Publication de la LETTRE APMF avril 2020


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Lettre à consulter sur http://hhqt.mj.am/nl2/hhqt/m6wyg.html?m=AM8AAG4hrXUAAcjx6twAAAAABDEAAAAAAAIAHb2XAAgZkwBekbKW_TNXVyZASWKwUHrNWaNz5wAAKRI&b=a1e80d98&e=01603c50&x=qGL0zkY8Gdyvc5fi6xva0kyKRn2NYKbsfeLdANtTbaXbtliJarIwoGCgQXeO0DJU

Québec : COVID-19 et conflits familiaux: la médiation à la rescousse


L’actualité

MONTRÉAL — Alors que les tribunaux du Québec fonctionnent au ralenti pendant la crise sanitaire, des problèmes familiaux, comme les conflits de garde d’enfants, ne peuvent pas être tous mis «sur pause».

Des parents se tournent ainsi vers la médiation, qui peut être faite à distance en se servant d’outils technologiques comme la visioconférence.

L’Association des médiateurs familiaux du Québec (AMFQ) voit une hausse des demandes d’information ainsi que des demandes de médiateurs qui veulent adhérer au regroupement depuis le début de la pandémie, indique la vice-présidente de l’Association, Claudine Cusson, avocate et médiatrice.

Après le choc initial de clients qui ont reporté leurs séances de médiation quand les mesures sanitaires ont été imposées, Me Cusson, qui s’occupe de dossiers en familial mais aussi dans d’autres domaines du droit, a elle-même a constaté une augmentation de clients depuis le début de la crise sanitaire.

Plus de la moitié des 312 médiateurs familiaux au Québec membres de l’AMFQ offrent la médiation à distance, souligne Me Cusson.

«Il n’y a rien qui ne peut se régler en médiation», soutient-elle.

La médiation familiale permet de régler les conséquences d’une séparation sans aller au tribunal. Elle est mise de l’avant depuis un bon moment par le gouvernement québécois, qui rend même obligatoire une séance d’information portant sur la parentalité pour les ex-conjoints ayant un enfant.

Certaines procédures urgentes sont toutefois encore entendues par des juges, notamment en matière familiale, et les tribunaux du Québec ont commencé à déployer les procès en ligne, parmi d’autres mesures mises en place par le ministère de la Justice pour faciliter la vie des citoyens.

La COVID-19 a trois impacts principaux pour les dossiers en droit de la famille, a expliqué Me Cusson en entrevue.

D’abord, il y a tous les enjeux de garde d’enfants, qui habitent en alternance chez les deux parents. La situation peut se compliquer quand l’un d’entre eux est un travailleur essentiel, comme une infirmière, en contact avec des gens potentiellement infectés. Des questions portent sur des situations qui impliquent qu’un enfant se déplace d’une région à une autre, a-t-elle souligné.

Et puis, la pandémie a mis au chômage bien des gens: cela complique le paiement de pensions alimentaires, qui doivent parfois être révisées, si les circonstances le justifient, explique la médiatrice. Des ententes temporaires peuvent être prises.

Finalement, la COVID-19 a un impact sur les couples qui se séparent et qui doivent partager le patrimoine familial. Si le calcul a été fait en janvier, la valeur du patrimoine peut ne plus être la même, notamment si les actions des investissements ont perdu de la valeur de façon considérable. (…)

Même si elle avait initialement des questionnements sur la médiation en ligne, Me Cusson l’a essayée et s’est dite agréablement satisfaite.

«Ça fonctionne très bien», dit-elle, et parfois même mieux.

Certains parents sont moins stressés car ils ne sont pas ensemble dans la même pièce. Et puis, quand les deux parents se coupent la parole, le son de la visioconférence coupe aussi, a-t-elle lancé.

Elle rappelle que des séances de médiation familiale sont gratuites au Québec: pour un premier dossier de rupture où il y a un enfant à charge, les cinq premières heures sont défrayées par le gouvernement. Des heures supplémentaires peuvent aussi être ajoutées, dans certaines circonstances. » -Stéphanie Marin- (Extrait de lactualite.com du 8/04/2020)

En savoir plus sur https://lactualite.com/actualites/covid-19-et-conflits-familiaux-la-mediation-a-la-rescousse/

« Gardons » nos enfants ? par Pierrette AUFIERE, Avocat honoraire ; Médiateur Formateur ; médiateur – juriste Françoise HOUSTY, Chargée de formations Médiation – Chargée d’enseignement UT1 (Forum Famille Dalloz)


"Gardons" nos enfants : une histoire de mots. Par Françoise Housty, Médiateur (...)

