Luxembourg : Signature d’une convention de coopération en justice restaurative entre le ministère de la Justice et le Centre de médiation


La justice restaurative: une réponse de réparation entre victimes et auteurs d’infractions pénales

La procédure proposée, tant en amont qu’en aval d’un procès, répond aux critères d’un système de justice moderne et d’une approche nouvelle en matière de réparation des préjudices causés par une infraction. Elle est un complément et ne remplace pas les poursuites ou le procès. Elle peut d’ailleurs débuter à n’importe quel moment, avant, pendant, après le procès voire au cours de l’exécution de la peine.

La mesure de justice restaurative consiste à proposer un échange pouvant aboutir ou non à une rencontre volontaire et encadrée entre la victime et l’auteur. L’objectif est de permettre la réparation du préjudice subi par la victime et à l’auteur de le responsabiliser et ainsi d’éviter la récidive.

Le « service de justice restaurative » est un espace de communication qui, selon les situations, peut permettre:

  • Des échanges d’informations et/ou la négociation d’engagements personnels susceptibles d’apporter clarification et apaisement;
  • La négociation d’une forme de réparation ou de dédommagement;
  • L’expression d’émotions dans des faits graves où la réparation au sens strict n’est pas concevable ou ne suffit pas.

Ces mesures sont suivies et évaluées par le parquet.

Afin d’éviter toute confusion, il convient de distinguer les notions de justice restaurative et de médiation pénale. La médiation pénale constitue une voie alternative aux poursuites pénales, alors que la justice restaurative est une mesure complémentaire qui peut être mise en œuvre indépendamment de la gravité des faits (contraventions, délits ou crimes).

Le facilitateur

Le ministère de la Justice, en collaboration avec le « Competence Center » de l’Université du Luxembourg et l’association belge « Médiante ASBL », a lancé une formation-pilote permettant à dix candidats présélectionnés de devenir facilitateur en justice restaurative.

Les facilitateurs interviendront en tant que vacataires au sein du nouveau « Service de justice restaurative » hébergé par le Centre de médiation. Ce dernier offre un cadre confidentiel et neutre, propice à l’instauration d’un dialogue entre l’auteur et la victime de l’infraction. Le Centre est également chargé de la pratique professionnelle, des principes, méthodes et outils de justice restaurative à mettre en place dans le cadre du projet-pilote soumis à un comité composé de représentants du ministère de la Justice et des responsables du Centre de médiation.

Le rôle du facilitateur est de faciliter, de manière équitable et impartiale, la participation des parties au processus de réparation. Il accompagne les parties tout au long de la procédure restaurative et leur permet de discuter de manière directe ou indirecte des faits et de ses conséquences et de la manière dont ces conséquences sont vécues.

Communiqué par le ministère de la Justice

En savoir plus sur https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/communiques/2020/12-decembre/02-tanson-convention-signature.html?s=03

OUVRAGE : BUGNION J. (dir) « LA JUSTICE RESTAURATIVE EN FRANCE ET EN EUROPE. Actes de la journée d’étude du master médiation du 22 mai 2019 à l’université Lumière Lyon 2 », 2020, 194p., 15€


« Tournée vers l’avenir, la justice restaurative contribue à responsabiliser l’auteur et à offrir à la victime et à son environnement social une reconnaissance des blessures et des souffrances, une réparation des répercussions et des préjudices résultant de l’infraction et le rétablissement de la paix sociale.

Un vrai pluralisme judiciaire est-il possible ? Différents modèles de justice peuvent-ils coexister ? Comment promouvoir, à côté d’une culture répressive, une culture restaurative ?

Pour répondre à ces questions, la journée d’étude du 22 mai 2019 à l’Université Lyon 2 a réuni des témoins et acteurs d’expériences de justice restaurative menées en France et en Europe. Ils ont nourri la réflexion et ouvert des perspectives pour contribuer au développement de la justice restaurative. 

Janie Bugnion, médiatrice pénale et civile assermentée agréée par le Ministère public et le Tribunal des mineurs de Genève , médiatrice pour le parquet du tribunal judiciaire de Paris, administratrice de l’Association nationale des médiateurs (ANM), enseignante spécialiste de la justice restaurative, a coordonné l’organisation de cette journée d’étude et la publication des actes. (Extraits de medias-mediations.fr)

La journée d’étude du 22 mai 2019 et la publication de cet ouvrage ont reçu le soutien de la Faculté de droit Julie – Victoire Daubié de l’Université Lumière Lyon 2, de l’équipe d’accueil Droits, Contrats, Territoires et de l’Association nationale des médiateurs (ANM).

