« Notre Newsletter IFJR, de ce mois, met en lumière : ✔️ Signature de conventions à Rennes et Fort-de-France ✔️ Sélection du documentaire « La réparation » dans deux festivals
👍 J’ai particulièrement aimé le podcast de France Inter interviewant Laure Heinich sur « Comment réparer la justice ? ».
Notre newsletter vous propose :
– l’actualité de la JR : événements, wébinaires, etc – une veille média comprenant les articles, émissions et podcasts sur des sujets touchant de près la justice restaurative, – des recommandations : livres, films, vidéos, etc.
« Le constat est sans cesse répété : la justice va mal et ne répond plus à ses missions. Comment la réparer ? Peut-être d’abord en cessant de considérer l’institution judiciaire comme la seule détentrice des moyens de » faire justice « . C’est à en envisager d’autres que s’emploient les justices dites » alternatives « , parmi lesquelles la justice restaurative, qui regroupe diverses pratiques – des rencontres entre » victimes » et » auteurs » aux cercles de soutien, en passant par les jeux de rôles pour cultiver l’empathie –, afin de responsabiliser les auteurs et prévenir la récidive, prendre soin des victimes et rétablir la paix sociale. Serait-ce la clé d’une justice plus juste ? Delphine Griveaud tente de répondre à cette question en étudiant sur le terrain les pratiques de la justice restaurative qui se sont développées dans le pays depuis 2014. Elle analyse les effets de son intégration au sein d’une institution pénale contre laquelle elle s’est pourtant construite. Elle plonge dans les rouages du système judiciaire, au plus près de ses publics comme de ses professionnel.les. Loin des visions iréniques qui font de la justice restaurative une solution miracle, elle propose un tableau lucide, nuancé, d’une manière de faire justice autrement qui se heurte à la réalité de l’institution. (Extrait éditeur)
« Comprendre la justice restaurative : un concept en pleine évolution
La justice restaurative n’est pas un phénomène nouveau hors de l’Hexagone, mais sa mise en œuvre reste encore limitée. Elle propose un espace de parole inédit où victimes et auteurs peuvent échanger de manière encadrée, sans le formalisme traditionnel du procès au tribunal. Depuis plusieurs années, plusieurs pays expérimentent cette approche pour privilégier la réparation pénale basée sur le consensus plutôt que sur la punition pure et simple. En 2025, la preuve en est que cette voie commence doucement à s’implanter dans le paysage juridique français, notamment grâce à des projets pilotes et des documentaires diffusés par France 2″. (Extrait de sixactualites.fr du 7/09/2025=
« Le mercredi 19 mars 2025 a été proposé un webinaire sur le thème « Violences scolaires et justice restaurative ».
Les violences scolaires, qu’elles soient physiques, verbales ou psychologiques, laissent de lourdes séquelles et ont des conséquences sur les personnes et les projets. Quelles alternatives/ actions pourrions-nous imaginer et/ou mettre en place face aux sanctions classiques ? Et si le dialogue par la voie de la justice restaurative pouvait apaiser les tensions et prévenir la récidive ?
Partant de constats et d’observations de terrain, Paul Mbanzoulou, auteur de l’ouvrage « La violence scolaire. Mais où est passé l’adulte ? » et coauteur de l’ouvrage « La justice restaurative. Des frontières plurielles et mouvantes », accompagné de Charline Basconès, médiateur certifiée en justice restaurative, proposaient d’échanger sur le sujet afin de mieux comprendre et appréhender ces phénomènes et les potentialités de la justice restaurative dans cet environnement.
Ces échanges étaient animés par Lucie Hernandez, docteure en psychologie, enseignante-chercheuse à l’ÉNAP et coauteure de l’ouvrage « La justice restaurative. Des frontières plurielles et mouvantes ». (Extrait)
JUSTICE INFO : Vous venez de signer un ouvrage intitulé « Pour une autre justice – la voie restaurative », pourquoi maintenant ?
