« Madame, Monsieur, en tant que Maire, vos 100 prochains jours seront marqués par l’exigence d’une gouvernance moderne, capable d’allier efficacité administrative et apaisement des relations sociales. Dans un contexte national tendu où la défiance vis-à-vis des institutions ne cesse de croître, vous avez l’opportunité de transformer radicalement la gestion des conflits au sein de votre cité en intégrant la médiation territoriale comme un levier stratégique de votre mandat. L’administration, par nature, se place souvent dans une position verticale vis-à-vis de l’usager ou de l’agent, ce qui peut engendrer des incompréhensions et des blocages récurrents. Le médiateur n’est pas là pour remettre en cause votre autorité ou celle de vos services, mais pour restaurer un dialogue d’égal à égal, indispensable pour reconstruire la confiance.
La sécurisation des directions opérationnelles et la détection des signaux faibles
Pour vos directions opérationnelles et fonctionnelles, l’arrivée d’un médiateur est un gage de sécurisation et de sérénité. Vos directeurs font face quotidiennement au défi de garantir la fiabilité des procédures tout en gérant des situations conflictuelles qui, faute de traitement adapté en amont, se dégradent parfois en phénomènes d’engrenage coûteux et chronophages. La médiation permet de traiter ces litiges avant qu’ils ne deviennent complexes, préservant ainsi la qualité de vie au travail et la continuité du service public. En travaillant en bonne intelligence avec vos services, le médiateur devient un capteur de signaux faibles, un thermomètre du climat social qui, par ses retours d’expérience, permet d’améliorer durablement les processus internes et d’éviter la répétition des erreurs. » (Extrait de weka.fr/du 26/02/2026)
« La société agro-industrielle Plantations et Huileries du Congo (PHC) a annoncé, dans un collège, ce vendredi 20 février, la fin de la médiation entamée en 2018 avec les communautés voisines de ses sites d’exploitation, notamment de Lokutu dans la province de la Tshopo, de Boteka dans la province de l’Equateur et de Yaligimba dans la Mongala, réunies au Centre Boboto à Kinshasa.
Les différentes parties prenantes ont officiellement acté la clôture du processus de médiation conduit sous l’égide du Independent Complaint Mechanism (ICM), renseigne le communiqué. La médiation trouve son origine dans une plainte déposée en 2018 par l’ONG RIAO-RDC au nom des communautés vivant à proximité des plantations dans les agglomérations citées ci-haut.
À l’époque, l’entreprise était encore sous la gestion du Groupe Feronia et bénéficiait de financements de banques européennes de développement. Saisies, ces institutions avaient sollicité l’ICM afin de mettre en place une médiation indépendante destinée à instaurer un cadre de dialogue structuré. En 2020, après un changement d’actionnariat et le retrait des bailleurs européens, la poursuite de la médiation « ne constituait plus une obligation formelle », précise le communiqué. » (Extrait de actualite.cd du 24/02/2026)
« Ancrées dans la dialogie, la métamorphose et le dialogue des contraires, la médiation et la pensée complexe ouvrent la voie à une réflexion exigeante, où la médiation se révèle comme une démarche à la fois engagée, critique et transformatrice : -Comment dépasser la polarisation des idées et des comportements ? -Face à l’incertitude , comment repenser nos cadres de pensée et d’actions collectives ? -L’IA peut-elle soutenir la complexité ? -En quoi les sciences du cerveau et les approches philosophiques peuvent-elles enrichir notre – compréhension du compromis et de la complexité des enjeux contemporains ? » (Extraits)
L’article présente une analyse de l’innovation à travers divers champs de l’intervention et de la régulation sociale : médiation citoyenne, médiation familiale, droit collaboratif… L’auteur propose un examen des conditions d’émergence et de production de ces modes d’intervention sociale et juridique à l’aune des logiques d’innovation mises en avant par les acteurs impliqués : professionnels, experts, représentants d’association… Face à des situations sociales jugées insatisfaisantes, comment de « nouvelles » pratiques, renforçant notamment les capacités et l’inclusion des personnes, sont-elles développées et en quoi relèvent-elles de pratiques innovantes ? À travers un examen détaillé de ces pratiques et des discours des acteurs, nous proposons une modélisation idéal-typique de trois types de logiques d’innovation (transposables mutatis mutandis dans d’autres modes d’intervention sociale) fondées respectivement sur l’adaptation, l’importation ou la création d’une action. (Extrait)
The article presents an analysis of innovation through various fields of social intervention and regulation: citizen mediation, family mediation, collaborative law, etc. The author examines the conditions for the emergence and production of these modes of social and legal intervention in the light of the rationale for innovation put forward by the actors involved: professionals, experts, association representatives, etc. Faced with social situations deemed unsatisfactory, how are « new » practices developed, in particular to enhance people’s capacities and inclusion, and in what way are they innovative practices? Through a detailed examination of these practices and the discourses of the actors, the author proposes an ideal-typical model of three types of innovation logics (transposable mutatis mutandis to other modes of social intervention) based respectively on the adaptation, importation or creation of an action.
Nous n’avons plus le choix : il y a urgence à “faire médiation”. Les fractures sociales deviennent des failles, creusant des antagonismes devenant irréductibles. Elles mettent en danger notre capacité à “faire société”. Les passions et les conflits prennent le pas sur le goût, le plaisir et la volonté de notre “vivre ensemble”. Des vents mauvais soufflent sur les blessures et les rancœurs alimentées par les difficultés économiques et sociales, diffusant une culture de la haine de l’autre.
