« Un moyen disruptif pour réduire les stocks des tribunaux : et si on essayait l’amiable ? » par Fabrice Vert et Malik Chapuis (dalloz-actualite.fr)


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« La culture judiciaire française valorise dans les prétoires l’affrontement plutôt que la recherche de l’accord. Pourtant, dans de nombreux litiges, la mise en œuvre de la médiation ou de la conciliation, qui se concrétise souvent par une solution consensuelle, permet aux parties d’apaiser leurs relations en satisfaisant mutuellement leurs intérêts et leurs besoins. Au moment où le garde des Sceaux souhaite trouver des solutions pour réduire les stocks de dossiers qui s’accumulent dans les juridictions, pourquoi ne pas changer de paradigme et développer un véritable circuit procédural de l’amiable dans les juridictions, à l’ombre du juge, gardien des libertés individuelles et garant de l’ordre public, dans le cadre d’une politique nationale ambitieuse ? Ce serait là un veritable changement de culture.

Après la grève des transports, la grève des avocats et la crise sanitaire du coronavirus, la justice, et singulièrement la justice civile, celle qui traite chaque année des centaines de milliers d’affaires de la vie quotidienne, dans la quasi-indifférence générale, fait face à un monceau de litiges à traiter.

Dans son discours de rentrée, le président du tribunal judiciaire de Paris, Stéphane Noël, a ainsi alerté sur l’augmentation inquiétante des délais de traitement, notamment dans les affaires de copropriété et les affaires économiques.

C’est dans ces conditions que le ministre de la Justice vient de créer un groupe de travail avec pour objectif de former des propositions pour réduire ces délais de jugement.

Le moment ne serait-il pas venu d’engager une véritable politique nationale de l’amiable dans les juridictions pour faire face à cette situation ?

Il a en effet été prouvé dans certaines juridictions qu’un développement significatif de la médiation et de la conciliation permettait de traiter un pourcentage non négligeable du contentieux et de prévenir de futurs procès.

Économiquement, il est également démontré qu’une dynamique de défiance, défavorable à l’activité, favorise l’inflation normative1. Les modes amiables sont ainsi particulièrement mobilisables et souhaitables dans les contentieux économiques et commerciaux où leur souplesse est pleinement reconnue et favorise la confiance entre les acteurs.

Depuis de nombreuses années, les différentes lois ayant pour objet de moderniser la justice comportent des dispositifs sur les modes amiables. Mais l’ensemble manque de cohérence et comporte des lacunes2 empêchant de faire de ces modes amiables un mode habituel de traitement des litiges civils3.

La création d’un code des modes amiables de résolution des différends, d’une direction des modes amiables de résolution des différends à la chancellerie et l’instauration d’un circuit procédural identifié de l’amiable dans les juridictions sont des pistes pour répondre à cette ambition.

Il serait judicieux de capitaliser les bonnes pratiques déjà menées dans certaines juridictions et développées au service des référés du tribunal judiciaire de Créteil4 ou de Paris ainsi qu’à la cour d’appel de Pau pour en tirer les enseignements sur les réformes indispensables à adopter pour institutionnaliser et pérenniser dans les juridictions ces expérimentations.

L’institutionnalisation des modes amiables au service des référés du tribunal judiciaire de Paris

Cette institutionnalisation correspond à une volonté des chefs de juridictions de développer les modes amiables, comme celle du premier président Jean-Michel Hayat qui a proposé la médiation comme une solution de la reprise de l’activité des juridictions après le premier confinement, ou de celle de la première présidente de la Cour de cassation qui vient d’installer un groupe de travail sur la médiation.

Sous l’impulsion du président Stéphane Noël, qui promeut depuis de nombreuses années le développement de l’amiable dans les juridictions, le pôle urgence civile, qui traite plus de 12 000 affaires par an, en collaboration avec les avocats et les associations de médiateurs, a décidé de faire notamment de la médiation et de la conciliation des outils habituels de règlement des affaires.

L’organisation aujourd’hui mise en place repose beaucoup sur la visioconférence et a démontré toute son efficacité.

Ainsi, sur le fondement de l’article 22-1 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995, en particulier à l’occasion d’un renvoi demandé, le juge enjoint aux parties par ordonnance notifiée à l’audience de rencontrer un médiateur ou un conciliateur de justice.

