Grève des facteurs en Sud-Aveyron : une médiation orchestrée par le sous-préfet est en cours


 

Grève des facteurs en Sud-Aveyron : une médiation orchestrée par le sous-préfet est en cours

« Les postiers et facteurs de Réquista sont en grève depuis dix jours. Soutenus par leurs collègues venus de tout le département, ils étaient reçus ce vendredi matin à la sous-préfecture de Millau pour entamer une médiation.

Le conflit dure depuis dix jours au bureau de Poste de Réquista, première agence aveyronnaise à se voir présenter un projet de réorganisation des journées de travail. Les 9 postiers et facteurs de Réquista sont rejoints dans leur lutte par d’autres bureaux de Poste du département, qui débrayent en soutien à tour de rôle. Dix-neuf bureaux aveyronnais, sur les 35 existants, ont en effet rejoint le mouvement.

Afin de permettre aux représentants du personnel et de la direction de dialoguer en terrain neutre, une médiation a été proposée par le sous-préfet de Millau, Patrick Bernié, ce vendredi matin à Millau. Dès 9 h, une cinquantaine de facteurs ont investi les grilles de la sous-préfecture pour encourager leurs collègues.

« On sait quand commence une médiation, mais jamais quand elle se termine », glissaient, à l’extérieur, les manifestants venus, là encore, de tout le département. Tous espèrent que celle-ci permettra, tout au moins, d’ouvrir le dialogue entre direction et personnels. » L. Cros – (Extrait de midilibre.fr du 9/02/2018)

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Beauvais : la grève des bus prend fin à la suite de l’acceptation d’une médiation


« Les sourires étaient de rigueur ce lundi après-midi lors du rassemblement organisé par la CGT devant le dépôt de bus Corolis à Beauvais. Après de longues négociations commencées dans la matinée, les grévistes ont remporté leur bras de fer avec la direction de Beauvaisis Mobilité. « La médiation que nous demandions a été acceptée par la direction, se félicite Aziz Bouraya, délégué CGT. La Direccte désignera un médiateur qui viendra à la rencontre des salariés. Nous avons donc signé le protocole d’accord de fin de grève. » Après une semaine de conflit, les perturbations sont donc terminées. Le trafic des bus de la ville et de l’Agglo reprendra normalement ce mardi pour le plus grand soulagement des usagers. » (Extrait de leparisien.fr/oise-60 du 5/02/2018)

En savoir plus sur http://m.leparisien.fr/oise-60/beauvais-la-greve-des-bus-prend-fin-05-02-2018-7542915.php

Travail: les conflits, 1ère source de souffrance


 

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« L’épuisement professionnel et les conflits avec les collègues sont les principaux facteurs de souffrance au travail, selon une étude de la plateforme d’écoute Pros-consulte* rendue publique lundi. Ce baromètre, réalisé pour la première fois, a analysé les motifs de plus de 17.000 appels (7.000 en 2016, 10.000 en 2017) en s’appuyant sur une typologie élaborée par l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail).

En 2017, les problématiques relationnelles étaient ainsi la première source de souffrance au travail (28,5% des appels): les conflits avec la hiérarchie représentent 12,5% des appels, ceux avec les collègues 5,8%. Le ressenti de harcèlement par la hiérarchie génère 3,9% des appels (1,5% pour le ressenti de harcèlement par les collègues). Les conflits avec le public extérieur à l’entreprise, comme des agressions ou des incivilités, sont évoqués pour 4,8% des appels.

Le burn-out représente également une part importante de la souffrance au travail: en 2017, 2.168 appels avaient pour motif l’épuisement professionnel, soit 21,3% (contre 20,8% en 2016). D’autres motifs sont plutôt liés à l’organisation du travail: anxiété liée aux réorganisations (6,4%, soit 650 appels), isolement (1,5%). Le manque de reconnaissance est également en jeu dans 5,7% des appels. Enfin, environ un quart des appels (23,4%) sont motivés par des difficultés personnelles ayant des répercussions sur le travail du salarié (deuil, problèmes financiers…).

