Service de Médiation Scolaire en Région de Bruxelles-Capitale travaille à temps plein au sein d’une école secondaire et n’exerce aucune autre activité que de proposer de la médiation[1].

De la même manière que la loi de 2005 définit le cadre d’autres médiations (familiale, sociale, civile et commerciale), c’est en 1998 qu’un premier Décret institue et organise le SMS pour les écoles de la Communauté Wallonie-Bruxelles quel que soit le réseau auquel elles appartiennent a cette occasion, il est également créé en service en Wallonie mais dont les pratiques seront en partie différentes. Ce premier décret fut amendé en 2004 et en 2013 [2].

Au départ, il s’agissait d’intervenir prioritairement dans les écoles dites « en discrimination positive » (aujourd’hui, appelées « en enseignement différencié ») mais depuis 2004 le décret ouvre la possibilité d’étendre celui-ci à toutes les écoles.

Caractéristiques de ce service

Pour rendre compte de ce qui se pratique en matière « scolaire » en médiation, il paraît plus judicieux d’utiliser les termes de « médiation en milieu scolaire ».

D’une part, ce choix évoque un lieu, un espace de vie, voire un microcosme qu’est l’école plus qu’une « matière ». D’autre part, cela permet de mettre l’accent sur le terme « médiation » dans le sens commun à toutes les pratiques se référant à un processus de médiation, comme le propose Jacques Faget[3] en distinguant les médiations substantialistes (axées sur un contenu/objectif) et normatives (axées sur un processus/méthode). Il distingue également une catégorie fourre-tout dite nominaliste (qui se réclame de celle-ci !). La pratique en milieu scolaire est traversée par cette tension.

A Bruxelles, cinquante-six médiateurs (chiffres de 2014) travaillent dans ce Service de Médiation. Chacun d’eux occupe une permanence au sein d’une école qui a souhaité disposer de ce service. Celle-ci met un bureau à sa disposition qu’il occupe de manière exclusive. La neutralité et la confidentialité de cet espace lui sont garanties, c’est comme petite ambassade. Le médiateur y est indépendant et n’est donc pas soumis à la hiérarchie de l’école mais aux (deux) coordonnateurs du service dont les bureaux se situent à la Communauté Wallonie-Bruxelles, rue A. Lavallée à Molenbeek.

Et de fait, le médiateur est plongé dans ce milieu au quotidien, ce qui en fait une particularité de son travail. Il vit parmi ces futurs « clients ». Cette proximité lui permet d’entretenir un climat de confiance propice à actionner l’entrée en médiation. Ce faisant, il ne peut ignorer le contexte dans lequel il travaille tout en tenant sa posture de médiateur, neutre, indépendante et garante de la confidentialité des propos qui lui sont confiés.

Dans les autres formes de médiation, les personnes intéressées par la médiation (ou « envoyées » par un juge) prennent contact avec un médiateur par téléphone, le plus souvent, et conviennent d’un premier rendez-vous. Toute la recherche d’information, le questionnement, les éventuels conseils des uns ou des autres viennent en amont de cette première rencontre avec le médiateur dans son cabinet, même si cela n’empêche pas les solliciteurs d’encore questionner le médiateur sur le processus (souvent même, le médiateur s’enquiert lui-même de la genèse de leur démarche).

La particularité du « modèle bruxellois »

La particularité du médiateur en milieu scolaire est qu’il est déjà une figure connue au sein de l’école et qu’il participe d’une manière ou d’une autre à cette première phase. Il est accessible, il peut être questionné, voire même « testé » par tout un chacun.

Cette facilité demande au médiateur de la vigilance pour rester dans cet « entre-deux ». Ses paroles, ses actes, les lieux qu’ils traversent sont sous le projecteur de tous. Il faut donc veiller à manifester sa neutralité dans les gestes quotidiens : beaucoup écouter, parler peu, éviter les paroles jugeantes mêmes banales, être discret mais disponible, manifester de la bienveillance pour chacun mais sans familiarité excessive, etc… .

Il ne participe pas aux organes de gestion de l’école, ni au Conseil de classe (ou alors de manière ponctuelle pour faire une offre de médiation ou recevoir une demande, par exemple). Il ne rédige pas de rapport à qui que ce soit sur le contenu d’une médiation et ses participants. Par contre, il peut solliciter leur autorisation pour la nécessaire communication de certains éléments pour mettre en place cette même médiation. Il ne se positionne pas comme expert mais comme celui qui va faciliter le dialogue, la communication grâce à sa neutralité et au processus de médiation. Le médiateur est un passeur de confiance, un poseur de questions et non pas un « proposeur » de solutions ….

Bref, cette étape préalable, c’est sa façon de préparer le terrain.