Le modèle d’ordonnance, coconstruit avec le référent du barreau de Paris pour les modes amiables, fixe une date limite pour rencontrer le médiateur, qui est nommément mentionné, ainsi que ses coordonnées.

L’ordonnance précise en outre le choix des parties qui peuvent, à l’issue du rendez-vous, décider d’engager une médiation conventionnelle (C. pr. civ, art. 1530), de solliciter du juge une ordonnance pour débuter une médiation judiciaire (C. pr. civ., art. 131-1) ou de reprendre l’instance à une date de renvoi ultérieure mentionnée sur la décision.

Le médiateur assiste à certaines audiences pour identifier les éléments du litige en écoutant les avocats le présenter au juge et convenir avec eux d’une date de rendez-vous où les parties seront disponibles. Dans ce cadre, les rôles des acteurs du procès sont directement tournés vers la résolution amiable du litige :

  • l’avocat est le premier acteur de la médiation faisant le lien entre la décision prise et l’intérêt des parties. Il est le seul à pouvoir donner du sens à la mesure et accompagner le justiciable devant le médiateur pour le conseiller, défendre ses intérêts et formaliser un éventuel accord par l’établissement d’une convention ;
     
  • le juge prend la responsabilité d’identifier les critères de la médiation et de contraindre les parties à assister à un rendez-vous qu’elles n’ont pas demandé. Il garantit la régularité de la procédure et adapte en outre son agenda et celui du greffe pour favoriser l’homologation d’accords ;
     
  • le médiateur accepte de recevoir gratuitement les parties pour les informer sur l’objet d’une médiation, sa méthode et le coût de la mesure. Il informe le juge de la présence des parties au rendez-vous, de leur choix de recourir ou non à la mesure et du coût de la mesure si celle-ci est décidée.

Les premiers éléments statistiques de ces mesures permettent de constater que deux tiers des mesures ainsi ordonnées aboutissent à une entrée en médiation, le plus souvent conventionnelle. Au moins la moitié de ces entrées en médiation aboutissent à un accord, le surplus des dossiers étant encore en discussion à ce jour, sauf une minorité d’environ 10 % pour lesquels l’accord recherché n’a pu aboutir.

Les injonctions de rencontrer un médiateur sont également délivrées au stade de la requête fixant les référés à heure indiquée pour les affaires urgentes, et parfois en post-sentenciel, avant l’éventuelle saisine du juge du fond.  » (Extrait de dalloz-actualite.fr du 1/03/2021)

En savoir plus sur https://www.dalloz-actualite.fr/node/un-moyen-disruptif-pour-reduire-stocks-des-tribunaux-et-si-essayait-l-amiable#.YD66Ak6g-Ul

Visioconférence (Québec) : « Comprendre, prévenir et gérer les conflits » avec Équijustice


« Cet atelier s’adresse aux membres Afeas qui souhaiteraient s’outiller pour comprendre, prévenir et gérer des conflits.

À propos de cet événement

Que ce soit dans le cadre d’une activité ou d’un atelier Afeas, au sein d’un conseil d’administration ou d’un comité, il arrive que des conflits surviennent et qu’on ignore comment les gérer.

L’atelier a pour objectif de :

  • Sensibiliser aux conditions favorisant une saine gestion des conflits
  • Nous outiller à bien se préparer pour gérer un conflit
  • Promouvoir la communication, le dialogue et les mécanismes alternatifs de gestion des conflits
  • Présenter les services d’Équijustice et les possibilités d’accompagnement dans la gestion d’un conflit

Offert aux membres Afeas. Un minimum de 8 inscriptions est requis et un maximum de 20. Pour toute information supplémentaire ou demande de renseignement, contactez : formation@afeas.qc.ca

Animé par Équijustice

Équijustice est une association provinciale à but non lucratif comptant 23 membres à travers tout le Québec. Le réseau offre une expertise en matière de justice réparatrice et de médiation citoyenne. Mus par des valeurs de respect et d’ouverture, elle privilégie une approche humaine et équitable. Équijustice propose la médiation citoyenne pour faire face à des situations de conflit, basée sur la communication et le dialogue.

