Suisse : pétition pour la médiation déposée au Grand Conseil de Neuchâtel


 

Elections fédérales: ce qui se trame dans les partis neuchâtelois

« Une pétition visant le dépôt devant le Grand Conseil, d’un projet de loi encourageant le recours à la médiation dans les procédures civiles a été déposée ce vendredi au Château par le Mouvement de la condition paternelle Neuchâtel.

Président du Mouvement de la condition paternelle, Pierre Muhlemann a remis, ce vendredi au Château de Neuchâtel, une pétition munie de 650 signatures demandant au Conseil d’Etat de déposer devant le Grand Conseil, «dans les plus brefs délais», un projet de loi encourageant le recours à la médiation dans les procédures civiles.

Neuchâtel est le seul canton romand à ne pas disposer d’une telle base légale. Le Code civil a introduit cette mesure en 2011.  » (Extrait de arcinfo.ch du 22/06/2018)

En savoir plus sur https://www.arcinfo.ch/articles/regions/canton/petition-pour-la-mediation-deposee-au-chateau-de-neuchatel-766168

Suisse : « La médiation carcérale peine à émerger » par Camille Quehen (Le Courrier)


Capture.PNG21.PNG
« Peu connue dans notre pays, la médiation carcérale est proposée depuis plusieurs années en Belgique, aux Etats-Unis ou encore au Canada. L’Association pour la justice restaurative en Suisse (AJURES) promeut ce processus. Rencontre avec sa présidente, Camille Perrier Depeursinge, docteure en droit et avocate, pour le bulletin Infoprisons.

 

Auteure d’une thèse sur la médiation pénale, Camille Perrier Depeursinge a saisi l’importance de la justice restaurative en s’intéressant aux victimes et à leurs besoins de reconnaissance, de partager les conséquences de l’infraction et de pouvoir entendre l’auteur sur son ressenti. «En tant qu’ancienne victime, cela m’a parlé», relève la présidente de l’AJURES. Le système pénal suisse ne prévoit rien – ou si peu  – pour répondre à ces besoins. Quant aux auteurs d’infractions, il leur arrive souvent de regretter et d’être désolés. «Cela dit, dans un cadre pénal, si les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas clairement réalisés, on va plutôt leur conseiller de se taire.» D’où la nécessité de proposer un autre processus, à côté du système pénal, pour répondre à ces aspects et «donner aux auteurs une opportunité de tenter de réparer le mal qu’ils ont fait.» Pour Camille Perrier Depeursinge, il est essentiel de faire davantage confiance aux victimes et aux auteurs d’infraction, et «leur donner la capacité de s’exprimer et de réparer». Entretien.

AJURES: œuvrer pour la restauration du lien

L’Association AJURES a été créée à la fin de l’année 2015, sur l’impulsion d’un aumônier de prison et de deux médiateurs. Elle est aujourd’hui composée de deux médiateurs pénaux, d’un criminologue, d’une psychologue, d’une psychothérapeute FSP, d’un juriste et cinéaste, d’un aumônier de prison et d’une sociologue. Camille Perrier Depeursinge, docteure en droit et avocate, en assume la présidence. Au départ, l’idée était de promouvoir et de mettre en œuvre la justice restaurative en général. Le premier projet a été un programme de médiation carcérale dans les prisons, mais l’association s’est heurtée à des problèmes de bureaucratie, d’autorisations et à des enjeux politiques. Le deuxième projet porte sur des dispositions visant l’entrée en vigueur d’une base légale pour la justice restaurative, qu’AJURES a proposées à l’Office fédéral de la justice. Le retour a été assez positif mais le travail de sensibilisation doit être poursuivi. En outre, un documentaire intitulé Je ne te voyais pas a été réalisé par un membre du comité, présentant des médiations carcérales et pénales en Belgique avec l’association Médiante, et le programme Sycomore (dialogue entre victimes et détenus qui ne se connaissent pas mais concernant le même type d’infractions) mené en Argovie. Le film, qui doit sortir prochainement, montre les effets positifs d’un processus de justice restaurative.

 

Infoprisons: Quel est le fonction­nement et l’utilité de la justice restaurative, et de la médiation carcérale en particulier?

Camille P. Depeursinge: La justice restaurative est complémentaire à la justice pénale. Elle devrait être possible à tout moment, depuis la commission de l’infraction jusqu’à plusieurs années après le règlement de l’exécution de la sanction. Le temps de la reconstruction pour les auteurs et les victimes ne correspond pas au temps de la procédure pénale.

