Audio – Médiateur scolaire : déconstruire la violence du quotidien (France Culture – 55mn)


Début octobre, un adolescent de 15 ans a été poignardé à mort aux Lilas en Seine-Saint-Denis, en marge d’un cours de sport. Pour tenter d’éviter ces drames, des médiateurs travaillent au quotidien à déconstruire la violence dans des collèges du réseau d’éducation prioritaire.

Bangaly Bamba, médiateur au collège à Bagnolet, tente de développer les comportements citoyens et de prévenir les conflits
Bangaly Bamba, médiateur au collège à Bagnolet, tente de développer les comportements citoyens et de prévenir les conflits Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Il y a tout juste deux semaines, Kewi, un adolescent de 15 ans a été tué lors d’une rixe aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, en marge d’un cours de sport. Un drame qui survient un an après la mort d’un autre jeune garçon, Aboubakar, 13 ans, lui aussi tué aux Lilas dans une rixe entre bandes. Pour tenter d’éviter ces drames, 72 médiateurs sont déployés dans les collèges du réseau d’éducation prioritaire et les écoles élémentaires qui y sont rattachées. Leur mission : développer les comportements citoyens et prévenir les violences.

Le calme règne en ce début d’après-midi au collège Jean Jaurès de Pantin. Mais ce n’est pas le cas tous les jours dans cet établissement classé REP+, réseau d’éducation prioritaire. On est ici dans un quartier où se concentrent les difficultés sociales, où la violence fait partie du quotidien et s’invite jusque dans les cours de récréation et les salles de classe. Ce lundi d’octobre, dans son petit bureau aux canapés gris répartis autour d’une table ronde, Marie Cotte, la médiatrice, a choisi de travailler avec des élèves de 5e sur la communication non-violente.

Autour de sa table ronde, Marie Cotte, médiatrice au collège à Pantin, fait réfléchir les élèves à la communication non violente
Autour de sa table ronde, Marie Cotte, médiatrice au collège à Pantin, fait réfléchir les élèves à la communication non violente Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Une personne de confiance

« Dans ces séances là, on aide les autres et les autres nous aident, cela permet d’avoir moins de conflit avec les camarades« , expliquent des élèves. « Si je ne me sens pas bien, je sais que je peux aller la voir et lui faire confiance, elle est plus concentrée sur nous que sur les études, elle fait attention à nous, c’est un peu comme un psy, on peut lui parler de tout ce qu’on a au fond de nous« , poursuivent-ils. « _Il y a beaucoup moins de bagarre depuis qu’elle est là, parce qu’_elle a su donner des conseils sur le fait qu’il ne faut pas se taper, mais plutôt discuter« , ajoutent encore deux garçons.

J’ai observé des jeux assez violents.
Marie Cotte, médiatrice

Elle, c’est donc Marie Cotte. Diplômée de médiation sociale, à 46 ans, cette ancienne assistante d’éducation au franc-parler naturel est devenue médiatrice en milieu scolaire. Elle est arrivée au collège Jean Jaurès fin mai. Et son travail a commencé par un mois d’observation. « J’ai observé des jeux assez violents, ils sont assez violents dans leurs interactions. On a l’impression que c’est naturel pour eux. Et pourquoi ils sont violents, ils ne savent pas répondre« , explique la médiatrice.

Une place particulière qui libère la parole

Elle a donc choisi d’axer son travail sur la prévention. Et sa place particulière lui a permis de gagner rapidement la confiance des élèves. « Je suis souvent dans la cour, dans les couloirs, je ne suis pas l’institution, et le fait d’être impartiale, neutre, tenue à la confidentialité, de ne pas sanctionner, cela libère la parole« , souligne Marie Cotte. Mais la confidentialité a ses limites : quand les problèmes dépassent son cadre déontologique et que l’élève est en danger, elle est tenue de répéter certaines informations.

Selon la médiatrice, son travail porte ses fruits :

Quand j’ai en médiation des élèves qui se sont battus et quand je leur explique quelle est la solution et comment on peut arriver à interagir différemment, ils comprennent. Ils ne deviennent pas forcément les meilleurs amis du monde mais ils arrivent à se respecter en sortant du bureau et ça tient. Je les amène vraiment à la réflexion, en leur demandant comment tu aurais pu agir différemment, quelle est la conséquence de ton acte maintenant, que va-t-il arriver après. Et cela les fait réfléchir. C’est beaucoup un travail de réflexion sur eux-mêmes et la solution finit par venir d’eux-mêmes.

Des établissements ciblés en fonction du climat scolaire

Aujourd’hui en France, entre 40 000 et 60 000 élèves sont concernés par ce dispositif. Des Hauts-de-France à la Guyane, en passant par Rennes, Nantes, ou la région parisienne. Un réseau chapeauté, au niveau national, par l’association France Médiation dont Laurent Giraud est le directeur. « On est _obligatoirement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans des établissements qui sont en REP+ ou en REP_, assure Laurent Giraud. Dans le développement actuel, on est aussi sur des sites qui sont en cité éducative. Les établissements sont choisis en fonction du climat scolaire et sur proposition des structures associatives. Evidemment, l’établissement doit être volontaire, sinon il n’y aura pas de projet« .