Les animatrices

Jessie Pelletier, responsable de la médiation citoyenne et médiatrice pénale, Équijustice Trois-Rivières

Amélie Brunet, responsable de la médiation citoyenne et médiatrice pénale, Équijustice Lanaudière Sud

Ihttps://www.eventbrite.ca/e/billets-comprendre-prevenir-et-gerer-les-conflits-avec-equijustice-136879378907nscription sur


		Image de Comprendre, prévenir et gérer les conflits avec Équijustice

Quelles sont les pistes et préconisations pour développer la “Médiation” à l’hôpital ? Michèle GUILLAUME HOFNUNG pose 3 conditions essentielles (Partie 4/4)


Michèle GUILLAUME HOFNUNG

« L’unité fondamentale de la médiation : 

La médiation perdrait son sens et donc son utilité si chaque secteur qui s’y réfère exagérait la spécificité de la médiation dans le secteur considéré et s’enfermait dans un repli identitaire. Face au risque d’atomisation de la médiation,  le rappel de son unité fondamentale reste le meilleur garant.


Cas pratique : 

Monsieur L. 55 ans, est hospitalisé dans le service oncologie d’un grand hôpital parisien. L’équipe médicale, dirigée par le professeur X. lui propose un traitement qu’il refuse immédiatement. 

Conformément aux textes régissant la profession médiale, les membres de l’équipe tentent de le faire revenir sur sa décision de refus de soins.

Monsieur L. persiste dans son refus. Il ne donne pas de justification au professeur, mais depuis que le traitement lui a été proposé. Il se confie de plus en plus au personnel de salle puis à l’équipe infirmière, qui en font état lors d’une réunion d’état-major.

Voici ce qu’il en ressort : 

M. L. a vécu maritalement avec Mme B. dont il a eu trois enfants, reconnus par lui : deux garçons et une fille. Aussitôt après la naissance de la troisième, M. L. s’est envolé, ne se manifestant que de manière intermittente, et de plus en plus rare. Il a vécu de nombreuses aventures sentimentales, ne se fixant jamais sérieusement. Sa dernière compagne, beaucoup plus jeune que lui, l’a quitté en apprenant sa maladie M. L. s’ouvre de ses regrets et de ses remords. Il évoque souvent ses enfants, qui maintenant ont 21, 22 et 23 ans.

Il se déclare légitimement puni de son abandon, “je n’ai plus qu’à crever seul comme un chien que je suis” est une phrase récurrente.

Le chef de service à bout d’arguments, et persuadé du traitement ainsi que de la réalité du bénéfice durable qu’il apporterait à son patient, demande de tenter une médiation.

Par sa complexité, la réalité dépasse toujours la distinction entre la médiation de conflit et la médiation de lien.


Commentaires :

Ce cas, parmi d’autres démontre l’impossibilité d’enfermer la médiation en secteurs spécialisés. Il s’agit au départ d’une médiation qu’on pourrait croire médicale puisque demandée comme telle par un médecin pour résoudre le conflit qui l’oppose à un patient dont il ne peut surmonter le refus de soins.

On découvre en cours de médiation que la clef est dans une médiation familiale.

C’est parce que le patient se trouve dans l’impasse familiale qu’il ne se voit pas d’avenir et refuse le soin.

La médiatrice a dû opérer une médiation familiale à multiples facettes, en créant le lien avec la plus jeune des trois enfants, en le recréant avec les deux fils et en réglant un conflit très violent entre le malade et son épouse abandonnée.

La nécessité corollaire d’une formation généraliste au processus de médiation

Un médiateur ou une médiatrice formée à un domaine trop spécialisé dès le départ sera semblable au passant qui recherche désespérément, sous un réverbère, la montre qu’il a perdu ; non pas parce qu’elle y est, mais parce que c’est le seul endroit où il puisse chercher puisque c’est le seul éclairé !

Son autonomie : dans un premier temps, il faut le décrocher du juridique.

Il ne faudra pas pour autant en faire une province de la médecine même si l’on peut envisager que des médecins la prescrive.

Pour exister, la médiation n’a besoin que du tiers et de son processus propre, fondements de son autonomie conceptuelle.

La médiation n’est pas une sous-catégorie ni même un adjuvant de certaines techniques de résolution non juridictionnelle des conflits, elle n’est pas non plus une province de la Justice.

La médiation est un des concepts majeurs de la philosophie, tous les dictionnaires de philosophie lui consacrent de consistantes définitions, ce qui n’est pas le cas de la conciliation ou de la négociation, simples notions.

La définition de la médiation y est positive, elle sert à la construction, au dépassement. Sa définition se passe d’une référence au conflit, ou à la juridiction.

