Les Matinales de la médiation à Lyon : lundi 23 Octobre 2017 de 08h30 à 10h00 Hôtel Sofitel Lyon Bellecour sur le thème : « Médiation : culture ou expertise »


Alagy Bret - Avocat en médiation et conciliateur de justice Lyon

« Les Matinales de la médiation : première matinale le lundi 23 Octobre 2017 de 08h30 à 10h00 Hôtel Sofitel Lyon Bellecour sur le thème : « Médiation : culture ou expertise »
avec comme experts invités Stanislas Lacroix, Président du Directoire du Groupe Aldes, José Félix le DRH du même groupe et Pierre VALADJI son Directeur Administratif et Financier. (Extrait de alagybret.co )

En savoir plus sur http://mediation.alagybret.com/details-mediation+les+faits+marquants+a+lyon-2183.html

 

Table ronde sur l’efficacité de la médiation pour les PME à Paris -10/10/2017


 

Table ronde sur l'efficacité de la médiation pour les PME

Le 10 octobre prochain se tiendra au Centre de médiation et d’arbitrage de Paris une table ronde dédiée aux entrepreneurs et PME en présence de Denis Jacquet, fondateur de Parrainer la croissance, de l’Observatoire de l’Uberisation et président d’EduFactory, de Sophie Henry, déléguée générale du CMAP, et d’Anne Bourdu, avocat associé du cabinet Lext Avocats et médiateur.

Cette rencontre vise à échanger et mettre en lumière l’efficacité de ce mode alternatif de règlement des litiges pour les entreprises en phase de croissance.

En effet, l’accélération des échanges nécessite de l’agilité et de la réactivité de la part des dirigeants.

L’anticipation et la résolution de conflits par des processus peu coûteux, rapides et confidentiels, deviennent un enjeu de développement majeur pour ces entreprises à la recherche de solutions efficientes.

Programme :

8h15 : accueil des participants
8h30 : début des échanges
9h30 : questions / réponses
9h45 : fin des échanges

Table ronde Médiation Croissance
mardi 10 octobre à 8h15
Evénement ouvert et non payant
Inscription obligatoire en ligne sur Eventbrite
CMAP, 39 avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris.

(Extrait de http://www.affiches-parisiennes.com/table-ronde-sur-l-efficacite-de-la-mediation-pour-les-pme-7429.html )

Rapport de synthèse des assises internationales de la médiation de la Rochelle (5-8/07/2017)


VIIe Assises internationales de la médiation judiciaire : médiation obligatoire et/ou facultative, quelle réforme pour quels enjeux ?
Vendredi 7 juillet et samedi 8 juillet 2017
Rapport de synthèse
Natalie FRICERO, professeur à l’université Côte d’Azur, directeur de l’institut d’études judiciaires, présidente de la commission nationale d’examen d’avocats

Ce rapport de synthèse débutera par des remerciements adressés aux organisateurs des septièmes Assises internationales de la médiation judiciaire qui ont su si bien accueillir à la Rochelle tous ceux qui se passionnent pour la médiation, magistrats, avocats, universitaires, praticiens et usagers de la médiation.
Les travaux de ces deux journées ont été particulièrement riches, et la synthèse traduira les grands enjeux de la médiation pour les prochaines années. La médiation, mode consensuel de résolution des différends, est un processus structuré par lequel un tiers, indépendant et impartial, dépourvu de pouvoir décisionnel, aide les parties à créer ou à recréer du lien social et à trouver un accord. Toutes les lois récentes contribuent à son développement et à l’émergence d’une nouvelle culture judiciaire. Les travaux de ce colloque ont d’abord démontré que la médiation correspond un mode universel de résolution des différends. Puis, les intervenants se sont interrogés sur la modernisation de la médiation à travers les outils numériques au service de la médiation et de la formation des médiateurs. Enfin, la question du caractère obligatoire de la médiation a été posée, particulièrement en matière judiciaire et dans le contentieux familial.

I. La médiation universelle
Comme l’a suggéré Béatrice BRENNEUR, il faut passer de la culture parents/enfants à la culture d’une relation entre adultes, ce qui n’est pas simple ! Élodie MULON nous a dit que la médiation est le « vegan » de la justice étatique.
Le voyage autour du monde de la médiation, animé par Jacques FAGET a permis de confronter la liberté initiale de la médiation et son encadrement, particulièrement lorsqu’elle est rendue obligatoire. La justice amiable constitue un objectif à atteindre partout dans le monde.
En France, Caroline ASFAR-CAZENAVE a démontré l’inéluctable évolution des modes amiables avec l’instauration d’un vrai droit commun des MARD dans le Code civil et le Code de procédure civile, et dans toutes les branches du droit privé, public et pénal. L’idée de médiation se répand, même si les différents médiateurs sont très diversifiés dans leurs rôles et leurs statuts.