Il faut bien noter que la finalité de la procédure pénale est de répondre à un besoin de sanction, en déterminant l’infraction, la culpabilité et la sanction appropriée. En revanche, la justice restaurative répond aux besoins de la victime et de l’auteur de l’infraction en prenant en compte le fait que l’infraction a causé toutes sortes de dommages, et se demande comment il est possible de réparer ce qui est arrivé. La plupart du temps, on n’imagine pas que le détenu peut avoir envie de s’excuser; pourtant cette envie peut être présente. Et il me semble qu’il faut encourager la responsabilisation du détenu.

La médiation carcérale est proposée depuis plus de vingt ans dans des établissements pénitentiaires en Belgique, aux Etats-Unis et au Canada. Quelle place a-t-elle en Suisse?

Nous essayons de la développer. A Genève, nous avons parlé à des personnes ouvertes avec une véritable envie de promouvoir la réinsertion du détenu. Nous travaillons actuellement avec le personnel [de la prison] de la Brenaz. Dans beaucoup d’autres cantons, la médiation carcérale n’est actuellement pas une priorité. En Suisse alémanique, des dialogues restauratifs sont réalisés à la prison de Lenzburg. Ce sont des rencontres entre des groupes de victimes ayant subi un certain type d’infractions et des auteurs ayant commis le même type d’infractions. C’est probablement un peu moins difficile d’accepter de participer, en tant que victime, car on ne va pas rencontrer son propre agresseur. Lors de ces rencontres, il y a de véritables échanges, des métamorphoses de la part des détenus qui réalisent à quel point leur acte a fait du mal. C’est un processus important dans la réinsertion du détenu et pour la reconstruction des victimes.

Avec quels impacts positifs pour les victimes et pour les détenus?

Du coté des victimes, la possibilité d’accéder à ce processus de médiation leur redonne du pouvoir et une possibilité d’avancer. C’est important de comprendre et d’avoir une reconnaissance du statut de victime pour se reconstruire. Concernant les détenus, la médiation leur permet de prendre conscience du mal qu’ils ont fait et d’exister autrement. Ceux qui ont choisi d’avoir recours à ce type de processus avancent souvent l’envie de se réhabiliter, de réparer et d’expliquer à la victime pourquoi ils en sont arrivés là.

Concernant le taux de récidive des auteurs d’infraction, beaucoup d’études ont été réalisées dans le monde. La tendance générale qui ressort de méta-analyses et de la littérature est que la justice restaurative réduit le taux de récidive d’environ 7%. C’est le taux le plus prudent. En réalité, la baisse est probablement de plus de 7% lorsqu’on applique la justice restaurative à des infractions qui supposent de la violence contre des personnes. Dans ces cas-là, il existe un véritable impact car l’auteur prend conscience du mal qu’il a créé.

La médiation pénale peut-elle influer sur la durée des peines?

Avec la médiation carcérale, nous sommes hors de l’enjeu de sanction; le détenu n’a pas la possibilité d’instrumentaliser le processus pour tenter d’obtenir une sanction plus faible.

La question est différente si on envisage la justice restaurative avant le jugement. Une infraction pénale lèse souvent un intérêt privé, l’intérêt de la personne, comme son intégrité corporelle ou sa propriété, mais elle lèse également un intérêt public, comme la sécurité. Si on réalise un processus de justice réparatrice et que, dans ce cadre-là, on a satisfait aux intérêts privés, il ne reste à la justice criminelle qu’à prononcer une sanction pour la lésion de l’intérêt public. L’article 48 du Code pénal prévoit la possibilité de réduire la sanction en cas de repentir sincère. Il serait possible d’appliquer l’art. 53 CP qui prévoit l’exemption de peine en cas de réparation. La médiation carcérale peut avoir une influence sur la durée de la peine, mais indirectement. Si l’auteur fait particulièrement preuve de bonne volonté, entreprend un processus de justice réparatrice et qu’une vraie prise de conscience existe, les personnes dans son entourage carcéral vont probablement envisager de façon plus positive son retour à la vie en société, et donc sa libération conditionnelle.

Avez-vous de l’expérience dans la médiation pénale, avant jugement? Votre point de vue sur le sujet?

Nous essayons de promouvoir la médiation après jugement car, pour la médiation avant jugement, nous avons besoin d’une base légale. C’est donc beaucoup plus difficile. En Suisse, il est possible de faire de la médiation pénale (avant jugement) avec les mineurs. Ce système montre de vrais résultats. Dans le canton de Fribourg, la pratique est courante. Une fois le conflit résolu et la procédure pénale classée, le jeune n’a pas de casier, ni d’antécédent judiciaire. Mais cette solution est sous-utilisée dans les autres cantons.

