Dans son livre, François Jullien interroge la médiation au-delà de la simple pratique empirique. Plutôt que de trancher comme le fait un juge, comment le médiateur peut-il créer les conditions d’un véritable dénouement du conflit ? Ce livre explore la logique profonde et l’art subtil de la médiation, pour en faire une véritable philosophie pratique. (Extrait)
Invités
Francois Jullien, est Philosophe, Helléniste et Sinologue, ancien Président du Collège international de philosophie et titulaire de la chaire sur l’altérité. En 2010, il a reçu le Grand prix de philosophie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Ses nombreux ouvrages sont traduits dans le monde entier. L’ouvrage Dénouer a été publié par Rue de l’Echiquier. (Extrait)
Bertrand Delcourt, Avocat, Médateur, a été l’un des créateurs de Médiation 21 et membre du Conseil National de la Médiation (CNM). Il enseigne dans de nombreuses formations dont le Diplôme Universitaire de Médiateur de l’Ifomene. (Extrait)
Séance animée par Laurence Villeneuve et Antoine Rouher.
« Dans cet épisode de Perspectives de Médiation, nous recevons Catherine Alfonsi-Fung, avocate et présidente des médiateurs du barreau de Montpellier 👩⚖️. Elle nous aide à démêler le vrai du faux sur ce texte entré en vigueur récemment. Nous clarifions la différence cruciale entre la médiation (qui reste volontaire) et l’injonction du juge à une information sur la médiation. Découvrez pourquoi ce décret est une opportunité pour gagner du temps et trouver des solutions sur mesure, loin de la lenteur des tribunaux 🤝. Nous abordons aussi le rôle essentiel des avocats dans ce processus et la question des coûts. 💰 Abonnez-vous à notre page LinkedIn : / 104737682 Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : / @perspectivesdemediation 0:00 Introduction et présentation du podcast 1:07 Accueil de l’invitée Catherine Alfonsi-Fung et contexte du nouveau décret 1:53 Les peurs des justiciables : médiation obligatoire et amendes lourdes ? 2:32 Clarification : le but du décret et définition de la médiation 6:32 Dans quel cas précis risque-t-on une amende ? L’injonction d’information 8:12 La médiation reste un processus volontaire 9:53 Comment se déroule la réunion d’information individuelle ? 11:10 Les avantages de la médiation face au « temps long » de la justice 12:29 L’avis de Catherine Alfonsi-Fung sur ce décret 13:50 Le point sensible : la levée partielle de la confidentialité 17:20 La réaction et le rôle des avocats face à la médiation 21:53 Vers une symbiose entre avocat et médiateur 27:30 Combien coûte une médiation ? (Tarifs, aide juridictionnelle, assurances) 29:40 Conclusion : un décret pour faire avancer la culture de l’amiable » (Extrait youtube.com du 6/01/2026)
La Lettre des Médiations vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2026
« Alors même que le Code de procédure civile multiplie les incitations à la médiation, et encore plus après le décret du 18 juillet 2025, le recours effectif à ce mode amiable demeure encore limité. Comprendre les raisons de cette réserve, identifier les leviers d’un véritable développement, tel est l’enjeu des contributions réunies dans cet ouvrage. Croisant les regards de professionnels de la justice, de médiateurs et d’universitaires, ces travaux analysent les pratiques, les représentations et les contraintes propres à chacun. Plaçant les acteurs plutôt que les textes au coeur de la réflexion, l’analyse met en lumière les risques perçus notamment en termes de culture professionnelle, les attentes partagées et les conditions nécessaires, notamment en matière de formation de ces acteurs à l’émergence d’une culture commune de la médiation. Au fil des échanges se dessine une réflexion collective sur la place de la médiation dans la justice civile contemporaine, entre ambition institutionnelle, bénéfices pour la justice et les justiciables, et réalités du terrain. » (Extrait éditeur)
« Avocate spécialisée en droit public, médiatrice en litiges publics près les juridictions administratives et formatrice en médiation administrative, Véronique s’engage pleinement en faveur des modes amiables de règlement des différends.