Au Burkina Fasso, Bintou BOLI a montré que la médiation fait partie de la culture en Afrique francophone, et qu’elle s’est surtout développée à l’initiative de l’OHADA. Les lois récentes encadrent les accords et l’homologation par le juge ou le notaire.
Johanna KALOWSKI révèle qu’en Australie, la médiation est bien connue dans tous les domaines. La médiation est obligatoire avant de saisir le juge grâce à l’engagement très fort du gouvernement. Écoute, reconnaissance et rétablissements des liens sociaux sont des valeurs universellement partagées.
Xiao Lin FU-BOURGNE nous a emmenés en Chine qui vit sous la culture de l’harmonie, la voie du milieu propice à la médiation. Les bureaux de médiation s’installent à l’entrée du tribunal juste avant le greffe. La loi peut rendre la médiation obligatoire et le juge va tout moment procéder à la médiation (il doit même le faire, selon l’avis de la Cour de Cassation). Un bon juge a un bon quota de médiations !
Suzanne HANDMAN a précisé qu’au Canada les 10 Provinces ont une législation spéciale. La médiation y est parfois obligatoire, parfois facultative. Au Québec les parties ont le choix de la médiation ou du procès même pendant la procédure. La conférence de règlement amiable (CRA) est décidée par le juge. En matière familiale, la séance d’information sur la médiation est obligatoire. En général la médiation fonctionne très bien, il est vrai que la justice est lente. En Ontario la tentative de médiation est obligatoire mais non l’accord.
Natalia GAIDAENKO-SCHAER nous a conduits en Russie où la loi sur la médiation a été prise en 2011. La médiation est toujours volontaire et limitée en droit privé. Mais le code de la Cour d’arbitrage étatique prévoit un règlement amiable préalable obligatoire (qui se traduit par la mention de vagues diligences dans l’assignation !). Les juges demandent à pouvoir obliger les parties à s’informer sur la médiation. Elle a terminé sur le risque d’étatisation de la médiation.
En conclusion la médiation est en marche, elle se modernise et intègre les nouvelles technologies.

II. La médiation intelligente ou dématérialisée

Linda ARCELIN insiste sur la nécessité d’intégrer le numérique dans toutes les activités en France et dans l’Union européenne qui développe le e-commerce. La simplicité et la confiance sont les maîtres mots de la résolution en ligne des litiges.
Gabriel MECARELLI expose la médiation en ligne et le site Médicis qui fonctionne pour les litiges « de basse intensité », c’est-à-dire ayant un enjeu économique faible et un aspect affectif peu important. La plate-forme logicielle permet de diligenter le processus et d’établir les preuves sous l’égide d’un tiers de confiance qui donne son avis. La médiation en ligne est née hors du judiciaire sur Internet. En France, elle est née de la transposition de la directive de 2013. Les exemples se situent en droit de la consommation et pour le recouvrement des petites créances (qui est plutôt une négociation assistée par huissier de justice).
Anne-Sophie SCHUMACHER rappelle que les plates-formes doivent respecter les garanties, notamment sur les données personnelles. Elle fait état des difficultés de la médiation de la consommation et des faiblesses du processus.
Stéphane MALLARD expose le MOC, massive on line course et le e-learning pour les médiateurs d’entreprise. Il s’agit d’une pédagogie inversée, le présentiel est un complément. Le tout repose sur une formation-action, la transmission d’un savoir-être et d’un savoir-faire. Le e-learning très peu utilisé en France : on connaît la « gamification » (apprendre par le jeu), et le « integrate-learning » qui repose sur un robot humanoïde pour assurer le présentiel !
Karim BENYEKHLEF, dans sa présentation enregistrée, démontre que les procédures entièrement virtuelles prennent un nouveau tournant pour les litiges de haute intensité comme le divorce. L’utilisation des algorithmes et de l’intelligence artificielle conduit au droit computationnel. Les contentieux de masse (copropriété, petites créances) sont concernés par les outils d’autonomisation du justiciable (empowerment, self help). Ces outils permettent d’identifier le tribunal compétent, offrent une justice prédictive notamment en droit de la consommation (ils peuvent prédire l’issue du litige). On assiste à une automatisation des modes amiables avec des changements importants : d’abord, l’intégration des modes amiables par la justice classique ou dans les litiges de basse intensité présente des avantages en termes de coûts, d’accès à la solution, et de temps adapté à la réalité du XXIe siècle ; ensuite, les avancées technologiques intègrent les modes amiables et l’on peut même parler de « conflits intelligents ».
En conclusion, on peut souhaiter que la médiation intelligente et dématérialisée conserve un peu d’humanité et respecte les droits essentiels des personnes ! Et il faut espérer rencontrer des « médiateurs moléculaires intelligents » !

