Archives de Catégorie: médiation scolaire
Médiation scolaire : de nouveaux élèves médiateurs au collège Quéral de Pontchâteau.

Dans le cadre du projet d’établissement, un dispositif appelé Médiation par les pairs a été mis en place, en 2014. Sept nouveaux collégiens viennent d’être formés. (Extrait de ouest-france.fr du 01/12/2018)
En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pontchateau-44160/de-nouveaux-eleves-mediateurs-au-college-queral-6102539
Emploi : Médiateur social (H/F) en milieu scolaire, Citéo, Seine-Saint-Denis

Opérateur de médiation sociale, Citéo recrute un médiateur social urbain qui interviendra dans un quartier de la métropole lilloise.
Missions : réalisation de diagnostics de territoire ; prévention et gestion des conflits ; actions de sensibilisation (propreté urbaine, déplacements…) ; rencontre des habitants/usagers et notamment des personnes fragilisées ; renforcement de l’implication citoyenne ; représentation de l’entreprise lors de réunions ou d’instances partenariales
Profil : diplôme de niveau 4 minimum (DUT Gestion Urbaine, Licence Intervention Sociale…) et/ou expérience probante sur un poste similaire ; permis B
Conditions : temps plein annualisé ; travail en roulement et en horaires décalés, le week-end et les jours fériés
CV et lettre de motiviation à adressser avant le 15/12/2018
En savoir plus sur http://www.francemediation.fr/orki/view/229/offres-d-emploi.html
Médiation scolaire : des élèves médiateurs du collège de Gien témoignent
« Des mots pour apaiser des maux. C’est l’objectif du collège Ernest-Bildstein, à Gien. Depuis cinq ans, l’équipe éducative de l’établissement, qui compte 400 élèves, forme des médiateurs parmi ses classes de 4e.
« Ils le restent l’année suivante, précise Anne Galisson, conseillère principale d’éducation (CPE). Nous en avons donc une trentaine par an. En 2018-2019, il s’agit de la quatrième génération. »
Objectif pour ces « facilitateurs de communication » : être à l’écoute, empathiques, rester neutres, ne pas juger, savoir se contrôler. À chaque fois qu’une guerre interne éclate, les éducateurs choisissent les médiateurs opportuns pour gérer la crise.
Anne Galisson, conseillère principale d’éducation, forme les élèves pour leur faire comprendreles enjeux de la médiation.Ces derniers s’enferment dans une salle avec les élèves concernés. Aucun adulte n’intervient. « Ils ne nous racontent pas ce qu’il s’est passé mais remplissent une fiche, ce qui nous permet de savoir si le problème est résolu », détaille la conseillère principale d’éducation.
Des problématiques autres que le harcèlement scolaire
Et le harcèlement scolaire ? « C’est trop grave pour qu’on gère. » Voilà ce que répondent les élèves médiateurs lorsqu’on leur pose la question. D’après plusieurs enquêtes, depuis 2011, 14 % des élèves du primaire, 12 % des collégiens et 2 à 3 % des lycéens expliquent être harcelés.
Selon les adolescents et l’équipe éducative, l’établissement scolaire giennois est relativement épargné. Mais, si cela arrive, « c’est à nous, adultes, de régler ça », affirme Anne Galisson.
« Un collégien sur dix est victime de harcèlement »
Disputes, insultes…
Au sein du collège Bildstein, les conflits les plus fréquents concernent des disputes entre amis, des insultes, des moqueries qui durent dans le temps…
Les principaux conflits concernent des disputes entre amis, des moqueries, des insultes. Les élèves médiateurs ne gèrent pas les problématiques de harcèlement scolaire. »Nous, on doit éviter la violence, faire en sorte que ça ne dégénère pas, explique Lison, 14 ans, médiatrice depuis l’an dernier. De manière générale, ça fonctionne. »
Là où les enseignants font figure d’autorité, les collégiens, eux, deviennent des confidents. « C’est plus facile de parler à des gens de notre âge, indiquent-ils. Ils nous comprennent. On vit dans le même monde. Quand on dit “screenshot” (capture d’écran), ils savent de quoi on parle ! »
Attention aux réseaux sociaux !
« Aujourd’hui, le conflit qui se passe au collège perdure à la maison, il ne s’arrête pas aux portes de l’école. » Anne Galisson pointe du doigt un problème délicat, celui des réseaux sociaux.