Convaincue que les litiges publics peuvent – et doivent – être abordés autrement, elle accompagne les parties avec rigueur, pédagogie et sens de l’écoute, en conciliant les exigences du droit public avec les apports de la médiation.
« Lors de cette 33e Master Class, vous y découvrirez l’ouvrage L’Art d’accommoder la Médiation de Dominique Retourné.
Elle s’appuie sur son parcours varié pour nous présenter sa démarche médiatrice, nous invitant à explorer la dimension interculturelle de la gestion des conflits.
Sa méthode repose sur la rencontre authentique. Comment faire émerger un terrain d’entente entre deux protagonistes opposés, entre deux apprenants en médiation ? Comment cultiver en chacun cette disposition intérieure qui favorise la véritable rencontre ? » (Extrait ifomen)
Invitée
Dominique Retourné, Avocate et Médiatrice et après des études de coaching, elle devient aussi Superviseure et formatrice en médiation entre autres à l’Ifomene. Elle anime des groupes d’analyses de pratique. Dominique a une grande connaissance des pratiques de la médiation interculturelle et principalement africaine. Son livre L’Art d’accommoder la médiation a été publié chez Médias & Médiations.
Séance animée par Laurence Villeneuve et Antoine Rouher.
« Dans cet épisode captivant de Perspectives de Médiation, nous recevons l’incontournable Alain Lempereur, expert international en négociation et médiation, pour parler de son ouvrage Méthode de médiation. Avec plus de 35 ans d’expérience, Alain partage avec passion les clés d’une médiation réussie, depuis la préparation jusqu’à l’attitude du médiateur face aux imprévus. Découvrez les fondements de la fameuse méthode PORTE : une approche concrète pour structurer efficacement les premières étapes d’une médiation. On aborde aussi les dilemmes du métier, l’équilibre entre impartialité et proximité, et les pièges de la routine pour les médiateurs expérimentés. Un épisode riche en anecdotes, réflexions et outils pratiques, à écouter absolument si vous êtes médiateur·rice, juriste ou simplement curieux·se du pouvoir du dialogue. » (Extrait de youtube.com)
« La médiation est un processus moderne et innovant de prévention, de gestion et de résolution amiable des conflits. Elle repose sur l’écoute, le respect, la neutralité et la confidentialité. La médiatrice ou le médiateur accompagne les parties dans un cadre sécurisé, favorisant le dialogue et la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes. Fruit de la 2e Formation de médiation organisée par la Fédération suisse des avocats (FSA), cet ouvrage collectif rassemble 27 contributions de praticiens issus de divers domaines juridiques – droit de la famille, du travail, pénal, des constructions ou de l’arbitrage. Les auteurs y explorent les caractéristiques de la médiation, ses principes, ses règles déontologiques, ses avantages par rapport à d’autres modes de résolution des conflits, ainsi que des thématiques plus spécifiques comme la liberté des parties, ainsi que la gestion du temps, des émotions, des différences culturelles et des biais cognitifs. Ce livre offre un véritable kaléidoscope de réflexions et d’expériences, révélant la richesse humaine de la médiation, outil essentiel pour transformer les divergences en opportunités de compréhension et de réconciliation. » (Extrait dehttps://staempflirecht.ch/fr/mediation-un-kaleidoscope/ean-9783727261497)
« Le décret n°2025-660 du 18 juillet 2025, en vigueur au 1er septembre 2025, recodifie le Livre V du Code de procédure civile relatif à la résolution amiable des différends. Il a été accueilli comme signe d’une réelle volonté d’assurer le développement des modes amiables en général, à travers une redéfinition du rôle du juge, des acteurs de la justice, et même du justiciable.