III. La médiation obligatoire

Le caractère obligatoire de la médiation concerne trois domaines essentiels

A. La médiation non familiale de droit commun
Michèle GUILLAUME-HOFNUNG a exposé la distinction entre médiation et conciliation et les confusions actuelles dues à ce qu’elle a nommé une « dégénérescence terminologique liée à l’anomie » (DTLA) ! Elle rappelle qu’un seuil minimum d’intelligibilité conceptuelle (SMIC) est nécessaire pour conclure que seule la conciliation peut être rendue obligatoire
même si le conciliateur utilise les méthodes de médiation. Elle explique ce fut le cas dans l’histoire.
Jean Édouard ROBIOU-DUPONT considère que le conflit est un paradoxe, il lie les parties et les sépare même temps. Il faut en sortir par un contre-paradoxe. Donc, l’obligation est un moyen d’accroître l’efficacité (il donne l’exemple de la personne qui se suicide en se jetant dans un fleuve puis remonte sur la rive parce que le policier la menace de lui tirer dessus !). Le caractère obligatoire pour lui de la médiation n’est pas incompatible avec le caractère volontaire : il donne un exemple concernant les comportements routiers, en insistant sur le fait que même si c’est obligatoire, je m’arrête volontairement au feu rouge ! Pour lui, le test de la médiation doit être obligatoire comme c’est le cas pour la tentative de médiation familiale préalable obligatoire dans certains contentieux depuis la loi du 18 novembre 2016.
Nathalie PIGNON rappelle qu’il entre dans la mission du juge de concilier les parties, pas de médier. La médiation est mise en pratique dans le domaine familial en premier lieu. Si la tentative de médiation familiale préalable est obligato,re les parties ne vont pas s’engager en médiation. Pour elle, il faut que le juge puisse contraindre les parties à tester la médiation et aménager le calendrier de la mise en état dans le code de procédure civile pour faciliter ce circuit. En conclusion, elle considère que la médiation pose la question du rôle du juge : sa mission est-elle de dire le droit ou de rétablir la paix sociale ?
Gabriel MECARELLI rappelle qu’en Italie, les médiateurs sont formés et inscrits sur une liste (ils doivent justifier d’avoir fait plus de 2 médiations et 50 heures de formation). La médiation est obligatoire ou déléguée par le juge ou rendue obligatoire par le contrat ou encore par la loi (dans 85 % des cas). Elle suppose la présence obligatoire d’un avocat avec un premier rendez-vous de médiation et son taux de succès est d’environ 57 %. La médiation est très encadrée et l’accord signé par les parties est un titre exécutoire sans homologation par le juge.
Avi SCHNEEBALG, avec son humour habituel, expose la récente loi sur la médiation qui, dit-il « a abrogé l’interdiction de la castagne » et a développé la médiation. Il assure que « pour le même prix, un costume sur mesure vaut mieux que du prêt-à-porter » et présente les avantages d’un processus amiable.
Fabrice VERT, avec le même humour et la même passion pour les modes amiables, se réfère à la métaphore de l’âne, qui finit par boire à la bassine posée à côté de lui. Il développe la nécessité d’une politique publique des modes amiables et d’une définition précise de la formation à la médiation. Il rappelle que les pouvoirs devraient se fixer comme objectif de structurer la médiation (notamment par l’établissement de statistiques). Il rappelle que la Cour européenne des droits de l’homme dans l’arrêt Momcilovic contre Croatie a admis la conformité au procès équitable de l’obligation légale d’une médiation obligatoire préalable à toute demande en justice, prévue à peine d’irrecevabilité. Il rappelle aussi que la Cour de justice de l’Union européenne dans son arrêt du 14 juin 2017 (C75/16) a considéré que la médiation obligatoire préalable à toute saisine d’un juge est conforme à la directive de 2013 sur la médiation de la consommation.
En matière administrative, il existe une médiation préalable obligatoire dans certains contentieux par exemple s’agissant de la fonction publique territoriale, comme l’a fait observer un magistrat du tribunal administratif.
B. La tentative de médiation familiale préalable obligatoire
Catherine MARIE a rappelé que c’est le tribunal de grande instance de la Rochelle qui a, en quelque sorte, inventé la médiation familiale dans un jugement du 17 février 1988. Malheureusement, les résultats se sont fait attendre très longtemps !
Marie-France CARLIER expose la création du tribunal de la famille et de la jeunesse, et la chambre des règlements amiables en Belgique. La tentative de médiation est obligatoire et l’absence des parties peut être sanctionnée par le tribunal qui juge le fond par la suite. Elle souligne que même à défaut d’accord, la médiation permet aux parents de se parler et les aide à surmonter leurs différends. Ceci explique que le juge puisse ordonner une médiation.
Daniel GANANCIA, notre égérie de la médiation familiale, a précisé que la matière familiale est sans conteste un terreau pour la médiation familiale obligatoire. Il n’y a pas d’autres solutions pour imposer une porte d’entrée, qu’une tentative, une rencontre obligatoire. Les parties dialoguent et exploitent une solution. Dans 70 % des cas, la tentative débouche sur une médiation. Elle considère que c’est la méthode la plus humaine, la plus efficace, pour résoudre le conflit familial et préserver la relation familiale. Il s’agit d’une pédagogie des rapports sociaux. L’Etat est légitime à déjudiciariser sous la contrainte même si les magistrats vivent un paradoxe, puisqu’ils veulent développer la médiation mais n’en ont pas les moyens.
Élodie MULON s’est lancée dans la défense des avocats et de la tentative de médiation familiale préalable obligatoire, en indiquant que la plus-value de l’avocat est dans le conseil et non dans le duel. La justice prédictive est intégrée dans les cabinets d’avocats. Les avocats accompagnent la médiation comme le révèle le centre national des avocats médiateurs (CNAM, créé par le CNB). Elle milite pour la création d’une « convention de médiation assistée » qui peut aboutir à un accord et qui donne un cadre au travail commun du médiateur, de l’avocat et du client.
Odile CLEMENT précise que le tribunal de grande instance de la Rochelle a mis en place la double convocation, devant un médiateur, puis devant le juge aux affaires familiales, pour aider les parents. La thérapie familiale permet aussi d’intégrer la parole de l’enfant.
C. La médiation dans les affaires
Myriam BACQUE nous indique toute l’importance de la médiation pour les entreprises. Les affaires ont besoin de confidentialité et doivent maîtriser le cours et le contenu de la solution (50 milliards d’euros d’économie sont envisageables grâce au recours à la médiation !). La médiation représente une économie considérable et son domaine s’étend au droit du travail.
Michel TCHIKAYA a expliqué que la formation des médiateurs a favorisé le développement de la médiation en matière commerciale, notamment dans le cadre des baux commerciaux, pour régler la question épineuse du pas de porte. En Côte d’Ivoire, c’est essentiellement la loi de 2014 sur la médiation judiciaire et conventionnelle qui a permis le développement de la médiation.
Claude DUFAUR, vice-président du tribunal de commerce de Bobigny précise les deux aspects de la médiation. D’abord, la médiation fait partie de la stratégie juridique des entreprises, ce qui explique la multiplication des clauses contractuelles de médiation. En cas de litige, il y a un débat interne à l’entreprise pour décider du choix du mode de résolution : médiation ou procès. Ce débat inclut les managers, les opérationnels et les juristes. Ensuite, il indique qu’il entre dans la mission du juge de concilier les parties conformément à l’article 21 du code de procédure civile, et que les juges des tribunaux de commerce tentent eux-mêmes de concilier certaines affaires. Il expose à cet égard un exemple de rupture brutale de relations commerciales établies ayant entraîné un redressement judiciaire de l’entreprise et ayant donné lieu à une transaction.
Bertrand DELCOURT poursuit l’exemple et expose également la situation d’une transaction conclue avec cette entreprise, malheureusement pendant la période suspecte. Il note que la médiation suppose la confiance et la bonne foi de toutes les parties, mais que la procédure collective n’est pas un obstacle à la médiation, l’accord étant validé par le jugecommissaire. Il rappelle que pour l’avocat la médiation fait partie de la mission de conseil et que s’engager en médiation n’est pas reconnaître que l’on a tort !
Joël MONNET expose la médiation institutionnelle de la MAIF. Le médiateur donne son avis sur la situation, avis qui s’impose à la mutuelle. Ce service est à destination des assurés et contribue à améliorer les prestations. Le médiateur de la MAIF est indépendant dans ses avis qu’il rend sur dossier (il n’y a pas de rencontre physique). Mais il faut au préalable épuiser les recours internes avant d’y recourir.
Geauffray BRUNAUX membre de la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation, expose la médiation de la consommation dans le domaine de l’exécution du contrat. Le professionnel a une obligation, le consommateur a une faculté. Il existe plusieurs types de médiation, la médiation interne et les médiations externes. Seuls les médiateurs référencés peuvent exercer cette mission. Les professionnels établissent des conventions types soumises à la validation de la commission.
En conclusion générale, la médiation est donc universellement partagée, très moderne, et parfois obligatoire tout en restant volontaire. Les travaux de ce colloque ont donc révélé que tous ensemble, nous pouvons dessiner l’avenir de la médiation, avec les pieds sur terre, la tête dans les étoiles !  » (Extrait de blog.gemme.eu )