« Dans un article publié dans le monde du 18 mars 2020, l’interrogation liée à la résidence des enfants dans le contexte d’une séparation des parents soulève le problème du transfert entre les deux domiciles de ces derniers.

Tout d’abord on notera avec regret que la terminologie de la « garde des enfants » perdure dans la bouche de certains journalistes, de certains juristes, sans parler bien sûr du public, alors qu’elle a été supprimée de notre Code civil : cette notion n’a plus court depuis la loi du 22 juillet 1987 qui a introduit l’exercice en commun de l’autorité parentale, elle-même renforcée par les lois du 8 janvier 1993 et du 4 mars 2002.

Ce constat pourrait paraître banal s’il ne mettait en exergue la confusion portée publiquement par les déclarations récentes, et dans l’article susvisé qui s’en fait l’écho,  ainsi que dans le décret paru au Journal officiel le 17 mars 2020 énumérant les possibilités autorisées pour « les déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou pour la garde d’enfants ».

Or la question est d’une brûlante actualité en cette période de confinement nous obligeant – professionnels du droit et de la médiation – à un effort de précision sémantique. Le choix des mots a été, est et sera toujours l’essence même de notre métier.

Littéralement le Décret n’utilisant pas le mot « résidence », il vise ici les enfants confiés à la « garde » en des lieux ou par des personnels autorisés pour pallier l’indisponibilité des parents et non de la résidence des enfants, organisée (ou pas) par des décisions de justice, dont le caractère exécutoire s’impose entre les pères et mères, ou dans des accords parentaux réfléchis et consentis mutuellement, qu’il s’agisse d’une résidence en alternance paritaire ou d’un temps d’accueil pour un parent, circonscrit aux fins de semaine ou partage des vacances scolaires.

L’article du monde soulève les questions fondamentales entraînant plusieurs cas de figure :
– depuis la mise en place du confinement actuel, existerait-il en matière de déplacement de l’enfant entre les deux domiciles familiaux une sorte de transposition psychologique du « droit de retrait » en matière salariale, qui permettrait à celui ayant l’enfant avec lui de refuser de le remettre à l’autre sous tous les motifs envisagés, envisageables, imaginés, imaginables ?
– si les échanges des enfants se poursuivent comme à l’accoutumée ne va-t-on pas à l’inverse des préconisations sanitaires de confinement, qui se veulent strictes, les enfants ayant été présentés comme porteurs sains potentiels et donc comme facteurs aggravants possibles de la transmission du virus Covid-19 ?
– dans cette période troublée, et cela est bien compréhensible, ce temps d’éloignement entre enfants et parents ne peut-il être émotionnellement douloureux pour les parents comme pour les enfants ?

La situation ne va-t-elle pas créer des abus, volontaires ou pas, sous couvert de la protection de l’enfant et des personnes qui l’entourent ?

La situation ne va-t-elle pas créer des dépôts de plaintes, suivis d’effets ou pas, pour « non-représentation d’enfant » sous couvert de la privation ainsi imposée par le parent réfractaire ?

La situation ne va-t-elle pas aggraver les conflits sous-jacents, lesquels comme la fièvre qui s’empare des malades, vont surgir encore plus nombreux au grand jour, que les inquiétudes soient fondées ou pas ?

Et il ne faudrait pas non plus oublier l’obligation en miroir du règlement des contributions alimentaires pouvant à ce stade nécessiter également des aménagements ponctuels selon les revenus des débiteurs sans pour autant préjudicier au-delà les créanciers…

Bien évidemment tout ceci devrait être guidé par le bon sens de chacun, un civisme aiguisé par l’exceptionnel et devrait favoriser l’entente entre les parents soucieux d’organiser la vie de leurs enfants en ce temps de « guerre ».

Sur le terrain, avocats et médiateurs y travaillent sans relâche depuis l’annonce du confinement.

