COMMISSION EUROPÉENNE : rapport sur l’application de la directive 2008/528/CE du Parlement européen et du Conseil sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale


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« La directive 2008/52/CE sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale 1 , y compris dans le domaine du droit de la famille, vise à faciliter l’accès à des modes alternatifs de règlement des litiges et à favoriser le règlement amiable des litiges en encourageant le recours à la médiation et en veillant à maintenir un rapport équilibré entre médiation et procédures judiciaires. La directive, qui s’applique aux litiges transfrontières relevant du droit civil et du droit commercial, devait être transposée en droit interne au plus tard le 21 mai 2011. La présente évaluation de l’application de la directive est réalisée conformément à l’article 11 de la directive.

L’objectif de garantir un meilleur accès à la justice, qui fait partie de la politique de l’Union européenne visant à instituer un espace de liberté, de sécurité et de justice, comprend l’accès aux modes de règlement des litiges tant judiciaires qu’extrajudiciaires. La médiation permet un règlement extrajudiciaire rapide et peu coûteux des litiges relevant des droits civil et commercial grâce à des procédures adaptées aux besoins des parties. La probabilité est plus grande que les parties respectent volontairement les accords issus de la médiation. Ces avantages sont encore plus patents dans les situations transfrontières.

Si la médiation est généralement fructueuse dans les affaires civiles et commerciales, il convient de souligner son importance particulière dans le domaine du droit de la famille. La médiation peut instaurer un climat constructif, propice à la discussion, et favoriser des échanges équilibrés entre parents. En outre, les solutions à l’amiable sont susceptibles d’être durables et peuvent porter non seulement sur la résidence principale de l’enfant, mais aussi sur les accords concernant les visites ou l’entretien de l’enfant.

1.2.Contexte

La directive a été la première mesure visant à encourager la médiation de façon générale dans les litiges civils et commerciaux. À la suite de l’adoption de la directive, d’autres initiatives ayant trait à la médiation ont été menées au niveau de l’UE:

•   depuis 2012, l’amélioration de la qualité, de l’indépendance et de l’efficience des systèmes judiciaires est un thème central du Semestre européen. Le tableau de bord de la justice dans l’UE, qui est une source de données pour le Semestre européen, aide les États membres à améliorer l’efficacité de leurs systèmes judiciaires. Le tableau de bord contient également des données sur les activités entreprises par les États membres pour promouvoir le recours volontaire à des modes alternatifs de règlement des litiges. La Commission encourage la collecte et l’échange d’informations relatives aux pratiques et méthodes visant à promouvoir le recours volontaire aux modes alternatifs de règlement des litiges. La promotion de ces modes de règlement comprend la publicité sur mesure (brochures, séances d’information), la collecte et la publication de données et l’évaluation de l’efficacité des modes alternatifs de règlement des litiges et de la disponibilité de l’aide juridictionnelle pour ces modes de règlement 2 ;

•   dans le cadre du réseau judiciaire européen en matière civile et commerciale, un groupe de travail a formulé un ensemble de recommandations destinées à accroître le recours à la médiation familiale dans un contexte transfrontière, notamment dans les affaires d’enlèvement d’enfant. Une section distincte consacrée à la médiation transfrontière 3 dans les affaires familiales a été créée sur le portail européen e-Justice pour fournir des informations sur les systèmes nationaux de médiation;

•   en outre, par son programme «Justice» 4 , la Commission cofinance divers projets ayant trait à la promotion de la médiation et de la formation des juges et des praticiens du droit;

•   enfin, la directive 2013/11/UE relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation (la «directive relative au RELC) 5 et le règlement (UE) n° 524/2013 relatif au règlement en ligne des litiges de consommation (le «règlement RLLC») 6 veillent à ce que les consommateurs puissent s’adresser à des entités de règlement extrajudiciaire des litiges de bonne qualité pour tout type de litiges contractuels avec des professionnels et mettent en place une plateforme en ligne à l’échelle de l’UE pour les litiges de consommation qui surviennent à la suite de transactions en ligne avec des professionnels ( www.ec.europa.eu/odr ). (Extrait de eur-lex.europa.eu )

