Narbonne : Signature du protocole instaurant une unité des modes alternatifs de règlement des différends au sein du tribunal de Narbonne


124.PNG21.PNGEn savoir plus sur https://twitter.com/lejeunejphi95

Mise en garde de la Préfecture de Police de Paris : « Professionnels, attention aux faux courriers de la « Médiation nationale de la consommation »


Capture.PNG2158.PNGEn savoir plus sur https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/Nous-connaitre/Actualites/Prevention/Professionnels-attention-aux-faux-courriers-de-la-Mediation-nationale-de-la-consommation

Côte d’Ivoire : des médiateurs professionnels se mettent au service du grand public


« Ils sont une trentaine de médiateurs professionnels diplômés, fraîchement sortis du Centre de formation et de recherche à la médiation et à la négociation (Cerfomen) sis à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest à Abidjan.

Ces professionnels de la médiation, après leur formation, se sont mis ensemble pour mettre sur pied un cabinet dénommé « Omega Médiation ». Au travers de cette organisation, ces professionnels comptent apporter leur pierre à l’édification de la paix et de la cohésion sociale par le règlement de conflits.

Le directeur général dudit cabinet, Silué Daoda et deux de ses collaborateurs, Jean-Marie N’Klo et Kouadio Edmond, étaient hier dans les locaux de Fraternité Matin où ils ont présenté leur concept au directeur général, Venance Konan. « Notre démarche vise à inviter le monde des affaires, les politiques et la société civile à s’imprégner de la notion de médiation professionnelle et à nous saisir afin que nous puissions leur apporter notre savoir-faire. Ce, pour les aider à la réconciliation, à la paix et à la cohésion sociale dans les secteurs de la vie», a expliqué Silué Daoda.

Selon lui, la médiation est un concept nouveau qui permet à des parties en conflit de régler leur différend. « Le médiateur libre dans un cadre confidentiel permet aux personnes en conflit de régler elles-mêmes en s’écoutant, en se parlant et trouver une solution à leur conflit », a-t-il ajouté.

De ce point de vue, la médiation, soutient-il, intervient dans tous les secteurs d’activités humaines sauf dans les cas de crime, de maladie et de trouble à l’ordre public. «Nous intervenons notamment dans les problèmes sociaux, domestiques, professionnels, familiaux (problèmes de succession), conséquence du divorce, litige foncier, litiges inter communautaires… Nous sommes dans un environnement mondial de crise permanente à tous les niveaux. La société est en perpétuelle mutation. Les incompréhensions, les inimitiés font que, de plus en plus, les tribunaux étatiques sont engorgés pour régler les différents problèmes», a-t-il mentionné.

En effet, depuis que le législateur a pris une loi sur la médiation (20 juin 2014), des médiateurs professionnels sont formés dans les Universités françaises et ouest-africaines pour aider les pays dans la recherche de la cohésion, la paix et la réconciliation.

A noter qu’en la matière, il y a la médiation judiciaire qui est ordonnée par le juge, la médiation ad hoc diligentée par les parties en conflit qui contactent un médiateur et la médiation institutionnelle. Toutes ces différentes branches ont leurs règles et principes respectifs mais se rejoignent dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale, le règlement des conflits. » –Jean Bavane Kouika – (Extrait de fratmat.info du 10/01/2020)

Emploi : Agent local / Agente locale de médiation sociale (H/F) 75 – PARIS 15


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Vos missions : Accueillir un public et faire vivre un point d’accueil

Mener des actions de médiation (accueil individuel et animation collective)

Offrir un service personnalisé aux usagers du PIMMS

Assurer la gestion administrative de l’activité Faire vivre et développer un réseau de partenaires.

Profil recherché : Formation dans le secteur social ou administratif

Bonne communication orale et écrite (entretiens individuels, aide au remplissage de dossiers administratifs, à la formulation de courriers, )

Maîtrise de l’outil informatique

Goût du contact et sens du relationnel

Autonomie, initiative, rigueur et organisation.

Esprit d’équipe.

Pour ce poste, vous déterminerez le développement de vos compétences avec votre conseiller(e) Pôle Emploi, dans le cadre du Parcours Emploi Compétences (PEC) – Contrat d’accompagnement à l’Emploi (CAE).