La professionnalisation ? 

Il n’y a pas de contradiction entre l’affirmation de l’absolue nécessité d’une formation à la médiation et l’hésitation sur sa professionnalisation. La similitude avec l’éthique n’a rien d’étonnant.

La médiation comme l’éthique, sont l’affaire de tous, en faire l’apanage d’une profession constitue un contresens ontologique. Pour autant, certains peuvent faire profession de l’accompagnement à l’autonomie. Parce qu’elle est une maïeutique, la médiation écarte le risque de la professionnalisation d’une éthique de contenu.

On la voit à l’œuvre dans certaines équipes mobiles de médiateur(e)s qui ne fonctionnent pas en professionnel(le)s de l’éthique, mais en porteurs de pédagogie d’accompagnement.

Malgré la fiabilité des définitions qui précèdent, on retrouve la médiation dénaturée par son insertion dans la nébuleuse des MARC (Modes Alternatifs de Résolution des Conflits). Elle passe pour une équivalence de la conciliation quand ce n’est pas pour son auxiliaire. Le contentieux de la santé partage avec les autres contentieux cette regrettable confusion.

Cependant, la réponse à la demande de communication éthique n’échappe pas aux tentatives d’évitement du tiers. Beaucoup d’établissements pensent répondre au besoin de médiation en mobilisant leurs psychologues ou leurs cadres de santé. Il ne s’agit pas de disqualifier leur intervention, il convient au contraire de leur attribuer le titre et le mérite qui conviennent, mais qui faute d’extériorité ne relève pas de la médiation.

La place faite aux sciences humaines dans le système de soins a très certainement amélioré la situation des patients et de leur famille. Mais, quelle que soit leur qualité, dans un certain nombre de cas, leur insertion dans le système limitera leur capacité d’intervention (parfois au contraire, c’est cette appartenance qui rendra leur intervention supérieure).

L’extériorité du médiateur peut seule remplacer une situation binaire, d’aide par une posture ternaire dynamisante. (Extrait de managersante.com février 2021)

En savoir plus sur https://managersante.com/2021/02/26/32695/

Publication de la NEWSLETTER/NIEUWSBRIEF n° 2/2021 de l’Union Belge des Médiateurs Professionnels


Lettre à consulter sur http://ubmp-bupb.org/newsite/fr/

Vidéo (Suisse) : « Bourreau et victime : quel face-à-face ? » émission de RTS du 20/01/2021


« Est-il possible de mettre face à face une victime et son bourreau pour espérer un dialogue, sans juges, sans avocats et sans procureur ? Le concept de « justice restaurative » en est à ses balbutiements en Suisse. Dans le canton de Vaud, un projet pilote vient d’être mis en place, sous la houlette du Swiss RJ Forum. Linn Levy reçoit l’avocate Lorella Bertani et le vice-président de l’Association pour la justice restaurative en Suisse, Jean-Marc Knobel  » (Extrait de rts.ch du 20/01/2021)

Vidéo à consulter sur https://www.rts.ch/play/tv/faut-pas-croire/video/bourreau-et-victime–quel-face-a-face-?urn=urn:rts:video:11980191

ANALYSE DES PRATIQUES PROFESSIONNELLES : « LES 2ÈMES RENCONTRES CREATIVES AUTOUR DES ATELIERS PRATIQUES DE LA MEDIATION » du 9 au 10 avril 2021 au Château Les Carrasses en OCCITANIE – organisées par le Centre Traits d’Union Médiation & Assistance


« Nouvelle FORMULE ET NOUVEAUTE : les cercles de PAROLE pour une action de communication ciblée.

En 2020, les co-organisatrices et les partenaires ont validé le report de ces rencontres dans un contexte incertain qui risquait de fragiliser l’objectif principal : se réunir et échanger dans un lieu spécialement dédié, favorisant le bien vivre ensemble pour parfaire nos pratiques professionnelles d’accompagnement du processus de médiation. 