Le projet de la médiation à l’école est né de la question du climat scolaire, selon Laurent Giraud : « Quand on a commencé des expérimentations en 2012, c’était vraiment le cœur du projet. Mais aujourd’hui, si on veut sortir de cette médiation réparatrice et être sur une médiation plus éducative, je pense que la place qui va être donnée au développement des compétences psychosociales des enfants, leur redonner confiance, savoir être dans un collectif, c’est aussi important. Parce que quand vous allez travailler sur ces compétences chez l’enfant, sur les questions de respect, de citoyenneté, de confiance en soi, de fait vous travaillez sur la question du climat scolaire, des violences et du harcèlement« .

Laurent Giraud, directeur du réseau France Médiation
Laurent Giraud, directeur du réseau France Médiation Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter « Si on arrive à faire en sorte que les enfants conscientisent que l’autre peut être une source de richesse, je pense qu’on aura gagné ». Laurent Giraud

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« Si on arrive à faire en sorte que les enfants conscientisent que l’autre peut être une source de richesse, je pense qu’on aura gagné ». Laurent Giraud

Quand vous faites comprendre à un enfant qu’il peut faire du mal à un autre enfant rien que par la parole parce que la parole peut tuer, vous travaillez de manière beaucoup plus forte parce qu’il conscientise ces questions là et vous travaillez forcément sur le climat scolaire.
Laurent Giraud, France Médiation

Éviter les conflits en développant les comportements citoyens et la culture du dialogue : voilà donc le premier axe de la médiation en milieu scolaire. Gérer ces conflits quand ils naissent malgré tout, c’est l’autre volet du travail des médiateurs. Et l’intérêt de leur action, de ce côté-là, est qu’elle dépasse les murs du collège. Le médiateur n’intervient pas seulement dans la cour ou les couloirs. Il est aussi présent aux abords de l’établissement.

La médiation dépasse les murs du collège

Nous voici désormais à Bagnolet, devant le collège Travail Langevin. Un grand bâtiment de briques rouges où sont scolarisés un peu plus de 500 élèves et où l’on retrouve le médiateur, Bangaly Bamba, à l’heure de la sortie. « C’est une heure de grande affluence et mon but est d’accompagner les élèves vers le chemin qui les mène à leur domicile« , raconte celui qui préfère se faire appeler Bamba. Il essaie de faire évacuer les lieux pour éviter les attroupements qui peuvent « aboutir à des chamailleries ou des bagarres« .

Le collège Travail Langevin de Bagnolet
Le collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France

Plusieurs petits groupes se sont formés, et l’un d’entre eux attire l’œil du médiateur. Il a repéré des élèves d’un autre établissement de Bagnolet, le collège Pulitzer et notamment un adolescent connu pour être « un dur, très influent sur les autres gamins de Bagnolet« . Cela l’interpelle. « Quand il y a des élèves qui ne font pas partie du collège, j’ai tout de suite ce réflexe de comprendre pourquoi ils sont là. Parce qu’il y a des rivalités, ce ne sont pas les mêmes quartiers et ce sont des conflits de quartier qui arrivent jusqu’aux portes de l’établissement« , justifie-t-il. À juste titre. Un peu plus tard et un peu plus loin, au coin de la rue, la situation se tend.

Le médiateur peut raccompagner des élèves chez eux

Le médiateur extrait rapidement un jeune élève d’un début de bagarre et le raccompagne à l’intérieur du collège. Il le ramènera chez lui. « J’ai senti le truc, explique Bamba, cet élève allait se faire frapper, les autres allaient filmer, c’est comme ça. Donc je vais le ramener chez lui et demain, il y aura un suivi, je vais essayer de comprendre ce qui s’est passé« .

Bangaly Bamba, médiateur au collège Travail Langevin de Bagnolet
Bangaly Bamba, médiateur au collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter Bangaly Bamba surveille les abords du collège Travail Langevin de Bagnolet pour désamorcer les conflits.

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Bangaly Bamba surveille les abords du collège Travail Langevin de Bagnolet pour désamorcer les conflits.

Son sourire le quitte rarement, Bangaly Bamba. Mais quand on évoque avec lui, dans son bureau, la mort de l’adolescent poignardé aux Lilas, son visage s’assombrit. « La situation aux Lilas me désole. Ce sont des choses qui peuvent arriver dans n’importe quel collège. C’est pour ça qu’il est hyper important qu’on puisse être aux abords de l’établissement. Et quand on a ce sentiment d’avoir réussi à désamorcer une bagarre, on se dit ouf quel soulagement. Finalement, _une seule information peut amener à désamorcer un conflit qui peut amener jusqu’à la mort_« .

Un complément précieux pour l’équipe éducative

Tendre l’oreille, dans les couloirs, à la cantine, devant le collège. Écouter, surveiller. Sa situation particulière au sein du collège donne l’occasion à Bangaly Bamba d’entendre et de voir des choses qui permettent de prévenir des situations compliquées et qui parfois, échappent au reste de l’équipe éducative. Sa présence est donc la bienvenue pour la principale du collège, Mathilde Soilleux.

La place du médiateur est différente de la nôtre.
Mathilde Soilleux, principale

« Sa présence est importante, note la directrice, elle est repérée par les élèves et il apporte un complément de ce que peuvent apporter les autres personnels de l’établissement. Sa place est différente de la nôtre, on utilise son savoir-faire, sa connaissance du territoire, sa connaissance des jeunes car il a travaillé comme entraîneur sportif et comme surveillant, donc il connaît les deux côtés des élèves. Il faut qu’on travaille à bien garder cette posture privilégiée et qu’on puisse la développer et s’en servir sur le territoire. C’est pour cela qu’on le fait travailler avec le médiateur de l’autre collège de la ville. On veut qu’ils soient repérés pas tous les élèves difficiles pour pouvoir mener des actions de territoire et pouvoir limiter les risques de rixe qui sont un vrai phénomène chez nous« .