En savoir plus sur http://blog.gemme.eu/2017/09/25/rapport-de-synthese-assises-internationales-de-mediation-de-rochelle/

Colloque : « La médiation et les modes alternatifs de règlements des différents » , 19/09/2017 – Université de Bretagne Sud – Vannes


Programme et inscription sur https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/manifestations/24446-la-mediation-et-les-modes-alternatifs-d

Colloque (Belgique) : « La médiation sociale pour répondre à un besoin sociétal actuel », 3/10/2017, Université de Mons


 

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« >La médiation sociale est un processus amiable de règlement des conflits, de plus en plus utilisé, à l’instar de la France. La médiation permet une résolution pacifique des conflits de travail et une diminution des tensions dans l’entreprise.

> Les justiciables sont très satisfaits, car ce processus rapide leur permet d’être écoutés dans leurs émotions et besoins, grâce à un médiateur spécialement formé qui prendra le temps nécessaire afin de respecter leur rythme. Ce processus donne l’opportunité de trouver des pistes de solutions adaptées et acceptées par chacun, dont l’objectif est de conduire à un jugement d’accord.

> L’organisation d’une permanence de médiation sociale au tribunal du travail du Hainaut à Mons et à La Louvière (lors des audiences « contrats »), nécessite une synergie entre les différents intervenants dans un contentieux lié à la relation de travail.

> Nous présenterons la médiation et la permanence aux avocats intéressés par le droit du travail et aux magistrats. Chacun a en effet un rôle prépondérant à jouer dans ce processus, qui rejoint une demande sociétale.

PUBLIC : avocats, magistrats, médiateurs et toutes personnes intéressées dans les matières du travail. PARTICIPATION AUX FRAIS : 30 € Etudiants en médiation 2017-2018 de l’UMONS : gratuit Magistrats : prise en charge par l’IFJ (demande en cours) A verser sur le compte ING n° BE21 3631 5854 2803 avec comme référence vos nom, prénom et la référence « colloque 03.10.2017».