Dans cet article, le Syndicat professionnel des médiateurs SYME présente un commentaire des éléments de ce texte qui concernent directement les médiateurs. Il en souligne les avancées, mais aussi parfois les limites. » (Extrait de syme.eu
« Entre les médiations dites « évaluative », « facilitative » ou « transformative », la directivité peut être « dosée » à des degrés divers, sur le fond ou sur la forme. Chaque médiateur recherche son propre dosage en fonction des situations et de ses préférences. Cependant, trouver l’équilibre le plus adapté est particulièrement complexe, car de nombreux paramètres interagissent.
Dans son ouvrage, et au cours de ce webinaire, Guillaume TIXIER propose d’explorer :- les enjeux et limites d’un dosage adapté,- les raisons contextuelles qui nous orientent vers plus ou moins de directivité,- les facteurs involontaires ou inconscients qui influencent le dosage,- des repères concernant la communication permettant d’ajuster le dosage,- des outils de cadrage et d’animation permettant plus ou moins de co-construction dans les échanges.
Guillaume TIXIER est formateur à l’IFMAN-Méditerranée, Institut de Recherche et de Formation du Mouvement pour une Alternative Non violente, depuis 2001. Il est aussi cofondateur et co-animateur d’Euphorum, compagnie de théâtre créée en 1991, spécialisée dans la pratique du théâtre-forum. Titulaire d’un Master en Sciences de l’Éducation, il est l’auteur de l’ouvrage : Le théâtre-forum : Apprendre à réguler les conflits, Chronique Sociale, Lyon, 2010″ (Extrait)
Dans la littérature consacrée à la médiation, l’ouvrage de Jacques Salzer et d’Eric Basso se distingue en ce qu’il adopte la forme d’un « livre dialogue » (p.3). À ma connaissance, il s’agit du premier ouvrage à retracer un échange entre un pionnier de la médiation, Jacques Salzer, et un praticien issu d’une génération plus récente, Eric Basso, conférant ainsi à l’ensemble une tonalité particulière. Les auteurs proposent une auto-analyse approfondie de leur pratique de médiateur, faisant preuve d’un esprit critique peu commun, en n’hésitant pas à évoquer les difficultés rencontrées lors de la gestion de certaines situations.
La présentation des vingt cas, dont la majorité émane d’Eric Basso, s’appuie sur une grille d’analyse qui laisse une large place aux « questionnements du médiateur », mais aussi sur « ce qui a fonctionné » et sur « ce qui aurait pu être fait différemment ». Les développements intitulés « pour aller plus loin » à la fin de chaque analyse s’avèrent particulièrement pertinents ; ils permettent aux deux auteurs d’approfondir le débat sur des questions centrales et parfois controversées, telles que les apartés, la visioconférence ou le rôle de l’avocat.
Si la majeure partie des cas s’inscrit dans le cadre des entreprises et organisations du secteur de la santé, les auteurs prennent soin de ne pas s’enfermer dans ces contextes spécifiques. Ainsi, ils abordent tant les relations interindividuelles, à l’exemple d’un dossier de harcèlement au travail (p.15), que des dynamiques collectives, comme dans le cas d’un conflit entre un directeur d’agence et ses collaborateurs (p.43). La dimension familiale est également explorée à travers des conflits entre associés, opposant une mère à son fils (p.53) ou deux frères (p.62). Pour offrir une typologie plus complète, Salzer et Basso ne s’en tiennent pas à la « médiation curative », mais abordent également ce que l’on nomme parfois la « médiation préventive » (p.150).
