Régime Social des Indépendants (RSI) et paradis fiscaux: la réponse du médiateur du RSI


Un nouvel exemple d’une conception particulière de la médiation et de son instrumentalisation : 

Décider et Entreprendre

« Notre article sur le RSI et les paradis fiscaux a suscité de nombreuses réactions. Nous en profitons pour déplorer sans la moindre ambiguïté la confusion qui peut exister dans l’esprit de certains lecteurs entre la responsabilité personnelle des salariés du RSI et les problèmes de structure.

Nous publions aujourd’hui une interview de Jean-Philippe Naudon, médiateur du RSI, sur ces sujets. Compte tenu du climat très passionnel qui règne sur ces dossiers, nous rappelons notre position sur le sujet: le monopole du RSI est, de notre point de vue, l’un des symptômes du déclin français. Il ne peut en aucun cas justifier des attaques ad personas contre les salariés du régime (dont on me dit qu’elles auraient également porté contre leurs enfants, ce qui est inadmissible).

Le RSI est représenté au sein de la gouvernance d’un OPCVM d’Amundi. Cette représentation signifie-telle que le RSI investit dans cet OPCVM? Quelle est la pertinence, pour le RSI, d’être représenté dans cette structure financière?

Non, le RSI n’investit pas cet OPCVM d’Amundi dont il est, par ailleurs, administrateur.

L’intérêt pour le RSI d’assister aux séances du CA de cette structure financière est uniquement de bénéficier d’informations de marché sur les actifs sous-jacents (obligations convertibles), dans le cadre de la gestion de nos réserves. Il s’agit d’un canal d’informations parmi d’autres. Enfin, les jetons de présence perçus par la participation à ce CA sont intégralement reversés au  régime complémentaire retraite des artisans et des commerçants. » (Extrait de entreprise.news du 23/02/2017)

En savoir plus sur https://www.entreprise.news/rsi-paradis-fiscaux-reponse-mediateur-rsi/

Débat : « Clients , soyez rassurés ! Vous ne verrez jamais cela en médiation ! » par Claude Borghetto (Actualités de la Médiation)


 

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Titre de BFM Business:  » le médiateur reconnaît l’impossibilité de sa mission ».

Plantage  reconnu par le monsieur himself.

On vous le confirme : c’est un plantage .

Mais ce n’est pas de la médiation.

Par contre , c’est bien un plantage déontologique .

Evidemment,  le pseudo médiateur concerné par cette mission , n’a jamais lu le Code National  de Déontologie en Médiation  et n’a certainement reçu aucune formation en médiation .

C’est un homme , il a les cheveux gris donc il est compétent en médiation.

Pfff ….

Chers clients , je vous rassure : la médiation , ce n’est pas cela et vous ne risquez absolument pas de retrouver votre médiation en ligne sur le  blog  du médiateur :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/Rapport%20du%20m%C3%A9diateur%20Jacques%20Rapoport%2008022017.pdf )

Ou de la retrouver commentée , analysée , disséquée  sur une radio , TV etc….:  http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/uber-le-mediateur-reconnait-l-impossibilite-de-sa-mission-1099045.html

Avec un VRAI médiateur qualifié  !

On apprend que  Sayah Baaroun (Unsa-VTC) taxe la médiation d’ « enfumage total » et  signale que « la médiation n’a pas réussi son objectif ».

Quelle mauvaise publicité pour notre activité ! C’est rageant ! (Extrait de actumediation.com du 11/2/2017)

En savoir plus sur http://www.actumediation.com/2017/02/clients-soyez-rassures-vous-ne-verrez-jamais-cela-en-mediation.html

 

 

Débat : « Une nouvelle plateforme de la médiation d’obédience se réclame de la médiation professionnelle ? » par Jean-Louis Lascoux (Officiel de la Médiation)


Jean-Louis Lascoux

« Une « plateforme de la médiation française »  déjà à la dérive ?

Tandis que les médiateurs professionnels ont annoncé la thématique de leur Symposium annuel, à Lille, les 19 et 20 octobre 2017, des organisations liées à la « médiation d’obédience « ont choisi de créer opportunément une « plateforme de la médiation française» en vue d’imposer des « normes ».