A l’unanimité (organisateurs, facilitateurs, direction du château les Carrasses, participants déjà inscrits), nous avons décidé de maintenir cette rencontre, sous réserve :

 –       D’obtenir l’autorisation de la Préfecture. En fonction de la réglementation applicable le 18 février 2021 (Décret N°2020-1310 du 29 octobre 2020) et sous réserves d’éventuelles mesures réglementaires qui seront en vigueur le 9 avril 2021, en lien avec l’évolution de l’épidémie non connue à ce jour, la rencontre professionnelle avec entraînements nécessaires pour le maintien de nos compétences professionnelles, est autorisée.
–        De réduire le nombre de participants (dont par ateliers)
–        De mettre en place les mesures de distanciation physique lors des temps de pause et de restauration, lors des ateliers et des plénières avec l’approbation des facilitateurs
–        De supprimer la conférence grand public du vendredi soir et de proposer un autre atelier sur le volet « médiateur communicant »

Cet événement est autofinancé par les médiateurs participants. Les organisatrices, médiatrices, sont bénévoles et participent également au financement de cette rencontre dont les objectifs principaux sont de :

– Partager des moments forts d’échanges entre les médiateurs de toute la France , en immersion dans un lieu de charme, convivial et spécialement réservé pour l’événement.
– Expérimenter l’intelligence collective au service de la pratique professionnelle.
– Chercher de nouvelles idées, de nouvelles expériences, de nouveaux outils au service de la pratique de la médiation.
– Œuvrer au développement et à la promotion de la médiation auprès du grand public et des prescripteurs.

Les participants bénéficieront d’une attestation de travail collaboratif sur la pratique professionnelle.
Programme : http://www.ctuma.fr/evenement-mediateurs/ (Extrait de ctuma.fr)
En savoir plus sur http://www.ctuma.fr/evenement-mediateurs/

Entretien avec Nina Vernay, médiateure, ancienne étudiante de l’université Lyon II et co-fondarice de l’association Le Labo Collectif


« Quel est votre cursus ?

J’ai obtenu une licence en droit privée et un master 1 et 2 en  Justice, procès et procédures – Médiation

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur votre cursus ?

Je n’ai pas une anecdote en particulier mais je peux vous avouer que j’ai obtenu ma licence de droit en cinq années !! J’y ai appris la détermination.
Ces cinq années bien chargées en émotions tant dans la réussite que dans l’échec m’ont permis de prendre le temps d’étudier ce qui faisait sens professionnellement dans mon parcours de vie, et d’avoir le cran de me lancer dans l’expérience dans laquelle je suis aujourd’hui.


Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je me suis intéressée aux modes alternatifs de règlement des conflits lors de mes interventions bénévoles à la maison d’arrêt de Corbas (avec l’association le G.E.N.E.P.I). J’ai pu y observer de nombreux conflits entre les personnes détenues puis entre le personnel pénitencier et les personnes incarcérées. Il m’a semblé y avoir une réelle carence dans le traitement de ces conflits. J’ai imaginé que l’apprentissage à la médiation pouvait être intéressant en milieu carcéral. D’autre part je trouvais la réponse pénale insuffisante et inappropriée pour de nombreuses situations là où la médiation était, elle, plus adaptée.

Sensible au milieu éducatif il m’est apparu évident d’enseigner les attitudes responsables et proportionnées face au conflit dès le plus jeune âge et ce par le biais de la médiation. J’ai donc eu envie de créer une structure qui a pour vocation de sensibiliser les enfants et les adultes à la médiation. En 2017, j’ai co-fondé l’association Le Labo Collectif dans laquelle  j’anime d’une part les ateliers de médiation par les pairs dans les écoles élémentaires et d’autre part je coordonne l’activité de l’association. Dans un premier temps nous nous sommes concentrés sur le milieu scolaire, mais à terme nous souhaitons intervenir en milieu carcéral.

En quoi consiste votre travail ?

Je mets en place des ateliers de sensibilisation à la médiation par les pairs dans les écoles et j’anime des ateliers de gestion des émotions et de gestion du conflit dans les écoles élémentaires. Nous sommes également en train de travailler avec une autre structure sur des modules sur les différentes attitudes à adopter face au conflit au sein des entreprises.

À quoi ressemble une journée type ?

Aucune journée ne se ressemble. Mais on peut dire que j’alterne entre dispense d’ateliers, veille documentaire, communication-relation partenaires, création de nouveaux supports et recherche de subventions.


Quelles compétences avez-vous acquises pendant votre cursus ?

J’ai acquis des connaissances et compétences en gestion de conflit, communication verbale/non verbale et droit. J’ai également développé un esprit critique et un goût pour la recherche et l’analyse de données.
Mon master en médiation m’a surtout donné l’envie et la possibilité de créer ma propre structure et d’imaginer mon métier.