INSCRIPTIONS : par mail : info@espacifique.com avec votre nom et prénom en communication L’inscription ne sera prise en compte qu’à la réception du versement. ACCREDITATION : Commission Fédérale de Médiation : 2 heures ; Avocats.be : 2 points (demande en cours)

Colloque international : L’essentiel de la médiation. Vers un consensus sur le concept dans les sciences humaines et sociales (Université de Padoue, les 1-2 mars 2018)


Capture.PNG14.PNGDescription
Le concept et le terme de « médiation » apparaissent dans diverses sciences humaines et sociales, notamment en droit, en philosophie, en psychologie, en sciences du langage, en sciences de la communication et en sciences de l’éducation. La pluralité des conceptualisations et la polysémie du terme que l’on repère souvent dans les discours spécialisés sont susceptibles d’entraver l’intercompréhension. Dans un tel scénario, il devient urgent de discerner l’essentiel de la médiation et d’en mettre en lumière les traits conceptuels et linguistiques significatifs, identifiés par des experts et plus généralement par les parties prenantes. On en a mesuré l’urgence lors de différents colloques interdisciplinaires organisés à l’Université de Padoue (Autour de la traduction juridique, 2011 ; Pratiques communicatives de la médiation, 2012 ; Médiation et droits linguistiques, 2014 ; Une approche linguistique de la médiation : quelles retombées ?, 2014 ; Acteurs et formes de médiation pour le dialogue interculturel, 2016) et dans d’autres publications scientifiques (voir la bibliographie d’orientation ci-dessous). Ce colloque, organisé par le Professeur Michele De Gioia dans le cadre de son projet de recherche (Ontoterminologie de la médiation. Une contribution à la médiation et aux nouvelles politiques sociales : BIRD161093/16) financé par l’Université de Padoue, a comme objectif d’amorcer la reconnaissance de l’essentiel de la médiation. Plus précisément, le colloque vise à vérifier la possibilité de partager une même unité conceptuelle et terminologique à travers le dialogue scientifique et la discussion entre experts et professionnels. Il veut également contribuer à renforcer la médiation en tant que domaine autonome du savoir, disposant d’une ontologie et d’une terminologie de référence. Sur la base d’une confrontation fructueuse entre les connaissances explicitées par des experts d’une communauté scientifique ou professionnelle et les connaissances tirées de textes et de discours spécifiques, le colloque aspire à examiner le concept et le terme « médiation », ainsi que d’autres termes et concepts reliés, dans leurs domaines d’application. Tout en préservant les spécificités de chaque domaine, l’ambition du colloque est de mettre en place un consensus interdisciplinaire autour du concept, permettant de décrire de manière cohérente et uniforme les connaissances, les acteurs, les techniques et les discours de médiation. La mutualisation des conceptualisations pourra faire émerger une ontologie de la médiation où les concepts seront définis et corrélés par des experts et des professionnels. Parallèlement, la confrontation entre les descriptions linguistiques et discursives pourra faciliter l’identification d’une terminologie essentielle. Les organisateurs du colloque souhaitent la participation d’organismes, d’institutions, de chercheurs, de spécialistes et d’experts œuvrant dans le domaine des sciences humaines et sociales où ce concept et ce terme sont employés. Cet appel est adressé tout particulièrement à des lexicologues, à des terminologues ainsi qu’à des cognitivistes qui désirent proposer des analyses et des descriptions de ce concept ou de ce terme, ainsi que des traitements ou des modèles de systématisation de données conceptuelles et linguistiques. Les communications peuvent, par exemple : – présenter une réflexion théorique sur le concept de médiation dans l’une des sciences humaines et sociales ; – examiner, dans une perspective interdisciplinaire, les aspects théoriques permettant d’identifier les termes et les concepts partagés par deux ou plusieurs sciences humaines et sociales en matière de médiation ; – partager des réflexions conceptuelles ou terminologiques sur la médiation en qualité d’experts dans des domaines institutionnels, soient-ils locaux, nationaux ou internationaux, et illustrer les protocoles pour parvenir à un consensus concernant l’utilisation de concepts et de termes liés à la médiation ; – examiner un cas concret de situation de médiation à la lumière d’un cadre théorique d’où il est possible de tirer un aspect conceptuel et/ou terminologique crucial pour la définition et la compréhension de la médiation ; – décrire l’usage de termes liés à la médiation dans les domaines du droit, de la philosophie, des sciences de la communication, des sciences du langage, des sciences de l’éducation, à partir de corpus ou de textes spécifiques de ces sciences ; – décrire, dans une perspective interdisciplinaire, l’utilisation des termes liés à des concepts fondamentaux de la médiation sur la base d’analyses comparées de genres textuels dans deux ou plusieurs sciences humaines et sociales ; – présenter des propositions pour la systématisation d’aspects conceptuels (cadre théorique novateur), terminologiques (banques de données, dictionnaires, glossaires, ontologies) et discursifs (schémas discursifs) de la médiation dans une ou plusieurs sciences humaines et sociales ; – illustrer une analyse conversationnelle ou une analyse de discours portant sur des situations de médiation et mettant en évidence des aspects terminologiques et lexicologiques par rapport à un cadre théorique de la médiation dans l’une des sciences humaines et sociales ; – illustrer la portée du concept et du terme médiation au sein de l’Union européenne et son application dans ses États membres, en s’appuyant sur des textes officiels ; – étudier l’émergence de nouvelles formes de médiation par rapport au numérique, afin de comprendre leur apport à l’identification de concepts et de termes essentiels pour la médiation ; – illustrer les résultats préliminaires ou définitifs d’un projet de recherche qui porte sur la médiation dans les domaines du droit, de la philosophie, des sciences de la communication, des sciences du langage, des sciences de l’éducation, et qui souligne les spécificités conceptuelles et terminologiques de la médiation.

