« Dans ce quatrième épisode du podcast, je reçois Dominique Dollois, avocate honoraire au Barreau de Paris, psychothérapeute, médiatrice, formatrice et animatrice de groupe d’analyse de pratique.
Nous évoquons ensemble :
Son cheminement personnel qui l’a conduit à ouvrir en parallèle de son cabinet d’avocat, un cabinet de psychothérapie après avoir découvert l’approche centrée sur la personne puis sa volonté de faire connaitre cette approche au Palais de Justice
L’approche centrée sur la personne (ACP) théorisée par Carl ROGERS et la médiation comme relation d’aide pour trouver en soi son propre chemin
Le travail sur soi où comment passer de l’état d’«incompétent inconscient » à celui de compétent inconscient,
L’écoute active, ce qui est important pour bien écouter, le rôle de la confiance et du regard positif de l’écoutant
L’accueil des émotions du médiant en médiation et la tranquillité du médiateur
La démarche de formation à la médiation, la prise de conscience de nos prismes et le rôle du conflit dans le développement de l’individu
L’engouement des formations à la médiation et sa portée transformative sur le monde
« Dans ce troisième épisode du podcast, je reçois Olivier Chambert-Loir, médiateur, formateur et animateur du réseau francophone de médiation transformative.
Olivier nous partage :
Son parcours professionnel dans lequel il a évolué d’une posture d’expert puis de facilitateur venant accompagner un processus de décision en le structurant, vers une posture non directive, de non-sachant à travers celle de médiateur,
La lecture de l’approche transformative du conflit popularisé par Robert A. Baruch BUSH et Joseph P. FOLFER et ses impacts sur les personnes,
La proposition d’accompagner un phénomène naturel où le médiateur transformatif vient, en restant dans le sillage immédiat des personnes, leur donner un coup de pouce pour transformer une interaction conflictuelle en un dialogue redevenu constructif,
Sa conviction que les êtres humains ont la motivation et la capacité d’inverser la tendance et qu’il s’agit de soutenir des mouvements naturels leur permettant de reconquérir une autonomie personnelle et leurs pleines capacités de décisions,
La posture du médiateur transformative, la peur de la violence en médiation et l’engagement du médiateur,
La technique du reflet en médiation et son effet régulant sur la conversation. (Extrait de antidot (non daté)
À tous les professionnels du conflit et notamment les avocats, prenez le temps d’écouter cet échange qui pourra vous faire appréhender différemment les situations conflictuelles qui vous sont présentées !
RESUME . — On parle beaucoup aujourd’hui de la nécessité d’imposer une formation aux médiateurs. Cette obligation n’existe pas encore mais elle impliquerait de déterminer précisément selon quel modèle on désire professionaliser la fonction de médiateur.
Une fonction ? Un métier ? Une profession réglementée ?
La médiation, est-ce une fonction ou un métier ? La souplesse que permet la mission de médiateur dans des contextes extrêmement diversifiés (qu’ils soient politiques, sociaux, judiciaires, familiaux, économiques, environnementaux, de quartier ou de proximité…) justifie ce questionnement. Après la décennie de la médiation dans les années quatre-vingt 1 (du côté des médias, de la culture, de la famille, du social, du travail, de la justice, de la politique), ce point a été l’objet, dans les années quatre-vingt-dix, de vifs débats qui, trente ans après, sont devenus évanescents. L’idée de profession était surtout défendue par les lobbies des médiateurs familiaux. Le diplôme d’État de médiateur familial institué en 2003 a certainement répondu à certaines des revendications, tout au moins dans le domaine de la famille 2 . Aujourd’hui, au contraire, la professionnalisation fait craindre un encadrement excessif, notamment dans le cadre d’une profession réglementée qui n’est pas appelée de leurs vœux par la majorité des médiateurs. En d’autres termes, si la profession de médiateur est largement souhaitée pour la reconnaissance qu’elle apporte, et surtout les marchés qu’elle pourrait garantir, une réglemen- tation stricte l’est beaucoup moins. (Extrait)
Les récits peuvent nous enfermer ou, au contraire, nous libérer. L’animatrice de cet atelier – facilitatrice, spécialisée en intelligence collective – vous invitera à explorer le formidable potentiel des techniques narratives.
Cet atelier fait partie de notre cycle MEDIATION TRAINING : des ateliers 100% pratique pour s’entraîner, découvrir des outils innovants et expérimenter de nouvelles façons de pratiquer la médiation, dans une ambiance de partage et de convivialité (même en distanciel !)