La médiation pour continuer à « gérer des conflits »

Une publication d’annonces légales liée au barreau de Paris, les Affiches Parisiennes, annonce la création d’une « plateforme de la médiation française». On peut y lire une nouvelle appropriation de l’expression « médiation professionnelle ». C’est un détournement, parce que rien dans le texte ne témoigne de la moindre compréhension de cette thématique que j’ai initiée en 2001 (cf. mon ouvrage « Pratique de la Médiation Professionnelle, un mode alternatif à la gestion des conflits », Ed. ESF, et « Pratique de l’ingénierie relationnelle, la médiation professionnelle au service des entreprises ». Ed. ESF).

Ces mêmes organisations qui s’approprient aujourd’hui le concept, le décriaient violemment voici peu de temps. Cette fois, sans nous consulter, leurs porte-paroles déclarent vouloir « recenser les indicateurs de qualité qui aujourd’hui reflètent les bonnes pratiques d’une médiation professionnelle, qu’elle soit conventionnelle ou judiciaire : institutionnelle, familiale, sociale, administrative ou de consommation ».

En utilisant notre expression de « médiation professionnelle », l’effet est clair : jouer de la confusion des discours. Or, la « médiation professionnelle » n’est pas une affaire de système judiciaire ni de représentation conventionnelle, c’est une fausse piste due à l’habitude « gestionnaire des conflits », mais de liberté de décision et de projet relationnelle.

Alors, je propose de clarifier. Mais qu’on leur dise, le travail méthodologique est déjà fait !

Intéressons-nous quand même à cette belle dynamique.

Qui sont les fondateurs de cette plateforme ?

Tout d’abord, on retrouve dans ces associations les fondateurs du fugitif Rassemblement des Organisations de la Médiation – il faut lire le sigle ROM, derrière lequel se trouvait (clin d’œil du sigle) l’institut catholique de Paris, avec l’organisme de formation IFOMENE, désormais allié avec un industriel de la formation. Le courant de pensée, plutôt religieux, qui sourd dans les organisations de la nouvelle plateforme expliquent probablement la surdité ambiante sur ce qu’est la discipline de la « médiation professionnelle ». On retrouve en première ligne : l’Association Nationale des Médiateurs, le Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris, le Club des Médiateurs de services au public, la Fédération Française des Centres de Médiation, la Fédération Nationale de la Médiation et des Espaces Familiaux… De ce point de vue, il n’est pas certain que les membres des associations sachent vraiment dans quelle direction les dirigeants les embarquent. Dans tous les cas, ce n’est pas parce qu’ils viennent prendre de l’eau à la source de la « médiation professionnelle » qu’ils sont légitimes, d’autant qu’ils en font plus un détournement qu’une promotion pertinente.

A propos de la « raison sociale » de la plateforme : parlons éthique

Sur le plan éthique, il est regrettable que des associations prétendant faire de la médiation, s’enferrent dans une représentation culturelle de l’intervention d’un tiers dont le rôle est de promouvoir un accord amiable. Serait-ce une affaire de culture, d’identité, de nationalité ? Il est clair qu’il y a une intention dans cette dénomination « médiation française » : c’est marquer le choix d’une intégration forcée, c’est marquer une conception du rôle du médiateur dans l’idée d’une intégration culturelle, c’est surfer aujourd’hui sur le courant nationaliste qui se développe regrettablement tandis que la mondialisation des cultures offre de nouvelles opportunités à l’humanité. C’est dit et répété : chez eux, on ne fait pas de la « médiation européenne », par exemple, encore moins de la « médiation interpersonnelle », mais de la « médiation française ». Le coup est marqué, la morale est implicite. La messe serait-elle dite ?

Quelle proposition concrète émane de cette nouvelle structure ?

Depuis qu’ils se réunissent, qu’ils mettent en place des organisations qui s’effondrent : UPIM, ROM et maintenant PMF, ils proposent toujours la même chose : faire des référentiels, homogénéiser : partir de la diversité pour aller vers l’uniformité. Tous comme eux. Ils ont élaboré un « référentiel » parce qu’ils ont découvert – après des années que nous avons déjà dépassé le chemin – qu’il faut professionnaliser leurs pratiques. Evidemment, sur le coup, ils prétendent intervenir sur celles des autres. C’est le principe de l’amateur qui à son éveil veut refaire le monde. Gentil, mais incompétent.

Depuis 2006, les organisations de la médiation professionnelle : EPMN, CPMN, ViaMédiation, avons adopté un code d’éthique et de déontologie le CODEOME qui est très clair les points qui font la profession. Lors du ROM, ces mêmes associations avaient produit un très mauvais ersatz de notre code. Vont-elles s’en rapprocher encore, comme l’ont fait les animateurs de l’IMAQ (Québec), en limitant leur plagiat à ce qui ne dérangeait pas leur conception juridique de la médiation ?

