« Nouvelle politique de l’amiable : allier judiciaire et amiable dans l’intérêt du justiciable », Entretien avec Hirbod Dehghani-Azar, Conseil national des barreaux (CNB) et responsable de sa commission ad hoc MARD par B. Stoykov, (Affiches Parisiennes)


« Affiches Parisiennes : Pourquoi assistez-vous à ce lancement et pourquoi est-ce important ?

Hirbod Dehghani-Azar : Déjà parce qu’à titre personnel, cela fait des années que je traite ce sujet et qu’à titre fonctionnel, je suis en charge de la commission ad hoc Mard du Conseil national des barreaux. J’accompagne, avec la profession, ce mouvement depuis un certain nombre d’années. On a modifié notamment nos règles déontologiques pour faciliter les choses, on a donné des formations le plus largement possible, on a mis en place des coopérations avec les magistrats, créé la première session des États généraux des Mard avec le CNB et généralisé dans toutes les écoles une formation aux outils de l’amiable. Tout cela forme un ensemble cohérent qu’on essaye de mettre en place. Il faut être très vigilant sur les règlements qui vont sortir parce qu’il reste encore quelques briques à ajouter, par exemple sur le délai biennal de l’assurantiel ou sur la façon de rendre opposable l’amiable, comme dans d’autres pays, aux tiers qui ne sont pas dans le procès, avant tout procès. On peut passer par une assignation à participer à la première réunion de l’amiable, ce pourrait être un principe permettant d’avoir une vraie stratégie judiciaire de l’avocat qui comprendrait une manière d’imposer à tout le monde un premier dialogue dans un cadre cohérent et qui permettrait d’avancer le cas échéant devant le juge. On aurait vraiment deux stratégies parallèles à partir de ce premier rendez-vous : soit les gens accepteraient d’entrer ensemble dans l’amiable avec l’administration de la preuve, la définition des réels problèmes, les responsabilités, soit ils refuseraient et iraient sur un parcours normal.

Aujourd’hui la politique est très axée sur la procédure civile mais les praticiens en matière publique sont aussi très en demande. Un travail très important est fait dans ce sens-là mais il ne faudrait pas avancer à deux vitesses, il faudrait essayer d’harmoniser pour faciliter la compréhension des Mard pour le justiciable.  » (Extrait de affiches–parisiennes-com du 20/01/2023)

En savoir plus sur https://www-affiches–parisiennes-com.cdn.ampproject.org/c/s/www.affiches-parisiennes.com/amp/nouvelle-politique-de-l-amiable-allier-judiciaire-et-amiable-dans-l-interet-du-justiciable-119435.html

« L’annulation de l’article 750-1 CPC : nouvelle occasion ratée ou opportunité de sauver les M.A.R.D  » par Dominique Lopez-Eychenié, Avocate (village-justice.com)


« L’abrogation passagère de l’article 750-1 du CPC sera-t-elle une nouvelle occasion ratée ou une opportunité pour la profession d’avocat de mettre en avant ses compétences en Modes Amiables de Résolution des Différends et de sauver le recours libre aux tentatives amiables pour les justiciables

A l’origine, rappelons que le législateur a rédigé probablement à la hâte, comme bien des textes législatifs actuels, cet article 750-1 du CPC dans le cadre du Décret n°2019-1333 du 11 décembre 2019 – art. 4 afin de limiter l’accès aux juridictions en contraignant les justiciables à rechercher une solution amiable préalablement.

Il avait déjà été modifié par le Décret n°2022-245 du 25 février 2022 – art. 1 afin de pallier trois oublis à savoir :
- un champ de compétence supplémentaire pour le trouble anormal de voisinage ;
- une 4ème exception portant sur toute disposition particulière où la procédure de conciliation était déjà prévue ;
- une 5ème exception dans le cas d’une procédure préalable simplifiée de recouvrement des petites créances. » (Extrait de village-justice.com/ du 11/11/2022)

En savoir plus sur https://www.village-justice.com/articles/abrogation-passagere-article-750-cpc-sera-elle-une-nouvelle-occasion-ratee-pour,44237.html?utm_source=partage_reseaux

Québec : « Le ministre français de la Justice vient s’inspirer du Québec », Entrevue avec Éric Dupond-Moretti par Hugo Pilon-Larose (La Presse)


La Presse l’a rencontré jeudi dans une salle de conférence du Collège international Marie de France, à Montréal. Le ministre venait de passer la journée à la Cour d’appel, où il avait rencontré son homologue du gouvernement Legault, Simon Jolin-Barrette. Les deux hommes politiques ont discuté des mécanismes déployés dans les cas de violences sexuelles et conjugales. Ils ont aussi décortiqué la façon dont le Québec entendait augmenter le recours aux règlements à l’amiable, afin de désengorger les tribunaux.

« J’ai beaucoup à apprendre de la procédure mise en place au Québec en matière de procédures civiles », dit d’emblée M. Dupond-Moretti, avocat de carrière qui a le statut de vedette dans son domaine en France. À 61 ans, celui qui a l’oreille du président Emmanuel Macron est une figure importante du gouvernement de la première ministre Élisabeth Borne.