Type de contrat
Contrat à durée déterminée – 12 Mois
CUI – CAE
Durée du travail
35H Horaires normaux
Salaire
Salaire : Mensuel de 1540,00 Euros à 1541,00 Euros sur 12 mois

PROFIL SOUHAITÉ

Expérience

  • Débutant accepté

Savoirs et savoir-faire

  • Bonne communication orale et écriteCette compétence est indispensable
  • Maîtrise de l’outil informatiqueCette compétence est indispensable
  • Accueillir les personnes
  • Analyser la situation et les besoins de la personne
  • Contribuer par une démarche de médiation à la résolution de situations conflictuelles
  • Identifier les motifs de tension, les dysfonctionnements, les dégradations, les risques de conflit
  • Intervenir en habitat collectif
  • Orienter une personne vers des partenaires relais
  • Renseigner un public, des usagers
  • Techniques de médiation
  • Techniques de prévention et de gestion de conflits

Savoir-être professionnels

  • Travail en équipe
  • Autonomie
  • Prise de recul

(Extrait de candidat.pole-emploi.fr du 14/01/2020)

En savoir plus sur https://candidat.pole-emploi.fr/offres/recherche/detail/098BYWJ

Médiation scolaire : 20 élèves se forment à la médiation à l’école de Bruz (35)


« Depuis décembre, tous les vendredis de 15h30 à 16h30, 20 élèves du CP au CM2 se forment à la médiation entre pairs.

En septembre, l’ensemble des élèves de l’école sont rentrés dans « l’école de la relation ». L’idée, comme bon nombre d’écoles de notre réseau, est de travailler ensemble tout ce qui aide au Vivre Ensemble.

Pendant 3 mois, les classes ont vu ou revu la méthode des « messages clairs ». Quelques petits conflits sont souvent dus au fait qu’un élève n’ait pas le même ressenti que son camarade. Les messages clairs amènent donc les enfants à exprimer leurs ressentis pour que l’autre en prenne conscience.

Ces situations se passent généralement entre 2 élèves et se concluent sans autre intervention. Il se peut que la situation ne se règle pas et puisse même se répéter, on peut faire alors appel à une médiation.

Pour rendre cela réalisable, nos 20 étudiants se forment pendant 10 semaines à cette médiation. Ils apprenent à discerner les situations, voir la gravité pour amener les élèves à résoudre eux-mêmes leurs conflits, faire appel à des pairs ou nécessiter la présence de l’adulte.

Les 2 médiateurs, quand le contexte le valide, utilisent une méthode élaborée en formation pour expliquer le conflit, verbaliser leurs sentiments et trouver une solution.

Au mois de février, ils valideront leur formation par le passage d’un petit exament et seront ensuite opérationnels pour l’école ». (Extrait de ecbruz-sterblon.org)

En savoir plus sur https://www.ecbruz-sterblon.org/etablissements-prives-commune-de-bruz/ecole-la-providence/actualites/la-providence-centre-les-mediateurs

 

Emploi : Médiateur familial / Médiatrice familiale – 54 – JARVILLE LA MALGRANGE


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Missions – Organiser et mener des entretiens d’information à la médiation familiale et des séances de médiation familiale, dans le respect du code éthique et de déontologie. – Intervenir à l’échelle du territoire Lunévillois – Promouvoir la médiation familiale : réunions collectives d’information au public, réunions d’information auprès des partenaires – Participer à des séances d’analyse de la pratique. – Rendre compte de son activité : participation à l’élaboration du rapport d’activité et des bilans, réalisation de tâches administratives (courriers, statistiques, bilans). Profil : – Faculté à être en relation – Capacité d’adaptation – Capacité rédactionnelle – Travail en équipe – Prise de recul

Type de contrat
Contrat à durée indéterminée
Contrat travail
Durée du travail
17H30 Horaires variables
Salaire
Salaire : Mensuel de 987,00 Euros à 988,00 Euros sur 12 mois
Chèque repas
Mutuelle
Déplacements
Déplacements : Fréquents Départemental