Mathilde Soilleux, principale du collège Travail Langevin de Bagnolet
Mathilde Soilleux, principale du collège Travail Langevin de Bagnolet Crédits : Rosalie LafargeRadio France
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Écouter « Le médiateur apporte un complément au travail des autres personnels de l’établissement », Mathilde Soilleux.

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« Le médiateur apporte un complément au travail des autres personnels de l’établissement », Mathilde Soilleux.

Le besoin de bâtir un cadre pour les élèves

Et Mathilde Soilleux l’assure : « On sent des effets dans l’attitude des élèves, on est tous sur le pont pour apaiser la situation, rappeler le cadre. Parce qu’on se rend compte que _ces élèves ne connaissent pas le cadre_. Ils ont un ensemble de règles qu’il tirent de leur vie familiale ou de leur vie dans la ville, mais pas tellement de la loi. Et l’idée est de leur rappeler la loi, de leur rappeler ce à quoi ils s’exposent. Mais aussi de développer leurs compétences psychosociales, de les faire réfléchir sur ce qu’ils font sans qu’ils aient la menace de la sanction. Ici, on est dans des situations sociales qui sont difficiles, précaires, tendues. Les enfants ont besoin qu’on adapte le cadre, qu’on leur explique bien les choses et qu’on prenne le temps« .

Ce qui est arrivé au jeune Kewi aux Lilas met de nouveau l’accent sur l’urgence à agir. Ce drame a d’ailleurs largement occupé la réunion hebdomadaire des médiateurs franciliens de l’association Citéo la semaine dernière. À l’issue de cette réunion, ensemble, ils ont décidé de tenter quelque chose avec les clubs de foot des différentes villes concernées, une façon de décloisonner les projets des uns et des autres.

La nécessité d’un projet partagé

« La logique de médiation est de mettre autour d’une table l’ensemble des acteurs de la vie du gamin« , met en avant Antonio Furtado, le directeur adjoint de Citéo. « Parfois, on a un mille-feuilles d’actions sur les territoires qui ne sont pas toujours partagées, coordonnées. Là, l’idée est d’avoir un jeu d’acteurs qui soit en permanence dynamique et qu’il y ait des espaces de rencontre, d’échanges et un projet partagé. Le rôle du médiateur est de favoriser cette rencontre pour co-construire des solutions. C’est collectivement qu’on aura des solutions« , assure ce professionnel de la médiation.

Les actions menées sur le territoire ne sont pas toujours coordonnées.
Antonio Furtado, Citéo

Ce partage des informations entre acteurs du terrain « permet de ne pas se tromper« , selon Antonio Furtado pour qui « _se tromper dans le diagnostic, c’est déjà pratiquement se tromper sur le projet_, et comprendre les projets des uns et des autres, c’est pouvoir proposer ou faire évoluer les actions dans le sens d’un projet global et territorial. Il ne faut pas que chacun fasse son truc dans son coin« .

Baisse de la violence, du harcèlement et de l’absentéisme

Cette approche globale, qui dépasse l’enceinte du collège, semble porter ses fruits. C’est en tout cas ce que montre une équipe de chercheurs du Laboratoire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po. Nina Guyon, chercheur à l’université nationale de Singapour, nous en livre les principaux résultats. « On a trouvé une diminution du taux de violence verbale, physique et psychologique, et du taux de harcèlement. Et on la trouve en particulier pour les enfants qui sont les plus sujets à la violence : au collège ce sont les garçons de 6e. C’est pour eux qu’on trouve la diminution de harcèlement la plus forte. La probabilité de se sentir harcelé baisse de 46% pour les garçons de 6e, donc c’est vraiment un effet très fort« .

Les effets de la présence d'un médiateur sur le harcèlement ressenti par les élèves, selon l'étude de Sciences Po.
Les effets de la présence d’un médiateur sur le harcèlement ressenti par les élèves, selon l’étude de Sciences Po. Crédits : Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques
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« La probabilité de se sentir harcelé baisse de 46% pour les garçons de 6e, donc c’est vraiment un effet très fort ». Nina Guyon

Mais ce n’est pas tout : « on trouve des effets sur l’amélioration de la relation entre la famille et l’École, il semble que ce médiateur permet de rapprocher les familles et l’École, de renforcer ce lien, et de manière vraiment intéressante. On trouve enfin une diminution de l’absentéisme à la fois pour les élèves (la proportion d’élèves qui disent sécher les cours diminue de 30%) et _on trouve aussi une très forte diminution de l’absentéisme chez les enseignants_, ce qui est assez crucial car la violence dont les enseignants souffrent du fait des problèmes sociaux dans les zones urbaines sensibles est un problème important. Le pourcentage d’enseignants absents par jour diminue drastiquement : de 52% à 18%. C’est vraiment une baisse très très forte qui, je pense, peut être un élément clé pour améliorer le climat scolaire de l’école dans les quartiers les plus difficiles« , poursuit Nina Guyon.