« Éric Dupond-Moretti, c’est tout un personnage. Il ne passe pas inaperçu. Il a une carrure, il a une voix qui porte. C’était un peu la terreur des prétoires quand il était avocat. Il prenait souvent des affaires qui étaient très médiatisées et ses adversaires, qui sont nombreux — surtout chez les magistrats –, lui reprochaient de ne pas faire dans la dentelle », explique le professeur Jean-Pierre Beaud, expert de la politique française à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

(…)

Faire participer les citoyens 

Au cours de l’entrevue, où les réponses — étayées — prennent souvent des airs de plaidoiries, Éric Dupond-Moretti détaille les grandes lignes des réformes qu’il veut instaurer pour le système judiciaire français.

« Nous voulons mettre en place un règlement des litiges à l’amiable. Pourquoi ? Parce que quand on participe à son procès, on accepte mieux la décision de justice. Deuxièmement, on gagne beaucoup de temps. Ce temps que l’on dégage […] va pouvoir [être] consacré à d’autres choses, en particulier au déstockage des affaires qui se sont empilées depuis des décennies », affirme-t-il.

« Ce n’est plus le juge qui, avec son imperium, décide. [Dans un procès], celui qui a perdu est convaincu qu’il a été mal jugé », illustre M. Dupond-Moretti. » (Extrait de lapresse.ca du 14/11/2022)

En savoir plus sur https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-11-12/entrevue-avec-eric-dupond-moretti/le-ministre-francais-de-la-justice-vient-s-inspirer-du-quebec.php

Colloque : « Les modes amiables et les litiges de construction », Association Justice Construction, Maison du Barreau, Paris, le 30/11/2022


En savoir plus sur https://www.justiceconstruction.fr/colloque-du-30-novembre-2022

Belgique : Journal des modes alternatifs -Larcier


« Le Journal des modes alternatifs est une revue dédiée aux modes alternatifs. Elle se veut multidisciplinaire tant au niveau des matières traitées (civil, commercial, familial, social…) que des différents regards portés sur l’analyse des sujets (juridique, psychologique, philosophique, sociologique…).
Son objectif est de réunir des articles de qualité offrant une optique résolument pratique, à raison de trois numéros par an.
Sa présentation est moderne et audacieuse par le recours notamment au Legal design.
Elle s’adresse aux avocats, magistrats, médiateurs, négociateurs, conciliateurs, arbitres, notaires, juristes et psychologues. » (Extrait)

En savoir plus sur https://www.larcier.com/fr/journal-des-modes-alternatifs.html?s=09

Colloque (Belgique) : « La place de l’autonomie de la volonté : la médiation est-elle devenue une négociation imposée ? » 12/05/2022 – Louvain–la–Neuve


« PRÉSENTATION

Le Journal des modes alternatifs (JMA), nouvelle revue multidisciplinaire dédiée aux différents modes alternatifs de gestion des conflits, consacre son colloque de lancement à l’autonomie de la volonté dans le contexte de la médiation imposée.

Introduisant un changement de paradigme, la loi du 18 juin 2018 entend cantonner la procédure contentieuse au rang de « plan B », les modes de résolution amiables devenant la voie prioritaire.

Ce changement est déployé par le législateur sous diverses formes et notamment par la possibilité pour le juge d’ordonner qu’une médiation soit tentée, même si l’une des parties s’y oppose.

Ce colloque interroge cette forme de négociation imposée sous l’angle de la pratique.

Après un état des lieux concret dressé du point de vue des magistrats, des médiateurs et des médiés, seront exposés différents outils issus de la pratique pour redonner aux parties la plus large autonomie de la volonté, socle essentiel de la médiation. » (Extrait de larcier.com )

En savoir plus sur https://www.larcier.com/fr/la-place-de-l-autonomie-de-la-volonte-la-mediation-est-elle-devenue-une-negociation-imposee-2022-9781109283747.html?s=09

Info-flash du ministère de la Justice : favoriser le recours aux modes amiables de résolution des différends


Formation : LA DÉMATÉRIALISATION DU RÈGLEMENT AMIABLE DES DIFFÉRENDS : THÉORIE ET PRATIQUE – mars 2022 à septembre 2022 – UNIVERSITÉ TOULOUSE CAPITOLE


En savoir plus sur https://www.ut-capitole.fr/medias/fichier/dematerialisation-du-reglement-amiable-theorie-et-pratique-2022_1643013589646-pdf

Webinaire du CEMA : « L’histoire des Modes Amiables » le 22 janvier 2022 à 18h30 avec Me Françoise BALAGUER


« Me Françoise BALAGUER : Avocate au Barreau des Pyrénées Orientales, Docteure en droit privé, Médiateure, Praticienne de droit collaboratif et formateure pour l’AFPDC, Maître Françoise BALAGUER est passionnée par l’amiable et s’est plus particulièrement intéressée à l’émergence des modes alternatifs de règlement des litiges. » (Extrait de cemaphores.org)

Inscription gratuite sur https://cemaphores.org/?na=view&id=781

« Les modes alternatifs de règlement des litiges en droit du travail » par Alexis FORGE, Master 2 Professionnel- Droit et Pratique des Relations de Travail, Université Panthéon-Assas Laboratoire de droit social (Paris II), 2016, 290p.