Facebook, Instagram… Les moqueries et les insultes continuent le soir, sur Internet, ne laissant aucun répit aux adolescents.
Les élèves le confirment. Souvent, lors des médiations, le sujet revient sur la table : « Le problème, c’est qu’on se dispute par messages mais, comme on ne voit pas l’autre, on ne sait pas exactement ce qu’il veut dire ». A-L Le Jan (Extrait de msn.com du 23/11/2018)
En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/local/conflits-au-coll%C3%A8ge-%C3%A0-gien-des-%C3%A9l%C3%A8ves-m%C3%A9diateurs-t%C3%A9moignent/ar-BBQ0JAs
La médiation scolaire : une nouvelle méthode pour améliorer le climat scolaire dans l’école de Plounéour-Ménez

« La municipalité et la commission « enfance jeunesse » ont fait appel à l’association Aroéven, basée à Rennes, pour former adultes et enfants à la médiation. Ce dispositif est un processus qui permet lors d’un conflit mineur l’intervention de personnes extérieures afin de dépasser le rapport de force et ainsi de trouver une solution « gagnant-gagnant ». Dans un second temps, les élèves formés à la médiation pourront à leur tour recevoir les élèves en conflits.
La médiation est un outil supplémentaire à la gestion des conflits, parmi ceux qui existent déjà au sein de l’établissement. Basée essentiellement sur la parole et le responsabilité des élèves, c’est l’amélioration du climat scolaire qui est visé.
Projet établi sur trois ans
Toute l’équipe enseignante a adhéré à ce projet d’établissement et une équipe de pilotage a été constituée. Ce projet va s’étaler sur trois ans et il concerne l’élémentaire. C’est Peggy Dufour, coordinatrice en milieu scolaire pour Aroéven, qui intervient et forme les équipes à cette méthode pédagogique.
Après les adultes, les enfants (une douzaine) seront à leur tour formés au cours de deux journées pour leur donner les moyens de résoudre les problèmes auxquels ils seront confrontés (conflits mineurs entre leurs camarades).
Un espace « médiation » sera aménagé au sein de l’école, les journées de formation vont se poursuivre tout au long de l’année pour une mise en pratique dès la rentrée prochaine. La commune participe financièrement à la mise en place du dispositif » (Extrait de letelegramme.fr du 17/11/2018)
En savoir plus sur https://www.letelegramme.fr/finistere/plouneour-menez/mediation-nouvelle-methode-pour-ameliorer-le-climat-scolaire-17-11-2018-12136729.php#ug8qhFMFoJC6c4vR.99
Vidéo : « Au CO de Fully-Saxon en Valais, des élèves sont formés à la médiation. » (Canal9.ch-30/11/2016)

« Semaine spéciale au cycle d’orientation de Fully-Saxon. Élèves et enseignants se consacrent à cinq jours de paix dans le but de mieux vivre ensemble au quotidien. Une action spéciale pour apprendre à régler les conflits et sensibiliser les jeunes à l’autre sur le long terme. Et le cycle d’orientation de Fully-Saxon est le premier établissement du Valais romand à former des élèves médiateurs. » (Extrait de canal9.ch du 30/11/2016)
Vidéo à consulter sur http://canal9.ch/au-co-de-fully-saxon-des-eleves-sont-formes-a-la-mediation-une-premiere-en-valais/
Médiation scolaire : Élèves médiateurs au collège de Montlouis sur Loire

© Photo NR
Trois jeunes de troisième – parmi les cinquante médiateurs du collège – qui ont témoigné, avec une étonnante maturité, des médiations qu’ils avaient déjà dû mener. « Quand on réussit une médiation, on se dit qu’on a été utile c’est aussi une satisfaction personnelle », assurait Gatien, tandis que Carla soulignait : « Ça permet de créer un contact, d’éviter que l’élève se retrouve face à un mur. » La jeune Alice, nouvellement nommée médiatrice, n’hésitait pas à confier à la rectrice que « la médiation profite aussi aux relations profs-élèves, et nous pouvons mieux comprendre que le professeur peut être lui aussi dans un mauvais jour… »
« Je trouve que ce qui se fait ici est remarquable », observait Katia Béguin, qui disait être « venue ici en repérages de pratiques intéressantes à faire remonter au ministère… » (Extrait de .lanouvellerepublique.fr du 16/11/2018)
Médiation scolaire : Collégiens et médiateurs au collège Louise-Michel à Chaumont (52)
Le collège Louise-Michel vient d’inaugurer sa salle de ?médiation par les pairs’. Dix-sept collégiens se sont portés volontaires pour devenir médiateurs et aider leurs camarades à gérer des situations conflictuelles. (Extrait de jhm.fr du 10/11/2018)
En savoir plus sur http://www.jhm.fr/communes/Collegiens-et-mediateurs
Un médiateur social pour apaiser le climat scolaire à Méru (Oise)

« Julien Tomkow est médiateur social en milieu scolaire. Son rôle est de favoriser le bien-être des enfants à l’école. Au vu des résultats obtenus, son champ d’intervention vient d’être élargi.