PROFIL SOUHAITÉ

Expérience

  • Débutant accepté

Savoirs et savoir-faire

  • Établir le contrat de médiation avec le couple, la familleCette compétence est indispensable
  • Organiser les rencontres et favoriser les conditions de dialogue entre les participantsCette compétence est indispensable
  • Orienter une personne vers des partenaires relaisCette compétence est indispensable
  • Suivre le couple ou la famille et apporter un appui à la formalisation du projet d’entente conjugal ou familialCette compétence est indispensable
  • Vérifier le consentement des participants, leur motivation lors de la mise en place de la médiation et les informer sur les modalités d’interventionCette compétence est indispensable

Savoir-être professionnels

  • Sens de la communication
  • Autonomie
  • Prise de recul

Formation

  • Bac+3, Bac+4 ou équivalents Action sociale – Diplôme d’Etat Médiateur FamilialCette formation est indispensable

(Extrait de candidat.pole-emploi.fr du 15/01/2020)

En savoir plus sur https://candidat.pole-emploi.fr/offres/recherche/detail/098DSQC

 

Québec : reprise de la médiation dans le conflit Swissport


MONTRÉAL — La direction de Swissport et le syndicat des machinistes se sont de nouveau rencontrés en présence du médiateur, jeudi à Montréal.

La rencontre, qui avait débuté à 10h, se poursuivait encore en après-midi. Il s’agit d’une reprise de la médiation, après quelques jours au ralenti depuis le dépôt d’une proposition syndicale.

Une centaine de syndiqués, membres de l’Association internationale des machinistesetdes travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) affiliée à la FTQ, ont déclenché la grève, le 31 décembre dernier. Swissport Fuelling Services s’occupe en sous-traitance du ravitaillement d’avions aux aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel.

Les salaires sont au coeur du litige, de même que les assurances collectives. Les travailleurs gagnent 16 $ l’heure à l’embauche, selon le syndicat.

Swissport Fuelling Services a déjà fait savoir qu’elle parvenait à assurer le ravitaillement des avions sans problème ni délai, malgré la grève (Extrait de lactualite.com du 16/01/2020)

En savoir plus sur https://lactualite.com/actualites/greve-chez-swissport-mediation-durant-quelques-heures-jeudi/

Suisse : publication de la Newsletter – janvier 2020 du Groupement Pro Médiation (GPM)


AU SOMMAIRE

Formations à la médiation

  • DAS en Médiation de conflits, spécialisation dans le champ familial
  • DAS en Médiation de conflits, spécialisation dans le champ de l’entrprise

Formations continues

  • Lorsque les parents se rendent en thérapie de couple: un modèée d’intervention sur les relations conjugales et coparentales
  • La violence – mieux la comprendre pour la transformer
  • Approches interdisciplinaires pour les transitions familiales à haut conflit mobilisant des mesures de protection de l’enfant: quels avantages?

Evènements – conférences

  • Médiation 2020: congrès international à Angers
  • 4ème journée d’étude en matière de droit de la protection de l’enfant et de l’adulte
  • Sweet justice – Les accords sur les dés…accords

Articles de presse – ouvrages

  • Dictionnaire de la médiation et d’autres modes amiables
  • La semaine de la paix à l’école
  • La médiation dans le champ de la santé dans le monde francophone (Extrait newsletter.infomaniak.com )

Lettre à consulter sur https://newsletter.infomaniak.com/external/show-email/eyJpdiI6IjkwZTdkSFdjRktLcTVxb3F1UHpXaFpPMEdPU256MzlOWVlxbmY1ek9GSFU9IiwidmFsdWUiOiJqVDRzaCt6cnY0dDE1bG0zaUpmYmhoOVZoVDZzZ0lPVENqeWZqb2p4RXd3PSIsIm1hYyI6IjQwNDNmMTE5MWNiZjg0NGY1YTFiNDQ5NzYyYWY5YzM3MjlhZDhiMzgxNWI2YTJhOTRiMjRkZmYyOTQwN2I2NWEifQ==?t=482501968

« Médiation familiale et violences au sein du couple (L. n° 2019-1480 du 28 décembre 2019, JO n° 302, 29 déc. 2019, texte n° 2) » par Jean-Philippe Tricoit


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I.- Modifications. Le 29 décembre 2019 a été publiée une loi visant à agir contre les violences au sein de la famille (L. n° 2019-1480 du 28 décembre 2019, JO n° 302, 29 déc. 2019, texte n° 2). Pour ce faire, le régime de l’article 373-2-10 du Code civil est aménagé pour prendre en considération les violences au sein du couple.