En savoir plus sur http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52016DC0542&from=IT

Rappel : Le forum ouvert de Médiation 21 : trouvons notre voix commune ! Jeudi 15 septembre, de 9 h à 18 h, Salle des Colonnes à Bourg la Reine (92)


le logo de Médiation 21

 

 

« Alors que s’ouvrent au Sénat les débats sur le projet de loi Justice 21, c’est le moment pour le monde de la médiation de parler d’une seule et même voix.  C’est pourquoi, 12 structures se sont regroupées sous le vocable de « Médiation 21 ». Le 15 septembre prochain, de 9 h à 17 h, un forum ouvert permettra à la grande famille de la médiation et ses grands témoins de co-rédiger les propositions pour contribuer significativement au projet de loi.

« Apporter notre pierre à l’édifice d’un meilleur dialogue, rapprocher les points de vue pour co-créer les conditions d’une médiation d’excellence au service des citoyens ! » Lance Didier Morfoisse, le tout nouveau président de l’Association nationale des médiateurs et le porte-parole de « Médiation 21 »

Car, la médiation offre non seulement un moyen essentiel de prévenir et de résoudre les conflits de la société contemporaine par voie amiable, mais aussi de définir ensemble des solutions durables.

C’est pourquoi le législateur, européen, national, en a pris conscience et a souhaité s’assurer de l’excellence des prestations de médiation offertes aux citoyens dans le cadre des différents Modes Alternatifs de Résolution des Conflits (MARC).

Un secteur en pleine mutation

Le secteur de la médiation représente plus de 4000 médiateurs, actifs dans près d’une soixantaine de structures (associations, plateformes & groupements).  La famille de la médiation est diverse et touche à de très nombreux domaines. C’est pourquoi, les médiateurs souhaitent aujourd’hui parler d’une voix commune pour accroître leur influence sur le projet législatif et réglementaire « Justice du 21ème siècle », en cours de finalisation. Les débats s’ouvrent en effet au Sénat le 25 septembre prochain.

Médiation 21,  le Forum ouvert pour accueillir la parole des praticiens et du public

Partir du terrain et co-construire un recueil des pratiques en s’appuyant sur la démocratie participative, tel est le fondement de ce forum ouvert.

Le principe

Le forum ouvert est conçu comme un processus permettant à des groupes de se réunir afin de créer une dynamique de réflexion profonde sur des questions simples ou complexes » (Extrait de mp-c.eu )

En savoir plus sur http://mp-c.eu/agence/forum-ouvert-de-mediation21/

Emploi : Médiateur adulte relais H/F à VAUVERT, 30 Gard , Languedoc Roussillon


Offre d'emploi

« Le médiateur est chargé des missions suivantes : – Assurer des permanences d’accès aux droits tous les matins : accueillir, informer et orienter les habitants vers les services compétents, transmettre les doléances des habitants aux institutions concernées (bailleurs, CAF, mairie), exercer la fonction d’écrivain public (lire, traduire, écrire) – Favoriser l’accès aux soins et à des activités physiques et sportives contribuant à une meilleure santé (dispositif en cours d’élaboration) : assurer le 1er accueil, accompagner les personnes non autonomes vers des relais ou à des points de rendez-vous, participer à la construction d’outils de pratique autonome d’activités physiques (repérage minuté de parcours de marche, relevés topographiques, édition d’un guide), participer à la préparation du dispositif et au suivi des bénéficiaires. Expérience souhaitée dans le domaine de l’action éducative, sociale, sanitaire, ou sportive. *** Vérifiez votre éligibilité au contrat Adulte Relais*** » (Extrait de 1taf.com)

En savoir plus sur http://www.1taf.com/annonce/offre-emploi-cdd/mediateur-adulte-relais-h-f/gard-30/AN1647911

Emploi : Médiateur de ville H/F à YZEURE, 03 Allier , Auvergne


Offre d'emploi

« Dans le cadre d’un contrat Civique, vous serez en charge de: *La rédaction de documents de synthèse sur les ateliers existants. *L’élaboration, mise en place et apprentissage de documents pour les expositions et ateliers. *La consultation, compréhension et apprentissage de documents pour les expositions et ateliers. *L’élaboration et tenue de visites guidées sur les expositions. *Le développement de la partie scientifique. *L’accueil et les permanences sur les expositions. » (Extrait de 1taf.com )