Barbe fournie, piercings à l’oreille et casque de musique vissé autour du cou, Julien Tomkow est facilement reconnaissable par les élèves qu’il accompagne. L’homme de 35 ans est médiateur social en milieu scolaire. Depuis trois ans, il intervient auprès du collège du Thelle et l’école élémentaire Bellonte, à Méru. Au vu des bons résultats obtenus, son champ d’action vient d’être élargi à l’école Jean-Moulin. Trois établissements classés Réseau d’éducation prioritaire (REP) et situés dans le quartier populaire de la Nacre.
Son rôle ? Favoriser le bien-être des enfants à l’école. Pour ce faire, le travailleur social accompagne les élèves en souffrance par le biais de médiations. Autrement dit, des temps d’échange durant lequel l’enfant ou l’adolescent peut s’exprimer librement, seul avec le médiateur ou en présence de la personne qui lui cause du tort. « Rien que le fait de parler permet de désamorcer les choses », explique Julien, formé au sein du réseau France Médiation, et membre de l’Association de médiation interculturelle (AMI).
En plus de cet accompagnement, le médiateur propose ponctuellement des interventions en classe, sur le thème du harcèlement. C’est l’un des cas les plus rencontrés par Julien, aux côtés des soucis interpersonnels (bagarres, moqueries…) et du mal-être à la maison.
Cécile Drivière, directrice adjointe Segpa du collège du Thelle, ne tarit pas d’éloges sur le travail de Julien. « Le lien qu’il crée avec les élèves et les familles représente pour les acteurs de la communauté éducative une passerelle dorée entre l’institution scolaire, les familles et l’élève », résume-t-elle.
La directrice adjointe prend l’exemple de cet élève de 6e qui, l’an passé, avait confié à ses camarades sa volonté de mettre fin à ses jours. « La confiance accordée par ces élèves à Julien et la réactivité de celui-ci ont permis de contacter, via la directrice de Segpa, l’assistante sociale qui a évalué la situation et a réactivé le suivi éducatif de l’élève », vante Cécile Rivière.
Même satisfaction du côté de Yann Legrand, directeur de l’école Bellonte, qui décrit un climat scolaire plus apaisé. « L’action de Julien est venue renforcer le travail de résolution des conflits entre élèves, initié par l’équipe pédagogique », explique-t-il. » (Extrait de leparisien.fr du 21/10/2018)
En savoir plus sur http://www.leparisien.fr/oise-60/meru-un-mediateur-pour-apaiser-le-climat-scolaire-21-10-2018-7924314.php
Colloque du 20e anniversaire de la médiation à l’éducation nationale, Paris, 9/10/2018

« La médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et son équipe ont le plaisir de vous convier au
Colloque du 20e anniversaire de la médiation
Mardi 9 octobre 2018 de 9 h à 17 h
Amphithéâtre Poincaré 21 rue Descartes, 75005 Paris
Cette journée anniversaire permettra d’engager une grande réflexion sur les enjeux et les évolutions de la médiation depuis sa création ainsi que sa contribution à l’amélioration du fonctionnement et de la qualité du service public.