INTRODUCTION GÉNÉRALE

  1. Définition, Origines, Constat de l’échec de la justice du travail – La lente émergence des
    modes alternatifs de règlement des litiges a fait apparaître plusieurs types de processus
    alternatifs à la justice étatique. Bien que le législateur ait créé plusieurs modes alternatifs de
    règlements des litiges, il n’a pas défini la notion. Il faudra alors la déterminer pour
    comprendre l’intérêt et la logique de ces modes alternatifs (I), la recherche des origines et de
    l’Histoire de ceux-ci apparaît nécessaire (II). Depuis plusieurs années, les modes alternatifs de
    règlement des litiges se développent. Si en droit du travail, cet essor est moins important, il
    n’en est pas moins réel du fait de l’échec de la justice du travail à répondre aux attentes des
    parties (III).
    I- Recherche d’une définition des modes alternatifs de règlement des litiges
  2. Étymologie, Qualification, Multiplicité des modes alternatifs de règlement des litiges –
    L’absence de définition des modes alternatifs de règlement des litiges oblige à analyser
    l’étymologie des mots qui composent la notion (A). Se pose ensuite un problème de
    qualification ou d’appellation (B). Enfin, la pluralité des modes alternatifs de règlement des
    litiges offre aux parties une multiplicité de processus ayant une finalité commune (C).
    A- Étymologie des « modes alternatifs de règlement des litiges »
  3. Qu’est-ce qu’un mode ? – Le terme mode vient du latin modus qui signifie « mesure » ou
    « mesure de surface » qui a évolué en « limite » et à « manière de se conduire, de se diriger »,
    d’où par généralisation « façon de faire, façon ». Cette évolution s’explique par l’influence du
    verbe latin moderari qui signifie « modérer ». Le mode doit être compris au sens de méthode,
    de processus de moyen.

Mémoire à consulter sur https://docassas.u-paris2.fr/nuxeo/site/esupversions/9270b2b5-ca64-484c-bf7d-bfa3852e9deb?inline

Belgique : Les Marc’s, une autre façon d’envisager la justice


Le Belge a faim de justice mais se montre un peu trop glouton quand il s’agit d’entamer des procédures judiciaires. Entre 2012 et 2018, un rapport d’évaluation des systèmes judiciaires européens de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice recensait le nombre de procédures judiciaires introduites pour 100 habitants. Et le Belge avec ses 6,8 procédures devançait largement ses voisins français (2,2), allemand (1,5), néerlandais et luxembourgeois (0,8 tous les deux).

(…)

Une obligation légale pour les avocats qui doivent se former

Depuis quelques années, la justice essaie de trouver de nouvelles solutions pour régler les litiges relevant du droit privé (civil, familial, entreprises et travail) en privilégieant la communication et les règlements à l’amiable plutôt que l’affrontement. Et pour arriver à cette fin, elle offre aussi la possibilité de sortir de la dynamique juridique axée sur des questions de faute et de responsabilité pour se focaliser sur des solutions mutuellement satisfaisantes élaborées par les parties elles-mêmes.

La loi du 18 juin 2018 introduit d’ailleurs dans le Code judiciaire l’obligation légale pour les avocats d’informer leurs clients des différents modes alternatifs de résolution des conflits. Les professionnels du droit doivent les aiguiller vers la voie la mieux adaptée à leurs besoins pour tenter dans la mesure du possible de trouver une solution à l’amiable.

Trouver des accords pour éviter une procédure judiciaire

L’avocat doit donc inciter les acteurs à « réussir » leur conflit en préservant ou en restaurant les liens entre les parties opposées. La voie judiciaire ne doit être envisagée que si aucune solution à l’amiable n’est possible.

Les qualités de conseil et de conciliation de l’avocat sont valorisées plutôt que ses compétences de défendeur. Cette nouvelle approche et cette évolution du rôle de l’avocat va nécessiter de nouveaux champs de compétences. Pour comprendre les besoins des parties, le professionnel du droit devra s’aguerrir aux techniques d’écoute et de négociation raisonnée pour mieux identifier les besoins de chacune des parties. Il doit apprendre à se dégager du « réflexe tribunal » tout en continuant à bien défendre les intérêts de ses clients dans une volonté d’apaisement.

(…)

L’objectif de désengorger les tribunaux

(…)

Les Les Modes Alternatifs de Résolution des Conflits ont évidemment d’autres objectifs que d’apaiser les relations entre deux parties. Ils doivent aider à désengorger les cours et tribunaux et à limiter l’impact économique des procédures. Les Marc’s ont aussi pour ambition d‘impliquer activement les justiciables dans la gestion de leur conflit et arriver à la satisfaction des parties en présence.

L’important ne sera donc plus de gagner son procès. (Extrait de trends.levif.be du 9/06/2021)

En savoir plus sur https://trends.levif.be/economie/lawyerz/les-marc-s-une-autre-facon-d-envisager-la-justice/article-normal-1434653.html?cookie_check=1625175913