Les limites du modèle économique de la médiation

Les effets désirables du médiateur s’accompagnent malgré tout d’une difficulté principale : le modèle économique de la médiation à l’école.  Elle repose aujourd’hui sur des financements publics, notamment les fonds de la politique de la ville et dépend donc des choix et des orientations politiques. Et puis, les médiateurs ne sont pas payés des mille et des cents : 1 300 euros net par mois. Cela engendre un certain turnover, un certain roulement dans les effectifs. Mais il en faudrait plus pour décourager les défenseurs du dispositif.

Parmi ces défenseurs, Fadela Benrabia, préfète déléguée pour l’égalité des chances de la Seine-Saint-Denis. « Je crois beaucoup à la question de la médiation, affirme-t-elle d’emblée. Parce que je pense que dans un pays extrêmement clivé, la culture de la médiation, c’est-à-dire de l’apaisement, est quelque chose que nous devons construire. Cela veut dire qu’il faut que, chaque fois qu’on le peut, on intègre des techniques de médiation comme méthode de relation, qu’on ne laisse pas des parties qui s’opposent s’opposer durablement. Evidemment, s’agissant d’élèves, de jeunes, c’est là que nous pouvoir avoir le poids le plus important en terme de résultats« .

Dans un pays extrêmement clivé, il nous faut construire cette culture de l’apaisement.
Fadela Benrabia, préfète à l’égalité des changes

Une approche globale pour diminuer la violence sur un territoire

La médiation en milieu scolaire est un levier pour diminuer la violence sur un territoire, Fadela Benrabia en est persuadée. Mais elle est également convaincue que la médiation seule ne réglera pas tout. « _Il faut une vraie politique de prévention de la délinquance_. Il faut aussi s’attaquer aux trafics de stupéfiants qui entourent les établissements et qui sont souvent à l’origine de règlements de comptes d’une violence terrible. Il faut aussi travailler avec les familles, on peut travailler avec elles grâce aux médiations, mais pas seulement, il faut que l’institution scolaire poursuive son travail là-dessus ». 

« La médiation est un élément important pour irriguer une culture de l’apaisement et du dialogue. Mais pour y arriver, il faut qu’on soit dans des actions coordonnées, qu’on y travaille ensemble. Cet effort d’articulation des uns et des autres est absolument essentiel. Le pari aujourd’hui, c’est la bonne coordination des acteurs« , conclut la préfète déléguée à l’égalité des chances. (Extrait de franceculture.fr du 18/10/2019)

Document audio a écouter sur https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/mediateur-scolaire-deconstruire-la-violence-du-quotidien

Luxembourg : Un nouveau service de médiation au maintien, à l’inclusion et à l’intégration scolaires.


Capture.PNG123.PNGEn savoir plus sur https://portal.education.lu/mediationscolaire/A-propos

Luxembourg : 219 «médiateurs», en grande partie des élèves, ont été diplômés au Forum Geesseknappchen pour leur engagement.


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« S’engager en faveur de la médiation, à raison d’une quarantaine d’heures en plus du temps scolaire, méritait bien une petite récompense. Un diplôme et quelques secondes sous le feu des projecteurs du Forum Geesseknappchen, au lycée Aline Mayrisch. Ce jeudi soir, 219 personnes ont ainsi été honorées pour leur investissement durant l’année 2018-2019.

Sur base du volontariat, tous ces médiateurs ont appris à gérer les conflits et communiquer. Une démarche utile à tous les âges de l’école et même après. «Souvent cela crée des envies, on retrouve ces élèves plus tard dans des métiers où ils mettent en avant la médiation, instituteurs, avocats…», souligne Marette Kayser, enseignante et coordinatrice du projet «médiation entre pairs» au lycée Aline Mayrisch.

«Une formation pour la vie »

Ce projet fête ses 20 ans au niveau des lycées du pays. Mais il concerne aussi l’école fondamentale, l’école européenne et même, pour la première fois, les maisons relais. Ainsi de nombreux diplômés jeudi soir étaient des élèves parfois très jeunes, mais aussi des adultes en formation continue et leurs accompagnateurs.

Ils s’ajoutent à la longue liste des médiateurs déjà formés chaque année scolaire depuis 1999. «C’est une formation pour la vie», appuie Mme Kayser. Et c’est d’autant plus vrai face aux problèmes grandissants de harcèlement. «Certaines personnalités politiques devraient s’inspirer de la médiation», relevait pour sa part le ministre de l’Education nationale, Claude Meisch, présent jeudi soir. » (Extrait de lessentiel.lu du 17/10/2019)

En savoir plus sur http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/ils-apprennent-tres-jeunes-a-gerer-les-conflits-28643410

Médiation scolaire : les conflits se règlent par la médiation au collège de Beauce-la-Romaine (41)


["Les nouveaux médiateurs au collège"]