En savoir plus sur http://www.1taf.com/annonce/offre-emploi-cdd/mediateur-de-ville-h-f/allier-03/AN1653009

Consommation : JHUMANISE, un nouveau site à Lyon pour le règlement des litiges de la consommation


les tarifs de lauvikom, agence de médiation à Lyon

« JHUMANISE est d’abord un nom. Celui d’une nouvelle application, ou disons plus justement d’une interface, que « Lyon médiation » propose depuis 15 jours sur son site. Pour permettre aux acteurs de la consommation de régler leurs litiges… sur internet ! 

JHUMANISE, c’est donc un nom, mais aussi un nouveau service d’une entreprise lyonnaise. Visant à répondre à une nouvelle loi qui dispose que « tout consommateur a le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en vue de la résolution amiable du litige qui l’oppose à un professionnel ». Et qui impose à ces professionnels de « [garantir] au consommateur le recours effectif à un dispositif de médiation de la consommation »

JHUMANISE, c’est donc un nom, un service, mais aussi tout un symbole.  » (Extrait de lauvikom.fr)

En savoir plus sur http://lauvikom.fr/index.php/2016/03/06/jhumanise-application-mediation-consommation-thierry-kiefer/

 

Médiateur de l’info de France 2 : la décision de repousser la diffusion du magazine « Envoyé Spécial » consacré à l’affaire Bygmalion provoque de très nombreuses réactions indignées.


 » Il est intolérable que la télévision publique (financée par les contribuables) puisse faire l’objet d’un chantage de la part d’un homme politique quel qu’il soit «  écrit Francis J alors qu’Erik T. précise « Je suis scandalisé que (…) Mr Sarkozy et ses proches, fassent pression sur des journalistes pour empêcher la diffusion d’un reportage d’information ». « Les journalistes sont libres et on ne peut mettre en doute leur éthique surtout celle de Mme Elise Lucet (…) La télévision publique ne doit pas être un outil de la propagande des hommes politiques quels qu’ils soient et on doit pouvoir tout montrer, leurs travers, fautes incohérence, réussite, etc…. incluses. Il s’agit de l’honneur du service public de résister à ce genre de menaces stériles, inopportunes et contraire à la démocratie. Si tel n’était pas le cas, nous en tirerions les conséquences en appelant nos concitoyens au boycot de la redevance » ajoute Francis J.  Edith D. considère que « c’est le rôle d’une chaîne du service public de réaliser une telle enquête. (…) Merci de ne pas faire le tri à notre place et de diffuser ce reportage dans sa version intégrale. Vous remerciant de bien vouloir accéder ma demande ».

Michel Field, le directeur de l’information de FranceTélévisions, « dément formellement »  toute intervention de Nicolas Sarkozy ou de son entourage. Mais, ajoute-t-il, diffuser un sujet au moment où la primaire des Républicains bat son plein fait courir le risque d’instrumentaliser France Télévisions.  France Télévisions a par ailleurs décidé, avec l’accord d’Elise Lucet, de diffuser au JT de France 2 jeudi des extraits d’une interview de Franck Attal, un ex-dirigeant de Bygmalion et témoin clé de l’enquête d’Envoyé Spécial.  Le directeur de l’information ajoute que « la sortie de l’enquête sera commandée par l’actualité, on ne s’interdit rien ».  (Extrait de blog.francetvinfo.fr du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://blog.francetvinfo.fr/mediateur-info-france-2/2016/09/08/bygmalion.html

Note du 10 août 2016 relative à la mission des conciliateurs de justice en matière de médiation-consommation (BOMJ n°2016-08 du 31 août 2016)


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« Il convient de souligner que si les conciliateurs sont nommés par l’autorité judiciaire, ils exercent d’une manière autonome leur mission extrajudiciaire. Le nouveau dispositif de médiation de la consommation, issu de la directive européenne, s’inscrit dans les missions extrajudiciaires des conciliateurs, la France ayant choisi la gratuité pour le consommateur dans ce domaine juridique (cf. article R.152-1 du code de la consommation). En effet, le RELC impose aux professionnels de proposer aux consommateurs un mécanisme gratuit ou à faible coût pour régler leur différend, les consommateurs restant libres d’y recourir ou non.