C’est l’autorité d’instruction qui décide en Suisse de l’opportunité d’entreprendre ou non une médiation selon les dossiers. Souvent, elle considère qu’il ne faut pas envoyer le cas en médiation, peut-être en raison du coût, ou parce qu’elle estime qu’une sanction s’impose. C’est souvent une question de moyens et de volonté politique. A Fribourg, les médiateurs sont salariés et les autorités ont été sensibilisées à la justice restaurative. L’usage est donc beaucoup plus large. Pour les adultes, nous essayons de faire adopter une base légale pour pouvoir aussi proposer la médiation avant jugement.

Quels sont les coûts de la mise en place de la médiation carcérale? Qui finance ces programmes?

AJURES a reçu des dons et nous pouvons donc, depuis début 2018, défrayer nos médiateurs. Nous sommes une association à but non lucratif. Nous ne gagnons pas d’argent sur nos activités et ne coûtons rien aux cantons dans lesquels nous essayons de nous implémenter.

En Suisse, la médiation est la plupart du temps rémunérée à l’heure et le coût horaire dépend des cantons. Dans les cantons qui fixent un tarif horaire, le prix d’un processus de médiation abouti est de l’ordre de 1000 CHF (pour 3 à 5 séances). Cela ne coûte rien ni aux parties, ni aux établissements pénitentiaires. Une étude réalisée en Angleterre montre que, même si on ne réduit que faiblement le taux de récidive, le gain financier est important: le coût de la récidive est si élevé que cela rembourse largement celui de mise en place d’un tel programme.

Quelle est l’attitude des autorités politiques par rapport à la médiation carcérale? Il y a déjà eu des objections fortes de ce côté…

Le climat actuel est à l’exigence du risque zéro. Pour se faire élire, les politiques doivent montrer une certaine dureté à l’égard du crime. Quand on parle de justice restaurative ou de médiation pénale, on imagine l’auteur de l’infraction qui s’excuse et s’en sort favorablement. C’est ce qui ressort dans l’opinion publique. Aussi, quand on arrive avec des propositions comme les nôtres, on est rarement bien reçu parce que ces préjugés existent. A l’opposé, quand on prend le temps d’expliquer nos activités, les gens sont très souvent enthousiastes. En milieu carcéral spécialement, il y a beaucoup de monde à convaincre et il suffit qu’une personne doute pour empêcher la mise en place du projet.

A Genève, le canton s’est donné les moyens de réfléchir et de faire autre chose. On y a vu les limites de la politique extra-sécuritaire, notamment avec la surpopulation carcérale. On ne peut pas continuer à enfermer les gens le plus longtemps possible et faire des sorties sèches. Il faut ouvrir la réflexion, mettre en place d’autres solutions. Cela dit, le nouveau droit des sanctions va plutôt dans l’autre sens. Le message de cette réforme nous montre que, politiquement, le climat n’est pas optimal pour promouvoir la justice restaurative. Mais il suffit peut-être d’un ou deux politiciens courageux pour pouvoir prouver que la justice restaurative fonctionne.

 

Article paru dans le bulletin Infoprisons n°22, mars 2018. A retrouver (version longue) sur www.infoprisons.ch (Extrait de lecourrier.ch du 27/05/2018)

En savoir plus sur https://lecourrier.ch/2018/05/27/la-mediation-carcerale-peine-a-emerger/

FORMATION : DAS ET CAS EN MÉDIATION À L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE (19ÈME PROMOTION 2018-2020)


Capture.PNG12.PNG« Programme : Formation modulaire alliant études de cas, pratique supervisée et enseignements interdisciplinaires

Définition et état des lieux de la médiation – Les acteurs de la médiation • Les processus de médiation: les phases préliminaires – Les processus de médiation: les rencontres de médiation – Les processus de médiation: les rencontres et les accords de médiation • Approfondissement des techniques et du cadre de médiation • Médiations spécialisées • Pratique supervisée de la médiation  et donnant lieu à la rédaction d’un mémoire pratique et d’un mémoire de recherche
Travail de fin d’études comprenant une réflexion théorique et pratique portant sur au moins six heures de séances dans le cadre d’une activité personnelle de médiation

Période : Septembre 2018 à juin 2020 – 30 crédits ECTS » (Extrait de unige.ch)

