Médias : Première rencontre internationale des médiateurs des Médias Francophones Publics (MFP)


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« À l’initiative de Mathieu Gallet, Président Directeur Général de Radio France et président des Médias Francophones Publics (MFP), et de Bruno Denaes, médiateur des antennes de Radio France, la première rencontre internationale des médiateurs des MFP se tiendra à la Maison de la Radio les 29 et 30 mai.

Seront présents les médiatrices et médiateurs de Radio Canada, de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), de la Radio Télévision Suisse (RTS), de France Télévisions, de France Médias Monde et de Radio France.

Pour la première fois, ils vont échanger leurs expériences et présenter leurs activités liées à l’écoute des auditeurs, au recueil des plaintes, aux interventions auprès des rédactions et des programmes… Ils aborderont également les cas les plus fréquents auxquels ils sont confrontés. Pour les médiateurs français, la campagne électorale a suscité une multitude de réactions et de messages d’auditeurs.

Le programme de ces deux journées
Les médiateurs des MFP accueilleront Jean-Marie Charon, sociologue des médias et l’« instigateur » des médiateurs de presse français, ainsi qu’Anne Sérode, présidente du Comité diversité de Radio France et directrice de FIP. Maïa Virgin, secrétaire générale de Radio France, viendra présenter le « Comité d’éthique » qui vient d’être mis en place. Jean-Christophe Ogier, du Secrétariat Général à l’Information de Radio France, expliquera les relations avec le CSA. Enfin, Guillaume Hervins, de la direction du Marketing relationnel, présentera le tout nouveau Système de Relations Auditeurs (SRA), dont Radio France va se doter en 2018 et au sein duquel le médiateur des antennes centralisera toutes les questions éditoriales.

Radio France et ses 7 antennes attachent une importance primordiale à ses auditeurs.
Des auditeurs très fidèles et très… réactifs : plusieurs milliers de messages mensuels. Le médiateur réalise chaque semaine une lettre interne synthétisant leurs principales remarques et suggestions. Il leur répond sur son site mediateur.radiofrance.fr , ainsi que dans les « Rendez-vous du médiateur » sur France Inter, franceinfo et France Culture.

Le premier médiateur de presse français a été nommé en 1994 au quotidien Le Monde. Dans l’audiovisuel, France Télévisions a été précurseur en 1998, suivie par Radio France en 2002. La France compte 10 médiateurs de presse, dont 6 dans l’audiovisuel : France Télévisions (3), TF1, France Médias Monde, Radio France, Le Monde, Sud-Ouest, La Montagne et la Nouvelle République. Ils sont regroupés au sein du « Cercle des médiateurs », présidé par Marie-Laure Augry (France 3).  » (Extrait de mediateur.radiofrance.fr du 23/05/2017=

En savoir plus sur http://mediateur.radiofrance.fr/infos/premiere-rencontre-internationale-mediateurs-medias-francophones-publics-mfp/

Liban : 2ème rencontre de médiation sur le thème « médiateur et rôle des médias » (5/04/2017)


 

Extrait de https://twitter.com/pascalmonin/status/848949218685456384

Publication du rapport 2016 du Médiateur de l’information.


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Rapport à consulter sur http://blog.francetvinfo.fr/mediateur-info-france-2/wp-content/blogs.dir/357/files/2017/04/RAPPORT-DU-MEDIATEUR-2016-VERSION-DP-On-Line.pdf

Qu’est-ce que la «médiation culturelle» ?