La moyenne d’âge des appelants est d’environ 46 ans, et 76% d’entre eux sont des femmes. Les techniciens et agents représentent 58% des personnes ayant utilisé ce service, contre 32% de cadres.

*Pros-consulte propose l’écoute de psychologues, joignables en permanence via un numéro vert dans le cadre de la prise en charge du stress au travail et la gestion des risques psychosociaux. Ses clients, aussi bien privés (Les Mousquetaires, Andros, EDF…) que publics (CAF, CNAM, centres hospitaliers…), regroupent en tout 3 millions de salariés.  » (Extrait de lefigaro.fr/flash-eco du 30/01/2018)

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Conflit dans les Ehpad : l’ inspecteur général des affaires sociales, Pierre Ricordeau, prochainement nommé médiateur par la ministre de la Santé


Photo AFP / Christophe Archambault

« Cette réforme, qui vise à faire converger progressivement, de 2017 à 2023, les budgets des Ehpad publics et privés sur les enveloppes « soins » et « dépendance », sera accompagné d’une augmentation des « crédits alloués aux soins de 400 millions d’euros », a rappelé la ministre.

« Adapter la réforme aux réalités de terrain »

En outre, « je nommerai très prochainement un inspecteur de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), monsieur Pierre Ricordeau, médiateur », a annoncé Agnès Buzyn. Il sera chargé d' »expertiser les appréciations divergentes entre certains départements, certaines fédérations, et les services du ministère, sur les conditions de déploiement et les conséquences budgétaires de la réforme », a expliqué la ministre.

« Je propose que ce médiateur examine la situation effective rencontrée dans quelques départements (…) qu’il me fasse remonter ses remarques, les difficultés, et surtout des propositions pour adapter la réforme aux réalités de terrain », a-t-elle développé. » (Extait de .letelegramme.fr du 30/1/2018)

En savoir plus sur http://www.letelegramme.fr/france/ehpad-pierre-ricordeau-prochainement-nomme-mediateur-30-01-2018-11833447.php#OtqILU0SRzJgLSaM.99
© Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/france/ehpad-pierre-ricordeau-prochainement-nomme-mediateur-30-01-2018-11833447.php#OtqILU0SRzJgLSaM.99

« De l’intelligence collective à la médiation en entreprise », entretien avec Thibaut Delacour – médiateur du travail, fondateur de Facilitandi .


De l’intelligence collective à la médiation en entreprise

« Un entretien avec Thibaut Delacour – médiateur du travail, fondateur de Facilitandi . Propos recueillis par Nathalie Mauvieux, médiatrice du travail

Spécialiste de la conduite de travaux collectifs, juriste de formation, Thibaut Delacour accompagne et stimule l’intelligence collective au sein de tous types d’organisations. Il intervient principalement en tant que tiers indépendant pour aider à  l’émergence et au déploiement de projets innovants, faciliter les projets complexes, pouvant impliquer de multiples acteurs, et permettre une gestion apaisée des conflits. À son propre compte depuis 2011 dans la continuité d’une expérience salariée d’une dizaine d’années en fédérations professionnelles puis dans une entreprise industrielle, il fonde le cabinet Facilitandi. Il se forme à la Médiation à Paris II en 2013 et complète la palette de missions de Facilitandi en devenant Médiateur. Thibaut Delacour définit la médiation au Travail comme s’adressant à l’ensemble des professionnels et des organisations, quelles qu’elles soient (entreprises, associations, syndicats professionnels). « Il peut s’agir de collaborateurs comme de partenaires au sein d’un réseau, ou encore de clients professionnels et de fournisseurs. » Son périmètre d’intervention en Médiation, concerne aussi bien l’intra que l’inter organisation.