Atelier gratuit pour les Alumni de Place de la Médiation » (Extrait eventbrite.fr)
Entrevue avec Me Hélène Rouleau, médiatrice accréditées et formatrice certifiée par l’ISCT sur l’approche transformative du conflit, experte et enseignante à l’internationale en médiation transformative (www.mediationrh.com). Si vous souhaitez connaître un processus unique et original en médiation, je vous invite sincèrement à découvrir cette intéressante méthode. (Extrait)
Quelles sont les spécificités de la médiation CNV (communication non-violente) ?
Le médiateur dispose d’une grille de lecture basée sur le processus CNV qui lui permet d’identifier avec clarté les sources de violence intrinsèques aux relations dysfonctionnelles.
Il est particulièrement attentif aux quatre foyers de conflit suivants :
1- Les malentendus
Par nature un être humain est subjectif dans sa vision des choses. Avec le processus CNV le médiateur est formé à repérer les obstacles à la compréhension mutuelle que sont les interprétations, les jugements, les représentations personnelles, qui sont souvent à l’origine de malentendus entre les parties. Il aide les parties à revenir à des observations purement factuelles.
2- Le déni de responsabilité
Avec la CNV, le médiateur distingue l’élément déclencheur de la cause d’un problème et permet à chacun des protagonistes de reprendre la responsabilité de ce qu’il vit dans la relation.
Il sait que les reproches exprimés par une personne renseignent sur ses propres besoins. Selon Marshall Rosenberg fondateur de la CNV « les jugements sont l’expression « tragique » de besoins insatisfaits ». Il permet aux parties de reconnaître leurs besoins respectifs et de prendre la responsabilité de faire des demandes claires pour satisfaire ce qui essentiel pour eux.
3- Le rapport de force
Lorsque chacune des parties reste bloquée sur sa position et ne démord pas de ce qu’elle souhaite obtenir, la situation est enlisée « deal breaker » contre « deal breaker ». Le rapport de force se cristallise parce que les parties confondent les besoins et les moyens de les satisfaire.
Avec la CNV, le médiateur a une approche spécifique des besoins : il s’agit des enjeux prioritaires et essentiels de l’entreprise et pas seulement des intérêts de celle-ci.
Toute entreprise a des besoins fondamentaux comme la sécurité économique, la pérennité, l’identité, la réputation, l’image, l’efficacité, l’éthique, l’intégrité, l’autonomie, la liberté, la protection, la préservation de ses ressources, la reconnaissance de son professionnalisme et de ses compétences, la sécurité dans les relations professionnelles, le respect des engagements, la confiance….
Ces enjeux peuvent être compris de part et d’autre car ils sont partagés de manière universelle.
À l’inverse, les manières d’y répondre (« stratégies ») sont infinies et propres à chacun.
Le médiateur aide les parties à sortir du rapport de force en identifiant derrière les situations figées, les enjeux en présence. Il va accompagner les parties vers la reconnaissance mutuelle de leurs besoins respectifs. Cette étape, que les médiateurs dénomment le « point de bascule », permet aux parties de retrouver du respect mutuel et leur pleine autonomie.
Elles retrouvent leurs propres ressources en termes de créativité pour co-construire des accords. Il ne s’agit ni de se résigner, ni de faire des concessions, mais de co-créer de solutions nouvelles qui satisfont les besoins prioritaires de chacun des acteurs.
4- Les jeux de pouvoirs
Avec la CNV, le médiateur est formé à repérer le mécanisme à l’origine des jeux de pouvoir. L’approche de la CNV distingue les demandes, auxquelles les parties peuvent dire oui ou non, des exigences, qui sont imposées et qui privent le consentement de liberté. Ces dernières sont la source de conflits et de contentieux comme ceux de l’exécution des contrats et de la dépendance économique.
Cette différenciation se joue au stade de la négociation des accords et est également utile pour la mise en place des solutions décidées par les parties pendant la médiation, afin qu’elles soient équilibrées et durables. On revient à la loyauté et à la bonne foi qui président la négociation des accords.
Pour conclure, grâce au processus de communication que propose la CNV, le médiateur dispose de clés concrètes pour favoriser une qualité de relation entre les parties en organisant l’expression et l’écoute de la réalité de chacun et la prise en considération de ce qui se vit de plus essentiel pour chacun dans la situation. (Extrait de lemondedudroit.fr du 19/02/2021