Audio : Le « médiateur », un métier à la mode par Michel Serres, Michel Polacco sur France info du 13/03/2016


Le « médiateur », un métier à la mode | France info

Michel Serres et Michel Polacco Photo RF

« Quand on ne sait pas traiter un conflit, on fait appel à un médiateur. Quand on veut donner une apparence de transparence dans les affaires on en fait autant, l’actualité nous a même, il y a peu, donné des exemples de médiateurs douteux. Le philosophe Michel Serres et Michel Polacco évoquent les multiples casquettes des médiateurs, une fonction très en vogue aujourd’hui.

Le médiateur est un diplomate, un individu, (homme ou femme) de bon sens, il sait faire preuve d’empathie, de pédagogie. Il doit être impartial, neutre, honnête, indépendant.

On use beaucoup les médiateurs dans les conflits du travail, mais aussi pour éviter des procédures judiciaires coûteuses et longues.

Dans les médias, il y a désormais souvent des médiateurs, qui assurent le relais entre le support et ses lecteurs ou son auditoire.
Le roi Salomon et le roi Saint-Louis furent à leur manière les ancêtres des médiateurs que nous connaissons depuis le XXe siècle.

Et parfois, les médiateurs sont pris à partie. C’est un métier, mais pas de tout repos ! » (Extrait de franceinfo.fr du 13/03/2016)

En savoir plus sur http://www.franceinfo.fr/emission/le-sens-de-l-info/2015-2016/le-sens-de-l-info-2015-2016-du-13-03-2016-13-03-2016-05-20

Article : « La médiation et ses humbles tisserands du dialogue » par Michèle Guillaume-Hofnung


Michèle Guillaume-Hofnung Headshot

« Face aux terribles évènements que nous vivons, la mobilisation de tous les moyens propres à rétablir le dialogue est d’une extrême urgence. Il s’agit de ne pas subir l’avenir mais de le créer. Les moyens classiques de l’Etat régalien tels que l’arsenal juridique, judiciaire, le renseignement, la police, l’armée restent évidemment indispensables.La médiation se place à un autre niveau car, issue du peuple elle ne se soucie pas des querelles électoralistes subalternes.

Qu’est ce que la médiation ?

C’est une « subversion positive » qui trouve son origine dans le peuple. Alors qu’aujourd’hui les pouvoirs publics, sous l’emprise intellectuelle anglo-saxonne, la réduisent à une formule chimique de désengorgement des contentieux ou des réclamations, et labellisent ses contrefaçons tant dans les textes français qu’européens, il faut renouer avec son potentiel civique d’origine .

La médiation contemporaine a surgi de la société civile dans les années 80. Nouvelle liberté publique elle a été portée par des pionniers issus du monde associatif, (Droits de l’Homme et Solidarité (DHS) ou Femmes inter associations, Inter services Migrants (FIA-ISM) etc.). Très tôt ces pionniers se sont formés, se sont dotés d’une déontologie spécifique pour faire « brèche » dans les murs d’incompréhension et établir des passerelles entre les membres d’une société déjà menacée de fracturations à risques.

La médiation : Une maieutique

La médiation est un processus de communication éthique qui repose sur la liberté et la responsabilité des personnes, avec pour fonctions premières de créer ou recréer le lien social. Sa nature n’est ni judiciaire, ni arbitrale.Son processus est proche de la « maïeutique », accouchement de soi dans le dialogue avec l’autre.

Le médiateur est un tiers totalement extérieur au système que forment, volontairement ou involontairement, les participants. Cette extériorité doit garantir son impartialité. Il ne témoigne ni sympathie, ni antipathie aux participants. Il alterne au fil de l’écoute les séquences d’empathies successives. En utilisant les mots de chacun, il aide les participants à envisager le monde avec les yeux de l’autre. Il doit aussi savoir rester neutre, c’est à dire exempt de tout pouvoir, direct ou induit, pour favoriser l’émergence de la solution entre les partenaires.

La médiation opère son travail très en amont des conflits. En créant ou recréant le lien social elle les prévient souvent. Quand elle sert à les régler elle le fait par une pédagogie de la relation à l’autre. D’où son urgence dans la situation actuelle.

L’impérieuse nécessité de la médiation

Nous sommes tous concernés par la dégradation du tissu social et nous sommes tous concernés par sa réparation. Le « vivre ensemble » se tisse et hélas se détisse d’abord entre les individus. L’unité nationale ne se décrète pas elle se tisse humblement quotidiennement, patiemment, continûment, horizontalement.

Il nous revient à nous médiateurs, humbles tisserands du dialogue de nous mobiliser. L’aggravation de la fracture sociale pourrait se transformer en guerre civile, ce que souhaitent nos ennemis.

