« Les pratiques narratives font référence aux travaux de Michael White, que notre équipe de médiateurs internes de la Direction générale des Finances publiques propose de mobiliser dans le cadre du processus de médiation de projet.
Mise en oeuvre à l’occasion d’un changement dans l’organisation de travail représentant un enjeu local fort et une situation relationnelle à risque, la médiation de projet offre aux équipes de la DGFIP un cadre structuré d’échange pour s’exprimer et s’écouter.
💡Cheminer dans le paysage de l’action
L’usage des pratiques narratives par les médiateurs internes permet aux personnes concernées de se positionner comme des sujets du changement en élaborant ensemble un plan d’action dans un mode coopératif.
💡Prendre soin du paysage relationnel
La médiation de projet débute en explorant le paysage de la relation : comment chacun perçoit son rôle et sa place dans l’équipe, en élaborant avec les participants une cartographie des relations.
Ce travail narratif, conduit dans une approche progressive, de l’individuel vers le collectif, mobilise des outils métaphoriques (le voyage, la randonnée, la musique…). Il permet de reconnaître les besoins, les émotions, mais aussi les gestes de coopération et de soutien qui existent déjà et qui peuvent servir de points d’appui pour soutenir la confiance et l’engagement collectif.
💡Révéler le paysage de l’identité : ce que le projet dit de “qui nous sommes”
Dans la phase finale du processus, la médiation de projet invite les participants à explorer ce qui fonde l’identité de leur service, en exprimant les valeurs professionnelles partagées, ce à quoi l’équipe tient pour bien faire son travail et ce vers quoi elle tend, ce que signifie pour ce collectif le sens du service public et la qualité du travail bien fait.
En reliant les expériences aux intentions, aux engagements et aux valeurs des personnes, ce travail narratif renforce la robustesse des équipes pour mieux aborder la conflictualité, faire face aux imprévus et à la complexité. » (Extrait .linkedin.com du 22/02/2026)
Dans un contexte sociétal marqué par des tensions croissantes et un besoin renouvelé de dialogue, la pratique de la médiation est en plein essor et bénéficie désormais d’une légitimité institutionnelle reconnue. Cette évolution appelle la création d’un centre de recherche dédié, capable de consolider une discipline encore jeune au sein des sciences humaines et sociales.
C’est dans cette perspective qu’a été engagé le projet de préfiguration du Centre de Recherche « Médiation, Négociation et Société » (CREMENS). Ce centre a vocation à devenir un pôle de référence pour tous les chercheurs sur la médiation et la négociation ; il est , fondé sur une approche pluridisciplinaire et sur le dialogue entre les pratiques professionnelles et la recherche académique.
Porté par l’Ifomene (Institut de Formation à la Médiation et à la Négociation) de l’Institut Catholique de Paris, le CREMENS s’inscrit dans l’héritage institutionnel et intellectuel de l’ICP, dont l’histoire repose sur une philosophie du dialogue, une tradition d’ouverture interreligieuse, et une conception profondément humaniste de la relation à l’autre.
Genèse et contexte du projet
Depuis vingt-sept ans, l’Ifomene occupe une position de référence dans la formation à la médiation et la négociation en France. Son engagement constant dans la professionnalisation, la diversité de ses approches pédagogiques et son ancrage institutionnel en font un acteur naturel pour contribuer à la structuration académique de la médiation.
Ambitions et objectifs
Le CREMENS poursuit plusieurs objectifs complémentaires :
offrir à la communauté des médiateurs et négociateurs un espace de réflexion scientifique sur les pratiques, les postures et les dispositifs d’intervention ;
contribuer à la structuration de la médiation comme champ de recherche à part entière au sein des sciences humaines et sociales ;
favoriser le dialogue entre chercheurs, praticiens et institutions ;
produire des connaissances susceptibles d’éclairer les politiques publiques, les organisations et la société civile.
Activités
En 2026, un comité de préfiguration est chargé de définir le programme scientifique du CREMENS pour les trois premières années du centre.
Au cours de cette année de préfiguration, le CREMENS initiera notamment les activités suivantes :
Workshops interdisciplinaires et rencontres scientifiques en ligne pour structurer une communauté de chercheurs intéressés par la médiation et la négociation, et élargir les partenariats institutionnels
Création d’un fonds documentaire dédié à la médiation
Comité de préfiguration
Le comité de préfiguration a pour objectif de préparer la création du centre de recherche CREMENS. Il sera constitué de :
Frédérique Agostini, Magistrate, Conseillère à la Cour de Cassation. Présidente du Conseil National de la Médiation (CNM) et Présidente du Groupement Européen des Magistrats pour la Médiation (GEMME)
Dr Marie-Claire Belleau, Professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval, Médiatrice
Stephen Bensimon, Philosophe, médiateur (AME FFCM et Cour d’appel), Président-Fondateur de l’Ifomene, Professeur affilié ScPo ExEd
Dr Linda Benraïs, Professeure affiliée à l’ESSEC, Directrice des programmes IRENE en gouvernance et résolution des conflits, Médiatrice, Co-auteure du Guide Dalloz des MARD.