(18) [Appel à propositions pour le colloque international] L’essentiel de la médiation. Vers un consensus sur le concept dans les sciences humaines et sociales (Université de Padoue, les 1-2 mars 2018). (Extrait de  researchgate.net)

En savoir plus sur : https://www.researchgate.net/publication/318361340_Appel_a_propositions_pour_le_colloque_international_L%27essentiel_de_la_mediation_Vers_un_consensus_sur_le_concept_dans_les_sciences_humaines_et_sociales_Universite_de_Padoue_les_1-2_mars_2018

Bénin : Compte rendu de la journée de sensibilisation sur la médiation, tenue le vendredi 18 août 2017 à Cotonou


« Organisée par l’Association Impulsion du Droit Communautaire (IDC-Bénin) sous le haut parrainage de l’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA), avec la participation du Médiateur de la République, du Centre d’Arbitrage de Médiation et de Conciliation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CAMeC-CCIB) et du Rassemblement des Arbitres, Médiateurs et Conciliateur du Bénin (RAMEC), cette journée visait à rassembler tous les acteurs du secteur autour de deux (2) grands panels, dans le but de démontrer l’efficacité de ce mode de règlement des conflits.

Cette journée de sensibilisation s’est tenue dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), et a permis de réunir pour les échanges quarante-cinq (45) professionnels (juristes d’entreprises, inspecteur de douane, Avocats, Huissiers, Responsables commerciaux, chefs d’entreprises, responsable administratif, Arbitres et Médiateurs).

Deux (2) grands panels ont été abordés avec en leur sein, des points spécifiques.

Panel 1 : Les enjeux de la médiation

  • La médiation, un mode alternatif de règlement des différends
  • L’intérêt de la médiation
  • Les enjeux pour les parties à la médiation
  • L’effet des clauses de médiation dans les contrats
  • L’Institution du « Médiateur de la République » : rôle, importance et statistiques

Panel 2 : L’encadrement légal de la médiation

  • Historique de la médiation et cadre légal actuel au Bénin
  • Le futur Acte uniforme sur la médiation dans l’espace OHADA

L’Association IDC-Bénin a fait intervenir quatre experts/praticiens spécialisés en médiation.

  • Madame Gwladys GANDAHO, Chargée de mission du Médiateur de la République du Bénin ;
  • Monsieur Karel DOGUE, Chef de service études et recherches à l’ERSUMA, Médiateur certifié ;
  • Monsieur Wilfried SAGBOHAN, Assistant du Secrétaire Permanent du Centre d’Arbitrage de Médiation et de Conciliation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CAMEC-CCIB) ;
  • Monsieur Fructueux ASSOGBA, Président du Rassemblement des Arbitres, Médiateurs et Conciliateur du Bénin (RAMEC), ex Secrétaire Permanent du CAMEC-CCIB, Médiateur certifié.

photo3Cette journée s’est tenue dans le cadre de la promotion des Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC) et en prélude à l’adoption par la prochaine session du Conseil des Ministres de l’OHADA de l’Acte Uniforme relatif à la Médiation dont les travaux sont très avancés.

Les Modes Alternatifs de Résolution des Conflits (MARC) sont des instruments permettant de régler tout type de litige sans avoir recours à la justice étatique dont chacun se plaint comme étant trop lente et parfois détachée des préoccupations du justiciable.

Pour ce qui concerne la médiation qui nous intéresse, elle est aussi pratiquée comme mode alternatif de règlement des conflits non seulement dans le domaine commercial, mais aussi social, familial, pénal et même politique dans les conflits étatiques. Il s’agit d’un processus structuré, reposant sur la responsabilité et l’autonomie des parties qui tentent par elles-mêmes, volontairement, de parvenir à un accord sur la résolution de leur litige avec l’aide d’un tiers neutre, impartial, indépendant et sans pouvoir décisionnel. Car le Médiateur « formé au processus de la Médiation » aide et accompagne les parties dans la recherche de la solution la plus satisfaisante possible pour eux pour mettre fin au litige. Il ne décide pas, reste neutre et ne propose aucune solution, contrairement au conciliateur qui peut donner ses avis et proposer des solutions. La médiation favorise le maintien et la continuité des relations entre les parties et leur évite les aléas et délais d’un procès. Ce processus peut être engagé par les parties, suggéré ou ordonné par une juridiction.

La Présidente de l’Association Impulsion du Droit Communautaire (IDC-Bénin) Madame QUENUM POSSY BERRY PRISCILLA R. Epse KOFFI, après avoir remercié les participants et les animateurs, présenté l’Association, ses objectifs, ses activités passées et futures, a planté le décor de la matière par une brève présentation, avant de déclarer ouverte ladite journée de sensibilisation. »- Association Impulsion du Droit Communautaire (IDC-Bénin). (Extrait de ohada.com du 28/08/2017)

En savoir plus sur http://www.ohada.com/actualite/3686/compte-rendu-de-la-journee-de-sensibilisation-sur-la-mediation-tenue-le-vendredi-18-aout-2017-a-cotonou-benin.html

Etats-Unis : Association for Conflict Resolution (ACR) 2017 Annual Conference, october 11-14, Dallas, Texas


 

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Inscription et programme sur http://www.acrannualconference.org/

Rencontres du Montalieu 2017 – 8e édition


« MONTALIEU est l’un des rendez-vous annuels de médiateurs d’expérience qui se réunissent pour partager et enrichir leurs connaissances et pratiques. Tous acceptent de contribuer à la réalisation et et à la publication d’un cahier qui sera ainsi mis à la disposition de tous les médiateurs. Cette manifestation est encouragée et soutenue par l’ANM.