Un peuple retrouve la confiance s’il trouve en lui le moyen d’agir. La médiation vecteur de résilience inter individuelle et collective lui donne cette possibilité.

Il serait bien arrogant de présenter la médiation comme « la » solution, permettant à coup sûr de nous prémunir des passages à l’acte d’ « Erostrates », manipulés ou dégoupillés.

Le tueur de Nice en « fonçant dans le tas », a unis des victimes de toutes origines ou religions dans un destin tragique. A cette communauté de destin, subie, dessinée par la violence d’un soir, il faut répondre par le désir d’ acquérir un destin commun durable et d’écarter la surinfection de la haine.

La médiation est consubstantielle aux valeurs de la République : Liberté, égalité, fraternité :

Liberté : La médiation ne peut réussir que si la participation au processus est libre. « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté » enseignait Alain. La médiation aussi ressortit de la volonté. Un premier « accouchement » libère la parole, même véhémente vis-à-vis d’autrui. Dans un deuxième temps le processus accouche d’une solution pour vivre ensemble ou régler le conflit. Par la seule pertinence de ses questions le médiateur libère les partenaires des incompréhensions qui les ligotaient, entravaient leur confiance et leur créativité

Egalité : Le processus fonctionne de manière totalement horizontale. Toute la puissance de la médiation réside dans l’absence de pouvoir du médiateur. Il ne donne ni conseil ni avis, il ne rend pas de décision. Formé à respecter la liberté des participants, il les grandit, ce qui est la définition même de l’autorité. Il ne la tient que de la libre reconnaissance des participants. Ceux-ci vont, le temps de la médiation construire ensemble une issue  » par le haut. »

Fraternité : L’altérité a constitué le moteur des pionniers.  » La Charte de l’Autre » élaborée par Jean-François Six, inspire durablement l’action des médiateurs. Elle demeure au cœur de ce qui peut nous sauver face aux projets de guerre civile que nourrissent les auteurs des attentats sanglants. Le pessimisme se donne trop facilement le masque du réalisme. Oh comme ils sont touchants et naïfs ceux qui se croient réalistes! Mais comme ils sont dangereux aussi, car ils ratifient sans la passer à la preuve du dialogue, la croyance en la médiocrité et la noirceur humaine. Faute de dialogue ils contribuent à les faire advenir.

Alors nous appelons à une mobilisation générale :

Nous médiateurs, nous devons nous saisir des fils pour nouer un nouveau dialogue. Il faut que les médiateurs se lèvent en masse, mais pas dans l’impréparation générale.

LES CONDITIONS DU SUCCES

Le « Vivre ensemble » ne peut être une injonction incantatoire venue du sommet, . Il doit provenir d’une expérience de vie.Il doit résulter de ce que la société vous veut comme membre, qui que vous soyez, et vous le manifeste tout au long de votre parcours social.

La médiation n’est ni laxiste ni angélique, elle demande un effort lucide. Le médiateur est un réaliste. Responsable du cadre de la médiation il n’a rien d’un « Bisounours. C’est grâce à la solidité du cadre qu’il a élaboré qu’il permet aux participants d’exprimer leurs griefs et de faire surgir le « meilleur », qui est en chacun d’eux.

L’impérieuse nécessité de la médiation, telle que ses pionniers l’ont forgée, mérite qu’une démarche-qualité soit enfin respectée.. La médiation est issue de la base, elle ne nécessite aucun appareil règlementaire au contraire. Le « sommet » doit arrêter de la paralyser par ses contrefaçons législatives létales. Elle repose sur les principes suivants :

Bien nommer pour bien faire : que le sommet cesse d’appeler médiation tout et n’importe quoi (le négociateur des taxis, les conciliateurs de la consommation)

Assurer un régime juridique qui respecte sa nature: ne pas la couler dans le béton d’un régime juridique sclérosant.

S’appuyer sur une formation, préalable spécifique et continue : Les pionnier(e)s de la médiation avaient perçu, l’importance primordiale de la formation. C’est un art difficile qu’on ne peut exercer ou enseigner sans formation solide.

En conclusion, j’en appelle à la mobilisation civique. J’en appelle aussi aux pouvoirs publics pour qu’ils libèrent la médiation, qu’ils cessent de la récupérer et de la dénaturer, pour qu’ils procèdent d’urgence à un moratoire législatif. Car quand ils l’auront tué par leurs contrefaçons létales, nos sociétés n’auront pas de deuxième chance.  » (Extrait de huffingtonpost.fr du : 1/08/2016)

Article à consulter sur http://www.huffingtonpost.fr/michele-guillaumehofnung/mediation-dialogue_b_11292626.html

Vidéo : Entretien de 2010 de Roger Fisher l’un des pères de la « négociation raisonnée ».