« Chacun d’entre nous a rencontré des médiateurs culturels. Ils portent parfois des tee-shirts ciglés « médiateur », « médiateur culturel », « médiateur du festival », etc. au cœur des institutions contemporaines. Ils sont voués à parler des œuvres, des artistes, des expositions ou des scènes culturelles dès lors que ces « objets » sont mis à la disposition d’un public ou présentés sous un nouveau jour. Mais se rend-on assez attentif aux composantes de ce métier ? S’est-on donné la peine d’en parcourir les plus économiques (salaires, contrats de travail, types d’emploi, précarité, …) et les plus valorisées (la relation aux œuvres et aux publics) en passant par ce qu’on a longtemps ignoré : la connaissance des publics par les médiateurs, leur saisie des compétences culturelles déployées par les spectateurs que, trop souvent encore, beaucoup méprisent (dans les pires des commentaires, ils seraient « incultes », ne « sauraient rien », « s’amuseraient », seraient « bêtes » …).

Ce sont justement ces multiples composantes qui font l’objet de l’enquête de Bruno Nassim Aboudrar et François Mairesse. Ces derniers sont des spécialistes universitaires de la question, et non des membres des associations de médiateurs constituées récemment aux fins de défendre la profession. Ils ont déjà présidé à des recherches sur elle. Pour composer ce livre, ils ne retiennent, cependant, que les domaines du spectacle vivant, du patrimoine, du cinéma, de l’audiovisuel, de la musique enregistrée et du livre. À juste titre, ils signalent l’existence d’autres médiations dont ils ne parlent pas afin de ne pas brouiller les pistes : les médiations scientifiques, les médiations techniques, les médiations sociales, psychologiques, etc. Ce choix est assumé avec d’autant plus de légitimité que les deux auteurs sont, l’un, professeur d’esthétique, et l’autre, professeur de muséologie. » (Extrait de nonfiction.fr du 25/10/2016)

En savoir plus sur http://www.nonfiction.fr/article-8564-quest_ce_que_la_mediation_culturelle_.htm

iTELE: les grévistes veulent un médiateur


Édition du samedi 22 octobre 2016

« Les salariés d’iTELE ont décidé massivement vendredi de reconduire leur grève jusqu’à lundi, déçus par l’échec des négociations avec la direction, et réclamé au gouvernement la nomination d’un médiateur pour sortir d’un blocage sans précédent pour la chaîne de Vincent Bolloré. (…)ette rencontre n’a malheureusement pas permis d’aboutir à une sortie de crise, la direction des groupes Vivendi et Canal+ ne répondant favorablement à aucune des demandes des représentants de la rédaction d’iTELE et des organisations syndicales et se contentant d’annoncer le report du lancement de CNews », le nouveau nom que doit prendre la chaîne, a souligné la SDJ dans un communiqué.

« Dans ces conditions, la rédaction d’iTELE et les organisations syndicales demandent au ministère de la Culture et de la Communication la nomination immédiate d’un médiateur chargé d’aider les parties à trouver une solution à ce conflit, le plus long de l’histoire d’iTELE ».

Une démarche que le ministère avait déjà mise en oeuvre pour mettre fin au très long conflit à Radio France au printemps 2015. » (Extrait de lefigaro.fr du 21/10/2016)

En savoir plus sur http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/10/21/97002-20161021FILWWW00375-itele-les-grevistes-veulent-un-mediateur.php

Médiation des médias : le conflit entre ACRIMED et le médiateur de Radio France sur la définition du rôle du médiateur (suite)


A la lecture des points de vue des deux protagonistes, il semblerait, si je peux me permettre un trait d’humour, qu’une médiation serait nécessaire !!!  Si je reproduis des extraits des positions deux principaux acteurs du conflit, c’est surtout montrer que près de 30 ans après l’avènement des premiers projets de médiation, le débat est toujours aussi vif et qu’il existe encore un flou conceptuel autour de la notion de médiation et de la figure du médiateur. Ce débat n’est pas propre au champ des médias mais il touche aussi d’autres comme celui de la consommation, du travail, des quartiers,… C’est pour cette raison qu’il n’est pas inutile de prendre connaissance des positions des uns et des autres pour essayer d’avancer et de dépasser ce flou conceptuel qui instrumentalise la médiation.