Conditions favorables à la production et à l’analyse des idées, un cadre unique au pied du massif de la Grande Chartreuse, entre Grenoble et Chambéry, un séjour convivial chez l’un des leurs. Voici le thème choisi pour cette année par les acteurs des RENCONTRES 2016 :

« L’HUMILITÉ DU MÉDIATEUR, Silence, Écoute, Bienveillance »

Chaque participant à la session doit produire auparavant une note personnelle de réflexions, témoignages, cas pratiques, toutes références utiles pour alimenter les discussions.

Pour stimuler la réflexion et aider à sortir de l’entre-soi, les RENCONTRES font appel à des penseurs en arts ou sciences humaines. Les invités étaient cette année : Henri COHEN SOLAL, psychanalyste et médiateur interculturel, qui nous a parlé de « L’humilité du passeur » , Geneviève SAVIGNY, éleveuse de volailles, membre de la Confédération paysanne, responsable européenne Campésina, qui a évoqué « Des pratiques au service de valeurs humaines » et Pascale PERINEL, infirmière psychiatrique et systémicienne, qui nous a fait faire des exercices, afin que chacun trouve la posture physique qui favorise son équilibre et sa juste place.

Sans dévoiler le contenu, toujours très riche, de ces trois journées d’échanges, d’analyse et de confrontations, nous pouvons déjà présenter l’architecture des futurs cahiers qui paraîtront dans quelques mois sur cette «manière d’être » dont Marcel Aymé disait qu’elle était « l’antichambre de toutes les perfections ». A l’occasion de ces RENCONTRES, nous avons pris conscience que toute progression vers l’excellence pouvait s’appliquer à quelques-unes des aptitudes et compétences indispensables aux médiateurs dans l’exercice de leur fonction.

  • Un premier quart relatera des situations vécues de mise à l’épreuve de l’humilité du médiateur,
  • Un quart pratique entre tentatives de définition et usages de l’humilité présentera les outils au service de cette aspiration
  • Un autre quart révélera les contributions de nos spécialistes ou experts
  • Enfin une place sera réservée à tous les documents et informations utiles : biographies, citations, parcours et caractéristiques des participants…

Rappelons les titres des cahiers issus des RENCONTRES du MONTALIEU et déjà édités chez Médias & Médiations :

  • « LA NEUTRALITÉ, Une nécessité éthique, mille difficultés pratiques »
  • « LE POINT DE BASCULE, l’étape décisive du succès des médiations »

ou à paraître prochainement : « CONFIDENTIALITÉ ET MÉDIATION, nécessité, conditions, pratique et limites, un principe si délicat ». Pascal Denormandie, Président d’Honneur de l’ANM » (Extrait de anm-mediation.com n°5 juin 2017)

 

En savoir plus sur http://www.anm-mediation.com/index.php/fr/?option=com_content&view=article&id=307:rencontres-du-montalieu-2017-8e-edition&catid=84:numero-05

Médias : compte-rendu de la réunion des médiateurs de médias publics francophones à Paris


De gauche à droite : Raymonde Richter, de la Radio Télévision Suisse (RTS), Guy Gendron, de Radio Canada, et Louise Monaux, de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)

« Pour la première fois, les médiateurs de médias publics francophones se sont réunis à Paris pour évoquer leurs expériences. L’occasion de mieux comprendre comment Suisses, Belges et Canadiens créent des liens avec leurs auditeurs et téléspectateurs, et comment ils considèrent le dispositif français.

C’est à la Maison de la radio, hier et aujourd’hui, que se sont réunis pour la première fois les médiatrices et médiateurs de médias publics francophones (MFP). Des échanges sur leurs pratiques et sur les évolutions des médias et de leurs publics du haut de la tour de Radio France. Les représentant(e)s de Radio Canada, de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), et de la Radio Télévision Suisse (RTS) ont répondu à nos questions.

Au Canada, un « ombudsman » inamovible

Guy Gendron insiste d’entrée sur son titre d' »ombudsman » : « c’est un mot suédois, et pas anglais. Car ils sont les inventeurs du concept. En fait, c’est un intermédiaire. A l’époque, au début du XIXe siècle, c’était entre le gouvernement et les citoyens. » Radio Canada a son ombudsman depuis 1991, quand le premier médiateur français a été nommé en 1994 au quotidien Le Monde. Journaliste de longue date dans le groupe, régional, provincial, national puis international, Guy Gendron a été nommé pour 5 ans. Il est inamovible, « un peu comme un juge« , et à la fin de son mandat tout ombudsman doit quitter l’entreprise, pour apporter une autre garantie d’indépendance.