« Au collège de Beauce-la-Romaine, un travail est mené sur la prévention des sanctions. Des médiateurs interviennent auprès de leurs pairs en cas de conflit.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, les violences (notamment psychologiques) et les conflits entre adolescents sont devenus plus insidieux qu’ils ne l’étaient voilà quelques années. En quête de reconnaissance sur Internet, les jeunes mesurent l’affection qui leur est portée à leur popularité sur la toile, et les moqueries, les comportements de rejet s’y exercent, à l’inverse, au vu de tous. A leur arrivée au collège René-Cassin de Beauce-la-Romaine, voilà quatre ans, Sylvia Simon-Gavinet, principale, et Virginie Souverain, conseillère principale d’éducation (CPE), ont constaté que l’établissement était le théâtre de situations de harcèlement. « Tout s’y joue, expliquent-elles. Les élèves, presque tous transportés [en car], ne se voient pas forcément à l’extérieur. »
Pour les deux femmes, il s’est agi de chercher un moyen à la fois d’épauler les enfants en souffrance et d’éviter d’aboutir à des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion. L’établissement a fait intervenir l’association Médiacteurs, afin de faire naître chez les jeunes des compétences psychosociales. Dans un premier temps, la formation, à raison de dix ou onze séances de deux heures, a concerné les cinquièmes ; désormais, les sixièmes en bénéficient également. En fin de deuxième année de collège, des volontaires peuvent solliciter un apprentissage plus poussé de la médiation par les pairs, d’une durée d’une demi-journée. Ce processus, très réglementé, consiste, pour deux adolescents, à permettre à deux de leurs camarades ayant un différend d’exprimer leurs besoins, leurs émotions et d’analyser les valeurs qui, en eux, sont heurtées par le comportement de leur adversaire. L’objectif est d’aboutir à une solution – sans perdant ni gagnant, insistent Sylvia Simon-Gavinet et Virginie Souverain.
Les équipes pédagogiques ont été sensibilisées. Une initiative intéressante aux yeux de la principale, en raison de l’évolution du lien entre les enseignants et les élèves qu’elle a provoquée. Ces derniers sont, à présent, « davantage perçus dans leur globalité ». En outre, avec le concours de l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription, Philippe Bagot, qui a permis aux professeurs des écoles du secteur de bénéficier de temps, le collège a entrepris l’an passé de financer une formation pour les personnes ayant en charge des classes de CM1-CM2.
L’existence du dispositif de médiation – pour lequel une salle spécifique, équipée de fauteuils et de documentation, a été aménagée – n’a pas mis fin à l’existence de la sanction, qui s’efforce cependant d’être « pleinement comprise », après déconstruction et analyse du problème qui l’a générée, précise Sylvia Simon-Gavinet. « Parfois, la nécessité de poser un cadre » est manifeste – lorsqu’une difficulté persiste ou se reproduit, par exemple.
Diminution du nombre d’exclusions Le travail mené a néanmoins permis la réduction du nombre d’exclusions et a conduit certains élèves-médiateurs – le collège en compte actuellement près d’une trentaine – à gagner en maturité et en assurance. « Ils portent un regard différent sur la cour de récréation et investissent davantage la sphère collective », remarque l’équipe pédagogique. » (Extrait ms-settings du 24/09/2019)

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Mémoire : « LA MEDIATION PAR LES PAIRS AU SEIN D’UNE ECOLE SECONDAIRE EN BELGIQUE : Un processus à la fois curatif et préventif de gestion des conflits dans l’école », VILLEFRANCHE Emilie, Mémoire de Master 2 Justice Procès Procédure parcours Médiation, Année universitaire 2016-2017, Faculté de Droit et Science Politique, Université Lyon II, 87 p.


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INTRODUCTION

La violence est une notion des plus obscures. Il me semble assez judicieux de dire qu’elle « est ce qui m’arrive et que je perçois comme telle »1. Chacun ne perçoit pas la violence de la même manière, on parle même des « violences » au pluriel.

Le monde scolaire n’échappe pas à cette perception. En effet, la violence à l’école est un concept difficilement mesurable car les indicateurs que l’on peut utiliser sont multiples2: cela peut être les sanctions disciplinaires prononcées (colles, avertissements, renvois…), les infractions pénales (problèmes de stupéfiants, atteintes aux biens, racket…), les incivilités (nuisances, bousculades…). C’est une notion d’autant plus complexe qu’elle est empreinte de subjectivité : un élève peut être traumatisé par un regard mais voir la bagarre comme un jeu ; un chef d’établissement peut ne pas déclarer certains incidents afin de ne pas « noircir » l’image de son école…

Ainsi, même si la violence est difficilement définissable, elle est toujours constatée dans les établissements scolaires, à plus ou moins grande échelle, et est le facteur majeur des souffrances vécues par l’adulte de la communauté éducative ou l’élève. La violence fait peur car elle est synonyme de menace contre l’ordre établi, transgressant les règles élémentaires de la vie en société3. Elle est d’autant plus terrifiante qu’elle fait partie intégrante de notre nature humaine et de nos pulsions.

C’est dans ce contexte qu’intervient la thématique de gestion des conflits. Le conflit peut se définir comme une « violente opposition de sentiments, d’opinions, d’intérêts »4 : il est synonyme d’opposition, d’antagonisme, de lutte, de discorde. Le lien entre violence et conflit est d’autant plus exacerbé que les conflits sont extrêmement diversifiés : structurels, de valeurs, relationnels… Ils sont finalement inhérents à toute vie sociale et en permettent la régulation5. Face à cette diversité impliquant nombre de souffrances, chacun adopte sa propre manière de gérer les conflits : on peut le fuir ou ne pas y répondre ; on peut le régler par soi-même ou avec un pair ; on peut le reporter à son supérieur… ou faire appel à un tiers.

La médiation intervient en ce sens et ne cesse de se développer. Elle nous est tous familière car elle se pratique au quotidien. Cette « médiation des différences »6 inclut un tiers (entourage, collègues, amis, famille…) qui nous permet souvent de créer des liens alors inexistants, recréer des liens distendus, pour construire le lien social ou en combler les déficits. Pourtant, la médiation existe également sous un registre plus ciblé, celui des conflits (médiation des

1 Debarbieux, E. La violence dans la classe. ESF Editeur (Paris), coll. Sciences de l’Education, 1990, p.22.

2 Bonafé-Schmitt, J-P. La médiation scolaire par les élèves. ESF Editeur (Paris), coll. Actions Sociales / Confrontations, 2000, p.58.