Tout d’abord, un extrait du point de vue d’ACRIMED et puis celui du médiateur de Radio France :

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« Il y a quelques semaines, nous publiions un article intitulé « Les drôles de “médiations” du médiateur de Radio France », dans lequel nous pointions le manque d’impartialité récurrent de Bruno Denaes qui, à au moins quatre reprises au cours des derniers mois, s’est appliqué à éluder voire à discréditer les remarques des auditeurs, préférant prendre le parti des journalistes mis en cause ou leur opposer ses propres opinions. Notre article n’a pas échappé et a visiblement déplu à Bruno Denaes qui a entrepris de nous répondre dans un long billet mis en ligne sur le site de Radio France. Une réponse exemplaire des procédés mis en œuvre par Bruno Denaes dans ses « médiations » lorsque les critiques des auditeurs heurtent trop frontalement ses convictions.

Mépris et condescendance

Avec pour commencer une bonne dose de mépris et de condescendance à l’endroit d’Acrimed et de l’auteure de l’article. Ainsi, Bruno Denaes, qui se dit « attaqué par un site qui se veut “observatoire des médias”  », ne daigne pas même citer Acrimed, ni renvoyer vers notre site – craignant peut-être que les internautes trop curieux préfèrent notre critique des médias à sa pédagogie molle et autosatisfaite. Le médiateur de Radio France croit bon d’ajouter que notre « attaque » aurait été, perfidie suprême, « relayé[e] par le réseau Twitter » – réseau sur lequel, effectivement, Acrimed est activement suivi par un nombre notoirement plus conséquent d’internautes que… le médiateur de Radio France, par exemple !

Il se contente ensuite de mentionner « un article publié sur internet », tout en omettant soigneusement – deux précautions valent mieux qu’une – d’insérer le lien qui renverrait à l’article en question, évitant que le lecteur qui aurait souhaité se faire une idée de son contenu par lui-même puisse le consulter trop aisément [1]. Des procédés plus que douteux et un brin mesquins pour un journaliste qui, deux lignes plus loin, se targue de s’appuyer « sur son expérience, sur les principes d’éthique et de déontologie ». Mais ce n’est pas tout.

Bruno Denaes évoque succinctement le contenu de ce mystérieux article : « Un article totalement à charge se fondant sur trois exemples précis ». On s’attendrait donc à ce que le médiateur de Radio France revienne en détail sur chacun de ces trois exemples et démontre en quoi nos critiques sont « totalement à charge ». Pourtant, de ces trois exemples il ne sera quasiment jamais question dans la suite de l’article. » (Extrait de acrimed.org du 26/9/2016)

En savoir plus sur http://www.acrimed.org/Le-mediateur-de-Radio-France-repond-a-Acrimed

« Attaqué par un site qui se veut « observatoire des médias », relayé par le réseau Twitter, un article publié sur internet met en cause l’impartialité du médiateur des antennes de Radio France. Un article totalement à charge se fondant sur trois exemples précis… Réponse du médiateur.

Revenons tout d’abord sur le rôle du médiateur que j’aurais été heureux d’expliquer à l’auteure de l’article me mettant en cause. Le médiateur est un intermédiaire entre les auditeurs d’un côté et les journalistes, producteurs et responsables des chaînes de l’autre. S’appuyant sur son expérience, sur les principes d’éthique et de déontologie, sur l’esprit Radio France, il fait la part des choses dans les plus de 2 000 messages qu’il reçoit chaque mois, tous lus et traités selon leur contenu.