ANTOINE GARAPON : J’ai mis des années à l’écrire car il récapitule un peu ma carrière. J’ai été juge des enfants pendant 12 ans, j’ai été très engagé dans la lutte contre les atrocités de masse, et aujourd’hui, j’ai retrouvé mes premières amours, si je puis dire, en étant proche des victimes dans le cadre de la Commission reconnaissance et réparation (CRR). J’ai appris à leur contact qu’elles se sentaient coupables. On rencontre des situations révoltantes de personnes agressées quand elles avaient 9, 10, 14 ans devenues des adultes en grande difficulté et qui s’estiment responsables de ce qui leur est arrivé ; ce sentiment est extrêmement répandu parmi les victimes de violences sexuelles. C’est pour cela que certaines s’appliquent à rater leur vie, comme si elles voulaient se punir. Le viol est le seul crime dont l’auteur se sent innocent et la victime coupable.
C’est ce qui fait la différence entre la victime et l’offensé. L’offensé, c’est quelqu’un à qui on a fait du mal, mais qui tient debout. La victime, c’est celle que le mal a complètement détruite. La justice restaurative, c’est donc penser la justice à partir de cette expérience éthique négative de la victime qui ne rentre pas dans les catégories de la loi. D’où le projet de ce livre, qui est de penser la justice au-delà de la loi et de la justice dite « ordinaire ». (Extrait de justiceinfo.net du 11/02/2025)
« Le Barreau de Melun et l’Association Esprit et Pratique de la Médiation vous invitent à une journée d’échanges et de réflexion sur la Médiation Humaniste et la Justice Restaurative, deux approches complémentaires dans la prévention et la gestion des conflits, notamment en matière de violences traumatiques et intrafamiliales.
Ce colloque sera l’occasion d’explorer les fondements et les outils de la Médiation Humaniste, initiée en 1983 par Jacqueline Morineau à la demande de Robert Badinter, ainsi que les enjeux contemporains de la Justice Restaurative, qui offre une autre perspective sur la réparation et la responsabilisation des auteurs d’infractions.
📅 Programme de la journée
Matin : La Justice Restaurative, un autre regard sur la réparation
🔹 9h00 → Accueil des participants
🔹 9h30 → Intervention de Ugo Picard (Coordinateur du Service Régional de Justice Restaurative d’Île-de-France – APCARS)
🔹 11h00 → Présentation du programme Sycomore par Claudine Figueira (Association A Cœur Ouvert) : un programme éducatif et citoyen mené en détention et en milieu ouvert
🔹 12h30 → Pause déjeuner
Après-midi : La Médiation Humaniste, une approche alternative du conflit
🔹 14h30 → Introduction à la Médiation Humaniste : son histoire, ses principes et son implantation au Parquet de Paris en 1983
🔹 15h30 → Atelier pratique : expérimentation du miroir, un outil fondamental en Médiation Humaniste
🔹 16h30 → La Médiation Humaniste d’Accompagnement et la violence : une alternative à la loi du 30 juillet 2020 ?
🔹 17h00 → Conclusions et clôture du colloque
Ce colloque s’adresse aux professionnels du droit (magistrats, avocats), aux médiateurs et à toute personne intéressée par des approches novatrices en justice et en médiation. » (Extrait)
« FAIRE JUSTICE? Aujourd’hui la question est lancée : comment « faire Justice » dans une société en changements, au-delà des institutions et parfois même au-delà du droit? Ces journées proposent de problématiser la justice sous toutes ses formes et invitent à dépasser une conception de la justice perçue uniquement comme l’établissement d' »institutions justes ». Ces quêtes de justice seront illustrées par des stratégies développées dans différents milieux : une façon de rendre concrète la pluralité des options de justice dont fait partie la justice réparatrice.
Au programme : ✔️ Conférences et témoignages inspirants ✔️ Discussion sur les meilleures pratiques ✔️ Opportunités de réseautage avec des partenaires engagés
Ce congrès réunira des experts nationaux et internationaux afin d’échanger sur les enjeux actuels de l’expression d’une justice en mouvement et sur les défis posés par les quêtes de justice et la pluralité des formes d’intervention.
Parmi les conférenciers et conférencières, nous aurons l’honneur d’accueillir deux invité.es d’envergure qui partageront leur expertise, leur travail et leur réflexion en cours : – Antoine Garapon, un essayiste et magistrat français, auteur de Bien juger. Essai sur le rituel judiciaire (1997), Des crimes qu’on ne peut ni punir, ni pardonner (2002), et Pour une autre justice – La voie restaurative (2025). – Estelle Zinsstag, Maître de conférences en criminologie à l’école des sciences appliquées de l’Université Napier d’Édimbourg et chercheuse au Scottish Centre for Crime and Justice Research.