Ouvrage à commander sur https://www.medias-mediations.fr/nos-ouvrages/la-justice-restaurative/#cc-m-product-9695208386

Emploi : Intervenant en justice réparatrice (Équijustice Montréal Ouest)


Postuler avant le 12 décembre 2020

Aimeriez-vous que votre talent ait un impact positif sur les gens avec qui vous travaillez? Recherchez-vous de nouvelles occasions de maximiser et de développer votre expertise? Souhaitez-vous évoluer dans un milieu où l’humain est au cœur des décisions? Nous avons une opportunité pour vous parce qu’ici, votre talent a de l’impact!

Chaque jour, plus de 1 600 personnes travaillent au sein du réseau des YMCA du Québec pour offrir des services diversifiés qui entraînent des changements positifs chez les individus.

Via notre service de justice réparatrice « Equijustice » nous croyons que chaque personne a le potentiel de participer à réparer les torts causés et à rééquilibrer la relation entre les personnes concernées et la collectivité. Nous favorisons leur engagement à travers l’application des mesures prévues par la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), par le Programme de mesures de rechange général (PMRG), et par l’application du Code de procédure pénale du Québec.

La justice réparatrice est un moyen par lequel les torts causés par une infraction, qu’ils touchent autant une personne victime que la collectivité, peuvent être réparés. Elle donne la possibilité à chaque personne de participer au processus de réparation dans un cadre ouvert et respectueux. C’est en favorisant une justice équitable que nous écoutons, accompagnons et soutiennent les parties concernées dans le processus de réparation.

Sous la supervision du coordonnateur d’Équijustice, la personne choisie sera responsable d’intervenir et d’accompagner les participants dans ce processus.


Le défi que nous vous proposons

  • Veiller à l’application des mesures prévues par la Loi sur la justice pénale pour les adolescents (LSJPA) et, au besoin, le Programme de mesures de rechange général pour les adultes (PMRG);
  • Rencontrer les parties concernées (victimes, jeunes/parents et adultes) et organiser les mesures (travaux communautaires/compensatoires, dons, lettres, …);
  • Faire le suivi le suivi des dossiers autant avec les délégués du CIUSSS que les parties prenantes;
  • Rédiger les rapports d’évolution du dossier;
  • Cibler des organismes communautaires potentiels pour les jeunes qui ont des mesures de travaux compensatoires/communautaires, et les contacter afin de leur faire connaitre le programme.
  • Soutenir les ressources communautaires dans leur implication auprès des jeunes (et adultes);
  • Se présenter devant le Tribunal sur demande;
  • Collaborer et entretenir des relations professionnelles avec les partenaires sociaux judiciaires, les organismes communautaires partenaires ainsi le Réseau Équijustice;
  • Travailler en collaboration avec les autres équipes reliés des YMCA du Québec afin de soutenir la réintégration sociale des jeunes et adultes contrevenants.
  • Adhérer aux politiques et procédures du YMCA régissant la protection des enfants et des personnes vulnérables.
  • Comprendre et intégrer la valeur de la philanthropie au sein de son poste et dans l’Association, et participer à des activités / événements de collecte de fonds.

Quelques bonnes raisons vous joindre au YMCA

Le YMCA offre bien entendu une rémunération concurrentielle et d’excellents avantages sociaux, mais travailler au sein de nos équipes, c’est d’abord et avant tout la possibilité de :

  • développer votre expertise;
  • côtoyer des experts passionnés;
  • avoir un impact social positif;
  • travailler avec de multiples partenaires engagés;
  • vraiment faire la différence dans la vie des gens;
  • avoir l’autonomie suffisante pour relever des défis stimulants.
  • En vous joignant à notre équipe, vous découvrirez également un milieu où l’humain, l’entraide et la collaboration sont au cœur des activités.

La personne que nous recherchons

  • Pour mener à bien sa mission, l’intervenant(e) devrait:
  • Diplôme universitaire ou collégial en travail social, criminologie, psychologie, sexologie, ou tout autre domaine connexe;
  • Connaissance du milieu communautaire et socio judiciaire;
  • Connaissance de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.
  • Être à l’aise pour travailler simultanément avec une population adulte (peu) et une population jeune (surtout);
  • Habiletés à travailler en équipe
  • Maitrise du français et de l’anglais, oral et écrit.
  • Expérience dans la rédaction de rapports dans les deux langues.
  • Détenir un permis de conduire valide et avoir accès à un véhicule (les territoires desservis sont situés dans l’Ouest-de-l’Île, Lachine et Notre-Dame-de-Grâce).
  • Maitrise MS Office ( Excel, Outlook, Word, PowerPoint)
  • N’avoir aucun empêchement judiciaire en lien avec l’emploi.
  • Être disponible pour travailler sur un horaire flexible (jour, soirée, et très occasionnellement la fin de semaine).