- 9 h : Ouverture de la Journée par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
- Conférence d’ouverture de Michel Wievorka, sociologue, président du directoire de la Fondation Maison des sciences de l’homme
- Témoignages d’anciens médiateurs
- Tables rondes autour de deux thématiques :
– Améliorer la qualité du service public et de la relation aux usagers. Rôle de la médiation dans un contexte de transformation de l’administration à l’heure du numérique
– L’apport de la médiation dans la gestion des conflits et la prévention des violences en établissement scolaire - 16 h 30 : Clôture de la Journée par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale (Extrait de education.gouv.fr )
En savoir plus http://www.education.gouv.fr/cid134720/colloque-du-20e-anniversaire-de-la-mediation.html
Burkina Faso – « Rentrée scolaire et académique 2018-2019 : Donner à la médiation toute son importance comme outil de soutien à l’œuvre pédagogique » par Dr Poussi Sawadogo, Coach-formateur en médiation de crises

« Les élèves et les étudiants reprennent le chemin de l’école et du campus avec la reprise des activités pédagogiques. En plus, la médiation à l’école est à l’ordre du jour de la rencontre des médiateurs des pays membres de l’UEMOA qui se réunissent à Ouagadougou du 1er au 3 octobre 2018.
Face à cette double actualité, l’auteur, en tant que parent et éducateur, se sent interpelé par la nécessité de préserver la paix entre les acteurs de l’éducation au niveau de tous les ordres d’enseignement. Faisant sienne la posture d’anticipation de l’américain William Ury, l’auteur interpelle les acteurs du système éducatif burkinabè : « On a vite raison d’un début d’incendie ; mais qu’on le laisse progresser, et des fleuves entiers ne pourront l’éteindre. (…). Car le conflit n’est pas le produit d’une génération spontanée ; il découle d’une tension latente, se développe en un affrontement ouvert, explose en véritable combat pour, enfin passer le seuil de la violence destructrice. »
Il importe d’aider les responsables administratifs, les enseignants, des élèves, les parents et les syndicats et associations à dialoguer et à cultiver le compromis pour surmonter leurs différends au cours de l’année scolaire et académique qui démarre. A tous les niveaux, préscolaire, primaire, secondaire et supérieur, il faut prévenir les crises et pendre en charge les conflits qui surgissent entre les acteurs du système éducatif. Il importe d’instituer des mécanismes de médiation des crises scolaires et académiques pour répondre aux attentes de pacification de l’espace éducatif au Burkina Faso.
La présente réflexion porte, dans un premier temps, sur la finalité de la médiation, dans un deuxième temps, elle aborde les responsabilités des acteurs du système éducatif et, en troisième lieu, elle traite de la médiation comme un mécanisme alternatif de pacification de l’espace éducatif.
La finalité de la médiation
La médiation est une fonction qui consiste à résoudre par des bons offices et par voie de recommandation les différends qui opposent des protagonistes dans un environnement social donné. Elle peut être formelle ou informelle. Elle vise à maintenir un dialogue permanent, sincère et constructif entre les acteurs d’une sphère donnée au service de la paix et de la prospérité.
Le médiateur est une tierce personne qui aide des protagonistes à trouver une troisième plus bénéfique que la voie qui arrangerait chaque partie prise individuellement. Il se place dans l’entre-deux pour faciliter le dialogue et la compréhension. Il refuse d’être indifférent au problème qui divise les protagonistes mais demeure impartial vis-à-vis de leurs positions respectives.
Dans le milieu scolaire ou académique, le médiateur est à la fois une force de proposition par la formulation de recommandations pertinentes pour un règlement rapide et à l’amiable des conflits entre les acteurs du système éducatif aux niveaux micro, méso et macro. Il se présente comme un acteur professionnel qui œuvre à l’amélioration des services éducatifs et à toute activité de facilitation du dialogue entre les acteurs. Comme énoncé plus haut, la vie éducative est animée par une diversité d’acteurs avec des responsabilités différentes.
Les responsabilités des acteurs du système éducatif
Selon la loi n° 013/2007/AN portant loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso du 30 juillet 2007, l’éducation est « l’ensemble des activités visant à développer chez l’être humain l’ensemble de ses potentialités physiques, intellectuelles, morales, spirituelles, psychologiques et sociales, en vue d’assurer sa socialisation, son autonomie, son épanouissement et sa participation au développement économique, social et culturel. » Elle est une priorité nationale et un droit pour tout Burkinabè.
Selon la loi (art. 13), le système éducatif burkinabè a pour finalité de transformer le jeune burkinabè en un citoyen responsable, producteur et créatif. Pour en faire un acteur du développement, elle stimule l’esprit d’initiative et d’entreprise de l’apprenant. Pour en faire un promoteur de la bonne gouvernance, elle cultive chez l’apprenant l’esprit de citoyenneté responsable, le sens de la démocratie, de l’unité nationale et de la justice sociale. Pour en faire un artisan de la paix, elle développement chez l’apprenant l’esprit de solidarité, d’intégrité, d’équité, de justice, de loyauté, de tolérance et de paix.
