
Archives de Catégorie: Lettre d’information
Belgique Publication de la NEWSLETTER/NIEUWSBRIEF n° 5/2020 de l’Union Belge des Médiateurs Professionnels

« La Médiation, une approche transversale » par Jean-Louis Lascoux (officiel de la mediation.fr)
C’était lors d’une conférence à Luxembourg, l’année dernière, même période. La crise politico-sanitaire n’était pas passée par là, mais des mouvements sociaux secouaient de nombreux socles de gouvernance. (…)
LA MÉDIATION, ENTRE POLYSÉMIE ET NÉOSÉMIE
D’un point de vue strictement sémantique, la médiation consiste dans l’intervention d’un tiers, rien de plus. Une intervention dans des contextes de transmission d’information, de problématiques diplomatiques, de rôle de messagers, avec ou sans pouvoir de décision. Ainsi, on a pu considérer que le roi Salomon, le Christ, Louis IX sous son chêne ou Napoléon ont été des médiateurs.
Historiquement, la médiation a été utilisée jusque dans la diplomatie moyenâgeuse, et même après sous toutes les formes de dictatures, pour régler les différends entre vassaux. Quand le personnage principal est un délégué des autorités en place, la médiation est une manière de conduire les personnes à prendre des décisions conformes à ce que l’autorité de référence peut accepter.
Un remake américain s’est propagé dans le courant des années 1970 sur la thématique d’économies infrastructurelles, ce qui a donné les Alternatives Disputes Resolution (ADR) arrivées en France en Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC). Nommée processus ou procédure, la médiation à l’américaine, combinée avec un discours « gagnant/gagnant », aussi séduisant que l’idée du « self made man », a connu du succès. Telle que les promoteurs institutionnels l’ont initialement imaginée, la médiation a été reprise comme un moyen de répondre à des préoccupations gestionnaires. Définie comme un pis-aller valorisant le mauvais accord face au bon procès, il en a été fait une pratique centrée sur les enjeux et les intérêts. Synonyme de négociation, de conciliation et même d’arbitrage, cette médiation est proposée pour la « modernisation du système judiciaire », reléguant la profession d’avocats civilistes à des rôles de consultants, à moins de se former à la médiation. Celle-ci est tenue dans le carcan des traditions morales, cadrées par les textes de loi et les représentations normatives d’une psychosociologie devenue omniprésente. A ce titre, dans le contexte des conflits, les décisions adoptées en médiation doivent témoigner de l’état de servitude volontaire.
LA MÉDIATION DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE
Les ADR ou MARC ont donc fait revisiter la régulation des relations, habituellement confiée à l’autorité souveraine du juge. Avec une terminologie adoucie, le postulat de la « servitude volontaire » a été propagé jusque dans les écoles où le vocabulaire de la vassalité a été repris pour faire passer une médiation moralisatrice, la « médiation par les pairs ». La médiation dispensée dans les écoles est façonnée dans le même modèle et il ne fait pas bon de la critiquer, tant ses promoteurs sont satisfaits de leur instrumentation consistant à déléguer à des élèves le rôle qui incombe à des adultes.
Il existe ainsi de nombreuses pratiques de la médiation. Elles reprennent le modèle du Contrat Social, dont le principe est celui de la « servitude volontaire », qui justifie la soumission à des formes d’autorité. Elles se fondent sur le rôle de tiers plus ou moins formé pour rappeler ou faire émerger le référentiel culturel affirmé comme la norme psychosociale, l’acceptation de la règle, voire la résignation au bon sens et au raisonnable, censée faire équité. Toutes ces pratiques sont reconnaissables : elles sont dotées d’un vocabulaire économique qui leur confère une modernité contextuelle : on gère, négocie, vise le gagnant-gagnant, investit, recalcule ses ressources, prévient les risques. Elles restent ancrées dans le modèle traditionnel, avec l’identification du demandeur et du défendeur. Elles préconisent l’accès illusoirement volontaire des personnes en médiation. Mais son succès est catastrophique, puisque des personnes en conflit ne peuvent partager l’aspiration à communiquer ensemble, à moins qu’elles ne soient guère en conflit.