3 Debarbieux, E. La violence en milieu scolaire. ESF Editeur (Paris), 1999, p.19.

4 Dictionnaire de français Larousse. Définitions : conflit [en ligne]. Disponible sur : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/conflit/18127 (consulté le 13/06/2017).

5 Reynaud, J-D. Conflit et régulation sociale : esquisse d’une théorie de la régulation conjointe. In « Revue française de sociologie », vol. 20, n°2, 1979, p. 367-376.

6 Guillaume-Hofnung, M. La médiation. Puf (Paris), coll. Que sais-je ?, 2015, p. 68.

 

(Extrait du mémoire)

Mémoire à consulter https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?Op=dC

La médiation par les pairs ou comment éviter les conflits dans les classes du Puy-de-Dôme


« Eduquer les élèves, petits et grands, à la résolution des conflits pour éviter qu’à la longue les choses ne dégénèrent, c’est tout l’objet de la médiation par les pairs. Une méthode qui fait ses preuves avec l’Aroéven et que l’Ensemble scolaire Sainte-Anne d’Orcines a expérimenté.

L’Aroéven propose depuis 2012 aux établissements de l’académie une formation à la « médiation par les pairs ». L’objectif est de permettre à des élèves qui sont en conflit de renouer la relation pour un climat apaisé dans l’établissement.

Une vingtaine d’écoles et de collèges

Une vingtaine d’écoles et de collèges ont déjà franchi le pas. Les résultats étant là et le bouche-à-oreille fonctionnant bien, l’Aroéven a reçu une dizaine de demandes pour cette nouvelle année scolaire.

À Orcines, l’école et le collège Sainte-Anne travaillent sur le climat scolaire et la bienveillance. En mai, dix-huit élèves ont été formés à la médiation par les pairs par l’Aroéven.

« Il s’agit d’éduquer les jeunes à la résolution des conflits », explique Delphine Durand qui pilote ce programme.

« Nous commençons par informer puis former les adultes de l’établissement (enseignants, secrétaires, CPE…). Puis, ils recrutent les jeunes qui veulent devenir médiateurs et nous les formons.

Les élèves en conflit doivent choisir de faire appel à la médiation

Ce ne sera pas le cas d’un problème de harcèlement par exemple car trop grave à traiter. Ensuite les jeunes médiateurs vont suivre un protocole et inviter leurs camarades à relater les faits, à exprimer leur ressenti, à écouter l’autre et à rechercher des pistes pour renouer le dialogue. Il ne s’agit pas de dire qui a tort ou raison ».

En mai, l’ensemble scolaire Sainte-Anne à Orcines a sollicité l’Aroéven pour former 18 médiateurs dans le primaire et au collège, tous volontaires.

« Nous travaillons depuis longtemps sur le climat scolaire et la bienveillance. Depuis que j’exerce, j’ai remarqué que le téléphone portable et les réseaux sociaux ont abîmé le climat scolaire et je pense que cette médiation par les pairs peut permettre de résoudre un certain nombre de conflits. Nous avons pu mettre à profit cette formation très rapidement à la demande de deux élèves et ce sont des élèves de 3e qui ont mené la médiation avec succès », explique Agnès Nollevalle. Elle réfléchit d’ailleurs à proposer quelque chose de semblable aux parents d’élèves pour les accompagner dans la résolution des conflits au sein des fratries par exemple.  » – Géraldine Messina – (Extrait de lamontagne.fr du 

En savoir plus sur https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/la-mediation-par-les-pairs-ou-comment-eviter-les-conflits-dans-les-classes-du-puy-de-dome_13624770/

Médiation scolaire : Un protocole de prise en charge dans le harcèlement scolaire est annoncé par le Ministre Blanquer


Le Parisien

« Que fait l’institution concrètement ?

La priorité est de continuer à former les professeurs et les personnels, à repérer et agir dès que des faits se font jour. Nous avons adopté le 3 juin une série de dix nouvelles mesures, qui prévoient entre autres de développer les techniques de médiation entre pairs et de systématiser la formation des élèves sur la prévention du harcèlement. Nous avons aussi prévu d’augmenter les plages horaires du numéro « net écoute », 0800 200 000, dédié aux questions de cyberharcèlement. » (Extait de msn.com/fr du 2/07/2019)

En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/harc%c3%a8lement-scolaire-%c2%abun-protocole-de-prise-en-charge-est-obligatoire%c2%bb-annonce-blanquer/ar-AADL8Sj

Médiation scolaire : Les élèves sont les médiateurs de conflits au collège Fixary de Liffol-Le-Grand


Les élèves sont les médiateurs de conflits au collège Fixary

« Catherine Henry, médiatrice familiale Adali Vosges et Édith Martin, CPE au collège, ont proposé à 33 élèves de 6e et de 5e des séances de médiation pour être à même de gérer les conflits entre élèves au sein de l’établissement. Une approche responsabilisante de l’éducation à la citoyenneté. » (Extrait de vosgesmatin.fr du 20/06/2019)

En savoir plus sur https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-la-plaine/2019/06/20/les-eleves-sont-les-mediateurs-de-conflits-au-college-fixary

Médiation scolaire : A Colombes, des « petits médiateurs » pour régler les conflits à l’école


Le Parisien: Colombes, école Victor-Hugo, ce lundi. Formée pendant 25 heures, une nouvelle promotion de « petits médiateurs » va pouvoir œuvrer à la résolution des conflits de leurs camarades en cour de récréation.