L’aventure vous tente ?


Si vous croyez vous aussi que le sport, l’activité physique et les initiatives communautaires transforment les gens et leur permettent de grandir, nous aimerions en apprendre plus sur vous. Transmettez-nous votre candidature sans plus attendre!

36400.00 à 42000.00 $ par année selon l’expérience

35.00 h – Temps plein

(Extrait de equijustice.ca )

En savoir plus sur https://equijustice.ca/fr/actualites/intervenant-en-justice-reparatrice-equijustice-montreal-ouest

COLLOQUE : « LA JUSTICE RESTAURATIVE : DES FRONTIÈRES PLURIELLES ET MOUVANTES », ENAP, Agen, 2 et 3 décembre 2020


Colloque : La justice restaurative : Des frontières plurielles et mouvantes. Enap, décembre 2020

Ce colloque se déroulera autour de quatre axes principaux. Le premier axe interroge la construction socio-historique et paradigmatique de la Justice restaurative, en France et au-delà de nos frontières. Le deuxième axe propose une cartographie des pratiques de la justice restaurative en France afin de mieux comprendre son appropriation, son intégration, son développement et ses répercussions. Le troisième axe interroge les enjeux de formation en justice restaurative et les processus de professionnalisation qu’elle sous-tend. Enfin, en questionnant ses perspectives et ses évolutions possibles dans différents contextes, le quatrième axe sera l’occasion de penser la justice restaurative de demain. (Extrait de enap.justice.fr)

Programme et inscription sur https://www.enap.justice.fr/colloque-la-justice-restaurative-des-frontieres-plurielles-et-mouvantes?fbclid=IwAR0da9dHq_-BGBDZwjlu2UmND1kSSJGOoqOGTYP5n-CpJKsO54pKbGb-jQg

« La régulation sociale : Au-delà du cadre de référence pénal ? » par Véronique Strimelle, chapitre de l’ouvrage « JUSTICE ! » Entre pénalité et socialité vindicatoire, 2011


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Résumé
Dans les sociétés occidentales, quand on évoque la question de la régulation des conflits ou plus largement des troubles, ce sont surtout les modes de régulation pénale qui sont considérés comme les plus aptes à gérer la plupart de ces situations et à assurer la cohésion de la vie collective. Or, plusieurs recherches ont souligné que le système juridico-pénal réglait en fait très peu de situations conflictuelles. Malgré cela, la société continue à « tenir ensemble » en dépit des conflits qui la traversent. Partant de ce double constat, le présent chapitre s’interroge sur la permanence et les conditions d’existence d’autres modes de définition et de régulation des troubles qui contribueraient à maintenir la cohésion sociale sans en appeler nécessairement à une intervention extérieure ou institutionnelle. Ces modes de régulation continueraient à fonctionner dans la société mais resteraient largement occultés par la force du discours pénal.

MOTS CLEFS : troubles ; conflits ; régulation sociale ; régulation pénale ; force aveuglante du droit pénal ; pluralisme juridique

Ouvrage à consulter sur https://www.erudit.org/fr/livres/hors-collection/justice-entre-penalite-socialite-vindicatoire–978-2-9813073-0-9/003004co/

Projection du film « Je ne te voyais pas » Un long métrage documentaire autour de la justice restaurative, UCLY, 19 mars 2020


 

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L’Institut des Sciences de la Famille en partenariat avec l’Association National des Médiateurs et la Faculté de Droit Julie-Victoire Daubié vous propose d’assister à la projection du film « Je ne te voyais pas » qui sera suivie d’une conférence-débat sur la justice restaurative.
En présence de François KOHLER, juriste-cinéaste et membre du comité de l’Association pour la Justice Restaurative en Suisse.
Le long métrage documentaire « Je ne te voyais pas » explore le difficile rapprochement entre victimes cherchant à se reconstruire et auteurs enclins à se responsabiliser. Ce film intimiste et émotionnel où les barrières entre réalité et fiction s’estompent sera diffusé le jeudi 19 mars 2020 à l’UCLy, sur le campus St Paul, à 17h30 en amphi Mérieux (A029)

(Extrait de ucly.fr)