Nous n’avons plus le choix : il nous faut développer cette culture de dialogue et de paix fondée sur la tolérance, l’écoute et l’ouverture à l’autre. Les soubresauts de la société civile et les blocages qui s’en suivent – des “gilets jaunes” jusqu’aux nouvelles émeutes, en passant par le mouvement social des retraites – deviennent de plus en plus fréquents et violents. Notre société perd sa capacité à trouver ses modes de régulation.
Nous n’avons plus le choix : il nous faut réinvestir tous les lieux et espaces de vie où les tensions et les conflits minent la vie quotidienne des citoyens et la bonne coopération entre tous les acteurs et institutions pour y installer des modes de résolution pacifiés.
Nous n’avons plus le choix : il nous faut garantir à chacune et à chacun sa qualité de citoyen et sa place dans la Cité. La révolte récente des jeunes est symptomatique à cet égard de la faillite des institutions à construire des modes de régulation dans l’intercompréhension de tous les acteurs.
Nous n’avons plus le choix : la menace sur notre planète oblige et nous obligera à prendre des mesures de limitation grandissante de notre consommation et de l’usage des biens collectifs, heurtant nos intérêts particuliers. Pour être acceptées, les contraintes de plus en plus fortes doivent être le moins coercitives et faire l’objet de concertation collective.
Nous n’avons plus le choix.
Aussi, les premiers signataires de cet appel (médiateurs de terrain et universitaires engagés dans la construction de la médiation depuis de longues années) appellent acteurs, institutions, collectifs, individus à “faire médiation”. Elle n’est pas le seul fait des médiateurs : la médiation exige des professionnels, mais ils ne peuvent réussir qu’à la demande et la coopération de tous.
La médiation, sous toutes ses formes et quel que soit le lieu, oppose la pratique du tiers neutre et impartial permettant d’anticiper et de résoudre ces conflits qui minent le quotidien des personnes et nuisent à la coopération avec les institutions et entre elles-mêmes. La médiation, c’est le droit, comme fondement du « vivre ensemble » – et le lien, que le droit seul ne peut assurer. Plus qu’une technique, davantage qu’un dispositif, elle s’appuie sur des méthodes éprouvées, une déontologie qui préserve la confidentialié des personnes et surtout une vision positive de l’Homme : sa capacité à dépasser l’étroitesse de ses propres intérêts et représentations pour construire du commun.
Aussi, nous appelons à promouvoir un droit d’accès pour tous à la médiation. Toute personne, tout acteur, doit pouvoir trouver, dans son environnement proche et quel que soit l’espace social, un espace où il (elle) peut être accueilli(e), écouté(e), protégé(e) par la confidentialité, reconnu(e) dans toutes ses dimensions, y compris émotionnelles.
Ces espaces de médiation doivent se développer :
Dans les quartiers : les médiateurs sociaux, qui ont montré leur efficacité, doivent associer des médiateurs citoyens pour gérer les conflits de voisinage et du quotidien et créer de nouvelles solidarités dans les quartiers.
Dans les territoires, pour faire le lien entre habitants, services publics et institutions locales et raviver la participation démocratique mise à mal par la multiplicité des strates de gouvernance.
Dans les entreprises, pour anticiper, prévenir et gérer les nouvelles conflictualités au travail
Dans les famillies, par la médiation familiale pour gérer les conflits qui dépassent largement ceux de la vie de couple.
Dans le domaine de la santé et les maisons de retraite… pour rétablir la confiance entre soignants, soignés et familles.
Dans les établissements scolaires, l’avenir de notre pays, par la convergence des les fractures scolaires en développant les différentes formes de médiation à l’intérieur et à l’extérieur des les établissements scolaires des et en faisant des établissements une école de la citoyenneté..
Pour les questions environnementales, pour accompagner la transition écologique, réguler les conflits liés à l’environnement : comme ceux relatifs aux aménagements routiers et ferroviaires, à l’exploitation des resourcesressources naturelles, aux conflits d’usages des biens communs comme l’eau, les espaces naturels…
Pour l’accueil et l’accompagnement des réfugiés en permettant qu’ils soient acteurs de leur insertion et de leur destin, comme le font nos collègues médiateurs espagnols, portugais et italiens, pour être fidèles aux valeurs européennes d’ouverture à l’autre, socle de notre « vivre ensemble ».
Pour renforcer et développer ces médiations, nous appelons au développement de “villes et territoires de médiation” qui proposent une vision et une politique globale de l’insertion de la médiation dans toutes les dimensions de la vie des habitants et s’engagent à leur assurer l’accès à la médiation.
Nous en appelons à la constitution d’un véritable Pacte de Médiation pour progresser vers une société plus inclusive et respectueuse de son environnement.
Les premiers signataires
· André MOISAN, Président de l’association européenne de médiation sociale, CreE.A
· Hibat TABIB, fondateur de la première « Ville européenne de médiation » à Pierrefitte sur/Seine en 2005
· Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT, responsable de la ”Lettre des médiations” et de la “Revue des médiations”
· Michèle GUILLAUME-HOFNUNG, auteur du “Que sais-je” : « La médiation »
· Jimmy FAKOUROU, responsable du service de médiation de la ville de Saint-Quentin
· Sylvie ROUXEL, promotrice d’une Licence européenne de médiation