Mais nous insistons pour tous les cas où ni la coopération nécessaire, ni l’empathie utile et rudimentaire, ni la volonté de trouver des solutions ne sont possibles. Des précisions « officielles » – sauf meilleur accord des parents – soutiendraient le travail de fond et de régulation opéré dans nos espaces de dialogue assurément facteur du maintien de la paix sociale.

Indépendamment de la possibilité réduite dans les circonstances actuelles de saisir les juges aux affaires familiales, même si ces derniers considéraient que l’urgence puisse motiver leur saisine, il semblerait nécessaire à ce stade de se tourner vers le Ministère de la Justice et de lui demander d’envisager l’établissement de propositions de bon fonctionnement en la matière à l’usage des parents séparés.

Cette initiative pourrait, n’en doutons pas, apaiser une partie des difficultés dont la durée dans le temps ne dépend plus vraiment des individus concernés mais d’un virus perturbateur des règles sociales et familiales qui ne doit pas contaminer plus avant les enfants dans ce domaine. (Extrait forum-famille.dalloz.fr du 19 mars 2020)

En savoir plus sur http://forum-famille.dalloz.fr/2020/03/19/gardons-nos-enfants/

Le barreau de Paris lance un groupe de médiation familiale d’urgence


LE MONDE DU DROIT : le magazine des professions juridiques

« Le Barreau de Paris a créé un groupe d’avocats-médiateurs dédié à la résolution, en urgence, des litiges des parents relatifs aux modalités d’exercice de l’autorité parentale dans le cadre du confinement.

En raison du contexte sanitaire actuel et des mesures de confinement, de nombreux parents rencontrent des difficultés dans l’exercice des modalités de l’autorité parentale, notamment concernant les passations des enfants et les résidences alternées.

Ainsi, afin d’accompagner au mieux les familles, le barreau de Paris a mis en place un groupe de « médiation familiale urgence », composé d’avocats médiateurs volontaires.

Ces avocats médiateurs s’engagent à assurer les médiations en urgence, en proposant le premier entretien individuel dans les 24/48h suivants leur désignation. Ils s’engagent également à imposer la présence des avocats durant la médiation. Ainsi, dans les cas où les justiciables ne seraient pas assistés d’un conseil, ils seront encouragés à en prendre sur la plateforme des avocats du CNB.

Du fait de la crise sanitaire, et afin que l’offre soit adaptée à chacun, les médiations interviendront dans un cadre conventionnel, avec des honoraires fixes et forfaitaires. Par ailleurs, les médiations s’effectueront de manière impérative par visio-conférence sur la plateforme du barreau de Paris.

Si une médiation aboutit à un accord, elle pourra être homologuée par le juge aux affaires familiales durant la période de confinement. (Extrait de lemondedudroit.fr du 31/03/2020)

En savoir plus sur https://www.lemondedudroit.fr/institutions/69309-barreau-de-paris-lance-groupe-mediation-familiale-urgence.html

APMF : « Recourir à la médiation familiale en période de confinement »


 

« Les professionnels de la médiation familiale se mobilisent pour apporter aux personnes le soutien dont elles ont besoin. Les médiateurs familiaux formés à l’écoute active proposent des entretiens de médiation par visio ou téléphone, en toute confiance et confidentialité.

Pendant la période actuelle de confinement, certains d’entre nous peuvent rencontrer des difficultés relationnelles engendrant ou ravivant des tensions, crises ou conflits.

Dans ces moments, il peut être important que chaque personne soit entendue dans ce qu’elle vit.

Les rencontres de médiation offrent habituellement un espace d’écoute, de respect et de confidentialité permettant aux membres d’une famille, séparés ou non, de maintenir ou de renouer le dialogue et de prendre des décisions tenant compte des droits, besoins et intérêts de chacun. »

Contacter les médiateurs adhérents de l’association nationale « APMF » (Association Pour la Médiation Familiale) : www.apmf.fr  » (Extrait de lejsl.com du 31/03/2020)

En savoir plus sur https://www.lejsl.com/saone-et-loire/2020/03/31/recourir-a-la-mediation-familiale-en-periode-de-confinement

A écouter sur  https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-22-mars-2020-0