Ils découvrent enfin que la médiation est une affaire de relation. Ont-ils vraiment intégré la définition de la relation en médiation professionnelle ? L’énoncé présenté pourrait le faire croire, mais depuis longtemps ils veulent promouvoir des formations standardisées, en retenant une représentation caractérisée par les aspects techniques et les enjeux du litige et le contexte juridique. Cette approche relève d’une incompréhension totale de ce qu’est la « médiation professionnelle ». (Extrait de officieldelamediation.fr du 9/02/2017)

En savoir plus sur http://www.officieldelamediation.fr/2017/02/09/une-nouvelle-plateforme-de-la-mediation-dobedience-se-reclame-de-la-mediation-professionnelle/

Débat : « La médiation, affaire d’Etat ou de la société civile ? » par Jean-Louis Lascoux (Officiel de la Médiation)


Jean-Louis Lascoux

« La médiation, sous bien des formes d’intervention de tiers parfois plus que fantaisistes, d’autres fois plus que rigides, est entrée dans le monde de la gouvernance. Faut-il alors s’étonner de la proximité affichée entre le courant confessionnel de la médiation (catholique en tête) et le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, et puis d’autres comme le CMAP, diverses associations et industriels de la formation ? Est-ce l’affichage d’un choix électoraliste pour le discours évangéliste de François Fillon ? Les jeux sont parfois masqués, à peine voilés, si l’on peut dire par ces temps où l’ignorance trouve une nouveau missel avec le prédicat … S’y perdrait-on ?

Les réponses sont identiques : non, on ne peut pas s’étonner et non, on ne s’y perd pas.

Pourquoi ? Parce que, à ne rien cacher, parler médiation, c’est parler politique ; parce que la politique, c’est la manière de vivre et d’animer les relations dans la société ; parce que la médiation est un mode d’intervention relationnelle qui ne traite que d’une chose, des relations. La médiation consiste dans l’intervention de tiers, quel qu’il soit. Alors tous les courants plus ou moins issus de la pensée (idéologies, religions et pseudo sciences) se trouvent embarqués dans la médiation. Tu veux faire passer un message à quelqu’un ? Te voilà médiateur potentiel, amateur, mais médiateur quand même.

Depuis plus de 20 ans, j’ai développé des instrumentations rationnelles d’approches des relations et élaboré une discipline dont l’efficacité est désormais reconnue. Ma méthode est issue de la pensée de Descartes : la raison comme instrument pour résoudre ce qui parait énigmatique. C’est aussi simple et puissant qu’une opération mathématique. Mon objectif a été de mettre à disposition des personnes, pour tous les champs d’exercice de leur citoyenneté (professionnel, social et personnel) des dispositifs et des méthodes pour les cas où un projet relationnel devient difficile. Aujourd’hui, tout le monde de la médiation reconnaît mon travail et j’en ai conçu la « médiation professionnelle », que j’ai liée à la qualité relationnelle. L’ensemble des techniques est rassemblé dans l’« ingénierie relationnelle ». Certes, il y a ceux qui contestent les conséquences contrariantes pour leur idéologie, mais pas la performance. Ils reconnaissent l’efficacité de l’approche mais ne veulent pas entendre que ça instrumente la « libre décision », parce que les uns y voient une contestation de l’Autorité divine et les autres du Droit. Autrement dit, le mimétisme mais pas l’enseignement. On fait et on ne dit rien. Néanmoins, certains de ceux-là ont la lucidité de faire appel à ma proposition d’approche rationnelle quand leurs propres relations deviennent très pénibles. » (Extrait de officieldelamediation.fr du 28/1/2017)

En savoir plus sur http://www.officieldelamediation.fr/2017/01/28/la-mediation-affaire-detat-ou-de-la-societe-civile/

Conflit VTC (suite) : une vision particulière de la médiation relatée dans le blog du médiateur Jacques Rapoport


Je conseille la lecture du blog du médiateur Jacques Rapoport car elle révèle une conception particulière de la médiation, notamment de la notion de confidentialité de son processus et de l’impartialité du médiateur. J’attends vos commentaires !!!

« Bonjour à toutes et à tous,

La journée fut consacrée à écouter et dialoguer avec des chauffeurs qui m’ont été présentés par des organisations de chauffeurs: CAPA, UNSA, AMT et CFDT.

