Aulnay : blessé par un tir de flashball, un médiateur saisit la police des polices


« Un médiateur de la ville d’Aulnay-sous-Bois vient de déposer plainte pour « violences volontaires aggravées » auprès de l’IGPN (la police des polices), après avoir été touché et grièvement blessé par un tir de flashball, le 10 mai dernier. W., 23 ans, dit avoir été délibérément visé par un policier, lors d’une échauffourée dans les quartiers nord, alors même qu’il tentait de contenir des jeunes.

Ce jour-là, aux alentours de 18 heures, W. est dépêché dans le quartier de la Rose-des-Vents par Loïc Le Roux, le directeur de la police municipale. «Il me demande d’aller là-bas pour donner un petit coup de main aux équipes de médiation car il y a un problème», détaille ainsi W. dans le procès-verbal de sa plainte, que nous avons pu consulter.

Le jeune homme à la carrure de déménageur, connu dans la cité, s’y rend aussitôt. « Je vois des jeunes qui courent dans tous les sens », raconte W. Il apprend « qu’un jeune s’est fait interpeller par la police » et qu’il y a eu « un débordement ». Dans l’après-midi, un homme roulant avec une moto volée, sans casque, a été interpellé par les forces de l’ordre, entraînant des tensions avec quelques jeunes.

Puis, tout dérape. « Je vois arriver deux lignes de policiers qui me tiennent en joue avec le lanceur de 40 (NDLR : un flashball). Ils me disent : Recule ! », poursuit-il selon le PV de sa plainte. W. se trouve alors entre les policiers et les jeunes, il « attrape » l’un d’entre-eux et lui dit de « calmer le jeu ».

Las : «Je vois l’un d’eux (NDLR : des policiers) faire feu sur moi. Le projectile de 40 me touche au niveau du genou gauche, je m’écroule immédiatement au sol (…). Je ne pouvais pas me déplacer ni me relever. » Et pour cause : son tendon rotulien est rompu.

Transporté à l’hôpital, le médiateur se voit prescrire 45 jours d’ITT. Il doit être opéré le 14 septembre et pourrait se voir poser une prothèse à la place de la rotule. Devoir de réserve oblige, il n’a pu commenter nos informations.

Celui qui a grandi à la Rose-des-Vents est décrit par l’entourage du maire comme «apprécié par tout le monde ». Ancien ASVP (Agent de surveillance de la voie publique), « il connaît bien les jeunes des quartiers nord, il est respecté. C’est pour cela que le directeur de la police municipale fait souvent appel à lui », ajoute un membre du cabinet. Qui précise que la ville a «accompagné » W. dans sa démarche auprès de l’IGPN.  » – Thomas Poupeau – (Extrait de leparisien.fr/ du 10/09/2017)

En savoir plus sur http://www.leparisien.fr/aulnay-sous-bois-93600/aulnay-blesse-par-un-tir-de-flashball-un-mediateur-saisit-la-police-des-polices-10-09-2017-7249671.php

Brahim Lamouri, médiateur protecteur de la cité des 3 000 à Aulnay (Bondy Blog)


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« Brahim Lamouri fait partie de ceux qui ont pas mal bourlingué avant de trouver leur voie. Passé par un CAP métallurgie pendant deux ans, avant d’être ouvrier en bâtiment, il est ensuite devenu livreur, agent de sécurité, manutentionnaire à Roissy… Autant d’expériences qui l’ont fait grandir et lui ont prouvé, s’il le fallait, l’importance du travail. Mais c’est grâce à sa mission de médiateur, poste qu’il occupe depuis près de huit ans à la salle de danse du Galion, au cœur de la cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois, qu’il a définitivement “gagné en maturité”.

Âgé de 28 ans, il tente aujourd’hui de transmettre ses valeurs du travail et du partage aux plus jeunes. “Je suis passé par là avant eux. Mon objectif, c’est de les mettre sur le droit chemin et leur enseigner l’importance d’avoir un travail honnête, raconte-t-il. L’autre jour, j’ai dit à un petit “Allez, bouge tes fesses et va bosser”. Le mec a suivi mes conseils. Il est revenu, m’a serré dans ses bras et m’a dit “grâce à toi, j’ai décroché un CDI dans un centre de tri à Aulnay. (…) Ce n’est peut-être qu’une seule personne mais le message est passé, le dialogue a porté ses fruits. C’est l’essentiel”. (…)

“À un moment, il fallait que ça pète”

Ici, c’est un esprit de famille qui règne, celui où l’on protège, celui où l’on fait tout pour être présent malgré tout. “Certains cours se terminent après 21h. Je sors tout le temps avec les jeunes pour voir s’ils prennent bien leur bus, si on vient les chercher, assure Brahim. On ne les laisse pas sortir comme ça, on ne les laisse pas à l’abandon, on essaye de tout faire pour les suivre”. La médiation ne s’arrête donc pas après les portes du centre de danse. “Ce que j’aime dans mon métier, c’est le côté social, de sentir que je peux contribuer à aider les gens avec mes moyens”. Derrière lui, des dessins d’enfants et des messages d’amour qui lui sont adressés sont accrochés sur le mur. Parmi eux, un “je t’aime Brahim”. L’identité de l’auteur n’est pas encore connue à ce jour !

Depuis le viol de Théodore par un policier de la BST d’Aulnay-sous-Bois, Brahim essaye d’expliquer aux jeunes que “ça ne sert à rien de casser, de brûler (…) même s'[ils]pensent qu’il faut passer par là”, précise-t-il. “À un moment, il fallait que ça pète”. Il comprend la colère et regrette que le dialogue entre jeunes et policiers se soit à ce point détérioré. “On essaye de faire en sorte d’être écouté, le fait que ça pète dans le quartier, ça ouvre les yeux sur la cité”. Selon lui, si les jeunes expriment leur ras-le-bol, c’est à cause des nombreuses dérives des forces de l’ordre. “Les policiers sont tout de suite dans la violence. Ça n’est pas comme ça que l’on pourra avancer. Certains policiers abusent un peu trop de leurs droits. C’est important la police, s’il n’y avait pas de policiers ça serait l’anarchie ici mais qu’ils fassent d’abord leur boulot correctement”. (Extrait de bondyblog.fr du 16/02/2017)

En savoir plus sur http://www.bondyblog.fr/201702161355/ils-font-aulnay-brahim-lamouri-mediateur-protecteur-de-la-cite-des-3-000/#.WKYpjzvhC70