Simultanément, une autre forme de médiation s’est développée : la « médiation professionnelle. » Je l’ai définie en 1999. Elle a été fondée dans le sillage de la culture de la liberté de décision, avec la publication de mon ouvrage « Pratique de la médiation professionnelle », réédité avec une régularité bisannuelle. Pour aller plus loin, j’ai confié en 2019 au même éditeur le « Dictionnaire encyclopédique de la médiation ». C’est une approche rationnelle. Cette version néosémique de la médiation a introduit des exigences sur le plan éthique et déontologique, avec un Code professionnel, le CODEOME. (Extrait de officieldelamediation.fr du 10/07/2020
En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2020/07/10/la-mediation-une-approche-transversale/?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=twitter&utm_source=socialnetwork
Publication de la New’s 14 de Promevil
Publication à consulter sur https://www.promevil.org/wp-content/uploads/2020/07/NewsPROMEVIL_14.pdf
Publication de La lettre de la Semaine de la médiation – n°3 – juillet 2020
PARUTION DU JOURNAL DU VILLAGE DE LA JUSTICE N°90, DOSSIER SPÉCIAL MODES ALTERNATIFS DE RÈGLEMENT DES LITIGES (MARD).

Editorial de ce numéro : la parole à Pierre Berlioz, Directeur de l’Ecole de Formation des Barreaux.
La Justice du XXIe siècle

« Algorithmes, intelligence artificielle, justice prédictive… Les questions technologiques semblent aujourd’hui avoir absorbé toute la réflexion sur la justice du futur, comme si la modernité tenait uniquement aux outils utilisés…
Or les deux premières décennies de ce siècle, et plus particulièrement ces cinq dernières années, ont vu s’engager une évolution, sinon une révolution, certes moins spectaculaire, mais tout aussi remarquable, sinon davantage : la déjudiciarisation.
Justice avec ou sans juge. Recentrer le juge sur son cœur de métier… Cette formule a présidé, et préside encore largement, au mouvement actuel de déjudiciarisation. Elle n’est sans doute pas très habile, tant par le flou qui entoure l’expression « cœur de métier du juge » que par son caractère exclusif, suggérant que les domaines que ce mouvement concerne ne relèvent pas de son office. Mieux vaut dès lors énoncer que justice ne rime pas nécessairement avec juge. La justice repose sur plusieurs piliers. Le juge n’en est qu’un.
Civile, la justice est avant tout la chose des parties. C’est une forme de bon sens : chacun doit veiller à ses intérêts, et en même temps faire en sorte de les concilier avec ceux des personnes avec qui il se trouve en relation. L’instrument privilégié de la gestion de ces intérêts, y compris lorsqu’ils sont en litige, c’est bien sûr l’accord, sinon le contrat, dans la mesure bien sûr où les droits en cause sont disponibles. (Extrait de
Publication à consulter sur https://www.village-justice.com/articles/parution-journal-village-justice-no90-dossier-special-modes-alternatifs,35804.html
.
Suisse : Publication de la Newsletter – juin 2020 Groupement Pro Médiation (GPM)
Suisse : publication de la Newsletter FSM Juin 2020
Publication de la NEWSLETTER DE L’APMF de juin 2020
Publication de La Lettre n°11 Mai 2020 de l’ANM
Le Covid-19 : émergence d’un collectif ?
Le confinement* conduit nombre de travailleurs à ne plus être dans leur environnement habituel. Les voilà plongés dans le champ de la famille, qui se mêle à l’aire professionnelle. Les enfants, les proches, les animaux domestiques prennent leur place dans les millions de bureaux virtuels. Beaucoup n’ont pas l’habitude de ces intersections. Je travaille en ce moment sur un conflit ancien et très lourd avec plusieurs salariés qui, littéralement, ne se supportent plus. Ayant entamé la médiation avant le confinement et me trouvant proprement au milieu du gué, j’ai décidé de la poursuivre en menant des entretiens téléphoniques à distance. L’effet est saisissant. Les personnes, jusqu’à présent empêtrées dans ce conflit, sont comme apaisées, elles sont plus en distance avec ce qui les oppose, elles reconnaissent elles-mêmes que leur parole est plus libre, et cela va même au-delà. Le confinement chez soi, en faisant tomber la posture professionnelle, favorise en quelque sorte une prise de recul salvatrice. Au-delà de l’anecdote, je sens qu’effectivement, dans le trouble que vivent certains, le fait de ne plus aller au boulot classiquement, de ne plus jouer un rôle social, avec ses rituels, peut être un moment d’interrogation sur le sens de sa propre vie.
Dans les séances de médiation en présentiel, l’environnement est capital. On essaie toujours de faire en sorte que les gens soient placés dans un cadre physique propice à une forme de lâcher-prise. Avec le télétravail, c’est le médiateur qui de manière tout à fait amusante lâche prise, il n’est plus le grand ordonnateur. Tous, nous changeons de peau. On change de cadre. On n’est pas vu. Pas observé par les autres ou par ses responsables. C’est proprement libératoire. Les gens sont incroyablement disponibles, ils parlent moins vite, il n’y a plus la même urgence, on écoute l’autre plus facilement. L’éloignement de l’entreprise permet de quitter son rôle ou le rôle que l’on vous assigne et qui justifie votre place. Ça fait du bien. Quelle liberté ! même si certaines entreprises se sont empressées d’installer le pointage à distance ! Reste à savoir comment les gens retourneront au travail, dans quel état d’esprit ils seront. Comment reviendront-ils à la « normalité » après ce temps singulièrement anormal ? D’ailleurs, que faudra-t-il garder de cette anormalité ? C’est une question fondamentale à laquelle les entreprises et les administrations devront répondre, sous des formes à inventer.