Le point central est celui des revenus du chauffeur VTC. C’est le cœur du problème. Le point dont il faut partager la compréhension pour pouvoir partager d’éventuelles solutions propres à résoudre les difficultés constatées.

L’exercice de clarification est donc indispensable. Mais il n’est pas simple tant les situations peuvent être diverses et, plus encore, les perceptions des uns et des autres.

Je souhaite tout d’abord remercier les chauffeurs qui ont pris le temps de venir me rencontrer et me présenter leur situation et leur vision des choses. Ils ont ainsi contribué à ma compréhension de la situation et, du même coup, à ma capacité à concevoir et proposer des solutions.

Je précise dès à présent qu’après avoir consacré cette journée de mercredi à rencontrer des chauffeurs conduits par les organisations de VTC, je passerai celle de jeudi à rencontrer d’autres chauffeurs présentés cette fois par les deux plus importantes plateformes: Uber et Chauffeur privé.

Je vous rendrai compte des échanges ce jeudi soir comme je le fais pour aujourd’hui.

Je retiens trois points des échanges de cette journée:

1) il y a convergence des témoignages sur le niveau du chiffre d’affaires moyen des chauffeurs: autour de 23€ de l’heure auxquels il convient de déduire la commission de la plateforme (25% pour Uber) et la TVA (10%). Restent pour le chauffeur 15€ par heure travaillée. Soit environ 2500 € de chiffre d’affaires mensuel pour 40h de travail hebdomadaire et 3800€ pour 60h. Notons que ce calcul exclue toute période de congés laquelle exigerait de réduire ces chiffres de 10%.Ces 15€/heure sont un chiffre d’affaires. Il faut en retirer les charges pour parvenir à la rémunération nette du Chauffeur VTC.

2) Pour les charges, les présentations qui m’ont été faites sont moins précises et moins convergentes. En essayant de retenir des moyennes, les charges pour un VTC indépendant s’élèveraient à 2000 € par mois et à 2300 € pour un salarié de capacitaire.

550 à 650 € pour la voiture

250 à 350 € pour l’assurance

500 à 600 € pour le carburant

Environ 200 € pour le garage et le nettoyage

Environ 300 à 400 € de divers: téléphone, comptable, gestion, amendes…

Total: 1800 à 2200 € de charges fixes.

Ces charges sont fixés, et donc indépendantes du volume d’activité, hormis le carburant (essentiellement).

Enfin, pour un salarié LOTI, s’ajoutent à ces charges encore 10% environ prélevés par le capacitaire.

Le revenu mensuel du chauffeur est donc d’environ 1800 € (3800 € de recettes moins 2000 € de charges) pour 60h de travail hebdomadaires (et 500 € pour 40h).

Le chauffeur indépendant consacre un tiers de ce revenu à payer le RSI et il lui reste un revenu net disponible de 1200 € pour 60h de travail hebdo et un peu plus de 300 € pour 40h (sans aucun congés annuels, rappelons le).

Je souligne ici quelques points:

– ce sont là des moyennes qui agglomèrent des situations très contrastées, notamment en fonction du véhicule, de l’ACRE…

– il apparaît clairement qu’il n’est pas possible de dégager un revenu permettant de vivre en travaillant 40h / semaine

– pour 60h, le revenu net est proche du SMIC, le chauffeur n’étant couvert ni pour les accidents du travail, ni pour le chômage et ne prend pas de congés annuels

– le chauffeur salarié LOTI a un revenu net disponible autour de 900 à 1000€ pour 60 heures travaillées plutôt que les 1200 € pour un chauffeur indépendant

– il est surprenant que les chauffeurs paient la TVA sur la part du prix payé par le client correspondant à la commission de plateforme puisqu’ils ne perçoivent pas cette commission.

Enfin les chauffeurs rencontrés soulignent que depuis octobre 2015 la situation ne cesserait de se dégrader: fin des aides au démarrage attribuées par Uber, baisse des tarifs, arrivée de très nombreux nouveaux chauffeurs, notamment via les capacitaires LOTI offrant un revenu plus faible aux chauffeurs, et donc offre croissant plus vite que la demande, effet des attentats, modèle Uber Pool moins rémunérateur pour les chauffeurs du fait de la commission de 35%, augmentation de 20 à 25% de la commission Uber…

3) Certains chauffeurs font valoir une situation bien plus dégradée 

– avoir une clientèle directe serait devenu quasi impossible compte tenu du niveau des prix trop bas pratiqués par les plateformes