Remarques transmises dans les chaînes

Nombre de ces messages comportent des remarques constructives et pertinentes que nous adressons aux responsables des antennes ; beaucoup de remarques ont été notamment prises en compte dans les changements concernant les grilles de rentrée.
Des points précis sont également signalés : des erreurs d’interprétation, des manquements à certains principes journalistiques, des fautes de français ou de vocabulaires… Les auditeurs des chaînes de Radio France sont suffisamment vigilants pour que la moindre petite erreur ou imprécision me soit signalée ; l’intéressé est immédiatement prévenu afin d’éviter de réitérer une faute.
Je rédige une lettre hebdomadaire à destination de tous les responsables d’antenne et de rédaction, faisant une synthèse des remarques, des propositions et des critiques des auditeurs. Donc, difficile de considérer que le médiateur ne tient pas compte des remarques qui lui sont adressées. Exemple dans les prochaines « Infos du médiateur » de vendredi : les critiques adressées à la première de « Questions politiques » sur France Inter et franceinfo : (télé), un très mauvais titre dans un journal de 13 titres (qui a – je le comprends – choqué), les noms des invités non rappelés au cours d’une émission (on ignore qui parle si on a pris la radio en cours de route), des erreurs de vocabulaire ou d’expression, etc.

Beaucoup d’auditeurs écrivent également pour réclamer la tête de tel animateur ou tel journaliste. Ou pour demander la suppression d’une émission qu’ils n’apprécient pas. Or, la radio n’est pas faite pour une personne, mais pour un ensemble d’auditeurs qui, par essence, n’aiment pas tous la même chose ; il en faut donc pour chacun, avec un peu de… tolérance. Là, évidemment, je ne peux pas prendre le parti des auditeurs, sauf quand un chroniqueur semble faire l’unanimité contre lui et qu’il nuit au bon déroulé d’une émission ; je fais part à la direction des remarques judicieuses et, ensuite, le directeur décide. » (Extrait de mediateur.radiofrance.fr du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://mediateur.radiofrance.fr/infos/oui-auditeurs-ecoutes/

Médias : le médiateur de Radio France reçoit ses homologues tunisiens


@ccadic/RF

« Jeune démocratie, la Tunisie souhaite développer une véritable liberté de la presse aux mains de médias respectueux de la déontologie et de l’éthique journalistique.

 Pour rétablir la confiance dans les médias après des années de dictature, de nombreux médias audiovisuels ont notamment décidé de se doter de médiateurs.
Quatre d’entre eux ont été accueillis à Radio France par Bruno Denaes et son équipe, afin d’échanger sur les méthodes de travail, les relations auditeurs-internautes et journalistes-animateurs-producteurs, les sujets complexes, etc.
Par ailleurs, ils ont pu découvrir les nouveaux studios de franceinfo et assister à l’émission politique de 8h30 diffusée à la radio et à la télévision.

Retour sur la naissance du projet
Au lendemain du printemps arabe de 2011 qui a  provoqué la chute de la dictature, les médias tunisiens font face à d’immenses défis. Au cours des cinq dernières années, de nouvelles chaînes de radio ont été créées et plusieurs chaînes de télévision ont vu le jour. La naissance de ces nouvelles libertés s’accompagne également de dangers inédits.
C’est pourquoi, sous la responsabilité exclusive de ces Médiateurs, les professionnels des médias devront relever des irrégularités au sein de leur secteur et les traiter ; une manière d’accroître la confiance de l’opinion publique en leur capacité à gérer les nouvelles libertés de manière responsable.
Le Ministère allemand des Affaires Etrangères soutient le projet depuis 2014 et l’Institut Erich Brost (EBI) de l’université de Dortmund en Allemagne s’est engagé à le mettre en œuvre. » (Extrait de mediateur.radiofrance.fr du 20/09/2016)

En savoir plus sur http://mediateur.radiofrance.fr/non-classe/mediateur-de-radio-france-recoit-homologues-tunisiens/

Médiateur de l’info de France 2 : la décision de repousser la diffusion du magazine « Envoyé Spécial » consacré à l’affaire Bygmalion provoque de très nombreuses réactions indignées.