« Il est à noter que la directive ne mentionne pas expressément la qualité de conciliateurs de justice pour remplir cette mission de résolution de justice mais fait usage du terme « entité » pour ne pas restreindre l’organe institutionnel susceptible d’intervenir entre les parties.

L’absence de mention des conciliateurs dans l’ordonnance du 20 août 2015 s’inscrit dans la même perspective. Dès lors, le conciliateur de justice a pleine vocation à remplir personnellement cette nouvelle mission au titre du bénévolat, la gratuité du dispositif permettant notamment de justifier de son intervention étant précisé que les conciliateurs de justice connaissent déjà, dans le cadre d’une conciliation extrajudiciaire, de litiges relevant du droit de la consommation. Il convient de constater la différence de statut entre les conciliateurs de justice et les « médiateurs d’entreprise », ces derniers facturant en effet leurs prestations aux professionnels des secteurs considérés, alors que les conciliateurs proposent bénévolement leur service. Cette différence de statut existe déjà pour les contentieux relevant des tribunaux de commerce sans qu’elle ne pose de difficultés car la conciliation et la médiation à titre onéreux ne visent pas les mêmes publics et les mêmes litiges. Le nouveau texte est dès lors compatible avec les missions des conciliateurs de justice.

L’homogénéisation des pratiques sur l’ensemble du territoire est nécessaire pour assurer le succès du nouveau dispositif et renforcer de manière équitable la confiance des consommateurs, en tenant compte des droits des parties. Les expertises juridiques des directions du ministère de la justice et de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont également conclu à l’absence d’incompatibilité entre le statut de conciliateur de justice et le dispositif mis en place par l’ordonnance de 2015.

En conséquence, il n’existe aucun obstacle juridique pour un conciliateur de justice de présenter sa candidature à la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation instituée par l’ordonnance précitée, celui-ci pouvant intervenir en qualité de médiateur dans le règlement extrajudiciaire des litiges liés au droit de la consommation. » (Extrait textes.justice.gouv.fr du 31/08/2016)

En savoir plus sur http://www.textes.justice.gouv.fr/art_pix/JUSB1623065N.pdf

Emploi : Responsable proximité – médiateur (f/h)


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« Poste

Acteur de terrain, le responsable de proximité coordonne l’équipe des gardiens d’immeuble. Il aide à désamorcer et résoudre les divers conflits sur l’ensemble de nos immeubles.

Sous la responsable du responsable de la Gestion locative, vous devrez :
->assurer le suivi des locataires :
.développer et animer la relation de proximité avec les locataires
– se positionner en référent dans les situations difficiles relatives aux locataires
– prendre en charge les conflits et troubles de voisinage dans le respect des procédures en faisant respecter les clauses du contrat de bail
– assurer le tri, traitement et suivi des réclamations des locataires
– apporter au service gestion locative toutes les informations nécessaires à l’optimisation de leur gestion.
– travailler en étroite collaboration avec les équipes techniques du Patrimoine permettant l’optimisation de leur gestion.
– assurer l’interface et le suivi auprès des partenaires extérieurs (associations, police etc…)

*Manager les équipes de proximité :
– Encadrer, coordonner et répartir l’activité de son équipe en accompagnant les gardiens d’immeubles au quotidien.
– animer et former l’équipe des gardiens d’immeubles
– animer les réunions du service Proximité
– garantir la bonne diffusion de l’information en interne et vers l’extérieur
– veiller au respect des objectifs et missions confiées
– effectuer un reporting régulier de son activité au responsable.

Poste à temps plein avec des périodes d’astreintes.

Profil
Vous devez être titulaire d’un Bac+2 et avoir au moins 6 mois d’expérience sur un poste similaire.