– pour nombre de chauffeurs, pour diverses raisons, le revenu net disponible serait proche de zéro

– il serait possible de rester pour des périodes longues sous licence Hinter censées pourtant, moyennant rémunération, assurer uniquement les transitions courtes pendant les délais administratifs de délivrance des cartes VTC

– des fraudes seraient courantes: fausses cartes VTC, permis de conduire modifié pour faire apparaître plus de 3 ans d’ancienneté, cartes grises également modifiées pour permettre à des véhicules de plus de six ans de circuler comme VTC connectés, circulation avec une assurance de particulier et non pas professionnel, déclaration d’horaires de travail minorés par des capacitaires permettant ainsi d’éviter des cotisations sociales tout en afficher un respect des taquets horaires du code du travail et même absence totale ou partielle de déclaration et de paiement des charges sociales et fiscales.

J’ajoute un point essentiel que je demande à chacun de ne pas perdre de vue: tous ces éléments m’ont été fournis par les chauffeurs et leurs organisations. Je vois ce mercredi sur le même sujet les plateformes qui me fourniront leurs chiffres, leurs observations et leur analyse de la situation. » (Extrait blogdumediateur )

En savoir plus sur https://blogdumediateur.wordpress.com/

Plan Touraine contre la souffrance des soignants : un médiateur oui, mais avec quel pouvoir et quelle indépendance ?


« La mise en place d’un médiateur national qui interviendrait pour résoudre certains conflits internes pose question. Bernard Granger, membre de l’association des amis de Jean-Louis Megnien observe pour le site Pourquoi Docteur : « La médiation est effectivement capitale lorsque quelqu’un se plaint d’être maltraité, qu’il existe des dissensions ou des conflits. Néanmoins, ces missions de médiations existent déjà et elles se déroulent parfois dans des conditions déséquilibrées avec des agents de l’administration » constate-t-il insistant sur le fait que la médiation doit être confiée à des intervenants extérieurs. De son côté, dans le Parisien, Philippe Halimi, président de l’association juge l’initiative intéressante mais regrette l’absence de volet répressif. » (Extrait de .jim.fr/medecin/actualite du 6/12/2016)

En savoir plus sur http://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/plan_touraine_contre_la_souffrance_des_soignants_circonspections_et_critiques_162549/document_actu_pro.phtml

Point de vue : « Le seul moyen de sauver la médiation, c’est de la sortir du piège terminologique » par Michèle Guillaume-Hofnung (Affiches Parisiennes – 17/05/2016)


« Le seul moyen de sauver la médiation, c'est de la sortir du piège terminologique »

« Le législateur a peut-être pensé que le flou terminologique inscrit dans la loi du 8 février 1995 pouvait favoriser le développement de la médiation judiciaire. L’Union européenne a peut-être pensé que le flou terminologique de ses directives, inscrit à la fin de ses définitions par l’expression, quelle que soit la dénomination qu’on lui donne, favoriserait le développement de la médiation dans les pays membres…

Il n’en n’est rien. Les chiffres sont là, tant en France que dans l’Union européenne. Le flou terminologique minait ces démarches institutionnelles. Ce n’était pas du pragmatisme, mais de l’amateurisme. Il faut siffler la récréation, car aujourd’hui, le Parlement français veut aller plus loin dans sa logique d’intégration de la médiation dans le système judiciaire.

L’adjectif « judiciaire » a vampirisé le substantif au point d’en altérer la substance. L’expression « médiation judiciaire » était dangereuse en soi. De plus, elle était erronée. La médiation judiciaire dans la mesure où, heureusement elle nécessite l’accord de volonté, est donc finalement une médiation conventionnelle. Pour rendre compte de son contexte on pouvait, à la rigueur, si on voulait cliver – mais on voit le danger de la couper de l’unité fondamentale de la médiation – dire « médiation conventionnelle à aiguillage judiciaire ».

Aujourd’hui, le seul moyen de s’en sortir est de constater que sous la bannière « médiation », les textes ont propagé une forme plus ou moins nouvelle de conciliation.
La conciliation n’a rien de déshonorant, on ne peut donc qu’encourager le Parlement à recourir à cette notion tout à fait respectable lorsqu’il veut un auxiliaire de la justice ou un dispositif de règlement des réclamations.

Le seul moyen de sauver la médiation, c’est de la sortir du piège terminologique qui a nourri la fusion des régimes juridiques et déontologiques qui la sclérose, de l’exfiltrer.