« On est dans la cour de récré, deux enfants vont être en conflit, on observe la situation », introduit Chrystelle Cambon, l’enseignante de CM2. « Ô, elle est amoureuse de Gudule ! » entame Eugène devant Ombeline, qui mime la colère devant la trahison de son secret. Et les deux enfants d’aller trouver Noah et Inass pour une simulation de médiation.

Depuis plusieurs années, l’école Victor-Hugo de Colombes a mis en place des « petits médiateurs ». Mini chasuble jaune fluo sur le dos, deux élèves sont désignés à chaque récréation pour aider leurs camarades à régler leurs différends. Ce lundi midi, tous les médiateurs se retrouvaient pour faire le point au cours d’un « pique-nique mensuel de régulation ».

Ils sont une cinquantaine, filles et garçons, du CP au CM2. Le rendez-vous de cette semaine est d’autant plus important que les nouveaux petits médiateurs de CP et CE1, fraîchement diplômés, s’apprêtent à se lancer à la récréation. En binôme avec un ancien pendant deux semaines, puis en autonomie dès la rentrée de septembre.

« On leur demande s’ils ont une solution à proposer et s’ils l’acceptent tous les deux, c’est une bonne médiation »

« Avez-vous effectué des médiations depuis que l’on s’est vus ? » interroge Marie Boyer, professeur de CP. « J’ai eu deux amies. L’une boudait l’autre sans qu’elle sache pourquoi. Elles ont parlé et ça s’est réglé », raconte Feroudja, en CE2. « Que se passe-t-il si un médiateur perd son sang-froid pendant une médiation ? » interroge l’une de nouvelles. « Vous avez le droit d’avoir des conflits, vous n’êtes pas des super-héros », relativise Chrystelle Cambon.

Les enfants ont été formés pendant 25 séances d’une heure, le mardi soir après l’école. « On doit essayer de se mettre à leur place et comprendre leurs émotions : la colère, la tristesse », se rappelle Aboubacar, en CE2. « La joie et la peur aussi », complète Joffrey Tisseron, le troisième enseignant qui accompagne les petits médiateurs. « On leur demande s’ils ont une solution à proposer et s’ils l’acceptent tous les deux, c’est une bonne médiation », conclut Noah, jeune recrue de CP.

Devant leurs camarades médiateurs, Ombeline et Eugène (en bleu) simulent une situation de conflit que tentent de dénouer Noah et Inass (en chasuble jaune). LP/A.D.

Selon les professeurs, la médiation a clairement fait baisser la violence à l’école Victor-Hugo. « Ça marche tellement bien que les médiateurs n’ont plus beaucoup de travail dans la cour, sourit Marie Boyer. Ce n’est pas grave, ils ont droit de jouer avec leurs copains du moment qu’ils portent le gilet et sont disponibles en cas de problème. »

« La médiation par ses pairs facilite le dialogue »

L’initiative est née « une année où nous avions constaté beaucoup de conflits dans les cours, se souvient Marie Boyer. Avec une collègue aujourd’hui à la retraite, nous avons été formées par l’association Médiacteurs. Nous avions dans l’idée de transmettre la médiation aux enfants. » Joffrey Tisseron constate : « La médiation par ses pairs facilite le dialogue. Et les enfants vont voir d’autres enfants pour des conflits qu’ils ne confieraient pas aux adultes. »

Chaque année, une nouvelle promo de médiateurs est formée. « Pendant la semaine de la médiation fin septembre, nous sensibilisons toutes les classes à leur rôle, explique Kamel Essaied, le directeur. Et les élèves intéressés peuvent postuler. » -A. DABOVAL (Extrait de .msn.com/fr-fr du 17/06/2019)

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Audio : « Harcèlement scolaire : des élèves médiateurs pour « faire régner la paix » dans les cours de récré » par Adrien Bossard et Alexis Morel (France Info)


Le harcèlement scolaire touche un enfant sur dix en France.

Alors que le ministre de l’Éducation nationale doit récompenser toutes les initiatives permettant de lutter contre le harcèlement scolaire, lundi, franceinfo est allé à la rencontre d’élèves médiateurs en CM1 dans une école de Saint-Ouen.

À chaque récréation, dans cette école de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, deux élèves enfilent un dossard jaune. Ils sont les médiateurs du jour et miment une altercation entre deux écoliers. « J’étais devant la classe et Thomas m’a poussé », explique le premier au deuxième. Petits conflits ou grosses humiliations, voilà ce que doivent gérer les médiateurs, des élèves portés volontaires pour améliorer les relations entre camarades. Leur rôle a été créé de toutes pièces dans certains établissements en France pour lutter contre les tensions scolaires, et notamment le harcèlement, qui touche aujourd’hui un enfant sur dix.