En savoir plus sur https://www.ucly.fr/l-ucly/agenda/projection-du-film-je-ne-te-voyais-pas/

Vidéo : Compte-rendu de la journée sur la Justice Restaurative du 22/11/19 organisée par Citoyens et Justice à Bordeaux


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Vidéo et compte-rendu à consulter sur https://www.citoyens-justice.fr/news-fr/2019/12/20/dossier-special-justice-restaurative-comprendre-le-concept-e.html

Suisse : La médiation pénale et la justice restaurative : Regards croisés de deux procureurs généraux, 28/11/2019, Genève


Capture.PNG1284.PNGProgramme et inscription sur https://www.anm-mediation.com/documents/Regards-croises-de-deux-procureurs-generaux.pdf

Lyon : « Au-delà des murs », le musée des Confluences explore la prison


"Au-delà des murs", le musée des Confluences explore la prison

Lyon (AFP) – « C’est nous qui punissons. » La nouvelle exposition du Musée des Confluences, à Lyon, place volontairement le visiteur face à ses responsabilités avant de l’immerger dans l’univers carcéral.

C’est la première fois que l’institution, ouverte fin 2014 à l’extrémité de la presqu’île lyonnaise, « aborde de front pareil sujet de société », souligne Marianne Rigaud-Roy, responsable du projet.

Inspiré par la proximité géographique des anciennes geôles de Perrache, l’exposition a été coproduite avec le Musée international de la Croix-Rouge de Genève et le Deutsches Hygiene-Museum de Dresde.

Pourquoi enferme-t-on ? Comment (sur)vivre entre quatre murs ? Isoler pour réinsérer, un paradoxe ? Autant de questions auxquelles l’exposition, prévue jusqu’au 26 juillet, tente de répondre avec la rigueur scientifique et l’approche transversale qui font l’ADN du musée.

Une vingtaine d’experts ont été consultés et 160 objets, issus de collections pénitentiaires en France et en Europe, se mêlent à des peintures, dessins, photos, vidéos et installations.

La scénographie, signée du Suisse Tristan Kobler, s’articule autour de trois grandes cellules aux barreaux oranges mais aux portes sans serrure.

On entre dans la première par un sas où résonnent les bruits de la prison: un enregistrement de voix qui se perdent au milieu des claquements, des cliquetis, des cris, des sifflets, des huées.

Des photos du Français Grégoire Korganow, de l’Italien Valerio Bispuri ou une peinture de Chamizo (lui-même ancien « taulard ») montrent ensuite des fragments de vie de détenus, entre promiscuité et solitude, selon que l’on partage une cellule ou que l’on est à l’isolement.

Le quotidien carcéral est fait aussi d’angoisses, d’addictions, de violences. Dans une vitrine, des armes de fortune – une fourchette détournée en griffe, une poignée de placard transformée en poing américain, un poignard dissimulé dans un crucifix – entourent le trousseau de clés du surveillant et l’œilleton du cachot.

Plus loin, ce sont des pipes à eau bricolées dans un bidon en plastique ou une canette de soda. Dans le « carcéroscope » de l’artiste Marion Lachaise, des femmes racontent leurs existences claquemurées. « Il faut vivre, même enfermé », dit l’une d’elles.

– Dire « non! » – (Extrait de nouvelobs.com du 19/10/2019)

En savoir plus sur https://www.nouvelobs.com/societe/20191019.AFP6933/au-dela-des-murs-le-musee-des-confluences-explore-la-prison.amp?__twitter_impression=true

Article : « L’emprunt aux « justices de l’invisible » Réflexions sur les modèles de justice restauratrice à l’épreuve de la socialité vindicatoire », Véronique Strimelle, Champ Pénal , VOL. XII/2015


Champ pénal/Penal field

Résumé : Cet article vise à explorer et questionner les modèles de justice restauratrice et, pour ce faire, à les analyser en recourant au modèle de socialité vindicatoire. Ce modèle est vu ici à titre heuristique, comme un modèle de régulation actif dans les rapports sociaux, uniquement perceptible au niveau de l’action et adapté aux caractéristiques d’une société étatisée, centralisée et organique. Procéder à une telle analyse aide à faire ressortir et à réaffirmer certaines valeurs fondamentales de l’approche restauratrice, valeurs qui, selon plusieurs études empiriques, sont quelquefois édulcorées ou passées sous silence lors de leur mise en application. Poser un regard différent sur l’approche restauratrice et en faire ressortir les facettes vindicatoires conduit au final à interroger la place occupée par la justice restauratrice dans les modes de régulation contemporains. (Extrait de journals.openedition.org)

Atrcile à consulter sur https://journals.openedition.org/champpenal/9193

Mémoire: La justice réparatrice telle que conçue par les victimes et les adolescents contrevenants, Jean-PhiNppe St-Louis École de criminologie Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal, 2007, 202p.