Il faut rendre à la conciliation :

  • la « médiation » pénale
  • la « médiation » de la consommation
  • la quasi totalité de la « médiation » institutionnelle.

Il faut d’urgence :

  • un moratoire terminologique : qui invite le Parlement à ne plus recourir aux mots médiation et médiateurs tant que le parlement ne se sera pas doté d’une définition qui distingue la médiation, de la conciliation et de l’arbitrage. Cela serait d’autant plus facile que sur mandat de l’Etat français des définitions très proches l’une de l’autreetdonc cohérentes existent. Rappelons que la définition de la médiation familiale a été élaborée sur demande de la ministre de la Famille et de l’ex-ministre de la Justice.
  • en conséquence : un moratoire législatif.

Les textes en discussion présentent le risque de scléroser la médiation en lui assignant des objectifs étrangers à sa nature, en l’enfermant dans un régime juridique inapproprié. Le médiateur risque de devenir non seulement un auxiliaire de justice mais plus encore un auxiliaire du juge. La déontologie du médiateur lui impose la confidentialité, en grand danger d’être violée dans les textes en cours d’examen.

Les textes en discussion proposent des solutions prématurées au premier rang desquelles figure l’établissement d’une liste de médiateurs. A partir du moment où le Parlement n’a pas fait la preuve qu’il sait distinguer le médiateur de tout autre auxiliaire cette liste n’a par définition pas de sens. De quelle formation à la médiation justifieront les rédacteurs de ces listes.

La formation de qualité est le socle des garanties à fournir. Une formation spécifique et exigeante. Un médiateur n’est pas un expert reconverti.
On ne peut nous accuser de mener un combat corporatiste, ce serait pitoyable. Au contraire nous défendons l’unité fondamentale de la médiation qui conduit à ne pas la segmenter en fonction d’expertise résultant de formations antérieures.

Il ne faut pas s’y tromper la nébuleuse « médiation-concilitation-arbitrage- Marc » est le Cheval de Troie du droit anglo-saxon.
Si la France a pu rayonner et exporter son système juridique c’est grâce à la rigueur terminologique qui caractérise le droit français. Nous les juristes réunis dans ce collectif avons la responsabilité de le rappeler.

C’est un enjeu de francophonie économique. Le flou terminologique autour des modes alternatifs (si peu alternatifs finalement) favorise l’introduction du droit anglo-saxon qui à terme évincera notre droit et notre système juridictionnel et donc l’office du juge. Il en va de la préservation d’un de nos atouts majeurs dans la compétition économique internationale. L’Afrique est en train de basculer. L’Ohada propage sans s’en rendre compte le modèle anglo-saxon, il suffit de regarder l’acte unique sur la médiation et l’arbitrage » (Extrait de affiches-parisiennes.com du 17/5/2016)

Article à consulter sur http://www.affiches-parisiennes.com/mediation-il-faut-siffler-la-recreation-6259.html

« Le médiateur veut-il tuer la concurrence dans l’énergie ? » par Gael Duval (PDG de JeChange.fr )


Gaël Duval, PDG de JeChange.fr

« L’édition 2016 du baromètre « Info-Énergie » réalisée au mois de septembre est formelle et sans appel. La perception positive de l’ouverture des marchés du gaz et de l’électricité continue à progresser chez les Français, qui sont désormais 68% à la considérer d’un bon œil. Pas étonnant si l’on considère que 37% d’entre eux estiment que changer de fournisseur d’énergie « en vaut la peine au regard des économies possibles », selon une étude OpinionWay pour JeChange.fr.

Au-delà, 24% des Français disent même envisager un tel changement dans un avenir proche, soit une part considérable du marché ! Pour autant, cela ne suscite pas un enthousiasme débordant chez le médiateur de l’énergie, qui préfère souligner dans son communiqué officiel… que 76% n’ont donc pas l’intention de changer.

Ce biais d’interprétation, repris sans précaution par de nombreux titres de la presse française, pourrait paraître anodin s’il ne constituait pas un phénomène récurrent et assez dérangeant dans la communication du médiateur. Monsieur Jean Gaubert, qui s’était déclaré personnellement hostile à l’ouverture des marchés de l’énergie après sa nomination en 2013, ferait-il tout pour imposer sa grille de lecture et saboter un processus dont les effets bénéfiques sur le pouvoir d’achat des Français sont, pourtant, largement documentés ?  » (Extrait de latribune.fr  du 30/10/2016)

En savoir plus sur http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-mediateur-veut-il-tuer-la-concurrence-dans-l-energie-610955.html

Qu’est-ce que la «médiation culturelle» ?