Celui-ci avait déjà été modifié avec la loi de programmation de la justice 2018-2022 (L. n° 2019-222 du 23 mars 2019, art. 31 ; V. Circ. n° CIV/04/2019 de présentation des entrées en vigueur des dispositions civiles de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, NOR n° JUST 1806695L). Le législateur avait organisé « la possibilité pour le juge d’ordonner une médiation dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale » (Circ. préc.). En ce sens, jusqu’à la loi du 28 décembre 2019, l’article 373-2-10 du Code civil prévoyait que :
« En cas de désaccord, le juge s’efforce de concilier les parties.
A l’effet de faciliter la recherche par les parents d’un exercice consensuel de l’autorité parentale, le juge peut leur proposer une mesure de médiation et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur familial pour y procéder, y compris dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.
Il peut de même leur enjoindre, sauf si des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant, de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure
. »
Avec la loi du 28 décembre 2019 (art. 5), l’article 373-2-10 du Code civil est ainsi modifié : « – au deuxième alinéa, après le mot : « médiation », sont insérés les mots : « sauf si des violences sont alléguées par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant » ; – et au dernier alinéa, les mots : « ont été commises » sont remplacés par les mots : « sont alléguées ». »
Par voie de conséquence, les dispositions de l’article 373-2-10 du Code civil, en ses deuxième et dernier alinéas, sont désormais rédigées de la façon suivante :
« A l’effet de faciliter la recherche par les parents d’un exercice consensuel de l’autorité parentale, le juge peut leur proposer une mesure de médiation « sauf si des violences sont alléguées par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant » et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur familial pour y procéder, y compris dans la décision statuant définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.
Il peut de même leur enjoindre, sauf si des violences « sont alléguées » par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant, de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure.
« 

II.- Apports. Quels sont les apports au dispositif de la médiation familiale ?
Tout d’abord, le législateur introduit une exception à la faculté pour le juge – sous réserve de l’accord des parties – d’ordonner une médiation familiale. Cette prérogative juridictionnelle reste lettre morte dans l’hypothèse de violence commise au sein de la famille. Plus précisément, aux fins de bloquer le recours à la médiation familiale, il est nécessaire mais suffisant que soient alléguées des violences par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant. Ceci pose deux questions d’interprétation.

Premièrement, qu’est-ce qu’une violence au sens de l’article 373-2-10 du Code civil ? Sont-ce des disputes entre les parents ? Des coups portés ? Des insultes ? De l’ironie et du cynisme récurrents ? Des violences d’ordre psychologique ? Une emprise de nature financière peut-elle être considérée comme une violence ? Convient-il d’unifier l’interprétation de la violence avec l’approche pénale ? Le juge aura certainement dans sa pratique à délimiter la frontière très fine entre réactions spontanées et violence au sens strict du terme.

Deuxièmement, que sont des violences alléguées ? On sait qu’une allégation est l’énoncé d’un fait ou d’une affirmation tandis qu’alléguer est défini comme mettre en avant pour servir d’excuse. Le juge devra se montrer vigilant vis-à-vis des allégations stratégiques échafaudées par l’un ou l’autre des parents.

Ensuite, dans le prolongement de ce qui a été écrit précédemment, la substitution des termes « ont été commises » par « sont alléguées » emporte uniformisation de l’exercice des pouvoirs du juge. Effectivement, les allégations de violence font obstacle à la faculté du juge d’enjoindre les parties de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l’objet et le déroulement de cette mesure.

Luxembourg – CLAUDIA MONTI, MÉDIATEUR PUBLIC «Je me considère comme un facilitateur de dialogue»


Avocate de profession, Claudia Monti a été désignée en mars 2017 «médiatrice du Grand-Duché de Luxembourg». Elle revient, pour Paperjam sur ces plus de deux ans passés à ce poste, les difficultés rencontrées, les satisfactions obtenues et sa manière personnelle de gérer les dossiers.

Désigné par la Chambre des députés à la majorité simple pour une durée de huit ans non renouvelable, le médiateur public, ou «ombudsman», a pour mission de recevoir les réclamations de personnes en litige avec une administration de l’État ou des communes.

