
RESUME . — On parle beaucoup aujourd’hui de la nécessité d’imposer une formation aux médiateurs.
Cette obligation n’existe pas encore mais elle impliquerait de déterminer précisément selon quel modèle
on désire professionaliser la fonction de médiateur.
Une fonction ? Un métier ? Une profession réglementée ?
La médiation, est-ce une fonction ou un métier ? La souplesse que permet la mission de
médiateur dans des contextes extrêmement diversifiés (qu’ils soient politiques, sociaux,
judiciaires, familiaux, économiques, environnementaux, de quartier ou de proximité…) justifie
ce questionnement. Après la décennie de la médiation dans les années quatre-vingt 1 (du côté
des médias, de la culture, de la famille, du social, du travail, de la justice, de la politique), ce
point a été l’objet, dans les années quatre-vingt-dix, de vifs débats qui, trente ans après, sont
devenus évanescents. L’idée de profession était surtout défendue par les lobbies des médiateurs
familiaux. Le diplôme d’État de médiateur familial institué en 2003 a certainement répondu à
certaines des revendications, tout au moins dans le domaine de la famille 2
. Aujourd’hui, au
contraire, la professionnalisation fait craindre un encadrement excessif, notamment dans le
cadre d’une profession réglementée qui n’est pas appelée de leurs vœux par la majorité des
médiateurs. En d’autres termes, si la profession de médiateur est largement souhaitée pour la
reconnaissance qu’elle apporte, et surtout les marchés qu’elle pourrait garantir, une réglemen-
tation stricte l’est beaucoup moins. (Extrait)
Article à consulter sur https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-du-droit-2019-1.htm
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