« Chacun d’entre nous a rencontré des médiateurs culturels. Ils portent parfois des tee-shirts ciglés « médiateur », « médiateur culturel », « médiateur du festival », etc. au cœur des institutions contemporaines. Ils sont voués à parler des œuvres, des artistes, des expositions ou des scènes culturelles dès lors que ces « objets » sont mis à la disposition d’un public ou présentés sous un nouveau jour. Mais se rend-on assez attentif aux composantes de ce métier ? S’est-on donné la peine d’en parcourir les plus économiques (salaires, contrats de travail, types d’emploi, précarité, …) et les plus valorisées (la relation aux œuvres et aux publics) en passant par ce qu’on a longtemps ignoré : la connaissance des publics par les médiateurs, leur saisie des compétences culturelles déployées par les spectateurs que, trop souvent encore, beaucoup méprisent (dans les pires des commentaires, ils seraient « incultes », ne « sauraient rien », « s’amuseraient », seraient « bêtes » …).

Ce sont justement ces multiples composantes qui font l’objet de l’enquête de Bruno Nassim Aboudrar et François Mairesse. Ces derniers sont des spécialistes universitaires de la question, et non des membres des associations de médiateurs constituées récemment aux fins de défendre la profession. Ils ont déjà présidé à des recherches sur elle. Pour composer ce livre, ils ne retiennent, cependant, que les domaines du spectacle vivant, du patrimoine, du cinéma, de l’audiovisuel, de la musique enregistrée et du livre. À juste titre, ils signalent l’existence d’autres médiations dont ils ne parlent pas afin de ne pas brouiller les pistes : les médiations scientifiques, les médiations techniques, les médiations sociales, psychologiques, etc. Ce choix est assumé avec d’autant plus de légitimité que les deux auteurs sont, l’un, professeur d’esthétique, et l’autre, professeur de muséologie. » (Extrait de nonfiction.fr du 25/10/2016)

En savoir plus sur http://www.nonfiction.fr/article-8564-quest_ce_que_la_mediation_culturelle_.htm

Marseille : l’Association de Médiation Sociale soupçonnée de maltraitance à l’égard de ses salariés


Les pensionnaires de l’UHU méritent mieux que la gestion chaotique à laquelle ils ont été soumis. Photo la marseillaise

« L’énumération des griefs des travailleurs sociaux de l’Association de médiation sociale (AMS) à l’encontre de leur ex-employeur a de quoi sidérer toutes celles et tous ceux qui ont la naïveté de penser que les organismes dont la vocation est de venir en aide aux plus démunis, donnent l’exemple avec leurs propres salariés. L’AMS, fraîchement débarquée de sa fonction de gestionnaire de l’Unité d’hébergement d’urgence (UHU), en est une effarante illustration. Réunis autour dans le local de l’Union locale CGT des quartiers Nord, des salariés -et ex-salariés de l’AMS- sont venus débattre, dans la perspective d’une reprise prochaine (à partir du 14 novembre), de l’opportunité de créer une section syndicale CGT. Plus apte à les mettre à l’abri des multiples exactions, mauvais traitements et dysfonctionnements qui semblent avoir caractérisé le fonctionnement de cette « maison » pratiquant une gestion familiale au caractère musclé. Tant au niveau des pensionnaires de l’UHU, ce qui a valu le coup de gueule de Yves Rousset, préfet à l’égalité des chances, que des salariés. Ces derniers n’avaient de mots assez durs pour décrire des méthodes qui tiennent plus de l’amateurisme que d’une vision bien comprise des difficultés que les travailleurs sociaux rencontrent dans l’exercice de leurs fonctions. Johanna et Emanuelle, la première en arrêt de travail « pour violences », et sa camarade en arrêt maladie, se font un plaisir d’en décrire par le menu l’infinie variété. » (Extrait de lamarseillaise.fr du 28/10/2016)

En savoir plus sur http://www.lamarseillaise.fr/marseille/social/53892-l-ams-soupconnee-de-maltraitance

« La médiation familiale, sectorisation et méconnaissance » par Jacques KERYHUEL (Officiel de la médiation)


La médiation familiale, sectorisation et méconnaissance

« Quelques réflexions personnelles relatives à l’article sur « La médiation familiale met les femmes victimes de violence conjugale en danger » -article de M. Simon Lapierre, Professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa et d’Isabelle Côté, candidate au doctorat à l’École de service social de l’UdeM publié en février dernier sur un blog de l’édition québécoise du Huffington.