Il peut conseiller le réclamant dans ses démarches et, si nécessaire, transmettre des recommandations à l’administration concernée.

En 2017, sur les 1.149 réclamations introduites devant le médiateur, 833 ont été déclarées recevables. Après intervention du médiateur auprès de l’administration, 269 ont amené une correction totale, et 65 une correction partielle.

Avocate de profession, Claudia Monti est devenue la troisième après Lydie Err (2012-2017) et Marc Fischbach (2004-2012). Elle a répondu aux questions de Paperjam.

Comment définiriez-vous votre rôle?

Claudia Monti. – «Je me considère comme un facilitateur de dialogue. Une personne en litige avec l’administration, si elle est toujours dans l’impasse après avoir fait des démarches préliminaires pour tenter de régler le problème, peut me saisir.

Mon rôle est alors de traduire au réclamant, dans un langage compréhensible, des lois et des décisions qui ne le sont pas, puis de lui expliquer ce qu’il doit faire. Mais nous n’agissons pas à sa place. Si nécessaire, nous demandons un complément d’information, ou la version de l’administration, afin d’obtenir une vision neutre et objective.

Nous ne sommes pas un deuxième avocat!

Claudia Monti

Claudia Monti,  médiateur public

De quels types de réclamations êtes-vous saisie?

«Les réclamants – une dizaine de personnes par jour en moyenne passent notamment dans nos bureaux – nous sollicitent parce qu’ils ont des problèmes d’imposition, de reclassement professionnel, de droits d’accises déjà payés dans un autre pays, avec le Revis, ou – et c’est un problème constant – dans le domaine du logement.

Ce sont donc des problèmes techniques, mais qui concernent des aspects touchant intimement à la vie et à la survie.

Les réclamants peuvent-ils vous poser des difficultés?

«Parfois, les réclamants comprennent mal notre rôle, qui est de leur expliquer comment la loi fonctionne et si elle est appliquée correctement. Si c’est le cas, nous n’intervenons pas. Et les gens sont parfois frustrés. Mais nous ne sommes pas un deuxième avocat!

Et l’administration?

«De manière générale, l’administration s’adapte souvent à notre avis, qui n’est ni suspensif ni contraignant. Nous avons une bonne cote de succès. Mais des réunions de négociation peuvent s’avérer nécessaires. Et parfois, suite à notre avis, l’administration nous oppose un refus catégorique.

Si ce refus est trop amer, il existe la possibilité d’en faire part dans notre rapport annuel ou de faire des recommandations officielles. C’est une manière d’essayer de faire évoluer les choses en temps réel. Nous sommes aussi invités, en tant qu’acteurs de terrain, à des groupes de travail au sein de ministères, en vue de modifier les lois.

Je pense que nous ne sommes plus vus comme des empêcheurs de tourner en rond.

Et si l’administration ne veut pas coopérer?

«Avec certaines communes, c’est compliqué. Je reçois parfois un courrier d’avocat comme réponse. Moi, j’écris au représentant de la commune: je veux comprendre, avoir une réponse de sa part, qu’il m’explique la raison de sa décision. Pas avoir la réponse préfigurée d’un juriste.

Lors d’une formation que j’avais donnée aux nouveaux élus – sur la base du volontariat –, je leur avais expliqué que s’ils me répondaient par courrier d’avocat ou que je devais lancer un troisième rappel, je leur demanderais un rendez-vous. Et j’ai tenu ma promesse.

J’essaie aussi d’être visible, de me rendre à beaucoup d’événements, pour qu’on puisse me connaître. Le fait d’avoir de la disponibilité pour discuter de vive voix, d’aller sur le terrain, aide à éliminer certains préjugés. Ils constatent que nous ne sommes pas en concurrence, que je ne remets pas en question leur autorité et que je garde ma neutralité.

Par exemple, avec une commune, j’avais de sérieux problèmes de communication. Nous avons eu une réunion, lors de laquelle nous avons discuté et compris que le problème n’était lié ni à l’un ni à l’autre. Depuis, c’est plus serein.

De manière générale, je constate des améliorations. Je pense que ne sommes plus vus comme des empêcheurs de tourner en rond.