Profil souhaité:
Vous faites preuve d’une réelle capacité de communication avec un grand sens de l’écoute.
Vous êtes autonome, organisé, disponible. » (Extrait de directemploi.com )

En savoir plus sur http://www.directemploi.com/offre/3345566/responsable-proximite-mediateur-f-h

Gabon (suite) : Le ministre gabonais des Affaires étrangères a annoncé un report « sine die » de la mission de l’Union africaine (UA)


« Le ministre gabonais des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze-Ngondet, a par ailleurs annoncé un report « sine die » de la mission de l’Union africaine (UA). L’UA avait annoncé lundi qu’elle était prête à envoyer une délégation de chefs d’État au Gabon où l’annonce de la réélection d’Ali Bongo a provoqué des violences et des arrestations par centaines. « Cette mission a été reportée sine die pour des raisons de calendrier », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse à Libreville. « Il n’y a pas péril en la demeure, ni de situation sécuritaire ou humanitaire explosive qui justifierait une intervention plus ou moins musclée de la communauté internationale », a-t-il estimé. » (Extrait de france24.com du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://www.france24.com/fr/20160908-gabon-mediation-union-africaine-reportee-sine-die-nouvel-ordre-ping-bongo

« Oui, les auditeurs sont écoutés… » la réponse du médiatieur de Radio France à l’article d’ACRIMED (suite)


studio France Info/lettre du Médiateur

« Attaqué par un site qui se veut « observatoire des médias », relayé par le réseau Twitter, un article publié sur internet met en cause l’impartialité du médiateur des antennes de Radio France. Un article totalement à charge se fondant sur trois exemples précis… Réponse du médiateur.

Revenons tout d’abord sur le rôle du médiateur que j’aurais été heureux d’expliquer à l’auteure de l’article me mettant en cause. Le médiateur est un intermédiaire entre les auditeurs d’un côté et les journalistes, producteurs et responsables des chaînes de l’autre. S’appuyant sur son expérience, sur les principes d’éthique et de déontologie, sur l’esprit Radio France, il fait la part des choses dans les plus de 2 000 messages qu’il reçoit chaque mois, tous lus et traités selon leur contenu.

Remarques transmises dans les chaînes

Nombre de ces messages comportent des remarques constructives et pertinentes que nous adressons aux responsables des antennes ; beaucoup de remarques ont été notamment prises en compte dans les changements concernant les grilles de rentrée.
Des points précis sont également signalés : des erreurs d’interprétation, des manquements à certains principes journalistiques, des fautes de français ou de vocabulaires… Les auditeurs des chaînes de Radio France sont suffisamment vigilants pour que la moindre petite erreur ou imprécision me soit signalée ; l’intéressé est immédiatement prévenu afin d’éviter de réitérer une faute.
Je rédige une lettre hebdomadaire à destination de tous les responsables d’antenne et de rédaction, faisant une synthèse des remarques, des propositions et des critiques des auditeurs. Donc, difficile de considérer que le médiateur ne tient pas compte des remarques qui lui sont adressées. Exemple dans les prochaines « Infos du médiateur » de vendredi : les critiques adressées à la première de « Questions politiques » sur France Inter et franceinfo : (télé), un très mauvais titre dans un journal de 13 titres (qui a – je le comprends – choqué), les noms des invités non rappelés au cours d’une émission (on ignore qui parle si on a pris la radio en cours de route), des erreurs de vocabulaire ou d’expression, etc.

Beaucoup d’auditeurs écrivent également pour réclamer la tête de tel animateur ou tel journaliste. Ou pour demander la suppression d’une émission qu’ils n’apprécient pas. Or, la radio n’est pas faite pour une personne, mais pour un ensemble d’auditeurs qui, par essence, n’aiment pas tous la même chose ; il en faut donc pour chacun, avec un peu de… tolérance. Là, évidemment, je ne peux pas prendre le parti des auditeurs, sauf quand un chroniqueur semble faire l’unanimité contre lui et qu’il nuit au bon déroulé d’une émission ; je fais part à la direction des remarques judicieuses et, ensuite, le directeur décide.