Publication de la Lettre de la Fenamef n° 35 – Février 2020


Capture.PNG213.PNGEn savoir plus sur http://www.fenamef.asso.fr/

Emploi : Médiateur familial / Médiatrice familiale – 54 – JARVILLE LA MALGRANGE


Logo Pôle emploi

Missions – Organiser et mener des entretiens d’information à la médiation familiale et des séances de médiation familiale, dans le respect du code éthique et de déontologie. – Intervenir à l’échelle du territoire Lunévillois – Promouvoir la médiation familiale : réunions collectives d’information au public, réunions d’information auprès des partenaires – Participer à des séances d’analyse de la pratique. – Rendre compte de son activité : participation à l’élaboration du rapport d’activité et des bilans, réalisation de tâches administratives (courriers, statistiques, bilans). Profil : – Faculté à être en relation – Capacité d’adaptation – Capacité rédactionnelle – Travail en équipe – Prise de recul

Type de contrat
Contrat à durée indéterminée
Contrat travail
Durée du travail
17H30 Horaires variables
Salaire
Salaire : Mensuel de 987,00 Euros à 988,00 Euros sur 12 mois
Chèque repas
Mutuelle
Déplacements
Déplacements : Fréquents Départemental

PROFIL SOUHAITÉ

Expérience

  • Débutant accepté

Savoirs et savoir-faire

  • Établir le contrat de médiation avec le couple, la familleCette compétence est indispensable
  • Organiser les rencontres et favoriser les conditions de dialogue entre les participantsCette compétence est indispensable
  • Orienter une personne vers des partenaires relaisCette compétence est indispensable
  • Suivre le couple ou la famille et apporter un appui à la formalisation du projet d’entente conjugal ou familialCette compétence est indispensable
  • Vérifier le consentement des participants, leur motivation lors de la mise en place de la médiation et les informer sur les modalités d’interventionCette compétence est indispensable

Savoir-être professionnels

  • Sens de la communication
  • Autonomie
  • Prise de recul

Formation

  • Bac+3, Bac+4 ou équivalents Action sociale – Diplôme d’Etat Médiateur FamilialCette formation est indispensable

(Extrait de candidat.pole-emploi.fr du 15/01/2020)

En savoir plus sur https://candidat.pole-emploi.fr/offres/recherche/detail/098DSQC

 

« Médiation familiale et violences au sein du couple (L. n° 2019-1480 du 28 décembre 2019, JO n° 302, 29 déc. 2019, texte n° 2) » par Jean-Philippe Tricoit


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I.- Modifications. Le 29 décembre 2019 a été publiée une loi visant à agir contre les violences au sein de la famille (L. n° 2019-1480 du 28 décembre 2019, JO n° 302, 29 déc. 2019, texte n° 2). Pour ce faire, le régime de l’article 373-2-10 du Code civil est aménagé pour prendre en considération les violences au sein du couple.

Celui-ci avait déjà été modifié avec la loi de programmation de la justice 2018-2022 (L. n° 2019-222 du 23 mars 2019, art. 31 ; V. Circ. n° CIV/04/2019 de présentation des entrées en vigueur des dispositions civiles de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, NOR n° JUST 1806695L). Le législateur avait organisé « la possibilité pour le juge d’ordonner une médiation dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale » (Circ. préc.). En ce sens, jusqu’à la loi du 28 décembre 2019, l’article 373-2-10 du Code civil prévoyait que :
« En cas de désaccord, le juge s’efforce de concilier les parties.
A l’effet de faciliter la recherche par les parents d’un exercice consensuel de l’autorité parentale, le juge peut leur proposer une mesure de médiation et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur familial pour y procéder, y compris dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.
Il peut de même leur enjoindre, sauf si des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant, de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure
. »
Avec la loi du 28 décembre 2019 (art. 5), l’article 373-2-10 du Code civil est ainsi modifié : « – au deuxième alinéa, après le mot : « médiation », sont insérés les mots : « sauf si des violences sont alléguées par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant » ; – et au dernier alinéa, les mots : « ont été commises » sont remplacés par les mots : « sont alléguées ». »
Par voie de conséquence, les dispositions de l’article 373-2-10 du Code civil, en ses deuxième et dernier alinéas, sont désormais rédigées de la façon suivante :
« A l’effet de faciliter la recherche par les parents d’un exercice consensuel de l’autorité parentale, le juge peut leur proposer une mesure de médiation « sauf si des violences sont alléguées par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant » et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur familial pour y procéder, y compris dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.
Il peut de même leur enjoindre, sauf si des violences « sont alléguées » par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant, de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure.
« 

II.- Apports. Quels sont les apports au dispositif de la médiation familiale ?
Tout d’abord, le législateur introduit une exception à la faculté pour le juge – sous réserve de l’accord des parties – d’ordonner une médiation familiale. Cette prérogative juridictionnelle reste lettre morte dans l’hypothèse de violence commise au sein de la famille. Plus précisément, aux fins de bloquer le recours à la médiation familiale, il est nécessaire mais suffisant que soient alléguées des violences par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant. Ceci pose deux questions d’interprétation.