Un positionnement original

Comme on devient rarement médiateur par hasard, Thibaut Delacour explique s’y être orienté parce que « j’adopte assez naturellement ce rôle de tiers permettant à chacun d’exprimer ce qu’il a à exprimer et de libérer la parole dans un cadre apaisé. Mais ce n’était pas suffisant. Ma formation initiale à la médiation et les formations ultérieures m’ont permis d’approfondir cette posture très particulière de médiateur. » Lorsqu’il est sollicité pour une question liée à un conflit ou à un problème de communication inter-personnelle, il prend le temps d’évaluer la situation, plutôt que de proposer une médiation comme seule réponse possible. Cette évaluation passe par un diagnostic, une phase d’écoute. Dans sa pratique, la médiation s’inscrit donc dans le cadre d’une approche globale, qui consiste à étudier les différentes options face à une sollicitation, et à faire du sur-mesure plutôt que du « prêt-à-médier ». Il explique que dans sa pratique, proposer une médiation peut intervenir très en amont, « dès la « zone vert orange » avant que les relations ne soient complètement détériorées, et pas seulement en « zone rouge vif. » »

Lorsqu’il propose une médiation, il s’agit alors d’une démarche exclusive, à l’exception de toute autre proposition de prestation. « Cette approche rassure sur le fait que j’interviens comme tiers indépendant, sans risque de versatilité et de changer mon fusil d’épaule si la médiation ne pouvait pas se faire.  D’autres pistes peuvent être envisagées, mais ça ne pourra pas être avec moi. » Pour proposer sa palette de services, il évoque la prospection commerciale comme un incontournable : « Je martèle l’intérêt de la médiation, je contacte les décideurs potentiels. Je présente mes services, et, plus spécifiquement, la médiation. Je propose trois savoir-faire principaux – gérer un conflit, dépasser un cap, stimuler la créativité – et quatre types de services – facilitation, médiation, conseil, accompagnement de projet. La ligne directrice étant l’accompagnement de l’intelligence collective. »

Une méthodologie systémique

En termes de méthodologie, au début du dispositif de médiation, la priorité de Thibaut Delacour est de poser le cadre, et en particulier les principes de confidentialité, neutralité, impartialité et d’indépendance du médiateur, clairement explicités dans la convention avec le demandeur. Concernant le principe de confidentialité, il estime nécessaire de maintenir strictement la confidentialité des travaux afin de sécuriser le travail de médiation et garantir la qualité des échanges. L’entretien avec le responsable de l’organisation a également pour but de définir les modalités pratiques du processus. Les échanges sur ces points ne relèvent pas uniquement de l’organisation logistique, mais permettent de mieux cerner la culture de l’Entreprise ou de l’Organisation tout en garantissant la neutralité du processus. Une fois le dispositif cadré avec le responsable de l’organisation, Thibaut Delacour reçoit l’ensemble des parties prenantes en entretiens individuels ou semi-collectifs : les personnes concernées comme celles qui ne le sont pas directement mais qui peuvent jouer un rôle ou donner un éclairage sur les difficultés. Ces entretiens sont notamment réalisés dans une approche systémique pour comprendre « le système et les mécanismes de communication entre les différentes personnes. » Si elles sont possibles, les séances de médiation sont organisées sur 2 ou 3 heures, « généralement une médiation a lieu avec 2 ou 3 séances de 2h chacune », précise-t-il. Pendant la séance de médiation, Thibaut Delacour explique observer régulièrement « ce moment particulier où à la fois tout peut se produire et tout nous échappe, comme un point de bascule au cours duquel la catalyse se fait. C’est le moment où, tout à coup, une transformation s’opère. »

A l’issue de la médiation, « le fait qu’il y ait accord ou pas n’est pas un critère de succès », explique-t-il. Car selon lui, le seul fait d’accepter d’entrer en médiation représente en tant que tel un facteur de réussite : « Dès lors que les personnes acceptent la médiation, le cadre, qu’elles s’engagent de manière responsable et adulte, il se passe quelque chose, et l’essentiel du travail est fait. Le succès est là si les personnes peuvent repartir ensemble sur un base plus saine, quitte à ne faire bouger le système que très légèrement par des petits pas, plutôt que par un accord trop ambitieux qui pourrait rester lettre morte. » Et ensuite ? Thibaut Delacour peut proposer, comme d’autres médiateurs, un entretien de suivi, mais de façon bornée dans le temps « pour ne pas entretenir le lien trop longtemps. »