À travers ces études de cas, il convient de souligner que les auteurs ne se limitent pas à une description factuelle, mais proposent une véritable analyse approfondie, exposant non seulement les parties impliquées, mais aussi leur rôle tout au long du processus de médiation. Un soin particulier est apporté aux enjeux de gestion du processus, dans une approche résolument non dogmatique, laissant place au débat et à la réflexion critique. Ainsi, la question du recours ou non à la « médiation navette » pour surmonter les réticences à la rencontre directe (p.101) est évoquée, tout comme l’organisation d’ « apartés » et la gestion de la confidentialité des propos échangés dans ce cadre. La question du respect du principe de confidentialité est également abordée en fin de processus avec le problème de la « communication des éléments de l’accord à l’autorité qui a demandé la médiation » (p.14).
De même, la problématique de la co-médiation fait l’objet d’un examen nuancé, les auteurs proposant un comparatif des avantages et inconvénients de ce mode d’intervention (p.119), et s’interrogent sur l’intérêt d’impliquer « deux ou plusieurs médiateurs de cultures professionnelles différentes », tant pour la compréhension d’un cas, que sa résolution (p.131). Ils confrontent également leurs perspectives sur l’adoption de nouveaux dispositifs, tels que la visioconférence, notamment depuis la crise de la COVID-19.
Enfin, la dernière partie de l’ouvrage aborde « les freins à la médiation » car comme j’ai pu maintes fois l’écrire, dans nos sociétés la médiation demeure encore une « contre-culture » et les auteurs à partir des cas présentés décrivent ces « freins » comme l’impact des « réseaux sociaux » (p.134), ou encore le refus des médiés de « continuer une médiation » (p.140) ou bien « le commanditaire qui refuse la solution des parties » (p.144).
Toutefois on peut regretter qu’aucune section spécifique ne soit consacrée à une synthèse de ces analyses, visant à dégager, au-delà des particularités, les caractéristiques communes des processus de médiation étudiés laissant présager l’existence d’un rituel commun de médiation quel que soit le champ d’intervention du médiateur ou la nature du conflit. De même, il aurait été judicieux que les auteurs insistent sur la dimension normative de la médiation qui, outre le rétablissement du dialogue entre les personnes concernées, permet d’instaurer, via l’accord final, un nouveau cadre relationnel, voire d’impulser des évolutions organisationnelles dans les institutions ou entreprises.
Malgré ces quelques réserves, , je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage. Fidèle à l’esprit d’ouverture des auteurs, il propose, de façon concrète, des clés de compréhension et d’action pour la gestion des différents cas de médiation, qu’ils se soldent par un succès ou par un échec. Ce livre constitue ainsi une référence précieuse en matière d’analyse des pratiques, les auteurs étant parvenus à extraire de chaque cas des enseignements pertinents pour enrichir les pratiques de médiation.
« Qu’est ce que l’homologation d’un accord de médiation et pourquoi y recourir ?
L’homologation est l’acte par lequel le juge valide un accord amiable et lui confère la force exécutoire. Cela signifie que l’accord aura la même valeur qu’un jugement et qu’il pourra être exécuté par la contrainte si l’une des parties de le respecte pas.
Bien que l’accord de médiation soit contraignant pour les parties dès sa signature (Tribunal administratif de Poitiers, 12 juillet 2018), l’homologation par le juge offre une sécurité juridique supplémentaire. Thibault Goujon-Bethan, professeur de droit privé et de sciences criminelles à l’Université Jean Moulin Lyon III, dans la revue Justice Actualités d’octobre 2023, résume parfaitement le rôle de l’homologation en indiquant que « l’ombre du juge plane et cette ombre impressionne […] Le simple fait qu’un juge puisse être saisi, en l’absence de toute contestation, pour apporter à l’accord une forme d’onction suffit à orienter les négociations ».
Cependant, l’homologation, pas davantage qu’une autre intervention judiciaire, n’a pas pour effet d’éteindre le droit d’action relativement au litige que les parties ont entendu régler par leur accord. Une telle extinction résulte soit de la loi, lorsque l’accord est une transaction, soit de la renonciation non équivoque à l’action contenue dans l’accord (clause). » (Extrait de hermes-mediation.fr le 22/07/2025)