 » Il est intolérable que la télévision publique (financée par les contribuables) puisse faire l’objet d’un chantage de la part d’un homme politique quel qu’il soit «  écrit Francis J alors qu’Erik T. précise « Je suis scandalisé que (…) Mr Sarkozy et ses proches, fassent pression sur des journalistes pour empêcher la diffusion d’un reportage d’information ». « Les journalistes sont libres et on ne peut mettre en doute leur éthique surtout celle de Mme Elise Lucet (…) La télévision publique ne doit pas être un outil de la propagande des hommes politiques quels qu’ils soient et on doit pouvoir tout montrer, leurs travers, fautes incohérence, réussite, etc…. incluses. Il s’agit de l’honneur du service public de résister à ce genre de menaces stériles, inopportunes et contraire à la démocratie. Si tel n’était pas le cas, nous en tirerions les conséquences en appelant nos concitoyens au boycot de la redevance » ajoute Francis J.  Edith D. considère que « c’est le rôle d’une chaîne du service public de réaliser une telle enquête. (…) Merci de ne pas faire le tri à notre place et de diffuser ce reportage dans sa version intégrale. Vous remerciant de bien vouloir accéder ma demande ».

Michel Field, le directeur de l’information de FranceTélévisions, « dément formellement »  toute intervention de Nicolas Sarkozy ou de son entourage. Mais, ajoute-t-il, diffuser un sujet au moment où la primaire des Républicains bat son plein fait courir le risque d’instrumentaliser France Télévisions.  France Télévisions a par ailleurs décidé, avec l’accord d’Elise Lucet, de diffuser au JT de France 2 jeudi des extraits d’une interview de Franck Attal, un ex-dirigeant de Bygmalion et témoin clé de l’enquête d’Envoyé Spécial.  Le directeur de l’information ajoute que « la sortie de l’enquête sera commandée par l’actualité, on ne s’interdit rien ».  (Extrait de blog.francetvinfo.fr du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://blog.francetvinfo.fr/mediateur-info-france-2/2016/09/08/bygmalion.html

« Oui, les auditeurs sont écoutés… » la réponse du médiatieur de Radio France à l’article d’ACRIMED (suite)


studio France Info/lettre du Médiateur

« Attaqué par un site qui se veut « observatoire des médias », relayé par le réseau Twitter, un article publié sur internet met en cause l’impartialité du médiateur des antennes de Radio France. Un article totalement à charge se fondant sur trois exemples précis… Réponse du médiateur.

Revenons tout d’abord sur le rôle du médiateur que j’aurais été heureux d’expliquer à l’auteure de l’article me mettant en cause. Le médiateur est un intermédiaire entre les auditeurs d’un côté et les journalistes, producteurs et responsables des chaînes de l’autre. S’appuyant sur son expérience, sur les principes d’éthique et de déontologie, sur l’esprit Radio France, il fait la part des choses dans les plus de 2 000 messages qu’il reçoit chaque mois, tous lus et traités selon leur contenu.

Remarques transmises dans les chaînes

Nombre de ces messages comportent des remarques constructives et pertinentes que nous adressons aux responsables des antennes ; beaucoup de remarques ont été notamment prises en compte dans les changements concernant les grilles de rentrée.
Des points précis sont également signalés : des erreurs d’interprétation, des manquements à certains principes journalistiques, des fautes de français ou de vocabulaires… Les auditeurs des chaînes de Radio France sont suffisamment vigilants pour que la moindre petite erreur ou imprécision me soit signalée ; l’intéressé est immédiatement prévenu afin d’éviter de réitérer une faute.
Je rédige une lettre hebdomadaire à destination de tous les responsables d’antenne et de rédaction, faisant une synthèse des remarques, des propositions et des critiques des auditeurs. Donc, difficile de considérer que le médiateur ne tient pas compte des remarques qui lui sont adressées. Exemple dans les prochaines « Infos du médiateur » de vendredi : les critiques adressées à la première de « Questions politiques » sur France Inter et franceinfo : (télé), un très mauvais titre dans un journal de 13 titres (qui a – je le comprends – choqué), les noms des invités non rappelés au cours d’une émission (on ignore qui parle si on a pris la radio en cours de route), des erreurs de vocabulaire ou d’expression, etc.