Des recommandations

Sa conviction, c’est qu’il ne faut pas vendre de la médiation pour de la médiation, mais la proposer pour permettre aux personnes d’être en position de responsabilité, et de retrouver un dialogue vrai quelle que soit la situation. « La médiation n’est ni un rêve, ni un vernis, ni du développement personnel, mais un processus gagnant-gagnant entre des personnes qui acceptent de construire ensemble ». La restauration d’un dialogue contribue à réaffirmer le sens que chacun donne au travail, là où les incompréhensions creusaient des fossés de malentendus et de perte de repères.

Quel rôle pour le SYME selon Thibaut Delacour ? « L’approche du SYME est très intéressante, avec un positionnement que je recherchais depuis un moment. Il est important de porter le message de la professionnalisation de la Médiation. Parce que la Médiation est une profession à part entière. » (Extrait de syme.eu du 17/01/2018)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/22300-de-l-intelligence-collective-a-la-mediation-en-entreprise

Vidéo : Conflit Areva-la-Hague : les salariés votent pour la médiation


 

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« À l’issue de l’assemblée générale organisée par les syndicats d’Areva-la-Hague, suite à la venue du directeur national du groupe ce mercredi matin 17 janvier 2018, salle Jean Jaurès à Équeurdreville, les salariés ont approuvé la mise en place d’une médiation. Quelque 293 votants se sont prononcés pour et 35 contre.

Le directeur national d’Areva-la-Hague a souhaité mercredi sur le site revoir les propositions pour régler le conflit « dans le dialogue : nous sommes tombés d’accord ce mercredi pour désigner un médiateur externe qui aura quelques mois de délai pour trouver une solution. »

À l’assemblée générale mercredi soir, les salariés ont dû voter pour ou contre la médiation, une fois le compte rendu des discussions du jour fait par les syndicats Unsa-spaen-CGT-CFDT.

« La direction a recrédité les jours fériés récupérés jusqu’au 1er janvier 2019, levé les congés imposés et laissé jusqu’au 1er juin au médiateur pour aboutir. »

Le vote obtenu après les débats salle Jean Jaurès a Équeurdreville ? « 293 pour la médiation, 35 contre » précise Christophe Laisné. Direction et syndicats se revoient ce jeudi pour définir le protocole.  » (Extrait de ouest-france.fr du 17/01/2018)

Vidéo à consulter sur https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/video-conflit-areva-la-hague-les-salaries-votent-pour-la-mediation-5506262

Médiation travail :cinq agents du service comptabilité de la ville de Vire Normandie sont en arrêt, un médiateur proposé pour dénouer la situation


  • Marc Andreu Sabater, maire de Vire, espère que la tension au sein du service comptabilité de la mairie s’apaisera.

« Depuis fin décembre, cinq agents du service comptabilité de la ville de Vire sont en arrêt. Marc Andreu Sabater a fait le point sur la situation lors des vœux au personnel municipal.

À l’issue d’une réunion extraordinaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la ville de Vire, cinq agents du service comptabilité avaient été mis en arrêt. En cause des conditions de travail trop chargées et d’une pression trop importante.

En ce début d’année 2018, les cinq agents sont toujours en arrêt. Marc Andreu Sabater, après avoir rappelé qu’il avait lui-même « convoqué la réunion extraordinaire du CHSCT » pour évoquer la question, souhaite que « ces cinq agents reprennent le travail dans de bonnes conditions ».

Pour cela, le maire a proposé l’intervention d’un « médiateur neutre » afin de dénouer le conflit au sein du service. « Dans un deuxième temps, nous allons faire appel à un consultant extérieur pour redéfinir l’organisation du service » , afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise. » (Extrait de ouest-france.fr du 10/01/2017)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/normandie/vire-normandie-14500/vire-normandie-agents-arretes-un-mediateur-pour-denouer-la-situation-5492219

« Eléments de psychosociologie du travail pour médiateurs » Nathalie Mauvieux (SYME)


« Michèle Drida, psycho-sociologue du travail et médiateur, est spécialisée dans la régulation des conflits inter-personnels en entreprise, en lien avec la prévention des RPS et leurs manifestations telles que stress, harcèlement moral, burn-out et agressions. Dans son approche de régulation des situations conflictuelles, elle fait appel à différentes techniques d’intervention, dont la médiation.