L’éducation au Burkina Faso est structurée en quatre niveaux : formel, non formel, informel et l’éducation spécialisée.
Pour la présente étude, il sera question du niveau formel qui comprend l’éducation de base formelle, l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur et la formation technique et professionnelle.
Au regard de la loi, les acteurs du système éducatif ont des devoirs et des droits.
Les responsables des structures éducatives publiques et privées ont droit à des moyens humains, matériels et financiers conséquents pour accomplir leurs missions. Ils doivent en retour respecter et faire respecter les libertés d’expression, de conscience et de culte. Ils doivent également assumer les responsabilités civiles des faits et dommages commis par les élèves durant leur séjour à l’école.
Les personnels de l’éducation jouissent de droits et de libertés liés à leur statut, notamment la liberté de créer des syndicats ou de former des associations. En retour, ils doivent assurer et évaluer les activités pédagogiques. Ils doivent aussi exercer leurs fonctions en toute objectivité, neutralité et impartialité.
Les apprenant-e-s ont la liberté de conscience, de culte et d’expression. Ils peuvent créer des associations pour défendre leurs droits et intérêts matériels et moraux. Ils ont l’obligation d’accomplir des tâches inhérentes à leurs études et formations. Ils doivent être assidu-e-s et respecter les règles de fonctionnement et la vie collective des établissements. Ils doivent également se soumettre au principe de pluralisme et de neutralité.
Les associations et les organisations non gouvernementales reconnues peuvent participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des programmes et projets en éducation à condition de signer des conventions avec le ministère de tutelle.
Il est reconnu aux communautés le droit de participer aux prises de décision sur le fonctionnement, l’organisation et la gestion des structures éducatives. Elles doivent en contrepartie assumer leurs responsabilités de bénéficiaires des actions éducatives.
Les relations entre les acteurs dépendent de la connaissance et du respect des droits et devoirs de chaque composante. Il doit s’instaurer un dialogue permanent entre les différents acteurs pour favoriser un climat favorable à l’accomplissement des missions éducatives. Il existe souvent des conflits entre les acteurs du système éducatif à l’image de la crise qui a secoué l’école burkinabè d’octobre 2017 à janvier 2018 et qui s’est soldée par la signature, le 27 janvier 2018 à Ouagadougou, du protocole d’accord entre le gouvernement et la coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE).
Les points clés du protocole porte sur l’adoption d’un statut valorisant au profit des personnels de l’éducation et de la recherche, l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif, la revalorisation de la fonction enseignante. Un tel accord mérite d’être accompagné par des médiateurs scolaires et académiques afin d’aider les protagonistes à une meilleure mise en œuvre des engagements.
Une éducation de qualité, inclusive et accessible, pourrait être possible grâce à la facilitation du processus de dialogue pour la mise en œuvre des engagements contenu dans le protocole d’accord du 27 janvier 2018. Une telle intervention, portée par un médiateur externe, pourrait contribuer à une consolidation du dialogue et à apaiser l’espace éducatif pour permettre la conduite normale des activités pédagogiques au cours de l’année scolaire et académique 2018-2019.
Au Burkina Faso, le Médiateur du Faso, s’est très tôt impliqué dans le jeu des acteurs du système éducatif. En 1997, à sa troisième année d’existence, l’institution, à travers l’intervention de son premier président, le Général Tiémoko Marc Garango, a permis de mettre fin à la grève de sept semaines de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), rapporte Pascal Bianchini (2004) dans son ouvrage intitulé Ecole et politique en Afrique Noire : sociologie des crises et des réformes au Sénégal et au Burkina Faso.
Au-delà de ces crises majeures, il existe des crises moyennes ou mineures qui touchent des établissements scolaires isolés ou un ensemble. Ces conflits ne doivent pas être négligés. En effet, des médiateurs internes ou externes devraient offrir leurs bons offices pour faciliter le retour à la paix.