Quels sont les savoir être et savoir-faire nécessaires à l’exercice de votre métier ?

Le sens de l’observation, la gestion de projet, l’analyse des situations, un bon relationnel, un sens de l’organisation, de l’autonomie et de la détermination.


Quels conseils donneriez-vous à des futur.es étudiant.es ?

Saisissez toutes les opportunités !

La licence de droit est un parcours passionnant semé d’opportunités, qui ouvre à de nombreux métiers. On y apprend, outre l’aspect théorique bien fourni, la rigueur et les vertus de l’échec.
Je conseillerais donc aux étudiants de ne rien lâcher tout au long de leur parcours, car aucun ne se ressemble. La faculté permet de se découvrir personnellement et professionnellement, mais aussi de faire des rencontres déterminantes pour l’avenir.

Ce master a été pour moi révélateur, j’y ai vu une carte blanche pour la création de mon métier. Il y a des cours et des interventions très variées, n’hésitez pas à prendre contact avec les intervenants qui sont très accessibles en général et qui pourront vous ouvrir à leur milieu professionnel. Ce master est « à part » des autres, non conventionnel, il faut y saisir toutes les opportunités et le voir comme un tremplin.

Quel est votre salaire ?

J’étais récemment employée chez un bailleur social en tant que coordinatrice tranquillité (pour un salaire de 27 K€/an) j’ai quitté ce travail récemment pour me consacrer à 100% à la médiation scolaire avec l’association Le Labo Collectif. Ralenti pour l’instant par les aléas de la maternité nous espérons toutefois m’assurer un salaire courant 2021. » (Extrait dedroit.univ-lyon2.fr du 18/02/2021)

En savoir plus sur https://droit.univ-lyon2.fr/faculte/vie-de-la-faculte/portraits/interview-nina-vernay-ancienne-etudiante-m2-justice-proces-et-procedures-mediation

Belgique : le nombre de médiations pour le consommateur a augmenté de 40% en 2020


« L’an dernier, le Service a traité 12.153 demandes de médiation en provenance des consommateurs, ce qui constitue une nette hausse en comparaison avec les 8.653 dossiers traités en 2019.

« La crise liée au coronavirus a sans nul doute influencé le contenu des dossiers traités. Les conflits relatifs aux livraisons retardées (colis, commandes sur internet, etc.) ou aux services (travaux de construction, travaux de jardinage, etc.) figurent ainsi aux premières loges. Les litiges avec les compagnies aériennes belges ont très logiquement également accusé une nette augmentation », explique le Service de médiation. » (Extrait de lesoir.be du 24/02/2021)

En savoir plus sur https://plus.lesoir.be/357168/article/2021-02-24/le-nombre-de-mediations-pour-le-consommateur-augmente-de-40-en-2020

Grève à l’Ehpad de Fabas (Ariège) : la préfète va ordonner une médiation entre les grévistes et la direction


LaDepeche.fr

« On va peut-être assister à un dénouement dans l’affaire de l’Ehpad de Fabas, en Ariège. Ce lundi matin, les représentants CGT, ainsi que plusieurs salariées grévistes, ont été reçus par le directeur des services du cabinet de la préfecture, Yoann-Saturnin de Ballangen, et la déléguée départementale de l’agence régionale de santé (ARS), Marie-Odile Audric-Gayol. Les représentants du personnel avaient demandé une médiation administrative, auprès de la préfète de l’Ariège, avec la direction de l’Ehpad de Fabas. Le feu vert a été donné aux alentours de 16 heures par la préfecture, pour de possibles négociations.   »  (Extrait de ladepeche.fr du 22/02/2021)

En savoir plus sur https://www.ladepeche.fr/amp/2021/02/22/greve-a-lehpad-de-fabas-en-ariege-la-prefete-va-ordonner-une-mediation-entre-les-grevistes-et-la-direction-9388005.php

CHIFFRES CLÉS 2020 du Conseil d’État et de la juridiction administrative : 1 394 médiations engagées


En consulter sur

« LA MÉDIATION FAMILIALE. Se séparer en gérant le conflit » par Annie Babu dans Jean-François Dortier, Familles, Éditions Sciences Humaines, 2002


|Article à consulter sur https://www.cairn.info/familles–9782912601162-page-143.htm