Les demandes d’intervention qui lui sont exprimées, émanent pour l’essentiel d’employeurs qui ont tenté des actions sans succès (ex : réunions d’équipe, tentatives de réconciliation…) pour venir à bout de situations conflictuelles au sein de leurs équipes. Elle constate que les sollicitations interviennent souvent trop tard, alors que le conflit entraîne déjà des perturbations dans les services collatéraux, et/ou qu’il est passé dans le registre juridique avec allégation de harcèlement moral, radicalisant les positionnements des acteurs.

Selon Michèle Drida, la manière dont les difficultés conflictuelles sont abordées dans les organisations, fait souvent l’impasse sur la question de fond : le Travail. Le Travail dans des collectifs où on ne se choisit pas, et dans lesquels les relations sont structurées par un but commun à atteindre. C’est bien l’introduction du « Travail » conçu comme Tiers, qui va permettre de faire se déplacer les problématiques et introduire une possibilité d’évolution des relations.

Un exemple est donné d’une Collectivité Territoriale : un conflit collectif dure depuis plusieurs années et divise l’équipe et son chef. Les salariés concernés sont des éducateurs de rue dans des quartiers difficiles, qui s’affrontent dans deux conceptions diamétralement opposées de leurs façons de pratiquer leur métier. Après un an de vacance du poste un nouveau chef arrive avec pour consigne de remettre l’équipe au travail Des clans se forment, les pro-chefs, les anti chefs, les neutres. Les difficultés s’enracinent, l’encadrement ne traite pas le problème et attend une résolution spontanée des difficultés, qui naturellement ne survient pas. Face aux demandes d’aide la réponse de la Direction est la même sur le mode « ça va passer ». Assez maladroitement, le Chef place alors des alliés dans les équipes, au fur et à mesure des remplacements. Tout ceci provoque un clash.

Dans ce collectif, le travail de la psycho-sociologue a consisté, dans un premier temps, à faire travailler les acteurs sur les déficits de repères, à mesurer la souplesse des positions et leur capacité à bouger leurs représentations sur le travail. Les personnes ont été reçues en entretien par petits groupes – les anti-chefs, les pros et les neutres. Puis dans un second temps son intervention a consisté à accompagner l’encadrement dans la nécessaire prise de parole et de position autour de ces conflits, en l’invitant à objectiver le « c’est quoi du bon boulot ». Un médiateur était d’ailleurs déjà intervenu par le passé ; sa démarche avait été fraîchement accueillie parce que vécue par les équipes sous le mode « embrassez-vous et n’en parlons plus », autrement dit comme un renoncement de la Direction à jouer son rôle de régulation et d’arbitre. Alors que les agents étaient en quête de sens, de réassurance et d’éclairage sur leurs gestes métiers, l’enjeu préalable à la Médiation aurait été d’abord que la hiérarchie reprenne sa place pour remettre la valeur Travail au centre et éviter que le conflit ne s’enlise.

De ses nombreuses expériences Michèle Drida tire notamment ces trois enseignements :