Programme et inscription pour le DAS sur http://www.unige.ch/formcont/dasmediation/

Programme et inscription pour leCAS http://www.unige.ch/formcont/casmediation/

Suisse : Newsletter FSM Mai 2018


Capture.PNG 21.PNG

Lettre à consulter sur http://www.swiss-mediators.org/cms2/index.php?id=390&L=1

Suisse : la médiation reste sous-estimée en Valais


 

Capture.PNG21.PNG

Article à consulter sur https://journaldigital.lenouvelliste.ch/nouvelliste/login/

Suisse : Café scientifique « Justice restaurative, du glaive à l’aiguille » à l’Université de Fribourg le 18/04/2018 (document audio)


Capture.PNG54.PNG« Plutôt que punir, la justice restaurative veut raccommoder le tissu et les liens sociaux, non seulement entre délinquants et victimes, mais aussi avec la communauté dans laquelle ils vivent. Alors que de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une plus grande sévérité dans les peines, cette approche alternative a-t-elle une chance de fonctionner? Un Café scientifique de l’Université de Fribourg avec:

Janie Bugnion, médiatrice assermentée agréée par le Ministère public et le Tribunal des mineurs de Genève

Prof. Nicolas Queloz, Département de droit pénal, Unifr

Daniel Fink, Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique, Unil

Dr. Fernando Carvajal Sánchez, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation (FPSE), Unige Franz Walter, directeur des établissements pénitentiaires de Bellechasse » (Extrait de youtube.com 25/4/2018)

En savoir plus sur https://www.youtube.com/watch?v=o5ir2x99AUc

Suisse : Le bureau cantonal de médiation administrative (BCMA)


logo du Bureau cantonal de médiation administrative

« Le Bureau cantonal de médiation administrative (BCMA) est un intermédiaire. Il aide les usagères et les usagers dans leurs relations avec les autorités et l’administration cantonales vaudoises.

Le BCMA est une autorité indépendante, ouverte à toutes les personnes, indépendamment de leur domicile ou de leur nationalité. Les services du BCMA sont gratuits. Ses possibilités d’action sont basées sur la loi du 19 mai 2009 sur la médiation administrative (LMA).

MISSIONS

Les missions du BCMA sont définies par l’article premier de la loi du 19 mai 2009 sur la médiation administrative (LMA) :

COMPÉTENCES

Le BCMA peut traiter les demandes concernant :

Le BCMA ne peut pas traiter les demandes concernant les communes, les autres cantons ou les autorités fédérales. Son intervention ne suspend pas les délais de réclamation, d’opposition, de recours.  Nous ne pouvons pas modifier ou revoir le contenu de décisions judiciaires, ni exercer une influence sur ces décisions.

Le BCMne dispense pas de conseils juridiques. Si vous cherchez un avocat, un notaire, un agent d’affaires breveté ou des conseils juridiques, vous trouverez quelques liens utiles à la page suivante : Justice – Juridique.

Le BCMA n’est pas compétent pour traiter des litiges de droit du travail entre l’État et ses collaboratrices et collaborateurs.

Pour les questions en matière de droit des patients, on peut s’adresser à la Médiation Santé Handicap. (Extrait de vd.ch )

En savoir plus sur https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/bureau-cantonal-de-mediation-administrative-bcma/

FORMATION : DAS ET CAS EN MÉDIATION À L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE (19ÈME PROMOTION 2018-2020)


Capture.PNG12.PNG

« Programme : Formation modulaire alliant études de cas, pratique supervisée et enseignements interdisciplinaires

Définition et état des lieux de la médiation – Les acteurs de la médiation • Les processus de médiation: les phases préliminaires – Les processus de médiation: les rencontres de médiation – Les processus de médiation: les rencontres et les accords de médiation • Approfondissement des techniques et du cadre de médiation • Médiations spécialisées • Pratique supervisée de la médiation  et donnant lieu à la rédaction d’un mémoire pratique et d’un mémoire de recherche
Travail de fin d’études comprenant une réflexion théorique et pratique portant sur au moins six heures de séances dans le cadre d’une activité personnelle de médiation

Période : Septembre 2018 à juin 2020 – 30 crédits ECTS » (Extrait de unige.ch)

Programme et inscription pour le DAS sur http://www.unige.ch/formcont/dasmediation/

Programme et inscription pour leCAS http://www.unige.ch/formcont/casmediation/

Suisse : la médiation est encore méconnue des Genevois


Capture.PNG21.PNG

« Tous les conflits peuvent-ils être réglés par une médiation? Philippe Varhaege et Pierre-Alain Corajod, respectivement président et vice-président de la Fédération genevoise MédiationS (FGeM), aiment dire que oui. Pour sensibiliser les Genevois à ce mode de résolution alternatif, ils ont organisé au cinéma Les Scala une projection gratuite du film de Xavier Legrand «Jusqu’à la garde», suivie d’un débat. Une trentaine de personnes étaient présentes.