La médiation, un mécanisme alternatif de pacification de l’espace éducatif
L’éducation est un support du développement et de la paix de tout pays. Au Burkina Faso, des écoles, des établissements secondaires, des institutions d’enseignement supérieur, aussi bien du public que du privé, individuellement ou collectivement, connaissent souvent des crises.
L’effet de contagion menace souvent une commune, une région ou tout le pays. L’intervention d’un médiateur peut jouer un rôle essentiel dans la pacification du milieu de l’éducation par la proposition de recommandations et par l’offre de services de facilitation des processus de dialogue entre les acteurs de l’éducation.
A l’interne comme à l’externe, les acteurs du système éducatif ont besoin de médiateurs pour les aider à conduire leur dialogue. De là découlent la triple mission de la médiation scolaire.
La première mission, préventive, consiste à conduire des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer pour l’intégration de la médiation dans les curricula de l’éducation formelle. Du primaire au supérieur en passant par le secondaire, il est possible d’instituer des modules sur la médiation de crises. L’appropriation de ces contenus permettra aux élèves, aux étudiants et aux apprenants des écoles professionnelles de disposer d’éléments utiles dans le cadre de la défense de leurs intérêts.
Dans le cadre du renforcement des capacités des responsables des structures éducatives et des personnels de l’éducation, des thématiques sur la médiation de crises devraient être intégrées aux programmes.
A l’image des gouvernements scolaires et des clubs de paix initiés et installés par des organisations de la société civile comme Plan International et le Réseau Ouest Africain d’Edification de la Paix (WANEP), il serait utile d’appuyer des initiatives de création de cellule de médiation au sein des écoles et des universités.
La cellule de médiation devrait être un organe inclusif et représentatif des composantes de la structure concernée. Elle devrait être avant tout sensible au genre afin de permettre aux hommes et aux femmes, aux garçons et aux filles d’agir pour prévenir les conflits au sein de la structure et entre la structure et son environnement.
Il serait aussi utile de mettre en place des points focaux assumant les missions de médiateurs scolaires dans les circonscriptions, dans les écoles, dans les lycées, dans les universités et dans les écoles professionnelles pour s’autosaisir les conflits entre les acteurs du système éducatif pour une médiation.
La deuxième mission est curative et consiste à accompagner les acteurs du système éducatif à prendre en charge leurs crises, le médiateur devrait être en mesure d’analyser les situations conflictuelles et d’assurer des actions de facilitation des processus de dialogue. Rappelons que l’analyse des conflits fait recours aux théories des causes des conflits.
En effet, tout conflit peut être justifié par au moins une des causes suivantes : l’insatisfaction des besoins humains, la perception manichéenne des relations humaines, le jeu pour le maintien ou l’accès au pouvoir politique et l’antagonisme entre la volonté de changer et la résistance au changement. Des outils comme l’arbre (causes), la carte (acteurs) et l’iceberg (positions et motivations) permettent de comprendre et de prendre en charge les conflits dans tout milieu social.
La dernière mission est réparatrice et concerne la période post-conflit. Le médiateur peut développer un mécanisme d’assistance afin de permettre aux acteurs du système éducatif d’assurer une meilleure mise en œuvre des consensus issus de leurs dialogues. Ce mécanisme fondé sur le principe du suivi-évaluation devrait être porté par les cellules de médiation et par les points focaux de médiateurs scolaires.
L’exécution efficace des différentes missions du médiateur interne ou externe permettront aux acteurs du système éducatif de disposer d’une forte résilience dans la mitigation des situations de crises. On assistera à la réconciliation et à normalisation de l’espace éducatif.
En somme, le médiateur interne ou externe occupe une place importante pour le monde de l’éducation. Son rôle est prééminent dans la facilitation des processus de dialogue entre les différents acteurs du système éducatif. Son indépendance lui confère une position impartiale pour rapprocher les protagonistes et proposer des pistes de sortie de crise.
Ses missions de promotion de la paix et de prévention des crises, ses missions de résolution des conflits et celles de consolidation de la paix lui confère une dimension d’acteur social au service de l’intérêt général. La médiation est une interaction sociale au service de la synergie d’action. Il s’agit d’une activité humaine qui se lit à travers des comportements, des habitudes et des attitudes. Elle est un mécanisme de promotion de la paix à la disposition des artisans de l’entente de la concorde. »Poussi Sawadogo – (Extrait de lefaso.net du 29/09/2018)
En savoir plus sur http://lefaso.net/spip.php?article85681