Beaucoup d’auditeurs écrivent également pour réclamer la tête de tel animateur ou tel journaliste. Ou pour demander la suppression d’une émission qu’ils n’apprécient pas. Or, la radio n’est pas faite pour une personne, mais pour un ensemble d’auditeurs qui, par essence, n’aiment pas tous la même chose ; il en faut donc pour chacun, avec un peu de… tolérance. Là, évidemment, je ne peux pas prendre le parti des auditeurs, sauf quand un chroniqueur semble faire l’unanimité contre lui et qu’il nuit au bon déroulé d’une émission ; je fais part à la direction des remarques judicieuses et, ensuite, le directeur décide.

Expliquer nos fonctionnements

Enfin, bien souvent, des critiques sont infondées ou militantes ou liées à une méconnaissance de nos fonctionnements. Et là, le rôle du médiateur est d’expliquer ou de faire expliquer par un professionnel de la radio ou un expert extérieur. Dans le cas du compteur Linky, il était normal de remettre la polémique dans un contexte de vérité et de tordre le cou aux thèses complotistes. Et surtout de ne pas laisser se développer cette thèse absurde que les journalistes étaient « payés » par ERDF. Un simple exemple : on accusait les journalistes de cacher les dangers des ondes électromagnétiques. Or, ce compteur n’émet pas plus d’ondes que n’importe quel câble électrique de nos appartements et des dizaines de fois moins qu’un téléphone portable, un micro-ondes ou un aspirateur…

A propos des « oreilles militantes » des auditeurs, ce n’est pas faire preuve de mépris à leur égard que de dire que l’écoute est très souvent conditionnée à ses propres opinions. Il suffit même de « s’auto-analyser ». Si vous votez à gauche, il y aura bien un moment où vous aurez l’impression de n’entendre que Sarkozy à l’antenne, de ne jamais avoir de papier sur la gauche et de n’écouter que des humoristes anti-Hollande… Et inversement si vous votez à droite. Or, c’est faux ; les antennes recherchent en permanence un équilibre (contrôlé par le CSA pour la politique). Le meilleur exemple vécu par tous les médias (et dans tous les pays… démocratiques) reste le conflit israélo-palestinien ; les Sionistes nous accusent en permanence de ne diffuser que des reportages ou des papiers favorables aux Palestiniens et les pro-Palestiniens nous accusent de faire la part belle aux Israéliens. Or, là aussi, nos rédactions donnent la parole à chacun. En fait, nous écoutons la plupart du temps avec le prisme de nos opinions, en manquant singulièrement d’objectivité et de recul. Et c’est aussi le rôle du médiateur de le rappeler. » (Extrait de mediateur.radiofrance.fr du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://mediateur.radiofrance.fr/infos/oui-auditeurs-ecoutes/

article : « Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France » par Sarah Bourdaire publié dans ACRIMED


Les drôles de « médiations » du médiateur de Radio France

« Pour prendre en compte les réactions de leurs lecteurs, spectateurs et auditeurs, nombre de médias mettent en place divers canaux d’expression, parmi lesquels « le médiateur ». Comme son nom l’indique, celui-ci est censé recueillir en toute impartialité les réactions et critiques du public, solliciter les explications des journalistes et in fine instaurer un (semblant de) dialogue avec les rédactions.

Sur les antennes de Radio France, on compte ainsi pas moins de trois « Rendez-vous » avec le médiateur, Bruno Denaes, qui intervient chaque semaine sur France Info, tous les 15 jours sur France Culture, et une fois par mois sur France Inter. Un médiateur qui semble donc particulièrement sollicité – ce qui se conçoit aisément sur le service public –, mais qui semble parfois avoir une curieuse conception de sa mission.

À de multiples reprises ces derniers mois, et sur les sujets les plus divers (compteurs électriques Linky, mobilisations contre la loi travail, terrorisme, Brexit), Bruno Denaes s’est livré à une critique en règle des auditeurs eux-mêmes, évacuant de ce fait toute critique à l’égard du travail des journalistes [1].