Expliquer nos fonctionnements

Enfin, bien souvent, des critiques sont infondées ou militantes ou liées à une méconnaissance de nos fonctionnements. Et là, le rôle du médiateur est d’expliquer ou de faire expliquer par un professionnel de la radio ou un expert extérieur. Dans le cas du compteur Linky, il était normal de remettre la polémique dans un contexte de vérité et de tordre le cou aux thèses complotistes. Et surtout de ne pas laisser se développer cette thèse absurde que les journalistes étaient « payés » par ERDF. Un simple exemple : on accusait les journalistes de cacher les dangers des ondes électromagnétiques. Or, ce compteur n’émet pas plus d’ondes que n’importe quel câble électrique de nos appartements et des dizaines de fois moins qu’un téléphone portable, un micro-ondes ou un aspirateur…

A propos des « oreilles militantes » des auditeurs, ce n’est pas faire preuve de mépris à leur égard que de dire que l’écoute est très souvent conditionnée à ses propres opinions. Il suffit même de « s’auto-analyser ». Si vous votez à gauche, il y aura bien un moment où vous aurez l’impression de n’entendre que Sarkozy à l’antenne, de ne jamais avoir de papier sur la gauche et de n’écouter que des humoristes anti-Hollande… Et inversement si vous votez à droite. Or, c’est faux ; les antennes recherchent en permanence un équilibre (contrôlé par le CSA pour la politique). Le meilleur exemple vécu par tous les médias (et dans tous les pays… démocratiques) reste le conflit israélo-palestinien ; les Sionistes nous accusent en permanence de ne diffuser que des reportages ou des papiers favorables aux Palestiniens et les pro-Palestiniens nous accusent de faire la part belle aux Israéliens. Or, là aussi, nos rédactions donnent la parole à chacun. En fait, nous écoutons la plupart du temps avec le prisme de nos opinions, en manquant singulièrement d’objectivité et de recul. Et c’est aussi le rôle du médiateur de le rappeler. » (Extrait de mediateur.radiofrance.fr du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://mediateur.radiofrance.fr/infos/oui-auditeurs-ecoutes/

article : « Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France » par Sarah Bourdaire publié dans ACRIMED


Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France

« Pour prendre en compte les réactions de leurs lecteurs, spectateurs et auditeurs, nombre de médias mettent en place divers canaux d’expression, parmi lesquels « le médiateur ». Comme son nom l’indique, celui-ci est censé recueillir en toute impartialité les réactions et critiques du public, solliciter les explications des journalistes et in fine instaurer un (semblant de) dialogue avec les rédactions.

Sur les antennes de Radio France, on compte ainsi pas moins de trois « Rendez-vous » avec le médiateur, Bruno Denaes, qui intervient chaque semaine sur France Info, tous les 15 jours sur France Culture, et une fois par mois sur France Inter. Un médiateur qui semble donc particulièrement sollicité – ce qui se conçoit aisément sur le service public –, mais qui semble parfois avoir une curieuse conception de sa mission.

À de multiples reprises ces derniers mois, et sur les sujets les plus divers (compteurs électriques Linky, mobilisations contre la loi travail, terrorisme, Brexit), Bruno Denaes s’est livré à une critique en règle des auditeurs eux-mêmes, évacuant de ce fait toute critique à l’égard du travail des journalistes [1].

1. Haro sur les auditeurs « irrationnels » et « complotistes »

Sur le site de Radio France, c’est en ces termes que le rôle du médiateur est résumé : « Le poste de médiateur a été créé pour offrir aux auditeurs/internautes de Radio France la possibilité de se référer à une instance impartiale ».

Une impartialité que les auditeurs de France Inter ont pu apprécier dans le « rendez-vous » du 22 avril, finement intitulée « Linky le compteur qui rend fou »… La présentation de l’émission sur le site de France interrésume bien l’état d’esprit du médiateur et des journalistes présents :

Une présentation dont l’impartialité saute aux yeux et que Bruno Denaes reprendra mot pour mot à l’antenne :

– Sonia Devillers (s’adressant au médiateur) : « Vous vouliez pour commencer interroger Bruno Duvic avec les questions de Mélanie. »
– Bruno Denaes : « Exactement, Mélanie et puis quelques autres militants qu’on peut considérer peut-être un peu aveuglés par leur combat, qui demandent : “Comment… combien avez-vous été payé par ERDF pour faire votre émission et la promo de ce compteur ?” »