Pris en otage

Le film raconte l’histoire de Julien, 11 ans, pris en otage par ses parents en plein divorce. Alors que la mère accuse le père de violences et demande la garde exclusive, la juge tranche pour une garde partagée. S’ensuit une escalade de violences dans laquelle Julien fera tout pour éviter le pire. En vain. Le long-métrage se clôt sur un drame. Aurait-on pu l’éviter? «En tant que médiateur, on est frappé par l’incompréhension qui règne entre le père et la mère, répond Philippe Varhaege. Et l’incompréhension mène à la violence. Il faut absolument accompagner les parents dans le processus de divorce. La juge est très démunie pour prendre sa décision, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre.»

Flexibilité

Selon la FGeM, seuls 2% des conflits sont aujourd’hui résolus par un médiateur. Son président assure pourtant que leur intervention offre de nombreux avantages. Le premier? Il s’agit d’une procédure «légère». «Il nous faut généralement entre un et quatre mois pour parvenir à un accord entre les deux parties, détaille Pierre-Alain Corajod. La justice peut, elle, prendre jusqu’à plusieurs années.» Mais le vice-président de la FGeM tient à préciser que la médiation n’a pas pour but de remplacer la justice.

«Elles sont complémentaires.»

Deuxième avantage avancé par les spécialistes: la flexibilité. «Nous faisons du sur-mesure, nous ne sommes pas là pour juger ou appliquer la même recette pour tout le monde, explique Pierre-Alain Corajod. Nous sommes des facilitateurs, la fée Clochette qui aide les gens à trouver des solutions.»

«Quand l’émotion est trop forte»

Comment procèdent-ils? «Nous aidons les gens à changer de regard face à une situation complexe et à ne pas camper sur leur posture d’attaque ou de défense», répond Philippe Varhaege. Souvent, les médiateurs commencent par laisser les gens s’exprimer, puis reformulent leurs propos. «En se réentendant, la personne se questionne et ajuste sa position», observent-ils. Dans certaines situations, les intervenants doivent en revanche être plus proactifs et aider les gens à chercher des solutions. «Quand l’émotion est très forte, beaucoup de personnes n’arrivent plus à réfléchir», constatent-ils. Le binôme relève enfin qu’une médiation sollicitée suffisamment tôt permet d’éviter qu’une situation ne dégénère. «Lors de conflits entre élèves, on a vu des jeunes décider de retirer leurs plaintes suite à une médiation», se souvient Pierre-Alain Corajod.  » -C. Garcin- (Extrait de tdg.ch du 8/04/2018)

En savoir plus sur https://www.tdg.ch/news/standard/La-mediation-est-encore-meconnue-des-Genevois/story/24413839

Suisse : des « médiateurs nocturnes » à Yverdon en vue d’améliorer le sentiment de sécurité


 

Les médiateurs fonctionnent en binôme et par tournus, selon leurs disponibilités. Ici Christian Stoll (de face) et Bernard Annen.

«Hey, vous servez à quoi?» interpelle un fêtard. Minuit un vendredi soir, les bars sont pleins et la rue du Lac commence à s’agiter. Chasuble bleu ciel sur le dos, inscription «médiation nocturne» en jaune fluo, Bernard Annen et Christian Stoll se trouvent à proximité du magasin Manor, où s’est rassemblé un petit groupe de potes qui peine à compter les bières déjà ingurgitées. Les deux médiateurs s’arrêtent et détaillent brièvement leur rôle, mélange de dialogue et d’écoute bienveillante. «Ça, c’est une bonne idée», remarque le jeune homme, sérieusement intéressé.

Cela fait deux ans que des médiateurs nocturnes parcourent en binôme le centre-ville d’Yverdon, tous les vendredis de 22 h à 2 h, et le samedi durant la belle saison. Cette démarche, mise en place par l’Observatoire de la sécurité de la Police Nord Vaudois, en partenariat avec le Service jeunesse et cohésion sociale (Jecos), porte ses fruits. «Cela entraîne une réduction du sentiment d’insécurité et, durant les heures de médiation, il y a une tendance à la baisse des interventions de police, relève l’adjudant Pierre-Gilbert Zanchi, responsable de l’Observatoire de la sécurité et auteur d’un rapport dressant le bilan du projet. Même si nous ne pouvons pas certifier une corrélation, les médiateurs nocturnes apportent dans tous les cas une plus-value.»