Roger Fisher« Roger Fisher was the Samuel Williston Professor of Law, Emeritus, Harvard Law School and founder of the Harvard Negotiation Project.  A pioneer in the field of international law and negotiation, and the co-founder of the Harvard Negotiation Project, Fisher died on August 25, 2012.  Fisher helped to establish negotiation and conflict resolution as a field deserving academic study.

Fisher’s work laid the foundation on which much of the field of negotiation and conflict resolution has been based.  His best-selling book, “Getting to Yes: Negotiating Without Giving In” (co-authored with William Ury in 1981), has been translated into 23 languages and has sold more than 3 million copies worldwide.

According to Robert Mnookin, “Roger Fisher taught that conflict is not simply a ‘zero-sum’ game in which a fixed pie is simply divided through haggling or threats. Instead, he showed how by exploring underlying interests and being imaginative, parties could often expand the pie and create value.”

According to Robert C. Bordone: “Roger was a master at the art of perspective-taking, of understanding how deep human needs—to be heard, valued, respected, autonomous and safe—when unmet or trampled upon, become seeds of evil and violence, seeds that can cause us to vilify each other, and that motivate us to see the world in stark black-and-white terms. » (Extrait de mediate.com d’octobre 2010))

Vidéo à consulter sur http://www.mediate.com/articles/completefisher.cfm

 

Le médiateur de la région Île-de-France, une fonction encore peu connue


 

Le médiateur de la région Île-de-France, une fonction encore peu connue

« Le médiateur du conseil régional d’Île-de-France a fait l’objet de 81 réclamations en 2015, dont la moitié n’entrait pas dans son champ de compétence, un chiffre qui illustre une fonction encore peu connue et « la difficulté de se reconnaître dans le dédale administratif », a-t-il expliqué à l’AFP.

L’Île-de-France a été la première région de France à se doter en janvier 2014, d’un médiateur, chargé de « proposer une voie de recours amiable, gratuite et indépendante pour régler les différends entre toute personne physique (citoyens) ou morale (entreprise, association, collectivité) et l’administration régionale ».

En 2015, le médiateur Jean-Pierre Hoss a fait l’objet de 81 saisies (3 de plus par rapport à 2014), mais la moitié (51 %) ne relevait pas de sa compétence (contre deux tiers l’an dernier), selon son rapport annuel d’activité 2015. » (Extrait de weka.fr du 24/05/2016)

En savoir plus sur http://www.weka.fr/actualite/administration/article/le-mediateur-de-la-region-ile-de-france-une-fonction-encore-peu-connue-38177/

ouvrage : « MINI-LEXIQUE RAD/ADR QUADRILINGUE » de Jean A. Mirimanoff & Marco Pons


Un mini-lexique RAD/ADR en 4 langues de 51 pages réalisé par Jean A. Mirimanoff  et Marco Pons

ENGLISH TRANSLATION Jeremy Lack
DEUTSCHE ÜBERSETZUNG James Peter
РУССКИЙ ПЕРЕВОД Татьяна Алексейцева

Ouvrage à consulter sur : https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?Op=dC

article : Erin Meyer, « Getting to Si, Ja, Oui, Hai, and Da », Harvard Business Review, december 2015


 

« To be effective, a negotiator must take stock of the subtle messages being passed around the table. In international negotiations, however, you may not know how to interpret your counterpart’s communication accurately, especially when it takes the form of unspoken signals. The author identifies five rules of thumb for negotiating in other cultures: » (Extrait du site hbr.org)

Pour en savoir plus : hbr.org/2015/12/getting-to-si-ja-oui-hai-and-da?utm_campaign=harvardbiz&utm_source=twitter&utm_medium=social

Création du Centre de Recherche sur la Médiation Humaniste (CRMH)


« Un collectif intitulé Centre de Recherche sur la Médiation Humaniste (CRMH) s’est constitué autour de Jacqueline Morineau sur la base des travaux d’un colloque tenu en avril 2011 au Centre Sèvres de Paris.
Les membres en sont: Marie Odile Delcourt, André Dupleix, Guy Escalettes, Alberto Giasanti, Etienne Le Roy, Leonardo Lenzi, Jacqueline Morineau , Christine Tavares, Filippo Vanoncini, Bertrand de Villeneuve
Le résultat de leur réflexion, intitulé  La médiation humaniste, pour ‘faire société’ dans la prise en charge des différends a été publié en juillet aux archives ouvertes du CNRS (HAL). Il est consultable et téléchargeable à l’adresse

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01171504 » (texte communiqué par Marie Odile Delcourt le 30/09/2015)