Chimène Bocquet, Directrice de l’Ifomene, CEDR accredited mediator
Dr Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, Chercheur associé à l’unité de recherche Transversales – Université Lyon II. Auteur d’ouvrages et articles en médiation, rédacteur de la Revue des Médiations et de la Lettre des Médiations
Anne-Laure Brun Buisson, Médiatrice, Intervenante et membre du Comité d’Orientation de l’Ifomene, Responsable du programme de recherche-action « Le médiateur dans la Cité », Avocate à la Cour (honoraire)
Dr Véronique Fraser, Professeure de droit, Co-Directrice de la Maitrise en prévention et règlement des différends (PRD) à l’Université de Sherbrooke.
Dr Sèdjro Hountohotegbè, Professeur de droit, Co-Directeur des programmes de deuxième cycle en Prévention et Règlement des Différends (PRD) à la Faculté de Droit de l’Université de Sherbrooke.
Dr Paul Lignières, Vice-Recteur de l’Institut Catholique de Paris, membre du Comité d’Orientation de l’Ifomene, Avocat à la Cour (honoraire)
Dr Tiffany Morisseau, Chercheuse en psychologie cognitive, affiliée à l’ICP, spécialiste de la communication
Jean-Baptiste Van der Henst, Directeur de recherche au CNRS et Membre du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. Ses travaux portent sur la perception des interactions sociales et la communication
Laurence Villeneuve, Médiatrice de l’ICP, Formatrice à l’Ifomene. Présidente de l’ONG Women’s WorldWide Web (W4), Membre du CA d’Avocats Sans Frontières et membre de l’ANM et du GEMME
« Pour notre Réseau Francophone, cette année commence par une nouveauté importante : la création imminente d’une association loi 1901, l’AATC (Association pour une Approche Transformative du Conflit). Au-delà de nous simplifier la tache sur divers aspects pratiques, cela va nous permettre d’exister formellement sur la scène de la médiation, et d’augmenter ainsi notre visibilité auprès du grand public, nos possibilités de dialogue avec nos pairs, et notre capacité de « plaidoyer » auprès des institutions.«
(…)
« webinaire en accès libre, proposé par Olivier Chambert-Loir le 26 février, intitulé « Le dialogue transformatif ou la co-création de conversations constructives au sein d’un collectif ou d’une organisation : aux frontières de la médiation, du coaching et de la facilitation de groupe » –
« La médiation est universelle, mais loin d’être uniforme. Cet article résume quatre grands modèles de médiation : l’approche anglo-saxonne « Getting to Yes », le modèle nord-européen de « l’escalade du conflit », le modèle francophone de la « Roue de Fiutak » et un paradigme asiatique basé sur l’harmonie, reflétant les traditions collectivistes. Bien que les généralisations comportent un risque de simplification, ces cadres offrent des repères utiles pour naviguer dans les différends interculturels.
La médiation est universelle, mais loin d’être uniforme. Son enseignement, sa pratique et son évaluation dépendent du cadre culturel dont elle émane. Cela est particulièrement évident à travers l’Europe depuis la Directive européenne sur la médiation, où plus de 25 pays ont adopté des lois distinctes reflétant leur propre conception culturelle du rôle du médiateur. (Extrait de adric.ca ND)
« Le Cmfm, propose une formation certifiante en médiation, axée sur la pratique de la médiation humaniste. Cette formation, accessible à tous ceux qui s’intéressent à la médiation, qu’ils soient dans un cadre personnel, institutionnel ou professionnel, vise à développer les compétences nécessaires pour devenir un médiateur expérimenté grâce à des pratiques en situations réelles durant le cursus. En outre, vous pouvez suivre la formation à votre rythme, sur 1, 2 ou 3 ans. Le centre est situé à Paris, avec une antenne à Bordeaux, et est actif dans la promotion et le développement de la médiation en France. Le CMFM organise des présentations mensuelles par Zoom pour découvrir les détails de la formation et poser des questions aux formateurs. Pour vous inscrire à la présentation du mardi 9 septembre à 18h30 »
« Le 9 décembre 2024, le CMFM (Centre de médiation et de formation à la médiation) a participé au colloque organisé au Sénat par Médiation 21 sur le thème de « La médiation, levier de la transformation sociétale ». Lors de cet événement, Jacques Rigon, commissaire du 20ème arrondissement de Paris, a partagé son expérience extrêmement positive de la médiation pratiquée par le CMFM au sein de son commissariat. Cette intervention a mis en lumière l’importance de la médiation comme outil de transformation sociale, favorisant le dialogue et la résolution pacifique des conflits.
L’intervention du commissaire Jacques Rigon lors du colloque
Qu’est ce qui vous a amené à mettre en place cette démarche innovante ?
« Depuis 2021, le commissariat du 20e arrondissement de Paris a mis en place un dispositif de prise en charge des différends par la médiation, en amont de toute procédure judiciaire. C’était une initiative audacieuse pour un grand commissariat parisien, car cela ne faisait pas du tout partie de notre culture. Mais comme depuis un peu plus de trois ans, le parquet avait de moins en moins recours à la médiation comme alternative aux poursuites, il nous a fait cette proposition, et j’ai tout de suite levé la main car il y avait une opportunité d’apporter des réponses à tous ces petits conflits du quotidien.