1. Haro sur les auditeurs « irrationnels » et « complotistes »

Sur le site de Radio France, c’est en ces termes que le rôle du médiateur est résumé : « Le poste de médiateur a été créé pour offrir aux auditeurs/internautes de Radio France la possibilité de se référer à une instance impartiale ».

Une impartialité que les auditeurs de France Inter ont pu apprécier dans le « rendez-vous » du 22 avril, finement intitulée « Linky le compteur qui rend fou »… La présentation de l’émission sur le site de France interrésume bien l’état d’esprit du médiateur et des journalistes présents :

Une présentation dont l’impartialité saute aux yeux et que Bruno Denaes reprendra mot pour mot à l’antenne :

– Sonia Devillers (s’adressant au médiateur) : « Vous vouliez pour commencer interroger Bruno Duvic avec les questions de Mélanie. »
– Bruno Denaes : « Exactement, Mélanie et puis quelques autres militants qu’on peut considérer peut-être un peu aveuglés par leur combat, qui demandent : “Comment… combien avez-vous été payé par ERDF pour faire votre émission et la promo de ce compteur ?” »

Après avoir sélectionné et mis en exergue les critiques outrancières de quelques auditeurs, les journalistes, encouragées sur cette voie par le médiateur, ramènent celles des autres à des peurs irrationnelles ou à du complotisme. Ce sont d’abord les réseaux sociaux, et singulièrement Youtube, qui sont mis en cause :

– Sonia Devillers : « Alors pour que tout le monde comprenne bien, il faut aussi savoir que derrière il y a les réseaux sociaux, qu’il y a le web, que ce sujet est devenu extrêmement épineux et qu’il y a d’autres relais d’influence que les journalistes, que les médias traditionnels, je vous propose d’écouter une youtubeuse très, très regardée. »
– Extrait sonore de la vidéo (voix de femme en pleurs) : « L’obligation a été votée d’installer pour tout le monde des compteurs Linky et il y a des gens qui essayent de prévenir que c’est hyper dangereux, ils le savent depuis le début ceux qui ont déployé tout ça. On est face à un crime contre l’humanité ».
– Sonia Devillers : « Alors, il faut bien qu’on vous précise que ceci n’est pas un sketch, ce n’est pas un numéro d’humoriste sur Youtube. Bruno Denaes, vous vouliez interroger à ce sujet Anne Brunel. »
– Bruno Denaes : « Exactement, c’est d’ailleurs Anne Brunel qui l’a découverte en quelque sorte sur Youtube. Qui est cette personne, c’est une spécialiste de Linky ? »

À ce moment de l’émission, on ne sait trop pourquoi la journaliste choisit de présenter une vidéo (outrancière) vue moins de 40 000 fois, comme l’inspiratrice des auditeurs ayant interpellé la rédaction de France inter… Puis Anne Brunel explique peu ou prou qu’elle a débusqué un complot d’auditeurs complotistes :

– Sonia Devillers : « Et des complotistes il y en a derrière ces réactions sur Linky ? »
– Anne Brunel : « […] Il y a des gens qui sont, je dirais, imprégnés d’un discours complotiste, c’est-à-dire convaincus qu’il y a quelque part, dans la société, au-dessus de ce qu’on appelle « le peuple », donc le grand public, un certain nombre de forces maléfiques, dont les médias, disent-ils, « mainstream » je dirais, les grands médias grand public, mais aussi les grandes institutions mais aussi l’élite dirigeante des pays sont donc l’incarnation de ces pouvoirs maléfiques. Et les personnes qui sont en but à l’institution, les personnes qui craignent les grands forces commerciales par exemple, « Big Pharma », les grands labos pharmaceutiques, donc tous les gens qui vont être très craintifs vis à vis des médicaments, vis-à-vis de l’obligation vaccinale, vis-à-vis de la médecine classique, chimique, vont avoir cette tendance à s’imprégner d’un discours de nature complotiste parce que ça va recouper leurs propres inquiétudes. »

Après une telle série d’amalgames et de généralités, on reste coi, mais pas Bruno Denaes qui estime visiblement sa mission de médiation accomplie et préfère analyser, sans doute en sa qualité d’expert ès « gens », cette tendance généralisée au complotisme : « Se faire peur, on a l’impression que les gens adorent ça ». Oui, car « les gens », renchérit Anne Brunel,« adorent trouver des réponses qui correspondent à ce qui les convainc déjà ».