Les gens ont un immense besoin de parler. Ça me rappelle les premiers temps d’internet, quand tout le monde faisait son petit blog, avec cette soif de se raconter, de se dire, de montrer enfin qui l’on était vraiment. Il y avait du bon et du moins bon, du pathétique et du détonnant, mais ça vivait. Je retrouve ça parce que les gens ont la trouille, ils découvrent quelque chose à quoi ils n’ont jamais été confrontés dans notre société : la vulnérabilité. Ceux qui ont connu la guerre sont de plus en plus rares. Là, d’un seul coup, notre société moderne montre crûment sa fragilité sur un versant sanitaire à laquelle elle n’était pas préparée. Notre fragilité potentielle et celle de nos proches se rappellent à nous.
Pourtant, nous vivons et participons tous en ce moment à l’émergence d’un immense collectif. La crise désinhibe les gens, les barrières tombent. On construit des ponts, on tisse de nouveaux liens et on a des envies de faire société. Je suis un tenant du management de la lenteur. Je prône les valeurs du silence, de l’écoute. Le monde du travail est aujourd’hui un étonnant creuset de l’authenticité. Celle-ci se révèle encore plus dans cette crise, elle va être à coup sûr source d’un progrès collectif. Il faut la laisser instiller. D’une certaine manière, le Covid-19 favorise ce mouvement, lent mais sûr. Les gens ne se ferment plus sur eux-mêmes mais ont tendance à s’ouvrir. L’éloignement mais aussi le confinement créent plus de chaleur collective qu’on l’aurait imaginé, on se surprend soi-même. Les rues sont désertes, les campagnes sont encore plus vides, il n’y a quasiment plus de bruit mécanique, le ciel n’est plus strié par les avions mais l’avenir est empli d’une belle promesse collective. De toute façon, nous n’avons pas le choix. Nous devons y croire, sans céder à la première désillusion. On va y arriver !
Hervé Chavas, Médiateur, consultant et formateur
Maître de conférences associé, CIFFOP, Université Paris II Panthéon-Assas
Rubriques
- En hommage à Étienne Le Roy
- Étienne l’humaniste
- Défendre la cause de la médiation – Plaidoyer d’un anthropologue du droit
- Spécial Angers Médiation 2020
- Discours d’ouverture d’Hervé Carré, président du Congrès : la médiation, un repère au cœur d’un monde en transition
- Reflets angevins d’une médiatrice humaniste
- Discours de clôture de Gabrielle Planès, présidente d’honneur de l’ANM : Médiation 21, une voix pour les médiateurs
- Le sens de la citoyenneté pour des temps troublés
- Le médiateur territorial : un acteur engagé au service du citoyen et de la collectivité
- Intermédiés n°7 : inventons ensemble la citoyenneté de demain
- Tribune libre de l’ANM
- La médiation africaine, chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ?
- Chronique d’une victoire incertaine ou l’apprentissage de l’humilité
- Les événements
- Les Vendanges de la médiation, 27-29 septembre 2019, à Suilly-la-Tour (Nièvre)
- Les 20 ans de l’Association des médiateurs européens, 4 octobre 2019, à Paris
- Le Concours de médiation de l’université Lyon II, 7 et 14 novembre 2019, à Lyon
- La Table ronde sur la médiation pénale et la justice restaurative, 28 novembre 2019, à Genève
- Les témoignages
- Les rencontres restauratives : agir plutôt que subir
- Les ouvrages sélectionnés par l’ANM
- La relation, ça se gère ! Pour faire avancer les projets en entreprise
- La comédiation – Mode d’emploi. Clés, témoignages et expériences
- La justice restaurative en France et en Europe. Actes de la journée d’étude du 22 mai 2019 à l’université Lyon 2
- Les associations adhérentes
- AMELY, des actions citoyennes, de l’école au quartier
- La rubrique internationale
- L’association Le Souffle : l’apprentissage du collectif à travers les pratiques préventives et restauratives en milieu scolaire
- Un lieu, des liens : la première Maison de la Paix au Liban
Lettre à consulter sur https://www.anm-mediation.com/newsletter.php?fullid=121766