Après avoir sélectionné et mis en exergue les critiques outrancières de quelques auditeurs, les journalistes, encouragées sur cette voie par le médiateur, ramènent celles des autres à des peurs irrationnelles ou à du complotisme. Ce sont d’abord les réseaux sociaux, et singulièrement Youtube, qui sont mis en cause :

– Sonia Devillers : « Alors pour que tout le monde comprenne bien, il faut aussi savoir que derrière il y a les réseaux sociaux, qu’il y a le web, que ce sujet est devenu extrêmement épineux et qu’il y a d’autres relais d’influence que les journalistes, que les médias traditionnels, je vous propose d’écouter une youtubeuse très, très regardée. »
– Extrait sonore de la vidéo (voix de femme en pleurs) : « L’obligation a été votée d’installer pour tout le monde des compteurs Linky et il y a des gens qui essayent de prévenir que c’est hyper dangereux, ils le savent depuis le début ceux qui ont déployé tout ça. On est face à un crime contre l’humanité ».
– Sonia Devillers : « Alors, il faut bien qu’on vous précise que ceci n’est pas un sketch, ce n’est pas un numéro d’humoriste sur Youtube. Bruno Denaes, vous vouliez interroger à ce sujet Anne Brunel. »
– Bruno Denaes : « Exactement, c’est d’ailleurs Anne Brunel qui l’a découverte en quelque sorte sur Youtube. Qui est cette personne, c’est une spécialiste de Linky ? »

À ce moment de l’émission, on ne sait trop pourquoi la journaliste choisit de présenter une vidéo (outrancière) vue moins de 40 000 fois, comme l’inspiratrice des auditeurs ayant interpellé la rédaction de France inter… Puis Anne Brunel explique peu ou prou qu’elle a débusqué un complot d’auditeurs complotistes :

– Sonia Devillers : « Et des complotistes il y en a derrière ces réactions sur Linky ? »
– Anne Brunel : « […] Il y a des gens qui sont, je dirais, imprégnés d’un discours complotiste, c’est-à-dire convaincus qu’il y a quelque part, dans la société, au-dessus de ce qu’on appelle « le peuple », donc le grand public, un certain nombre de forces maléfiques, dont les médias, disent-ils, « mainstream » je dirais, les grands médias grand public, mais aussi les grandes institutions mais aussi l’élite dirigeante des pays sont donc l’incarnation de ces pouvoirs maléfiques. Et les personnes qui sont en but à l’institution, les personnes qui craignent les grands forces commerciales par exemple, « Big Pharma », les grands labos pharmaceutiques, donc tous les gens qui vont être très craintifs vis à vis des médicaments, vis-à-vis de l’obligation vaccinale, vis-à-vis de la médecine classique, chimique, vont avoir cette tendance à s’imprégner d’un discours de nature complotiste parce que ça va recouper leurs propres inquiétudes. »

Après une telle série d’amalgames et de généralités, on reste coi, mais pas Bruno Denaes qui estime visiblement sa mission de médiation accomplie et préfère analyser, sans doute en sa qualité d’expert ès « gens », cette tendance généralisée au complotisme : « Se faire peur, on a l’impression que les gens adorent ça ». Oui, car « les gens », renchérit Anne Brunel,« adorent trouver des réponses qui correspondent à ce qui les convainc déjà ».

Quoi que l’on pense de la cause et des arguments des opposants au compteur Linky et des protestations qu’ils ont émises à la suite des émissions de France Inter, on peut se demander si c’est bien le rôle d’un médiateur, qui devrait être un facilitateur de dialogue, d’exposer de la sorte ses parti-pris en faveur du travail de ses collègues, et surtout de disqualifier en bloc et par tous les moyens, voire de tourner en ridicule les auditeurs qui s’adressent à lui.

Une manière de procéder d’autant plus contestable que Bruno Denaes semble coutumier du fait, puisqu’il récidive dès lors que les interpellations se font un peu trop critiques à son goût. » (Extrait de acrimed.org du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://www.acrimed.org/Les-droles-de-mediations-du-mediateur-de-Radio