  1. Primat de la subjectivité. Les conflits au travail mettent en scène des affrontements de subjectivité. Chacun vit sa réalité et pour chacun elle est totalement vraie.
  2. Centralité du travail. Le travail est avant tout une activité de transformation, qui construit de l’humain et nous renseigne sur nous-même : ce que nous savons faire ou pas, nos compétences, la reconnaissance sociale qu’elles nous procurent. Le Travail c’est aussi le sens et la fierté, le lien social de produire pour la collectivité, le lien par rapport à ceux que nous remplaçons et ceux qui nous remplaceront à l’avenir, comme une transmission. Le travail nourrit l’estime de soi, est porteur de valeurs individuelles. Il fait prendre vie à notre système de valeurs et est un soutien de l’identité. Inversement quand cela se passe mal, il apporte confusion et déstructuration. Les affects et les sentiments qui s’expriment dans une relation de travail, ne peuvent se comprendre sans mise en perspective des enjeux du travail.
  3. Clivage organisationnel. Selon Michèle Drida, l »activité de transformation précédemment citée, se heurte, dans les organisations, à la logique gestionnaire, celle de la primauté des objectifs quantitatifs, faisant perdre son sens au travail et induisant des désaccords de valeurs. Par exemple dans le milieu hospitalier où des temps sont attribués par la Direction administrative de l’Hôpital, aux soins à prodiguer aux patients ; ces procédures peuvent se heurter à la bonne exécution du travail réel (le soin au patients) et mettent les soignants en porte à faux, impactant ainsi le sens du travail et les valeurs des soignants qui considèrent qu’ils travaillent d’abord pour les patients avant d’œuvrer pour la sauvegarde économique de l’Hôpital. Il y a un clivage entre 2 logiques à l’œuvre au sein de la même organisation : celle du travail de terrain et celle de la gestion. Ce clivage conduit à des affrontements et des conflits entre salariés.

Ainsi, selon Michèle Drida, les RPS proviennent d’un deni du travail réel en lien avec des organisations du travail clivées. Ce clivage, qui entraîne perte d’estime de soi et du sentiment d’utilité, est à la source de la plupart des souffrances au travail. Pour elle, il y a donc lieu de procéder d’abord à un état des lieux qui permette de comprendre les relations et leur dégradations en les remettant en perspective du travail et des causes de tension qu’il génère. Après quoi, selon la situation, des régulations peuvent être apportées, soit par la hiérarchie qui procédera aux arbitrages nécessaires, soit par un tiers neutre qui pourra alors procéder à une médiation. La médiation intégrera alors la dimension du travail et pourra s’y appuyer afin de faire émerger l’intérêt commun. » (Extrait de syme.eu du 8/01/2018)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/tag/574-mediation-du-travail

Formation : Bien-être et santé au travail : comment la médiation est un levier pour gérer et prévenir les RPS ? à Lyon le 30 Janvier 2018


 

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« Formation à la Médiation  à Lyon le 30 Janvier 2018 (09h30 à 17h30) sur le thème : Bien-être et santé au travail : comment la médiation est un levier pour gérer et prévenir les RPS ? animée par Jean-Marc BRET, Avocat et Médiateur, Chargé de formation en médiation (EDARA, IAE, ENM, Université de Savoie, Université Lyon 2, Ecole des Médiateurs CNV, CNAM Paris)

Le cabinet est référençable DATADOCK (prise en charge possible du coût de la formation par les OPCA au titre de la formation continue)

Pour toute information : avocats@alagybret.com (Extrait de mediation.alagybret.com)

En savoir plus sur http://mediation.alagybret.com/details-bien+etre+et+sante+au+travail+que+peut+la+mediation+formation+a+la+mediation-2285.html

 

CHU de Grenoble : le rapport du médiateur national à propos du suicide d’un médecin est en ligne.


« Commandé par le ministère de la santé après le suicide d’un médecin début novembre, le rapport du « médiateur national pour l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé » est en ligne depuis ce lundi matin sur le site du ministère. Comme l’avait promis Agnès Buzyn.

Le CHU de Grenoble-Alpes a un problème de management selon le rapport Couty

C’est la ministre de la santé elle-même qui avait attiré l’attention sur l’état du CHU de Grenoble Alpes, en répondant le 20 décembre dernier à l’Assemblée Nationale à une question du député République En Marche de l’Isère Olivier Véran. Agnès Buzyn affirmait qu’il y a des « cas graves de harcèlement » en s’appuyant sur un rapport commandé par ses soins le mois précédent. A la suite du suicide sur son lieu de travail le 2 novembre d’un neurochirurgien de 36 ans très apprécié.