En plus de ces conférenciers internationaux, nous aurons l’honneur de recevoir Mélanie Julien du Conseil du statut de la femme, et d’entendre le témoignage de Marie. » (Extrait)
La justice restaurative a été introduite en France par la loi du 15 août 2014 et sa mise en oeuvre précisée par la circulaire du 15 mars 2017. À partir des données produites dans le cadre de l’étude « Freins et leviers de la justice restaurative en France », le but de cet article est de montrer que la justice restaurative constitue moins l’alternative au modèle punitif qu’une réponse à des transformations socioculturelles du rapport au droit et au système judiciaire des professionnels de la justice et des acteurs sociaux. Ces transformations reposent sur la mise en oeuvre de dispositifs communicationnels et sur des enjeux liés à une attention renouvelée à la dimension conflictuelle des litiges. L’étude de la réception de la justice restaurative met ainsi en perspective l’évolution des cultures professionnelles des acteurs de la chaîne pénale et du rapport au droit des acteurs sociaux.
Abstract
In France, restorative justice was enacted by the law of August 15, 2014 and implemented with the ministerial circular of March 15, 2017. Using data produced for the study “Freins et leviers de la justice restaurative en France”, this article explains that restorative justice is not as much an alternative to the punitive model of justice as it is a response to the sociocultural evolution of legal professionals and social actors, especially with regard to their relationships to the law and judicial system. Fundamental to this evolution are the introduction of various communication structures and channels, and the renewed interest in issues relating to the conflictual dynamics of legal disputes. As examined in this article, restorative justice continues to impact the professional culture of criminal system actors, as well as the relationships of lay or non-legal actors to the law.
« À rebours de la peine carcérale et du « tout sécuritaire », la justice restaurative tente une reconstruction des victimes au travers d’une médiation entre elles et leurs agresseurs. Immersion poignante dans des expériences menées en Belgique et en Suisse.
Braquage, agression, abus sexuels ou encore accident de la route : autant d’infractions qui engendrent des blessures profondes, physiques et morales, chez les victimes, souvent privées de voix dans des procédures judiciaires axées sur la peine. Pour leur restituer une place, la justice restaurative organise des confrontations entre elles et les auteurs de ces actes, afin que s’instaure un dialogue cathartique entre les deux parties. Des médiations chargées émotionnellement, qui permettent cependant aux unes et aux autres de dépasser la violence subie et commise pour se reconstruire. Pionnière en matière de médiations pénales pour mineurs, la Belgique expérimente ces méthodes avec succès depuis des années. « C’est bien de se voir et de se parler, confie lors d’une séance un adolescent en larmes, sinon, on garderait tout cela en nous. » En Suisse, à Lausanne, une jeune mineure, victime d’abus sexuels, a osé affronter le regard de son agresseur : « J’ai pu en face à face lui donner le pardon, c’est-à-dire me pardonner à moi-même de n’avoir pas su lui échapper. » En incitant les auteurs à prendre conscience des souffrances infligées, la justice restaurative, qui ouvre sur des réductions de peine carcérale, peut aussi contribuer à prévenir la récidive. Mais son développement amorcé à travers le monde est aujourd’hui entravé par la dérive du tout sécuritaire.
Libérer les victimes En filmant, de la Belgique à la Suisse, ces rencontres d’une poignante intensité, dont celles d’un programme pilote mené en prison avec des auteurs et des victimes d’actes similaires, François Kohler explore ces pratiques qui exigent du temps, un accompagnement et la pleine adhésion des parties prenantes. En remettant les victimes au centre du processus judiciaire, la justice restaurative les libère paradoxalement de ce statut qui les enferme – « J’ai maintenant envie d’enlever cette étiquette de victime« , lance un jeune homme à son agresseur à l’écoute, presque déçu d’être amendé −, en même temps qu’elle autorise les auteurs d’agressions à se raconter et à s’expliquer sans faux-semblants. Au-delà des dommages et des ineffaçables cicatrices, une humanisation qui répare et favorise la réinsertion.
Réalisation : François Kohler (Extrait de arte.tv 29/01/2025)