Premièrement, qu’est-ce qu’une violence au sens de l’article 373-2-10 du Code civil ? Sont-ce des disputes entre les parents ? Des coups portés ? Des insultes ? De l’ironie et du cynisme récurrents ? Des violences d’ordre psychologique ? Une emprise de nature financière peut-elle être considérée comme une violence ? Convient-il d’unifier l’interprétation de la violence avec l’approche pénale ? Le juge aura certainement dans sa pratique à délimiter la frontière très fine entre réactions spontanées et violence au sens strict du terme.

Deuxièmement, que sont des violences alléguées ? On sait qu’une allégation est l’énoncé d’un fait ou d’une affirmation tandis qu’alléguer est défini comme mettre en avant pour servir d’excuse. Le juge devra se montrer vigilant vis-à-vis des allégations stratégiques échafaudées par l’un ou l’autre des parents.

Ensuite, dans le prolongement de ce qui a été écrit précédemment, la substitution des termes « ont été commises » par « sont alléguées » emporte uniformisation de l’exercice des pouvoirs du juge. Effectivement, les allégations de violence font obstacle à la faculté du juge d’enjoindre les parties de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure.

Ouvrage : HAMIDI Rabia, Médiation familiale et santé publique, Editions ASH, 2018, 152 p., 18€


HAMIDI Rabia, Médiation familiale et santé publique, Editions ASH, 2018, 152 p., 18€

A la différence de certains ouvrages sur la médiation qui reprennent souvent l’analyse d’une pratique professionnelle, celui-ci est issu d’une thèse de médiation soutenue à l’université de Murcie en Espagne, ce qui tend à démontrer que la médiation devient aussi un objet de recherche et qu’elle s’institutionnalise d’une certaine manière dans le domaine académique. Les thèses en médiation sont si peu nombreuses qu’il convenait de le souligner tout en espérant que le développement des masters de médiation suscitera aussi des vocations chez les étudiants, à l’image de Rabia Hamidi, pour approfondir les connaissances sur ce phénomène que constitue la médiation.

L’auteure a intitulé son ouvrage « médiation familiale et santé publique », ce titre n’est pas neutre et surtout dans un champ en construction, comme celui de la médiation ; En effet, l’ouvrage traite d’une conflictualité particulière, celle « des conflits internes touchant le groupe familial de la personne malade de tout âge, ainsi que sur les relations entre ceux-ci et les professionnels de santé dans les soins préventifs, curatifs et palliatifs et d’autre part, sur leurs influences quant aux prises en charge familiale et institutionnelle » (p.22). A partir de cette définition, on pourrait se poser la question de savoir s’il s’agit d’une médiation familiale ou d’une médiation dite de santé ? En d’autres termes, est-ce que la gestion de ce type de conflictualité relève de l’intervention d’un médiateur familial ou d’un médiateur du domaine de la santé ?  L’auteure, qui est aussi titulaire d’un DEMF (diplôme d’Etat de médiateur familial), ne répond pas directement à cette question, mais souligne qu’il s’agit d’une nouvelle « spécialisation » faisant « appel à une appropriation de nouveaux concepts, de théories, de compétences méthodologiques et de techniques propres au domaine » (p.22). Cette interrogation n’est pas purement académique, car elle pose en filigrane la question de la définition de l’identité professionnelle de ce médiateur qui intervient à la frontière de ce que l’on appelle la médiation familiale et la médiation dans le domaine de la santé. En effet, en matière de formation, on peut se poser la question de savoir si ces médiateurs doivent suivre le cursus de médiation familiale ou celui de la santé et, plus généralement, s’ils doivent être rattachés ou affiliés aux organisations de médiation familiale ou de la santé ? Il est vrai que le débat reste ouvert en raison de la nouveauté de ce champ d’intervention et qu’il n’existe pas encore de monopole d’intervention des médiateurs dans un champ déterminé y compris pour les médiateurs familiaux titulaires d’un diplôme d’Etat.