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SOMMAIRE
Il existe une ambiguïté au plan de la terminologie et une absence de cohérence
dans la littérature autour du concept de justice réparatrice. Les auteurs ne
s’entendent pas sur une définition commune de la justice réparatrice. De plus,
nous en savons peu sur la façon dont les participants directement concernés,
c’est-à-dire les victimes et les contrevenants, définissent ce que veut dire la
réparation. Ce mémoire vise donc à mieux comprendre la façon suivant laquelle
les participants définissent la justice réparatrice et comment ils expérimentent la
réparation. Pour ce faire, une approche qualitative a été privilégiée. Vingt
entrevues ont été menées avec des individus ayant participé à un programme de
médiation, dix victimes d’actes criminels et dix adolescents contrevenants.
L’analyse des entrevues nous a permis d’apprendre que la victime et le jeune
contrevenant définissent la réparation de différentes façons. Bien que la notion
de réparation soit nouvelle pour l’ensemble des victimes et des adolescents
contrevenants, sa signification est différente pour les deux parties. Les victimes
et les adolescents contrevenants ont de la difficulté à définir de façon générale
ce que signifie le concept de réparation. Leur définition est intimement reliée à la
situation qui les amène à participer à la rencontre de médiation. Les victimes et
les contrevenants définissent la réparation de façon bien personnelle, en fonction
de leurs valeurs, de leurs motivations et de leurs besoins.
Les adolescents contrevenants voient la réparation sous un angle plus
égocentrique que les victimes, se souciant avant tout des répercussions sur leur
vie personnelle. Les adolescents contrevenants définissent la réparation comme
une punition qu’ils reçoivent et non comme un geste qu’ils posent en vue de
réparer les torts causés à la victime et à la communauté. Par contre, leur point de
vue sur la réparation se modifie en cours de processus. Au moment où les
jeunes sont confrontés à la victime réelle, ils deviennent plus enclins à réparer
les conséquences du crime et moins centrés sur leurs propres besoins. Le désir
de compenser les dommages qu’ils ont causés ne leur vient pas naturellement.
Instinctivement, pour eux, la réparation revêt une signification de conséquence
vi
qu’ils sont contraints d’assumer, au même titre que les sanctions propres au
système de justice pénale.
Les victimes définissent la réparation sous un angle à la fois plus altruiste et
personnel. Elles désirent s’exprimer, répondre à leurs besoins, tout en ayant la
ferme intention d’aider et de responsabiliser le jeune en difficulté.
Cette étude vise à identifier les éléments qui font en sorte que les victimes et les
adolescents contrevenants ont l’impression qu’une forme de réparation s’opère
au cours du programme de médiation. Les victimes accordent une grande valeur
réparatrice à la réparation émotionnelle et symbolique. D’ailleurs, les deux
parties n’accordent pas une même valeur au processus et au résultat de la
médiation. Les victimes vivent un sentiment de réparation à travers leur
participation au processus tandis que les adolescents contrevenants ne
saisissent pas bien la valeur réparatrice des actions qui s’opèrent au cours de la
rencontre. Les adolescents contrevenants ont le sentiment de réparer lorsqu’ils
sont amenés à poser une action concrète à la suite de la rencontre.
Ce mémoire nous permet d’adhérer à certains résultats des écrits scientifiques.
La définition de la réparation par les victimes rejoint sur plusieurs points les écrits
sur le sujet. Par contre, nous constatons que la définition de la réparation par les
adolescents contrevenants s’éloigne des définitions proposées dans les écrits
sur la justice réparatrice. Les adolescents contrevenants font mal la distinction
entre la justice réparatrice et le système de justice pénale. Malgré leurs visions
différentes de la réparation, les participants rencontrés se disent satisfaits de leur
participation au programme de médiation. En comparant les points de vue des
deux parties, cette étude permet de comprendre un peu mieux la dynamique
vécue entre la victime et le jeune contrevenant au cours du programme de
médiation et de proposer quelques recommandations en vue d’adapter le
programme de médiation au vécu des participants (Extrait de papyrus.bib.umontreal.ca )

Mémoire à consulter sur https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/18174/St-Louis_Jean-Philippe_2007_memoire.pdf?sequence=1&isAllowed=y