Dans son propos, l’article vise la médiation familiale, c’est-à-dire sectorielle et ce faisant « normée » -s’appuyant sur un processus de rencontres du couple par le médiateur en vue de résoudre le conflit de façon amiable.

Dans sa finalité, la lecture de l’article donne envie de le renommer au regard des propos et réticences exprimées par ses auteurs. Il aurait pu aussi bien s’intituler « la médiation familiale, une pratique devenue incontournable, obligatoire…et malgré tout dangereuse ». Ses auteurs n’apportent pas vraiment d’éléments, d’exemples de nature à étayer leurs propos, sinon en renvoyant aux positionnements de « certains médiateurs … ». Et pourtant, comment ne pas s’interroger sur la pertinence du recours à la médiation familiale, en cas de violence conjugale et pourquoi pas tout simplement en tant que telle.

La médiation familiale qui n’aurait -aux dires des auteurs de l’article- comme seul fondement et avantage que d’être moins lourde et moins coûteuse que les procédures judiciaires, est une pratique très encadrée … une procédure judiciaire bis ; or ce substrat judiciaire qui devait à l’origine aider au désengorgement des juridictions, n’a pas forcément répondu aux attentes en termes de lourdeur et délais des procédures : en avril 2015, dans son rapport n° 22-15 sur les M.A.R.D, l’Inspection Générale des Services Judiciaires français (IGSJ) émet des réserves sur l’efficacité du dispositif.

Fortement encadré par les magistrats, le médiateur familial –tout comme le conciliateur (« médiateur de justice » pour l’IGSJ) est un auxiliaire de justice : il agit dans le cadre normatif de son secteur d’intervention, selon la posture qui est attendue de lui et les techniques juridictionnelles de l’audition contradictoire.

Aussi, un médiateur qui reçoit les parties en couple et non pas individuellement, ne peut guère espérer être un facilitateur de la libre expression des points de vue et, de ce fait, espérer identifier des situations de violences conjugales « cachées ». Il ne peut guère espérer faciliter l’émergence d’une résolution amiable du conflit. La pratique de la médiation familiale telle que décrite, est un mode « dégradé » de fonctionnement juridictionnel qui est plus à même de gérer patrimonialement les effets d’une rupture que d’aider à la résolution d’un conflit familial – et a fortiori lorsque la rupture se fait dans un contexte de violence familiale.

Ne nous étonnons donc pas du faible taux d’accord entre les parties dans les conflits où un médiateur familial est intervenu. Auxiliaire de justice, dans ce type de confrontation où l’émotionnel est intense, le médiateur n’a ni la compétence, ni l’autorité, ni le pouvoir de sanction du juge des affaires familiales pour imposer une décision aux parties

Sur ce point et à ces conditions, il est possible de considérer que la médiation familiale –médiation sectorielle- n’est pas un mode de résolution amiable de conflits adapté en cas de violence conjugale. Est-ce pour autant que l’on doive considérer que la médiation n’est pas un mode de règlement amiable des conflits familiaux, avec ou sans violence conjugale ? Ne seraient-ce pas plutôt le mécanisme et le déroulé de la médiation familiale, la posture du médiateur familial – substrat judiciaire- qui seraient à revoir ?

Revenons sur ce qui fait un conflit, à savoir une dégradation dans une relation affective entre deux personnes –donc relevant du domaine émotionnel. La violence verbale ou physique peut en être une des manifestations émotionnelles, mais pas la seule. La rupture de la relation peut en être une des conséquences, mais pas la seule.

Dans ce contexte, comme dans tout contexte à dominante émotionnelle, le médiateur conventionnel –du moins le médiateur professionnel- en pratiquant l’entretien individuel et l’altérocentrage, saura techniquement permettre à chacune des parties de s’exprimer librement sur les composantes du conflit, ses sources et ses manifestations…dont, s’il y a lieu, les actes de violence conjugale non encore avérés.

Le rôle du médiateur professionnel n’est pas d’entrer dans une logique de confrontation des personnes ou dans un cadre normatif ; il est de créer les conditions d’un rapport de confiance, d’accompagner chacune des personnes dans sa réflexion, son analyse, et de les faire converger vers la recherche de solutions partagées en vue de sortir du conflit. » (Extrait de officieldelamediation.fr du 23/10/2016)

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