Une autre caractéristique est que l’essence même de son travail porte sur le lien. A maintenir, à réparer ou à recréer. Le décret[4] parle de climat de confiance. Quoi de plus variable, d’imprévisible que le climat ? Et pourtant, il peut être « bon », « favorable » ou « mauvais ».

Or ce lien, il est obligatoire. Les élèves mineurs sont soumis à l’obligation scolaire et ils n’ont pas choisi leurs professeurs, et vice-versa. Il est donc à construire parce qu’enseigner, c’est avant tout une rencontre : entre l’élève et le professeur, entre ceux-ci et le savoir, savoir qui lui-même a été élaboré ou découvert par quelqu’un d’autre. Le médiateur travaille donc sur la perte de sens, le malentendu (ou plutôt       « l’autre-entendu »), l’impasse, l’obstacle, la panne, la désaffiliation, le conflit, la rupture, etc …

Dans la palette des types de médiation, il pratique surtout la médiation transformative sans toutefois se priver d’autres outils selon le contexte et l’analyse qu’il aura faite de la demande.

Philippe Rase,

Médiateur

[1] « La médiation est  un processus de création, de réparation du lien social et de règlement des conflits, dans lequel un tiers impartial, indépendant tente, à travers l’organisation d’échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou à régler un conflit qui les oppose. » Extrait de la Déclaration d’intention de MEDISCOLA-Médiation en mouvement asbl, 2015.

[2] Décret visant à assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale, notamment par la mise en œuvre de discriminations positives — 30-06-1998. http://www.gallilex.cfwb.be/fr/leg_res_01.php?ncda=22209&referant=l0, consulté le 7-02-2016

[3] Médiations : les ateliers silencieux de la démocratie, Jacques FAGET, Collection : Trajets,  Erès Poche – Société, 2015 (nouvelle édition)

[4] « Il est créé un service de médiation scolaire chargé de prévenir la violence et le décrochage scolaire dans les établissements d’enseignement secondaire, prioritairement dans ceux qui sont visés à l’article 4. (…) La médiation vise à favoriser, à conserver ou à rétablir le climat de confiance qui doit prévaloir dans les relations entre l’élève, ses parents ou la personne investie de l’autorité parentale, s’il est mineur et l’établissement scolaire. (…)Le médiateur veille à conserver la confiance qu’il a pu obtenir des élèves. A cet égard, il n’est pas tenu de révéler au chef d’établissement des faits dont il estime avoir connaissance sous le sceau du secret attaché à cette confiance. Par contre, il doit pouvoir révéler tout fait dont il a connaissance et qui est susceptible d’influer sur l’organisation ou la bonne marche d’un des établissements où il est affecté au coordonnateur dont il relève. Le médiateur veille à éviter tout acte, tout propos, toute initiative qui pourrait nuire à l’autorité du chef d’établissement. Le cas échéant, il prend conseil auprès de son coordonnateur et suit les directives qu’il en reçoit. »
Idem, extraits du Chapitre V .

En savoir plus sur http://mediation-scolaire.be/

Médiation scolaire : Des élèves diplômés en médiation à l’école Ferry de Relecq-Kerhuon (29).


L’année scolaire dernière, huit élèves de CM1 volontaires ont été formés à la médiation. Cette année, en CM2, ces élèves viennent de recevoir leur diplôme.

« Qu’est-ce la médiation ? Il s’agit d’appréhender autrement le conflit à l’école. Il s’agit de faire du conflit une véritable opportunité éducative. Pour cela, il faut donner la possibilité à chaque élève de l’école d’exprimer ses besoins, de formuler des demandes, de clarifier ce qui est du domaine de l’émotionnel, du subjectif et ce qui est du domaine des faits, de l’objectivité. L’objectif est ainsi d’éduquer à la responsabilité et à la citoyenneté en formant des élèves volontaires à la médiation.

Le rôle des médiateurs est double : anticiper les conflits éventuels, notamment en récréation, en étant attentifs aux relations entre les élèves et en facilitant le dialogue. Il est aussi d’aider à la résolution du conflit, après coup, dans un cadre de médiation officiel avec l’aide d’un enseignant ou d’un animateur présent.

« L’ensemble de ce processus s’inscrit dans les orientations prioritaires du projet de l’école. Il a donc l’accord et l’implication de toute la communauté éducative de l’école. Il est complémentaire des autres formes de régulation de l’établissement, à savoir les conseils de classe et de délégués », souligne Marie-Lise Jégo-Guillou, la directrice de l’établissement. » (Extrait de ouest-france.fr du 25/10/2019)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-relecq-kerhuon-29480/le-relecq-kerhuon-des-eleves-diplomes-en-mediation-l-ecole-ferry-6581478