Au Canada, contrairement au médiateur français, l’ombudsman est totalement indépendant car c’est « une instance d’appel, il ne répond pas au nom de l’organisme. C’est comme la Cour de cassation pour les plaignants qui n’ont pas obtenu satisfaction à leur plainte auprès de Radio Canada« . Une fois saisi, celui qui a pratiqué l’investigation pendant dix ans mène l’enquête, peut réécouter les enregistrements du journaliste concerné, voir ses notes et peut consulter des experts pour trancher.

Première critique adressée par le public : l’exactitude des informations, y compris sur les premiers pas de l’homme sur la Lune. Puis viennent l’impartialité et « le manque d’équilibre » plus difficile « à mesurer, à jauger« . Dans la dizaine de courriels quotidiens, certains se plaignent aussi d’un manque de respect dans les images diffusées : choquantes ou stéréotypées. Et Guy Gendron intervient sur celles de la télévision comme celles du web. Avec deux périodes particulièrement sensibles, d’après celui qui s’inquiète de l’accélération du processus rédactionnel et du mélange public-privé sur les réseaux sociaux des journalistes : les campagnes électorales et les moments de forte actualité dans le conflit israélo-palestinien.

« Mon travail premier est d’aiguiller les plaignants au bon endroit : vers les rédacteurs en chef ou directions de service concernées. Pour que eux offrent la première réponse, en disant à la fin « si vous n’êtes pas satisfait de cette réponse, vous pouvez demander à l’ombudsman de se prononcer ». Et à partir du moment où un plaignant me demande d’intervenir, je DOIS le faire. J’ai un compte Twitter, mais les plaintes arrivent essentiellement par courriel. Et une des particularités chez nous est que toutes les décisions sont rendues publiques, y compris les blâmes. Donc avec le nom du plaignant et le nom du journaliste. Cela a une certaine résonance, avec parfois des commentaires dans les autres médias. Parce que le média public est en vue, et tous les contribuables paient pour lui. Même si l’ombudsman ne peut pas prendre de mesure disciplinaire. Mais il peut recommander à la direction de l’information des excuses, un retrait, une modification du texte de reportage. »

En revanche, Guy Gendron n’a pas de rendez-vous à l’antenne pour intervenir publiquement. Seuls les textes de l’ombudsman parlent pour lui. Et pas question de répondre par « le mode trop primitif et sans nuances » de Twitter. Pourtant, alors que Radio Canada ne propose plus d’émission sur les médias, Guy Gendron conclut par une remarque partagée autour de la table :

« J’ai noté comme tous mes collègues qu’il y a une dégradation du discours du public, probablement attribuable aux réseaux sociaux, où on dit un peu n’importe quoi, et où on s’envoie promener. Le ton des plaintes est très dur, très critique, souvent très grossier. »

En Belgique, médiation et éducation aux médias

Comme l’impose légalement le contrat de gestion de l’entreprise, Louise Monaux est « chargée de la médiation et des relations avec les publics » à la RTBF. Avec deux assistantes, cette historienne de formation traite 300 courriers et courriels par mois et organise des ateliers d’immersion, d’éducation aux médias et des visites guidées thématiques dans le groupe audiovisuel public belge

« Ce n’est pas de plus en plus critique. Par contre, c’est l’information qui rassemble le plus d’interpellations. C’est là que l’on a le plus de questions de fond. Et c’est particulièrement au sujet du journal télévisé. Donc ce sont les choix éditoriaux, le sujet qui a ouvert le JT, la manière dont on a traité l’info, la qualité des interviews ou des traductions. Comment les journalistes ont couvert un événement. Et toutes les questions liées à la désinformation sont plus fréquentes qu’avant, ainsi que les interrogations sur la publicité dans l’info. »

S’ajoutent les classiques « vous êtes trop de gauche, de droite, pro israélien, pro palestinien, anti Trump ou anti Marine Le Pen. » « Tout ce qui touche à l’équilibre et à l’objectivité, c’est qui fait réagir le plus téléspectateurs et auditeurs », résume celle qui était auparavant chargée de la communication corporate du groupe. « Les réactions et thématiques qui reviennent sont vraiment très similaires à la France : les questions par rapport à l’info, au sensationnalisme, à la diversité. »

Il n’existe pas encore de compte Twitter ni de page Facebook pour répondre aux publics, mais « la réflexion est en cours, et on doit, on doit y être« . Mais depuis vingt ans la RTBF a des émissions de médiation. Le contrat de gestion du groupe en impose au moins dix par an. Et l’émission « Medialog » propose ainsi chaque mois en 45 minutes d’éduquer aux médias, avant de développer le ou les principaux thèmes évoqués par les téléspectateurs et auditeurs. « On en fait un débat avec des gens en interne et des experts » autour du reportage contesté, et avec des téléspectateurs ou auditeurs, « s’ils acceptent de venir, parce que ce n’est pas toujours évident d’en avoir sur le plateau« , explique Louise Monaux. » (Extrait de franceculture.fr du

En savoir plus sur https://www.franceculture.fr/medias/mediateurs-publics-comment-travaillent-les-arbitres-de-linfo

Colloque : “Les pratiques de Médiation dans le monde au regard des différentes cultures”, à Aix en Provence les 29 et 30 juin et le 1er juillet 2017.


Capture56.PNGExtrait de petitesaffiches.fr du 24/05/2017

Programme et inscription sur http://www.petitesaffiches.fr/actualites,069/droit,044/colloque-les-pratiques-de,9529.html