Au départ, nous avions lancé cette initiative avec une ambition modeste : avoir des médiateurs présents quelques demi-journées par semaine à l’accueil pour un contact direct. Ensuite, nous avons vu que c’était insuffisant. J’ai donc décidé d’attribuer un bureau au CMFM pour les intégrer pleinement dans le commissariat et faire de la médiation une offre complète pour tous nos usagers. Notre commissariat est très fréquenté, avec 40 000 personnes par an pour déposer plainte et pour tout type de démarche. Nous gérons donc ces petits conflits du quotidien, conflits de voisinage, conflits du travail, parfois entre automobilistes, et le commissariat est chargé de repérer les situations pour les confier à la médiation. D’un côté les déclarations d’usagers, tous ces gens qui viennent déclarer leurs conflits et, de l’autre, les plaintes formelles qui sont déposées par les victimes de ces conflits et qui attendent des réponses. »
Quels sont les résultats obtenus, trois ans après ?
« On peut dire que cela marche très fort et que c’est vraiment très utile, avec 60 % de résultats, soit de médiations réussies à 100 %, soit une écoute positive qui permet de faire un grand pas vers la solution. Les déclarations des usagers enregistrées tous les jours concernent souvent des conflits auxquels nous n’avons pas de réponse. Les gens viennent, mais rien ne peut être fait. Maintenant, grâce à la médiation, nous apportons une vraie réponse, une réponse nouvelle pour permettre aux gens d’essayer de vivre ensemble.
L’autre avantage concerne le traitement des plaintes. Nous avons 20 000 dossiers pour 90 enquêteurs. Auparavant ces plaintes étaient confiées à des enquêteurs qui passaient du temps à auditionner, puis à solliciter le Parquet pour avoir une réponse. Le résultat peut-être le plus spectaculaire, c’est au contraire qu’en prenant le conflit dès le départ, dès le premier signalement, on observe un effet de prévention de l’escalade des conflits. En effet, les gens qui ont un conflit sont dans la souffrance. Ils viennent le signaler au commissariat en pensant qu’on va faire quelque chose. Si on ne fait rien, le conflit persiste et on finit avec des plaintes formelles. Avec la médiation, chaque problème est traité sans attente, et on évite toute escalade du conflit. » (Extrait de syme.eu du 5 juin 2025)
« Après avoir mis en lumière la pyramide des besoins comme mythe psychologisant, héritée d’un schéma de pensée hiérarchique et rigide, j’ouvre aujourd’hui un nouveau chantier symbolique : le triangle dramatique de Karpman.
Oui, les critiques fusent. Maslow, comme Karpman, sont devenus des repères culturels internalisés, enseignés, reproduits, rarement questionnés. Pourtant, il s’agit bien de fictions intellectuelles. Simplifications séduisantes. Schémas narratifs puissants. Mais aussi pièges conceptuels.
Ce triangle dramatique – Victime, Persécuteur, Sauveur – joue les notes les plus disqualifiantes de notre culture relationnelle. Il fige, soupçonne, enferme. Il a assigné des millions de personnes à des rôles aussi théâtraux que toxiques.
Il est temps d’en sortir. De repenser nos modèles. De passer de la représentation à l’ajustement. De l’interprétation figée à la co-régulation vivante.
« Jacques est directeur de recherche émérite au CNRS, formateur en médiation et analyste de pratiques, et membre du Conseil National de la Médiation. Il nous fait l’honneur et le plaisir d’apporter cette contribution à l’animation de notre réseau.
Dans son propos, il se demandera en quoi le modèle transformatif représente « un pas de côté » de nature politique par rapport à d’autres modèles. Puis il re-situera les concepts fondamentaux du modèle que sont l’empowerment et la reconnaissance dans l’histoire des idées politiques de ces dernières décennies.
A la suite de son exposé, Jacques sera disponible pendant un temps significatif pour répondre à nos questions. »
Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire (gratuitement) en cochant la case correspondant à cette date et en déposant votre adresse ici : https://lnkd.in/eM_Y7RQ
« Pour ce deuxième épisode j’ai eu le plaisir d’échanger avec Elsa COSTA, elle exerce en qualité de médiatrice en France et à l’international.
Au niveau national, Elsa est référencée auprès des tribunaux administratifs et cours administratives d’appel et assermentée près de la cour d’appel de Paris. Au niveau international, elle est certifiée par l’International Mediation Institute (IMI).
Dans cet épisode, Elsa revient notamment sur son parcours d’ancienne magistrate administrative jusqu’à devenir pleinement médiatrice indépendante et nous livre sa vision de la gestion du conflit.
Depuis 2024, Elsa est l’une des deux médiatrices de l’OCDE à Paris, en charge de la résolution des conflits sur le lieu de travail dans un environnement multiculturel et multilingue. » (Extrait podcast.ausha.co du 03/04/2025)