Quoi que l’on pense de la cause et des arguments des opposants au compteur Linky et des protestations qu’ils ont émises à la suite des émissions de France Inter, on peut se demander si c’est bien le rôle d’un médiateur, qui devrait être un facilitateur de dialogue, d’exposer de la sorte ses parti-pris en faveur du travail de ses collègues, et surtout de disqualifier en bloc et par tous les moyens, voire de tourner en ridicule les auditeurs qui s’adressent à lui.

Une manière de procéder d’autant plus contestable que Bruno Denaes semble coutumier du fait, puisqu’il récidive dès lors que les interpellations se font un peu trop critiques à son goût. » (Extrait de acrimed.org du 8/09/2016)

En savoir plus sur http://www.acrimed.org/Les-droles-de-mediations-du-mediateur-de-Radio

La réponse du Médiateur de l’Information de France 2 à la suite de la réaction des téléspectateurs de France 2 sur la diffusion de certaines images de l’attentat de Nice.


« Il est tout simplement incroyable qu’une chaine (de surcroît publique) diffuse des images aussi insoutenables que celles diffusées lors de l’attentat survenu à Nice.Les images « au ralenti » du camion sont totalement imbuvables ! Ou est l’information ?(…)Je suis profondément scandalisé. Il en est de même pour l’interview d’un homme ayant perdu un proche … Stop! S’il vous plaît stop! Cessez de diffuser de telles images tout simplement par respect ». Ce courriel de Jeann-Philippe M. résume assez bien l’ensemble des courriels reçus par la médiation depuis l’attentat.

Les termes employés sont très durs:  « Est-ce-que vous, médiateur de France 2, vos équipes, vos rédacteurs en chef, vos responsables divers et variés vous rendez bien compte de ce que vous avez diffusé cette nuit sur l’antenne de la première chaîne du service public de notre pays ? Vous avez diffusé AU RALENTI la camion qui roule vers la foule; et surtout, surtout… Lisez bien cette phrase : vous avez diffusé une interview sur le vif d’un homme assis à côté du cadavre de sa femme !! Je n’ai pas de mots pour dire toute la honte et la colère que vous m’inspirez. Je suis citoyenne, contribuable française, et si j’en avais le pouvoir, je demanderais les sanctions les plus fermes contre les responsables de ce traitement, de ces choix (…) écrit Betty M. Jeanne L. nous demande, elle, « si vous êtes fiers des images que vous avez diffusées, et notamment de cette question fabuleuse d’un journaliste « monsieur, vous avez perdu votre femme, une réaction ? ». A ce niveau là, moi aussi je peux être journaliste. Est-il possible que vous soyez moins cons à l’avenir? Merci d’avance.

Fiers? Personne ne l’est dans la rédaction de France 2. Il y a eu au petit matin du 15 juillet des images et des sons que nous n’aurions jamais du utiliser. Vous trouverez, ci-dessous, un communiqué de la Direction de l’information de France 2 qui ne laisse aucun doute à ce sujet. Des excuses indispensables: il en va de l’honneur du service public. Une notion quasi-systématiquement mise en avant par nos correspondants que l’on peut résumer par « pas ça sur le service public ».

Nicolas Jacobs

Médiateur de l’Information de France 2 (Extrait de blog.francetvinfo.fr du 15/07/2016)

En savoir plus sur http://blog.francetvinfo.fr/mediateur-info-france-2/2016/07/15/pas-ca.html