Quels sont vos pouvoirs de contrainte?

«Je n’ai aucun moyen de contraindre le bourgmestre ou une administration à me répondre. Je ne suis d’ailleurs pas là pour sanctionner ou juger, mais pour maintenir le dialogue. Je ne vais donc pas les mettre dos au mur, ce serait contre-productif. J’estime que je ne dois jamais bloquer une situation.

Par exemple, en ce moment, j’ai des difficultés avec une administration. Depuis le mois d’avril, je leur demande une entrevue, qui est repoussée chaque mois. Ce n’est pas de la mauvaise volonté: ils ont des problèmes internes. Je ne vais pas mettre dans un rapport annuel qu’ils sont de mauvaise foi, je sais que le problème est ailleurs. Tous les 15 jours, je leur demande s’ils n’ont pas une disponibilité pour moi. Je les relance régulièrement. Ma méthode, c’est de ne pas lâcher prise.

Je n’ai pas de dossiers auxquels je tiens le plus.

Collaborez-vous avec d’autres médiateurs?

«Oui, nous échangeons avec eux, et nous renvoyons très souvent les réclamants qui se sont adressés à nous par erreur vers les médiateurs compétents, comme le médiateur scolaire, celui de la santé ou celui de la consommation.

Par ailleurs, puisque la souveraineté d’État s’impose à moi et que je ne peux pas demander aux administrations d’un autre pays des documents, je m’adresse à mes confrères étrangers. J’étais récemment en contact avec une collègue allemande parce que j’avais besoin d’un jugement en copie. De même, sur le dossier des bourses d’étudiants, dont le problème était plutôt du côté belge, nous sommes intervenus ensemble avec mon collègue belge.

Et dans un domaine comme le médical, les problèmes sont souvent transfrontaliers. J’essaie donc de me constituer un réseau de collègues internationaux.

Ce métier vous apporte-t-il beaucoup de satisfactions?

«Quand je suis vraiment persuadée que j’ai raison, puis que l’administration revient sur sa décision et que cela donne satisfaction au réclamant, je suis contente.

Je n’ai pas de dossiers auxquels je tiens le plus. Quand une personne âgée est dans la misère, ou qu’un réclamant a connu une multitude de péripéties, évidemment cela fait plaisir. Mais toutes les personnes sont dans une situation difficile quand elles viennent chez nous. Même si les enjeux sont minimes, pour le réclamant, son dossier est toujours le plus important.

Mais une décision en particulier vous a-t-elle particulièrement satisfaite?

«Le dossier sur les bourses d’étudiants: l’administration, malgré nos avis, restait sur son interprétation, et nous connaissions la fin de chaque dossier avant qu’il ne débute. Puis, la Cour de justice de l’Union européenne a considéré dans une décision que la loi était injuste et nous a donné raison. Les réclamants ont désormais gain de cause.

Et, au contraire, certaines décisions vous ont-elles déçue?

«Sur la nécessité d’une égalité de traitement entre enfants naturels et légitimes, nous avons formulé à deux reprises une question préjudicielle auprès de la Cour constitutionnelle. Dans deux arrêts, celle-ci a pointé l’irrégularité de la loi. Mais la modification adéquate de la loi n’a pas eu lieu. Saisis d’un cas, nous invoquons l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Mais l’employé communal nous répond: ‘Théoriquement, je vous donne raison. Mais je dois m’en tenir à la loi.’

Évidemment, cela nous attriste. Pour avoir gain de cause, le réclamant sera obligé d’aller devant un tribunal, puis son avocat devra poser une question préjudicielle afin que, par la suite, le jugement lui donne enfin raison.

Si vous ne savez pas gérer les frustrations, il ne faut pas travailler à ce poste.

Claudia Monti,  médiateur public

La frustration des réclamants n’est-elle pas difficile à gérer?

«Si vous ne savez pas gérer les frustrations, il ne faut pas travailler à ce poste, car vous ne pouvez pas donner satisfaction à tout le monde.