Les élèves ont tendance à parler beaucoup plus franchement avec nous qu’avec les professeurs parce qu’on ne peut pas les punir. Ça apaise les choses.Mona et Carlinen, élèves médiateursà franceinfo

Parmi la trentaine de médiateurs dans l’école de Saint-Ouen, Léo, en classe de CM1, s’est immédiatement porté volontaire « pour faire régner la paix dans l’école, parce qu’avant il y a plein de conflits. Et moi, je n’aimais pas ça, parce qu’on ne pouvait pas jouer tranquillement. »

Comme Léo, Mona et Carlinen ont reçu une formation bien précise de « médiation par les pairs », avec une règle principale : susciter et encourager la discussion pour apaiser les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. « S’il y a un conflit, des gens viennent nous voir et on leur propose une médiation. En quelque sorte, on les aide à trouver une solution, explique les deux jeunes filles. Nous ne sommes pas des policiers, des avocats ou des  juges. Donc, on ne va pas être dans le jugement, ni punir des élèves. »

Des confidences à révéler, ensuite, aux adultes

Si ces élèves médiateurs sont aussi utiles contre les intimidations et le harcèlement, c’est que rien ne leur échappe dans la cour de récréation. « Les adultes vont toujours se poser des questions, de savoir si on a bien les critères du harcèlement scolaire, estime Natacha Dumay, enseignante et coordinatrice du dispositif. Un enfant, il ne va réagir comme ça. Il va y aller, il va voir qu’un autre élève est triste dans un coin de la cour, il va aller lui parler. » Les médiateurs ont un impératif : ne pas garder les confidences de leurs camarades pour eux. Ils doivent en parler systématiquement à un adulte. Jean-Michel Blanquer récompensera les meilleures initiatives à l’occasion de la remise du prix « Non au Harcèlement » lundi 3 juin. (Extrait de francetvinfo.fr du 03/06/2019)

Document audio à consulter sur https://www.francetvinfo.fr/societe/education/harcelement-a-l-ecole/harcelement-scolaire-des-eleves-mediateurs-efficaces-pour-faire-regner-la-paix-dans-l-ecole_3471647.html

 

Médiation scolaire : Des élèves formés pour des « récrés » sereines à Saint-Lô.


À travers de petits jeux de rôles animés par une délégation du collège Lavalley, sept élèves de l’école des Palliers ont découvert la fonction de « médiateur ».

« Depuis trois ans, au collège Georges-Lavalley de Saint-Lô (Manche), des élèves « médiateurs » sont chargés de désamorcer les petits conflits. Cette expérience est désormais lancée à l’école des Palliers.

À l’école des Palliers, la récréation vient de se terminer. Alors que les autres élèves retournent étudier le français, les mathématiques ou l’histoire, Eduard (CM1), Mariam et Côme (CE2), et des grands de CM2, Zéphir, Basile, Flore et Enkhtsetseg, quittent leurs camarades de classe. D’ici peu, ces sept enfants

 deviendront des « médiateurs »chargés de gérer les petits conflits de la cour de récréation. Vendredi 10 mai 2019, ils s’entraînent, grâce à des saynètes plutôt réalistes.

Mathilde Mimouni, élève de 5au collège Georges-Lavalley et médiatrice dans son propre établissement, soumet des situations aux écoliers qui les interprètent avec l’aide de la jeune fille, de Simon Bonvoisin, médiateur en 3e, de Virginie Guillou, conseillère principale d’éducation à Lavalley, et Guillaume Peigné, principal-adjoint.

Insulte, enfant exclu d’un jeu… Il s’agit de « trouver des solutions » à des crises mineures. « Attention, quand des élèves se renvoient la balle comme ça pendant l’entretien, c’est à vous, médiateurs, de prendre la main. » Pas question de laisser le plus grand, le plus fort, monopoliser la parole. « Le médiateur est neutre. Chacun doit pouvoir s’exprimer » insiste Guillaume Peigné. « Il faut aussi montrer qu’on a confiance en ce qu’on dit, diriger la médiation », ajoute Mathilde Mimouni. À la fin de la séquence, après « des excuses sincères » , un compromis est trouvé, le problème est réglé en douceur.

« Grâce à eux, le climat au collège est serein »

« On s’est rendu compte que les enfants sont capables de gérer certains conflits », remarque Bénédicte Renaud, enseignante des CM1-CM2. L’école des Palliers proposait déjà aux écoliers « de s’expliquer entre eux » . La médiation, c’est une nouvelle étape. Pour la mettre en place, l’école a pris contact avec le collège Lavalley, où elle a fait ses preuves depuis qu’elle a été lancée il y a trois ans.

À travers de petits jeux de rôles animés par une délégation du collège Lavalley, sept élèves de l’école des Palliers ont découvert la fonction de médiateur. | OUEST-FRANCE

Neuf élèves, de la 5e à la 3e, assument cette fonction. Ils font partie du conseil de la vie collégienne et disposent d’une « salle de médiation », qu’ils ont aménagée eux-mêmes et dans laquelle ils reçoivent leurs camarades. « C’est souvent sur le temps du midi. Et jamais à chaud. On attend que la tension soit un peu retombée pour voir les élèves » , précise Simon Bonvoisin. « Grâce à eux, on arrive à désamorcer les petites difficultés. Le climat au collège est très serein », se félicite Virginie Guillou, qui est en contact étroit avec l’équipe de médiateurs. En cas de situation plus grave, les collégiens passent le relais aux adultes de l’établissement.

Le mois prochain, la délégation du collège retournera aux Palliers « pour échanger sur les premiers conflits » gérés par les jeunes « médiateurs » et leurs difficultés éventuelles. Et en septembre, Zéphir, Basile, Flore et Enkhtsetseg devraient poursuivre la médiation, cette fois au sein du collège Lavalley. » – E. Micehl –  (Extrait de ouest-france.fr du 10/05/2019)

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