Actuellement, Yverdon compte dix-huit médiateurs. Sept femmes et onze hommes, de huit nationalités différentes, qui ne sont ni policiers ni éducateurs de rue. Mais des citoyens ayant décidé de s’engager pour apaiser les soirées. Soigneusement sélectionnés, ils sont rémunérés 100 francs par soir et ont tous suivi une formation initiale d’environ quarante heures, offerte par la Police Nord Vaudois. Un cursus de base, complété par des modules de formation continue. Entrée en lien, cadre légal ou encore jeux de rôle font partie des aspects abordés. «Avant ma première soirée j’avais les chocottes, surtout au vu des mises en situation que nous avions exercées. Mais cela s’est avéré moins difficile que ce que j’imaginais. Et cela a changé mon regard sur les nuits yverdonnoises. À part les fréquentes gesticulations devant le Seven, elles s’avèrent plutôt tranquilles», remarque Bernard Annen.

Peu de violence

Le retraité de 67 ans a rejoint le projet dès son lancement et il patrouille environ deux fois par mois. Des grosses bagarres, il en a vu une. «J’étais choqué, j’avais l’impression d’assister à une scène de film. Dans ces cas-là, on ne peut plus rien faire, à part contacter la police.» Car les médiateurs ne sont pas là pour suppléer les policiers et leur rôle n’est pas de jouer les justiciers. C’est pourquoi leur action s’arrête à 2 h. «Au-delà, on a affaire à un autre type de population. Et cela pourrait les mettre en difficulté», note Pascal Pittet, commandant de la Police Nord Vaudois. Jusqu’à aujourd’hui, aucun médiateur ne s’est fait agresser, ni violemment importuner. «Nous sommes là pour nouer le contact et parfois cela permet de calmer le jeu juste ce qu’il faut», note Christian Stoll. Ce garnisseur en carrosserie de 47 ans, également pasteur au sein de l’église évangélique, juge essentiel le dialogue avec les jeunes. «Les gens en ont peur et se montrent renfermés, alors qu’ils ont seulement envie de parler.»

Ce vendredi-là, en battant le pavé, il salue d’ailleurs plusieurs ados, rencontrés lorsqu’il travaillait pour le programme Quartier Libre, proposant des animations dans les quartiers. Certains en profitent pour poser leurs revendications. «On nous laisse tomber, les plus jeunes s’ennuient, alors ils font des conneries», remarque un ado. Les deux médiateurs prêtent une oreille attentive. Au fil des heures, noyées dans les effluves éthyliques, les discussions se feront plus stériles, mais cela n’entame pas la bonne humeur de Christian et Bernard. Pour eux, l’alcool est proscrit, et cela durant les six heures avant leur entrée en fonctions. Ils peuvent par contre s’arrêter pour boire un jus, offert par les tenanciers des bars et restaurants de la ville. Une manière de créer des liens avec les établissements. Après une halte, le parcours se poursuit rue du Four. «Selon une étude, le sentiment d’insécurité est particulièrement exacerbé à cet endroit, sans doute car cette rue est souvent déserte», relève Pierre-Gilbert Zanchi.

Par contre, étonnamment, les deux médiateurs ne foulent ni le secteur du Jardin japonais ni celui de la gare. En début de soirée, alors qu’ils traversent la zone des manèges installés pour les Brandons, affichant la triste mine d’une foire déserte, il y a pourtant foule aux abords des quais.

«Nous n’avons pas l’autorisation d’y aller.» La raison? «Encore une fois, nous ne voulons pas mettre en difficulté les médiateurs, souligne Pascal Pittet. Mais nous réfléchissons à agrandir le périmètre, à commencer par le Jardin japonais. Ensuite, nous élargirons peut-être à la gare.» Le deal dans le secteur posant problème. La tournée touche à sa fin. Encore une fois, le rapport mentionnera une nuit peu tumultueuse.  » (Extrait de 24heures.ch du 4/04/2018)

En savoir plus sur https://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/cur-nuits-yverdonnoises-s-engagent-pacifier/story/31247915

Suisse : publication de la FSM Newsletter Mars 2018


Capture.PNG 12

Lettre à consulter sur http://www.swiss-mediators.org/cms2/index.php?id=387&L=1