Il faut savoir gérer le stress, les frustrations, la colère, le désespoir, toutes sortes d’émotions. Nous n’avons pas de formation de psychologue, mais il faut l’être: si vous avez devant vous un réclamant en colère, que vous vous faites engueuler et traiter de tous les noms, il faut savoir garder son calme. Mais il y a des limites à ne pas franchir. On veut bien être un paratonnerre, avoir de l’empathie, expliquer et essayer de trouver des solutions, mais les gens doivent aussi accepter la situation. C’est d’ailleurs rare qu’ils n’y parviennent pas.

Vous avez une équipe qui vous aide…

«J’ai une équipe formidable, qui a des nerfs d’acier. J’étais contente, quand je suis arrivée ici il y a deux ans, d’être aussi bien accueillie. Ils ont une bonne expérience, ils me guidaient. Il fallait s’habituer: avant, je travaillais avec une personne, une secrétaire que je connaissais depuis longtemps. Désormais, j’ai 12 personnes qui travaillent avec moi.

Comment gérez-vous une telle équipe?

«Bien sûr, il faut un supérieur, quelqu’un qui donne la direction, qui représente, qui prend les décisions et signe. Mais je ne me vois pas comme un chef classique. Je ne suis pas hiérarchique. Je nous vois davantage comme une équipe: sans eux ou sans moi, ça ne fonctionne pas. Je ne prends pas des décisions qui les concernent sans les impliquer. Pour cela, je fais des réunions de service pour avoir leur avis.

Pour le moment, je n’ai fait fuir personne. J’espère que cela va continuer comme ainsi.

C’est quoi le style Claudia Monti?

«Je pense que le médiateur doit être accessible. J’aime bien le dialogue, le contact humain, le terrain. Je suis proche des gens: si quelqu’un veut me voir, je ne me cache pas derrière mes collaborateurs. Je téléphone moi-même, je vais voir les administrations. Le contact s’impose, surtout au niveau communal, où les problèmes sont souvent plus humains que juridiques.

Mais à terme, après mes huit ans de mandat, il faudra sûrement une personne plus théorique, qui ait une approche différente. Cela permet à la fonction d’évoluer constamment.» –  –  (Extrait de paperjam.lu du 27/123/2019)

En savoir plus sur https://paperjam.lu/article/je-me-considere-comme-facilita

« Devoir de confidentialité dans le cas d’une procédure de conciliation » – Arrêt n°559 du 13 juin 2019 (18-10.688) – Cour de cassation – Chambre commerciale, financière et économique


Cour de cassation

ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ (LOI DU 26 JUILLET 2005)

Sommaire :
En imposant un devoir de confidentialité à toutes les personnes appelées à une procédure de conciliation ou de mandat ad hoc ou qui, par leurs fonctions, en ont connaissance, l’article L. 611-15 du code de commerce a posé le principe de la confidentialité des informations relatives à ces procédures, qui se justifie par la nécessité de protéger, notamment, les droits et libertés des entreprises qui y recourent. L’effectivité de ce principe ne serait pas assurée si ce texte ne conduisait pas à ériger en faute la divulgation, par des organes de presse, hormis dans l’hypothèse d’un débat d’intérêt général, des informations ainsi protégées.

Si des restrictions ne peuvent être apportées à la liberté d’expression qu’à condition d’être prévues par des dispositions légales précises, accessibles et prévisibles, ne peut utilement invoquer l’imprévisibilité de la restriction concernant la diffusion par un journaliste ou un organe de presse des informations relatives à une procédure de conciliation la société qui ne pouvait ignorer qu’elle publiait des informations protégées car relatives à une telle procédure et que, ce faisant, elle risquait de causer un grave préjudice aux sociétés concernées et d’engager ainsi sa responsabilité civile.

La réparation fondée sur les dispositions de l’article 1382, devenu 1240, du code civil, devant être à la mesure du préjudice subi, ne peut être disproportionnée.

Ne sont pas justifiées par un débat sur des questions d’intérêt général et ne contribuent pas à la nécessité d’en informer le public les informations relatives à une procédure de conciliation, précises et chiffrées, portant sur le contenu même des négociations en cours et leur avancée, lesquelles intéressent, non le public en général, mais les cocontractants et partenaires des sociétés en recherche de protection. (Extrait de courdecassation.fr)

En savoir plus sur https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/arrets_publies_2986/chambre_commerciale_financiere_economique_3172/2019_9124/juin_9307/559_13_42785.html