Devant les remous provoqués et après un rendez-vous le vendredi 4 janvier avec la direction du CHU à Paris, la ministre de la santé avait annonçait qu’elle rendrait public ce rapport ce lundi. Elle a tenu parole. Assortissant la publication de la demande à la direction du CHU « d’élaborer sous un mois un plan d’action pour rétablir un climat interne serein et des relations de travail de qualité« .

Les douze pages rédigées par Edouard Couty, « médiateur national pour l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé », ne sont évidemment et il le reconnait lui-même, qu’une vue partielle du sujet basée sur l’audition de « plus de 30 personnes« , au cours de « trois journées de présence » sur place à Grenoble, mais il y a quelques constats sévères.

Un suicide aux motivations personnelles mais…

Concernant le suicide du praticien certes dit le rapport « La lettre qu’il a laissée montre, au dire des personnes qui ont pu en prendre connaissance, qu’il a été poussé par des motifs personnels » mais Edouard Couty poursuit, « Il n’en reste pas moins que le choix du lieu a une signification« . Ce suicide intervenu au sein d’un service en tension, chamboulé par une réorganisation d’ampleur, n’a fait qu’ajouter au « traumatisme« , pour un service décrit aujourd’hui comme « dans une situation de forte tension, et de grande fragilité« .

Guerre des chefs et management « incompris »

Concernant deux autres services : néphrologie et réanimation médicale, ce sont des conflits entre praticiens hospitaliers qui laissent des cicatrices édifiantes selon le médiateur. Des conflits entre praticiens jeunes et plus âgés ou entre praticiens « du CHU » et d’autres arrivant de l’extérieur qui vont jusqu’à des arrêts maladie, des retraits et des services « balkanisé » ou en « situation délétère« .

Enfin le rapport n’épargne pas la chaîne de direction tout entière du CHU, trop focalisée sur les questions de moyens : « Si les dimensions financières et d’activité sont justifiées et légitimes, il manque une attention particulière aux difficultés et aux souffrances des personnels (médicaux en l’occurrence), il manque un accompagnement et une gestion personnalisée des personnes en grande difficulté, il manque enfin une meilleure articulation entre médecine du travail, CME et direction« . Un management qui a d’importants défauts de communication également insiste le rapport.

Dans un communiqué ce lundi soir le conseil de surveillance du CHU Grenoble-Alpes, présidé par le maire de Grenoble Eric Piolle, explique que « à l’unanimité » tous les acteurs de l’hôpital public ont « exprimé leur volonté de se saisir de ces circonstances pour modifier profondément le mode de gouvernance et retrouver une cohésion d’Etablissement forte« . Communiqué qui souligne que « le harcèlement institutionnel […] a été exclu par Madame la Ministre. » (Extrait de https://www.francebleu.fr/infos/societe/chu-de-grenoble-le-rapport-est-en-ligne-1515432309 

Rapport à consulter sur http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_couty_chu_de_grenoble.pdf

Guyane : le tribunal met en attente sa décision pour laisser une chance à la négociation dans le cadre d’une médiation


Guyavert : le tribunal met en attente sa décision pour laisser une chance à la négociation

« Le juge Patrick Chevrier, a décidé de retarder sa décision. Saisi en référé dans le conflit qui oppose les employés de Guyavert à leur direction, le juge devait statuer sur une astreinte, c’est-à-dire une amende, en cas de nouveaux blocages.

Il a décidé de repousser sa décision au 5 janvier et ainsi laisser une chance aux négociations en cours. Un médiateur a été nommé mardi soir pour tenter de résoudre le conflit social. « Je ne veux pas que ma décision jette de l’huile sur le feu », s’est exprimé le juge. Représentants syndicaux et patronaux ont tous acquiescé cette décision. Une note de délibéré a été établie et permet aux différentes parties de contacter le juge d’ici au 5 janvier en cas d’avancée significative ou de nouveau blocage. » (Extrait de franceguyane.fr du 27/12.2017)