Ce propos liminaire étant fait, il convient de revenir sur le contenu même de l’ouvrage qui débute, dans la partie introductive, par une présentation assez originale des modes de gestion des conflits en distinguant les conflits entre individus et ceux interne à ces derniers. Et pour les seconds, l’auteur présente les différents traitements thérapeutiques des conflits intrapsychiques comme la psychothérapie, la psychiatrie… y compris ce qu’elle considère comme un outil clinique : « la médiation thérapeutique » (p.29).

Un des intérêts du premier chapitre, intitulé « comprendre les conflits dans la famille de la personne vulnérable », est de souligner que l’évolution « des progrès médicaux et technologiques, des droits du patient et la présence de la famille multiforme et multigénérationnelle dans le parcours de soins engendre des conflits aux formes nouvelles dans la prise en charge au domicile et en institution » (p.35). Selon elle, ces nouveaux conflits sont liés aussi bien au « vieillissement difficile », à la « dépendance » à la « maladie chronique, ce qui entraine ce qu’elle appelle un « nous conflictuel » dans la prise en charge par la famille du parent en situation de vulnérabilité. En effet, dans le domaine de la santé, les conflits ne se limitent pas aux seules institutions de santé, mais ils se développent aussi dans un autre espace celui du domicile de la personne malade/vulnérable en raison des politiques de maintien à domicile. Le domicile de la personne soignée devient ainsi le réceptacle, un nouvel espace d’éclosion de conflits entre et au sein de la famille et les professionnels de la santé à propos des modalités de prise en charge et des prises de décision dans les traitements de la personne vulnérable.

Après avoir décrit les lieux, Rabia Hamidi , revient sur ce « nous conflictuel » dans un second chapitre, en mettant en scène les différents acteurs familiaux et surtout en montrant la recomposition des relations et des responsabilités familiales au cours de ces dernières décennies , avec l’émergence de que l’on appelle les « aidants familiaux » dans la prise en charge des personnes vulnérables. Ces aidants sont multiples, allant du conjoint, aux parents et même aux grands-parents, ce qui ne va pas sans poser de problème, comme le prouve le projet de loi en discussion sur la reconnaissance d’un statut de ces aidants familiaux.

Dans les deux derniers chapitres, l’auteure nous livre sa conception de la médiation familiale dans le domaine la santé. On peut regretter le titre du chapitre 3 intitulé « la médiation familiale dans la santé publique » qui laisserait à penser que la médiation ne s’appliquerait qu’au domaine de la santé publique, c’est-à-dire aux institutions de santé et laissant de côté ce qui se passe au domicile de la personne vulnérable. En effet, comme elle a bien dénommé, l’espace d’intervention du médiateur se situe autour du « lit confluent » de la personne vulnérable, que ce soit dans une institution de santé ou à son domicile. Ce concept de « lit confluent » reflète bien le rôle du médiateur qui doit créer un cadre pour favoriser la « confluence des aides » qu’elles soient familiales ou de la part des professionnels de santé. Il se doit d’aider les médiés à créer les conditions pour favoriser la confluence de ces aides, pour permettre à chacun des acteurs familiaux et de santé de trouver leur place et de coordonner leurs actions pour assurer une bonne prise en charge de la personne vulnérable. Dans ce sens, la médiation s’apparente à un véritable processus à la fois de reconnaissance et d’apprentissage des rôles de chacun, ce qui ne peut se faire en un temps limité, mais nécessite une certaine temporalité. En effet, tout le travail du médiateur sera, comme le souligne l’auteur en citant J. Habermas, de mettre en œuvre un processus reposant sur « l’éthique de la discussion » permettant à chacun de reconnaitre le rôle de l’autre sur la base d’un dialogue constructif visant à « l’intercompréhension » (p.75). C’est à partir de cette conception de l’action du médiateur qui s’apparente plus à un « agir communicationnel » pour reprendre la terminologie de J. Habermas, qu’à celle d’un expert de la santé comme bon nombre de médiateurs actuels, que les parties, aidants familiaux et professionnels de la santé, pourront redéfinir mutuellement les modalités de prise en charge de la personne vulnérable, mais aussi faire preuve de créativité dans la gestion des rôles et des liens entre eux. Toutefois, on peut regretter que dans le cadre de ce chapitre, Rabia Hamidi qui est pourtant une praticienne de la médiation, n’ait pas abordé une des questions spécifiques à ce type de médiation, qui est celle de la gestion de l’asymétrie de pouvoir par le médiateur entre le soigné et le soignant ou encore entre la famille et les professionnels de la santé.

Pour développer ce type de médiation, l’auteur nous donne des clefs dans le dernier chapitre consacré à la mise en œuvre d’un processus de médiation dans ce contexte particulier touchant à la fois le domaine familial et celui de la santé. Elle dresse tout d’abord « le cadre du déroulement du processus » (p.83) et dans la construction de ce chapitre, on peut regretter que l’auteure ait fait le choix de dissocier les développements théoriques et les cas pratiques présentés à la fin de celui-ci. En effet, l’intégration de ces cas dans la présentation des différentes phases du déroulement de la médiation aurait pu non seulement illustrer d’une manière pratique et vivante celles-ci, mais aussi montrer les spécificités des processus de médiation en fonction de la nature des cas pris en charge. En effet, on peut comprendre que le processus puisse être différent, s’il s’agit d’une médiation interindividuelle opposant, par exemple, un soigné à un soignant, où de la mise en oeuvre d’une médiation collective ou de groupe comme dans le cas d’un conflit entre le soigné et les proches familiaux ou encore ces derniers avec une équipe médicale.  Dans ces derniers cas, il peut être difficile pour le ou les médiateurs d’identifier clairement la demande, ce qui pourrait impliquer le choix d’entretiens préalables avec les différents acteurs. Ce temps d’écoute ne doit pas être négligé car, comme le rappelle l’auteure, il permet de favoriser la création « d’un climat bienveillant » et d’une « relation de confiance » avec le ou les médiateurs mais aussi de vaincre leurs résistances à participer au processus de médiation (p.92).

C’est après ce travail préalable d’identification des demandes que l’auteure préconise ce qu’elle dénomme « la rencontre raisonnée de la médiation » (p.93). Rabia Hamidi ne définit pas cette notion de « rencontre raisonnée », mais on peut supposer qu’elle fait référence à la « négociation raisonnée » de W. Ury et R. Fischer. Mais cette notion de « rencontre raisonnée » ne me paraît pas appropriée pour la médiation, car elle fait trop appel à une approche de type économique avec des acteurs rationnels poursuivant des intérêts et arrivant à un résultat « gagnant-gagnant ». Il aurait été préférable d’utiliser une terminologie plus appropriée et relevant plus du registre communicationnel comme une « rencontre compréhensive ». De plus, l’intégration des cas présentés en fin de chapitre, dans ce développement sur les rencontres de médiation aurait permis de mieux cerner la spécificité de ce processus de médiation.

Malgré ces critiques, on ne peut que conseiller la lecture de cet ouvrage qui est à la fois très pratique et vivant et illustre bien la spécificité du processus de médiation dans ce champ nouveau situé à l’intersection de la famille et de la santé.

Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT

(Extrait de https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-134_No-01.pdf

FORMATION : MEDIATION FAMILIALE ET VIOLENCES CONJUGALES 19 et 20 Mars 2020 à Nantes


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Face aux diverses préconisations et injonctions concernant les situations de violence conjugale et confrontés à la pratique du terrain, les médiateurs familiaux manquent souvent de repères.
Cette formation, qui s’adresse aux médiateurs familiaux, a pour objectif d’apporter des outils de repérage, de compréhension et d’évaluation face aux problématiques de violence qui se présentent en médiation familiale, afin :
  • d’être en capacité de déterminer la pertinence d’une médiation familiale dans ces situations
  • d’envisager les conditions de la mise en œuvre et la pratique de la médiation familiale dans ce contexte.
  • de savoir réorienter éventuellement
  • d’interroger ses réactions, en tant que professionnel, face à la violence

(Extrait de apmf.fr)

En savoir plus sur https://www.apmf.fr/wp-content/uploads/2019/12/Fiche-Technique-médiation-fam

Canada : Guide de formation – Médiation familiale en situation de hauts conflits


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Guide à consulter sur https://www.jurisource.ca/ressource/guide-de-formation-mediation-familiale-en-situation-de-hauts-conflits/